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29/06/2014 (Brève 404) LDDH Etat de lieu (du 27/06) des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales en République de Djibouti.


Etat de lieu des violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales en République de Djibouti

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Introduction :

Depuis l’accession d’IOG au pouvoir en mai 1999, la répression antipopulaire est devenue sournoise ce que la communauté internationale a tendance à ignorer. Certes, le régime en place à Djibouti a ratifie des nombreuses conventionnelles internationales relatifs aux droits civils et politiques mais quant au respect, c’est tout une autre histoire.

Démocratie de facade, la République de Djibouti vit toujours sous le parti unique, la pensée unique et le culte de la personnalité. Toute tentative d’alternance par voie démocratique est étouffée dans l’œuf depuis plus de deux décennies. 

Malgré le désir ardent et palpable du peuple à cette alternance, le régime en place à Djibouti a toujours imposée son maintien et ce, en usant et abusant tous les moyens possibles pour détourner la voix du peuple.

L’impunité pour les prédateurs économiques en vigueur dans le pays en détriment du peuple a accentué la pauvreté dans la majorité des ménages djiboutiennes.

L’arrière-pays survit grâce aux vivres du PAM, vivres dans la qualité laisse à désirer.

Les services sociaux (santé, éducation,…) se sont éteints longtemps faute d’une politique avisée en la matière.

Le déficit démocratique dont souffre notre pays a l’impact sur tous les domaines de la vie des djiboutiens.

Le cloisonnement ethnique et tribal que le régime a cultivé et cultive est entrain de s’effriter.

Depuis les dernières élections legislatives, plusieurs dizaines des milliers des djiboutiens ont été internés au centre de rétention administrative de Nagad inconnu au niveau du Parquet de Djibouti. Et des centaines des djiboutiens, hommes et femmes, ont été incarcérés illégalement et arbitrairement à la sinistre prison de Gabode.

Les violations des domiciles sont devenues monnaie courante. Des paisibles citoyens ont été arrêtés en plein sommeil dans la nuit sans aucun mandat de la justice.   

Le moindre de soupçon d’appartenance ou de sympathie avec l’opposition de l’USN peut te conduire à Gabode et te priver de l’emploi dans l’administration ou dans le privé.

Nous déplorons toujours les graves violations des droits de l’homme généralisées et systématiques en République de Djibouti.

La police a toujours utilisée des balles réelles pour réprimer les manifestations pacifiques causant plusieurs blessés qui ne sont pas pris en charge par les hôpitaux publics.

Chapitre 1 : Violations des droits civils et politiques.

Election et participation aux affaires publiques

Des élections périodiques à des intervalles réguliers ont été tenues mais sans que cela permettent une alternance politiques car le même parti RPP est toujours au pouvoir depuis 1977. Ceci est du à l’absence totale des élections libres, démocratiques et équitable comme les démontrent les élections législatives de 22 février 2013 où les résultats définitifs par bureau de vote ne sont pas encore publiés jusqu’aujourd’hui et dont des irrégularités graves ont entachées ce scrutin législatif dont les partis d’opposition ont participé après 10 ans de boycott suite des législatives de 2003 dont l’opposition s’estime d’être spoliée de sa victoire.

Ce semblant de démocratie est d’autant grave que ces élections truquées mettent en péril la légitimité des institutions nationales qui y procèdent comme le stipule que l’article 4 de la Constitution : « La légitimité populaire est le fondement et la source de tout pouvoir. Elle s’exprime par le suffrage universel, égal et secret. »

Ainsi, une crise postélectorale sans précédente secoue le pays depuis près de 16 mois marquée d’une répression féroce et à grande échelle des leaders et militants d’opposition. Plus d’un millier des personnes ont été arrêtées depuis 22 février 2013 et la crise politique se dégrade de jour en jour où une sortie de crise n’est plus plausible après l’échec des négociations entamées entre le gouvernement et la coalition de l’opposition politique USN (Union pour le Salut National) du 14 août au 14 septembre 2013.

 

Photo de la réunion entre les deux délégations lors du dialogue politique Gouvernement-USN, 14 aout 2013

Arrestations et détentions arbitraires, Violence

Le cycle répression-violence continue avec le lot des arrestations et détentions arbitraires quasi systématiques après la sortie de la prière de vendredi, le harcèlement judiciaire des leaders de l’opposition , la violence physique et les bavures policières à l’encontre des leaders et militants de l’opposition sont devenues monnaie courante avec des tirs à balles réelles sur les militants dont a été victime un jeune militant dénommé Kako Houmed Kako, blessé par balles au niveau de l’abdomen et un autre blessé au pied le 12 mai 2014 lors d’un meeting organisé par l’USN à la cité Arhiba. De même, une femme a aussi été violentée par des agents policiers et a eu une double fracture aux 2 avant-bras à la suite.

Kako Houmed Kako blessée par balles au ventre  

 

 

 

 

 

 

 

Hasna Hassan Houmed présente une double fracture aux 2 avant-bras

 

 

 

 

Le début de cette année 2014 a été une année mouvementé avec l’arrestation de tous les leaders de l’opposition ainsi que des militants et leur séquestration au centre de détention administrative à Nagad pendant une demi-journée sans aucun motif alors qu’ils célébraient le 1er anniversaire de la création de l’USN, le 16 janvier 2014 ,au sein de leur siège social au quartier 4.

Aussi, en cette journée internationale de fête de travail du 01 mai 2014,les militants USN n’ont pas échappés à la spirale de la répression policière qui s’est continuée jusqu’au 03 mai 2014 où les agents des forces de sécurité déguisés en tenue civile portant des t-shirt blanc ont sévèrement violenté et blessés beaucoup des militants de l’opposition venus assister à un meeting organisé par l’USN au siège central de l’UDJ sis à l’Avenue Nasser dont ce siège a été vandalisé par ces agents. Le 12 mai 2014, le siège de l’ARD a subi le même sort.

Conditions de détention et Prisons
Les conditions de détentions sont lamentables et horribles où les personnes sont incarcérées dans des cellules exiguës et insalubres. La prison centrale de Gabode constitue un goulag pour l’opposition  dont les prisonniers n’ont aucun droit pour protester les conditions de détention inhumaines en déposant des plaintes auprès des autorités judiciaires qui transiteront à travers les autorités pénitentiaires ; amenant ainsi le prisonnier à garder le silence sous peine d’être puni.

La surpopulation carcérale est un autre grand problème qui met en danger la santé des prisonniers car il existe des personnes atteintes des maladies transmissibles (la tuberculose,…etc) qui dorment à coté des autres. Parfois, les eaux usées des égouts font surface causant une détérioration de l’état de santé des personnes vulnérables à savoir les personnes atteintes du VIH/SIDA.

