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25/05/2014 (Brève 390) Attentat à Djibouti (Le Parisien et Info lecteur).

Le Parisien

Djibouti : deux morts dans un attentat contre un bar prisé des Occidentaux

Selon plusieurs sources, dont l’agence Reuters, un attentat contre un restaurant fréquenté par des Occidentaux, appelé «La Chaumière», aurait fait deux morts et 15 blessés, dans la ville capitale de ce petit état de la corne de l’Afrique. Selon des sources diplomatiques, les deux personnes décédées sont des employées du restaurant et plusieurs étrangers auraient été blessés.

Le restaurant, situé près de l’université de la ville, aurait été touché par un attentat suicide.

Des témoins évoquent deux femmes kamikazes qui seraient à l’origine du drame. La nationalité des victimes n’est pour l’instant pas connue.

Info transmise par un lecteur :

Deux grenades ont explosé samedi dans un restaurant du centre de Djiboutifréquenté par les Occidentaux, faisant deux morts et onze blessés, rapporte lapolice

« C’est un acte criminel. Nous avons deux morts et onze blessés. C’étaient des grenades », a déclaré à Reuters le colonel Omar Hassan, chef de la police de la ville. Deux explosions ont retenti devant l’établissement La Chaumière, deux employés ont été tués et plusieurs étrangers blessés, selon des sources diplomatiques citées par l’AFP. L’attentat n’avait pas été revendiqué dans l’immédiat.

Le ministre des finances, Ilyas M. Dawaleh, a appelé le pays à « rester uni face à de tels actes de barbarie ».

Djibouti, ancienne colonie française, abrite la plus grande base militaire française en Afrique, ainsi qu’une base militaire américaine importante, utilisée pour mener des opérations anti-terroristes au Yémen comme en Somalie, pays voisins.

Djibouti fournit aussi des troupes à la force africaine en Somalie qui combat les insurgés islamistes. Le port de Djibouti est également très utilisé par les navires qui font partie des opérations internationales de lutte contre le piratageau large de la Somalie.

13/04/07 (B390-B) ALERTE ROUGE pour les réfugiés djiboutiens qui sont en Ethiopie et qui sont privés de tous droits et menacés de renvoi à Djibouti par le HCR qui aurait décidé de ne plus leur accorder le statut de réfugiés … APPEL A LA MOBILISATION DE L’ENSEMBLE DE LA DIASPORA DJIBOUTIENNE ETABLIE EN EUROPE ET EN AMERIQUE (Lecteur)

J’interpelle l’ARDHD et son Président
M. Jean-Loup Schaal pour qu’ils se mobilisent en faveur réfugiés
qui essayent de survivre en Ethiopie, en particulier des Djiboutiens, mais
aussi des milliers de personnes qui sont établis en Ethiopie

Une situation humanitaire tragique : les réfugiés
djiboutiens en Ethiopie sont menacés d’expulsion et de renvoi manu
militari au pays, où ils risquent la mort !

Les origines :

En novembre 91, la guerre civile a embrasé le nord, le sud et le sud
ouest de la République de Djibouti. D’un côté les
résistants du FRUD (Front pour la Restauration de l’Unité
et de la Démocratie), de l’autre les forces gouvernementales.
Ce conflit particulièrement meurtrier a fait de très nombreuses
victimes parmi la population civile Afar dans le nord, le sud et les sud ouest
du pays.

Au début de l’année 92, les combats ont redoublé
d’intensité.

Des milliers de personnes sont contraintes à prendre le chemin de l’exil.
Tandis que la guerre faisait rage entre les deux forces, la diplomatie française
s’est interposé et elle a imposé un cessez le feu pour
sauver le régime de Gouled / Guelleh.

Le Gouvernement djiboutien a d’abord rejetté toute forme pacifique
de règlement de la crise. A un moment où ses forces étaient
au « bout du rouleau », il a profité du cessez le feu pour
reconstituer ses forces, tant en homme qu’en matériel (30.000
soldats, tous mercenaires sont recrutés en Éthiopie et en Somalie).

Ensuite, il a lancé des opérations massives sur tous les fronts.

