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24/12/2013 (B340) Joyeux Noël à toutes et à tous.

L’équipe de l’ARDHD souhaite un joyeux Noël à tous les Chrétiens dans le monde et surtout elle espère que ceux vivent dans des zones de conflit, puissent bénéficier d’une soirée de joie et de recueillement, dans la paix.

09/03/06 (B340-B) COMMUNIQUE de l’UDT : Apres 72 heures de détention au secret à la brigade criminelle nos camarades MOHAMED AHMED MOHAMED et DJIBRIL ISMAEL EGUEH ont été, ce matin, transférés au parquet.

Après audition la juge d’instruction s ‘empressa de les inculper pour « information à une puissance étrangère » et ordonna leur détention en dépôt à la prison centrale de Gabode.

Ainsi la formation en Israël suivie par nos deux camarades fut interprétée comme étant « information à Israël ». Comprenne qui pourra.

Selon des sources dignes de foi que nous avons pu recueillir, aussi bien leurs arrestations arbitraires ainsi que les fallacieux motifs de leurs inculpations comme leurs détentions à la prison centrale de Gabode auraient été ordonnées par les plus hautes autorités de l’état et du gouvernement qui comptent ainsi en découdre avec le syndicalisme libre et indépendant et ses responsables sommés dorénavant de se considérer comme étant tous en sursis.

« Quand on veut tuer son chien on l’accuse de rage » dit un adage bien connu et nous estimons que les motifs de l’inculpation retenus à l’encontre de nos deux camarades ne sont non seulement pas sérieux mais prête à rire lorsqu’on sait que des centaines des djiboutiens tous services et tous corps confondus ont, durant cette dernière décennie, été envoyé en formation en Israël par les pouvoirs publics djiboutiens !

A titre d’exemple rien que le port de Djibouti a envoyé en formation en Israël plusieurs dizaines des travailleurs parmi lesquels des hauts fonctionnaires dont certains font partis de la direction jusqu’à présent.

Aussi, indignée et hautement préoccupée par cette dérive autoritaire qu’elle dénonce avec vigueur l’UDT :

  • Condamne sans réserve cette détention arbitraire ainsi que les croisades antisyndicales du gouvernement qui perdurent depuis bientôt plus d’une décennie malgré les offres répétées et les disponibilités sans cesse réaffirmées de notre mouvement syndical libre au dialogue social ;
  • Exhorte le gouvernement à faire preuve de plus de retenue et de responsabilité en se résolvant à renouer le fil du dialogue rompu à son initiative avec les syndicats au lieu de privilégier la confrontation tous azimuts ;
  • Exige la libération immédiate et inconditionnelle de deux responsables syndicaux ainsi que le respect des droits humains et syndicaux garanti par la constitution, la législation nationale du travail, les chartes et conventions internationales ratifiées par notre pays.

Le secrétaire général de l’UDT

ADAN MOHAMED ABDOU

09/03/06 (B340-B) Fidèle à ses traditions de soutien à Guelleh et de retardement du dénouement de l’affaire Borrel, le Gouvernement français aurait-il pu avoir demander une nouvelle fois au Procureur de la République de « jouer la montre », pour retarder l’échéance de la vérité ? (AP)

PARIS (AP) — Le parquet de Paris a fait appel de la décision d’instruire la plainte déposée par Elisabeth Borrel, veuve d’un magistrat mort à Djibouti en 1995, pour "pressions sur la Justice", visant le ministère des Affaires étrangères, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.

Le 2 mars 2006, la doyenne des juges d’instruction de Paris a estimé recevable la plainte de Mme Borrel contre le Quai d’Orsay, malgré les réquisitions contraires du parquet prises en août 2005.

Le 29 janvier 2005, le Quai d’Orsay avait regretté l’expulsion de six coopérants français de Djibouti avant d’annoncer qu’une copie du dossier inst ruit à Paris sur la mort de M. Borrel serait transmis "prochainement" à la justice djiboutienne.

La veuve du magistrat, décédé dans des conditions suspectes, a déposé plainte en février 2005, considérant que cette annonce, faite dix jours avant que la juge d’instruction française ne soit saisie officiellement de la demande d’entraide judiciaire émise par Djibouti, pouvait être interprétée comme des "pressions sur la justice".