En plus de la chaleur épouvantable de l’été, s’y ajoute le calvaire des sanitaires à cause de la surpopulation carcérale et de manque d’hygiène.

Dans ces conditions affreuses, un nombre important des prisonniers sous mandat de dépôt depuis 1, 2,4 voir 8 ans y vivent au coté des condamnés dans cette prison.

Un nombre élevé des prisonniers politiques sont écroués dans cette prison et n’échappent pas à ces conditions de vie dégradantes.

Le cas du centre de détention administrative de Nagad qui est un centre de détention illégale ainsi que l’emprisonnement des militants USN et citoyens sans mandat délivré par un magistrat constituent un crime en regard de la Constitution et des textes en vigueur en République de Djibouti.

Sans oublier les conditions de détention inhumaines dans les locaux des postes de police et brigades de gendarmerie où des centaines personnes y passent quotidiennement.

Mahamoud Elmi Rayaleh est mort en détention à la prison centrale de Gabode et les circonstances de sa mort ne sont pas encore élucidées. Cette mort suspecte n’a pas encore trouvé d’explications de la partie officielle. Monsieur Mahamoud a été enterré sans autopsie médico-légale et en catimini par la police.

Recemment, nous appris la mort en détention d’Abdillahi Hared à la prison de Gabode.

Liberté d’expression et de presse
La pensée unique règne en maitre à Djibouti car il n’existe aucun média indépendant. C’est le gouvernement qui dirige le seul journal, la seule station de radio et la seule chaîne de télévision du pays.

La censure est pratiquée à grande échelle où les sites Web hostiles à la politique du gouvernement sont toujours bloqués à Djibouti dont le seul fournisseur des télécommunications est l’établissement public Djibouti-Telecom.

Toute critique à l’égard du gouvernement et du chef de l’Etat est sévèrement punie.

Les journalistes et défenseurs des droits de l’homme sont harcelés, menacés et arrêtés pour leurs écrits et leurs prises de position.

Les seuls journaux des organes de presse de l’opposition ont disparu à cause de la machine judicaire. Et les journalistes des medias gouvernementaux sont prisonniers d’une autocensure et un contrôle constant de leurs productions.

Ainsi, les djiboutiens se servent des réseaux sociaux comme support médiatique pour s’informer et diffuser et l’information alternative.  

Ces violations flagrantes des libertés fondamentales sont constamment dénoncées par notre organisation qui rappelle l’Etat à respecter ses engagements internationaux et à garantir les dispositions de la Constitution nationale en son article 15 : « Chacun a le droit d’exprimer et de diffuser librement ses opinions par la parole, la plume et l’image ».

Liberté de réunion et d’association
La Ligue Djiboutienne des Droits Humains déplore les mesures restrictives touchant les réunions publiques des partis politiques de l’opposition ainsi que la répression policière des manifestations pacifiques des militants de l’opposition.

Photo du meeting de l’USN réprimé par les forces de police, 06 décembre 2013

Des centaines des personnes sont arrêtées lors des meetings de l’USN par les forces de l’ordre. Nous avons recensé en ce premier semestre de l’année 2014 plus de 400 personnes arrêtées sans aucun mandat.

Ces nombreuses personnes sont arrêtées et jetées en prison par les forces de police sans aucun mandat d’arrêt. Le droit à un procès équitable dés lors que ce sont les agents de police qui arrêtent, accusent les militants des chefs d’inculpation sans qu’un mandat ne soit délivré par un magistrat. Les droits à la défense sont bafoués à savoir l’assistance d’un avocat ou l’examen d’un médecin de leur choix ou des visites familiales. Pire, les décisions de la justice ne sont pas respectées comme le montre la séquestration du porte-parole de l’USN, Daher Ahmed Farah, à la prison centrale de Gabode malgré une décision de relaxe par un jugement du tribunal correctionnel de Djibouti.

Cela démontre la violation flagrante du principe de séparation des pouvoirs et de l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Par ailleurs, la liberté d’association n’est pas respectée à cause des interférences de l’Etat dans les organisations syndicales et associatives. Exemples marquants :

  • Le licenciement abusif et l’harcèlement des syndicalises touchent le fonctionnement régulier des syndicats qui contraignent les travailleurs à la loi du silence. Ainsi, plusieurs syndicalistes licenciés ne sont pas toujours réintégrés dans leurs fonctions malgré les multiples recommandations du BIT et des promesses non tenues du gouvernement , les travailleurs djiboutiens ne peuvent pas réclamer  une amélioration de leurs conditions de travail sachant qu’une catégorie des travailleurs à savoir les dockers ne possèdent aucun droit concernant l’assurance sanitaire, la sécurité sociale et autres droits des travailleurs garantit par le Code de travail alors que ce sont des travailleurs exposés à des nombreux risques néfastes à leur vie et à leur santé.
  • Les associations de quartier sont devenues des caisses de résonnance du gouvernement car plus de 4 000 associations sont enregistrées mais n’ont aucune utilité concrète .Et dernièrement le Secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports a placée sous son autorité les centres de développement communautaire (CDC) ainsi que leurs comité de gestion issus des associations de quartier .Cette décision constitue une forte ingérence qui met en péril l’efficacité et le sens même des CDC qui devaient être laissés au mouvement associatif des communes.

Liberté de circulation
La liberté de circulation des biens et des personnes est gravement atteinte à Djibouti en contravention de l’article 14 de la Constitution qui stipule : « Tous les citoyens de la République ont le droit de se déplacer … sur toute l’étendue de la République. »   

Fait marquant, une interdiction de voyager frappe les dirigeants de l’opposition dont les derniers sont Me Djama Amareh Meidal, délégué aux affaires extérieures de l’USN, dont son passeport a été confisqué par un agent de la police de PAF ainsi que Mr. Adan Mohamed Abdou, vice-président de l’ARD et syndicaliste qui a été arrêté au bord de l’avion avant son décollage pour participer à la conférence internationale de BIT.

Droit de l’intégrité de la personne humaine et de la vie privée :
Torture et traitements dégradants et inhumains
Des nombreux des cas des tortures ont été signalés. Ces tortures sous toutes ses formes sont pratiquées et les auteurs de ces actes criminels ne sont jamais poursuivis et les victimes n’ont reçu aucune sentence judiciaire ou réparations. 

La torture est systématique à Djibouti et les détenus payent le prix fort. Aussi, les défenseurs des droits de l’homme ne sont pas épargnés dont récemment Said Houssein Robleh, Secrétaire général de la LDDH a été arrêté et condamnée à 10 jours de prison et 8 mois de prison avec sursis.