L’Éthiopie a accueilli 18.000 refugiés et l’Érythrée
5.000 personnes.

Ni le Gouvernement éthiopien ni le HCR (Haut Commissariat pour les
Réfugiés) n’ont mis en place les structures d’accueil
qui s’imposaient. Les réfugiés djiboutiens ont survécu
surtout grâce à la solidarité Afar en Ethiopie.

Un Comité pour les réfugiés djiboutiens a été
crée pour solliciter les institutions internationales et obtenir à
la fois la reconnaissance de leur statut et des aides alimentaires.

En septembre 93, le PAM a octroyé quelques vivres aux réfugiés
djiboutiens. Une fraction leur est effectivement parvenue mais aucun enregistrement
n’a été effectué. Plusieurs personnes ont perdu
la vie en Ethiopie, faute de soin et d’assistance.

Un accord tragique, sans aucune concertation
ni participation des victimes concernées

Tandis que le sort tragique des réfugiés djiboutiens se poursuit
dans le silence, en février 2000 (7ans après) un accord est
signé entre les autorités djiboutiennes et éthiopiennes
d’une part et le Haut Commissariat pour les Réfugiés d’autre
part.

Cet accord concerne le rapatriement de force des djiboutiens réfugiés
en Ethiopie. Aucun des acteurs concernés, aucun de leurs représentants
n’a jamais été invité à s’exprimer
et à donner son point de vue, au cours des différentes réunions
de préparation de l’accord.

Leur sort a été discuté au plus haut niveau sans leur
participation ni que leur avis soit même sollicité.

Pendant ce temps, les réfugiés djiboutiens continuaient à
vivre d’expédients et à tenter de faire face au quotidien,
la peur au ventre, dans un pays relativement peu hospitalier pour eux.

Usant de leur autorité, les représentants des deux pays et l’institution
onusienne sont parvenus à convaincre officiellement 13.000 personnes
de regagner leurs foyers moyennant une maigre compensation financière.

Toujours officiellement, un millier de personnes ont choisi de rester en Ethiopie,
sans statut ni assistance de la part des autorités locales. Simplement
enregistrés dans les registres de l’ARA, l’organisme éthiopien
en charge des réfugiés.

N’en pouvant plus, en décembre 2000, les réfugiés
djiboutiens d’Addis Abeba ont symboliquement occupé les locaux
du HCR pour exiger une intervention du HCR auprès du régime
Ethiopien afin qu’ils acquèrent le statut reconnu officiellement
de réfugiés.

Une manifestation d’exaspération
qui a abouti à un compromis minimum.

Le sitting a duré toute une journée. En début de soirée,
les négociations n’avaient pas progressé. Les Ethiopiens
menaçaient de recourir à la force pour faire évacuer
les lieux, tandis que le représentant du HCR s’y est opposé.

Vers 23h00, un compromis a été trouvé :

1- les refugies ont regagné leurs habitations.

2-Le HCR avait accordé une autorisation de résidence limitée aux seules 20
personnes présentes dans ces lieux avec une aide mensuelle
de 550 birs éthiopien pour les célibataires et de 1.000 birs
pour les familles quelque soit le nombre des enfants à charge, plus
une prise en charge médicale. Le tout sur un financement des Nations
Unies qui transitait par les finances éthiopiennes.

3- le HCR s’était engagé personnellement à faire
respecter les termes de cet accord.

Il y a quelques semaines, plusieurs des personnes qui bénéficiaient
de ces mesures, ont appris que les termes de l’accord les concernant
étaient suspendus et qu’elles étaient directement menacées
d’expulsion à brève échéance. Il s’agit
en particulier de MM. Mohamed Ismaël Ahmed DIT Chomeur, Mohamed Hassan
Ali, tous deux pères de familles ainsi que Ahmed Ibrahim Mohamed et
Karera Hassan Ali, mère de deux enfants (2 petites filles âgées
de 7 et 3 ans).

Tous ont reçu des courriers leur enjoignant de regagner leur pays d’origine
au plus tard le 31 juillet 2007. Les autorités éthiopiennes
se réservant le droit de les reconduire à la frontière
par la force, au mépris des conventions internationales.

