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24/05/2014 (Brève 389) République des ombres furtives : quand le tribalisme devient tueur (Par Roger Picon)

Guelleh dictateur à DjiboutiBien plus qu’il n’y parait, c’est à de véritables parties d’échec politique auxquelles devraient maintenant s’atteler, entre autres puissances et tout le moins, la France, les USA, l’Europe et la Chine pour ce qui concerne l’imminence du remplacement d’Ismaïl Omar Guelleh à la tête du pays.

Nécessaire cession du « Fauteuil présidentiel » à un « nouveau venu » si le niveau élevé de la maladie d’IOG était effectif et constituait une cause incompatible avec la poursuite de l’exercice de sa fonction et de ses responsabilités de président.

Quand bien même cette fonction aurait été obtenue par la tricherie. Successivement par trois auto proclamations avec indignes falsifications desdits scrutins.

En politique, la répétition de certains crimes contre la démocratie et les Droits de l’Homme en banalise parfois la gravité pour les sourds et les aveugles ; tout particulièrement chez les Occidentaux.

Cela va jusqu’à les rendre muets jusqu’au jour où la révolte des populations asservies, là bas en Afrique, si loin de nous, vient les sortir de leur douce et confortable léthargie dans laquelle ils se complaisent depuis bien trop longtemps.

Caricature certes mais, hélas, pourtant bien proche de la vérité.

D’autre part, notre scepticisme quant à la réelle gravité de la maladie dont souffrirait IOG tient au fait qu’il a toujours fait démonstration d’une forte propension à la mystification, a fortiori dans les situations délicates qui le mettaient en position de faiblesse.

Chacun le sait, c’est un incontestable spécialiste, de la divulgation des bruits sans fondement, des supercheries et autres bouffonneries en tout genre ; il est rompu aux pires des impostures.

Depuis 1999, nombreuses furent les « crises de nerfs » du monarque bananier, leur soudaineté et la violence ravageuse obligeant quasi immédiatement la diplomatie du « supposé grand frère » à se précipiter en courant au Palais des artifices, valise de secours en main et toute affaire cessante, pour tenter de soulager le « grand malade» des maux dont il souffrait épisodiquement !

Les diplomates sont plus anatomistes que les médecins spécialisés en politique ; ils dissèquent mais ne guérissent pas.

Preuve est faite que la médication utilisée pour traiter IOG s’est avérée inefficace ; chez lui on réprime en faisant ouvrir le feu sur les manifestants.

On torture impunément, on viole Femmes et Enfants alors que les disparitions de personnes lors des manifestations sont à considérer comme étant une certaine «coutume»

Ceci dit, nous avons un doute en nous posant la question de savoir s’il ne nous jouerait pas, actuellement et une fois encore, la scène du « malade imaginaire » ; comédie-ballet et grande farce héritée de Molière avec une inspiration certaine de la commedia dell’arte.

Grande farce ? Certes, mais pourquoi s’en étonnerait-on ?

Cela fait bien des années que cela dure.

C’est la force des mauvaises habitudes instaurées.

Conscient de la lâcheté humaine, il a fait le choix d’acheter des consciences, y compris étrangères au pays.

Pour ce faire, au fil du temps il a constitué et traine dans son sillage toute une cohorte de lèche bottes et autres fayots patentés pour la gamelle d’Haramous et à la langue démesurée qui, de plus et pour bien marquer leur soumission au « Maitre », entrent au Palais d’Haramous courbés et à reculons, pantalon baissé ; mais qui seront parmi les premiers à le poignarder le moment venu en s’attribuant, de surcroit, le titre usurpé de libérateur du pays.

Parmi eux, quelques opposants de façade ; prêts à tout, y compris au pire.

Pour beaucoup d’entre eux, ce sont les mêmes qui se déplacent masqués, derrière un visage trompeur pour mieux haranguer une jeunesse frustrée par toutes les injustices et qui manifeste ouvertement face à la répression ; certains le paient de leur vie.