Un jeune dénommé Sahal Ali Youssouf a été trouvé mort à Gachamaleh le 07 juin 2013 après avoir été enlevé et sauvagement torturé par des éléments de la police nationale.

Chapitre 2 : Violations des droits socio-économiques et culturels

Corruption
La corruption est instituée en système à Djibouti dont l’économie du pays est minée par ces fléaux que constituent la corruption et l’affairisme.

Pour exemple, la recette budgétaire du port de Djibouti ne figure pas dans le registre du budget de l’Etat alors que le port constitue le poumon de l’économie générant des chiffres d’affaires estimées à plus de 10 milliards de franc Djibouti.

De même, la rente issue du loyer des bases étrangères installées à Djibouti n’apparait dans aucun document du budget de l’Etat et nous ne savons pas si cette somme d’argent colossale est versée dans les caisses du Trésor national soit le 30 millions d’euros/an de la France et le 38 millions de dollars des Etats-Unis qui est passé à 63 millions de dollars.

Sans parler des détournements de fond public et de la corruption généralisée au sein de l’administration, que peut-on dire de cette économie extrabudgétaire ?

Alors que la population Djiboutiennes vit d’une extrême pauvreté et une misère généralisée ainsiqu’un chômage de masse mais le PIB/habitant est chiffré à 1 523 US $ selon la Banque mondiale (Doeing Business 2014).

Nous ne trouvons pas les mots pour qualifier ce genre d’économie et des finances publiques.

Sans oublier, le surendettement du pays inacceptable qui a dépassé le seuil critique dont qui se répercutera sur les générations futures  et qui mettrait notre économie sous tutelle.    

Insécurité alimentaire

La population djiboutienne est sous la menace d’une insécurité alimentaire permanente à cause de la flambée des prix des denrées alimentaires, d’un manque d’une politique volontariste de production agricole réelle et d’une absence totale d’une stratégie de réserve de stock alimentaire  pour lutter contre la sécheresse récurrente et en cas de catastrophe naturelle comme lors des inondations où nous avons vu que la population n’a pu survivre à une semaine d’inondations.

Cependant, l’Etat a acheté des énormes parcelles de terres agricoles en Soudan, en Ethiopie et en Malawi après la crise de 2008 pour garantir la sécurité alimentaire de la population. Mais, jamais les récoltes de ces terres n’ont été écoulées sur le marché national dont nous cherchons jusqu’aujourd’hui leurs couleurs.

Cette insécurité alimentaire a des conséquences néfastes sur la condition de vie et la santé des citoyens à savoir la malnutrition infantile et des insuffisances qui se répercutent l’espérance de vie de nos populations déjà faible.  

Santé
La santé de Djibouti est devenue un mouroir pour nos citoyens du fait de la mal gestion du budget de la santé pourtant colossal et l’absence de qualité des soins et de services de santé.

Et pour cause, les pauvres citoyens sont obligés de se procurer les médicaments à la pharmacie pour se soigner à l’hôpital. Même pour les soins de base, les patients doivent s’acheter le dakin et les compresses et les solutions d’injection. Pourtant, des tonnes des médicaments gisent dans la CAMME (Centrale d’achat des médicaments et des matériels essentiels) jouxtant l’hôpital Peltier, qui après leur expiration sont soient distribués ou détruits à des millions de franc djibouti. Pire, des tonnes des médicaments sont envoyées dans les pays voisins .Et parfois, on nous rapporte que l’hôpital manque d’oxygène qui met gravement en danger la vie des patients en détresse.

La mortalité infantile est élevée avec 67 décès pour 1 000 naissances vivantes. Ceci est du à un manque de prise en charge néonatale adéquate.

Il n’existe pas un hôpital de référence aux normes correctes pour un pays dont les patients nécessitant une évacuation sanitaire attendent leur mort pour défaut d’aide médicale de l’Etat lorsque des membres de l’autorité et leurs familles font l’aller-et-retour des hôpitaux de Paris ou autre sous les frais des contribuables djiboutiens.

La malnutrition, les maladies infectieuses et les épidémies de paludisme et de tuberculose et de sida ravagent beaucoup des djiboutiens. En dernier, l’épidémie de paludisme a tué plus de 100 personnes en ce début d’année 2014 sans qu’aucune alerte n’a été lancée à temps ni par le ministère de santé ni par le bureau de l’OMS à Djibouti. Mais c’est après la sonnette d’alarme tirée par notre organisation que tout le monde s’est réveillé.

Education
L’éducation est meurtrie par la politique des chiffres.

L’école produit des diplômés sans emploi et l’Etat a fermé toute opportunité d’études à l’extérieur dont les bourses d’études et le dossier blanc ont été bloqué.

Fait surprenant, les 3 000 candidats de la série générale (S-ES-L) qui ont composés le bac, 400 ont été admis en premier soit un taux de réussite de 13%.

Le même scenario se perpétue à l’université dont la plupart des filières range plus de 200 étudiants, environ 50 étudiants passent à la deuxième année.

Ainsi, la plupart des étudiants qui n’ont pas pu être admis, se retrouvent dans la rue que ce soit les lycéens et les universitaires.

Conclusion :
Les droits des citoyens et libertés publiques sont foulés au pied sans que les auteurs de ces délits ne soient poursuivis mais sont au contraire promus à des grades supérieurs.

Nous dénonçons ces violations des droits de l’homme mais l’Etat fait fi des ces allégations et s’entête toujours à harceler les seuls défenseurs des droits de l’homme existants à Djibouti.

L’impunité officielle est la source de ces violations graves des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Recommandations :

  • La LDDH condamne sans réserve les violences policières contre les manifestations pacifiques de l’opposition.
  • La LDDH demande la fin de la spirale des violences dont sont uniquement victimes les populations civiles.
  • La LDDH déplore le trafic des êtres humains qui se cache dans la migration clandestine dont notre pays est devenu l’une des plaques tournantes dans la région.
  • La LDDH demande la poursuite des auteurs des abus devant la Justice pour mettre fin à l’impunité.
  • La LDDH lance un appel solennel à l’adresse de la communauté internationale pour faire pression sur le régime en place à Djibouti qui viole sans vergogne les droits humains.
  • La LDDH recommande la visite d’une mission d’enquête internationale sur les violations des droits humains généralisées et systématiques.
  • La LDDH exige la fin de l’opacité financière en vigueur dans le pays.
  • La LDDH demande vivement la libération des détenus politiques et lance un appel urgent et solennel aux deux parties (pouvoir-opposition) pour l’ouverture d’un dialogue politique basé sur la vérité et la transparence.