Mais ce ne sont pas les seuls, un millier de réfugiés au minimum,
serait dans la même situation.

Appel solennel à toute la diaspora réfugiée en
Europe et en Amérique.

Il est urgent que tous les expatriés djiboutiens qui ont trouvé
refuge en Europe ou en Amérique se mobilisent pour que ces hommes et
ces femmes qui ont fui la tyrannie ne soient pas jetés dans la gueule
du loup, avec tous les risques que l’on sait.

Un ancien réfugié djiboutien
en Ethiopie
« celui qui ne vit que pour lui-même, ne mérite vraiment
pas de vivre »

13/04/07 (B390-B) La situation humanitaire en Somalie est tragique. Plusieurs informations. Source ONU.

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Centre de nouvelles ONU

La
situation humanitaire en Somalie atteint son pire niveau depuis plus de 10
ans

12 avril 2007 – Les combats les plus violents en Somalie depuis
le début de la guerre en 1991 et un accès très difficile
aux personnes dans le besoin font que la situation humanitaire dans le pays
est retombée à son pire niveau depuis au moins dix ans, alerte
le responsable des Affaires humanitaires des Nations Unies.

«
Je suis profondément préoccupé par les évènements
qui ont lieu actuellement à Mogadiscio », a déclaré
John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires
humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence des Nations Unies dans
un communiqué publié aujourd’hui à New York.

« Alors que
l’espoir semblait renaître, il n’a fallu que quelques jours pour que
la trêve soit rompue et que la souffrance de la population grandisse
encore », a-t-il déploré.

Le Bureau de la
coordination des affaires humanitaires (OCHA) rappelle que le fragile cessez-le-feu
fragile conclu le 1er avril 2007 s’est effondré quand les combats ont
repris hier dans la capitale somalienne.

Des civils fuyant
la ville ont été victimes de harcèlement, de viols, de
menaces et de vol aux points de passage.

Au mois
de mars, des centaines de personnes ont été tuées et
plus de 1.000 blessés ont été répertoriés
dans les deux principaux hôpitaux de Mogadiscio. Près de 200.000
habitants ont quitté la ville depuis le 1er février.

A cela
s’ajoute le fait que la population du sud et du centre de la Somalie a dû
faire face au cours de l’année écoulée à une période
de sécheresse sans précédent, à de graves inondations
et à trois vagues de combats intenses.

Le pays connaît
notamment une explosion des cas de diarrhée aiguë depuis la fin
2006, directement liée aux inondations, qui a déjà causé
la mort de 400 personnes.

Alors que la situation
ne cesse de se détériorer de manière dramatique, la communauté
humanitaire est confrontée à de graves obstacles dans son travail
d’assistance aux personnes déplacées et aux autres groupes vulnérables
(dépêche du 11.04.2007).

L’insécurité,
le harcèlement, l’intimidation et même la détention de
travailleurs humanitaires « compromettent le caractère indépendant
et impartial de l’action humanitaire », a souligné John Holmes.
« En fait, ces incidents la paralysent », a-t-il ajouté.

Dans
le même temps, le trafic de personnes du nord de la Somalie vers le
Yémen s’est poursuivi en mars, entraînant le 22 mars la mort
d’au moins 29 personnes et la disparition de 71 autres, jetées dans
les eaux du golfe d’Aden par leurs passeurs (dépêche du 26.03.2007).

A ce jour,
en 2007, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés
(HCR) a recensé plus de 4.400 nouveaux arrivants au Yémen et
au moins 166 morts et 96 disparus.

En 2002, quelques
26.000 personnes, Ethiopiens ou Somaliens, auraient réussi à
rejoindre les côtes yéménites mais 3.300 ont péri
pendant le trajet et 300 manquent à l’appel.

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All AFRICA

Somalie: Les travailleurs
humanitaires confrontés à de graves obstructions politiques

United Nations (New York)

11 Avril
2007 – Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dénonce
aujourd’hui une détérioration dramatique de la situation humanitaire
en Somalie et de graves obstructions politiques qui compliquent encore le
travail des humanitaires.

