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12/07/06 (B358-B) Un document sonore d’archive, précis, complet et bouleversant. Le récit d’Elisabeth Borrel « La justice entravée » est disponible en audio sur le site. (récit sonore disponible en écoute directe et en téléchargement)

Ce document a été réalisé et diffusé sur CD-Rom, par l’Association Survie, à l’époque où François-Xavier Verschave était encore parmi nous. Ce document sonore permet de mieux comprendre les obstacles qui ont été dressés les uns après les autres pour éviter que la vérité ne soit connue.

Avec le courage qu’on lui connaît, associée à une objectivité de tous les instants, Elisabeth Borrel raconte dans le détail, tous les faits, toutes les trahisons et tous les obstacles que la République a dressés devant elle, afin que la vérité sur la mort de son mari, ne soit jamais connue.

Elle n’est toujours pas arrivée au terme de son calvaire et elle doit se battre en permance pour faire triompher la vérité. En effet, les tenants du pouvoir ne lâchent pas prise et ils continuent à mener un combat d’arrière-garde, qu’ils savent perdu d’avance, mais ils gagnent du temps.

S’agit-il de protéger Guelleh et son équipe ? Pour quelles obscures et odieuses raisons ?

Comment des hommes politiques peuvent-ils trahir, à ce point, leur conscience et leur mission au service de la vérité et de la justice, en refusant à une veuve et à ses enfants, la vérité sur l’assassinat « politique » d’un mari et d’un père ?

ASSASSINAT

Pour écouter :

Au cas où vous rencontreriez des difficultés pour écouter ce récit, vous pouvez télécharger le fichier au format RealPlayer en cliquant ici (5,3 Mo)

12/07/06 (B358-B) Djibouti espère encore ( D.Daïlabé )

Les informations en provenance de djibouti ne sont pas, c’est le moins que l’on puisse dire, ni reluisantes ni réjouissantes.

D’abord, voilà qu’en dépit de la présence des armées de la France et des Etats-Unis, les armes traversent notre pays comme une « boutta »{groupe} d’oiseaux migrateurs l’aurait fait ; sous prétexte de la grippe aviaire, ces pauvres volatiles sont soumis à une extrême surveillance ; car pour le pouvoir djiboutien, un tel passage est une nouvelle source des revenus garantie par la Communauté Internationale par le biais des organismes comme l’OMS, la FAO, le PAM et j’en passe. Mais pour les armes c’est une autre paire de manches ???????

La première question qui passe par la tête est : d’où viennent et où vont ces armes ?

Ensuite, la France et les USA possédant à Djibouti des moyens colossaux de surveillances grâce à des écoutes avec le système « échelon » couplé avec le dispositif embarqué sur le « USS Mount Whitney » bâtiment de l’US Navy avec système d’interception NTDS(naval tactical data system) pour les Américains et le centre d’écoute hyper sophistiqué installé à Arta, pour les Français, mais aussi et surtout des observations par satellites avec d’énormes capacités de définitions,.

Comment se fait-il qu’ils n’ont pu stopper les cargaisons d’armes lourdes (des 14,5,des 12,7,des katiouchas et leurs munitions) qui ont transité par notre pays à destination de la Somalie pour les combattants des Tribunaux Islamiques ?

Le site web du journal « Les Nouvelles d’Addis » a révélé le29/06/06 que l’Erythrée était impliquée dans l’expédition de ces armes.

Quand on sait l’état de belligérance qui existe entre l’Erythrée et l’Ethiopie qui de son côté s’est beaucoup investie en Somalie en aidant les fractions anti-islamiques, on est tenté de dire que c’est de « bonne guerre » qu’elles se comportent ainsi. C’est la suite logique d’une stratégie politico-guerrière retenue par les deux parties.

En revanche, et c’est cela qui nous intéresse ici, le rôle imbigü dans cette histoire du gouvernement D’Ismaël Omar Guelleh nous interpelle et mérite que nous nous y attardions un peu.

Mais auparavant, permettez-moi de juste signaler que l’Ethiopie de Meles Zenawi a fortement contribué à l’élection à la présidence de la République d’Ismaël Omar Guelleh en 1999.

  • Mise à disposition d’argent liquide(+ d’1 million de Birr) pour les frais de campagne
  • + de 10 véhicules 4×4
  • Plusieurs quintaux de « khat »

Au jour d’aujourd’hui, à cause de l’immobilisation du port érythréen d’Assab, l’Ethiopie utilise celui de Djibouti pour ses importations et ses exportations. Les recettes du port ont quadruplé. Cela n’a aucun effet sur l’immense majorité des djiboutiens

Ismaël Omar a une singulière façon de remercier Meles Zenawi. La gratitude n’est pas son point fort. Il excelle plutôt dans la répression, les magouilles et la corruption. Mais de là à permettre à l’Erythrée de fourguer des armes aux Tribunaux Islamiques Somaliens, via le territoire national, cela relève au mieux d’une myopie politique et au pire de l’idiosyncrasie.