 

Le Président de la LDDH :                            Le Secrétaire général :
Omar Ali Ewado                                              Said Houssein Robleh    

Cite Hayabley, Babala                                                       Cité Barwaqo, Balbala
Tel: +253 77 61 55 49                                                       Tél: +253 77 71 73 96
E-mail: iwado_lddh@yahoo.fr            E-mail :saidhoussein2020@gmail.com

20/07/07 (B404) QUESTION : pour quelles raisons, un ex agent français du renseignement revient-il à 180° sur des déclarations qu’il aurait faites devant la Justice française et adpote-t-il les mots employés par des personnalités djiboutiennes ? (ARDHD)

Au début de la semaine, un agent français du renseignement aurait fait des déclarations exclusives à la Justice française. Son nom est occulté, mais toute la presse reprend des affirmations qui lui sont attribuées et que nous reprenons pour l’essentiel : "En 1995, c’était la guerre des clans, en préparation des futures élections législatives. Moumin Bahdon Farah, Ministre de la Justice de l’époque aurait confié au Juge Bernard Borrel, la mission d’énquêter sur ses différents trafics, afin de lui barrer la route du Pouvoir – Ce sont plus de 80 personnes qui me l’ont confirmé …"

Quelques jours plus tard, dans le Figaro, cet ancien officer a un nom : Loïc Laval. Dans un article, il revient sur les déclarations qu’il aurait prononcées devant la Justice française. "Mais non, je n’ai aucune information crédible sur une éventuelle mission confiée par Moumin Bahdon Farah au Juge Bernard Borrel. Le meurtre pourrait bien avoir été commis par des groupes Corses appartenant à des organisations proches de la Mafia. C’est une affaire strictement franco-française ..;"

Un tel revirement dans une affaire aussi sérieuse ne peut que poser des questions. D’autant plus que cet Officier reprend des termes qui ont été utilisés dans le communiqué de Moumin Bahdon.

A-t-il subi des pressions de la hiérarchie militaire ? des pouvoirs politiques ? Ce n’est pas possible autrement. Un agent du renseignement est un homme qui connaît la valeur de la communication et l’importance des déclarations. Il ne peut pas s’être conduit comme un irresponsable pour se faire de la publicité … Alors ?

Nouvelles pressions diplomatiques de Djibouti sur la France ?

Heureusement pour MMe Borrel qu’Alhoumekani et Iftin tiennent le coup et qu’ils ne cessent jamais de confirmer leurs déclarations.

19/07/07 (B404) Guelleh a-t-il commencé à « pêter les plombs ». A lire cette nouvelle interview, très anti-française, (le naturel finit toujours par reprendre le dessus) parue dan Jeune Afrique et reprise par l’ADI (Avec une vieille photo de mai 2005 – Les nouvelles photos sont-elles moins bonnes …?) (Info lecteur)

"Djibouti est un petit pays
à qui on cherche noise !"

"Les investisseurs français et européens n’ont pas été à la hauteur, et j’ai peur qu’il n’y air rien à attendre d’eux", estime le chef de l’État djiboutien dans une interview publiée dans la dernière livraison du magazine hebdomadaire "Jeune Afrique".  

Cet entretien a notamment été l’occasion pour le Président Guelleh d’énumérer les principaux projets de développement en cours de réalisation à Djibouti, avant de revenir sur la situation qui prévaut actuellement dans la Corne de l’Afrique. Lire ci-après l’intégralité de cette interview.

Jeune Afrique : la République de Djibouti est-elle une démocratie ? 

Ismaïl Omar Guelleh : Bien évidemment. Et une démocratie qui se porte bien. Nous sommes un petit pays stable, calme et gérable. Nous nous connaissons tous entre nous.  

Il existe deux blocs politiques clairement définis : une alliance de quatre partis d’opposition et une alliance de cinq  partis de la majorité.

L’opposition boycotte les élections, c’est son droit, on ne peut pas l’obliger à y participer. Mais cela n’empêche pas que les libertés individuelles et publiques sont protégées.

Il n’y a pas à Djibouti de détenus politiques,  pas de passeports confisqués, pas d’exécutions capitales, pas de recrutements ethniques dans la fonction publique, aucune entrave d’aucune sorte. 

Pourtant, il n’existe pas de presse d’opposition. Le renouveau Djiboutien, qui en tenait lieu, a cessé d’exister…  

Ecoutez. Ce journal est l’organe d’un parti, le Mouvement pour le Renouveau Démocratique, qui, bien que dépassant régulièrement les bornes- il lui arrive d’inciter à la violence- n’a jamais été interdit.  

La règle élémentaire pour un média est qu’il ait un directeur de la publication vivant dans le pays ainsi qu’un dépôt légal. Or Daher Ahmed Farah, qui est officiellement le patron du Renouveau, non seulement a quitté Djibouti pour s’installer en Belgique avec sa famille, mais il y a demandé l’asile politique.

On n’est pas directeur d’une publication via l’Internet ou le téléphone. La loi ne le permet pas. Nous avons demandé à ses amis qui résident ici de désigner un nouveau directeur. En attendant, ce journal ne paraît pas. Point final. 

Tout le même, vous êtes l’un des rares pays d’Afrique subsaharienne où il n’y a pas de journaux d’opinion. Cela fait désordre… 

Que devrais-je faire ? Laisser violer la loi ? Qu’ils désignent donc un nouveau directeur et Farah pourra continuer à écrire ses articles depuis son lieu d’exil volontaire, ça m’est égal.  

Autre cas : celui de Jean-Paul Noël Abdi, ancien député et actuel président de la Ligue Djiboutienne des droits humains, condamné en mars dernier à six mois de prison pour « divulgation de fausses nouvelles », suite à la découverte d’un charnier datant  de 1994. 

Allons-y ! Ce type est tout seul, à la tête d’une organisation sans membres, sans cotisations, sans assemblée générale, sans adresse, Grâce aux 10 000 dollars mensuels et la voiture que lui donne l’ambassade des Etats-Unis à Djibouti, il édite un tract et fait de la politique, en revendiquant le statut d’ONG apolitique. Le tout avec une virulence extrême et des accusations gratuites. Voilà quelqu’un que l’on ramasse la nuit dans les rues. Ce monsieur est un irresponsable. 

Ce n’est pas un motif de condamnation…  

Il a été condamné pour dénonciation calomnieuse. Il l’a été pour s’être fait le porte-parole de ceux qui veulent la guerre civile dans ce pays en ravivant, sans aucune preuve, des histoires des années 1990. 

Pourquoi, selon vous, toutes les ONG de défense des droits de l’homme vous tiennent dans leur collimateur ?

Je ne sais pas. Nous sommes  un petit pays et un petit peuple qui n’embêtent personne et à qui l’on cherche noise. Il suffit que deux ou trois voyous se rendent en Europe et racontent n’importe quoi pour qu’on les prenne au sérieux !