Quelle que soit la manifestation, la place d’un leader opposant ne serait –elle pas d’être devant plutôt que derrière et bien « à l’abri de la bataille »

Des Femmes, des Enfants, des Jeunes tombent sous les balles et l’on ne peut que s’interroger et condamner le silence d’opposants de façade… ; soudainement muets.
Ils sont prêts à vendre père et mère pour un siège présidentiel, ou à défaut un strapontin ministériel pour lequel ils n’ont aucune compétence, tout en tissant chacun plus ou moins secrètement dans leur coin des toiles qui se sont entremêlées ces dernières semaines.

Le pire étant qu’ils poursuivent indirectement la politique menée jusqu’à ce jour pour Ismaïl Omar Guelleh et ses complices. Il s’agit dès lors pour ces opportunistes au double visage de faire discrètement barrage puis d’anéantir les spécificités et les volontés des jeunes générations de Djiboutiens et de Djiboutiennes qui, par convictions, ne veulent pas tenir les populations du pays éloignées des vérités et du nécessaire progrès ; politique, social et économique.

Aujourd’hui, selon nous il convient de confier l’avenir à ces jeunes générations dont la majeure partie s’est formée à l’étranger. Ils disposent de toutes les compétences dont Djibouti a nécessairement un besoin urgent.

Hommes et Femmes qui subissent contre leur gré les affres de l’exil pour diverses raisons mais qui auraient indéniablement à court terme un rôle privilégié d’indispensable passerelle entre Djibouti et leur pays d’adoption momentanée qui les a accueillis.

Il s’agit donc pour ces jeunes générations d’intellectuels de s’unir réellement autour d’un véritable programme aux fins de déjouer les complots, de démasquer les menteurs, y compris dans les rangs de l’opposition et de permettre au progrès collectif de triompher demain de l’intérêt cupide…

Pour moi, la sinistrose ambiante dont, souffrent les populations djiboutiennes, est issue du large déficit de parole et de liens que génère cette absence de société responsable de ses actes imposée par IOG  qui a confondu, sciemment et par son inculture, le respect de la singularité de chacun et le culte de la personnalité.

Aujourd’hui il est urgent de recréer des occasions de se parler, d’échanger, de rassembler, de chasser le tribalisme destructeur et d’être solidaire pour combattre dans l’Union.

07/04/07 (B390) AFRIKLIVE / Somalie : arrivée à Mogadiscio de nouveaux renforts militaires éthiopiens

De nombreux
soldats éthiopiens, dont le pays soutient le gouvernement somalien,
sont arrivés vendredi en renfort à Mogadiscio, théâtre
de combats très meurtriers la semaine dernière, ont rapporté
des témoins.

____________________________ Note de l’ARDHD

Il n’y a pas si longtemps, Meles Zenawi annonçait le retrait programmé
de ses troupes et promettait d’en retirer un tiers au minimum en quelques
jours.

Hélas les promesses n’engagent que ceux qui les croient. Et c’est l’inverse
auquel on assiste … Qui paye ? Les populations civiles qui sont la proie
des attaques sauvages, comme le signale avec fermeté, un communiqué
de HRW.

05/04/07 (B389) AP / Les morts de Mogadiscio enterrés dans une fosse commune pendant un répit dans les combats. (Info lectrice)

MOGADISCIO
(AP) – Des dizaines de cadavres ont été enterrés dans
une fosse commune mercredi à Mogadiscio, où les plus violents
combats dans la capitale somalienne depuis 15 ans ont fait des centaines de
morts et chassé de chez eux des milliers de gens.

Alors qu’un fragile cessez-le-feu de trois jours semblait tenir, les habitants
nettoyaient les ruelles et arrière-cours de la ville en ruines, ramassant
les morts abandonnés en quatre jours de sanglants combats. Des camions
les ont ensuite emmenés pour être enterrés dans une fosse
commune creusée au cimetière Harakat, le plus vaste de la ville.

"Nous avons vu des dizaines de cadavres somaliens sur les lignes de front
et les avons enterrés au cours d’une seule grande cérémonie",
explique Hussein Farah Siyad, membre du clan des Hawiye, majoritaire et très
influent à Mogadiscio, qui a négocié la trêve avec
les Ethiopiens, après une journée entière à ramasser
les cadavres.