Depuis 1977,date de l’indépendance de Djibouti et dès son installation aux commandes du nouvel Etat, Hassan Gouled avait amorcé le fait de faire de Djibouti une plaque tournante dans le trafic en tous genres : Armes, drogues, faux dollars, etc., etc.……..

Ismaël Omar Guelleh a été la cheville ouvrière du pouvoir de Gouled mais son accession à la présidence de la République a aggravé terriblement la situation de notre pays. Il est de tous les mauvais coups qui se produisent dans la Région :

  • Ingérence dans les affaires intérieures de l’Ethiopie (soutien financier et envoie des containers d’armes à certains groupuscules ) ce qui génère une situation de guerre larvée que le gouvernement fédéral éthiopien a du mal à juguler ;
  • Tentative de déstabilisation du Somaliland par l’envoie là aussi des mercenaires, de trafic des cigarettes par l’intermédiaire de son homme de paille Adourahman Borreh, de fermeture de la frontière et par l’arrêt brutal des échanges commerciaux entre les deux pays
  • Conflit avec l’Erythrée et diatribe verbale digne d’un voyou à l’égard du chef de l’Etat de ce pays. Soit-dit en passant que si aujourd’hui, Issayas Afeworki et Ismaël Omar sont « bras dessus-bras dessous », c’est due à une alliance limitée dans le temps qui se faite au détriment du Frud d’une part et de l’Ethiopie d’autre part.

D’aucuns diront que c’est, entre autres, pour consolider cette alliance qu’Ismaël Omar a permis le transfert via Dibouti des armes en provenance de l’Erythrée et à destination de la Somalie.

En fait, c’est un petit génie du mal qui pour se maintenir au pouvoir n’hésite pas à nouer des relations avec tous ceux qui sont au ban de la communauté internationale ; de la maffia italienne en passant par les mercenaires ukrainiens et polonais, jusqu’aux réseaux islamistes. A ce propos, n’organise-t-il pas chaque année un gigantesque rassemblement religieux pour lequel les invités affluent du quatre coins du monde. Rassemblement qui est perçu comme une porte ouverte à l’expression de toute forme d’extrémisme. En outre, il est incapable d’assurer la sécurité des « pèlerins ».

Le drame qui a frappé plusieurs familles djiboutiennes ainsi que des étrangers avec le boutre qui a coulé le 07 avril 2006 à quelques brassées du port de djibouti et qui a fait plus de (100)morts est dans toutes les mémoires. Je profite de l’occasion pour renouveler mes condoléances aux familles des victimes.

Mais le paradoxe, si paradoxe il y a, dans cette histoire est le silence dont fait preuve l’armada des puissances étrangères présentes sur notre sol à l ‘égard du régime d’Ismaël Omar Guelleh tenté par toutes sortes de dérives y compris celle de l’activisme islamique.

On ne peut s’empêcher de dire que cette attitude n’est même pas couverte par le sacro-saint principe de la « Raison d’Etat »

La lutte contre « le terrorisme »s’arrêterait-elle au seuil du palais de Haramous ou du « beit-al wali » ?

La victoire des « Tribunaux Islamiques »à Mogadiscio a été ressentie comme un coup de fouet au visage par les occidentaux qui, n’ayant pas évalué la situation à sa juste valeur, ont réagi tardivement et à l’emporte-pièce en aidant en armes et argents des chefs de guerre qu’ils ont combattue hier( ???)

En tous les cas, si l’on n’y prend garde, tôt ou tard, le risque est grand de voir la déferlante islamique partie de Mogadiscio ou d’ailleurs atteindre les rivages de Djibouti.

Et ce n’est certainement pas Ismaël Omar qui va l’arrêter. Au contraire !!!!!

En dépit de ses fanfaronnades devant les Chefs d’Etats africains réunis au 7éme Sommet de l’UA à Banjul-Gambie- (25 juin_02juillet 06) consistant à se faire passer pour le spécialiste des Chantiers de la Paix, le petit génie du mal de « hafat-issa » de Diré-Dawa,(Ethiopie) maintient le pays dans une impasse politique totale. Cela est caractérisé par :

  • la panne du processus démocratique
  • des fraudes massives des élections(législatives de janvier 2003, présidentielles d’avril 2005,communales et régionales mars 2006)
  • le refus d’appliquer l’accord du 12 mai 2001
  • une logique de guerre(offensive militaire de grande envergure dans le Nord du pays, dernière en date mai 2006)
  • une affamation de la population civile(blocus alimentaire et sanitaire)
  • la répression de toute velléité de contestation et de résistance
  • les emprisonnements arbitraires et les tortures généralisées
  • la corruption et le vol du denier public
  • les détournements de l’aide internationale

Ne dit-on pas que l’on devrait d’abord nettoyer devant chez soi avant d’aller jouer le « Mandela » ou le « Nyerere » chez le voisin.

Bref, Ismaël Omar mène le pays à la catastrophe. Il ose parler d’embellie économique, de croissance, alors que les djiboutiens crient famine. Une femme enceinte qui se présente en urgence à l’entrée de l’hôpital Peltier doit non seulement débourser de l’argent pour y être admise mais doit aussi avoir sur le nécessaire médical (compresses, alcool iodé, ciseaux….)