Idem pour l’affaire Borrel : en douze ans, la justice française n’a pas été capable de l’élucider, alors c’est devenu l’affaire des ONG et de certains journalistes, qui distillent  leur venin. La vérité, nul ne s’en soucie. Dans tout cela, je vois, moi, une belle dose de racisme. 

Djibouti est-elle une cible pour al Qaïda ?  

Ni Ben Laden, ni al-Zawahiri, ni aucun dirigeant d’al-Qaïda, n’a jusqu’ici cité Djibouti comme cible. 

Pourtant, vous abritez une base américaine. C’est étonnant.

Non, c’est sans doute parce que nous sommes un pauvre petit peuple… 

A ce propos, Amnesty et d’autres organisations croient savoir que Djibouti sert, ou servi, de lieu de transit et d’interrogatoire secrets pour la CIA dans le cadre de sa guerre antiterroriste. On parle même d’un lieu de détention spécial à côté de l’aéroport international d’Ambouli…

Le camp Lemonnier, où sont installés les Américains, jouxte la piste de l’aéroport d’Ambouli. Je ne suis pas au courant de ce que transportent les avions américains qui atterrissent sur cette base ou qui en décollent.

Leur dispositif antiterroriste est également implanté à Addis-Abeba, à Nairobi et à Sanaa, au Yémen. Ils le gèrent eux-mêmes, et ils le gèrent seuls.

Si transferts de détenus il y a, nous n’en sommes pas informés. Pas plus que nous n’avons été informés de leurs opérations en Somalie à partit de leur base ici.

Quelle est la formule la plus appropriée pour une solution négociée en Somalie ? 

C’est au gouvernement de Mogadiscio de faire le premier pas. Il contrôle la situation, il domine, il est soutenu et financé par la communauté internationale, il va obtenir des militaires étrangers pour assurer sa sécurité, c’est à lui de préparer le terrain pour une conférence ouverte à toutes les bonnes volontés.

On voit d’ailleurs que certains partenaires, les Européens notamment, sont gênés par l’intransigeance de ce gouvernement de transition. 

Pensez-vous toujours que l’intervention de l’armée éthiopienne était une erreur ?  

Un peuple n’accepte jamais de gaieté de cœur d’être occupé. Mais peut-être y voit-on plus clair aujourd’hui. Si les Ethiopiens partent après que toutes les armes auront été remises à l’Amisom, la force de l’Union africaine déployée à Mogadiscio, peut-être finalement auront-ils fait œuvre utile. 

Les investisseurs du Golfe multiplient les grands projets chez vous. On parle maintenant d’une liaison fixe –un pont entre Djibouti et le Yémen. Faut-il prendre cette affaire au sérieux ?  

C’est une initiative de Tarik Ben Laden, un des demi-frères d’Oussama Ben Laden. Il pense qu’un pont reliant l’Asie et l’Afrique serait un formidable levier pour le développement des économies des deux continents.

Il en a fait une affaire personnelle. Le projet lui tient très à cœur. Il a rassemblé un tour de table, s’est arrangé avec le Yémen, a obtenu d’importantes parcelles côtières, et veut y créer une ville nouvelle.

Le pont et la ville nouvelle s’articulent avec le projet d’établissement d’une ligne de chemin de fer transarabique, porté par un consortium de sociétés du Golfe, qui doit s’arrêter aux portes du Yémen.

Tarik Ben Laden pense qu’on peut le prolonger, lui faire traverser le pont, et connecter ce réseau arabe avec le réseau africain, avec le liaison longitudinale qui va jusqu’en Afrique du Sud. Au total, le pont et le raccordement des réseaux ferrés devraient coûter 19 milliards de dollars. 

Vous rêviez, lors de votre élection en 1999, de transformer Djibouti en « Dubaï de l’Afrique de l’Est ». Aujourd’hui, où en sont les fameux grands chantiers d’infrastructure ?  

Deux raffineries seront construites très prochainement, une koweïtienne et une saoudienne. La koweïtienne sera implantée sur le site de Doraleh, à proximité du port pétrolier, et aura une capacité de 250 000 barils/jour.

La saoudienne sera à Tadjourah, les détails sont en cours de finalisation. Nos amis émirats envisagent la construction d’un nouvel aéroport, un hub international de transit et de services, qui sera le prolongement du port à conteneurs de Doraleh.

C’est un investissement de près de 4 milliards de dollars. Un groupement privé koweïto-singapourien veut créer un centre financier international à Djibouti, afin de le mettre au service du continent.

Les Malaisiens vont implanter un centre d’exporter un centre d’exportation des huiles alimentaires, pour pénétrer le marché africain à partir de Djibouti. Le projet est bien avancé, puisque les silos, situés dans l’ancien port franc, sont en passe d’être achevés. On parle également d’un chantier naval.  

La façade est du continent africain en est dépourvue, un marché existe donc bel et bien pour ce type d’industries. Le secteur du tourisme est lui aussi en plein boom : le Kempinski Palace a ouvert ses portes en novembre 2006,  et sa capacité d’accueil sera doublée d’ici à deux ans. Une marina et une corniche verront le jour d’ici à 2009.

Vous voyez, notre pays ne manque pas d’attraits à qui veut bien lui en trouver. Les Arabes, les Chinois, les Asiatiques nous ont fait confiance… 

Et les autres ?

Les investisseurs français et européens n’ont pas été à la hauteur, et j’ai peur qu’il n’y ait rien à attendre d’eux. Il est impossible de citer ne serait-ce qu’un seul projet économique d’envergure qui ait été porté par des sociétés européennes.

A croire que dans l’esprit de nos anciens colonisateurs, Djibouti se résume à un pays garnison, une base militaire, un terrain d’entraînement, un champ de tir !

On n’a jamais senti une quelconque volonté de la France d’investir ici. C’est très problématique, et cela pourrait entraîner des révisions déchirantes… 

Lesquelles ?

Tous les investisseurs actuels sont des gens qui travaillent en anglais. Nous avons un sérieux handicap : notre main-d’œuvre est certes qualifiée, mais elle n’est qualifiée qu’en français.

Or les sociétés opérant ici recherchent de plus en plus des profils bilingues ou anglophones. Ils font donc appel à de la main-d’œuvre et à un encadrement étranger, ce qui est regrettable. Nous allons devoir recycler  nos compétences et nous mettre à niveau en anglais. 

La francophonie est-elle devenue un handicap ?

Absolument. 

Peut-on imaginer pour Djibouti une évolution similaire à celle du Rwanda, qui s’inscrit maintenant davantage dans la mouvance anglophone que dans la mouvance francophone ?  