Des milliers de personnes ont fui la ville, au moins 47.000 ces dix derniers
jours, selon le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies.
Depuis février, environ 100.000 personnes ont fui la violence.

Et le Kenya a doublé le nombre de soldats patrouillant les 1.500 km
de sa frontière avec la Somalie pour éviter un nouveau flot
de réfugiés.

A Dobley, ville somalienne à sept km de la frontière
kenyane, 1.300 personnes sont arrivées mercredi, et les camps qui s’y
trouvent sont débordés, confrontés à la surpopulation,
la maladie et le manque d’eau.

AP

05/04/07 (B389) AP / Prisons secrètes américaines en Ethiopie (Info lectrice)

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Note de l’ARDHD
Cette information conforterait le témoignage que nous avions publié
dans le dernier Radio-Trottoir, sur le fait que Djibouti pourrait servir de
centre de regroupement de détenus, capturés en Somalie, au Kenya
ou dans d’autres pays de la région par les US et transféré
menotté sur le Camp Lemonnier avant de repartir vers d’autres destinations.
_____________________________________________

NAIROBI (AP) – Des agents de la CIA et du FBI traquant des militants
d’Al-Qaïda dans la Corne de l’Afrique retiennent des personnes soupçonnées
de terrorisme et originaires de 19 pays dans des prisons secrètes en
Ethiopie, révèle une enquête menée dans la région
par l’Associated Press.

D’après les organisations de défense des droits de l’Homme,
des avocats et des diplomates occidentaux interrogés par l’AP, plusieurs
centaines de prisonniers, dont des femmes et des enfants, ont été
transférés secrètement et illégalement ces derniers
mois du Kenya et de Somalie vers l’Ethiopie, où ils sont détenus
sans inculpation, ni accès à des défenseurs ou à
leurs familles.

Parmi les détenus figurerait au moins un citoyen américain,
alors que d’autres seraient originaires du Canada, de Suède et de France,
selon les données rassemblées par une organisation musulmane
kenyane des droits de l’Homme et un listing de vol obtenu par l’AP. Les autorités
des pays concernés n’ont pas réagi dans l’immédiat à
ces informations.

Certains détenus ont été interpellés par les troupes
éthiopiennes qui ont renversé un gouvernement islamiste radical
à la fin de l’année dernière à Mogadiscio, en
Somalie. D’autres ont été expulsés du Kenya, pays où
de nombreux Somaliens se sont réfugiés pour fuir les violences
dans leur pays natal.

L’Ethiopie, qui dément détenir secrètement des prisonniers,
est un pays d’Afrique de l’Est où les droits de l’Homme sont fréquemment
bafoués. Ces dernières années, le régime d’Addis
Abeba a aussi été un proche allié des Etats-Unis dans
la lutte contre Al-Qaïda, qui essaye de s’implanter parmi les musulmans
de la Corne de l’Afrique.

Des responsables américains, contactés par l’Associated Press,
ont reconnu que des prisonniers avaient été interrogés
en Ethiopie. Mais il ont assuré que les agents américains respectaient
la loi et que leur action était justifiée parce qu’ils enquêtaient
sur des attaques passées et sur des menaces terroristes actuelles.

Les prisonniers n’ont jamais été sous la garde des Américains,
a affirmé un porte-parole du FBI, Richard Kolko, démentant que
son agence soutiendrait ou participerait à des arrestations illégales.
A l’en croire, les agents américains ont obtenu l’autorisation des
gouvernements des pays de la Corne de l’Afrique d’interroger des prisonniers
dans le cadre de la lutte antiterroriste.

Selon des responsables occidentaux, parmi les personnes détenues figurent
des suspects connus pour les liens étroits qu’ils entretiendraient
avec Al-Qaïda.

Mais certains alliés des Etats-Unis ont fait part de leur consternation
concernant les transferts dans ces prisons secrètes.

John Sifton, expert de Human Rights Watch en matière d’antiterrorisme,
est allé jusqu’à dire que les Etats-Unis s’étaient comportés
en "meneurs" dans une affaire qu’il a qualifiée de "Guantanamo
décentralisé, externalisé".

