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17/07/2014 (Brève 421) Courrie des lecteurs. Un message signé « Che ». Le mal djiboutien

Le mal djiboutien

Les esprits s’affaissent et se régénèrent dans les eaux profondes de la paresse humaine, c’est tellement facile d’avoir des certitudes quand tout vous semble confus! Et avant, les généralisations toutes faites, les regards restreints, les demi vérités qu’on fait passer pour des grandes vérités. 

Quel est le but?
Celui de faire avancer un pays ou de patauger dans les émotions inutiles? Celui de surpasser des différences fabriquées ou de les renforcer à coups d’analyses pâteuses et sans fondements ? Celui de lâchez l’homme ou de le tenir dans des chaînes imaginaires mais non fatales?

Je me demande comment compte-t-on faire avancer le pays quand on l’ôte d’une partie de ses membre? Comment compte-t-on redonner souffle à un peuple qui arrive à peine à respirer? Comment compte-t-on éduquer un peuple que ses leaders subjuguent et déchirent en leur fabriquant des différences fatales afin de se maintenir au pouvoir? Sûrement pas en imitant ce jeu de division dont ils se sont fait les maîtres incontestés!

Il est vrai que le tribalisme érigé en forme de gouvernance -non pas pour profiter à une ethnie ou un clan spécifique- a malheureusement des effets dévastateurs, faisant croire à certains d’être des « exclus » tout en miroitant à d’autres un quelconque sentiment « d’inclusion », voilà comment les colons ont divisé pour mieux régner et voilà comment nos pseudo leaders continuent avec une assiduité remarquable une politique nauséabonde des plus anachroniques. Au final, aucun clan, aucune ethnie n’y gagne sauf une petite minorité non représentatif d’aucun clan /ethnie. La triste affaire, les damnés de la terre s’entrechoquent pour des histoires de clopinettes tandis que les maîtres fouettards se partagent ses restes.  

Une grande partie de nos maux sont d’ordre clanique/ethnique ou pour être plus précis résulte de l’exploitation exacerbée de différences clanique/ethnique par un appareil d’Etat Djiboutien dont les moyens financiers/répressifs/légales restent sans contrepoids dans un contexte de paupérisation élevée d’une très grande majorité de la population. Dans un tel contexte de pauvreté en tout points, les esprits sont prompts à la manipulation, aux divisions, aux conflits orchestrés par une poignée de puissants, à la guerre de tous contre tous. 

Certes comme tous les groupes humains, nous avons des différences, nous sommes issus de différentes communautés mais nous partageons aussi des valeurs communes qui n’ont à rien envier à nos différences! Pour saisir la portée de nos différences et par conséquent valoriser et mieux apprécier nos valeurs communes, devrions nous encore comprendre ce qui nous fait mal.

D’abord l’absence d’un leadership clairvoyant et visionnaire, maintenant le peuple dans l’obscurité, la manipulation, et les divisions, pis un leadership qui malgré ses ronronnements poursuit un système de gouvernance coloniale, quelle ironie! Mais aussi la duplicité d’une très grande partie des alphabétisés qui se fondent dans le moule préconçu de l’appareil d’Etat, participant parfois avec un zèle répugnant à une manière de gouverner qui emprunte honteusement aux périodes les plus sombres de notre histoire.

La compartimentation commence au sommet de l’Etat, un chef de l’Etat issu de la communauté issa, un premier ministre issu de « la communauté afar », suivi de ministres de la communauté issa ou afar, enfin l’attribution d’un poste ministériel pour chacune des communautés issak, gadaboursi et arabe. L’affectation des postes de dirigeants des grandes entreprises publiques suit à peu près le même schéma.

Ceci tout le monde le sait, voilà qui réjouira les aficionados de la clarté clanique/ethnique. Cependant, est ce que ce type de gouvernance profite à une communauté particulière? Aucunement! Aucun groupe n’en tire bénéfice, excepté une minorité non représentatif d’aucun groupe ; par représentatif, j’entends représentant et défendant les intérêts d’un groupe particulier. Même si à premier abord, il peut sembler à certains esprits que ce système profite à une communauté et discrimine envers les autres, il n’en est rien en vérité, pour solde de toute compte, la population djiboutienne dans toutes ses différences et dans sa grande majorité vit dans la misère !.

Mais ciel! Pourquoi donc nous discriminons les uns envers les autres, je veux dire, nous les jeunes, moins jeunes, vieux, moins vieux, alphabétisés ou non? Pourquoi nous nous regardons différemment selon qu’on soit d’un clan ou d’une ethnie autre que la notre? 

