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01/06/2014 (Breves 393) LDDH : Situation catastrophique à Djibouti et risque d’un conflit armé.


Le Président
Bref Rapport sur la situation des droits de l’Homme à Djibouti

Djibouti, 30 mai 2014

Situation catastrophique à Djibouti et risque d’un conflit armé

Depuis le début du mois de mai 2014, la crise politique postélectorale s’enlise davantage avec une répression policière sans précédente dans la République. Arrestations massives et détentions arbitraires des militants , violence physique des militants et leaders de l’USN (groupement des partis politiques de l’opposition), torture et tirs des balles réelles sur les militants de l’opposition , saccage, destruction et fermeture des sièges des partis politiques d’opposition sont devenus le lot quotidien de l’opposition politique djiboutienne.

D’autre part, les conditions de détentions sont inhumaines et horribles où les militants de l’opposition quelque soit leur âge ou leur sexe sont jetés dans des locaux à la puanteur et l’insalubrité épouvantables à tel point que les militants USN ayant des maladies sérieuses (asthme, diabète, etc) décompensent sur place sans soins de secours ni d’évacuation vers les urgences des hôpitaux de la capitale.

S’y ajoute, les interrogatoires musclés, les mesures coercitives, le déshabillement en public des femmes, les gardes à vue longues et incompatibles avec l’état de santé des militants, le refus de l’assistance des avocats par la police et la justice, les menaces de toutes formes sont utilisées pour punir les militants d’opposition.
Aussi, la société civile et les syndicats sont muselés, les défenseurs des droits de l’homme harcelés et traqués par les services de sécurité, des médias libres quasi inexistants car il y a un seul radio gouvernemental, une seule chaîne de télévision gouvernementale (RTD) et un seul journal gouvernemental (La Nation). 

Cette crise multidimensionnelle plonge le pays dans un désastre à la somalienne qui est à nos portes mais dont les djiboutiens et les djiboutiennes évitent toujours au péril de leurs vies et de leurs biens pour préserver la République de ces irresponsables au pouvoir.

Par ailleurs, nous déplorons la situation socio-économique catastrophique dont traverse la Nation avec le manque d’électricité et d’eau courant, les prix des denrées alimentaires exorbitantes, l’extrême pauvreté de la population, l’absence des services sociaux de basse, une santé devenue le cimetière des nos citoyens, une éducation en détresse.

Face à cela, le Peuple djiboutien continue sa lutte pour arracher sa liberté et faire valoir ces droits confisqués avec l’absence des cameras du monde et sous le silence des puissances occidentales (France, USA,..) présentes à Djibouti qui ont choisit un homme au détriment d’un peuple et d’un pays.

Bref, tous les maux de  la mal gouvernance sont réunis et risquent de provoquer un conflit armé ou du moins un soulèvement populaire qui échapperait à tout
contrôle.

Par conséquent, nous lançons un appel solennel à toutes les organisations internationales de défense des droits de l’homme et les pays amis de Djibouti pour que les droits de l’homme et les libertés fondamentales soient respectées à Djibouti et de traduire les auteurs de ces crimes et tortures et d’autres violations des droits de l’homme devant les juridictions internationales.

Said Houssein Robleh,
Défenseur des droits de l’homme et Secrétaire de la LDDH
Tél : +253 77717396
Email : saidhoussein2020@gmail.com

 

04/05/07 (B393-B) L’HUMANITE – Le statut du chef de l’État à l’épreuve. (Info lectrice)

L’article
67 de la Constitution pouvait-il être invoqué par l’Élysée
?

Voilà au moins une réforme qui n’aura pas tardé
à trouver une application concrète sur le terrain.

Hier, en effet, c’est le flambant neuf article 67 de la Constitution,
adopté en février, que l’Élysée a invoqué
pour refuser l’entrée du palais présidentiel aux juges
instruisant l’affaire Borrel.

Un article qui précise que « le président de la République
n’est pas responsable des actes accomplis en cette qualité »
et que donc, il ne peut, « durant son mandat et devant aucune juridiction
ou autorité administrative française », être requis
de témoigner, faire l’objet d’une action, d’un acte
d’information, d’instruction ou de poursuite.

Sauf que ce n’était pas le chef de l’État que les
deux magistrates étaient venues voir, mais l’un de ses services,
en l’occurrence la « cellule Afrique » du « Château.