Un enquêteur d’une ONG internationale de défense des droits de
homme a lui précisé que l’Ethiopie avait installé des
prisons secrètes sur trois sites: à Addis Abeba, sur une base
aérienne éthiopienne à 59km à l’est de la capitale,
et dans le désert près de la frontière somalienne.

"C’était un cauchemar du début à la fin", a
raconté Kamilya Mohammedi Tuweni, une femme de 42 ans, mère
de trois enfants et titulaire d’un passeport des Emirats arabes unis, dans
ses premiers commentaires après sa libération à Addis
Abeba, le 24 mars. Elle dit avoir passé deux mois et demi en détention
sans avoir été inculpée. Elle est la seule détenue
libérée à s’être exprimée publiquement.

Elle dit avoir été arrêtée au cours d’un voyage
d’affaires au Kenya, le 10 janvier, avoir été battue, puis envoyée
en Somalie où elle aurait partagé une chambre avec 22 autres
femmes et enfants. Elle affirme avoir été conduite en Ethiopie,
où un agent américain l’aurait interrogée et exhortée
à coopérer.

AP

05/04/07 (B389) Communiqué de l’ARD : VIOLATION DES DROITS HUMAINS : TEMOIGNER, C’EST PREVENIR !

«
Hommes, femmes, enfants, vieillards abattus à la Kalachnikov à
bout portant.Charniers.Viols, inhumations collectives.Un pays à feu
et à sang.Des crimes impunis.Comment arrêter la machine infernale.Cette
spirale de l’effroi qui a transformé en quelques années un paradis
en enfer dans un pays où la Loi pourtant déclare haut et fort,
noir sur blanc, que la « personne humaine est sacrée »
» ?

Constitué par les parents des victimes des massacres de Bouaké
et de Duékoué en Côte d’Ivoire, pour les assister dans
les procédures en cours, j’ai pris la responsabilité de rendre
publics leurs témoignages afin que les assassins et leurs commanditaires
sachent qu’ils n’échapperont pas au châtiment de leurs crimes
et que le temps de l’impunité est passé ! « Ce que je
veux, c’est faire éclater la Vérité !!! »

Dans un autre contexte, ces lignes auraient pu être écrites par
notre ami Jean Paul Abdi Noël…Elles ne sont pas de lui. Rendons donc
à Maître Jacques Verges les droits d’auteur de ces lignes. Elles
relatent les crimes commis une décennie durant (1995-2005) à
l’Ouest du continent. Elles sont consignées dans un ouvrage intitulé
« Crimes contre l’Humanité. Massacres en Côte d’Ivoire
» paru aux éditions Pharos/Laffont en Mai 2006. Cet ouvrage est
plus qu’une plaidoirie. Il se veut, c’est l’éditeur qui l’affirme,
« (.) un témoignage » Justement !

C’est pour avoir témoigné et rendu ici d’autres crimes
publics que le Président de la Ligue Djiboutienne des Droits Humains
a une première fois été arrêté sans mandat
à son domicile, placé en garde à vue à la brigade
criminelle, puis transféré et écroué à
la prison civile de Gabode, sous le chef d’accusation de « divulgation
de fausses nouvelles ».
Libéré quelques jours
plus tard et à nouveau arrêté puis condamné à
6 mois de prison fermes et écroué toujours à Gabode sous
cette fois le nouveau chef d’accusation d’ « offense aux institutions
républicaines ».

Fausses nouvelles ?? Offense ??

Un rappel des faits s’impose ! Apprenant qu’un charnier d’ossements humains
venait d’être découvert au Day, le Président de la LDDH
mène son enquête.Il recueille ainsi de nombreux témoignages
divers et concordants sur le lieu de la découverte du charnier, l’identité
des victimes (toutes civiles et identifiées par les leurs, grâce
à différents indices.), la date du massacre (1er Janvier 1994)
et l’identité des assassins présumés (militaires en uniformes
dans l’exercice de leur fonction !).

