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12/10/2012 (Brève 036) Communiqué de SURVIE, sous la signature de son Président, à propos de la viste de François Hollande pour le sommet de la Francophonie. (Tribune publiée sur Mediapart)

11 octobre 2012 par Fabrice Tarrit

Tribune publiée sur Mediapart.

Après quelques atermoiements et une déclaration supposée offensive sur l’absence de démocratie en RDC destinée à atténuer d’éventuelles critiques, François Hollande se rendra samedi à Kinshasa pour participer au sommet de l’OIF. Avec pour enjeu, sous couvert de promotion de la langue française et des valeurs républicaines, l’affirmation de la domination économique, politique et militaire de la France vis à vis de ses « partenaires » africains.

En langue de bois, la langue la plus courante dans les enceintes diplomatiques, « dictateur » se dit « chef d’Etat élu au terme d’un scrutin entaché de quelques irrégularités », se compromettre avec des régimes corrompus et répressifs se défend par la volonté de « ne pas pratiquer la politique de la chaise vide ». « État en déliquescence et en proie à la violence » se dit « Etat fragile » ou, si l’on veut se montrer un peu plus offensif, « Etat où la situation de la démocratie et des droits de l’Homme est inacceptable ».

En acceptant de participer au sommet de l’Organisation Internationale de la Francophonie de Kinshasa, et donc de se rendre sur les terres de Joseph Kabila, l’un des pires dictateurs du continent, imposé par les armes, la répression des opposants et la violation des urnes (à l’exemple de la mascarade électorale de novembre 2011), le Président de la République semble cependant bien enterrer définitivement ses promesses d’en finir avec le système de la Françafrique. Ce ne sont pas sa petite déclaration sur l’état des droits de l’Homme en RDC et quelques aménagements cosmétiques affichés dans le programme du déplacement présidentiel (escales à Dakar, rencontre d’opposants congolais) qui atténueront le choc du symbole. Celui de voir une nouvelle fois un chef de l’Etat français s’afficher aux côtés d’un parterre de chefs d’Etat supposés unis par une langue en partage, quand le terreau commun d’un bon nombre d’entre eux est la corruption et l’oppression, dans le cadre d’un Sommet de l’organisation porte-étendard de l’influence française qu’est la Francophonie.

De simple agence de coopération culturelle et technique (ACCT), en 1970, l’Organisation internationale de la Francophonie s’est muée de sommet en sommet en enceinte politique, avec la nomination d’un secrétaire général, l’adoption d’une Charte et un élargissement constant à des pays comptant parfois très peu de locuteurs français mais qui voient un grand intérêt à intégrer l’amicale des chefs d’Etat francophones, espace de solidarité politique à défaut d’être un vrai outil d’échange culturel et linguistique.

Malgré l’adoption de textes sur la défense de la démocratie, à l’instar de la déclaration de Bamako de 2000, l’OIF a en effet servi tout au long de son existence à conforter des dictateurs en place, tenant ses sommets à Brazzaville ou à Ouagadougou, envoyant des délégations complaisantes « observer » certaines élections (160 missions sur une vingtaine d’années, dont bien peu ont nourri la chronique pour leur esprit critique, à l’exemple de la caution apportée en octobre 2011 à l’élection présidentielle au Cameroun) ou acceptant dans ses rangs des dictateurs anglophones isolés politiquement.

Parmi les volets moins connus de l’activité de l’OIF figure également la « prévention des conflits », consacrée par la déclaration de Saint-Boniface, adoptée par l’OIF en mai 2006. Présenté comme un secteur de plus en plus stratégique pour cette organisation lors d’un colloque de l’OIF en 2009 à l’IRIS, s’appuyant principalement sur des activités de formation, ce glissement militaire de la Francophonie fait surtout redouter un nouvel habillage multilatéral de l’interventionnisme militaire français, en supplément des cadres onusien, européen (Eufor) ou de dispositifs comme RECAMP.

Ce déplacement intervient dans un contexte d’accélération du positionnement de l’exécutif français sur le terrain des relations franco-africaines, avec pour point focal la crise au Mali, qui alimentera à n’en pas douter les échanges formels et informels entre la délégation française et les chefs d’Etat africains présents à Kinshasa. Il serait à cet égard intéressant de savoir si le Président de la République osera parler de « situation des droits de l’Homme inacceptable » dans un pays comme le Tchad, dont la France négocie le soutien militaire à une intervention au Mali.