Pour le professeur de droit Frédéric Rolin, « il y a deux
interprétations possibles : la plus stricte consiste à dire
que tant qu’on ne vise pas nommément le chef de l’État,
on peut continuer (l’instruction) ; et l’interprétation
large, qui dit que dès qu’on risque de viser le chef de l’État,
on rentre dans le champ d’application de la loi ».

Son collègue Didier Rebut, professeur de droit pénal à
l’université de Paris-II, évoque, lui, « une utilisation
opportuniste de l’article 67 de la Constitution ». «

Je ne suis pas certain (que cet article) s’applique aux services de
l’Élysée », indique-t-il, soulignant toutefois que
« les juges ont parfois tendance à réclamer la séparation
des pouvoirs à leur profit, pas à celui de l’exécutif.
Or la séparation des pouvoirs vaut dans tous les sens. »

A.
F.

04/05/07 (B393-B) L’Humanité : Le palais de l’Élysée rattrapé par l’affaire Borrel (Info lectrice)

Les
juges qui instruisent d’éventuelles pressions sur la justice,
dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel,
ont été empêchées hier de perquisitionner l’Élysée.

« C’est une obstruction à la justice. »

Comme sa consoeur du Syndicat de la magistrature (SM), Bruno Thouzellier,
président de l’Union syndicale des magistrats (USM), n’avait
hier pas de mots assez durs pour dénoncer le refus de l’Élysée
de laisser les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia procéder
à une perquisition dans le cadre de leur instruction sur d’éventuelles
pressions exercées sur la justice dans l’enquête sur l’assassinat,
en 1995, à Djibouti, du juge Bernard Borrel.

Arrivée en matinée, les deux juges, qui cherchaient à
recueillir des documents émanant de la « cellule africaine »
de l’Élysée (lire notre encadré), ont été
bloquées par les gendarmes. Elles sont finalement reparties sans avoir
perquisitionné, après avoir tenté sans succès
de requérir l’autorité du gouverneur militaire de Paris,
qui dispose d’une autorité sur l’Élysée dont
le statut est celui d’une enceinte militaire.

La présidence de la République a justifié ce refus en
invoquant l’article 67 de la Constitution (lire ci-dessous), qui octroie
l’immunité au président dans l’exercice de ses fonctions,
et a engagé les juges à reprendre leur enquête après
le départ du président Chirac. Une argumentation que contestent
les organisations de magistrats. Elles rappellent que ce n’est pas la
personne du chef de l’État qui était visé mais
un des services de la présidence et s’inquiètent des risques
de destructions de preuves.

« dépérissement des preuves »

L’instruction des juges Pous et Ganascia pour « pression
sur la justice » est un des trois volets judiciaires de l’affaire
Borrel. Elle concerne une plainte déposée en février
2005 par la veuve Borrel contre Hervé Ladsous, alors porte-parole du
ministère des Affaires étrangères. Ce dernier avait affirmé
dans une déclaration officielle que le dossier de l’instruction
en cours sur le meurtre du juge Borrel allait être « transmis
à la justice djiboutienne ». Une déclaration qui avait
précédé l’avis négatif de la juge en charge
du dossier, pourtant seule habilitée à trancher sur une éventuelle
transmission du dossier.

Interrogé comme témoin, Hervé Ladsous a justifié
sa déclaration par une erreur technique du ministère de la Justice.
Une version démentie par Pierre Vimont, alors directeur de cabinet
du quai d’Orsay, qui a confié que la déclaration incriminée
avait été rédigée en accord avec le chef de cabinet
du garde des sceaux, l’actuel procureur général de Paris,
Laurent Le Mesle, et du responsable de la cellule Afrique de l’Élysée,
Michel de Bonnercorse.

Pour tenter de comprendre comment et par qui cette déclaration a été
élaborée, les juges Pous et Ganascia avaient procédé,
les 19 et 20 avril, à des perquisitions au quai d’Orsay et la
chancellerie. Elles y ont récolté de nombreux documents, se
heurtant déjà au refus de participer de la section recherche
de la gendarmerie (SR).