Ancien député, le Président de la LDDH se souvient qu’en
Janvier 1995, il était le rapporteur d’une commission d’enquête
parlementaire chargée d’instruire les plaintes des notables de la région
au sujet de l’arrestation à leurs domiciles respectifs de sept (7)
civils par les forces armées et de leur vraisemblable exécution
sommaire selon les plaignants de l’époque.et d’aujourd’hui (et qui
réclament encore justice !). Auteur d’un premier rapport adressé
aux Présidents de la République et du Parlement de l’époque
(et pour d’évidentes raisons classé « confidentiel »),
Mr Jean Paul Abdi Noël en cherche une trace, la retrouve et en garde
les copies en lieux sûrs, à toutes fins utiles.

Dans la
foulée, dans un communiqué explicite, l’ARD, rappelle que les
noms
des sept (7) civils figuraient dans la liste des centaines de victimes
civiles à indemniser et annexée à l’Accord de Paix du
12 Mai 2001, signé en
grandes pompes entre le FRUD-Armé et le.gouvernement !
Il est laissé en liberté provisoire en attendant son procès.

Mais très
vite, le naturel policier et répressif du pouvoir revient au galop
: Jean Paul est à nouveau arrêté ! Cette fois pour «
offense. »
Pourquoi ? Parce qu’à peine remise du choc de la découverte
du charnier, la
population du Day apprend l’annexion du corps d’une des leurs par deux
individus (un membre de la Garde Républicaine et un enseignant). A
nouveau,
elle alerte la voix des sans voix. Comme d’habitude, il enquête.recoupe
les
témoignages, prend acte de la plainte déposée par le
père de la victime (une
sourde-muette.) fait son devoir, témoigne et condamne le viol.

C’est
pour s’être fait l’ écho de ce viol et l’avoir dénoncé
que le
Président de la LDDH a été jugé pour ainsi dire
à huis clos puisque aucun de
ses avocats n’a pu plaider et condamné à 6 mois de prisons fermes.

Pourtant,
le parquet ne nie pas les faits mais parle officiellement donc
sans rire, d’une « dispute » entre les deux auteurs du délit
et la
sourde-muette.Sans commentaires !!!
Arrêté sans mandat à son domicile, gardé à
vue comme un délinquant, écroué,
libéré, à nouveau arrêté et écroué
sans autres formes de procès que
l’arbitraire qui caractérise l’actuelle Justice Djiboutienne, le Président
de la LDDH est aujourd’hui hospitalisé, sa santé s’étant
dégradée en prison.

Au sortir
de ce procès à oublier, l’un de ses avocats contenant sa colère,
s’est écrié : « c’est un procès politique ! ».
C’est exact, Maître ! Mais
pas seulement et plus que ça !
Ce n’est pas seulement Jean Paul Abdi Noël qui est visé par cette
condamnation. C’est vous, moi, lui, chaque Djiboutienne, tout Djiboutien,
n’importe quel démocrate de quelque ethnie, race ou confession qu’il
soit.
Tous sommés de nous accommoder de l’arbitraire.A d’autres !!!

C’est
précisément parce que nous avons la conviction que cet arbitraire,
est
la conséquence d’une impasse essentiellement politique, elle même
le fruit
de la violation de l’Accord de Paix et d’engagements nationaux et
internationaux solennellement souscrits que nous affirmons avec détermination
et certitude que le procès à venir ne sera pas seulement
celui de notre ami Jean Paul Abdi Noël, ce sera aussi et surtout celui
de ce
pouvoir sans foi ni loi.

– Par
respect pour tous les sacrifices consentis par les Djiboutiens
durant (et après) 8 ans de guerre civile…

– Au nom
de tous les martyrs civils et militaires.

– Par
attachement aux droits conquis sur cette terre qui nous est si
chère.

– Gardant
à l’esprit le sang, les larmes et la sueur versés.

– Faisant
nôtre le sacerdoce de notre ami Jean Paul Abdi Noël, « nous
offensons » à notre tour les « institutions républicaines
», si tant est que
d’un strict point de vue juridique, désigner un crime de guerre (exécutions
sommaires et répétées de civils par des « soldats
» en uniformes, viols.),
un délit ou infraction (tentative de viol, viol, coups et blessures
volontaires, arrestations et détentions arbitraires.) par leur nom
constitue
une « offense ».

