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30/05/2014 (Brève 392) Conférence de presse de l’USN à Paris, avec en particulier la participation de Maître Zakaria Abdillahi Ali et de l’écrivain Abdourahman Waberi.(ARDHD)

Après un bref rappel de la situation à Djibouti, Maki Houmed Gaba représentant de l’USN en France et organisateur de la conférence de presse a passé la parole :

à Me Zakaria Abdillahi Ali, en sa double qualité de Président de la LDDH et d’avocat des détenus politiques. Il a brossé un tableau sombre de la situation des libertés, des Droits de l’Homme et du respect des procédures judiciaires. A l’aide de plusiuers exemples précis et concrets, il a montré comment les juges pouvaient prendre et faire appliquer des décisions en parfaite contradiction avec le code civil et les garanties décrites dans la constitution.

Parmi les exemples, citons le cas d’un prévenu défféré en comparution immédiate. La juge a reconnu qu’elle ne disposait d’aucune plainte contre lui pour le motif invoqué. Au lieu de prononcer sa libération immédiate, elle a maintenu la mise en détention .. et le détenu a été reconduit à Gabode. Exemple parmi tant d’autres.

Abdourahman Waberi a expliqué sa position d’opposant déterminé, même s’il n’est membre d’aucun parti. Il a expliqué comment la diaspora vivant aux USA avait su s’organiser pour manifester à l’occasion de la venue de Guelleh et pour montrer que derrière l’écran de fumée qui est soutenu par la communication de la Présidence, la réalité était bien différente dans le pays. Il a appelé toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens à se mettre au travail pour contribuer à la fin de la dictature.

Dimitri Verdonck, Président de l’Association Culture et Progrès a expliqué les actions de communication qui sont conduites au niveau des différentes instances européennes, pour obtenir la condamnation du régime et que les différents états dont la France, en première ligne, cesse d’accorder un soutien sans critique à l’égard du régime. Il a insisté sur le fait que les opposants ne devaient pas limiter leur communication à la dénonciation des crimes commis par le régime, mais qu’ils devaient agir en dynamique pour proposer des alternatives ou des solutions.

Jean-Loup Schaal, Président de l’ARDHD, a été invité à s’exprimer à la tribune. Reprenant les propos de Dimitri Verdonck et d’Abdourahman Waberi, il a insisté sur le fait que l’opposition devait s’organiser pour construire un programme de gestion de l’alternance et pour montrer aux nations présentes à Djibouti, qu’elle avait la capacité à assurer la conduite du pays dans un cadre démocratique et de restaurer les libertés individuelles et la saine gestion des finances publiques. Il a appellé tous les Djiboutiens qui le souhaitent à participer à ce travail. L’ARDHD continuera à soutenir toutes les actions en faveur de la restauration des Droits de l’Homme.

En sa qualité de collaboratrice du bureau Afrique de la FIDH, Assatou BA a rappelé que la FIDH suivait avec une grande attention la situation des DH à Djibouti et qu’une mission d’information allait être programmée très prochainement dans ce pays.

Après les questions des participants, Maki Houmed Gaba a conclu en rappellant le rôle de l’USN, la structure de l’opposition qui rassemble, au-delà des partis politiques, tous les opposants djiboutiens et tous les défenseurs des Droits de l’homme des différents pays surtout européens et nord-américains. Il a fait état de la demande de négociation qui a été adressée au régime et à l’union africaine pour établir les conditions d’élections démocratiques et transparentes dans l’avnir. Au final il a appelé à participer à un grand rassemblement à Bruxelles le 27 juin pour dénoncer la dictature et interpeller les instances européennes. Il a été longuement remercié pour l’organisation de cette conférence de presse

L’ARDHD souhaite un bon retour à Djibouti à Me Zakaria et elle rappelle qu’elle suivra avec attention toutes les tentatives d’intimidation à son encontre.

27/04/07 (B392-B) AFP / Somalie : fin des combats à Mogadiscio où les Ethiopiens traquent les insurgés

Par
Mustafa HAJI ABDINUR

MOGADISCIO (AFP) – L’armée éthiopienne patrouillait
vendredi dans les rues à la recherche d’insurgés dans Mogadiscio,
où les combats ont totalement cessé au lendemain du succès
militaire majeur des troupes d’Addis Abeba, engagées aux côtés
du gouvernement somalien.