«
Le harcèlement des travailleurs humanitaires est un signe clair que
le gouvernement fédéral de transition somalien ne respecte pas
ses obligations d’agir conformément au droit international humanitaire
», a déclaré le Secrétaire général
adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence,
John Holmes.

Les travailleurs humanitaires
ont été particulièrement gênés dans leurs
tentatives pour venir en aide aux personnes déplacées et à
d’autres groupes vulnérables.

« En raison
de ces obstacles politiques, les agences des Nations Unies et leurs partenaires
n’ont pas été en mesure de distribuer de la nourriture et des
fournitures de base dans des régions touchées par la sécheresse,
les inondations ou les conflits », a précisé Marie Okabe,
porte-parole adjoint du Secrétaire général, lors de son
point-presse quotidien au siège de l’ONU à New York.

OCHA estime qu’en
Somalie, 1,8 million de personnes, dont 400.000 personnes déplacées
à l’intérieur du pays, ont toujours besoin d’une assistance
humanitaire urgente, une situation rendue encore plus tendue par l’exode massif
qui a lieu depuis l’intensification des combats à Mogadiscio au début
du mois de février (dépêche du 29.03.2007 et dépêche
du 03.04.2007).

13/04/07 (B390-B) UGUTA – TOOSA. La direction nous informe de la mise en ligne de son numéro de Février – Mars.

Mise
en ligne de son numéro de Février-Mars 2007.

http://www.uguta.org

13/04/07 (B390-B) A lire cette semaine sur LOI

LA
LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 14/04/2007
DJIBOUTI – Du sang neuf aux finances
En poste depuis presque deux ans, le ministre djiboutien des finances
Ali Farah Assoweh , qui peine à améliorer la gestion des finances
gouvernementales, a largement remanié son équipe, fin mars,
en remplaçant plusieurs hauts cadres du ministère en poste sous
son prédécesseur par des hommes plus jeunes et parfois plus
proches de lui. (…) [ 326 mots ] [ GRATUIT! ]

LA
LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 14/04/2007
DJIBOUTI – SDV-Transami
La filiale logistique et transport du groupe français Bolloré
vient de s’implanter à Djibouti. (…)

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 14/04/2007
DJIBOUTI – Camce
Une délégation d’experts de la société
China CAMC Engineering (Camce) s’est rendue, fin mars, à Djibouti dans
le cadre de la réalisation d’une étude de faisabilité
pour un projet de dessalement de l’eau de mer visant à alimenter la
capitale en eau potable. (…)

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 14/04/2007
DJIBOUTI – Un véritable déferlement
bancaire
En plus des trois nouvelles banques commerciales en cours d’installation
à Djibouti (LOI nº1180), une quatrième vient de se mettre
sur les rangs. (…)

12/04/07 (B390-B) FIDH : Condamné en appel à 1 an de prison dont 11 mois avec sursis, le président de la Ligue djiboutienne des droits humains va être libéré.

M.
Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits
humains (LDDH), a été condamné ce jour par la Cour d’appel
de Djibouti à 1 an de prison dont 11 mois avec sursis et 200.000 francs
djiboutiens d’amende. Ses avocats, Me Luc Aden, Me Zakaria et Me Tubiana,
mandaté au nom de l’Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l’homme, programme conjoint de la Fédération
internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation
mondiale contre la torture (OMCT), vont former un
pourvoi en cassation.

M Abdi avait été
condamné le 18 mars 2007 par le Tribunal Correctionnel de Djibouti
pour « divulgation de fausses nouvelles », et « diffamation
» à la peine de 6 mois d’emprisonnement pour avoir violé
les dispositions des articles 425 du Code pénal et 79 de la loi sur
la communication[1]. Etait en cause la publication par le président
de la LDDH d’une note d’information datée du 3 mars 2007
intitulée « Le Day, zone de non droit » où il faisait
état de la découverte d’un charnier dans le village du
Day (district de Tadjourah) comprenant les corps de sept civils qui auraient
été tués par les forces gouvernementales le 1er janvier
1994 ainsi que du viol en février 2007 dans ce même village d’une
jeune fille par un sergent de la garde républicaine.

