Articles

12/07/2014 (Brève 417) Abdallah Deberkalleh (English and French). Les dernières nouvelles – Last news about his health.(ARDHD)

1°) English
Today a member of the ARDHD team spoke with Abdallah Deberkalleh (on Saturday). Abdallah has returned home in Dubai and has recovered strength. He is more compelled to fight than ever. He asked our team to thank all of those who sent him several messages of encouragement. Currently he apologizes towards all of his friends, as he cannot personally manage to reply to everybody,

2°) Français
L’équipe de l’ARDHD a pu joindre Abdallah ce samedi. Il est rentré à son domicile à Dubaï et il a repris des forces. Il est plus combattif que jamais. Il nous a demandé de remercier toutes celles et tous ceux qui lui envoyé des messages d’encouragement et de prompt rétablissement. Actuellement, il ne peut pas répondre personnellement à chacun et il s’en excuse auprès de tous ses amis

19/10/07 (B417) LA NATION poursuit sa campagne de soutien à Guelleh, décidément bien inquiet des rebondissements de l’Affaire Borrel. Depuis deux semaines se succèdent les articles mensongers, provocateurs et même insultants .. Un nouveau ! Toujours le flou dans la communication : la communication de Guelleh n’arrive pas à choisir entre la thèse du suicide impossible (ce qui est prouvé) et l’assassinat par des Français.

" Trop, c’est trop ! "

Pour la plupart des citoyens ordinaires, la coupe est désormais pleine. L’affaire Borrel, estiment-ils, est un tissu de mensonges et l’acharnement de la justice et des médias français contre Djibouti n’a d’autre explication qu’une volonté manifeste de déstabiliser le pays. M.Abdoulwahab Meeké, que nous avons croisé au Kempinski lors de la conférence de presse du procureur général estime, lui, que douze ans après le décès de Bernard Borrel, " il est grand temps de dire à ces gens la manière dont nous ressentons cette affaire ".

. " J’ai été, dit-il, personnellement choqué par l’attitude insolente et inhabituelle de la juge Clément qui a adressé une convocation à notre Président. Je ne suis pas un responsable politique mais à titre personnel, je considère que cette convocation était une insulte, un véritable affront. Aurait-elle agi de la sorte vis-à-vis d’un chef d’Etat européen ?

Et puis, franchement, tout le monde à Djibouti sait que ce malheureux s’est donné la mort pour des raisons qui ne regardaient que lui. Nous autres Djiboutiens, avons une très haute idée de l’hospitalité pour assassiner ceux qui viennent nous donner un coup de main. Je crois que les Français en savent quelque chose. Alors, il faut que cette campagne de calomnies et de dénigrement cesse ".

Homme d’affaires sans aucune attache politique, le citoyen Meeké a, tout en pesant ses mots, exprimé le sentiment général.

" A moins qu’ils ne soient tous devenus complètement dingues, ajoute-t-il, il faut que les Français reconnaissent que ce magistrat s’est bel et bien suicidé et nous laissent tranquilles car le Président, avec le soutien de tout son peuple, est en train de créer les conditions du progrès et du Développement. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire sans fin ? De quel droit se permettent-ils de nous accuser sans preuve, sans mobile, sans rien ? C’est fatigant à la fin ! "

En effet, c’est fatigant. Et rares sont ceux à Djibouti qui diront le contraire.

19/10/07 (B417) NOUVEL OBS et Le MONDE (2 articles) Affaire Borrel : Djibouti évoque une piste pédophile (Info lectrice)

_______________________________________ Nouvel Obs

Le magistrat chargé de l’affaire de l’assassinat du juge français évoque l’existence d’un réseau pédophile "impliquant de nombreux Français de toutes catégories". La veuve du juge dénonce une manœuvre.

Bernard Borrel (Sipa) Bernard Borrel, le juge français assassiné à Djibouti en 1995, travaillait sur un réseau de pédophiles, indique jeudi 18 octobre la justice djiboutienne.

