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11/01/2014 (Bréve 349) Décidément les Ambassadeurs de Djibouti en poste à l’étranger, font l’actualité et le scandale !!! Après New York, Bruxelles, Paris, c’est maintenant celui de Suisse, qui alimentent les chroniques judiciaires. (2 articles édifiants, sur le respect des droits des travailleurs par le régime de Guelleh) – Mis à jour le 13/01

Aux USA
Il n’est pas nécessaire de relater les dérives de l’Ambassade de Djibouti auprès des USA et en particulier les nombreux chefs d’accusation dont pourrait s’être rendu coupable le titulaire, en poste depuis des lustres : le célèbre Ollayeh Robleh. A telle enseigne que certaines rumeurs affirmaient, à une époque, que les USA aurait préféré la nomination d’un autre représentant pour mettre un terme aux dérives de celui-ci. Mais Guelleh a tenu bon … (pour le moment ?)

En Belgique
Jusqu’à son départ, le célébre Moussa Chehem, dit « le Prince des noisettes » n’a jamais cessé d’alimenter les chroniques : boxant son chauffeur, espionnant les opposants, important illégalement du Khat, … Depuis son remplacement, l’Ambassade de Djibouti à Bruxelles ne fait beaucoup plus parler d’elle. Sauf quand elle est investie pacifiquement par des opposants, à la grande fureur d’IOG …
L’ARDHD lui à consacrer un dossier chronologique particulèrement étoffé : Lien

En France
Le petit marquis, « Joueur de Pipeau » continue … à ne rien faire. Membre de nombreuses commissions, il ne participe pratiquement jamais aux réunions et il ne produit aucun travail. Arrogant, il a reçu en hommage, une belle veste, alors qu’il pensait avoir une chance d’accéder à la direction générale de l’Unesco. Ni la France, ni de nombreux pays africains ne lui ont accordé leurs suffrages….Qu’importe, malgré ce désaveu publique, il continue de passer par son Ambassade de Paris pour reconstituer son argent de poche et en parallèle, il poursuit ses activités; souvent orientées vers différents plaisirs, que nous ne dévoilerons pas … aujourd’hui !

En Suisse :
Hormis les sornettes et les gros mensonges que Mohamed-Siad Doualeh répète inlassablement à chaque assemblée de l’Organisation internationale du Travail, on ne parlait pas beaucoup de l’Ambassadeur de Djibouti auprès de la Suisse dans les actualités pénales. Sauf que …. qu’un lecteur vient de nous envoyer un article qui a déjà été publié sur un site qui parle de Djibouti et qui met en lumière des actes violents et illégaux, qui auraient été commis sur des employées de l’Ambassade. A l’avenir et sur la base de ces informations, quel crédit l’OIT pourra-t-il donner à ses beaux discours sur la paix sociale à Djibouti, le respect intégral des activités syndicales, la protection des syndicalistes ?????

Nous publions deux articles dans leur intégralité sous la signature et la responsabilité de leur auteur : Cher Hassan.

Le premeir concerne des faits qualifiés d’esclavagisme au sein de l’Ambassade et le second relate les nombreuses menaces qu’a reçues l’auteur, y compris à son domicile. Menaces organisées le plus souvent par des faux réfugiés, qui cumulent un les avantages du statut de faux réfugié avec un statut d’employé de l’Ambassade.

Et chacun sait que lorsque l’équipe de communication à la solde de Guelleh, sous la haute direction du SDS, se met en branle, c’est que Guelleh est atteint directement ou indirectement par les faits dénoncés (cf entre autres, l’affaire Borrel, mais ce n’est pas la seule …)

__________1 – Article HCH24 – Esclavagisme à l’ambassade ?

Lien avec l’article original

Djibouti : Des cas d’esclavagisme dans l’enceinte de l’ambassade de Djibouti à Genève.

L’histoire nous a appris que Kadhafi, l’ex dirigeant  tyrannique de la Libye, avait initié à ses enfants la culture des traitements inhumains à l’encontre des femmes de ménages, nourrices, etc…

Ces travailleuses devraient se soumettre à tous les caprices de la famille Kadhafi, en allant de l’abus sexuel, les tabassages, la sodomie,  le défigurement, les mutilations et l’assassinat de sang froid.

Une autre dictature de l’Afrique de l’Est, Ismaël Omar Guelleh, suit à la trace son gourou de Kadhafi.  Dans le temps dans la maison du couple de Saïd Barkat, ex ministre de l’emploi, les femmes de ménages recevaient des coups gratuits à l’aide d’un bâton l’entrejambe. Des jeunes du Quartier 4 ont aidé une femme de ménage éthiopienne victime à sortir de ce calvaire.

Dans les représentations diplomatiques à l’étranger celui de Bruxelles et Genève détiennent les premiers marches du podium dans l’exercice de l’esclavagisme et les traitements inhumains.

Depuis sa création en septembre 2006 le foyer de l’ambassade de Djibouti à Genève a été le théâtre de deux cas d’esclavagisme aggravés.