Parce que nous ne réclamons pas justice mais des faveurs, nous empruntons cette idéologie étatique qui nous divise tant, nous sommes affectés par les mêmes injustices que nous affligeons. Nous reportons nos maux les uns sur les autres au lieu de nous en débarrasser ensemble. Il est une chose que de reconnaître nos différences, il en est une autre que de nous stigmatiser pour ces différences.

Si nous voulons un pays, ce n’est sûrement pas en compartimentant, en figeant dans un rôle préconçu les uns et les autres que nous formerons un pays digne de ce nom. Tant que nous ne rejetterons pas les sectarismes, tant que nous accepterons une forme de gouvernance tribale, nous n’arriverons jamais à entreprendre quoi que ce soit!

Che 

16/11/07 (B421) A lire sur LOI cette semaine.

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN n°1226 – 17/11/2007
AFFAIRES & RESEAUX/ENTREPRISES

Star Cement
( Djibouti) La compagnie de Dubaï, filiale du groupe Eta-Ascon , s’est fait tirer les oreilles par les autorités djiboutiennes pour le retard pris dans la réalisation de la cimenterie d’Ali Sabieh. (…)

16/11/07 (B421) Communiqué de la Communauté Minoritaire Arabe de Belgique

Communiqué de la Communauté Minoritaire Arabe de Belgique

Nous, communauté arabe de Belgique, composée par Messieurs :

Ahmed Mohamed Ali (dit Abdo Ibi), Ali Salem Omar (dit Ali Géhédallah), Nasser Ali Houssein (dit Hassan Briguel), Khaled Soultan Mohamed, Houssein Mohamed Abdallah (dit Houssein Tuister), Idriss Ali Idriss, Mohamed Abdoulrahman Ghanem, Galal Said Abdo, Sadat Said Abdo (dit Sadat Modarek), Mouktar Issa Abdallah, Boulboul Mohamed Boulboul, Ahmed Ismael Farah (dit Ahmadi), Mauktar Ismael Farah, Kamal Mohamed Ibrahim, Alawi Abdo Ali, Ahmed Abdo Ali, Said Abdo Ali, Moustapha Mohamed Seif (dit Moustapha Gohli), Nagui Mohamed Said, Sadam Mohamed Said, Ilyas Salem Hassan…

Dénonçons l’acte barbare et incontrôlé de Ismaël Omar Guelleh (IOG). Par cet acte de bannissement aussi bien raciste que fasciste, IOG a commis l’irréparable. Mais quel message, notre dictateur, souhaiterait-il nous transmettre ?

Bien entendu, cet acte de bannissement de toute une famille djiboutienne veut dire beaucoup de choses. Il va sans doute au-delà de la famille de Monsieur Mohamed Saleh ALHOUMEKANI. Aujourd’hui, toutes les communautés et toutes les familles sont visées. Tout le monde doit se sentir menacé. Pour IOG, le message doit être clair comme l’eau de roche: quiconque refusera de plier l’échine devant Moi, se verra, soit éliminer physiquement (même si ce n’est pas le moment au vu de tout ce qui se passe autour de l’affaire Borrel), soit expulser (gratuitement) du pays vers d’autres cieux (Yémen, Borama, Somaliland, Ethiopie, Erythrée, Khartoum…).

Mais, par ce geste cynique, IOG n’a fait que renforcer notre détermination à le combattre et à le dénoncer sur tous les toits…

Nous, Communauté arabe de Belgique, demandons expressément à IOG de faire autant avec nos familles s’il le souhaite, cela ne changera rien à notre combat pour la démocratie et les libertés humaines. IOG ne pourra jamais nous ôter notre nationalité djiboutienne. Ce n’est pas avec un bout de papier, dont il a l’habitude de « djiboutianiser » certains et de « dédjiboutianiser » d’autres, qu’il sèmera la terreur à Djibouti. Qu’il l’utilise donc comme papier toilette !

Nous voudrions également rappeler à IOG, qu’un jour, lui-même, sera expulsé. Ce jour là, IOG sera étonné comme tant de dictateurs qui l’ont précédé. Que Dieu nous prête vie pour assister à ce jour. De toutes les façons, le peuple djiboutien assistera au moins à son enterrement ! Le peuple iraquien a siroté ce jour…pourquoi pas nous.

Les arabes de Djibouti, comme le reste des communautés, n’ont pas besoin de IOG pour être des djiboutiens. Ils le sont et le resteront à tout jamais car l’Histoire même de ce pays, est faite grâce à eux et à leurs aïeux.

Comme les dromadaires, les vaches ou encore les moutons pour les autres communautés ; les bâtiments, les ânes, les boutres, les poissons ou encore la culture des légume et fruits en disent long sur l’oeuvre des arabes à Djibouti. N’est-ce pas grâce aux ânes des arabes, introduits comme premier moyen de locomotion, que se déplaçait OMAR GUELLEH (papa d’IOG) ? Qui n’a pas entendu parler du poisson yéménite tant apprécié par les djiboutiens ? A contrario, qui a entendu parler du « poisson mamassane ou poisson Issa » ? (Personne !)

