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28/06/06 (B356_B) Libération : Sur la piste ADN des tueurs du juge Borrel

Et si l’on retrouvait les assassins du juge Borrel ? Cette hypothèse inespérée, dans un dossier vieux de plus de dix ans et semé d’embûches, est pourtant envisagée par la justice avec le plus grand sérieux. Le docteur Olivier Pascal, pionnier de l’ADN en France, expert près la Cour de cassation, vient d’identifier dans son Unité fonctionnelle d’Empreintes génétiques (UFEG) à Nantes, «deux empreintes masculines» inconnues sur les effets de Bernard Borrel.

«C’est une avancée énorme, jubile Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge, partie civile. Parce que jusqu’à présent, on avait la certitude de l’assassinat, mais maintenant, on est sur la trace des assassins et on avance à grand pas». La juge d’instruction de Paris chargée de l’enquête, Sophie Clément, qui avait ordonné cette expertise en octobre 2004, peut donc aujourd’hui utilement demander leur ADN à de possibles témoins (lire ci-contre).

A-pic. Ces empreintes inconnues ont été retrou es sur le short de Bernard Borrel conservé dans des scellés qui n’avaient jamais été ouverts depuis le 19 octobre 1995, au lendemain de sa mort dans de cruelles circonstances. Le corps de ce magistrat français de 40 ans, alors en poste à Djibouti, avait été découvert en partie carbonisé, recroquevillé dans les rochers à dix-sept mètres en contrebas d’une route isolée, en face de l’île du Diable. Il n’était vêtu que d’un tee-shirt et d’un slip. L’un de ses pieds était déchaussé. En haut de l’à- pic, posés sur les rochers, son short (celui mis sous scellés), sa ceinture, un bidon d’essence et le bouchon, ainsi que l’autre sandale. Plus bas, sa montre et un briquet.

Malgré des incohérences, notamment l’absence totale de motif, le suicide par immolation avait aussitôt été imposé à sa veuve par les autorités françaises et djiboutiennes comme l’unique explication à cette mort étrange. Cette thèse, vite rejetée par Elisabeth Borrel et ses conseils, Olivier Morice et Laurent de Caunes, a été définitivement mise à mal en 2002. Cette année-là, un collège d’experts judiciaires a démontré que l’à-pic était en fait une scène de crime. D’autres expertises ont prouvé que le juge avait eu le crâne fracturé et qu’il avait été arrosé d’essence post mortem. Mais par qui ?

Le spécialiste de l’ADN, dans un premier rapport daté du 4 avril dernier, conclut à l’existence de trois empreintes génétiques masculines. L’une a été comparée à celle des deux enfants du juge. C’est la même. Une autre, relevée à l’intérieur de la poche avant droite du short, mélangée à celle du juge, n’a été retrouvée qu’«en très faible quantité». Rappelons au passage que du shit avait été découvert dans les poches de ce même short, alors qu’une expertise ultérieure des cheveux de Bernard Borrel a démontré qu’il n’en avait jamais absorbé.

Origine. C’est la troisième empreinte qui est la plus intéressante. Là, l’ADN est identifiable, c’est-à-dire qu’il correspond au profil génétique d’un individu. «Quand la juge Sophie Clément a reçu ce apport, poursuit Me Morice, elle a demandé au Dr Pascal de vérifier si cette empreinte était compatible avec l’hypothèse d’un transport du corps, élément de la mise en scène évoquée par les experts de 2002». La réponse est tombée le 21 juin. Le Dr Pascal explique qu’il n’a pas pu établir l’origine du tissu biologique, sang, crachat ou simples cellules épithéliales laissées par un contact avec la peau d’un inconnu. Cependant, ajoute-t-il, «un grand nombre de cellules étaient présentes sur le short». Leur quantité varie selon trois critères : «la durée du contact», «la force avec laquelle l’objet a été tenu» et la génétique des individus, certains laissant plus de cellules que d’autres après un contact. Ses conclusions sont nettes : il peut «exclure l’hypothèse d’un contact bref» avec Bernard Borrel au profit d’un «contact long et/ou un maintien avec force». L’hypothèse d’«un transport du corps» est donc privilégiée. Et l’ADN inconnu serait bien celui de l’assassin, ou d’un des complices de l’assassin.