J’ai lu quelque part que la dette extérieure de Djibouti s’élève à 427 millions $ cependant que le couple « présidentiel » serait créditeur sur un compte bancaire ouvert à Durban (Afrique du Sud) de 497 millions $ . Et ce n’est certainement que la partie visible de l’iceberg patrimonial du couple ..

Pauvres djiboutiens !!! . Spoliés, opprimés, tyrannisés. Pas le droit de s’exprimer, pas le droit de s’organiser et surtout pas le droit de revendiquer la démocratie.

S’il y a un domaine où Ismaël Omar a scrupuleusement respecté l’héritage politique légué par son oncle Hassan Gouled, c’est celui d’empêcher l’existence de tout parti politique autre que le RPP.En 1992,ce dernier accepte du bout des lèvres la mise en place d’une Constitution et le multipartisme limité à quatre partis.

Il l’a accepté contraint par la force des choses, autrement dit par l’environnement politique national et international. Souvenons-nous, dans les années 90,une brise de démocratie avait soufflé sur le continent africain allant du fameux discours de la Baule de feu Mitterrand conditionnant l’aide de la France aux respects de droits de l’homme et de la démocratie jusqu’à la tenue d’une « conférence nationale » entre opposition et gouvernement dans différents pays africains.

Faut-il préciser qu’aucune « conférence nationale » n’a vu le jour à Djibouti. Sur le plan national, c’est la force des combativités des maquisards du Frud qui est à l’origine du recul de Hassan Gouled et qui lui à fait dire, je cite « la démocratie, le multipartisme, c’est à la mode aujourd’hui, alors on va le faire » En 2002, 10 ans après, le régime djiboutien a inauguré en grande pompe le « multipartisme intégral » mais c’était et c’est encore du « pipeau » car dès 1977 Hassan Gouled avait balisé le terrain en jetant les bases du parti unique. A l’époque plusieurs partis existaient à Djibouti : la LPAI, l’UNI, le MPL et autres FLCS.

Afin de pouvoir instaurer le parti unique et faire place nette pour la LPAI qui deviendra plus tard le RPP, il était nécessaire d’éliminer tous les autres partis.

Pour ce faire, il fallait impérativement trouver un prétexte et un bouc-émissaire.

Le prétexte fut l’attentat perpétré contre le café-bar le « Palmier en Zinc » le 15 décembre 1975 et le bouc-émissaire le MPL : celui-ci fut dissout le 16 décembre 76 et avec lui toute autre forme organisationnelle que celle prônée par le LPAI.Depuis beaucoup d ‘encres et des salives ont coulé à propos de démocratie, de multipartisme à Djibouti mais cela relève plutôt du domaine de ravalement de façade. On va y revenir ; permettez-moi juste quelques mots sur le MPL.

Voilà un parti disparu il y a longtemps mais qui continue à hanter les nuits de beaucoup des gens. Sans avoir la prétention et encore moins l’envie de faire l’historiographie du MPL, les historiens s’en chargeront, un petit retour en arrière s’impose, je crois.

Ce mouvement a fait son apparition sur la scène politique djiboutienne en décembre 1975. Il a déclenché un véritable bouleversement dans l’organisation sociale djiboutienne. Il a été le premier parti doté d’un programme politique, économique et social ; il a introduit des nouvelles idées comme le centralisme démocratique, l’encadrement et l’organisation de la jeunesse, garçons et filles, par section semi-militaire, par des cours d’alphabétisations, par la création théâtrale.

Il a réalisé une avancée dans les changements des mentalités mais s’est aussi heurté à l’hostilité des tenants du pan-somalisme, des militants de la LPAI et bien entendu de l’administration coloniale. Laquelle administration jouant sur la croyance de la population a fait passer le MPL pour un mouvement communiste et ses militants pour des incestueux ! Pourtant dans aucun de ses écrits ce mouvement ne se réclamait de l’International Communiste, tout juste revendiquait-il la réalisation de la RNDP(Révolution Nationale Démocratique et Populaire) ce qui n’avait rien, mais absolument rien à avoir avec un programme politique communiste.

Mais plus que ça, ce que l’on ne pardonne pas au MPL, c’est d’avoir su insuffler à ses cadres et militants l’esprit collectif qui tranchait radicalement avec la pratique courante au sein des autres partis qui étaient submergés des querelles de clocher des personnalités qui les composaient. Etat d’esprit qui n’était pas basé sur une ambition personnelle, tribale ou clanique ; état d’esprit qui voulait que l’on n’entrave pas la démocratie, que l’on empêche l’accaparement de l’indépendance et de l’Etat par un individu ou un clan ; c’est d’ailleurs pour cela qu’il a été durement réprimé par le régime en place.