Selon les informations révélées par le journal
le Monde, la SR, bien que légalement contrainte d’exécuter
les commissions rogatoires des juges, avait invoqué les risques d’une
« exploitation politique et médiatique » d’une telle
perquisition « en période électorale » pour justifier
son refus.
Elle avait proposé de procéder aux perquisitions
après le second tour de la présidentielle, alors même
que les deux juges avaient évoqué, de leur côté,
« l’urgence tenant au risque de dépérissement des
preuves ».

« Cela fait douze ans bientôt que je subis obstruction sur obstruction
de la part de mon propre pays, de ses institutions, et là c’est
l’institution suprême (…) qui prend ombrage d’une perquisition
dans une cellule qui n’a aucune existence juridique », a commenté
hier la veuve Borrel. Le refus de l’Élysée n’est
en effet qu’un des épisodes d’une saga judiciaire marquée
par les manoeuvres des autorités djiboutienne et française,
qui ont tenté pendant des années de faire passer le décès
du juge Borrel pour un suicide, pour empêcher la manifestation de la
vérité.

Une longue saga judiciaire

Une attitude que pourrait expliquer l’implication des plus hautes autorités
djiboutiennes dans cette affaire, notamment celles de l’actuel président
Ismail Omar Gelleh ou encore de Hassan Said, chef des services de sécurité,
également mis en cause pour « subordination de témoins
» dans un autre volet de l’affaire. Ces accusations sont vues
d’un mauvais oeil par Paris, qui dispose d’une importante base
à Djibouti mais dont l’influence est menacée par la présence
croissante des Américains. Bien que convoqué par la justice
française, c’est une fois de plus sans être inquiété
que le président Gelleh a pu participer, en février dernier,
au sommet Afrique-France de Cannes.

Camille
Bauer

04/05/07 (B393-B) LIBERATION : En procès dans l’affaire de la plainte en diffamation qu’elle a déposée contre Anne Crenier (ancienne Présidente du SM), la magistrate M-P Moracchini a défendu ses instructions dans les affaires Borrel et Lévy.

Lien
http://www.liberation.fr/actualite/societe/251626.FR.php

Moracchini, victime ou juge «d’obstruction»
?


Par Jacqueline COIGNARD

Pendant des années, Marie-Paule Moracchini
a été l’une des juges d’instruction de Paris les plus controversés.



Devant le tribunal correctionnel de Lille, durant deux jours, elle a défendu
son bilan. Elle poursuivait en diffamation Anne Crenier, ancienne présidente
du Syndicat de la magistrature (SM, gauche), qui avait critiqué, dans
un entretien à la revue Golias, en juillet 2000, la partialité
avec laquelle elle avait instruit deux affaires, Borrel et Lévy.

Depuis cet entretien, les dossiers ont suivi leur cours dans d’autres mains
que celle de Marie-Paule Moracchini, dessaisie dans les deux cas. Albert Levy,
le magistrat de Toulon qu’elle cherchait à confondre dans une histoire
de violation du secret de l’instruction, a été relaxé
en novembre. Dans son jugement, le tribunal s’interrogeait, lui aussi, «sur
le fait de savoir si l’enquête a toujours été conduite
avec toute l’impartialité nécessaire». Quant à
l’affaire Borrel, les investigations menées par les juges qui ont succédé
à Moracchini ­ dont la tentative de perquisition à l’Elysée
mercredi ­ ont sérieusement ébranlé la thèse
du suicide qu’elle voulait démontrer.

«Montage».

Selon la veuve du juge Borrel, magistrate elle aussi, l’enquête menée
par Moracchini se résume à un «habillage de la thèse
officielle du suicide : procès verbaux erronés , examens médicaux
orientés, conspiration générale du silence…».
Et de citer le témoignage récent d’une personne qui a assisté
à l’enterrement de Bernard Borrel : «"Ma cannette de bière
tenait toute droite sur le crâne de votre mari tellement il était
enfoncé", m’a dit ce jeune homme. Et le médecin n’aurait
rien vu pendant l’autopsie ?»

Elisabeth Borrel dénonce aussi «l’obstruction»
de l’institution judiciaire et le colportage de ragots : «Je suis scandalisée
par la rumeur exploitée sur la prétendue pédophilie de
mon mari.
Mes fils, un jour, vont lire ça. Alors qu’il n’y
a pas le plus petit début de commencement de preuve.» Me Olivier
Morice, son avocat, explique qu’il aura fallu la nomination d’un nouveau juge
pour que l’instruction retrouve un cours normal, et qu’une deuxième
autopsie «mette en évidence l’enfoncement du crâne, une
fracture du bras lié à un geste de défense, l’intervention
obligatoire d’un tiers, etc.»