Contactée hier, Elisabeth Borrel se réjouit de ces résultats. Elle ne peut s’empêcher de rappeler que les prédécesseurs de Sophie Clément, les juges parisiens alors en charge de son dossier, Marie-Paule Moracchini et Roger Leloire, lui avaient refusé de nouvelles expertises en 2000, estimant qu’elles seraient «inutiles à la manifestation de la vérité». Ils avaient été dessaisis quelques mois plus tard.

par Brigitte VITAL-DURAND
QUOTIDIEN : mercredi 28 juin 2006

27/06/06 (B356_B) Le Monde : L’enquête sur la mort du juge Borrel relancée

Des empreintes génétiques qui pourraient appartenir aux assassins du juge français Bernard Borrel, tué en 1995 à Djibouti, ont été découvertes sur le short retrouvé près du corps du magistrat, a annoncé, mercredi 28 juin, Me Olivier Morice, l’avocat de la veuve du juge.

Ces empreintes génétiques ont été identifiées par le docteur Olivier Pascal, pionnier de l’ADN en France et expert près la Cour de cassation, a-t-on précisé de même source, confirmant ainsi une information du quotidien Libération. « C’est une avancée considérable pour l’enquête. Nous savions déjà depuis plusieurs années que Bernard Borrel avait été assassiné, mais maintenant la justice est sur la piste de ses assassins et des complices », explique Me Morice.


Le corps immolé de Bernard Borrel avait été retrouvé le 19 octobre 1995 au bas d’une falaise à 80 kilomètres de Djibouti, devant l’île du Diable. Le magistrat était vêtu d’un slip et d’un tee-shirt. Son short et différents objets lui appartenant avaient été découverts sur les hauteurs de cette falaise, semblant accréditer la thèse d’un suicide, longtemps privilégiée par les autorités djiboutiennes et françaises.

Le docteur Pascal a découvert, lors de ses expertises, deux traces d’ADN inconnues sur le short du juge Borrel, l’une dans la poche avant droit et l’autre à l’entrejambe. « Au vu de la quantité d’ADN retrouvée », nous pouvons « exclure l’hypothèse d’un contact bref. Il faut envisager un contact long et [ou] un maintien avec force », explique l’expert, concluant que l’hypothèse « d’un transport du corps » était « en accord » avec ses observations.

THÈSE DE L’ASSASSINAT ACCRÉDITÉE

Aux yeux de la famille de la victime, ces travaux accréditent davantage encore la thèse de l’assassinat de Bernard Borrel, qui était coopérant français et conseiller technique auprès du ministère de la justice djiboutien. L’hypothèse du suicide par « autocombustion » avait été initialement privilégiée par la justice française mais, après plusieurs changements de magistrats et d’autres expertises, notamment médico-légales, c’est la piste criminelle qui est suivie.

Me Olivier Morice estime que le magistrat français a été victime d’un assassinat commandité par le pouvoir djiboutien, pour des motifs politiques liés à des découvertes faites par Bernard Borrel. Des témoignages d’opposants et d’exilés djiboutiens, dont la validité est contestée par Djibouti, laissent penser que le chef d’Etat actuel du pays, Ismaël Omar Guelleh, pourrait être impliqué.

Un ex-gardien de prison djiboutien a témoigné, en mai, devant la juge d’instruction Sophie Clément, pour raconter qu’un détenu, extrait le jour du crime de sa cellule, pouvait selon lui être impliqué dans l’affaire. Début 2005, le gouvernement français a livré à la juge Clément deux feuillets de documents secrets sur l’affaire, tout en gardant la confidentialité sur une quarantaine de feuillets.

Un nouvelle demande pourrait être prochainement formulée par la magistrate. Le dossier Borrel est important sur le plan diplomatique, Djibouti accueillant la principale base militaire française en Afrique.

Avec AFP et Reuters

27/06/06 (B356-A) GED : communiqué pour souhaiter au peuple djiboutien, en dépit de la situation actuelle, de passer de bonnes fêtes, à l’occasion des réjouissances du 27 juin, anniversaire de l’indépendance confisquée.