Une annonce que la veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, a immédiatement dénoncé comme une probable manœuvre de Djibouti pour fuir ses propres responsabilités.

Selon Djama Souleiman Ali, le procureur général du petit territoire de la corne de l’Afrique, "Nous avons mis au jour un réseau pédophile dans lequel sont impliqués de nombreux Français de toutes catégories, comme des membres du clergé, des militaires et des diplomates. Nous avons réuni les preuves et nous sommes prêts à les présenter au tribunal".

Le magistrat, lui-même poursuivi par les autorités françaises pour "subornation de témoins" dans ce dossier, a indiqué mercredi soir devant des journalistes avoir "découvert une nouvelle facette de l’affaire Borrel".

"Un personnage totalement scandaleux"

A Paris, Me Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, a estimé jeudi que cette explication était une manoeuvre du magistrat djiboutien pour fuir ses propres responsabilités.

"On ne peut que se demander pourquoi ces informations ne sont pas sorties depuis très longtemps et pourquoi elles sortent à ce moment-là", a dit l’avocat à Reuters.
"M. Souleiman Ali est un personnage totalement scandaleux, un diffamateur de Mme Borrel. Qu’il vienne s’expliquer en France sur les faits qui lui sont reprochés", a-t-il ajouté.

En août dernier, Djama Souleiman Ali et Hassan Saïd Khaireh, le chef des services secrets de Djibouti, ont été renvoyés en correctionnelle par la justice française. Les deux hommes font l’objet de mandats d’arrêt internationaux valant mise en examen pour "subornation de témoins".

Selon Me Morice, leur procès par défaut devrait être fixé au premier trimestre de l’année prochaine devant le tribunal de Versailles.

Le président djiboutien mis en cause

Le corps à demi carbonisé de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère djiboutien de la Justice, avait été retrouvé dans un ravin en 1995.

La thèse du suicide avait d’abord été retenue mais le scénario d’un assassinat est désormais privilégié par la justice française qui s’appuie sur des expertises médico-légales.

Dans le dossier principal concernant la mort du juge, la piste d’un meurtre sur commandite politique est suivie. Elle est fondée sur le témoignage contesté d’un ancien militaire djiboutien qui déclare avoir entendu Ismaël Omar Guelleh, actuel président de Djibouti, parler de l’assassinat du juge avec ses exécutants, le soir des faits.

Le dossier a provoqué une crise entre Paris et Djibouti, où se trouve la principale base militaire française en Afrique.

Dans un troisième dossier visant de supposées "pressions sur la justice" à la fin du mandat du président Jacques Chirac, deux autres juges ont tenté en vain de perquisitionner à l’Elysée, le 2 mai dernier.

Elisabeth Borrel a été reçue à l’Elysée le 19 juin dernier par Nicolas Sarkozy.

_________________________________ LE MONDE

DJIBOUTI (Reuters) – La justice djiboutienne a assuré avoir découvert un réseau pédophile impliquant de nombreux expatriés français et qui, selon elle, pourrait être lié à la mort en 1995 du magistrat Bernard Borrel, une annonce vue comme une manoeuvre par l’avocat de la veuve du magistrat.

Le procureur général du petit territoire de la corne de l’Afrique, Djama Souleiman Ali, a déclaré mercredi soir à des journalistes que le juge Borrel enquêtait sur ce réseau lorsqu’il est mort.

"Nous avons découvert une nouvelle facette de l’affaire Borrel", a dit le procureur général, lui-même poursuivi par les autorités françaises pour "subornation de témoins" dans ce dossier.

"Nous avons mis au jour un réseau pédophile dans lequel sont impliqués de nombreux Français de toutes catégories, comme des membres du clergé, des militaires et des diplomates. Nous avons réuni les preuves et nous sommes prêts à les présenter au tribunal", a-t-il ajouté.