En décembre 2006, une jeune fille ramenée de Djibouti comme femme de ménage s’est révolte devant les traitements inhumains que lui réserve l’ambassade, Mohamed-Siad Doualeh, et son épouse. La jeune demande à être rapatrié à Djibouti autrement elle risque de faire scandale. Arrivée à Djibouti elle fait 2 jours de prison.

Le dernier semestre de 2013, le même cas se répète. Une jeune fille, proche famille de l’épouse de l’ambassade, ramenée de Djibouti la jeune Ayan en qualité de femme de ménage.

Ayan, une orpheline dont la fratrie est composée de filles que la maman peine à couvrir les besoins élémentaires, se retrouve pendant plus d’une année dans un calvaire effroyable :

1 – la travailleuse touche un tiers de son salaire ;

2 – elle reçoit comme nourriture l’équivalent d’un verre d’eau ;

3 – les insultes et les coups étaient monnaie courante ;

4 – n’avait pas d’heure précis de travail et elle était réveillée à tout moment pour servir le couple diplomatique ;

5 – etc…

La jeune fille au bord de l’anorexie trouve la chance de téléphoner à ses proches à Djibouti pour demander secours. Des membres de la diaspora djiboutienne en Europe reçoivent l’écho de Djibouti et aident la jeune djiboutienne à trouver protection dans un pays européenne.

Le couple diplomatique habitué à l’impunité dépose une plainte auprès de la police de Genève contre la jeune Ayan et envoie un groupe de la « milice IOG » chez la famille de la victime.

À la commune de Balbala, au quartier Balbala Adi de Djibouti, la milice menée son expédition punitive contre la mère et les sœurs d’Ayan. La milice cause des dégâts matériels et corporels à la famille.

À deux pas du siège du conseil des droits de l’homme de l’ONU le régime djiboutien s’est permets des violations graves des droits fondamentaux dont Djibouti  est signataire. Plus grave encore, c’est le représentant auprès des instances onusiennes qui est derrière ces violations graves.

Hassan Cher

______ 2 – Article HCH24 – Faux réfugiés et menaces !

Lien avec l’article original en cliquant ici :

Djibouti : un proverbe somalien dit « QAYDHIN CUNEE CALOOSHIISA AA YU KA SHIKI QABAA ! »

« Celui qui ourdit le mal en cachette contre autrui doute toujours de l’opacité de son carapace ! » = « QAYDHIN CUNEE CALOOSHIISA AA YU KA SHIKI QABAA ! »

J’avais publié, la date du 31 décembre 2013, sur le blog hch24.com, un article portant sur des cas d’esclavagisme qui ont lieu dans l’enceinte de l’ambassade de Djibouti à Genève (ci-dessus).  Désemparé, l’ambassade de Djibouti à Genève tente de démentir une réalité que même la diaspora somalienne y discute dans tous les restaurants.

Donc, par quelle voie le régime djiboutien a pensé y réagir ?

Le vendredi 4 janvier 2014 vers 20h, un jeune  dénommé Abdourahman Iltireh, via son téléphone mobile, à proximité de Cham du canton de Zoug – Switzerland, publie des insultés à mon égard et justifie son attaque comme « Droit de réponse  à l’article – des cas d’esclavagisme dans l’enceinte de l’ambassade de Djibouti à Genève.»

Apres enquête, nous avons découvert qu’officiellement ce jeune Abdourahman Iltieh est un Djiboutien originaire du quartier 7 bis. Qu’il a travaillé comme enseignant à Djibouti et continué ses études dans une université en Inde qu’il a malheureusement interrompu pour s’exilé en Suisse. Il est l’un des rédacteurs du compte twitter et Facebook du service des renseignements djiboutien, Djib24. Il travaille en qualité de délateur ou d’espion pour l’ambassade de Djibouti à Genève.

Officieusement, il a déclaré à la confédération Suisse qu’il est originaire de la ville d’Afgoye, une localité du Sud Somalie.

« Ceux qui se ressemble s’assemble »

Nous connaissons que le régime djiboutien est battu sur les mensonges et la propagande et de même pour ses adeptes. Ce jeune Abdourahman Iltireh est la preuve vivante.

Quand est ce qu’il dit la vérité et quand est ce qu’il ment ?

Je laisse aux lecteurs les droits de marquer la casse de leurs choix  sur le tableau suivant :

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Désignation

Mensonge

Vérité

Sans avis

Abdourahman Iltireh est né en Somalie
Abdourahman Iltireh est né à Djibouti
Abdourahman Iltireh est un délateur ou espion
Abdourahman Iltireh est un rédacteur de @djib24

Le plus surprenant, dans sa publication,  ce jeune délateur se substitue à l’ambassade de Djibouti à Genève  est répond comme s’il endossait un rôle de porte-parole du ministère des affaires étrangères de Djibouti. C’est regrettable que ce régime en déliquescence trompe des jeunes naïfs qui croient que le rôle d’espion est de combattre les droits fondamentaux des citoyens.