Marie-Paule Moracchini, elle, persiste et signe et se sent victime d’un «montage»,
«d’une alliance entre les politiques et les médias, orchestrée
par une formation de la chambre d’accusation de Paris, par le syndicat de
la magistrature, sa présidente et son bureau». Qu’on puisse douter
de son impartialité la révolte : «Quand on travaille jour
et nuit, on a le droit d’être respecté», lance-t-elle.
Elle va donc, pendant plusieurs heures, reprendre ses instructions contestées.

Certes, son enquête dans l’affaire Lévy a été mise
en lambeaux par la cour d’appel de Paris en 1999 mais, selon elle, encore
une fois par des magistrats membres du SM. Certes, Albert Lévy a été
relaxé dans un jugement qui la critique : «Le comportement du
prévenu a été appréhendé sous un angle
psychiatrique [la magistrate avait ordonné une obligation de soins,
ndlr] qu’aucun élément versé au débat ne vient
justifier.» Le tribunal reconnaissait ainsi que la juge avait
voulu faire passer Albert Lévy pour un fou parce qu’il voyait des fachos
partout, dans cette ville de Toulon aux mains du FN.

«Cette décision était orientée car les magistrats
qui l’ont prise sont tous membres du SM ?» l’interroge Me Antoine Comte,
avocat d’Anne Crenier. «Oui», réplique encore Marie-Paule
Moracchini.

Des années plus tard, elle se considère irréprochable,
dans cette affaire, et notamment à un moment où elle a bravé
des ordres venus du ministère de l’Intérieur pour l’empêcher
de perquisitionner chez les RG de Marseille.

Elle maintient qu’Albert Lévy a utilisé la presse dans la lutte
qu’il menait contre le FN à Toulon. Or, pour Moracchini, c’est très
grave. «Moi, je ne parle jamais à la presse», ne manque-t-elle
pas de rappeler toutes les cinq minutes.

Découverte.

Dans l’affaire Borrel, elle est tout aussi fière de son travail. «En
2007, cette affaire a connu des développements importants. Portez-vous
un autre regard sur le passé ?» l’interroge la présidente.

«Pas du tout, et même au contraire.
Je suis certaine que Bernard Borrel s’est suicidé», assène
Marie-Paule Moracchini. Elle l’a su dès son arrivée sur les
lieux de la découverte du corps, dans un ravin, à Djibouti :
«Une question d’atmosphère», «c’est un lieu où
on se suicide», «j’ai compris qu’on se situait dans une démarche
personnelle expiatoire». (*)

Elle revendique cette approche «intuitive» , liée à
sa condition de «vieux magistrat», mais, étant aussi «rigoureuse
et honnête», elle étaye ses flashs par des faits, des éléments
objectifs. Muette pendant les deux jours d’audience, la représentante
du ministère public n’a rien requis. Décision le 27 juin.

(*)
Note de l’ARDHD : on croit rêver en lisant cela … Rappelons que Mme
Moracchini devait être très liée avec Djama Souleiman,
s’il on se réfère au petit mot amical, qu’il avait joint à
l’envoi de la cassette contenant la reconstitution. Qu’elle se soit trompée
au début, c’est humain, mais qu’elle persiste dans son erreur. Cela
semble inacceptable et odieux de la part d’un magistrat … dont on attend honnêteté, impartialité et réserve

04/05/07 (B393-B) LIBERATION : Somalie : un retour des habitants encouragés par le Président du GFT qui veut montrer qu’il tient Mogadiscio, mais un calme peut-être très provisoire, car les islamistes insurgés ont perdu une bataille, mais pas forcément la guerre, seraient déjà en train de reconstituer force et armements.

Mogadiscio,
le lent retour des déplacés

Dans
la capitale somalienne, le gouvernement entend montrer que la paix est rétablie.

Par Stéphanie BRAQUEHAIS

Une femme marche, en tenant son bébé dans les bras.
Derrière elle, un homme pousse péniblement une charrette de
laquelle dépassent un matelas usé et des nattes.