La juge d’instruction, Sophie Clément, a refusé par la suite de communiquer le dossier d’instruction à son homologue djiboutien.

Bernard Borrel a été retrouvé mort et brûlé le 19 octobre 1995 face à l’Ile du Diable à Djibouti. Elisabeth Borrel soutient que son mari a été assassiné et accuse le président Ismaël Omar Guelleh d’être le commanditaire du crime.

Une version fermement contestée par Djibouti, où des premières investigations entreprises après la découverte du corps du magistrat ont conclu à son suicide. La thèse est appuyée par les prem iers juges d’instruction français mais mise à mal par de nouvelles expertises médico-légales qui concluent au meurtre de M. Borrel.

AP

09/03/06 (B340-B) Radio-Trottoir : la Campagne électorale la plus ennuyeuse dans toutes les annales djiboutiennes. Pas d’enjeu : les résultats sont décidés au Ministère de l’Intérieur. Pas de motivation : personne n’y croit !

En direct du Groënland !

Radio trottoir a suivi pour les lecteurs de l’ARDHD, une émission du Groenland, sur un résumé de la fin de
la campagne des régionales de Djibouti.

Avec l’assistance de l’équipe du Sun
de l’hiver, les cameras invisibles n’ont pu que constater la froideur de la
campagne. C’était vraiment fade pas, sans aucun goût et force a été de constater que le chamelier était sans
chameau.

Grâce à son chef de cabinet M. Ali Guelleh, les Djiboutiens ont
pour une fois une belle image du Président du RPP : le fou de chamelier
croit tirer son chameau de tête, croit que son chameau est derrière lui,
alors que le pauvre chamelier ne tire au dessus de son épaule qu’une grosse
corde qui traîne par terre, sans chameau au bout.

Le chameau de tête et le reste du troupeau ont
déjà pris le large.


Dessin Roger Picon

Un chamelier sans bétail et des cartes d’électeurs sans électeurs (d’après Gabayo et Arnaoud), les 99% d’abstentions sont garanties. .

Autre épisode de la campagne.

SE. KH après l’ouverture de la Journée de la
Femme s’était rendue, à la maternité de Dar El Hanan accompagnée de Miguil
son associé l’hyène matinale et de Madame Aïcha Ministre de la Femme un peu
trop rondelette depuis sa promotion, avec un gros ventre de 9 mois, est-ce
vrai ou est-ce une impression ?

Dans tous les cas Madame la Ministre peut se
payer 15 000FD par nuit. Les pauvres habitantes de Djibouti font appel à une
accoucheuse de la famille car sinon leur bébé risque d’être réquisitionné en
cas de non paiement et normalement les dépenses occasionnées sont facilement
amorties avec la vente de l’enfant ?

N’est-ce pas?

Tout est à décentraliser même la vente des enfants? Fin de la campagne. 


REGIONALES ET COMMUNALES  2006 :

Un crime contre la vertu

CIYAARI WAA GALIN  DABE
(Les jeux  sont pour après)
 
Jamais une campagne électorale, même du temps du parti unique n’a été aussi
 insipide : pas d’affiches ou presque, si peu de meetings et concours
d’orateurs, aucune sensibilisation digne de ce nom d’un électorat qui n’a
jamais  été aussi et autant méprisé qu’en cette occasion.

En tout et pour tout quelques feuilles intérieures que personne ne lit  dans
les journaux publics, quelques spots publicitaires pourtant révélateurs pour
qui y prête attention.
A défaut d’être décentralisée, Djibouti se serait-elle dépolitisée ?

Renseignement pris et comme il fallait s’y attendre, instructions ont été
données en ce sens au plus haut niveau.
Comment pouvait-il en être autrement ?

En effet, la coalition qui regroupe les partis des différentes listes en
lice comme l’indique sa dénomination a, pour activités politiques,
économiques, sociales et culturelles le soutien à un homme : le Président !
Lequel, a ordonné un double commandement : « qu’un culte me soit
publiquement rendu par tous »
Commandement religieusement observé comme en témoignent les salamalecs sur
lui des candidats ou obligés de toutes couleurs (orange, vert, blanc.) et
régions confondues, qui défilent tous les soirs lors des spots
publicitaires.

Ce qui a fait dire à une perspicace et avisée croyante : « Innalillah, way
ku wada saliyan ! .