Le Président

Message du Président du GED
à l’occasion du 27 juin 2006

 

Au nom de tous les membres du Gouvernement en Exil, j’adresse mes meilleurs voeux à l’ensemble de la population djiboutienne, qu’elle soit au pays ou à l’étranger, à l’occasion du 29ème anniversaire de notre indépendance « confisquée » .  Mes voeux s’adressent particulièrement à tous nos fonctionnaires, à nos soldats et à nos policier qui effectuent leur mission dans des conditions difficiles et qui, dans leur immense majorité, appliquent nos lois avec honnêteté, conscience et dévouement.

Durant ces 29 années, la population a du endurer : le chômage, les retards multiples dans le paiement des salaires, le manque cruel de médicaments et de soins, les coupures d’eau et d’électricité.

Au fil des années, Djibouti a retrouvé les conditions de vie de 1956 où la lampe à pétrole était le seul moyen de s’éclairer. 

Je dénonce aussi :

– l’arrestation arbitraire de nos syndicalistes élus démocratiquement, des enseignements du premier et du second  degré et de plusieurs dirigeants des partis politiques de l’opposition. 

– l’ emprisonnement et la torture appliqués à des hommes et des femmes innoncentes, (A titre d’exemple, quatre citoyens de RER HIRAB sont séquestrés au motif de faire parti de l’opposition)

– les opérations militaro-policières conduites avec violence dans le pays en général et surtout dans le nord en particulier.

Il est douloureux de constater l’état d’appauvrissement de notre pays, qui possède pourtant les ressources nécessaires pour assurer son développement, la progression du niveau de vie,  la généralisation des soins et de l’éducation pour toutes et pour tous.

J’assure tous nos concitoyens du fait que le Gouvernement en Exil travaille sans relâche pour construire notre avenir dans la démocratie et dans la liberté, conformément à la constitution et à la déclaration des droits de l’homme.

Le temps du changement n’est plus très éloigné et le GED sera présent pour participer et construire l’Etat de droit auquel chacun aspire, en apportant sa pierre au nouvel édifice.

Mahamoud Idriss Ahmed
Président du GED

27/06/06 (B356-A) La crise en Somalie : les USA refusent de discuter avec les nouveaux Maîtres de Mogadiscio qui veulent instaurer un régime islamique extrêmiste. (En anglais – BBC – Info lecteur)

US ‘will not talk’ to Somali head

The US has said it will not deal with a new Somali leader whose Islamist militia holds much of southern Somalia.

The US has accused Sheikh Hassan Dahir Aweys, who has been named as the head of a new legislative council, of ties to al-Qaeda – a charge he denies.

Mr Aweys has called for Islamic law to be imposed but a BBC correspondent says his colleagues have offered assurances they do not want a Taleban-style state.

The US has said it is willing to work with other leaders allied to Mr Aweys.

A state department spokesman said the US would wait and see how far the collective leadership of the Somali Supreme Islamic Courts Council, to which Mr Aweys belongs, was willing to work with the international community.

Mr Aweys’ Islamist group is to hold talks with the weak interim government next month.

Interim President Abdullahi Yusuf strongly opposes political Islam.

The two groups last week agreed not to fight each other, amid fears of renewed conflict in Somalia, which has not had an effective national government for 15 years.

Stonings

Mr Aweys has said that the new Somali government should impose sharia law.

« Somalia is a Muslim nation and its people are also Muslim, 100% – therefore any government we agree on would be based on the holy Quran and the teachings of our Prophet Muhammad, » Mr Aweys told the AP news agency.

If strictly following my religion and love for Islam makes me a terrorist, then I will accept the designation

He was speaking to the media for the first time since being named as head of the legislative council of the Somali Supreme Islamic Courts Council – the new name for the Union of Islamic Courts.

In the town of Jowhar, controlled by the Islamists, five people have gone on trial accused of serious offences such as rape and murder, for which they could be stoned to death if found guilty.

Stonings and amputations for thieves are not uncommon in areas run by the Islamic courts.

Mr Aweys is seen as being a hardliner, compared to the more moderate Sheikh Sharif Sheikh Ahmed, who has led the group since its took control of the capital, Mogadishu, from an alliance of warlords.