Le long de la «route industrielle» ( «industrial road»,
comme on l’appelle à Mogadiscio), des tanks rouillés de l’ancienne
armée de Siyad Barré (déposé en 1991) jonchent
le sol. Des murs de sable se sont effondrés, vestiges des barrages
édifiés dans les quartiers sud de Mogadiscio par ceux que l’on
appelle «les insurgés» et qui ont lutté contre les
troupes éthiopiennes pendant plusieurs semaines lors de combats extrêmement
violents.

Dans la capitale somalienne à moitié vide, les habitants commencent
lentement à revenir. Certains, qui s’étaient réfugiés
à plusieurs dizaines de kilomètres de là, dans la brousse,
utilisent les camions taxis. Une Toyota défoncée dont le toit
croule sous les bagages s’aventure dans un chemin de terre, bordé de
maisons détruites, criblées de balles ou de tirs d’obus. Les
commerces sont fermés, les portes de nombreuses maisons verrouillées,
signalant que le quartier a été presque entièrement déserté.

Revanche.

Près du stade de Mogadiscio, dans la partie nord-ouest de la ville,
les affrontements ont été les plus intenses. «Vous voyez
ces anciens bâtiments officiels ? interroge un habitant. Ils servaient
de base aux insurgés, qui tiraient depuis les étages sur le
stade, un des quartiers généraux éthiopiens. Je me souviens
d’un jour où, pris entre deux feux, nous courions pour chercher un
abri.

Les blessés tombaient, et nous ne pouvions prendre le risque
de les aider. Ils sont sans doute morts maintenant.»

Le gouvernement de transition (TFG), soutenu par Addis-Abeba et les Occidentaux,
tient à montrer que la paix est revenue, et que les troupes éthiopiennes
ont définitivement nettoyé la capitale. Une cérémonie
a été organisée hier au siège de la police nationale,
près de la Villa Somalia, où siège la présidence.

Encadré par des soldats ougandais de l’Union africaine, qui
a déployé 1 200 militaires à Mogadiscio, le chef de la
police, nommé il y a quelques jours, prend note. Abdi Hassan Hawale
dit «Qeydiid» («celui qui ne fait pas de compromis»)
savoure sa revanche.

Cet ancien chef de guerre était membre de l’Alliance pour la restauration
de la paix et la lutte contre le terrorisme, financée par les Etats-Unis,
qui a été défaite par les Tribunaux islamiques, en juin
dernier. Sur un bout de papier, il inscrit le nombre de RPG, AK47, de roquettes
antichars et de lance-grenades qui s’amoncellent sur le sol. Quelques hommes
d’affaires du clan Hawiye, majoritaire dans la capitale, ont accepté
de rendre leurs armes et de se mettre sous la protection du TFG et des Ethiopiens.

A plusieurs reprises, un haut responsable éthiopien s’approche avec
autorité de Qeydiid, l’enjoignant à accélérer
le rythme. Depuis le coffre d’un 4X4 rouge tout neuf, la garde rapprochée
du directeur de Telcom, une des sociétés de téléphonie
mobile somalienne, remet l’attirail aux soldats de l’Union africaine.

«Nous n’avons pas été impliqués dans cette guerre,
souligne Abdulkadir Mohamed Halani, le directeur de Telcom, en boubou blanc
et la barbe peinte au henné. Nous avions rendu de la même façon
nos armes aux Tribunaux islamiques. L’Union africaine doit assurer notre sécurité
désormais.»

Les insurgés ne vont-ils pas reprendre leur offensive ?

«Seul Allah sait», répond-il en souriant. En réalité,
la plupart de ces grands commerçants ont subi une intense pression
du gouvernement pour rendre leurs armes. En attendant des équipements
lourds ? «C’est une goutte d’eau dans la mer, mais cela doit servir
d’exemple», explique le porte-parole de l’armée ougandaise, Paddy
Ankunda.

Les troupes de l’UA ont commencé depuis le début de la semaine
à patrouiller durant la journée dans les rues de la ville, embarquant
quelques journalistes, pour qu’ils constatent à quel point le calme
est revenu. «Nous sommes en nombre insuffisant, mais c’est à
la communauté internationale de remplir sa promesse et d’envoyer des
hommes, pour permettre aux Ethiopiens de quitter le pays», précise
le porte-parole.