Le deuxième commandement « que la campagne soit aseptisée !

«
Et elle l’est à ce jour !

Une chose est sûre cependant : la machine bien huilée du R.P.P a déjà élue
les conseillers et présidents des assemblées et conseils régionaux ainsi que
le « maire » de Djibouti.
Cela a été décidé dans deux mabrazs feutrés de la capitale, quartiers
généraux du R.P.P d’où est planifiée la véritable campagne.

Le R.P.P est cette fois réellement en mauvaise posture.
Il a prévu pour appâter ses proies de lâcher du lest et quelques miettes aux
personnages de ce qui sera sans doute sa dernière ouvre de producteur,
prédateur, metteur en scène et acteur principal de comédie funeste.

Et les questions que tout le monde se pose sont les suivantes :

– Le R.P.P Hambeyera -t-il est une région ? Ce serait risqué, ça pourrait
faire tâche d’huile !
– Si oui à qui ?

– Et les laissés pour compte ? Quelle crédibilité garderont-ils dans la
majorité pré résidentielle ?
– Ne Hambeyera-t-il pas ?

Les paris sont ouverts.
Cette brève exégèse du discours sacralisé  tente d’apporter une réponse
(parmi d’autres) aux légitimes interrogations de nos compatriotes.
Un élément de réponse nous  est apporté par  deux édito dans « La Nation ».
 

Le  titre du premier édito intitulé « des électeurs indécis »est éloquent.

Mais même le titre est anecdotique par rapport à la teneur de l’édito qui commence  par s’interroger :« les djiboutiens se désintéressent-ils de la décentralisation ? » ont-ils réellement compris les enjeux du vote ? » 

Pour être ainsi autorisé à  penser et prédire dans un journal officiel que l’ « on enregistrera un fort taux d’abstention » , il faut être d’un milieu autorisé comme l’a dit un humoriste célèbre.


Dessin Roger Picon

L’édito, oracle, avance même quelques chiffres :

  • « exception faite d’Arta où près de 60% de carters d’électeurs ont été retirées
  • toutes les autres régions connaissent le même désintéressement avec un pourcentage de retrait qui se situe autour de 20% à 25% et selon les indications fournies par le ministère de l’intérieur,
  • moins de 10% de cartes retirées à Obock »

 

Dubitatif, l’éditorialiste continue de s’interroger « les partis en lice
ont-ils de véritables programmes ? » et tente une explication « le manque de
charisme des leaders, l’absence de l’Opposition. »
On se rapproche de la réalité, car en effet, nos compatriotes sont
parfaitement conscients des enjeux et ne s’intéressent qu’à l’épilogue de ce
qui n’est pour l’heure qu’une comédie.

Les partis en lice n’ont effectivement pas de programme. autre que le
soutien à un homme qui est président d’un parti qui lui, a un programme
qu’il n’applique jamais : l’usine d’eau minérale « il janno », qu’est-elle
devenue ?Hors service !

Et l’école hôtelière d’Arta ? Créée par son oncle et
prédécesseur  et en veille depuis, pourquoi n’a-t-elle pas été réactivée
durant son sextennat ? Et à Obock ?

Le gypse, la perlite et le tourisme subitement devenus la priorité du parti qu’il préside,
pourquoi ont-ils attendus cette élection-là pour faire l’objet d’un
programme officiel ?

A qui veut-on faire croire que ce qu’un Etat fort et puissant pendant trente
ans  et  qu ‘un conseil régional (in)existant depuis un sextennat  a été
incapable de réaliser , des parures d’institutions régionales sans budget
prédéterminé( en pourcentage) ni pouvoir décisionnaire pourraient le faire ?

Provocateur, un autre édito dans le même journal daté du 6 mars ose titrer :
« la liberté de choisir » attire notre attention.

Citant le chef de cabinet du président et le ministre de l’agriculture tous
les deux en campagne, le premier pour le compte de l’U.M.P et accessoirement
de F.R.U.D et le second pour le compte du L’U.M.P. et surtout du R.P.P  Tous
les deux rivalisant de louanges et you-yous  pour s’accaparer les faveurs de
lui ( et elle.)
Pour en revenir à ce titre provocateur qui aurait du se terminer par un
point d’interrogation.