Mr Ahmed is head of a new executive committee and it is not clear which man is more powerful.

Some correspondents speak of a power struggle between the two factions.

Mr Ahmed has said the group does not want political power.

US call

The US fears that a Somalia run by Islamists could be used by Islamic fighters linked to al-Qaeda.

Such fears will be heightened by the apparent promotion of a man who used to lead al-Itihaad al-Islamiya, a group which the US described as « terrorist ».

State Department spokesman Sean McCormack said the US would be troubled if Mr Aweys’ promotion was an indication of the direction the Somali Supreme Islamic Courts Council was heading in.

But Mr Aweys told the AFP news agency he had never killed anybody.

« I am not a terrorist. But if strictly following my religion and love for Islam makes me a terrorist, then I will accept the designation. »

President Yusuf defeated al-Itihaad in the 1990s, chasing it out of the northern region of Puntland, which he used to head.

The US is widely believed to have backed the defeated Mogadishu warlords, as part of its war on terror.

It has neither confirmed nor denied the reports but says it will support those working to prevent « terrorists » from setting up in Somalia.

27/06/06 (B356-A) Selon l’ADI, une banque islamique vient d’être inaugurée par Guelleh en personne à Djibouti. Ce qui souléve des interrogations sur la régularité et la transparence dans l’avenir. Outil de blanchissement ? Tout est possible, mais la certitude ne pourra se forger qu’à l’usage – Attendons pour voir !

_____________________________ Note de l’ARDH
L’intérêt personnel de Guelleh pour l’or et pour l’argent n’est plus à annoncer !!

Le fait que Guelleh inaugure la nouvelle banque islamique qui ouvre ses portes à Djibouti pose des questions de fond.

– S’agit-il simplement de faire la concurrence aux banques françaises qui détiennent traditionnellement le marché et qui ont continué à opérer alors que d’autres opérateurs quittaient le pays (British, ..) ou faisaient des faillites frauduleuses et retentissantes (BDMO et autres) ?

– S’agit-il de faire entrer des institutions dont les financements et les ressources ne seraient pas assurés de façon transparente, en conformité avec les règles internationales ? Il faudrait avoir plus d’information sur les véritables actionnaires de ces nouveaux établissements.

– S’agit-il pour Guelleh et consorts, de s’assurer des revenus supplémentaires par le prélèvement d’une dime spéciale, comme ils savent si bien le faire ou de pouvoir effectuer des opérations financières particulières et douteuses (à titre d’exemple : blanchiment d’argent de la drogue ou du trafic d’armes), en s’affranchissant du circuit financier officiel, qui commence à poser des questions à tous les dictateurs et qui dispose d’une arme redoutable : le gel des avoirs ?

Avis aux riches amateurs de sensations fortes :
L’éloge appuyé de Mahamoud Haid, frère de Paulette / beau-frère du Chamelier (peu connu pour sa rigueur dans la gestion des avoirs publics) en faveur d’un établissement qui assurerait du 50 % à ses clients, ne rassurera certainement pas sur la clarté ni sur la régularité des opérations futures qui seront réalisées dans cette banque.

_______________________________ Extrait ADI

DJIBOUTI (ADI) – 25 Juin 2006- Inaugurée dimanche par le Président Guelleh, une succursale de la Saba Islamic Bank a officiellement ouvert ses portes à Djibouti, en présence notamment du Président du Conseil d’administration de cette même institution bancaire yéménite, M.Hamid Houssein Bin Abdallah Al-Ahmar. 

Ce qui constitue, selon le gouverneur de la banque centrale de Djibouti M.Djama Mahamoud Haïd, « une grande chance pour la République de Djibouti où,  le paysage bancaire a été marqué, depuis près d’une décennie, par une situation de duopole (ndlr: la Banque Indosuez – Mer Rouge du groupe Calyon et la Banque p r le Commerce et l’Industrie – Mer  Rouge du groupe BNP Paribas) qui, a t-il ajouté, ne favorise guère la compétition entre les intermédiaires financiers. » 

Devenant ainsi le premier pays à accueillir cette banque en dehors de Sanaa où elle son siège social, l’ouverture d’une filiale de la Saba Islamic Bank à Djibouti « permettra non seulement de mieux servir la concurrence dans le secteur bancaire mais constitue également un facteur déterminant pour faire de la place financière de Djibouti un environnement de plus en plus attractif » a-t-il précisé. 