Pour le cas du jeune délateur au multiple visage, je saisirai les instances compétentes de la Suisse et quant à l’Ambassade de Djibouti à Genève, au lieu de faire intervenir des jeunes mentalement limités à sa place, je l’informe qu’il a le droit de saisir la justice de la Suisse, un pays démocratique, si notre article n’est pas fondé.

Hassan Cher – Suisse

12/05/06 (B349-A) DJIBOUTI (ADI) – 11 Mai 2006- Le Gouvernement djiboutien a officiellement annoncé aujourd’hui la détection d’un cas de grippe aviaire à H5N1 chez une personne dans la capitale. (ADI)

Un cas de grippe aviaire qui, selon le ministre de la santé, a fait son apparition malgré les activités de surveillance accrue de cette maladie.

En effet, un prélèvement chez une personne présentant un syndrome grippal le 27 avril dernier a révélé un test positif de cette maladie. Par ailleurs trois poules domestiques ont été affectées par le virus. Les tests de laboratoire ont été effectués par le centre de collaboration de l’OMS, le laboratoire de référence de NAMRU III au Caire.

Djibouti devient ainsi le premier pays de la sous région de la corne de l’Afrique ayant détecté un cas humain et des cas aviaires de H5N1.

La confirmation de cas H5N1 chez les volailles et l’homme place Djibouti désormais en phase 3 de la pandémie globale, selon la définition de l’OMS. A cette phase, les personnes considérées les plus à risque de cette maladie sont seulement celles qui sont en contact direct avec les volailles infectées.

Dès l’annonce de l’apparition du virus H5N1 à Djibouti, l ministère de la santé a pris toutes les dispositions nécessaires afin de mener une investigation plus approfondie du cas et de ses contacts, de renforcer la surveillance chez les humains et les volailles, et la mise à disposition de médicaments et d’équipements de protection personnels pour le personnel de santé.

Le Gouvernement djiboutien a par ailleurs déclaré que des mesures de contrôle et de prévention ont été mises en place par les autorités concernées.

Le Gouvernement de la République de Djibouti a enfin invité la population d’éviter le contact direct avec les oiseaux présentant des signes apparents de maladie ou morts et signaler ces cas aux autorités locales les plus proches.

_______________________________ Note de notre lecteur

Pourquoi le gouvernement a-t-il caché cette information jusqu’à ce jour ?

_______________________________ Note de l’ARDHD

Depuis plusieurs semaines nous avons lançé de nombreuses alertes aux risques de contamination et avec raison, puisque Djibouti est touché par le virus le plus dangereux pour les oiseaux et aussi pour les hommes, même si les cas de transmission dans le monde, sont encore très limités.

Le prochain risque pour Guelleh sera le premier cas de détection d’une casserole contaminée au virus HBorrel_95. On comprend qu’il cherchera aussi à dissimuler l’information aussi longtemps qu’il le pourra, mais les experts pensent qu’il ne pourra pas y échapper très longtemps …. ni Hassan Saïd, ni Djama Grandes oreilles non plus …. et quelques complices …

12/05/06 (B349-A) La communauté djiboutienne au Canada et plus particulièrement à Ottawa est sous le choc après l’annonce d’un mort djiboutien et de deux blessés, à la suite d’une fusillade. (Lecteur)

La communauté sous le choc.

Nous venons d’apprendre la mort d’un jeune djiboutien ici à Ottawa. Elle est survenue au cours d’une fusillade. Deux autres djiboutiens sont blessés.

Nous adressons nos condoléances les plus attristées à sa famille qui vit dans le sud de la ville d’Ottawa (Russell) depuis plus
de 10 ans.

Qu’Allah l’accueille dans son paradis éternel

_________________________________ Message de l’ARDHD
Nous n’en savons pas beaucoup plus, ni sur l’identité de la victime ni sur celle des blessés, ni sur les origines de la fusillade et nous espèrons recevoir de plus amples informations dans les prochains jours.

En attendant toute l’équipe de l’ARDHD se joint à la communauté djiboutienne établie au Canada, pour adresser ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches de la victime et pour souhaiter un bon rétablissement aux blessés.

12/05/06 (B349-A) Radio-Trottoir : charité bien ordonnée… ! (Lecteur)

Mercredi matin une curieuse cérémonie a réuni au Palais du Peuple de Djibouti des membres du Gouvernement et quelques trois cents personnes dont des nombreuses femmes et enfants.

Ce rassemblement, organisé quarante huit heures après la pompeuse fête du premier anniversaire du second mandat (face à lui même) de Guelleh, se voulait des plus charitables.

Rappelant que la fête du 8 mai dernier a coûté au bas mot plusieurs dizaines de millions.

Comme pour se faire pardonner de cette gabegie, Guelleh a demandé à son premier ministre et son ministre des affaires religieuses de procéder à la distribution de quelques millions de francs aux pauvres orphelins.

Ils étaient donc un peu plus de cents personnes a bénéficié sous l’œil publicitaire de la caméra de la RTD, d’une somme comprise entre 50 000FD et 75 000 par famille soit l’équivalent de 250 et 300 Euros.