A l’instar
de tous les défenseurs des droits de l’Homme, Jean Paul n’a fait
que témoigner pour prévenir. Son noble combat pour que justice
soit rendue
aux victimes de l’arbitraire fait honneur à notre pays.

M.A.A.
Secrétaire à la communication et porte parole de l’ARD

05/04/07 (B389) Nouvel Obs : Somalie / Mogadiscio, nouveau front des djihadistes… (Info lectrice)

Les
troupes éthiopiennes gagneront probablement la bataille de Mogadiscio,
mais celle-ci signe l’échec de leur intervention en Somalie.

Fin décembre 2006, les « anciens » des clans dominants
de la capitale avaient obtenu des milices des tribunaux islamiques qu’elles
s’inclinent face au blitzkrieg éthiopien pour épargner Mogadiscio.
Les miliciens s’étaient alors fondus dans la population. Addis-Abeba,
triomphant, annonçait son retrait «dans les deux semaines»
et l’implantation générale du gouvernement fédéral
transitoire, avec l’appui d’une force d’intervention de l’Union africaine.

Sans légitimité – hormis celle que la communauté internationale
lui accorde – et incapable d’administrer et de maintenir un semblant d’ordre,
que seuls les tribunaux avaient réussi à établir, le
gouvernement a pourtant ostracisé les chefs modérés des
tribunaux et surtout leur clan d’origine, dominant à Mogadiscio.

Il a ainsi fini par coaliser contre lui, autour des milices islamiques, celles
des clans et des anciens seigneurs de guerre, unies par le nationalisme somalien
dont l’Ethiopie est l’ennemi séculaire. Pour sauver le gouvernement
assailli, les troupes éthiopiennes ont dû mener l’assaut, d’autant
que le premier contingent de la force africaine, composé de 1 200 Ougandais,
restait l’arme au pied.

Résultat : en engageant ses forces l’armée éthiopienne
a commis à Mogadiscio le pire massacre de civils depuis quinze ans.
Aujourd’hui, la haine des «infidèles» – l’Ethiopie étant
perçue comme chrétienne – règne à Mogadiscio et
gagne bien au-delà.

«Les Ethiopiens, note un observateur, ont prétendu combattre
un monstre islamique» pour « vendre » leur intervention
à leur allié américain, alors qu’elle n’avait qu’un but
: priver leur opposition intérieure, plus ou moins armée, d’une
base arrière en Somalie. «Ils ont fini par créer ce monstre»:
après l’Afghanistan et l’Irak, l’extrémisme islamiste a maintenant
un boulevard pour ouvrir un troisième front en Somalie.

René
Lefort
Le Nouvel Observateur

04/04/07 (B389) L’EXPRESS (avec REUTERS) : les combats ont fait près de 400 victimes civiles en Somalie.

Des
diplomates américains, européens et africains ont lancé
un appel au calme en Somalie où les violents combats de ces derniers
jours ont fait près de 400 morts et de 700 blessés parmi la
population civile.

Ces diplomates se sont réunis au Caire dans le cadre du "groupe
de contact" international sur la Somalie pour discuter des moyens de
mettre fin aux affrontements et de faire face à l’afflux de réfugiés.

Les quatre jours de combats qui ont pris fin dimanche à Mogadiscio
sont considérés par les ONG comme les plus violents depuis quinze
ans et l’on craint que d’autres victimes restent ensevelies sous les décombres.

L’offensive lancée contre les insurgés islamistes par le gouvernement
somalien et ses alliés éthiopiens a aussi fait de nombreux morts
parmi les belligérants et les quartiers résidentiels ont essuyé
des tirs d’artillerie destructeurs.

Un calme précaire régnait mardi pour le deuxième jour
consécutif dans la capitale somalienne et les chefs du principal clan
de Mogadiscio, les Hawiye, ont rencontré les responsables militaires
éthiopiens, a rapporté Ahmed Diriye, porte-parole des Hawiye.

Les combattants des deux camps restent néanmoins retranchés
aux abords de la capitale et l’on craint une reprise rapide des combats.

L’Elman Peace and Human Rights Organisation, une ONG locale, a recensé
381 civils tués par les combats et 565 blessés.