Pour ce même responsable,  » Saba Islamic Bank dont les investissements dépasseront les 400 millions de dollars au cours des trois prochaines années permettra également à la République de Djibouti de se doter d’infrastructures modernes de transport, de tourisme et de télécommunication « . 

« Ce qui fait que la croissance de notre produit intérieur brut devrait se situer, en moyenne annuelle, autour de 5 à 7 pour cent en termes réels sur la période 2006-2010 «  a fait remarquer M.Haid. 

Estimant que la République de Djibouti, de par son positionnement géostratégique, est appelée à devenir « une place financière attractive caractérisée par la libre circulation des capitaux », ce dernier a rappelé par ailleurs que le gouvernement djiboutien entend maintenir la stabilité macroéc omique grâce à une gestion fiscale prudente et mener à bien un programme de reformes structurelles. 

Créée en 1997 et disposant d’un capital social dépassant les 30 millions de dollars américains,  la Saba Islamic Bank s’est illustrée, selon le gouverneur de la banque centrale de Djibouti, au cours de ces dernières années par des performances particulièrement enviables avec un taux de croissance moyen des avoirs dépassant 50% par an.  

Outre la Saba Islamic Bank du Yémen, il y a lieu de noter enfin que l’International Commercial Bank (ICB) de la Malaisie, qui a déjà eu l’aval des autorités djiboutiennes, s’installera également à Djibouti avant la fin de l’année 2006.

27/06/06 (B356-B) Et si Dr Rabbé ou Elabeh ou Dini était président à Djibouti à ce 27 juin 2006 ? (Lecteur)

Bonjour tout le monde,

C’est toujours un grand plaisir, à l’occasion de la fête de 27 juin, de se retrouver entre-djiboutiens pour non seulement célébrer cette fête mais surtout pour remettre en question le bilan du régime. Pour moi, ce qui ne marche pas dans ce système mis en place par Gouled et sa bande (Guelleh en tête) – j’aimerais attirer votre attention sur point (un volet) – c’est qu’il est mis en oeuvre par des hommes venus d’ailleurs (Ethiopie) : je veux parler du tribalisme.

Comment expliquer qu’aujourd’hui encore :

  • pour être Ministre à Djibouti, il faut être issa ou afar
  • pour être dirigeant d’un Département ou autre, exemple Chef de la Police ou Gendarme etc … il faut être issa (ou afar mais rarement)
  • pour être candidat d’un parti … il faut être issa (ou afar mais rarement)
  • pour travailler dans une ambassade, il faut être issa (ou afar mais rarement)
  • et pour comble, maintenant le régime en rajoute : il tient à s’assurer que les étudiants, qui partent étudier à l’étranger, répondent positivement au critère tribal unique.
  • etc…

Roger Picon
Nous les Djiboutiennes et les Djiboutiens, toutes origines confondues, nous dénonçons ce système pourri qui règne à Djibouti.

Alors chers amis,

Si le Dr. Omar Osman Rabbé (d’Ottawa) ou feu Mohamed Djama Elabeh ou feu Ahmed Dini était Président durant ce 27 juin 2006, j’imagine que les choses seraient bien différentes.

DJIBOUTI assurerait à ses enfants et à sa jeunesse un avenir
d’une manière équitable ou assez égale.

Bonne fête a toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens.

27/06/06 (B356-B) L’équipe de l’ARDHD adresse tous ses voeux à la population djiboutienne à l’occasion de la fête du 27 juin. (Jean-Loup Schaal)

L’indépendance obtenue le 27 juin 1977 avait suscité un formidable enthousiasme et de grands espoirs dans la population djiboutienne.

Le système mis en place d’abord par Gouled, qui avait, quoique l’on puisse dire, une certaine légitimité dans le pays, en raison de son engagement pour l’indépendance, puis de Guelleh (lui, sans aucune légitimité, puisqu’il a volé le poste par la fraude électorale), a déçu progressivement tous les espoirs.