Dans leurs conclusions
déposées en appel, les avocats de M. Jean-Paul Noël Abdi
ont contesté l’étendue de la poursuite, considérant
que le Tribunal s’était fondé dans son jugement sur des
faits non visés par la saisine, ce en violation des articles 239 et
240 du Code de procédure pénale. Par ailleurs, les avocats ont
relevé que leur client avait fait l’objet d’une procédure
de flagrant délit alors qu’aucune disposition de la loi sur la
communication ne permet de recourir à une telle procédure.

Ceci a eu pour effet d’abréger les délais que la loi lui
accorde pour préparer sa défense.

Quant au fond de l’affaire, il a été plaidé que
les faits relevés par Jean-Paul Noel Abdi concernant l’agression
sexuelle de la jeune fille n’étaient pas contestables et que,
de manière similaire, la mort de personnes au cours d’une tentative
de fuite, selon les autorités, en 1994 n’avait pas été
contestée par les autorités à l’époque des
faits. Le Tribunal a d’ailleurs rejeté les constitutions
de partie civile des deux militaires qui s’étaient joints à
l’action du Parquet.

Cette
décision, si elle permet la libération de M. Jean-Paul Noel
Abdi, laisse planer sur lui la menace que sont les 11 mois de prison avec
sursis alors que les témoignages recueillis établissaient sans
contestation possible la véracité des faits, au surplus de notoriété
publique.

La
Cour de Cassation aura à examiner cette procédure et l’Observatoire
rappelle que la Rapporteure spéciale de la Commission africaine des
droits de l’Homme et des peuples sur les défenseurs a exhorté
dans un communiqué du 16 mars 2007[2] le Gouvernement de Djibouti à
garantir à M. Jean-Paul Noël Abdi un procès juste et équitable
conformément à l’article 7 de la Charte africaine des
droits de l’Homme et des peuples.

L’Observatoire
demande plus généralement aux autorités djiboutiennes
de se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs
des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale
des Nations Unies le 9 décembre 1998, notamment à son article
premier qui dispose que « chacun a le droit, individuellement ou en
association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation
des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux
national et international » et à son article 6.b qui dispose
que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres
de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées,
informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes
les libertés fondamentales », ainsi qu’aux dispositions
des instruments internationaux et régionaux ratifiés par Djibouti.

Pour plus
d’informations, merci de contacter : FIDH : Gaël Grilhot : + 33
1 43 55 25 18 OMCT : Delphine Reculeau : + 41 22 809 49 39

12/04/07 (B390-B) JEUNE AFRIQUE (avec AFP) Un an de prison en appel pour un défenseur des droits de l’Homme.

DJIBOUTI – 12 avril
2007 – AFP

Le président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH)
a été condamné en appel à un an de prison, dont
onze mois avec sursis, ce qui permet sa libération, selon un communiqué
de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH)
reçu jeudi.

Jean-Paul Noël Abdi a été condamné mercredi par
la Cour d’appel de Djibouti "à un an de prison, dont onze
mois avec sursis et 200.000 francs djiboutiens (885 euros) d’amende",
selon le texte de la FIDH. Ses avocats vont former un pourvoi en cassation.

Le 18 mars, en première instance, M. Abdi avait été condamné
par le tribunal correctionnel de Djibouti à six mois de prison ferme
pour "divulgation de fausses nouvelles" et "diffamation".

M. Abdi était poursuivi pour la publication d’une note d’information
du 3 mars 2007, faisant état de la découverte d’un charnier
dans le village du Day (nord de Djibouti) dans lequel se trouvaient les corps
de sept civils qui auraient été tués par les forces gouvernementales
le 1er janvier 1994.

Il avait aussi parlé du viol en février 2007 dans ce même
village d’une jeune fille par un sergent de la garde républicaine.

Sa condamnation en appel "permet (sa) libération", selon
la FIDH, puisqu’il était en prison depuis le 18 mars. Il devrait être
libéré d’ici samedi, selon l’organisation.