Mais cet esprit est encore vivace, si vivace que certain le perçois comme un obstacle majeur pour leurs ambitions personnelles. Sinon, pourquoi encore en 2006, certains consacrent tout leur temps pour épancher leur haine de ce mouvement en lui mettant sur le dos pèle- mêle tous les maux de la société Afar : affaiblissement, trahison, collaboration et que sais-je encore ? A titre d’information, certain historien situe l’affaiblissement de la société Afar au XVe siècle avec la défaite de « Goura-le Hamad »plus connu sous le nom d’Ahmed Gragne ; dans toute forme de résistance armée ou civile, il y a toujours des traîtres, des collabos, des fatigués voire des suicidés. Il y a pire encore.

L’histoire nous a appris que dans les différents fronts ou mouvements de libérations de par le monde, du FLN vietnamien en passant par le FLN algérien jusqu’aux MPLA(Angola) et autres FRELIMO(Mozambique), des purges et des liquidations physiques des dirigeants et des cadres se sont produites. Heureusement, cela n’est pas arrivé au sein du MPL et surtout pas au FRUD.C’est peut-être due à une certaine maturité politique ? Dans le monde ces genres d’événements ont encore lieu de nos jours et vont probablement avoir lieu. Ce n’est donc pas une exclusivité afar et encore moins une fatalité qui leur pend sur la tête comme une épée de Damoclès. L’essentiel, à mon humble avis, est que la ligne politique choisie soit maintenue et que la lutte continue. Soit-dit en passant, qu’il est bien commode de critiquer le MPL et de poser des questions d’une banalité sidérante, tout en s’occupant de sa petite ou grande carrière. Et surtout en oubliant de se poser des questions comme :

« Qu’ai-je fais moi pour cette lutte ? Quelle est ma contribution à cette résistance à la dictature ? »

Bref, l’état d’esprit que le MPL a diffusé et les idées qu’il a véhiculées ont durablement marqué les djiboutiens toutes générations confondues.
Le MPL a su unifier, rassembler ; cela a donné l’UDC, l’UNECAS, Le FDLD et finalement le FRUD.Pour illustrer cela, permettez-moi de citer un certain Gabriel Lamarche qui a écrit dans Politique Internationale N° 61_1993 « L’influence des militants proches de l’ex mouvement populaire de libération crée dans la lutte pour l’indépendance en 1975,était notable dans les trois groupes qui vont concourir à la formation du F.R.U.D. »

C’est ce que certains responsables politiques djiboutiens de l’opposition et non des moindres ont appelé le « continuum historique »

Le courage ne se décrétant pas, il se trouve aujourd’hui du côté, d’une part, des jeunes gars qui ont l’arme à l’épaule et qui crapahutent dans les montagnes du Mabla et d’autre part, de l’opposition civile qui résiste et défie le régime à l’intérieur ainsi que la majorité de la diaspora djiboutienne, mais sûrement pas du côté des cyber-résistants qui pour tromper leur ennuie « paltalkent »toute la nuit durant.

Il ne serait pas faux et encore moins prétentieux de dire que la relève du flambeau de la résistance est assurée et ce n’est certainement pas le « wagaq-deero »(cri du singe Gibbon) que certain pousse qui va y changer quelque chose.

Pour revenir, à la question de la démocratie, du multipartisme, de la décentralisation dont le régime d’Ismaël Omar s’est veut le champion, il suffit tout simplement de ne pas se voiler les yeux et la conscience(Al-Damir) pour comprendre qu’il s’agit ni plus ni moins de tromper la communauté nationale et internationale en leur montrant une énorme coquille vide. Il n’y a qu’à gratter pour s’en apercevoir. Depuis les élections présidentielles, l’opposition dans son ensemble (armée et civile) prône les boycottes.

Ainsi lors des élections communales et régionales, étant resté face à lui-même et à ses affidés, Ismaël Omar Guelleh n’a pu réprimer une pulsion caractéristique de tous dictature ; le fait de vouloir garder tout pour lui-même. Scandale au sommet de l’Etat.

Comment accorder tout crédit à un chef d’Etat qui se permet de s ‘approprier les résultats du vote de ses propres alliés ?

En tout état des causes, Ismaël Omar vit dans la peur au ventre et gouverne en imposant la terreur à sa population. L’année 2006 n’a pas été de tout repos pour lui. Et 2007 risque d’être l’année de tous les dangers.

Il est cerné de tout côté : d’abord par le frud et la reprise des combats qui l’a obligé à déclencher une offensive mobilisant plus de 2000 soldats qui, surtout, terrorisent et affament la population civile. Quand on sait qu’un soldat mobilisé coûte environ 1500 à 2000FD par jour, il est certain que cela affecte considérablement le budget de la dictature ; les sommes ainsi dépensées auraient pu soulager un tant soit peu les souffrances de la population. La misère des djiboutiens n’empêche nullement IOG de dormir rassasier dans son palais de Haramous.

Ensuite, la consolidation de l’unité de l’opposition civile et armée lui fait pousser des urticaires. Qu’adviendra t-il de lui quand il apprendra la concrétisation de cette unité au cours de la conférence qu’envisage de tenir très prochainement en Europe l’ensemble de l’opposition ? L’avenir nous le dira.