Ce cadeau d’IOG provenait des fonds collectés dans le cadre des fêtes religieuses.

Cet impôt appelé Zakat est versé généralement par les croyants à la veille de l’Aïd-el Fitr.

Depuis quelques temps le régime de Guelleh a créé une structure de perception centralisée pour collecter cet argent.

Après en avoir gardé la plus grande partie pour leurs poches, les dignitaires ont consenti cette année une petite part au public ; les heureux bénéficiaires sélectionnés certainement sur critère tribal ou partisan ont été sommés devant les caméras de remercier leur bienfaiteur, le « visible et mortel » Guelleh.

Ce dernier qui a accaparé tous les fonds publics au point de devenir un des potentats les plus riches d’Afrique, n’avait pourtant pas besoin de ponctionner les dons donner par les citoyens au titre d’impôt religieux payable en principe directement aux malheureux (mais actuellement directement payable au représentant du ministère des affaires religieuses).

Ainsi va le royaume tyrannique de Guelleh où la lutte contre la pauvreté consiste à donner en publique (contrairement aux prescriptions de l’Islam) des enveloppes à des personnes sélectionnées et convoquées au Palais du Peuple.

Les plus ridicules dans cette histoire sordide restent sans contexte le premier ministre marionnette et l’inégalable Mogueh Dirir ministre délégué aux affaires religieuses et corrompu jusqu’à la moelle.

Tous les Djiboutiens savent que la Zakat et les biens religieux du Wakf constituent des fonds spéciaux exclusivement réservés à la cour de Guelleh.

Sentant sa fin prochaine, le prédateur d’Haramous chercherait-il son salut dans l’au delà en se vantant et distribuant quelques billets parmi les milliards volés au peuple djiboutien ?

Un commerçant outragé.

12/05/06 (B349-A) RSF / ETHIOPIE 15 mai 2005 – 15 mai 2006 : Quelle issue après une année noire ? Reporters sans frontières appelle le gouvernement éthiopien à amnistier les prisonniers d’opinion,

Reporters sans frontières appelle le gouvernement éthiopien à amnistier les prisonniers d’opinion, notamment les 21 journalistes actuellement détenus dans le pays, et formule des recommandations pour sortir de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis un an.

Un an après les élections législatives du 15 mai 2005 qui ont plongé le pays dans la crise et emporté une partie de la presse indépendante, Reporters sans frontières appelle le Premier ministre éthiopien à amnistier les prisonniers d’opinion, notamment les 21 journalistes actuellement détenus dans le pays et dont certains encourent la peine de mort.

Dans une lettre adressée le 12 mai à Meles Zenawi, Reporters sans frontières a proposé l’organisation d’une "conférence nationale de réconciliation", avec pour objectif de "rétablir le dialogue entre le gouvernement et les journalistes, de lister les problèmes existants dans l’accès et le traitement de l’information, d’imaginer des mécanismes de régulation des médias et d’établir un code de conduite commun des autorités, de la presse publique et de la presse privée éthiopienne". Reporters sans frontières se dit prête à "participer activement" à une telle conférence.

"Quelle que soit l’option que vous choisirez, une sortie de crise est indispensable pour que l’Ethiopie puisse de nouveau être gouvernée sereinement, a écrit l’organisation. Les journalistes aujourd’hui incarcérés, qui ont exprimé leur désarroi et leur volonté d’apaisement depuis leur prison de Kaliti, ont tendu la main à votre gouvernement. Cette sortie de crise, à nos yeux, ne peut donc que passer par une amnistie générale des prisonniers d’opinion et l’ouverture d’un dialogue national, franc et pragmatique, permettant qu’un tel gâchis ne se reproduise pas. Le grand procès politique qui se déroule actuellement à Addis-Abéba, sur la base de chefs d’accusation vagues, voire extravagants, ne fait qu’aggraver la crise. Il fragilise la stabilité de votre pays, situé dans une région extrêmement volatile du continent africain. C’est pourquoi, même si nous connaissons la position déterminée de votre gouvernement, nous vous demandons de prendre en considération notre proposition."

Le dimanche 15 mai 2005, les électeurs éthiopiens étaient appelés à renouveler leur parlement pour la troisième fois depuis la chute de la dictature de Mengistu Haïlé Mariam en 1991. Toutefois, les précédents scrutins ayant été boycottés par l’opposition, les élections législatives de 2005 étaient vues comme la première consultation électorale multipartite du pays et avaient suscité l’espoir de la classe politique éthiopienne comme de la communauté internationale. Mais ce scrutin s’est révélé désastreux. La principale coalition d’opposition, la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD, Kinijit en amharique), a dénoncé des fraudes et organisé des manifestations de protestation, soutenue par une partie de la presse indépendante paraissant dans la capitale. Dans le courant du mois de juin, une dizaine d’arrestations étaient intervenues dans les rangs de la presse indépendante. La situation s’était quelque peu apaisée jusqu’à la proclamation définitive des résultats. A partir du 1er novembre, la police éthiopienne avait violemment réprimé de nouveaux rassemblements organisés à Addis-Abéba et dans plusieurs villes de province. La CUD a affirmé que le parti de M. Meles, l’Ethiopian People’s Revolutionary Democratic Front (EPRDF), avait truqué le décompte des voix et estimait que le scrutin avait été "volé". Lors des affrontements avec l’armée, 48 personnes avaient été tuées et 200 autres blessées. Au moins 11 000 personnes avaient été interpellées pour des périodes plus ou moins longues.