C’est précisément parce que le peuple djiboutien n’a toujours pas la possibilité de choisir ses dirigeants que l’opposition a appelé au boycott démocrate de cette farce. SI le peuple avait eu un véritable  choix, deux frères de la même mouvance têtes de  listes concurrentes ne lui aurait pas été imposé dans la  dans la même ville.Sans parler de l’élimination décidée en haut lieu  de listes « indépendantes » à Arta, Tadjourah, et d’une tête de liste à Balbala.

Dessin Roger Picon

Tout cela démontre que les dés sont pipés.

Toutes les voies de recours ayant
déjà été épuisées,  quel recours reste-t-il aux futures victimes des fraudes
?

C’est pourquoi l’opposition appelle au boycott démocrate pour que triomphe
la Démocratie, la Justice, le Droit et la Vérité !
Tout cela explique et éclaire la cohérente démarche qui est la nôtre et nous
amène à laisser le mot de la fin à un proverbe somali : »
Geel   caruri qaadey ma dheera ! »

08/03/06 (B340-B) ALERTE ROUGE. Point du mercredi 8 mars 2006 à 18h30 sur la situation des deux syndicalistes. Ils ont été incarcérés à Gabode.

Contrairement aux premières informations qui avaient été données, il aura fallu attendre le mercredi matin, pour que les deux syndicalistes soient présentés à un Juge d’instruction.


Dessin Roger Picon

Apès avoir été inculpés ‘d’intelligence avec une puissance étrangère », c’est à dire à peu près en langage commun, d’espionnage au profit d’Israël (ou du BIT ?), les deux syndicalistes ont été incarcérés à Gabode dans la journée de mercredi 8 mars.

Dès jeudi matin, Maître Tarek, leur avocat déposera une demande de mise liberté provisoire.

Rappelons que les deux syndicalistes avaient effectué un stage de formation en Israël sous les auspices d’instance internationale et nous serions surpris d’apprendre avec cette affaire que Djibouti considère que l’Etat d’Israël est un ennemi …. alors que de nombreux témoins signalent des échanges entre l’état hébreux et Guelleh …

08/03/06 (B340-B) De l’inaction de l’opposition : Oui, mais élargissons le débat ! (Réaction d’un lecteur à deux contributions publiées sur notre site)

Deux récents textes de lecteurs, parus sur le site de l’ARDHD tapent (à juste titre) sur les partis politiques de l’opposition djiboutienne inscrits selon eux aux abonnés absents. Le constat de l’inaction dressé par ces lecteurs corrobore pleinement la réalité telle que constatée sur le terrain : pour n’avoir pas su ou voulu donner à leurs actions la mesure qu’exige la lutte contre le despotisme du RPP, les partis de l’opposition djiboutienne sont les premiers responsables du degré zéro de la conscience et du militantisme politique tristement observable chez nous. Mais ils ne sont pas, et loin de là, les seuls responsables de cette catastrophe qui assure la survie d’un régime majoritairement détesté.

Tout d’abord, la critique selon laquelle les partis d’opposition n’auraient aucun programme politique est infondée, ce qui reviendrait à dire que l’abstentionnisme qu’invoque le régime pour justifier la fermeture de la compétition politique que sa fraude impose serait imputable au désarroi des électeurs ne se positionnant qu’en fonction des différents programmes proposés. Ce qui, accessoirement, reviendrait à dire que la base du RPP se détermine autrement sur des considérations n’ayant rien à voir avec des calculs claniques recrutant des calculateurs représentants de tous les clans.

Ce qui est faux car, d’une part parce qu’ils ont effectivement proposé un programme cohérent lors des législatives de 2003. D’autre part, dans un pays majoritairement analphabète, prétendre qu’un texte écrit pourrait mobiliser les foules relève d’une illusion de lettré.

Or, si la capacité de mobilisation était proportionnelle au niveau d’instruction, les universitaires en particulier et les fonctionnaires d’une façon générale seraient à la pointe du combat démocratique. Ce qui est loin d’être le cas, tant ces élites écoeurent par leur servilité à l’égard du régime : qui a entendu un seul de ces prétendus intellectuels s’exprimer à titre personnel pour dire toute la bêtise des prochaines élections régionales ainsi que leur caractère hautement tribaliste ?