Harassés après neuf jours de combats ininterrompus qui
ont dévasté plusieurs quartiers de la ville, des habitants ont
commencé de leur côté à ramasser les cadavres.


Des camions chargés de soldats circulaient dans le sud et le nord de
la ville, où aucun tir n’était entendu.

Des soldats patrouillaient à pied dans les rues, cherchant dans les
maisons les insurgés, groupe hétéroclite formé
notamment des miliciens islamistes, qui ont abandonné jeudi leurs positions
devant la puissance de feu de l’armée éthiopienne.

« Les soldats éthiopiens sont entrés dans notre
maison et ont arrêté trois personnes dont une femme », a
raconté Ibrahim Sheikh Mao, du quartier de Suuqahoola, dans le nord.

« Ils ont regardé mes mains et mes coudes », manière
de déterminer si une personne a utilisé récemment une
arme, a ajouté Ibrahim Sheikh Mao: « ils m’ont relâché.
Mais ils ont emmené trois autres, dans un camion qui attendait dehors ».

« Ils vont de maison en maison pour arrêter des gens. J’imagine
qu’ils ont arrêté des centaines de personnes, car ils ont commencé
l’opération tôt ce matin », a-t-il commenté.

Dans le sud de la capitale, d’autres habitants ont confirmé
cette traque aux insurgés. « Les forces éthiopiennes ont
commencé à arrêter les gens. Ils ont arrêté
mon oncle, qui n’est pas un combattant. Ils ont arrêté 17 personnes
dans notre coin », selon Hussein Mohamed, de Labadagah (sud).

« Tous les hommes fuient les maisons à cause des arrestations »,
a témoigné côté Shamso Nur, une femme qui habite
Ali Kamin, un des principaux fiefs des insurgés: « J’ai vu les
Ethiopiens emmener trois hommes à côté de chez moi. Je
ne sais pas si c’était des combatants, mais ils avaient l’air de civils ».

D’autres habitants se sont organisés pour ramasser les cadavres dans
les rues.

« Nous avons ramassé sept corps, dont celui d’une femme. Ils étaient
en état de décomposition et nous les avons emmenés dans
une mosquée pour préparer l’inhumation », a expliqué
à l’AFP Haji Mukhtar Hassan, qui réside dans le nord de la ville.
« Après l’arrêt des combats, on s’est organisé nous-mêmes
et ce matin, on a commencé à ramasser les corps. On veut les
enterrer ».

Selon un bilan partiel de l’ONG somalienne Elman Peace and Human Rights Organisation,
près de 400 personnes – en majorité des civils – ont été
tuées dans la ville depuis le déclenchement de l’offensive éthiopienne,
le 17 avril.

Jeudi, après un intense pilonnage d’artillerie, les soldats d’Addis
Abeba ont pris l’essentiel des positions des insurgés, selon des habitants.

Le Premier ministre somalien Ali Mohamed Gedi a affirmé avoir « pratiquement
terminé le combat contre les insurgés d’Al-Qaïda à
Mogadiscio (…) Les forces du gouvernement ont pris le contrôle de
leurs principaux bastions dans le nord de la ville ».

Environ 400.000 personnes ont fui ces combats à Mogadiscio (qui compte
un million d’habitants) depuis début février, a indiqué
jeudi le responsable de l’ONU pour les questions humanitaires, John Holmes.

Fin mars, l’armée éthiopienne avait mené une première
offensive qui a fait un millier de morts, selon les chefs traditionnels du
clan Hawiye, prédominant dans la capitale.

L’armée éthiopienne est intervenue en Somalie fin 2006 pour
déloger les tribunaux islamiques, qui avaient appelé à
la guerre sainte contre le régime d’Addis Abeba et rejetaient l’autorité
du gouvernement de transition, mis en place en 2004 pour stabiliser ce pays
en guerre civile depuis 1991.