Certains minoritaires ont certes gagné au changement, puisqu’ils se sont enrichis sur le dos du Trésor public et des marchés, au détriment de la grande majorité des autres qui ont vu leur pouvoir d’achat diminuer d’année en année pour arriver en 2006 à l’un de ses niveaux les plus bas.

Même les services qui fonctionnaient à peu près bien, ne sont plus que des épaves agonisantes : système de santé, éducation, distribution d’eau et d’électricité, etc.

Bref l’indépendance commencée sous les espoirs aboutit 29 ans après à un véritable cauchemar et même à l’enfer pour les citoyennes et les citoyens, violés, arrêtés sans raison, torturés, incarcérés arbitrairement. Pire encore, le régime a tué par dizaine des citoyens innocents et honnêtes. Tortures et harcèlement injuste des Gadabourcis, massacres collectifs d’Arhiba I et II, Yoboki (où l’on dit que le Général Z… aurait testé des obus au phosphore contre les civils sans défense), génocides de Guestir, Aicha-Adda et Guerissa ne sont malheureusement que des exemples parmi de nombreux autres.

A titre individuel, les Djiboutiens ont aussi payé cher cette indépendance tant attendue : élimination physique de plusieurs leaders de l’opposition (Cheiko et tous ceux qui ont été victimes d’intoxication suspecte) et des témoins dans différentes affaires louches sur lesquelles plane l’ombre de Guelleh (Attentat du Café de Paris, meurtre du Juge Borrel – Ladiyeh -,etc.., grenade jetée mystérieusement le mois dernier, avenue 13).

Le constat est consternant. Le pays est asservi par une mafia composée d’obligés de Guelleh, qui sous la coupe de quelques patrons comme Ali Guelleh à l’EDD, Yacin Elmi Bouh à l’Intérieur, Haïd à la Banque centrale ou Borreh au Port (et ailleurs) dirigent le pays, promulguent des lois anti-sociales, harcèlent les syndicalistes et tentent de tromper le monde entier (FMI, OIT, etc..)

L’espoir ne peut venir que de la réaction internationale, d’un sursaut de la communauté qui balaiera les complicités secrètes et amicales entre la France et Djibouti, au motif probable de ne pas déterrer certains cadavres encombrants, enfouis dans les placards des Affaires étrangères.

A ce titre, la communication est capitale et notre Association est fier d’avoir participé depuis 1999, à cet immense effort d’information de la communauté internationale. Cet effort paye ! Chaque mois, la consultation du site de l’ARDHD est en progression et surtout, grâce à notre exemple et souvent aussi à nos conseils sous la forme d’un transfert de savoir-faire, de nombreux sites entièrement dédiés à Djibouti ont fleuri et ils sont mis à jour, permettant à chacun d’exprimer sa vision, ses orientations et son analyse.

Au total et en dépit de la censure imposée par le régime de Guelleh qui en plus de ses nombreux « crimes », est un liberticide convaincu, l’information circule sur Internet. Elle est multi-orientation et elle permet aux lecteurs d’apprécier l’actualité sous des angles différents, ce qui est le meilleur gage d’avoir au final une vision la plus objective possible.

Nous sommes résolument optimistes pour l’avenir du pays, car le régime ne pourra plus tenir longtemps. Ses récentes gesticulades, y compris le soutien contradictoire apporté à la fois aux islamistes extrêmistes vainqueurs de la bataille de Mogadiscio et en même temps aux Américains, forcément opposés au radicalisme politico-religieux, montrent autant l’ambiguité de l’homme et de son système que son profond désarroi.

Les Américains se lassent certainement de supporter ce partenaire instable, encombrant et peu fiable (certains documents critiques émis par le Département d’Etat US en sont l’un des signes visibles). Les Français vont finir par prendre au sérieux les progrés des juges d’instruction en particulier dans l’affaire Borrel et bientôt, il ne sera même plus concevable d’apporter le moindre soutien au dictateur de pacotille.

Le fruit sera mur. Il suffira de le cueillir. Mais il faut, comme nous l’avons dit si souvent, une opposition unie autour d’un objectif essentiel : la fin du système de Guelleh et l’accord pour conduire durant une période de transition, le redressement du pays sur tous les plans : économique, social, politique, éducatif, judiciaire et sanitaire.