Enfin, et plus gravement, des salariés ont-ils besoin d’un programme politique pour les convaincre de défendre leurs conditions de travail et pouvoir d’achat dangereusement mis à mal par la mauvaise gouvernance du RPP ? Il est puéril de demander aux partis d’opposition de rédiger (encore une fois) un programme politique juste pour que les puissances occidentales les prennent au sérieux. D’une part parce que lesdites puissances occidentales protègent avant tout leurs intérêts géostratégiques à Djibouti : les pierres ont pour elles plus d’importance que nos concitoyens.

D’autre part parce que lesdites puissances ont de nous autres Djiboutiens une très mauvaise image, tenant à une consommation immodérée d’une drogue nous inclinant plus au rêve et à la fuite qu’à la prise de conscience et à la lutte. Quand on sait que la consommation de khat est directement responsable d’une part essentielle de la malnutrition de nos enfants, on ne peut vraiment pas dire que le jugement de ces puissances occidentales soit dénué de toute base objective. Il ne faut donc pas s’étonner du soutien qu’elles apportent au premier drogué du pays, le chef de l’Etat (lui-même narcotrafiquant de son état puisqu’il cultive du khat au Day) : lui au moins, le broutage ne l’empêche pas de travailler pour son intérêt personnel.

Dans ces conditions, il est trop facile de rejeter sur les seuls partis de l’opposition la responsabilité de la situation despotique actuelle : pour que la lutte partisane puisse exister, il faut qu’il y ait également des citoyens prêts à se mobiliser pour défendre d’abord leurs propres intérêts et ensuite ceux de toute la communauté. Il est piquant de relever, à ce niveau, que l’auteur des deux textes se présente comme un « salarié exilé ‘’forcé au Canada » : que fait-il si lion de chez lui ? Et, d’une manière générale, quelle est la contribution de notre diaspora au renforcement des droits de l’homme à Djibouti ?

Pour qui se souvient que, lors d’une conférence de presse à l’occasion du premier anniversaire de son investiture, Ismael Omar avait affiché son plus grand mépris des exilés, les accusant de chercher à améliorer leurs conditions matérielles d’existence, il est regrettable que ces accusés brillent par leur absence dans le débat politique national.

Pour le moment, le déficit d’une conscience démocratique agissante donne au moins raison à tel dignitaire du régime (dont nous tairons le nom par pudeur, bien qu’il soit député) selon qui « le peuple djiboutien n’est pas prêt pour la démocratie ».

A chacun de nous de lui prouver le contraire. Encore faut-il convenablement poser les termes du problème ! c’est pourquoi il est de mon devoir de rendre ici hommage au site de l’ARDHD à travers lequel ce débat a lieu : dans leur ensemble, les Djiboutiens ont démontré leur incapacité à animer un site capable de refléter leurs différents points de vue !

08/03/06 (B340-B) Radio-Trottoir :Carnaval de Djibouti. Journée préparatoire, le jeudi 9 mars. Le Roi, La Reine et le Bouffon vont défiler en grandes pompes dans les rues de Djibouti, acclamés par une foule en liesse.

C’est une foule en liesse qui devrait acclamer la Reine et le Roi du Carnaval, accompagnés de leur bouffon préféré, lors de leur défilé dans les rues de Djibouti, la veille de la Grande mascarade électorale.

Des mauvaises langues disent que la SDS, la FNP et la Gendarmerie, dès le matin, feront le tour des quartiers pour forcer les habitants, plutôt réticents, à assister au défilé et à applaudir le monarque de Carnaval et sa foule de courtisans de Pacotille.

En avant-première, nos humouristes ont pu avoir communication des déguisements que porteront Leurs Majestés, reine et roi d’un instant … et qui seront brûlés selon la tradition en place publique, dimanche prochain … Mais nous avons le temps ..


La reine et le bouffon

Dessins Roger Picon

08/03/06 (B340-B) Reporters sans frontières / Communiqué de presse – NATIONS UNIES – Conseil des droits de l’homme : Reporters sans frontières s’inquiète de l’adoption d’une demi-réforme.

Reporters sans frontières est l’une des organisations de défense de la liberté d’expression qui ont milité pour une réforme en profondeur de la Commission des droits de l’homme des Nations unies. A ce titre, nous avions salué les propositions du secrétaire général, Kofi Annan, pour la création d’un Conseil des droits de l’homme en remplacement de l’ancienne structure.