Le Comité international de la Croix-Rouge a pour sa part dénombré
700 blessés dans les trois hôpitaux de la ville qu’il approvisionne.

Sudan Ali Ahmed, président d’Elman, a dit s’attendre à ce que
le bilan s’alourdisse. "Il y a encore des blessés et des morts
dans des maisons où personne ne s’aventure", a-t-il déclaré
à Reuters.

L’Ethiopie a fait état de 200 insurgés tués.

ACCUEIL
HOSTILE DES REFUGIES

L’Union européenne a lancé un appel à
un cessez-le-feu durable afin de permettre aux travailleurs humanitaires d’accéder
aux victimes.

"Nous sommes profondément préoccupés par l’impact
humanitaire du conflit à Mogadiscio et par le bombardement aveugle
de zones à forte densité de population", dit un communiqué
conjoint de Louis Michel, commissaire européen au Développement
et à l’Aide humanitaire, et de Javier Solana, porte-parole de la diplomatie
européenne.

Selon les Nations unies, près de 50.000 personnes ont fui Mogadiscio
ces dix derniers jours, portant le nombre de réfugiés à
près de 100.000, soit le dixième de la population de la capitale.

Pour le Haut commissariat des Nations unies pour les Réfugiés
(HCR), l’exode rappelle celui consécutif au renversement du président
Mohamed Siad Barre, en 1991, qui fut suivi de quinze ans d’anarchie.

Les réfugiés ont été accueillis avec hostilité
en de nombreux endroits où on leur a extorqué des sommes exorbitantes
pour louer un abri ou même un peu d’ombre, a rapporté le HCR.

L’intervention, en fin d’année dernière, des troupes
éthiopiennes, a été décisive pour repousser les
miliciens de l’Union des tribunaux islamiques (UTI), qui contrôlaient
Mogadiscio depuis six mois, et qui étaient en passe de prendre Baidoa,
siège du gouvernement de transition du président Abdullahi Yusuf.

L’UTI, qui nie tout lien avec Al Qaïda, a été rapidement
repoussée puis chassée de la capitale somalienne. Mais les islamistes
sont par la suite parvenus à se regrouper dans leurs bastions de Mogadiscio.

Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, a déclaré
à la réunion du Caire que la réconciliation était
la seule solution mais qu’elle ne devait pas englober "ceux qui ont choisi
la voie de la violence et de l’extrémisme", apparente allusion
aux islamistes.

Les Etats-Unis, qui soutiennent le gouvernement et son allié éthiopiens,
affirment depuis longtemps que, pourvu qu’ils renoncent à la violence,
tous les Somaliens – y compris les islamistes – doivent participer à
la conférence de réconciliation prévue le 16 avril à
Mogadiscio.

DEPLOIEMENT D’UNE FORCE D’INTERPOSITION DE L’UA

Des experts somaliens n’espèrent guère que la réunion
aille au-delà d’un soutien à la conférence de réconciliation
nationale. "En fait, le fond de l’affaire c’est la totale inaction de
la communauté internationale en Somalie", a confié un diplomate.

Le vice-ministre norvégien des Affaires étrangères, Raymond
Johansen, a déclaré que la présence militaire éthiopienne
en Somalie n’était pas viable et qu’il était temps se préparer
à un retrait.

Moussa l’a approuvé en disant que la solution était de déployer
une force de l’Union africaine tandis que les Ethiopiens se retireraient.

Quelque 1.200 militaires ougandais, avant-garde de cette force de maintien
de la paix que l’Union africaine, n’ont pas réussi à éliminer
les violences et sont devenus eux-mêmes la cible des insurgés.

Le président érythréen Isaias Afwerki a déclaré
à l’issue d’une rencontre avec son homologue ougandais Yoweri Museveni
que Kampala devrait se retirer.

"L’Ouganda doit prendre des mesures correctives concernant son initiative
hâtive d’envoyer des troupes", écrit le site gouvernemental
shabait.com en citant Isaias.

Le "groupe de contact" comprend des représentants de l’Union
européenne, de la Grande-Bretagne, de l’Italie, de la Norvège,
de la Suède, de la Tanzanie et des Etats-Unis et les Nations unies
ainsi que l’Union africaine y ont un statut d’observateurs.