«Gâteau».

Certains observateurs se montrent pessimistes pour l’avenir. «C’est
une affaire de jours ou de semaines, estime un Somalien.

Les insurgés ont fui ou n’ont plus de munitions, mais ils sont
déjà en train de se réorganiser.»

Ce retour au calme, plus que précaire, dépend aussi de l’attitude
du président Abdullahi Yusuf : acceptera-t-il, comme le demandent certains,
d’inclure dans les négociations les ex-responsables des Tribunaux islamiques,
ainsi que les partisans de l’ancien président du Parlement, démis
de ses fonctions au début de l’année, pour «partager le
gâteau» ?

Nombreux sont ceux qui reprochent au chef de l’Etat d’avoir fait venir
les miliciens de son clan, les Majerteen, de les avoir nommés à
des postes importants tout en refusant de tendre la main à certains
clans liés aux Hawiye, notamment les Ayr.

Selon le porte-parole du gouvernement, une conférence de réconciliation
nationale, prévue à l’origine en avril, mais reporté
en raison des combats, devrait se tenir à la mi-juin.

04/05/07 (B393-B) XINHUA / Somalie : le Conseil de sécurité réclame un accès humanitaire (Info lectrice)

NEW
YORK (Nations Unies), 30 avril (XINHUA) — Le Conseil de sécurité
de l’ONU fait lundi une déclaration présidentielle, a appelét
les parties somaliennes à ouvrir un accès humanitaire et au
déploiement des troupes de l’Union africaine, l’AMISOM.

Le Conseil a appelé toutes les parties à mettre fin immédiatement
aux hostilités et à convenir d’un cessez-le-feu global ».

Le Conseil a souligné aussi la « nécessité de redoubler
d’efforts pour acheminer une aide humanitaire d’urgence en Somalie, y compris
l’assistance nécessaire aux centaines de milliers de personnes déplacées ».

Il a aussi exigé des autorités compétentes qu’elles fassent
tout ce qui est en leur pouvoir pour favoriser la libre circulation de l’aide
et des travailleurs humanitaires dans toute la Somalie, ainsi qu’à
l’entrée et à la sortie du pays.

Il a par ailleurs invité les pays de la région à faciliter
l’acheminement de l’aide en Somalie, à travers les frontières
terrestres ou via les aéroports et les ports.

Au niveau politique, le Conseil appelle aussi le gouvernement fédéral
de Transition à reprendre le dialogue avec « toutes les composantes
de la société somalienne », et en particulier, « son
dialogue avec les clans à Mogadiscio ».

04/05/07 (B393-B) AFRIK.COM « Cellule Afrique » de l’Elysée : Circulez, y’a rien à voir !

par
Saïd Aït-Hatrit


Une perquisition a été
refusée à deux juges dans le cadre de l’affaire Borrel

L’Etat français semble toujours peu enclin à collaborer
à l’élucidation de l’affaire Borrel. Deux juges
d’instruction se sont vus refuser l’entrée de l’Elysée,
mercredi, dont ils souhaitaient perquisitionner la « cellule Afrique
». Le palais présidentiel a brandi l’article 67 de la Constitution
qui rend le président de la République intouchable durant son
mandat.

Les juges d’instruction qui souhaitaient perquisitionner la «
cellule Afrique » de l’Elysée, mercredi, dans le cadre
d’un dossier périphérique à l’affaire Borrel,
se sont vu opposer une fin de non recevoir ferme. Le palais présidentiel
a d’abord argué de la nature militaire de son enceinte, nécessitant
de la part des juges le déclenchement d’une procédure
pénale longue pour y accéder, avant de brandir l’article
67 de la Constitution.

Voté en février dernier par le Parlement, cet article prévoit
que « le président de la République n’est pas responsable
des actes accomplis en cette qualité. Il ne peut, durant son mandat
et devant aucune juridiction (…) être requis de témoigner non
plus que de faire l’objet d’une action, d’un acte d’information,
d’instruction ou de poursuite ».