Qui n’a pas entendu parlé des jardins d’Ambouli et de leurs productions de fruits et légumes ? Dans quelle mosquée OMAR GUELLEH faisait-il sa petite prière ? A la mosquée Hamoudi ou celle de Sayiid-Hassan ?….la liste est normalement plus longue et IOG le sait très bien.

IOG devrait commencer à avoir honte, même si ce mot ne lui est pas familier !

Que nos familles soient donc expulsées pour rejoindre la famille ALHOUMEKANI au Yémen (pays dont restera fier d’être originaire) ! Que IOG le sache, nous sommes désormais tous de la famille ALHOUMEKANI !!!

16/11/07 (B421) Le Monde : Ratissages à Mogadiscio, théâtre d’une guerre urbaine sans merci

Aucun chef de guerre, aucun milicien, aucun fou de Mogadiscio n’avait encore réalisé cette performance : imposer silence et faire le vide dans le grand marché de Bakara.

Le quartier, même en période de combats dans la capitale somalienne, est d’ordinaire une ruche où règne le vacarme des coups de klaxon et des coups de feu, le son crachotant des appels à la prière et le cliquètement plus discret des transactions qui s’y concluent, allant de l’achat de lots de chaussettes synthétiques chinoises à celui de cargos entiers bourrés d’électronique ou de voitures d’occasion "reconditionnées" à Dubaï.

Aujourd’hui, pour la première fois de son histoire, Bakara est silencieux comme un sépulcre, ses rues abandonnées aux soldats. Les forces éthiopiennes entrées en Somalie en décembre 2006 et qui, depuis un an, subissent les assauts d’une insurrection à forte composante islamiste radicale, ont lancé, avec les soldats du gouvernement fédéral de transition (TFG) somalien qu’ils parrainent et protègent, une vaste opération à l’échelle de la capitale pour tenter d’en chasser leurs ennemis. A Bakara, cela consiste techniquement à cerner le quartier à l’aide de chars, à y déployer des troupes et à se livrer au porte-à-porte pour en chasser les "chababs", les groupes armés fondamentalistes somaliens qui se fondent habituellement dans la foule.

L’opération, jusqu’ici, a eu pour effet de faire fuire toute la population, qui s’entasse à présent dans les rares logements disponibles en périphérie ou sous des huttes en brousse, à la merci des pluies. Cela ne semble pas avoir rendu Bakara plus sûr. Dans l’une de ses rues, le gouverneur adjoint de la capitale, Abdifatah Ibrahim Shaawey, avance prudemment, tandis que ses hommes, doigt sur la détente, braquent kalachnikov et lance-roquettes sur la moindre venelle. Voici l’ex-marché aux armes, où les stands ont été démantelés, les stocks saisis. "Ici se concentraient tous les terroristes", affirme le gouverneur adjoint.

Pendant des mois, depuis Bakara et les quartiers environnants, des insurgés ont tiré au mortier ou au canon sans recul sur la présidence située en contrebas, qui répliquait avec des orgues de Staline, hachant indistinctement insurgés et civils.

Alors que les insurgés attaquent à nouveau forces éthiopiennes et troupes du gouvernement de transition, Abdi Qeybdid, ancien chef de guerre, ancien membre de la coalition soutenue par les Etats-Unis pour mener à Mogadiscio la "guerre contre le terrorisme" et actuel directeur de la police du TFG, explique le sens des ratissages en cours : "La dernière fois (lors des combats d’avril), nous avions commis une erreur, celle de ne pas fouiller la ville en profondeur. C’est ce que nous sommes en train de faire à présent. Nous allons rétablir la sécurité, et les habitants pourront regagner leurs quartiers."

Pour l’heure, les hommes d’Abdi Qeybdid ont déjà les plus grandes peines à rester en vie dans leurs postes de police, régulièrement attaqués. Une cinquantaine d’entre eux ont déjà été tués au cours des derniers mois par les insurgés, qui n’hésitent pas désormais à les décapiter et à exhiber leurs têtes, message destiné à bien faire comprendre que la terreur n’est pas un simple concept politique, mais l’arme d’une guerre urbaine sans merci.

A l’autre bout de Mogadiscio, d’autres quartiers qui devraient être "nettoyés" offrent un spectacle moins encourageant encore que Bakara. Dès la sortie de Karan, l’un des bastions gouvernementaux, il n’y a plus âme qui vive, hormis des soldats embusqués qui s’abritent de leur mieux pour éviter de se faire assassiner et tentent de se convaincre qu’ils sont en train de prendre le contrôle des quartiers nord où ne s’aventurent que de rares véhicules, hérissés d’armes, roulant plein gaz.