Oui, mais le Rwanda n’est pas le seule exemple. Le y a aussi l’île Maurice. Nous ne pouvons pas prendre le risque d’être marginalisés économiquement.

19/07/07 (B404) LE MONDE / Djibouti : avant-poste des GI en Afrique

Les Américains sont en "guerre contre la terreur". C’est pour cela que le camp Lemonier, qu’ils louent à l’Etat djiboutien, pourrait aussi bien être situé à Bagdad. C’est un camp retranché, défendu par un double mur d’enceinte, avec des miradors, des chicanes de béton, des rangées de barbelés, et des soldats fortement armés, en casque lourd et gilet pare-balles. Comment douteraient-ils d’être dans un environnement hostile ?

Il n’y a rien de moins américain que cette longue route qui ressemble à une immense décharge, balayée par le "khamsin", ce vent brûlant qui vient des montagnes d’Ethiopie et semble vouloir concentrer là tous les sacs plastique de l’Afrique.

Les 1 800 Américains du camp Lemonier vivent en vase clos, dans une autarcie aseptisée et sécurisée. Lorsqu’ils sortent, c’est à bord de 4 × 4 Toyota blancs banalisés. Pour les patrouilles de sécurité, souvent effectuées avec les forces djiboutiennes, ils montent dans leurs Humvees surmontés d’une mitrailleuse, et leur équipement est le même qu’en Irak, même s’il s’agit de "construire une relation de confiance avec les "locaux"", comme l’explique, imperturbable, le major Brian Kellner, de la 6e Provisional Security Company (PSC).

A moins de 2 kilomètres de là, deux légionnaires en képi blanc, épaulettes rouges et short kaki montent une garde débonnaire devant les grilles ouvertes du quartier Monclar, siège de la 13e demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE). Plus loin, sur la base aérienne qui abrite les 10 Mirage 2000 de l’escadron de chasse 4/33 Vexin, comme au quartier du 5e régiment interarmes d’outre-mer (Riaom), les 2 900 soldats français stationnés à Djibouti n’éprouvent pas de sentiment d’insécurité.

Le soir, ils se retrouvent à la terrasse de l’Historil et du Palmier en zinc, les deux cafés mythiques de Djibouti, à l’extrémité de la place Ménélik. Plus tard, la rue d’Ethiopie et ses night-clubs s’animent : on voit beaucoup de képis blancs au Cham’s, au Baobab et au Golden Club, mais de crânes rasés de marines, point. "C’est normal, commente le major Kellner, au départ c’est une colonie française, alors bien sûr vos soldats ont une attitude différente avec la population, vous êtes ici chez vous."

Façon de parler. Le 27 juin, lors des cérémonies du 30e anniversaire de l’indépendance de Djibouti, les troupes françaises ont défilé devant le président djiboutien Ismaïl Omar Guelleh sur l’air de En passant par la Lorraine. Ce fut ensuite le tour d’un détachement de l’armée américaine, mais la musique est restée la même… Les Américains sont présents à Djibouti depuis fin 2002, les Français depuis qu’ils ont créé un comptoir commercial à Obock, en 1862, et la Légion, de retour d’Algérie, s’y est installée en 1962.

Si le 11 septembre 2001 n’a pas changé grand-chose dans les habitudes des troupes françaises sur le "caillou brûlant", il a provoqué la décision américaine de s’y installer. Point névralgique de la Corne de l’Afrique, verrou du détroit de Bab el-Mandeb et de la mer Rouge, Djibouti est aussi une terre d’un islam très modéré et un îlot de stabilité politique dans une région secouée de crises.

"En 2002, explique le contre-amiral américain James Hart, commandant de la Force tactique interarmes pour la Corne de l’Afrique (CJTF-HOA), nous pensions qu’Al-Qaida pourrait quitter l’Afghanistan pour venir en Afrique, et nous voulions disposer ici d’une force de réaction militaire. Nous souhaitions aussi que nos soldats forment les Africains, afin qu’ils puissent avoir des armées professionnelles, capables de lutter contre la menace terroriste. Or cette menace ne s’est pas manifestée comme nous le pensions."

Bizarrement, l’amiral "ne sait pas" si "les Français sont impliqués dans la "war on terror"". Le général Michel Arrault, commandant des Forces françaises de Djibouti (FFDJ), répond sans ambiguïté : "Nous ne faisons pas de lutte contre le terrorisme au sens où l’entendent les Américains, mais nous avons les moyens militaires suffisants pour nous prémunir contre des menaces." L’armée djiboutienne compte quelque 4 000 soldats mal équipés et, sans la présence des forces françaises, il y a fort à parier que les pays voisins, Erythrée, Ethiopie et Somalie, n’auraient fait qu’une bouchée de ce confetti d’ex-empire.

C’est cet environnement de sécurité qui a convaincu les Américains de venir à Djibouti avec peu de moyens militaires : deux compagnies de combat, quelques hélicoptères BlackHawk, un avion de transport C-130, 3 ou 4 avions P-3 Orion de patrouille maritime, mais aucun avion de chasse.

L’amiral Hart en convient du bout des lèvres : "La mission des Français est de protéger Djibouti, et nous pensons que c’est un endroit sûr pour s’y installer." Pour y faire quoi ? "Nos missions sont assez voisines de celles qu’Africom assumera", indique-t-il. Africom… du nom de la grande révision stratégique menée par les Etats-Unis en Afrique, consistant à créer un commandement militaire unique sur le Continent noir, qui sera opérationnel à l’automne 2008.

A Washington, la secrétaire adjointe à la défense, Theresa Whelan, responsable des affaires africaines au Pentagone, reconnaît que, pendant la guerre froide, l’Amérique ne s’intéressait à l’Afrique que pour y livrer des guerres de substitution contre l’ex-URSS.

Par la suite, la vision du Continent noir est devenue strictement économique et humanitaire. Au Pentagone, la calamiteuse aventure militaire en Somalie, en 1992, a servi de leçon, du moins jusqu’aux attentats du 7 août 1998 contre les ambassades américaines de Tanzanie et du Kenya. Le 12 octobre 2000, à Aden, au Yémen, le destroyer américain USS Cole était frappé par une embarcation-suicide. Un an plus tard, c’est le "11-Septembre" et, en octobre 2002, le pétrolier français Limburg subit une attaque terroriste, toujours dans les eaux du Yémen.