En novembre et décembre 2005, quatorze directeurs de journaux ou rédacteurs en chef de la presse indépendante ont été raflés. Il s’agit de : Eskinder Nega Fanta, 37 ans, membre de la CUD et journaliste des hebdomadaires Asqual, Menelik et Satenaw, ainsi que son épouse enceinte, Serkalem Fassil Woldeselassie, 30 ans, propriétaire et directrice de publication des trois hebdomadaires ; Fassil Yenealem Agenehu, 31 ans, propriétaire et directeur de publication de l’hebdomadaire Addis Zena ; Wosonseged Gebrekidan Tegene, 36 ans, rédacteur en chef d’Addis Zena ; Sisay Agena Gole, 35 ans, propriétaire et directeur de publication de l’hebdomadaire Ethiop ; Andualem Ayele Legesse, 31 ans, rédacteur en chef d’Ethiop ; Wonakseged Zeleke Tessema, 23 ans, rédacteur en chef d’Asqual ; Dereje Abtewold Yimanu, 31 ans, rédacteur en chef adjoint de Menelik et de l’hebdomadaire Netsanet ; Nardos Meaza Gebrehanna, 41 ans, rédacteur en chef de Satenaw ; Dawit Fassil Woldeselassie, 24 ans, rédacteur en chef adjoint de Satenaw ; Zakarias Tesfaye Hargu, 29 ans, propriétaire et directeur de publication de Netsanet ; Mesfin Tesfaye Gobena, 31 ans, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Abay ; Dawit Kebede Bahata, 25 ans, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Hadar ; Feleke Tibebu Abraham, 40 ans, rédacteur en chef adjoint de Hadar.

A partir de décembre 2005, d’autres journalistes ont été arrêtés et condamnés pour des affaires de diffamation. Getachew Simie, journaliste de l’hebdomadaire Addis Admas et ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire aujourd’hui disparu Agere, Leykun Engeda, ancien rédacteur en chef de l’hebdomadaire disparu Dagim Wonchif, Abraham Gebrekidan, rédacteur en chef de l’hebdomadaire disparu Politika, Wosonseged Gebrekidan, rédacteur en chef d’Addis Zena et ancien rédacteur en chef d’Ethiop, et Abraham Reta Alemu, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Ruh, ont été condamnés à des peines de trois à dix-huit mois de prison pour des affaires datant de 1998 ou 1999. Leykun Engeda, Abraham Gebrekidan, Wosonseged Gebrekidan et Abraham Reta sont toujours en détention.

Depuis le 1er janvier 2006, deux autres journalistes sont venus s’ajouter aux "prisonniers de novembre". Solomon Aregawi, journaliste de Hadar, arrêté en novembre 2005, a été inculpé le 21 mars 2006 d’"outrage à la Constitution" et de "génocide", en compagnie de 32 autres prisonniers, membres avérés ou supposés de la CUD. Arrêté le 19 février, Goshu Moges, de l’hebdomadaire Lisane Hezeb, a été inculpé de "trahison" le 19 avril.

Un certain nombre d’autres journalistes, membres de l’opposition ou d’associations, ont été inculpés alors qu’ils se trouvaient hors du territoire éthiopien et sont jugés in absentia.

Dans son courrier, Reporters sans frontières a également appelé une fois de plus à la libération de Shiferraw Insermu et Dhabassa Wakjira, deux journalistes du service oromo de la chaîne de télévision publique ETV, détenus depuis avril 2004. Selon le témoignage d’un ancien collègue des deux journalistes, aujourd’hui en exil, ils ont été interpellés le 22 avril 2004, en compagnie d’autres employés oromos de ETV aujourd’hui libérés, suite à la violente répression d’une manifestation d’étudiants oromos sur le campus de l’université d’Addis-Abéba, le 4 janvier 2004. L’intervention des forces de l’ordre avait donné lieu à des brutalités policières et à de nombreuses arrestations, notamment de membres de l’Association d’aide sociale Macha Tulama qui protestaient contre la décision du gouvernement éthiopien de déménager les institutions de la région oromo d’Addis-Abéba (appelée Finfinne par les Oromos) à Adama (également connue sous le nom de Nazret, à 100 km à l’est de la capitale). Les deux journalistes sont accusés d’avoir été des informateurs du mouvement séparatiste Oromo Liberation Front (OLF).