Mais cette condamnation "laisse planer sur lui la menace que sont les
11 mois de prison avec sursis, alors que les témoignages recueillis
établissaient sans contestation possible la véracité
des faits (qu’il a relatés)", estime la FIDH.

12/04/07 (B390-B) L’ECONOMISTE / Somalie, une guerre moderne.

Par
le colonel Jean-Louis DUFOUR


Notre consultant militaire est officier de carrière dans l’armée
française, ex-attaché militaire au Liban, chef de corps du 1er
régiment d’infanterie de marine.

Il a aussi poursuivi des activités de recherche: études de crises
internationales, rédacteur en chef de la revue Défense…
et auteur de livres de référence sur le sujet dont «La
guerre au XXe siècle», Hachette 2003; «Les crises internationales,
de Pékin à Bagdad», Editions Complexe, 2004

Qualifier de guerre moderne les luttes armées qui sévissent
en Somalie peut surprendre. D’antiques hélicoptères soviétiques
pour toute force aérienne, des avions biélorusses Illyouchine
acquis à bon compte sur les stocks de l’ex-Armée rouge
pour seul moyen de transport aérien, mortiers et roquettes pour toute
artillerie, utilisation des affûts quadruples de défense contre
avion (ZSU 23/4) pour le tir à terre, il n’y a rien là
susceptible d’évoquer une technologie militaire sophistiquée.

Sans doute devrait-on parler de «conflit contemporain», tant les
luttes(1) armées somaliennes ressemblent aux autres guerres de notre
temps. Celle de Somalie présente, en effet, nombre de caractéristiques
communes aux conflits observés dans le monde depuis trente ans; c’est
un conflit «enchevêtre», mené partiellement au moins
par procuration, une guerre civile à la fois partisane et identitaire,
aux affrontements essentiellement urbains et dont les combattants s’en
prennent d’abord aux populations.

Un conflit enchevêtré est une guerre civile compliquée
d’interventions étrangères. En Somalie, les troupes du
gouvernement fédéral provisoire sont appuyées par l’armée
éthiopienne pour combattre une insurrection des Tribunaux islamiques,
aidée par l’Erythrée.

La quasi-totalité des conflits d’aujourd’hui sont des conflits
enchevêtrés. C’est par exemple le cas de l’Irak,
une fois consommée la défaite de son armée en avril 2003.
Même chose en Afghanistan, au Soudan, en Palestine, au Sri Lanka, aux
Philippines, en Colombie…

· Une double guerre par procuration

Cette guerre somalienne en est une par procuration, double procuration même!

L’Ethiopie est mandatée par les Etats-Unis pour combattre en
Somalie, ce qui n’empêche pas Addis-Abeba d’en profiter
pour priver son opposition intérieure, plus ou moins armée,
d’une base arrière en Somalie. Quant à l’Erythrée,
les Tribunaux islamiques lui servent de délégués pour
affronter son vieil adversaire éthiopien.

Toutefois, le caractère international de la lutte ne doit pas occulter
ses fondements internes. Semblable en cela à la guerre du Liban, le
confit somalien est d’abord une guerre civile dont on sait(2) qu’il
en est de trois types: partisan, identitaire, socioéconomique, plus
ou moins confondus à l’occasion. Ainsi la Somalie: la lutte identitaire
voit s’affronter des clans auxquels on appartient de naissance et dont
il est impossible de changer.

Cependant, la guerre est aussi partisane, voire socioéconomique; elle
oppose les tenants d’un ordre religieux rigoureux aux défenseurs
d’un système théoriquement démocratique, tous citoyens
ayant choisi en principe librement leur camp, et qui peuvent en trouver un
autre au hasard des combats ou en se louant au plus offrant. Tous ces belligérants
se battent également pour le contrôle du port et de l’aéroport
de Mogadiscio, par où arrivent les marchandises bonnes à taxer
et le khat rémunérateur, la plante hallucinogène très
prisée des Somaliens.