27/04/07 (B392-B) EURONEWS L’armée éthiopienne intensifie son offensive contre les insurgés somaliens

Alliés
au gouvernement somalien, les éthiopiens se sont emparés hier
de plusieurs bastions rebelles au nord de Mogadiscio, notamment dans le secteur
de Balad

Un « succès militaire majeur » selon le vice-ministre somalien
de la défense qui espère parvenir à la fin des combats
dans les prochains jours. Des combats particulièrement violents depuis
début avril. Près de 400 personnes, en majorité des civils
y ont perdu la vie et jusqu’à 400 000 personnes ont fui la capitale
selon les ONG et les Nations Unies. Le Programme Alimentaire Mondial a pu
distribuer de l’aide humanitaire à l’ouest de Mogadiscio.

La Ligue Arabe appelle de son côté « toutes les parties à
un cessez-le-feu immédiat ». L’armée éthiopienne
est intervenue en Somalie fin 2006 pour déloger les tribunaux islamiques,
qui avaient appelé à la guerre sainte contre le régime
d’Addis Abeba.

Ces derniers rejetaient l’autorité du gouvernement de transition, mis
en place en 2004 pour stabiliser ce pays en guerre civile depuis 1991.

26/04/07 (B392-B) LIBERATION / La Somalie, poudrière de la Corne. (Info lectrice)

Les
islamistes ripostent au déluge de feu éthiopien sur Mogadiscio
en frappant dans l’Ogaden.


Par Christophe AYAD

La guerre sans merci menée par l’armée éthiopienne
à la rébellion islamiste somalienne dans les rues de Mogadiscio
menace de s’étendre à toute la corne de l’Afrique. Le massacre
de 74 personnes (65 Ethiopiens et 9 Chinois) sur un site pétrolier
chinois dans l’Ogaden, une région éthiopienne frontalière
peuplée de Somali, est le dernier développement en date de ce
conflit.

A Mogadiscio même, c’est une véritable guerre qui fait rage depuis
huit jours.

La reprise des combats était prévisible après le premier
round fin mars, qui avait déjà causé un millier de morts
civils, selon Elman Peace and Human Rights Organisation, une ONG somalienne.
Ces combats sont les plus violents depuis 1991, lorsque les chefs de guerre
locaux se disputaient le pouvoir à l’arme lourde en plein Mogadiscio
après la chute du dictateur Siyad Barré.

Mais les protagonistes ne sont plus les mêmes : face à l’armée
éthiopienne, «invitée» par le gouvernement fédéral
de transition, impuissant à contrôler sa propre capitale, une
coalition d’islamistes et de miliciens claniques opposés au pouvoir.
Après la chute quasiment sans combats de Mogadiscio, fin décembre
2006, les combattants des tribunaux islamiques, qui avaient contrôlé
la capitale pendant sept mois, n’ont pas mis longtemps à se réorganiser
en petites cellules fortement armées et bien organisées.

Les actes de guérilla visant les armées régulières
somalienne comme éthiopienne se sont multipliés. Mi-mars, la
rébellion est passée à la vitesse supérieure,
s’emparant de larges portions de la capitale.

Camion-suicide.

L’armée éthiopienne a réagi par une guerre totale, bombardant
au canon et au mortier des quartiers civils où sont installés
les insurgés. En une semaine, au moins 323 personnes ont été
tuées dans la ville, dont 257 civils, toujours selon Elman Peace and
Human Rights Organisation.

De son côté, la Mouqawama («résistance», en
arabe) «s’irakise» en accéléré : mardi, un
camion-suicide a explosé à l’intérieur d’un camp militaire
éthiopien, tandis qu’une voiture piégée explosait à
proximité de l’hôtel Ambassadeur, où logent plusieurs
membres du gouvernement d’Ali Gedi. Ce dernier ne cesse de dépeindre
les insurgés sous les traits d’affidés d’Al-Qaeda. En fait,
les quelque 3000 combattants islamistes ­ dirigés par les Shebab
(«jeunes»), l’aile la plus radicale des ex-tribunaux islamiques
­ ont été rejoints par des miliciens appartenant au clan
des Hawiye très hostiles au président Abdallah Yusuf, un Darod
du centre du pays.