Sur le plan extérieur, voilà que l’affaire du juge Borrel rebondit avec la découverte d’un nouvel élément. Les investigateurs de cette terrible affaire ont dévoilé l’existence de l’ADN de deux personnes distinctes en dehors de celui très probable du fils de la victime. Les relations déjà exécrables entre Djibouti et la France risquent de s’envenimer dans les jours à venir.

D’un autre côté, les parents des trois victimes assassinés en plein jour et à l’arme blanche en 1999 à « Oroborou » près d’Obock ont décidé de réactiver la plainte qu’ils ont déposé auprès des tribunaux compétents en France.

L’étau se resserre autour d’Ismaël Omar et des nuages sombres s’amoncellent au-dessus de sa tête.

Il est temps et même urgent que les puissances étrangères présentes à Djibouti adoptent une attitude responsable et ferme vis-à-vis du chef de l’Etat djiboutien qui mène inexorablement le pays vers l’implosion Il a exacerbé à outrance les différences ethniques et tribales. Lesquelles différences n’ont jamais, avant l’avènement de ce régime, empêcher les djiboutiens de vivre ensemble en toute harmonie.

La France et les Etats-Unis sont à même de comprendre que Ismaël Omar ne représente pas du tout l’avenir de Djibouti.

La population djiboutienne place aujourd’hui tout son espoir dans l’opposition qui fait montre d’une maturité politique digne de confiance.

Elle doit doubler sa vigilance et multiplier ses actions qui tendent à la souder afin d’être plus crédible et prête à assumer l’alternance.

Permettez-moi de finir, pour ne pas dire conclure, en citant Maître Antoine Comte, avocat français bien connu des djiboutiens et frappé d’une mesure d’interdiction de séjour dans notre pays qui concluait, à propos de Djibouti et dès 1979,son article paru dans le « Monde Diplomatique » (décembre 1979), en ces termes :

« La République a 2 ans, mais à Djibouti l’histoire tourne en rond et l’indépendance dans le respect démocratique des ethnies, reste plus que jamais à l’ordre du jour »

Nous en sommes encore là mais tout espoir n’est pas perdu.

D.Daïlabé
de France

11/07/06 (B358_A) Le Nouvel Obs : Canal + – Fin brutale de l’émission 90 minutes. +Libres veut des explications. – Message de soutien de l’ARDHD à l’équipe de 90 minutes et en particulier à Bernard Nicolas

Le syndicat a demandé, lundi, des explications à la direction de Canal+, après sa décision d’arrêter le magazine « 90 minutes ».

Paul Moreira (J.-C. D. Canal+)

Le syndicat +Libres, a demandé, lundi 10 juillet des explications à la direction de Canal+, après la décision de la chaîne de supprimer le magazine d’information « 90 minutes » à la rentrée. Dans un communiqué, +Libres a dénoncé « l’annonce soudaine et brutale » de la fin de l’émission et « s’interroge sur les raisons qui ont motivé cette déci on alors qu’il avait été clairement énoncé lors du dernier comité d’entreprise que cette émission serait reconduite à la rentrée ».

Il faut que « toute la lumière soit faite lors du prochain comité d’entreprise qui aura lieu le 18 juillet », a demandé le syndicat majoritaire de la chaîne cryptée. « Compte tenu du caractère très politique et très sensible de ce magazine d’investigation, des récentes polémiques au sein des médias sur la liberté d’expression, un an avant l’élection présidentielle et à la veille de la fusion de notre groupe avec TPS, +Libres s’inquiète des éventuelles dérives éditoriales qui pourraient survenir sur Canal+ », a poursuivi le communiqué.

Canal+ avait annoncé, mardi, l’arrêt de l’émission « 90 minutes ». La direction avait proposé au rédacteur en chef, Paul Moreira, de réaliser des documentaires internationaux qui seraient faits dans le cadre de l’agence Capa et diffusés par Canal. Les huit membres de son équipe se sont vus, pour leur part, proposer un reclassement à i-Télé, la chaîne d’information en continu du groupe.

________________________________ Note de l’ARDHD
Nous ne sommes pas dans les secrets des dirigeants de Canal +. Nous notons quand même que la décision d’arrêter l’émission a été prise après la diffusion du reportage de Bernard Nicolas sur les nouveaux développements de l’affaire Borrel, qui mettent Guelleh en cause de façon directe ou indirecte dans l’assassinat du Juge.

D’ici à certifier qu’il y a un lien de cause à effet : il y a un fossé que nous ne saurions franchir aussi allègrement. Mais on se pose beaucoup de questions quand même, sachant :

  • que l’équipe de 90 minutes préparait un nouveau droit de suite pour la rentrée avec des informations nouvelles, allant dans le même sens et qu’elle a certainement des images déjà « dans la boîte »,
  • que Mme Borrel va publier un livre en septembre,
  • que 90 minutes est pratiquement la seule émission qui parle de l’affaire Borrel (à l’exception de TF1 qui avait publié quelques timides reportages ..)

A-t-on voulu priver Mme Borrel d’un soutien médiatique de poids ?