Nous avons une grande confiance dans la force et dans la sagesse du peuple djiboutien, qui saura convaincre les hommes politiques qui se sont levés pour le défendre, que le temps de l’union est venu et qu’ils doivent agir pour l’intérêt général durant une période de transition, en mettant en sommeil, leurs intérêts particuliers.

Bonne fête à tous et surtout conservez l’espoir et la détermination farouche pour obtenir le changement auquel vous aspirez en toute légitimité.

Jean-Loup Schaal

27/06/06 (B356_B) Situation en Somalie : des combats entre les forces islamiques et les milices des Chefs de guerre sont signalés par AP et Afriklive, à l’entrée de Mogadiscio : 5 morts (Infos lecteur)

_______________________________ AP

Combats à l’entrée de Mogadiscio; cinq morts

MOGADISCIO (AP) – Les miliciens islamistes qui contrôlent la plus grand part du sud de la Somalie se sont emparés mardi matin d’un barrage tenu par un clan à l’entrée de Mogadiscio, à l’issue d’une bataille qui a fait cinq morts, a annoncé le chef des Habar Gidir.Abdi Kaibdid a accusé la milice des tribunaux islamiques d’avoir violé l’accord censé mettre fin aux actions militaires.

La milice islamiste au pouvoir à Mogadiscio n’a pas commenté cette offensive, la première rapportée depuis l’accord passé la semaine dernière avec le gouvernement intérimaire somalien.La veille, Cheikh Hassan Dahir Aweys, le « dur » qui est désormais le nouveau chef suprême des islamistes au pouvoir, a annoncé que la charia, la loi islamique allait être appliquée dans le pays.Signe du durcissement apparent du mouvement ayant conquis Mogadiscio sur les seigneurs de la guerre, l’Union des tribunaux a annoncé que quatre hommes actuellement jugés pour viol à Jowhar (90 km de la capitale) seraient lapidés à mort s’ils étaient reconnus coupables.

« La Somalie est un pays musulman, et ses habitants sont musulmans, à 100%.

De ce fait, tout gouvernement qui aurait notre aval doit être basé sur le Coran et les enseignements de notre prophète », a déclaré Cheikh Aweys, qui a été nommé samedi dernier à la tête de ce qui se dénomme désormais le Conseil suprême de l’Union des tribunaux islamiques somaliens.

Agé de 71 ans, cet ancien colonel a une nouvelle fois démenti tout lien avec d’éventuels terroristes. Interrogé sur sa position vis-à-vis des Etats-Unis, il a déclaré: « Notre relation avec l’administration américaine dépendra de la manière dont les Etats-Unis nous traitent. S’ils nous traitent bien, nous les traiterons bien aussi. S’ils se comportent mal, ils en porteront la responsabilité ».

Washington de son côté a réagi avec prudence à la montée en puissance de Cheikh Aweys, vu comme beaucoup plus extrémiste que son prédécesseur: il est le fondateur d’Al-Itihaad, le mouvement islamiste somalien considéré comme ayant eu des liens avec Oussama Ben Laden, et placé à ce titre sur la liste terroriste par Washington.

Pour Omar Jamal, directeur d’une association d’expatriés somaliens aux Etats-Unis, le Centre pour la Justice en Somalie, son élection est un « signal clair que les modérés sont en train de perdre et les extrémistes de gagner ». AP

_________________________________ Afriklive – Source AFP

Somalie: attaque islamiste contre des positions des chefs de guerre

Au moins cinq personnes ont été tuées et six blessées en périphérie de la capitale somalienne Mogadiscio mardi matin quand des miliciens islamistes ont attaqué des positions tenues par des combattants loyaux aux chefs de guerre, a affirmé l’une des deux parties.

Des partisans de la milice islamiste, le 16 juin 2006 à Mogadiscio Il s’agit des premiers affrontements près de la capitale depuis que les islamistes ont pris le contrôle de Mogadiscio, début juin, en défaisant une alliance de chefs de guerre soutenue par les Etats-Unis.