A Paris, Me Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, a estimé jeudi que cette explication était une manoeuvre du magistrat djiboutien pour fuir ses propres responsabilités.

"On ne peut que se demander pourquoi ces informations ne sont pas sorties depuis très longtemps et pourquoi elles sortent à ce moment-là", a dit l’avocat à Reuters.

"M. Souleiman Ali est un personnage totalement scandaleux, un diffamateur de Mme Borrel. Qu’il vienne s’expliquer en France sur les faits qui lui sont reprochés", a-t-il ajouté.

Le corps à demi carbonisé de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère djiboutien de la Justice, avait été retrouvé dans un ravin en 1995.

La thèse du suicide avait d’abord été retenue mais le scénario d’un assassinat est désormais privilégié par la justice française qui s’appuie sur des expertises médico-légales.

En août dernier, Djama Souleiman Ali et Hassan Saïd Khaireh, le chef des services secrets de Djibouti, ont été renvoyés en correctionnelle par la justice française. Les deux hommes font l’objet de mandats d’arrêt internationaux valant mise en examen pour "subornation de témoins".

Selon Me Morice, leur procès par défaut devrait être fixé au premier trimestre de l’année prochaine devant le tribunal de Versailles.

Dans le dossier principal concernant la mort du juge, la piste d’un meurtre sur commandite politique est suivie. Elle est fondée sur le témoignage contesté d’un ancien militaire djiboutien qui déclare avoir entendu Ismaël Omar Guelleh, actuel président de Djibouti, parler de l’assassinat du juge avec ses exécutants, le soir des faits.

Le dossier a provoqué une crise entre Paris et Djibouti, où se trouve la principale base militaire française en Afrique.

Dans un troisième dossier visant de supposées "pressions sur la justice" à la fin du mandat du président Jacques Chirac, deux autres juges ont tenté en vain de perquisitionner à l’Elysée, le 2 mai dernier.

Le nouveau chef de l’Etat, Nicolas Sarkozy, a reçu pour la première fois la veuve du juge à l’Elysée, le 19 juin.

19/10/07 (B417) BBC / L’aide alimentaire des Nations Unies en Somalie a été interrompue après « l’enlèvement » par l’Armée nationale du représentant de cette organisation à Mogadiscio. Somali aid stopped after kidnap (En Anglais – Info lectrice)

The UN says it has stopped distributing food in Somalia’s capital, Mogadishu, after government troops abducted the local head of the World Food Programme.

The WFP says about 60 soldiers stormed the UN compound and no explanation has been given for Idris Osman’s detention.

UN Secretary General Ban Ki-moon has strongly condemned the troops’ "forceful and illegal" actions.

Correspondents say the arrest may be linked to the power struggle between the president and his prime minister.

WFP has not received any explanation for this action, which violates international law

WFP statement

The mayor of Mogadishu, who gave the WFP permission to distribute food to 75,000 people in the city through a network of mosques, is close to Prime Minister Ali Mohammed Ghedi.

The security services that arrested Mr Osman are the president’s men.

Unrest since the ousting of Islamists by Ethiopian-backed troops in December has displaced thousands of people in and around the capital.

The BBC’s Africa editor Martin Plaut says that because control of food aid is a key weapon in winning popular support, whoever is seen to control the aid is in a powerful position.

Tension

The WFP said Mr Osman was being held by security services in a cell close to the presidential palace, adding that the detention violated international law.

Mr Ban pointed out that the Somali government had signed up to the 1946 Convention on Privileges and Immunity in January 2006.

The suspension of food deliveries to more than 75,000 people in the capital comes just two days after they were restarted for the first time since June.

Correspondents say there is a history of tension between the interim government and the WFP, which is the biggest UN agency operating in the country, providing emergency food relief to more than two million Somalis.