François Hollande et son gouvernement auront donc réussi l’exploit de s’approprier en quelques mois seulement toutes les composantes diplomatiques, politiques, monétaires et militaires de la Françafrique. Le terrain économique avec la promotion des intérêts d’Areva auprès du président nigérien Issoufou, reçu 11 juin dernier. Le terrain politique et diplomatique, avec les déplacements de ministres français au Tchad et au Burkina Faso fin juillet et l’accueil à l’Elysée d’Ali Bongo, Alassane Ouattara et Blaise Compaoré en l’espace de deux mois. Le volet militaire, avec pour point d’orgue l’activisme français dans les couloirs de l’ONU à New York pour imposer une intervention militaire dans le Sahel pilotée par la France. Et bien sût le volet monétaire, avec la célébration à Paris des 40 ans du franc CFA le 5 octobre dernier.

Ne manquait plus qu’un sommet de l’OIF pour, le temps d’une petite photo de famille, d’un discours de circonstance sur les valeurs et les droits à défendre (il est toujours utile d’animer un peu les repas de famille) et de quelques échanges avec des associations et opposants, continuer d’apporter du crédit à une organisation supposée linguistique qui n’a toujours été qu’un outil d’influence.

En langue de bois diplomatique, il est certes plus convenable de dire « Francophonie » que « Françafrique ».

Fabrice Tarrit,
président de l’association Survie

24/05/2000 – Le directeur de la prison de Gabode fait du zèle

Déjà élu homme de la semaine par notre journal, pour son attitude monstrueuse envers les enfants mineurs incarcérés dans sa tristement célèbre prison et pour son laxisme vis à vis des sévices qu’ils subissent chaque jour, le Directeur de la Prison de Gabode a affiché une banderolle au dessus de la porte d’entrée de la Prison. On peut y lire que tous les détenus soutiennent la politique de M. Guelleh et en particulier son action pour la Somalie.

Les détenus ont-ils donné leur avis ? Sous quelle forme ? Qu’en pensent-ils ? En particulier les trois détenus depuis 1992 pour l’affaire du Café de Paris qui n’ont toujours pas été jugés et qui ont commencé une grève de la faim depuis trois jours. Leurs familles ont interrogé Monsieur DINI sur les raisons de son silence dans cette affaire, d’autant plus qu’il s’agit de combattants du FRUD..

24/05/2000 – Le nouveau gouvernement somalien, lorsqu’il sera constitué pourra exiger la restitution de ses avoirs à Djibouti.

On peut prévoir, lorsque la Somalie aura reconstitué une administration, que le nouveau gouvernement demande à M. Guelleh de lui restituer la fortune de la CSBS (Banque Somalie de Djibouti) et les immeubles qui lui appartiennent et qui sont gérés en sous-main par le beau-frère du dictateur djiboutien, gouverneur de la Banque Nationale de Djibouti.

Depuis la déconfiture de l’Etat somalien, le gouverneur de la Banque nationale n’a rien publié sur la gestion des biens appartenant au pays voisin …

24/05/2000 – Les participants à la Conférence de Réconciliation demandent des comptes à M. GUELLEH !!!

Les participants réunis à ARTA pour la Conférence de Réconciliation demandent des comptes à M. GUELLEH sur l’utilisation des fonds considérables qu’il a reçus pour la Somalie. M. Guelleh se serait vraiment ‘fâché’ : il ne supporte pas qu’on lui demande des comptes …

La gestion des fonds destinés à la Conférence se fait dans l’opacité la plus totale. Les commandes de fournitures et d’approvisionnement se traitent de gré à gré, sans le moindre contrôle et seuls les commerçants proches du régime (ardents supporters et pourvoyeurs de fonds) reçoivent la manne…

On peut se demander les garanties de transparence que la BCIMR (filiale de la BNP) a obtenu en échange de ‘sa contribution volontaire’ de six millions de FD afin d’alimenter le fond …

24/05/2000 – Lettre ouverte de la LDDH pour féliciter la nomination de Me R-V CALATAYUD à l’ordre du mérite.

Djibouti le 25 mai 2000

Monsieur le Bâtonnier et Président
Roger-Vincent CALATAYUD

Monsieur le Président et Cher Ami,

C’est avec beaucoup de satisfaction que j’ai appris que vous avez été élevé au grade de Chevalier de l’Ordre du Mérite par décret du Président de la République française.

Nous sommes très conscients de votre engagement aux côtés du Peuple djiboutien en faveur des Droits de l’Homme et votre combat constant d’appui aux prisonniers politiques, de dénonciation de tous les procès politiques en République de Djibouti qui vous a valu, il est vrais, « les foudres » des autorités au pouvoir qui continuent et maintiennent encore la répression politique tout en refusant tout dialogue avec l’Opposition politique qui n’a jamais pris les armes, bloquant ainsi toutes recherches concertées constructives vers une Démocratie, un Etat de Droit et une Justice totalement indépendante ainsi qu’une décentralisation juste pour un développement tant économique que social.