Leonard VINCENT
Bureau Afrique / Africa desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
5, rue Geoffroy-Marie
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Tel : (33) 1 44 83 84 84
Fax : (33) 1 45 23 11 51
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Web : www.rsf.org

11/05/06 (B349-A) AP / Somalie: poursuite de combats meurtriers à Mogadiscio. (Info lecteur)

______________________ Note de l’ARDHD
Quelle est la responsabilité des forces américaines qui ont annoncé le financement des Chefs de milice somaliens, dans cette nouvelle flambée de violence ?

C’est la question que tous les observateurs semblent se poser actuellement. La traque des terroristes est légitime, mais elle ne doit pas susciter plus de violence et plus de victimes.
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MOGADISCIO (AP) – Pour le quatrième jour consécutif, des factions rivales se sont affrontées mardi à Mogadiscio, capitale de la Somalie, les combats s’étendant même à un nouveau quartier.

Depuis dimanche, les combats ont fait au moins un centaine de morts et deux fois plus de blessés, des civils en majorité.Les combats opposent l’Union des tribunaux islamiques à l’Alliance pour le rétablissement de la paix et contre le terrorisme. Aucune des deux parties ne semble devoir prendre le dessus.La milice islamique avait annoncé une trêve mardi mais celle-ci n’a pas été suivie d’effetLe représentant spécial du secrétaire général de l’Onu pour la Somalie, François Lonseny Fall, a appelé les deux parties « à reconsidérer les dégâts qu’ils infligent à la population.

«  »Quelles que soient les allégeances, les affrontements intermittents entre des camps lourdement armés ont entraîné des pertes de vie au hasard et ont suscité la peur et le chaos pour ceux des civils pris entre deux feux. (…)

L’usage sans discernement de mitrailleuses lourdes, de mortiers, de lance-roquettes et d’artillerie dans et entre des zones urbaines est inacceptable », ajoute le représentant de Kofi Annan.Le premier ministre Ali Mohamed Gedi a aussi appelé toutes les parties à cesser les combats depuis ses bureaux de Baidoa. L’autorité de l’Etat ne dépasse pas actuellement les limites de cette ville située à 240 kilomètres de Mogadiscio.

La Somalie n’a plus de gouvernement central depuis 1991, lorsque des seigneurs de la guerre ont chassé le dictateur Mohamed Siad Barre avant de se déchirer, transformant ce pays de huit millions d’habitants en mosaïque de fiefs claniques en proie à l’anarchie. En outre, le Nord, l’ancienne Somalie britannique, a fait sécession sous le nom de Somaliland, un Etat qui n’a pas été reconnu par la communauté internationale.

Les fondamentalistes musulmans se présentent comme une force alternative capable de rétablir l’ordre et la paix. Mais ils n’hésitent pas à recourir à la force et auraient noué des liens avec le réseau terroriste Al-Qaïda. Quant aux forces « séculières » -en fait les anciens seigneurs de la guerre qui se partageaient la capitale-, ils auraient le soutien des Etats-Unis. Washington soupçonne les islamistes d’avoir accordé l’asile à trois responsables d’Al-Qaïda.

AP

11/05/06 (B349-A) LDDH : la situation déplorable des syndicats libres à Djibouti et de la défense des travailleurs ….


Le Président

NOTE D’INFORMATION DU 10 MAI 2006

QUEL AVENIR
POUR LE SYNDICALISME LIBRE ?


A l’heure où le pouvoir fête avec l’argent public le premier anniversaire du second mandat présidentiel, les Défenseurs des Droits de l’Homme s’inquiètent de la poursuite d’une politique dictatoriale sournoise basée entre autres sur la neutralisation des syndicats indépendants.

Alors qu’ailleurs dans le monde, les Travailleurs ont fêté le 1er mai par des manifestations contre la remise en cause des acquis sociaux, notre pays s’enfonce durablement dans la régression sociale.

Ainsi, par la voix de son ministre de l’emploi, le pouvoir a souhaité bonne fête aux Travailleurs en vantant au passage les avancées imaginaires contenues dans son nouveau Code du Travail.

Pour leur part, les syndicats indépendants sévèrement réprimés ces derniers mois, ont placé ce 1 er mai 2006 sous le signe du deuil syndical.

Ce qui n’a pas empêché les syndicats sponsorisés de donner de la voix conformément aux directives du gouvernement qui les médiatise au gré de sa propagande politico sociale.

C’est ainsi, que les clones syndicaux ont fait mine de protester contre les licenciements selon eux programmés par les compagnies pétrolières, tout en plaidant pour l’amélioration du statut des Dockers.

Comme il fallait s’y attendre, ces syndicats agrées n’ont pas eu un mot pour dénoncer les emprisonnements arbitraires et licenciements abusifs des Travailleurs portuaires en septembre 2005, sans parler des licenciements à caractère politiques qui frappent quotidiennement les agents de l’Etat.

De surcroît, le silence assourdissant des syndicats-maison sur le nouveau Code de Travail antisocial est proprement ahurissant.

Pourtant, la liberté syndicale constitue un baromètre de l’état démocratique d’un pays. Comment peut-on donc parler du Développement économique, de lutte contre la pauvreté, tout en bafouant les droits inaliénables des Travailleurs ?