Mais, aujourd’hui, nous ne sommes pas favorables à l’adoption, en l’état, de la résolution proposée par le président de l’Assemblée générale des Nations unies, Jan Eliasson. Ce texte, qui pose les règles de fonctionnement du futur Conseil des droits de l’homme, ne nous satisfait pas.

Comme d’autres organisations, nous pourrions soutenir ce que certains ont qualifié de demi-réforme, en comptant sur une évolution positive. Mais nous sommes sûrs que, si cette résolution est adoptée en l’état, il sera impossible de réformer le nouveau Conseil avant de longues années. Cette demi-réforme sera considérée par de nombreux Etats comme une avancée significative et définitive, à laquelle ils ne voudront plus toucher.

Les Etats les plus répressifs continueront de siéger

Or, ce texte n’offre pas de garanties suffisantes. D’abord, le système d’élection des Etats membres du futur Conseil n’empêchera pas les pays les moins respectueux des droits de l’homme de siéger. L’élection à la majorité simple, associée au système des quotas régionaux, assure les dictatures de pouvoir rester à la table de ceux qui sont censés veiller à la protection des droits de l’homme dans le monde. Par exemple, en accordant 13 places du Conseil à des pays asiatiques, il est évident que des puissances régionales comme la Chine ou le Pakistan conserveront une place de choix au sein du Conseil. Or, ces Etats se rendent régulièrement responsables de violations massives des droits de l’homme.

En revanche, pour exclure un pays du Conseil – en raison notamment de son manque de respect des droits de l’homme – il faut une majorité aux deux tiers, beaucoup plus difficile à obtenir. Et, dans le système onusien, les dictatures savent nouer des alliances. Jouant de la solidarité régionale, politique ou religieuse, il leur sera aisé de rassembler plus d’un tiers des Etats membres derrière elles et d’éviter ainsi une exclusion humiliante.

La nouvelle répartition des pays membres est également étonnante. Deux sièges supplémentaires sont accordés aux groupes Asie (13 places) et Europe de l’Est (6), qui comportent en leur sein nombre d’Etats particulièrement peu respectueux des droits de l’homme (Arabie Saoudite, Belarus, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Iran, Laos, Maldives, Népal, Ouzbékistan, Russie, Syrie, Turkménistan, Viêt-nam, etc.). D’un autre côté, le groupe Europe de l’Ouest et autres pays, dont le Canada est membre, disposera de sept sièges au lieu de dix dans l’actuelle commission.

La liberté religieuse mise en avant au détriment des autres droits de l’homme

Dans le préambule de la résolution créant le Conseil des droits de l’homme, aucun de ces droits n’est nommé, à l’exception deŠ la liberté religieuse. Nulle mention du droit à la vie, du droit à la santé, du droit des femmes ou des enfants, de la liberté d’expression ou d’association, par exemple. Il est inacceptable que le texte fondateur du Conseil soutienne un droit de l’homme plus fermement que les autres.

La notion de liberté d’expression n’apparaît pas. En revanche, il est explicitement demandé aux médias de promouvoir la tolérance et le respect des religions et des croyances. Cette formulation ressemble, à s’y tromper, à celles que l’on peut lire dans les Constitutions ou les lois sur la presse des pays musulmans les plus répressifs dans ce domaine.

Cette demi-réforme est même inquiétante en ce qui concerne ce dernier point. Si ce texte comporte des avancées (le Conseil siègera plus longtemps que la Commission, par exemple), nous estimons que les négociations doivent être rouvertes. Les Nations unies doivent faire preuve de plus de fermeté face aux réticences des Etats membres. L’observation du respect des droits de l’homme est l’une de ses principales missions. Rien ne justifie d’agir dans la précipitation, au risque de se priver d’un outil efficace.

En 2003, Reporters sans frontières avait publié un rapport intitulé "Marchandages, incompétences et non-action" qui détaillait les dérives et les échecs de la Commission des droits de l’homme des Nations unies. L’organisation avait alors proposé une réforme radicale de cette structure.

Pour consulter ce rapport :
http://www.rsf.org/article.php3?id_article=7618

Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
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