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14/04/07 (B391) REUTERS : Combats sporadiques à Mogadiscio pour la 3e journée consécutive.

MOGADISCIO (Reuters) – Des soldats somaliens
et éthiopiens ont été impliqués vendredi pour
la troisième journée consécutive dans des affrontements
sporadiques avec des insurgés à Mogadiscio, des combats qui
mettent à mal la trêve conclue avec le clan des Hawiye, dominant
dans la capitale somalienne.

Des témoins ont fait état de fusillades à divers moments
de la journée, ainsi que de quelques tirs d’artillerie de l’armée
éthiopienne. On ne signalait dans l’immédiat aucune victime.

Ces affrontements, qui ont débuté mercredi, perturbent le calme
relatif qui régnait depuis l’offensive menée du 29 mars au 1er
avril par les forces éthiopiennes et somaliennes contre des insurgés.
Cette opération a fait un millier de morts et chassé des milliers
d’autres personnes de la ville.

Plus de 208.000 personnes ont fui les combats de Mogadiscio depuis le début
du mois de février, soit un cinquième environ de la population
de la capitale, estimée à un million, a annoncé vendredi
le Haut commissariat pour les réfugiés de l’Onu.

13/04/07 (B391) RSF – SOMALIE / ETHIOPIE / Deux journalistes érythréens, capturés en Somalie, détenus avec des « combattants étrangers »

Reporters
sans frontières demande aux gouvernements somalien et éthiopien
des explications sur la détention au secret de deux journalistes de
la chaîne publique érythréenne Eri-TV, arrêtés
en compagnie de plusieurs citoyens somaliens et étrangers fin 2006
à la frontière avec le Kenya.

« Comme de nombreux autres reporters étrangers, ces deux journalistes
se trouvaient en Somalie pour couvrir la situation dans le pays. Il ne s’agit
pas de combattants étrangers, comme semblent l’être les autres
personnes arrêtées à la frontière kenyane. Ce sont
des professionnels de l’information, travaillant pour l’un des pays les plus
fermés et les plus répressifs du monde. Nous craignons aujourd’hui
pour leur sécurité, qu’ils soient maintenus en détention
au secret ou renvoyés en Erythrée. Les gouvernements éthiopien
et somalien doivent dire pourquoi ils refusent de fournir des explications
sur ces deux prisonniers et veiller à gérer avec intelligence
cette situation dangereuse pour nos deux confrères », a déclaré
l’organisation.

Saleh Idris Gama, journaliste de la télévision publique Eri-TV,
et Tesfalidet Kidane Tesfazghi, cameraman, avaient disparu fin 2006 à
Mogadiscio pendant les combats ayant opposé l’Union des tribunaux islamiques
(UTI) et le gouvernement fédéral de transition. Les deux journalistes
avaient été envoyés en Somalie pour couvrir la situation
dans le pays. Fin février 2007, Reporters sans frontières avait
fourni leurs noms au gouvernement somalien, afin de savoir s’ils étaient
en détention ou s’ils avaient été identifiés parmi
les victimes des combats.

Aucune réponse n’avait été donnée à cette
requête.

Le 5 avril, le ministère érythréen des Affaires étrangères
avait demandé, dans un communiqué, aux autorités kenyanes,
« d’obtenir aussi rapidement que possible la libération de trois
citoyens érythréens et de les rapatrier dans leur pays ».
Le gouvernement érythréen affirmait que le Kenya avait remis
ces personnes aux autorités somaliennes le 20 janvier, après
les avoir arrêtées fin décembre et les avoir détenues
illégalement pendant plus de trois semaines, sans préciser ce
qu’elles faisaient au moment de leur interpellation ni où elles se
trouvaient.

Le troisième Erythréen, présenté par Asmara comme
s’appelant Osman Mohammed Berhan, n’est pas un employé de la station
publique Radio Dimtsi Hafash, contrairement à ce que laissaient croire
les premières informations reçues par Reporters sans frontières.
Dans une lettre qu’il a fait parvenir au site d’opposition Asmarino.com depuis
sa prison kenyane, le 18 janvier, celui-ci affirmait qu’il se nommait en réalité
Samson Yemane Berhan et qu’il avait été envoyé en Somalie
par le gouvernement érythréen sous un faux nom, en compagnie
d’autres compatriotes.

Le 4 avril, Reporters sans frontières s’était adressée
à l’Agence nationale de sécurité somalienne pour obtenir
des informations sur les journalistes érythréens, l’informant
de leur identité et demandant de pouvoir avoir un contact téléphonique
avec eux. La requête de l’organisation a été rejetée.
Selon les informations de Reporters sans frontières, les journalistes
auraient été transférés, en compagnie d’autres
détenus somaliens et étrangers capturés à la frontières
kenyane, dans un centre de détention à Addis-Abéba, en
Ethiopie.