Rien de plus cohérent avec l’attitude passée des autorités françaises, qui ont jalonné son parcours du combattant de tous les obstables possibles et inimaginables, ce qu’elle devrait rendre public dans son livre à paraître.

Mais la situation est grave et nous soutenons l’intervention du syndicat libre, car nous sommes probablement en face d’une intervention de l’Etat dans les choix rédactionnels d’une télévision « en principe » indépendante. Quelles ont pu être les menaces à la clef, pour faire plier la chaîne ? Il n’est pas certain que l’avenir nous le dise …. mais sait-on jamais ?

En tout cas, nous adressons à toute l’équipe de 90 minutes et en particulier à Bernard Nicolas, tous nos encouragements et tout notre soutien, en le remerciant déjà pour tout ce qu’il a accompli, avec un sens profond de la vérification des informations et la mesure qui convient pour le « traitement » médiatique de ce type d’affaire hyper politisée.

11/07/06 (B358-A) La presse en parle ! « Le témoin de Verviers se dit sous pression ». Affaire des parents d’IFTIN. Article publié par Le Soir de Belgique le 5/07/06 sous la signature Lallemand

LALLEMAND
Le Soir : édition du 05/07/2006 | page 11

Le scandale est connu : alors qu’il enquêtait sur les pratiques illégales du régime, le juge français Bernard Borrel, devenu conseiller du ministre djiboutien de la Justice, est assassiné le 18 octobre 1995 à Djibouti. Son corps est retrouvé le lendemain, à moitié carbonisé, dans un ravin.

Dix ans plus tard, l’enquête judiciaire remonte vers l’entourage de l’actuel président de la république Ismail Omar Guelleh, au point que ce dernier, en visite à Paris en 2005, se dérobe à une convocation de la justice française et gèle bientôt la coopération judiciaire entre Paris et Djibouti. Il y a une semaine encore, la thèse de l’assassinat était renforcée par la découverte de trois ADN masculins sur le short du juge.

Dans ce dossier, deux témoins-clés, tous deux membres de la garde présidentielle djiboutienne, vont chercher asile en Belgique, trop inquiets du sort qui leur serait réservé en France. Le premier, l’ex-lieutenant Mohamed Saleh Alhoumekani, fournit à la justice française le témoignage d’une conversation accablante entre l’actuel président de la république de Djibouti et les « exécutants ». Dans un premier temps, ce témoignage est contré par une lettre de son commandant, Ali Iftin. . . Jusqu’à ce que ce dernier gagne lui aussi la Belgique en 2002 et – devenu à son tour témoin de la justice française – affirme que le chef des services secrets djiboutiens l’avait contraint d’écrire la lettre infirmant les propos de son lieutenant.

Menaces sur les parents ?

Désormais réfugié politique, Ali Iftin, 45 ans, travaille à Verviers et ne ménage pas sa peine pour aiguillonner dans un certain sens les journalistes qui tentent de lever le voile sur les coulisses de Djibouti. Pas toujours fiable mais prolixe, il est l’une des sources d’un « Droit de suite » diffusé ces derniers jours sur Canal +, où est affirmée la thèse d’un assassinat du juge Borrel planifié au sommet de l’État djiboutien.

Est-ce par rétorsion ?

Toujours est-il que vendredi, les parents d’Ali Iftin, réfugiés au Somaliland, lui font passer un message : des hommes armés auraient quitté Djibouti par avion puis, embarqués dans un camion, se seraient postés vers deux heures du matin aux alentours de leur habitation, dans le village de Borama. Le père, Abdellahi Iftin, 80 ans, ancien officier de gendarmerie de Djibouti, et la mère, Mako, 70 ans, évoquent des « militaires djiboutiens » qui auraient souhaité les ramener de force à Djibouti pour disposer d’un moyen de pression sur le fils.

À défaut d’être vérifiable, l’histoire est simplement crédible : Borama dispose effectivement d’un aéroport où atterrit la compagnie djiboutienne Dallo. Et Djibouti, qui n’a jamais souhaité voir se stabiliser un Somaliland qui lui fait économiquement concurrence, est d’autant plus interventionniste dans cette zone que c’est là que se trouve le clan tribal dont est issu le président djiboutien. Si non è vero. . .

Notons que dans l’immédiat, ce n’est pas le dossier Borrel qui menace le plus le régime de Djibouti, mais une explosion sociale due à la déliquescence par prévarication des entreprises publiques : la rumeur annonce des coupures d’électricité (et d’eau ?) pour l’été.

11/07/06 (B358-B) Avant le départ des prédateurs, on devrait quand même commencer à se pencher sur la grave question de la récupération des fonds qu’ils nous ont pris. (lecteur)

Tous les signes avant-coureur de la chute du régime sont là. Le pays est ruiné, la population est ruinée, les services publiques ne fonctionnent plus que très partiellement : santé, eau, électricité, justice (déménagée), ….

Mais telle une barque lourdement chargée, le système Guelleh avance encore sur son erre, même si le moteur est tellement défaillant, qu’il ne l’entraîne déjà plus.