Depuis février et l’intensification des combats, plus du tiers du million
d’habitants de Mogadiscio a fui la ville. Un flot continu de déplacés
encombre la route d’Afgoye, à 30 kilomètres de là, où
s’entassent déjà 40 000 déplacés. Les fuyards
en sont réduits à camper sous les arbres, sans aide humanitaire
.

Le Programme alimentaire mondial s’est vu refuser il y a deux semaines l’accès
aux déplacés d’Afgoye par les autorités, qui ont rejeté
toutes responsabilités sur «les extrémistes» . L’ONU,
silencieuse malgré l’ampleur des crimes de guerre commis de part et
d’autre, a fini par demander lundi «la cessation immédiate des
hostilités et à la reprise du dialogue politique».

Mais l’appel du secrétaire général Ban Ki-moon, qui dénonçait
aussi «l’utilisation systématique d’armes lourdes contre des
zones à forte population civile, au mépris du droit humanitaire
international» est resté lettre morte.

Le Conseil de sécurité, qui soutient le gouvernement fédéral
de transition et ses alliés éthiopiens, ne semble pas pressé
de se réunir. Quant à la force de paix de l’Union africaine,
qui compte pour l’instant 1 500 soldats ougandais (sur 8 000 prévus),
ne prend pas part aux combats, laissant l’Ethiopie faire le «sale boulot».
Erythrée. L’administration Bush soutient aveuglément Addis-Abeba
dans ce qui est vu à Washington comme un front local de la «guerre
contre le terrorisme».

L’Ethiopie accuse en effet l’Erythrée, son ennemi juré à
qui l’a opposé un conflit frontalier de 1998 à 2000, de soutenir
et d’armer les insurgés somaliens. Si une telle influence ne faisait
aucun doute, à l’époque où les tribunaux islamiques régnaient
sur Mogadiscio, elle est aujourd’hui beaucoup moins évidente, comme
en témoigne l’épuisement des insurgés : tous les accès
de la capitale étant contrôlés par le gouvernement, ils
ne sont manifestement plus approvisionnés en armes.

Washington a jeté de l’huile sur le feu régional en
accusant Asmara de «financer, d’armer, d’entraîner et de conseiller
les insurgés».

Hier, Addis-Abeba a enfoncé le clou en attribuant la tuerie
de mardi dans l’Ogaden à l’Erythrée.

Pourtant, la tentation séparatiste somalienne est un phénomène
bien réel en Ethiopie. Tout comme la montée de l’islamisme chez
des ethnies musulmanes comme les Oromos, en lutte contre le pouvoir central
monopolisé par les Tigréens chrétiens.

26/04/07 (B392-B) ALERTE ROUGE : le projet de décasement à Arhiba. Toutes les conditions sont réunies pour un nouveau massacre, sous les yeux « fermés » des militaires français.(Info lecteur)

Le
Ministre de l’intérieur a dépêche M. Hassan Omar, officiellement
secrétaire général de son Ministère en charge
de la Décentralisation et officieusement Lieutenant-Colonel de la S.D.S
(Police parallèle) pour démarcher les notables d’Arhiba II,
afin de les persuader d’évacuer les lieux.

Naturellement, ils ont tous refusé..

Ce Hassan Omar a pris l’avion pour Paris où il est arrivé aujourd’hui
!

L’objectif de sa mission ?

Persuader Paris du bien-fondé de ce décasement
et demander aux militaires français de ne pas filmer ce « Décasement
».

Qu’à Dieu ne plaise, il se prépare une horreur et un
nouveau massacre n’est plus à exclure.

L’objectif de notre Groupe est d’essayer de l’empêcher et faire reculer
le gouvernement !

L’ARDHD peut nous aider efficacement à ébruiter cette information
et ce serait pour la bonne cause. Nous la remercions à l’avance de
relayer cette information.

Guelleh a pensé qu’il serait habile de profiter de cette la vacance
du pouvoir en France, en pleine activité électorale, pour se
livrer à son jeu préféré : terroriser, exproprier,
annexer.

Sur qui cette fois-ci le ministre de l’intérieur se défaussera
-il ?

LUI ou ELLE ?