La guerre contre le terrorisme est alors engagée, et deux "Etats faillis" sont désignés : le Yémen et la Somalie. "S’agissant de l’Afrique, les premiers indicateurs sont apparus au début des années 1990, mais nous ne les avons pas correctement analysés, reconnaît Theresa Whelan. La leçon de tout cela était que, si vous vous désintéressez de certaines zones de la planète, vous prenez le risque que ce soit à partir d’elles que viendra la prochaine menace." La ligne de Washington est tracée : faire en sorte que les zones grises, les "ungoverned spaces" africains (espaces non gouvernés), ne servent pas de terreau à la mouvance Al-Qaida.

A lors que la responsabilité du Continent noir est aujourd’hui répartie sur trois des cinq commandements militaires américains qui existent dans le monde, à l’avenir, toute l’Afrique, à l’exception de l’Egypte, sera sous la houlette d’Africom. Officiellement, cette montée en puissance ne s’accompagnera pas d’un renfort de la présence militaire américaine en Afrique, limitée aux 1 800 soldats de Djibouti.

Il n’est cependant pas sûr que la nomination, le 11 juillet, du général quatre étoiles William Ward (l’Afro-Américain le plus haut gradé de l’US Army), à la tête d’Africom, suffise à faire taire le ressentiment de Centcom, le commandement central, dépité de voir une partie de la guerre contre le terrorisme lui échapper. La question de savoir où installer Africom a perdu de son acuité depuis quelques semaines.

Aux pays africains qui s’inquiétaient de devenir la cible d’actions terroristes visant les troupes américaines, Washington a répondu que le terrorisme frappe partout, mais en a tiré la conclusion qu’il valait mieux mettre en place un commandement éclaté en trois ou quatre implantations.

L’accès au pétrole africain et la volonté de contrer la présence grandissante de la Chine sur le Continent noir font partie des intérêts stratégiques qui poussent les Etats-Unis à rationaliser leur approche de l’Afrique. Washington veut faire passer la part africaine de ses importations pétrolières de 15 % à 25 % à l’horizon 2015. Or Pékin importe 30 % de son pétrole d’Afrique, en particulier du Soudan, obtient des permis d’exploration pétrolière au Nigeria, vend des armements à une demi-douzaine d’Etats africains, et se moque comme d’une guigne de la "bonne gouvernance" en Afrique…

La sécurité maritime dans le golfe de Guinée est donc devenue un axe prioritaire de la politique africaine de Washington, au moins autant que la lutte contre la piraterie maritime au large des côtes somaliennes. En juin 2005, les Etats-Unis ont lancé l’Initiative de contre-terrorisme dans le Sahara (TSCTI), dont le rôle est complémentaire de celui d’Acota, un programme conçu pour former et équiper les forces de l’Union africaine (UA).

La France, qui a européanisé depuis deux ans son concept Recamp (renforcement des capacités africaines de maintien de la paix), ne voit pas d’inconvénient à la mise en place de cette architecture américaine de sécurité, même si elle s’inquiète de la propension de Washington à distribuer des dizaines de millions de dollars, alors qu’elle peine à convaincre les Européens de dépenser davantage pour l’Afrique, en particulier pour remplir les dépôts Recamp (censés permettre d’équiper et d’armer les "brigades en attente" de l’UA), désespérément vides.

Djibouti, chaque pays multiplie les actions civilo-militaires (éducation, santé, reconstruction) dans la région, notamment pour mieux faire accepter la présence de leurs forces armées. Parallèlement, des détachements d’instructeurs militaires français et américains se rendent dans les pays voisins pour former les armées locales au "maintien de la paix". Reste que les Américains ont fortement aidé les troupes éthiopiennes dans leur Blitzkrieg de fin 2006 contre la Somalie, qui a mis en déroute les Tribunaux islamiques. En juin 2007, l’US Navy a bombardé les environs de Bargal, dans le Puntland, une région semi-autonome de l’extrême est de la Somalie, où s’étaient réfugiés des éléments des Tribunaux.

En janvier, des avions américains avaient bombardé dans le sud du pays, près de la frontière kényane pour, officieusement, détruire un site d’Al-Qaida. Pendant l’offensive éthiopienne, Washington a affirmé que des "centaines de combattants islamiques" étaient aux côtés des Tribunaux, parmi lesquels les trois responsables des attentats de 1998 contre les ambassades de Nairobi et Dar es Salam, mais nul n’a vu le moindre corps. "Cette histoire de responsables des attentats de 1998 est devenue un fonds de commerce pour les Américains", constate le président Ismaïl Omar Guelleh.

Les responsables djiboutiens assurent que les Américains ne se servent pas de Djibouti comme tête de pont de leur guerre contre le terrorisme, et indiquent que les bombardiers américains ont décollé de la discrète base militaire éthiopienne de Godé, située au coeur de l’Ogaden. Les Français, qui contrôlent l’espace aérien de Djibouti, ne contestent pas cette affirmation, même si l’aéroport civil accueille régulièrement de discrets avions blancs dépourvus de toute identification.

De toute façon, Djibouti a toutes les raisons d’entretenir les meilleures relations possibles avec les Etats-Unis. La location du camp Lemonier rapporte 30 millions de dollars par an au Trésor djiboutien, et la présence militaire américaine a pour effet d’attirer les capitaux des pays du Golfe persique.

De son côté, la France a pour mission première de faire respecter les accords de défense qui la lient à Djibouti. Autant qu’une surveillance de la zone, elle exerce avec ses Mirage une mission de dissuasion à l’encontre de toute puissance régionale, qui serait tentée de troubler le jeu stratégique de la Corne de l’Afrique. "Ici, souligne le général Arrault, le statut des Américains est différent du nôtre : ils sont en opération extérieure. Tout ce que nous faisons se fait en transparence avec les autorités djiboutiennes ; ce qui n’est pas forcément le cas de tout le monde…"

L’amiral Hart balaie tout soupçon sur la double vocation du CJTF : "Ma mission est d’essayer d’empêcher l’émergence de conflits dans la région, en y apportant davantage de stabilité. Il ne s’agit pas de capturer ou de tuer des combattants d’Al-Qaida, mais d’installer ici des fondements pacifiques et démocratiques."

Les officiers français qui sont insérés au sein des forces américaines confirment que la mission de celles-ci a beaucoup évolué en deux ans, tout en précisant qu’ils n’ont pas accès au "PC renseignement" : "La priorité des Américains, assure l’un d’eux, c’est aujourd’hui les affaires civilo-militaires, qu’ils considèrent comme le meilleur moyen de parvenir à la stabilisation. Ils sont arrivés ici avec des idées préconçues sur le terrorisme, et ils ont adapté leur dispositif."

Cette évolution sera reflétée dans l’organisation d’Africom, dont le numéro deux sera un représentant du département d’Etat. Le commandant du CJTF, qui était à l’origine un général des marines, a été remplacé par un amiral, et le logo initial du camp Lemonier, qui portait l’inscription "Anti-terrorism base", ne reflète plus, selon une explication officielle, la réalité de la présence américaine à Djibouti.