On Tuesday, Mogadishu witnessed some of the worst fighting since the Union of Islamic Courts, who ruled much of Somalia for six months last year, were driven from power.

Debate halted

Meanwhile in Baidoa, where parliament sits, the speaker halted a debate where MPs were considering the future of the government.

President Abdullahi Yusuf wants parliament to sack Prime Minister Ghedi as he says his term has expired according to the federal charter.

But the speaker of parliament told MPs that the African Union and Ethiopia have asked for the debate to be stopped as Mr Ghedi has been called to Addis Ababa to try to resolve the rift with President Yusuf.

Both Mr Ghedi and Mr Yusuf ascended to power with the backing of Ethiopia but have fallen out over reports that they favoured rival concerns interested in oil exploration contracts.

Despite having international support, diplomats argue that the transitional government has failed to set up institutions to reconstruct the country.

The UN’s special envoy for Somalia, Ahmedou Ould Abdallah, has warned that a vote of no confidence may derail the peace process.

19/10/07 (B417) BBC / Le Premier Ministre Somalien Ali Mohamed Guedi, en difficulté, en raison de ses divergences avec le Président du GFT, a été convoqué par Melés Zenawi. Ethiopia hosts Somali rift talks (En Anglais – Info lectrice)

Somali Prime Minister Ali Mohammed Ghedi has been called to Ethiopia’s capital to meet the prime minister.

Mr Ghedi is embroiled in a quarrel with the president of the Somali transitional government and was facing a vote of confidence in parliament.

The vote has now been postponed until after his return.

Ethiopian troops intervened to save Somalia from being overrun by Islamist militias at the end of last year.

The BBC’s Elizabeth Blunt in the Ethiopian capital Addis Ababa says that Ethiopia’s intervention in support of Somalia’s transitional federal government has cost it money and the lives of some of its soldiers.

But, she adds, it has also cost it the goodwill of some of its own Somali-speaking citizens in the south-east of the country, where the sight of Ethiopian troops fighting fellow Somalis has stirred up old animosities and added fuel to a long-smouldering rebellion.

She says the whole carefully pieced-together structure in Somalia is teetering, not because of Islamist attacks but because of a quarrel between the two leading players Mr Ghedi and President Abdullahi Yusuf.

With each of them going around protected by militia from their own clans, the quarrel could easily spill over into open violence.

Ethiopia first sent its minister of tourism to Somalia to urge them to agree – not at first sight an obvious choice but he is the most senior Somali speaker in the Ethiopian government.

Then on Wednesday it summoned Mr Ghedi to Addis Ababa.

He went vowing that he intended to remain as prime minister but with rumours swirling round Somalia that he might not return.

19/10/07 (B417) BBC / L’Ethiopie accepte d’apporter une aide à l’Ogaden peuplée en majortié de personnes issus de tribus Somali. Ethiopia agrees to aid for Ogaden (En Anglais – Info lectrice)

An agreement has been reached with Ethiopia’s government to provide emergency supplies to the predominantly Somali Ogaden region, the UN says.

Fighting between separatist rebels and the army resulted in accusations that the authorities were preventing aid supplies from reaching the area.

A security assessment of the area will now be undertaken by the UN, followed by the establishment of two bases.

From these bases, aid will be delivered to an estimated 640,000 people in need.

‘Improved’

Trouble started in the region in April when fighters of the Ogaden National Liberation Front (ONLF) attacked a Chinese-run exploration team, killing 74 people.

These developments are very good news for the people of the region

UN’s Fidele Sarassoro

The ONLF accused the authorities of imposing a blockade on the area, choking off commercial trade.

In September, the aid agency Medecins Sans Frontiers said it had been denied access to the barren region – two months after the Red Cross was ordered to stop operations there.

But it is reported that access to the eastern region has recently improved.

"The Ethiopian government has assured the UN that humanitarian activities within Somali region will be unrestricted," said the UN’s Fidele Sarassoro, after what were described as tough negotiations.