26/04/07 (B392-B) Petite nouvelle des lecteurs. Des étudiants djiboutiens au Soudan envoient un message de joie et d’espérance en prévision de la fête pour le 30ème anniversaire de la République (27 juin)

Nous publierons
leur message une semaine avant cette date anniversaire.

26/04/07 (B392-B) ALERTE ROUGE. En dépit de tous les avertissements lancés aux autorités françaises qui se sont officiellement abstenues d’agir (et on verra pourquoi dans l’article), M Christian Georges, citoyen français aurait été extradé par le Yémen vers Djibouti – Direction Gabode, afin de l’empêcher de dévoiler des informations exclusives qu’il détiendrait sur l’assassinat du Juge Borrel. (Info lectrice mais nous attendons une confirmation pour lever les réserves de l’article)

Le
Gouvernement français a-t-il abandonné volontairement un citoyen
français, pour qu’il soit remis entre les pattes de Guelleh, afin d’éviter
qu’il ne puisse dévoiler des informations exclusives qu’il aurait recueillies
à Djibouti, auprès de hautes personnalités, sur l’assassinat
du Juge Borrel.

Le 5 février dans un article paru sur notre site, nous avions évoqué
le cas de Christian Georges, ce citoyen qui effectuait une mission à
Djibouti. Après avoir obtenu, selon ses proches, des informations exclusives
et vérifiables, concernant l’assassinat du Juge Borrel, il avait été
harcelé par les services secrets de Guelleh (emprisonnement, garde
à vue, maintien en résidence surveillée, ..). Lien
avec l’article.

Ne bénéficiant
d’aucun soutien ni d’assistance, semble-t-il, de la part de nos diplomates
en poste à Djibouti (Angelier craignant l’eau, n’est pas un homme à
se mouiller …?) ni des autorités consulaires, dont c’est pourtant
le devoir, il a du son salut dans la fuite à bord d’un boutre qui l’avait
déposé au Yémen.

Le Yémen l’a accueilli, mais a tenu à savoir pour quelles raisons
il était entré dans le pays, sans visa et sans son passeport
qui lui avait été retiré par Djibouti.

Les services diplomatiques français avaient la possibilité de
refaire un passeport et d’établir un sauf-conduit, choses qu’ils n’auraient
pas accepté de faire, toujours selon les informations à notre
disposition et en dépit des différentes actions qui ont été
conduites en France, par plusieurs acteurs de la situation …

En maintenant les mêmes réserves que ci-dessus et dans l’attente
que l’information soit confirmée officiellement, Christian Georges,
que la France a refusé de soutenir, aurait finalement été
extradé par le Yémen vers Djibouti, en réponse à
un mandat international « bidon »(*), lancé par Djibouti.

Si c’est confirmé, le malheureux a du être bien accueilli à
son arrivée à l’aéroport de Djibouti et être bien
encadré durant le trajet vers Gabode où il va croupir, s’il
n’est pas mis à mort au motif qu’il en saurait trop sur la culpabilité
directe ou indirecte de Guelleh dans l’assassinat du Juge Borrel.


Illustration Roger Picon
Honte à la
France ! Lâcher un citoyen pour soutenir Guelleh !

Voilà un geste, s’il est confirmé, qui restera dans l’histoire
et qui n’honorera pas les dirigeants en place, dont le Président
Chirac et son P.M. Villepin qui ont obligatoirement été
informés.

(à suivre)

Merci
à l’avance à toutes les lectrices et lecteurs qui auraient des
informations sur ce sujet, de nous les transmettre.

(*)
En soi, le mandat d’arrêt international n’est pas « bidon ».
Il impose même aux états d’y répondre … dans le cadre
de leur législation nationale. Ce qui est « bidon », ce sont
les motivations. Un tel mandat doit répondre à des obligations
concernant les faits reprochés. Guelleh et son équipe savent
bien s’asseoir sur ces impératifs et ils lancent à leur gré
des mandats internationaux, pour résoudre des problèmes qui
n’ont rien à voir avec le droit, mais seulement avec leurs intérêts
personnels.