Il va bientôt stopper. Nous serions bien surpris, même si Guelleh a des encore des ressources dans le domaine des diableries, que la situation s’éternise. Pour la simple raison, c’est que le Peuple, pourtant patient au-delà du raisonable, commence à s’ébranler et le mouvement devrait s’amplifier.

Alors, nous devrons nous pencher sur le problème du remboursement des sommes ahurissantes qui ont été prélevées illégalement par le couple « Le Chamelier », comme vous dites.

Tout l’immobilier construit à Djibouti est récupérable et aura une valeur marchande : Haramous, le Day et les parts dans des sociétés, des immeubles, etc…

En revanche, nous devrons obtenir la coopération des banques pour savoir où l’argent liquide a été transféré : France, Angleterre, Afrique du Sud, … ? et probablement exiger une intervention de la communauté internationale pour faire geler les avoirs du dictateur et de tous ses proches avant évaporation.

Ensuite, l’argent étant soit récupéré soit gelé au pire, il faudra se pencher sur la responsabilité pénale de ces « horribles gens », qui nous ont spollié ouvertement, asservi, torturé, violé, tué et qui au final, comme remerciement, se moquent ouvertement de nous les populations djiboutiennes.

Chacun doit rejoindre son poste et penser à ce qu’il devra faire pour contribuer à la récupération de l’argent et pour apporter son témoignage des crimes dont il a été victime ou témoin..

11/07/06 (B358-B) Courage et tenez bon, la fin est proche, mais nous serons quand même ruinés par les vautours ! (lecteur)


Roger Picon
C’est avec désolation que le peuple Djiboutien assiste à la spoliation des deniers publiques. A l’instar des détournements de fond, GUELLEH est en train de privatiser les entreprises publiques non au profit de la nation mais à son propre profit. Il est scandaleux de constater l’inertie des organisations des nations unies et des representations diplomatiques présentes à Djibouti.

Le peuple meurt à pétit feu entre pauvreté, déficit d’eau,d’électricité, de soins et le régime s’engraisse et prépare la fuite des capitaux.

Je suis outré et ulceré de voir un pays aussi simple à gerer se trouvant dans une telle situation. Que des mafieux aux commandes qui font miroiter aux administrés que Djibouti est le futur dubai de la corne d’afrique. Qu’attendre de ce natif de diré dawa qui a consolider les sentiments d’appartenances tribales et qui a fait de ce beau pays un purgatoire.

Long sera le combat mais aussi long que soit la nuit, viendra le jour. Nul ne demeure impuni. Même si la justice des hommes est amnésique, celle du seigneur est intraitable.

Tout mon soutien à la famille d’IFTIN et tenez bon la délivrance est pour bientôt.

11/07/06 (B358-B) Crise en Somalie. Le Soleil de Dakar : le dernier chef de guerre se rend aux islamistes. (Info lecteur)

Mogadiscio – Le dernier chef de guerre somalien retranché dans Mogadiscio, Abdi Hassan Awale Qeydiid, s’est rendu hier soir aux milices des tribunaux islamiques après deux jours de violents combats ayant fait au moins 67 morts, a-t-on appris auprès des miliciens islamistes.

Les milices des tribunaux se sont emparées de la résidence du chef de guerre, dans le sud de la capitale, et les combattants de Qeydiid ont commencé à rendre leurs armes aux commandants des miliciens islamistes, selon des dirigeants des milices des tribunaux s’exprimant sous couvert d’anonymat. Les milices des tribunaux avaient annoncé dimanche avoir pris le contrôle total de Mogadiscio, après avoir proclamé leur victoire sur les hommes de Qeydiid et d’Hussein Aidid, un autre chef de guerre qui exerce la fonction de vice-Premier ministre du gouvernement de transition.

Les combats, à l’arme lourde, avaient repris hier en début d’après-midi dans le sud de la capitale, faisant en 48 heures au moins 67 tués – dont 28 civils -, selon un bilan établi auprès des belligérants et des habitants.

De nombreux civils ont fui la zone des combats, où les deux camps ont utilisé de l’artillerie et des mortiers, selon des témoins.

Réagissant à ces nouveaux combats, le gouvernement de transition somalien, mis en place en 2004 mais impuissant à établir son autorité, a appelé à e lure les islamistes ayant pris part aux affrontements des pourparlers de paix prévus samedi au Soudan entre les dirigeants des tribunaux islamiques et le gouvernement.

À l’issue d’une réunion du gouvernement qui siège à Baïdoa, à 250 km au nord-ouest de Mogadiscio, le vice-Premier ministre Hussein Aidid a ajouté que le gouvernement était prêt à discuter avec les dirigeants des tribunaux qui n’ont pas été impliqués dans les derniers combats.

Cheikh Charif Cheikh Ahmed, l’un des hauts responsables du Conseil suprême islamique de Somalie (Sics), a répondu que « le gouvernement n’a rien à voir avec la paix à Mogadiscio ».