"These developments are very good news for the people of the region. We applaud the excellent collaboration we have seen thus far."

The ONLF was founded in 1984 and is fighting for independence from Ethiopia, complaining of discrimination by the central government against the region’s Somali-speaking nomads.

19/10/07 (B417) JDD / deux nouveaux articles mis en ligne jeudi 18 /10

___________________ Nouvelle piste dans l’affaire Borrel.

Selon le procureur général de Djibouti, Djama Souleiman Ali, le juge Borrel, découvert mort en 1995, menait une enquête sur un réseau pédophile impliquant plusieurs expatriés français, dont des "membres du clergé, des militaires et des diplomates", au moment de son décès. "Nous avons découvert une nouvelle facette de l’affaire Borrel.

Nous avons réuni les preuves et nous sommes prêts à les présenter au tribunal", a déclaré le procureur général. Des informations à prendre avec précaution: le procureur général de Djibouti est en effet poursuivi par les autorités françaises dans ce dossier, pour "subornation de témoins".

Avec le chef des services secrets de Djibouti, Hassan Saïd Khaireh, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Le corps carbonisé de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère djiboutien de la Justice, avait été retrouvé dans un ravin en 1995. La thèse du suicide avait d’abord été privilégiée mais le scénario d’un assassinat est désormais retenu par la justice, qui s’appuie sur des expertises médico-légales.

_______Djibouti : L’avocat de la veuve Borrel s’interroge

Me Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a estimé jeudi que les dernières déclarations du procureur général de Djibouti étaient une manoeuvre pour fuir ses responsabilités.

"On ne peut que se demander pourquoi ces informations ne sont pas sorties depuis très longtemps et pourquoi elles sortent à ce moment-là", s’est-il demandé. "M. Souleiman Ali est un personnage totalement scandaleux, un diffamateur de Mme Borrel.

Qu’il vienne s’expliquer en France sur les faits qui lui sont reprochés." Mercredi, Djama Souleiman Ali a assuré que le juge Borrel enquêtait sur une affaire pédophile impliquant des Français lorsqu’il est mort.

Ces informations sont à prendre au conditionnel, le procureur de Djibouti étant poursuivi en France pour "subornation de témoins", et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt.

19/10/07 (B417) JDD : deux articles sur les derniers rebondissements de l’affaire Borrel, qui contiennent un certain nombre d’erreurs signalés par l’entourage de Mme Borrel. (Info lectrice)

___________________________________________ Note de l’ARDHD
A noter que le JDD a publié plusieurs articles. Selon des sources proches de Mme Borrel, il semblerait que les auteurs fassent une certaine confusion entre les différentes instructions et les constations de la Justice française.

Le JDD « révisionniste » dans l’affaire Borrel ?

Non, on ne pourrait pas dire cela, puisque le révisionnisme est considéré comme un crime qui consiste à nier des actes commis en particulier par le régime Nazi, mais le JDD devrait cesser d’évoquer encore l’hypothèse du suicide.

Il a été rappelé à la rédaction que l’instruction principale est conduite pour assassinat et que la thèse du suicide ne peut plus être évoquée, au risque de poursuite, semble-t-il … y compris par le Parquet …

____________________________________________ Article N°1 du JDD

Affaire Borrel : Djibouti à la manoeuvre

Par Maud PIERRON

Rebondissement ou manipulation dans l’affaire Borrel ? Djibouti affirme avoir découvert un réseau pédophile impliquant des expatriés français, qui pourrait être lié à la mort du magistrat à Djibouti en 1995. Mais cette piste pourrait être un contrefeu puisque le procureur qui a fait cette révélation est poursuivi par les autorités françaises pour « subornation de témoins » dans ce dossier.