26/04/07 (B392-B) RFI : L’Éthiopie empêtrée dans ses filets. (Un excellent article à lire – Info lectrice)

L’attaque
surprise du Front national de libération de l’Ogaden contre un site
d’exploitation pétrolière chinois ravive les tensions entre
les pays de la Corne de l’Afrique. L’Éthiopie accuse l’Érythrée
d’avoir aidé les indépendantistes de l’Ogaden. Accusation réfutée
par Asmara. Pendant ce temps, l’armée éthiopienne poursuit son
offensive contre les miliciens à Mogadiscio.

Addis Abeba accuse l’Érythrée d’avoir aidé
les «forces terroristes» du Front national de libération
de l’Ogaden (FNLO) dans l’attaque du site pétrolier chinois.
Asmara a aussitôt répliqué : «Les Éthiopiens
veulent créer un prétexte pour prendre des mesures belliqueuses
contre l’Érythrée», en pointant du doigt «l’échec
de la politique raciale fondée sur les divisions ethniques» de
Addis Abeba.

L’échange d’accusations entre les deux capitales
est à prendre au sérieux dans le contexte explosif de la Corne
de l’Afrique.

L’attaque contre le site de la compagnie chinoise, situé à Obala,
dans le nord-est éthiopien, a été menée vers 6
heures du matin, mardi 24 avril, par plus de 200 hommes armés. 68 Éthiopiens
et 9 employés chinois ont été tués. 7 ouvriers
chinois auraient été pris en otage.

Le Zhongyuan Petrolum Exploitation Bureau, installé en Ogaden depuis
2006, travaille dans d’autres régions éthiopiennes ainsi qu’au
Soudan.

Qui étaient les attaquants du site d’exploitation pétrolière
?

Créé en 1984, le FNLO, mouvement pour l’indépendance
de l’Ogaden, est à l’origine de différents incidents
dans la région, (attaques contre l’armée éthiopienne,
prises d’otages) avant d’attirer l’attention en août 2006.

L’armée éthiopienne vient de se déployer à
la frontière avec la Somalie. Il s’agit, dans un premier temps,
de dissuader les miliciens du Conseil des tribunaux islamiques, venus de Mogadiscio,
de s’emparer de Baidoa, la ville siège du gouvernement de transition
somalien. Addis Abeba annonce avoir tué lors d’un affrontement
13 rebelles du FNLO, «des terroristes soutenus par les Tribunaux islamiques
somaliens» et justifie aux yeux du monde le renforcement de sa position
dans la région.

Quelques semaines auparavant, le FNLO a rencontré des représentants
de plusieurs fronts d’opposition éthiopiens dont les plus actifs,
le Front de libération oromo (FLO) et la Coalition pour l’unité
et la démocratie (CUD), afin d’envisager une stratégie
commune.

Depuis les élections parlementaires de mai 2005 qui ont vu
la victoire très contestée du Front démocratique révolutionnaire
du peuple éthiopien (FDRPE), coalition gouvernementale menée
par le Premier ministre Ato Meles Zenawi, une vague de répression s’est
abattue sur le pays. Les manifestations et appels à la désobéissance
civile ont donné lieu à des affrontements, causant la mort de
plusieurs centaines de personnes dans la capitale mais aussi dans les provinces.

Les organisations des droits de l’homme parlent de 12 000 arrestations.
À cette occasion, les mouvements d’opposition comme le CUD et
les groupes nationalistes dont le FNLO ont été particulièrement
ciblés.

Le FNLO est l’un des premiers groupes à protester quand
les troupes éthiopiennes pénètrent en Somalie, en novembre
2006, en dénonçant «l’entreprise colonialiste»
d’Addis Abeba. Il a revendiqué plusieurs attaques contre des
soldats éthiopiens depuis cette date.

L’aventure somalienne

Lorsque les Éthiopiens arrivent à Mogadiscio le 26
décembre dernier, sans vraiment rencontrer de résistance de
la part des miliciens «islamiques», le Premier ministre Meles
Zenawi est persuadé que l’aventure somalienne ne durera pas et
que la communauté internationale, plus précisément les
États-Unis qui appuient financièrement et techniquement l’opération,
lui sera reconnaissante de son intervention.

Quatre mois plus tard, ce qui devait être une promenade de
santé est devenu un cauchemar.