Il n’empêche : les Américains ont récemment renouvelé leur bail de cinq ans, avec une option pour dix années supplémentaires. Fin juillet, ils prendront possession des centaines de conteneurs-vie alignés dans la vaste zone qui va multiplier par cinq la surface du camp Lemonier.

Autant d’adaptations qui font de Djibouti le candidat idéal pour accueillir, au minimum, l’un des quartiers généraux décentralisés d’Africom.

Laurent Zecchini

19/07/07 (B404) Radio-Trottoir : la RTD s’est attaqué à Nicolas Sarkozy, lors d’un journal en langue Somalie. (Lecteur)

Je vous confirme que des insultes ont été proférées sur la RTD, en langue Somalie. Des amis sont en train de récupérer l’émission et nous allons vous l’adresser avec une traduction en Français.

Bon courage à l’équipe de l’ARDHD.

19/07/06 (B404) LE MONDE : Français et Américains côte à côte à l’Ecole du désert (Info lectrice)

C’est le dernier bivouac. Les soldats sont partis il y a dix jours de Djibouti. Depuis, ils marchent, de nuit, dans l’une des régions les plus chaudes et les plus inhospitalières du monde. Le Centre d’aguerrissement et d’instruction au désert de Djibouti (Caidd) est une école nomade, sans domicile fixe et sans abri, unique en son genre, qui exige de chaque homme un dépassement physique.

"Ce n’est pas un stage commando, rectifie le colonel Eric Bucquet, chef de corps du 5e régiment interarmes d’outre-mer (Riaom), mais nous voulons que les gens apprennent à survivre dans le désert." Depuis sa création en 1997, l’Ecole du désert a décerné 6 790 brevets à des soldats de nombreuses unités françaises et étrangères.

C’est la quatrième fois qu’une section américaine participe au stage. Sur 30 Américains, on compte 15 marines et 15 soldats de l’armée de terre, également éreintés. Il existe en Californie une "Ecole de la jungle". Mais de l’avis du sergent-chef Rudy Diaz, des marines, "ce n’est pas comparable en termes de techniques de survie."

Les Américains, tous volontaires, ne regrettent pas l’expérience. Celle-ci se décompose en deux modules, "acclimatement" et "aguerrissement", de cinq jours chacun, ponctués par un "module combat" de huit jours. Les 140 soldats marchent une vingtaine de kilomètres chaque nuit dans un terrain rocailleux, en se guidant aux étoiles et au GPS, arme à la main. Ils sont suivis par une caravane de 44 chameaux, qui portent l’eau et les sacs, et quelque 90 cabris.

C’est l’essentiel de leur nourriture, avec riz, pâtes, piment et concentré de tomates. Chaque jour, plusieurs cabris sont sacrifiés selon "la méthode Afar", et cuits sur la cendre. Pour des Américains, cela a un côté un peu rustique : "Nous n’avons pas l’habitude de nous déplacer avec aussi peu de moyens."

Le plus difficile ?

"La barrière de la langue avec les Français, la manière de préparer la nourriture et l’eau rationnée", commente Rudy Diaz. Mais tout est relatif : "C’est dur, mais moins qu’en Irak, parce qu’il n’y a pas le stress de la guerre", ajoute le sergent-chef des marines. Dix des 150 stagiaires ont dû cependant déclarer forfait : deux à la suite d’accidents, un pour gastrite aiguë, un pour une double piqûre de scorpion, les autres à la suite de coups de chaleur.

L’Ecole du désert offre aux troupes françaises et américaines de Djibouti l’occasion de se côtoyer et de s’apprécier. A la lumière de l’expérience, les 11 instructeurs du Caidd se sont aperçus qu’Américains et Français ont des attitudes sensiblement différentes au combat : "Les premiers ont une manière plus brutale d’atteindre le but, les seconds tiennent davantage compte de l’environnement dans lequel ils évoluent, explique le capitaine Pierre Biclet. Les Américains sont amenés à faire usage de leur arme dès qu’ils se sentent menacés, alors que, pour nous, il faut que la menace soit directe et avérée."

19/07/07 (B404) REUTERS : Ouverture à Mogadiscio de la conférence pour la paix

Une série d’explosions sur un marché populaire de Mogadiscio n’a pas empêché l’ouverture d’une conférence pour la paix organisée dans la capitale somalienne, en proie depuis quinze jours à des violences d’une rare intensité.

"La conférence a débuté. Le Premier ministre somalien Ali Mohamed Gedi est arrivé. Les explosions ne nous dissuaderont pas de poursuivre les discussions", a déclaré à Reuters une source proche des services de sécurité.

L’armée régulière somalienne, épaulée par des troupes éthiopiennes, a bloqué toutes les entrées du lieu de la conférence, un ancien bâtiment de la police situé dans le nord de la capitale.

Quelques heures avant l’ouverture de cette conférence, qui réunit plusieurs centaines de chefs de clan, de responsables politiques et d’anciens chefs de guerre, des soldats somaliens ont essuyé des tirs de mortier, de grenade et de roquettes sur le marché de Bakara, dans le centre de la capitale.

"Le ciel était illuminé par toutes ces explosions", a confié à Reuters un commerçant, Mohamed Abdi. "Jusqu’ici, les attentats dirigés contre les forces de sécurité n’avaient jamais été aussi violents", a-t-il ajouté.

UN HOMME TUE ET UNE FEMME BLESSEE

Selon des habitants du quartier, un homme aurait été tué et une femme blessée après l’explosion d’une grenade et la riposte des soldats somaliens à l’aide de leurs mitraillettes.

Un autre attentat, cette fois-ci une mine télécommandée, a visé un général somalien, sorti indemne de sa voiture, une légère blessure à la main.

Le gouvernement fédéral de transition espère que la conférence pour la paix débouchera sur des avancées concrètes, avec en toile de fond l’idée de mettre un terme au bain de sang dans lequel est plongé le pays depuis plusieurs mois.

Le cabinet provisoire du président Abdoullahi Youssouf peine à établir son autorité en Somalie depuis qu’il a chassé de la capitale, avec l’aide de l’armée éthiopienne, les extrémistes de l’Union des tribunaux islamiques, fin décembre.

Les forces armées sont quotidiennement la cible des rebelles islamistes restés dans la capitale.

Le quartier de Bakara, considéré comme l’un des plus importants marchés d’armes au monde à ciel ouvert, est régulièrement le théâtre de tirs de mortiers, de grenades et de roquettes.

19/07/06 (B404) PLANETE / pour téléphoner moins cher dans le monde entier (Information)

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