Mois après mois, l’affaire Borrel évolue au niveau judiciaire. A coups d’informations plus ou moins crédibles. Mercredi soir, c’est le procureur général de Djibouti, Djama Souleiman Ali, qui a assuré avoir découvert un réseau de pédophiles impliquant de nombreux expatriés français. Et, a-t-il insisté, c’est un dossier sur lequel Bernard Borrel enquêtait au moment de sa mort, laissant ainsi entendre que les deux affaires étaient liées.

« Nous avons découvert une nouvelle facette de l’affaire Borrel, a-t-il déclaré avec assurance. Nous avons mis au jour un réseau pédophile dans lequel sont impliqués de nombreux Français de toutes catégories, comme des membres du clergé, des militaires et des diplomates. Nous avons réuni les preuves et nous sommes prêts à les présenter au tribunal », a affirmé le procureur général, qui pourrait ainsi se disculper lui-même. En effet, l’homme est poursuivi par les autorités françaises pour « subornation de témoins » dans ce dossier.

Une ruse relevée par maître Olivier Morice, l’avocat de la veuve du juge Borrel. « On ne peut que se demander pourquoi ces informations ne sont pas sorties depuis très longtemps et pourquoi elles sortent à ce moment-là. Souleiman Ali est un personnage totalement scandaleux, un diffamateur de Madame Borrel. Qu’il vienne s’expliquer en France sur les faits qui lui sont reprochés », a-t-il expliqué à l’agence de presse Reuters.

Le procureur général de Djibouti devrait être jugé début 2008 en France

Car entre Paris et Djibouti, les versions divergent au sujet de la mort de Bernard Borrel, magistrat détaché à Djibouti en 1995. Les seuls éléments établis jusqu’ici est que le corps à demi carbonisé de Bernard Borrel, coopérant français et conseiller technique auprès du ministère djiboutien de la Justice, a été retrouvé dans un ravin en 1995. Dans un premier temps, les autorités de Djibouti, contre toute évidence, penchaient pour la thèse du suicide. Mais la justice française, qui a repris le dossier après de nouvelles expertises médico-légales, privilégie la piste de l’assassinat, commandité par le pouvoir politique de Djibouti, avec dans la ligne de mire Omar Guelleh, l’actuel président.

C’est la juge Sophie Clément qui a repris le dossier en France, tandis que deux autres magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, instruisent elles, sur les contours de l’affaire Borrel et les pressions éventuelles des autorités djiboutiennes et françaises sur cette affaire. Ce sont ces deux juges qui ont lancé un mandat d’arrêt international contre le procureur général de Djibouti, ainsi que le chef des services secrets, Hassan Saïd Khaireh et les ont renvoyés en août dernier devant le tribunal correctionnel de Versailles.

Selon maître Morice, leur procès par défaut devrait être fixé au premier trimestre de l’année prochaine devant le tribunal de Versailles. Un épisode qui devrait accroître les tensions entre Paris et Djibouti, déjà conflictuelles depuis le début de cette affaire.

_____________________________________ Article N° 2

Djibouti: L’avocat de la veuve Borrel s’interroge

Me Olivier Morice, avocat d’Elisabeth Borrel, la veuve du juge retrouvé mort en 1995 à Djibouti, a estimé jeudi que les dernières déclarations du procureur général de Djibouti étaient une manoeuvre pour fuir ses responsabilités. « On ne peut que se demander pourquoi ces informations ne sont pas sorties depuis très longtemps et pourquoi elles sortent à ce moment-là », s’est-il demandé.

« M. Souleiman Ali est un personnage totalement scandaleux, un diffamateur de Mme Borrel. Qu’il vienne s’expliquer en France sur les faits qui lui sont reprochés. »

Mercredi, Djama Souleiman Ali a assuré que le juge Borrel enquêtait sur une affaire pédophile impliquant des Français lorsqu’il est mort. Ces informations sont à prendre au conditionnel, le procureur de Djibouti étant poursuivi en France pour « subornation de témoins », et faisant l’objet d’un mandat d’arrêt.