Par ailleurs, mettant en avant sa vocation de plaque tournante commerciale, la République de Djibouti se prépare à accueillir en novembre prochain un Sommet des Chefs d’Etat des pays membres du COMESA.

Paradoxalement, c’est en violant ses engagements internationaux et en étouffant les libertés syndicales que ce Gouvernement compte asseoir son image internationale.

Fidèle à sa mission de défense des Défenseurs des Droits Economiques, Sociaux et Culturels, la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) :

  • condamne le musellement du Syndicalisme Indépendant à Djibouti ;
  • dénonce vigoureusement la promotion officielle du syndicalisme-maison ;
  • Demande au BIT, à l’OIT, à la CISL, à la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP), ainsi qu’à tous les Défenseurs des Droits de l’Homme, de poursuivre leurs actions publiques pour la Liberté syndicale en République de Djibouti.

M. NOEL ABDI Jean-Paul

 

10/05/06 (B349-A) 10/05/06 – « La liberté consiste à choisir entre deux esclavages : l’égoïsme et la conscience. Celui qui choisit la conscience est l’homme libre ». Victor Hugo. (Article de Bouh Warsama)

Si dans le monde occidental on ne connaît plus directement et concrètement l’esclavage – hormis quelques cas ponctuels sévèrement punis à juste titre par les lois et c’est heureux qu’il en soit ainsi – mais nous ne pouvons pas pour autant l’oublier.

D’abord parce qu’en France, c’est seulement depuis 1848 que le décret du député français Victor Schoelcher a stipulé son abolition. C’est aussi seulement un siècle plus tard (soit en 1948) que l’article 4 de la Déclaration des Droits de l’Homme adopté par l’ONU, le condamne sous toutes ses formes, et ce sans réserve d’aucune sorte.

L’Angleterre, grande puissance industrielle et coloniale, abolit l’esclavage en 1833, suivie en 1848 par le secrétaire d’État aux colonies, Victor Schœlcher, qui va mener à cette époque et au sein du Parlement français un véritable « combat » et rédigera alors le décret proclamant son abolition.

Ces trois siècles passés résument à eux seuls ce fut l’horreur esclavagiste : un véritable génocide à très grande échelle, celui du peuple africain, que l’Occident chrétien et l’absolutisme royal – ont organisé durant cette période.

Symboliquement il sera évidemment remarquable qu’un siècle après Victor Schœlcher, l’ONU adopte l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. »

À l’évangélisation va très tôt s’ajouter un calcul ; elle rationalisera le recours massif aux Noirs africains et le codifiera. La dimension de cet esclavage va s’accompagner d’un racisme conquérant, et va servir au renforcement des réflexes les plus ethnocentriques. Réflexes que l’on retrouve hélas encore de nos jours dans certains propos ou attitudes politiques : le pire étant qu’on y dépasse la dimension ethnique et de couleur de peau pour verser dans le « tribalisme primaire ».

Malgré le mouvement centrifuge, l’Occident chrétien renforcera sa position dominante et entamera un galop colonisateur. Les historiens estiment que, sur trois siècles, une vingtaine de millions d’Africains seront déportés, dans des conditions d’une totale inhumanité, vers des « destinations occidentales » qu’un très grand nombre n’atteindra jamais, destinations d’asservissement maximal et d’humiliation constante.

L’esclavage aujourd’hui

Pourtant, malgré la solennité et la rigueur impérative et prohibitive de cet article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme ayant valeur de loi universelle, les droits de l’homme sont encore bafoués du fait du développement de nouvelles formes d’esclavage.

La déshumanisation figure comme pilier fondamental de l’esclavage. Système où la personne, non par son travail ni par sa force de travail, mais elle-même, devient " objet ", " marchandise ".

La classe esclave se définit et se caractérise par l’uniformité de son état. Hommes, femmes et enfants sont tous identiques. Des " corps-outils ", achetés, vendus comme le fait impunément Kadra Mahamoud Haïd à Djibouti avec les enfants (notamment de familles réfugiées en provenance de Somalie) qu’elle vend.

Êtres sans défense, déplacés selon les besoins du commerce, les exigences, les caprices des acquéreurs et des utilisateurs. Rien n’a changé ou si peu : dans les grands centres urbains, sur la place du " marché aux esclaves " d’antan, on peut les voir, les choisir, les examiner, les palper comme des bêtes, évaluer leur prix. Ils sont mis aux enchères, aux surenchères de la vie, brisés psychologiquement : et pourtant on sait ce qu’il en fait et comment les « marchands d’enfants » agissent.

Plus aucun régime ne pouvant se réclamer du droit et en même temps inscrire ouvertement l’esclavage comme le trafic d’enfants dans son programme et sa pratique, tous en théorie l’abolissent. Oui mais en théorie seulement car les faits sont là pour en démontrer l’inverse !.