« Ce gouvernement était incapable de venir dans la capitale après qu’il eut été repoussé par les chefs de guerre, que nous avons finalement délogés. Ils (le gouvernement) doivent être reconnaissants pour ce que nous avons fait », a-t-il lancé lors d’un point de presse à Mogadiscio. De leur côté, les présidents kenyan Mwai Kibaki et ougandais Yoweri Museveni ont exprimé leur inquiétude à propos de la « détérioration de la situation en Somalie », dans un communiqué publié à Nairobi.

Ils ont appelé « la communauté internationale à soutenir les efforts entrepris par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) pour résoudre le conflit en Somalie ».

Source : Le Soleil, Dakar

11/07/06 (B358-B) Décés du journaliste Digdig. L’ARDHD adresse ses condoléances les plus sincères à sa famille et à ses proches. (Info lecteur)

__________________________ Note de l’ARDHD


Digdig a fait l’essentiel de sa carrière à La Nation, comme journaliste puis récemment comme directeur.

L’équipe de l’ARDHD avait beaucoup de sympathie pour lui, car il nous amusait souvent. Cireur de pompes attitré du régime, il exagérait parfois dans le style, dépassant les limites de la flagornerie la plus outrancière. A croire qu’il le faisait parfois volontairement et en toute conscience pour afficher une sorte de dérision à l’égard de ceux qu’il servait.

Il avait eu l’immense privilège d’être coopté à deux reprises dans l’Ordre des Brosses à Reluire, avec le titre d’Officier, qu’il était le seul à porter.

Il manquera certainement dans le paysage médiatique djiboutien et nous adressons à toute sa famille et à ses proches nos condoléances les plus sincères.

Que le Seigneur l’accueille en son Paradis éternel.

__________________________________________ La Nation

Un journal en deuil
Adieu, Digdig

La vie est ainsi faite : des moments agréables que l’on croit éternels et des joies immenses vite dissipées par des douleurs profondes. Le jeudi 6 juillet 2006, à 17 heures, le directeur de notre journal, Mohamed Ali Digdig, a été foudroyé par une crise cardiaque. Il avait tout juste 50 ans.

Quelques heures avant sa mort, il affichait une forme olympique à la rédaction, taquinant les uns, donnant des tapes amicales aux autres, et blaguant avec tout le monde.

Ce décès brutal a profondément ému tous ceux qui l’ont connu. Ali Abdi Farah, notre ministre, et l’ensemble des journalistes de La Nation ainsi que ses nombreux proches et amis ont accompagné Digdig jusqu’à sa dernière demeure, au cimetière d’Ambouli le soir même à minuit.

A La Nation qu’il dirigeait depuis novembre 2005, le chagrin est immense au sein de l’équipe rédactionnelle. Car Digdig était plus un ami qu’un patron. Il était constamment de bonne humeur même quand ça n’allait pas fort. Il avait de l’humour. Et il avait du cœur. Mais le sien, justement, était fragile. Il en parlait de temps à autre sans vraiment prendre au sérieux ses palpitations.

La veille de sa mort aux environs de 20 heures, je l’ai rejoint dans son bureau où il relisait les articles de sa dernière édition. Nous discutons de choses et d’autres. A un moment donné, il me dit :  » Tu sais, ABS, je voudrais passer un week-end à Adaïlou, dans le village de ma mère ; tu peux nous organiser ça ? « . Je réponds que cela pourrait se faire. Il ajoute :  » Contrairement aux apparences, je ne suis pas un citadin coupé de ses racines villageoises. Durant mon enfance, je passais toutes mes vacances scolaires à Adaïlou. Je vais t’épater en te citant le nom de chaque val et de chaque colline du coin « .

Il essaie ensuite d’appeler Bourhan, un ami commun, pour organiser cette sortie avant de me charger de le faire à sa place le lendemain. Cette escapade devait avoir lieu le jeudi 13 juillet. Mais Mohamed succombe à un infarctus 20 heures après avoir fait cette proposition.

Né en 1956 à Djibouti, Mohamed Ali digdig a fait des études de journalisme en France avant d’intégrer la rédaction de La Nation au début des années 80. Son style alerte et sa plume incisive le font très vite remarquer. Mais au bout de quelques années, il finit par prendre ses distances avec la presse. Incompris, il se retire. Les années passent. Le métier lui manque. Il finit par revenir. Mais le cœur n’y était plus.

Tout change lorsque Ali Abdi Farah devient ministre de la Communication et de la Culture.

En effet, M. Ali Abdi décide de mettre de l’ordre dans notre journal. En novembre 2005, il confie les rênes du journal à digdig. Ce fut le début d’une nouvelle ère. Pour le journal. Et pour Digdig. Il avait la confiance du ministre. Et celle des journalistes. Car c’était quelqu’un de bien. Mais il a été rappelé à Dieu huit mois seulement après avoir été nommé directeur.

A son père, Ali Mohamed Digdig et à ses neuf frères et sœurs, le ministre de la Communication, Ali Abdi Farah, et l’ensemble des membres de la rédaction de La Nation présentent leurs sincères condoléances et prient le seigneur d’accueillir Mohamed en son paradis éternel.