Nous apprécions à sa juste valeur votre engagement personnel et celui de l’Association que vous avez l’honneur de présider, sur le Respect des Droits de l’Homme en République de Djibouti ainsi que pour la libération de tous les prisonniers politiques. L’accord cadre de paix et de concorde civile, signé le 7 février dernier à Paris entre le Pouvoir et le Frud stipulait la libération de tous les détenurs politiques. A ce jour cinq prisonniers politiques croupissent toujours dans la Prison civile de GABODE.

Merci encore, Cher Président et Ami des Djiboutiens pour votre soutien et vos encouragements à notre égard et nous vous informons que la LDDJ ne peut qu’encourager les responsables du Centre Pénitencier de Gabode de continuer à redoubler leurs efforts et tient à témoigner son appréciation sur les récentes rénovations d’un centre pour les détenus mineurs suite à la campagne internationale de sensibilisation qui a réussi à attirer les regards sur les conditions d’incarcération intolérables des mineurs de Gabode.

Cher Ami CALATAYUD, ami des Djiboutiens, merci pour vos engagements à nos côtés et votre combat pour la Liberté comme un point sur un i est aussi le nôtre.

Avec mes sentiments déférents et amicaux

Noël ABDI Jean-Paul
LDDH

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Note de l’ARDHD

Merci à Noël ABDI Jean-Paul de nous avoir transmis la copie de cette lettre.

Nous relevons deux points importants :

– En dépit des termes de l’accord du 7 février, cinq prisonniers politiques n’ont pas été libérés !

– Le centre de détention pour mineurs a été réhabilité pour améliorer la situation des enfants mineurs, innocents et injustement incarcérés.

24/05/2000 – L’HOMME OU LA FEMME DE LA SEMAINE : DEUX ELUS CETTE SEMAINE ! Mme Hawa Ahmed YOUSSOUF, ministre et le représentant de l’UNICEF.

1 – Mme HAWA AHMED YOUSSOUF
Ministre déléguée chargée de la Promotion
de la Femme et du Bien-Etre familial

2 – Le représentant de l’UNICEF à Djibouti

Ces deux personnalités se sont rendues à la Prison de Gabode pour rendre visite aux enfants innocents, mineurs. Ils ont estimé devant les caméras de la Télévision d’Etat que tout allait pour le mieux, que la situation était normale et que les enfants étaient bien traités.

Nous les félicitons pour leur attachement sans faille au régime cruel et tyrannique de M. Guelleh. Ce sont des collaborateurs vraiment dévoués et prêt à toutes les compromissions. Sauront-ils aussi bien défendre leur cause, si un jour cette affaire passait en jugement devant une cour internationale ?

Rappel des personnages déjà élus :

N° 17 – Mme Leila, juge d’instruction
N° 19 – Omar FARAH, gendarmerie d’Ali Sabieh
N° 29 – Le général Yacin YABIEH,
N° 32 – Le directeur de la Prison de Gabode,
N° 33 – Ali Mohamed ABDOU, procureur général.

24/05/2000 – M. GUELLEH serait furieux de l’annonce sur TF1 par Me MORICE de l’existence d’un rapport de la DGSE le mettant personnellement en cause dans plusieurs affaires criminelles.

Il aurait eu un entretien plutôt vif avec l’Ambassadeur de France pour lui signaler qu’il songeait à dénoncer les accords avec la France. Diplomate, l’Ambassadeur lui aurait répondu que les Autorités françaises étudiaient actuellement l’authenticité du document …
A notre avis la réponse devrait tarder à venir …… c’est une étude qui demande du temps surtout lorsque l’on n’a pas envie de répondre.

M. GUELLEH aurait fait part à son proche entourage de ses craintes compte-tenu de l’évolution des affaires criminelles à Djibouti. Il serait extrêmement inquiet sur les suites possibles et sur d’éventuelles mises en cause précises le concernant.

24/05/2000 – Monsieur DINI, toujours silencieux, attendrait des réponses ..

M. Ahmed DINI attendrait toujours de recevoir des réponses aux questions qu’il a posées lors des différents entretien avec M Guelleh et avec les responsables gouvernementaux. Il n’aurait toujours rien reçu. Il semblerait que M. Guelleh, comme à son habitude, continue à essayer de gagner du temps, se retranchant sur le temps que lui prend la Conférence pour la Paix en Somalie. Les djiboutiens peuvent attendre, ils passeront après tout le reste. Mais pendant combien de temps ?

Peut-être pas si longtemps que cela :

– parce que le blocus continue à être imposé aux populations du Nord,
– parce que les combattants du FRUD, face à ce qui semble être un lent enlisement, ne baissent pas les bras et ne rendent pas les armes,

– parce que l’opposition qui n’intervenait plus dans le débat afin de donner toutes ses chances au processus, pourrait estimer rapidement que le délai est maintenant dépassé …