« Deux des morts sont des membres de la police somalienne et les trois autres sont des civils », a déclaré Abdi Hassan Qeybdid, le chef de guerre dont les positions dans le village de Lafole, situé à environ 15 km au sud de Mogadiscio, ont été prises pendant cette attaque. Selon lui, l’attaque a été lancée par des combattants loyaux aux tribunaux islamiques.

« Nous pensions que les tribunaux étaient intéressés par la paix, mais j’ai appris que ce n’est pas le cas », a estimé M. Qeybdid, qui est l’un des membres fondateurs de l’Alliance pour la restauration de la paix et contre le terrorisme (ARPCT), qui était soutenue par les Etats-Unis. « Les tribunaux sont plus intéressés par la poursuite de la violence », a-t-il ajouté.

Un représentant des tribunaux islamiques a confirmé que les combattants loyaux aux islamistes avaient pris le contrôle de ces positions. « Cela fait partie de nos efforts pour pacifier la Somalie et Qeybdid doit rendre ses armes aux tribunaux », a-t-il déclaré sous couvert d’anonymat.

Dans un communiqué lu sur des radios locales, les tribunaux islamiques ont expliqué que les positions étaient tombées parce que M. Qeybdid a refusé de se rendre. M. Qeybdid est l’un des deux derniers membres de l’ARPCT qui restaient à Mogadiscio ou sa périphérie depuis que les islamistes ont pris la capitale. L’autre, Omar Mohamud Mohamed, ancien ministre des Affaires religieuses dans le gouvernement de transition, s’est engagé à travailler avec les tribunaux islamiques.

La Somalie, pays de la Corne de l’Afrique, est en guerre civile depuis 1991. Depuis début juin, les islamistes ont saisi Mogadiscio et contrôlent désormais trois régions et demi en Somalie, sur un total de 18.

Depuis samedi, ces tribunaux, soupçonnés d’abriter des extrémistes du réseau Al-Qaïda, se sont réorganisés et sont dirigés par Cheikh Hassan Dahir Aweys, qui est recherché par les Etats-Unis. Ce dernier a annoncé lundi que la charia ou loi coranique serait appliquée et nié les accusations de « terrorisme » lancées contre lui par Washington. De leur côté, les Etats-Unis ont écarté tout dialogue avec Cheikh Hassan Dahir Aweys, tout en laissant la porte ouverte à des contacts avec d’autres membres du groupe.

Cheikh Aweys, qui dirige « le courant jihadiste » en Somalie selon des sources diplomatiques, a été nommé samedi à la tête d’un nouvel organe suprême islamiste en Somalie, le Conseil des tribunaux islamiques (CIC). Ce dernier a pour mission de superviser le fonctionnement des tribunaux islamiques dans les zones contrôlées par les islamistes dans ce pays.

« Nous devons suivre la loi telle qu’établie par Allah », a déclaré Cheikh Aweys lors d’une interview à l’AFP.

« Je ne pense pas que les Somaliens s’opposeront à l’adoption de la loi d’Allah », a-t-il ajouté, interrogé depuis Mogadiscio dans la région centrale de Galgudud, où il a mis en place ces derniers mois des tribunaux islamiques.

Cheikh Aweys, qui a créé le premier tribunal islamique à Mogadiscio au milieu des années 90, est recherché par les Etats-Unis. En novembre 2001, il a été qualifié par Washington de « terroriste international » et est sous le coup de sanctions (interdiction de voyager et sanctions financières) de la part des Etats-Unis en raison de ses liens présumés avec Al-Qaïda.

« Ce n’est pas approprié de mettre sur une liste de terroristes quelqu’un qui n’a tué ou blessé personne », a lancé Cheikh Aweys, interrogé sur ces accusations. « C’est une faute qui devrait être corrigée par ceux qui ont constitué cette liste », a-t-il ajouté. « Je ne suis pas un terroriste. Mais si le fait de suivre strictement ma religion et l’amour pour l’islam fait de moi un terroriste, alors j’accepte cette appellation », a-t-il poursuivi.

« L’idée de geler mes comptes bancaires est inutile car je n’ai pas de comptes aux Etats-Unis », a-t-il prévenu.

Source : AFP