Les deux juges n’ont pas fait de déclaration. Mais Me Olivier
Morice, l’avocat de Mme Borrel, la veuve du juge retrouvé mort
en 1995, à Djibouti, dans des circonstances non élucidées,
a dénoncé « une entrave inadmissible à la justice
». Le Syndicat de la magistrature (de gauche) et l’Union syndicale
des magistrats (majoritaire) ont eux aussi dénoncé l’«
obstruction » à l’action judiciaire ainsi faite.

Les deux organisations soulignent également l’interprétation
erronée de l’article 67 qui protégerait la personne du
président mais pas ses services, visés par les juges.

Au contraire, d’autres juristes constitutionnalistes cités par
Le Monde se prononcent pour une « interprétation extensive »
de l’article de loi qui inclurait les collaborateurs et les locaux du
chef de l’Etat.

Les Affaires étrangères, la Justice
et la « cellule Afrique » en cause

Les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia avaient déjà
perquisitionné le ministère de la Justice et celui des Affaires
étrangères, les 18 et 19 avril dernier, dans le cadre de cette
affaire où elles enquêtent sur les conditions de rédaction
d’un communiqué du Quai d’Orsay publié le 29 janvier
2005. Celui-ci annonçait la transmission à la justice djiboutienne
du dossier de l’affaire Borrel, où figure l’identité
de témoins qui mettent en cause Ismaël Omar Guelleh, le président
de cet ancien territoire français. En réponse, Elisabeth Borrel
avait déposé plainte pour « publication de commentaires
en vue d’influencer une décision judiciaire ».

Elles avaient dû faire sans le soutien de la gendarmerie,
selon
laquelle « ce type d’intervention prendrait nécessairement
un sens politique, médiatiquement exploité » dans le contexte
des élections présidentielles. Au contraire, les juges ainsi
que le syndicat de la magistrature soulignent la nécessité de
perquisitionner la « cellule Afrique » avant la fin du processus
électoral. Elles craignent que la valse des ministères accompagnée
de destruction d’archives ne fassent disparaître les preuves éventuelles.

« Raison d’Etat,
quand tu nous tiens »

Ce n’est
pas la première fois que l’Etat français met des bâtons
dans les roues de la justice dans cette affaire
. La dernière
remonte au sommet Afrique-France de février dernier, à Nice,
où le président de Djibouti était convié. Sophie
Clément, la juge d’instruction chargée du dossier, avait
alors convoqué Ismaël Omar Guelleh pour l’entendre en qualité
de témoin.

Mais le ministère
des Affaires étrangère avait indiqué via un communiqué,
avant la réponse de l’intéressé, que l’immunité
diplomatique empêche un juge d’instruction d’auditionner
un chef d’Etat étranger. Avec près de 2 800 hommes, la
France entretient sa principale base militaire extérieur à Djibouti.
Un carrefour stratégique de plus en plus couru dans le Proche-Orient,
notamment par les Etats-Unis, qui y ont installé 1 500 marines en 2001.

Dans
un communiqué titré « raison d’Etat, quand tu nous
tiens », le Syndicat de la magistrature s’était indigné
« du double langage permanent des autorités françaises,
tantôt faussement bienveillantes vis-à-vis du combat pour la
vérité mené sans relâche par Elisabeth Borrel,
tantôt – et le plus souvent – impitoyable vis-à-vis de l’enquête
(…)

Aussi, le Syndicat de la magistrature attend-il du Président de la
République française, (actuel et futur) un engagement fort pour
que la justice ne soit plus l’objet d’obstacles incessants dans
cette affaire ». Raté pour l’actuel.

04/05/07 (B393-B) ALLAFRICA : Somalie: Des journalistes somaliens lancent un nouveau site web

International
Freedom of Expression Exchange Clearing House (Toronto)

Transmettre les nouvelles au sujet de la liberté de la presse en Somalie
sera dorénavant plus facile pour la communauté internationale,
grâce aux efforts du Réseau des journalistes de Somalie (Somali
Journalists Network, SJN).

L’organisation vient de lancer ce qu’elle désigne comme le premier
site web de Somalie qui couvre les violations de la liberté de la presse
dans le pays.

Le site contient des dossiers d’information sur les médias somaliens
et les lois sur la presse, de même que des documents sur les activités
de formation du SJN. Le SJN a été créé en 2002
et s’est donné le mandat de défendre et de promouvoir les journalistes
somaliens.

Pour consulter le nouveau site web, aller à : http://www.sojon.org