04/04/07 (B389) TRIBUNE DE GENEVE / Somalie: armée éthiopienne et insurgés face à face dans Mogadiscio

Armée éthiopienne et insurgés
étaient face à face et renforçaient leurs positions mardi
dans Mogadiscio, faisant craindre à la population somalienne une reprise
des combats meutriers, en dépit des tractations des autorités
traditionnelles pour un cessez-le-feu.

De son côté, le Groupe de contact international sur la Somalie
– formé à l’initiative des Etats-Unis et rassemblant également
Européens, Africains et Arabes – a jugé au Caire que le premier
objectif était de parvenir à un cessez-le-feu dans la capitale
somalienne, Européens et Arabes estimant en outre que l’armée
éthiopienne devait se retirer de Somalie.Après les combats meurtriers
de la semaine dernière, Mogadiscio a vécu une journée
de calme précaire mardi.

Mais les habitants vivent dans la hantise de nouvelles violences, et des familles
continuaient mardi de fuir la capitale, où des corps gisaient encore
dans les rues. Depuis février, près de 100.000 personnes ont
déserté Mogadiscio, peuplée d’environ un million d’habitants,
selon l’ONU.

"Nous voyons des insurgés se renforcer
et les troupes éthiopiennes qui tiennent toujours leurs positions.
On a peur qu’il y ait de nouveaux affrontements", a déclaré
un habitant de Mogadiscio, Sabumo Haji Mumin.

L’armée éthiopienne patrouillait dans le sud
de la ville, théâtre des combats passés, notamment dans
le quartier Ali Kamin, où quatre civils ont été tués
lundi par des soldats d’Addis Abeba.

Devant cette présence militaire, des habitants refusaient de sortir
de leur maison. "Les Ethiopiens tirent sur tous ceux qui les approchent",
a affirmé l’un d’eux, Sheikh Dahir Ali.

L’Union européenne a réclamé mardi un cessez-le-feu immédiat,
alors que des chefs traditionnels du puissant clan Hawiye, opposé au
gouvernement, ont rencontré des officiers éthiopiens, selon
un chef coutumier Hawiye, Hussein Aden Korgab. "Nous avons convenu que
mercredi les morts seront enterrés", a-t-il déclaré,
précisant que les deux parties se retrouveraient jeudi pour discuter.

L’armée éthiopienne, qui soutient le gouvernement somalien,
a lancé le 29 mars à Mogadiscio une offensive terrestre et aérienne
contre les insurgés, qui y mènent des attaques régulières
depuis la chute des tribunaux islamiques il y a trois mois.

De très violents combats entre soldats éthiopiens et
insurgés ont secoué Mogadiscio pendant quatre jours. Lundi,
les affrontements avaient très nettement baissé d’intensité.

Le bilan reste difficile à évaluer. Selon le Comité international
de la Croix-Rouge (CICR), ils ont fait des dizaines de morts et des centaines
de blessés, essentiellement des civils.

La principale organisation somalienne des droits de l’Homme, Osmail
Jumale Human Rights Organization, a pour sa part indiqué que plus de
120 personnes avaient été tuées et des centaines blessées.
Une autre organisation somalienne, Elman Peace and Human Rights Orgnaization,
a elle avancé le chiffre de 381 morts et de 565 blessés.

La Somalie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique et voisin de l’Ethiopie,
est en guerre civile depuis 1991. L’armée éthiopienne y est
intervenue, officiellement en décembre 2006, pour défaire les
tribunaux islamiques qui avaient déclaré la guerre sainte contre
le régime d’Addis Abeba.

Selon des experts, les insurgés de Mogadiscio sont un groupe hétéroclite
de miliciens islamistes, de chefs de guerre et de chefs traditionnels, notamment
du clan Hawiye.

Enfin, l’Erythrée, qui a soutenu, selon l’ONU, les tribunaux
islamiques somaliens, a demandé mardi à l’Ouganda de retirer
ses soldats de Somalie où ils fournissent la totalité des troupes
d’une force africaine de paix.