La présence des soldats éthiopiens
à Mogadiscio a déchaîné la hargne des miliciens,
qu’ils soient des Tribunaux islamiques comme les présente le
gouvernement transitoire somalien, ou qu’ils soient plus prosaïquement
attachés à différents clans ou intérêts
d’affaires dans la capitale.

Les violences qui ont débuté fin mars, sous les yeux des 1 500
casques verts ougandais tout juste arrivés, n’ont connu qu’une
courte période d’accalmie. Selon la fondation Elman, une organisation
somalienne qui œuvre pour la paix et la réconciliation, 329 personnes,
dont une majorité de non-combattants, ont été tuées
dans la dernière semaine. Près d’un tiers des habitants
ont fui la capitale et campent dans les environs, hors de portée de
l’aide humanitaire, elle-même bloquée par les combats.

Pour le Premier ministre éthiopien, l’offensive menée
par son armée à Mogadiscio est un «succès».
Il suffira «d’une ou deux semaines de plus pour nettoyer complètement
Mogadiscio des Shebab» (milices islamistes).

Même s’il n’existe aucun lien officiel entre les
attaquants du site de la société chinoise et les miliciens somaliens
de quelque bord qu’ils soient, l’Ogaden étant une région
habitée par des Somali, une collaboration inter-frontalière
paraît plus que probable.

En 1977, la Somalie du dictateur Siad Barré s’était lancée,
avec l’aide de l’Union soviétique, dans la reconquête
de ce territoire, considéré comme une partie intégrante
de la «Grande Somalie». Après un revirement d’alliance
spectaculaire (l’URSS accorde son soutien à Addis Abeba), les
Éthiopiens mettent fin à la guerre en mars 1978.

De façon récurrente, des mouvements somaliens revendiquent la
possession de ce territoire. Les fondamentalistes somaliens, quant à
eux, appuient la demande d’indépendance de l’Ogaden.

Le faux-frère

Depuis la fin des années 1990, Asmara est la capitale des
groupes d’opposants éthiopiens et soudanais. Le régime
mis en place par le président Issaias Afeworki a besoin de ce combustible
pour se donner une aura de médiateur régional et conserver une
certaine légitimité.

En effet, au nom de l’unité nationale (contre l’ennemi
éthiopien), Issaias Afeworki se refuse à appliquer la Constitution
nationale votée en 1997 qui prévoit l’organisation d’élections
multipartites.

Depuis 7 ans, les deux armées, éthiopienne et érythréenne,
campent l’une en face de l’autre, à la frontière,
prêtes à l’offensive. Dans les capitales, c’est la
course aux soutiens internationaux pour faire valoir leurs droits et revendications.
Sans succès jusqu’à présent.

Les relations de l’Érythrée avec
les États-Unis, qui possèdent la plus grande représentation
diplomatique à Asmara, se sont nettement dégradées ces
derniers temps. Washington accuse le gouvernement érythréen
de fournir armes et entraînement aux miliciens des Tribunaux islamiques.

Parallèlement, l’Éthiopie a bénéficié
de livraisons d’armes américaines (19 millions de dollars en
2005 et 2006). La CIA vient de décider d’ouvrir un bureau régional
de lutte contre le terrorisme à Addis Abeba.

Après avoir combattu côte à côte le Négus
rouge, Mengistu Hailé Mariam, au début des années 80,
les «cousins» Issaias Afeworki et Meles Zenawi * se déchirent
après l’indépendance de l’Érythrée
en 1993. L’Éthiopie prend conscience de ce que représente
une négociation avec un État souverain lorsqu’il s’agit d’obtenir
un accès à la mer Rouge.

Les Éthiopiens attaquent l’Érythrée en 1998 suite
à un différend frontalier. La guerre dure 2 ans et s’achève
sur le bilan effroyable de 70 000 morts. Un arbitrage international redessine
la frontière mais l’Éthiopie, qui s’était
pourtant engagée à accepter la décision, refuse le nouveau
tracé.

par
Marion Urban

*
la mère de Meles Zenawi est érythréenne. On a même
prétendu que les deux hommes partageaient la même grand-mère.
C’était avant 1998.