D’une certaine manière, ils tiennent parole, mais ceci nous semble être le trait le plus insidieux de l’esclavage actuel. En effet, même violents à l’extrême, même au comble de la corruption et de l’injustice, même lorsqu’ils pratiquent clandestinement la torture (mais que l’on sait exister et que l’on dénonce) ou l’extermination, les régimes les plus durs – tel que celui d’Ismaïl Omar Guelleh – persistent à déclarer qu’ils ont abandonné « officiellement » les formes traditionnelles de l’esclavage.

C’est comme s’ils attestaient, par la débauche entretenue et la surdétermination de leur violence, qu’ils avaient déjà réduit en esclavage, par conditionnement et endoctrinement, tous leurs membres. Ils n’ont pas même à défendre, à revendiquer ou à justifier l’esclavage, encore moins à l’organiser puisque, de fait, et grâce aux ressorts de la propagande et du fanatisme qu’ils entretiennent dans leur entourage politique et qu’ils financent grassement, ils sont déjà à part entière, mais en toute discrétion et impunité, des mises en pratique de cette forme radicale d’oppression et d’exploitation.

Cette approche vaut éventuellement pour les systèmes réputés totalitaires, sous réserve qu’on accepte de caractériser l’esclavage par le fait d’annihiler la liberté et la volonté d’autrui à n’importe quel prix, y compris celui de son enrôlement et de son endoctrinement forcés, de son emprisonnement, de sa souffrance et de sa mort. Mais qu’en est-il des autres types de gouvernements, au premier chef de ceux du monde occidental dit « évolué », les régimes réputés de liberté, les démocraties modernes ?

La question se justifie d’abord parce que ces pays sont les concepteurs juridiques et politiques de l’autonomie du vouloir, de la liberté et de l’égalité. Ce sont eux qui ont décrété l’esclavage aboli. Nous sommes alors évidemment en droit d’attendre d’eux qu’ils donnent l’exemple, et notamment les preuves qu’en leur sein il n’y a plus trace du moindre esclavage et de caution apportée – politiquement et ailleurs – à un « esclavage moderne » sous toutes ses formes. Ensuite – mais ces raisons ne sont peut-être historiquement que conjoncturelles et donc très provisoires – ces pays sont ceux qui de nos jours triomphent, et le modèle de liberté qu’ils proposent semble toujours résistant et très vivace.

Or, qu’en est-il vraiment de l’esclavage dans les « grandes démocraties » ? Et hormis des cas totalement inégaux et clandestins de comportements esclavagistes envers des enfants ou des jeunes femmes étrangères réfugiées, n’y a-t-il pas des formes beaucoup plus détournées – perverties – de l’esclavage et de caution ?

À la grande différence de l’esclavage ancien et moderne, l’esclavage contemporain est donc condamné en droit. Se trouvant en pleine illégalité, il ne lui reste plus qu’à disparaître ou à se transformer. De nombreux signes attestent que c’est la deuxième issue qu’il a empruntée. Certes, cela met en jeu une certaine vision de la nature humaine, plutôt réaliste voire pessimiste, selon laquelle la violence subsiste au cœur de l’homme, et que le désir d’opprimer, de s’approprier et d’exploiter l’autre homme est toujours opérationnel et par trop vivace.

Si l’on veut bien retenir que l’esclavage commence par un processus discriminatoire, nous devons conclure que le sexisme, le racisme, la xénophobie en sont des manifestations « en puissance », pouvant produire en actes des situations apparemment éloignées de l’esclavage, mais en fait structurellement très proches. De même, si l’on considère l’élément constitutif de l’esclavage – le mépris de l’autre homme, parfois poussé jusqu’à l’humilier et lui refuser, en même temps que toute dignité, toute humanité et toute liberté -, nous devons tenir pour une de ses formes déviées le travail et le trafic des enfants, l’organisation industrielle de la production et de la consommation de la drogue, de la prostitution et de la pornographie.

Ce par quoi l’on dresse l’amer constat que l’article 4 de la Déclaration adoptée par l’ONU est constamment bafoué : précisément, l’esclavage n’a été aboli que sous certaines formes (et non sous « toutes », comme l’article le stipulait) et qui plus est, il s’est trouvé capable d’inventer de nouveaux moyens sophistiqués de développement.

Il n’en est devenu que plus redoutable, non pas qu’il produise de pires pratiques que celles commises par le passé (que pourrait-on imaginer et inventer de pire !), mais parce que, très sournoises, ces pratiques, même lorsqu’elles sont dénoncées (ce qui est loin d’être toujours le cas) continuent d’avoir cours (nous semblons y être habitués), sous prétexte qu’elles coïncident avec une certaine propension naturelle de l’homme à vouloir dominer son prochain par n’importe quel moyen.

En matière d’esclavage sous toutes ses formes, ce ne sont pas les chantiers qui manquent mais la volonté politique d’appliquer et de faire respecter toutes les lois. Certes !, mais le « politiquement ou diplomatiquement correct » ne consiste pas à faire taire les problèmes en les solutionnant dans le temps, mais à faire taire ceux qui les posent.