· La «guerre totalitaire»

La conquête comme la défense de ces positions stratégiques,
port et aéroport, expliquent en partie le caractère urbain du
conflit, si courant aujourd’hui. Désormais, les noms de bataille
sont des noms de villes qui s’égrènent dans une sorte
de litanie tragique, Beyrouth, Brazzaville, Monrovia, Sarajevo, Dubrovnik,
Srebrenica, Kaboul, Bagdad… Mogadiscio. Ces guerres ont deux buts, parfois
confondus, le pillage et le pouvoir. Or les biens, qu’ils soient privés,
publics, ou fournis par l’aide internationale, existent d’abord
en ville, où se trouve le centre plus ou moins élaboré
du pouvoir politique. La ville est donc l’objectif à atteindre,
quitte à en chasser les habitants.

Car «la guerre moderne» est souvent totalitaire. Dans ce type
de conflit, l’homme en armes évite d’affronter ses homologues
pour s’en prendre plutôt à des populations désarmées,
tantôt la sienne comme au Cambodge, tantôt celle de l’autre
comme dans l’ex-Yougoslavie, tantôt les deux comme au Rwanda.
Dans l’espoir de prendre Mogadiscio ou d’aider les « gouvernementaux
» à ne pas en être chassés, les troupes éthiopiennes
bombardent aveuglément, jour après jour, des quartiers entiers
où se terrent des civils terrorisés, comme naguère l’artillerie
syrienne ou israélienne contre Beyrouth ou les canons serbes contre
Sarajevo.

Ainsi va la guerre moderne; elle est décomposée, dégénérée,
ses buts sont incertains, ses combattants, sans foi, ni loi; il n’est
pas d’Etat pour tenter d’en limiter les effets, pas de communauté
internationale pour la faire cesser. Les troupes éthiopiennes gagneront
peut-être la bataille de Mogadiscio, mais celle-ci marque l’échec
d’une intervention sensée durer deux semaines. Fin décembre
2006, les chefs des clans dominants de la capitale avaient obtenu des milices
islamiques qu’elles s’inclinent sans combattre face aux Ethiopiens
pour éviter la destruction de la ville. Hélas, le gouvernement
provisoire n’a en rien réussi dans sa tâche, pas même
à maintenir un semblant d’ordre. Les 1.200 Ougandais, dépêchés
par l’Union africaine pour y aider, sont restés l’arme
au pied.

Dans cette guerre, les vaincus sont légion.

Il y a l’Ethiopie chrétienne de nouveau honnie des Somaliens
musulmans; le pouvoir en Somalie n’a fait aucunement la preuve de son
aptitude à gouverner; déjà au plus mal en Irak et en
Afghanistan, l’Amérique, avec ce troisième front contre
l’islamisme, connaît un nouvel échec; la Somalie, enfin,
vacille une fois encore dans d’épouvantables épreuves
que son peuple de poètes n’avait pas méritées.

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Chronologie

– Juin 2006: l’Union des tribunaux islamiques s’empare de Mogadiscio
en battant les chefs de guerre, soutenus par Washington.

– 9 octobre: les Tribunaux islamiques déclarent la «guerre sainte»
contre le gouvernement somalien et l’Ethiopie.

– 28 décembre: les forces gouvernementales somaliennes et l’armée
éthiopienne reconquièrent Mogadiscio.

– 8 janvier 2007: raid aérien américain dans le sud du pays
contre des «dirigeants d’Al-Qaïda», première
action militaire des Etats-Unis en Somalie depuis 1994.

– 19 janvier: l’Union africaine décide de déployer 7600
soldats en Somalie.

– 6 mars: arrivée d’un premier contingent de soldats ougandais
envoyés par l’UA.

– 21 mars: violences à l’occasion de l’installation à
Mogadiscio du président somalien, Abdullahi Yusuf ; début de
l’insurrection islamiste ;

– 1er-4 avril: violents combats entre insurgés, gouvernementaux et
Ethiopiens.

– 5 avril: suspension des hostilités; fuite des habitants de Mogadiscio;
renforcement de l’armée éthiopienne.
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(1) Et ce n’est pas l’autorisation que vient d’accordée
le président Bush aux Ethiopiens d’acheter des armes en Corée
du nord qui va changer les choses!
(2) Jean-Pierre Derriennic, Les guerres civiles, Paris, Presses de Sciences
Po, 2001.