A l’hôpital SOS, au coeur d’un autre bastion insurgé théoriquement "ratissé", la tension règne. Terriblement nerveux, un des responsables de l’hôpital tente d’abord d’éluder les questions avant de glisser : "Bon, d’accord, les chababs sont partout dans le quartier. Ils n’entrent pas ici, ils passent seulement devant l’hôpital et nous font des signes de la main à travers la clôture. Maintenant, par pitié, allez-vous en, c’est dangereux." A Karan, les autorités de transition organisent dans un petit stade une manifestation de soutien aux opérations en cours. Le nombre des participants est inférieur à celui des soldats chargés de les protéger. La pluie menace, la chaleur s’épaissit, nul n’a envie de traîner et de s’exposer à un jet de grenade, un attentat- suicide ou un tir de mortier des insurgés.

Tous les dirigeants du TFG qui comptent sont là, à commencer par Mohammed Dheere, le gouverneur de Mogadiscio, qui les domine tous par la taille et affirme que "la sécurité s’améliore", en précisant que les insurgés ont déjà fui la capitale. Les discours à peine achevés, les lieux se vident en un instant. Moins d’une heure après la cérémonie, un camion de transport de troupes sautait près d’une base éthiopienne sur une mine actionnée par un dispositif télécommandé.

16/11/07 (B421) LIBERATION Le chaos somalien, entre rebelles islamistes et occupation éthiopienne

CHRISTOPHE AYAD

Est-ce la deuxième, la troisième ou la quatrième bataille de Mogadiscio de l’année en cours ? Plus personne ne compte, plus personne ne sait vraiment. Les habitants de Mogadiscio ont pris l’habitude de déménager au gré des offensives de l’insurrection d’obédience islamiste, qui a juré de chasser par les armes l’armée d’occupation éthiopienne. Ces deux dernières semaines, plus de 170 000 personnes ont fui Mogadiscio, en proie à de violents combats. L’insécurité est telle que le Programme alimentaire mondial (PAM) est dans l’incapacité de distribuer de l’aide.

Qui sont les insurgés ?

L’essentiel de la mouqawama (la résistance) est constitué de l’aile radicale des Tribunaux islamiques, notamment les Chebab (jeunes), la milice la plus extrémiste de cette coalition disparate qui régna sur Mogadiscio de juin à décembre 2006. Mais il serait faux de réduire la guérilla aux seuls Chebab. Les principaux clans de la capitale, apparentés au groupe Hawyie, ont rejoint l’opposition armée par hostilité au président Abdallah Yusuf, originaire du Puntland, et à ses alliés éthiopiens. Les principaux chefs politiques des Tribunaux islamiques sont réfugiés en Erythrée, principal ennemi régional de l’Ethiopie.

De plus en plus, les insurgés somaliens mobilisent sur un mode nationaliste et rallient tous ceux qui veulent en finir avec l’occupation de la Somalie – musulmane – par l’Ethiopie, l’«ennemi chrétien séculaire».

Que fait le gouvernement ?

En bientôt un an de pouvoir à Mogadiscio, le gouvernement fédéral de transition n’a jamais su imposer la loi et l’ordre, ni sa crédibilité. Le marché de Bakara, véritable poumon économique de la capitale, a été ravagé par les flammes lors de combats.

L’insurrection mène des attentats quasi quotidiens et n’hésite plus à décapiter les agents du pouvoir accusés de traîtrise. Les forces gouvernementales et éthiopiennes ne se privent pas de piller les quartiers vidés par les combats ou de rançonner les habitants aux barrages. Huit journalistes ont été assassinés depuis le début de l’année. Le pouvoir, qui a assiégé une radio pendant plusieurs jours, a même fait arrêter le représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) pour des déclarations jugées déplaisantes.

Les Tribunaux islamiques avaient rétabli un calme sans précédent depuis le début de la guerre civile en 1991. Même la piraterie, dont les Tribunaux islamiques étaient venus à bout, est en plein essor : l’US Navy, qui patrouille dans les parages, ne parvient pas à en venir à bout.

Les institutions fédérales elles-mêmes traversent une grave crise. Le Premier ministre Ali Gedi, qu’une rivalité opposait au Président Abdallah Yusuf, a démissionné au début du mois. Le président du Parlement avait été démis en janvier pour sa sympathie envers les Tribunaux islamiques, malgré les protestations de la communauté internationale. Dans ce contexte, aucun projet de reconstruction ou de développement n’a été mené à bien, ni même lancé.

La Somalie est-elle un nouveau front de la guerre contre le terrorisme ?

Ce que dénonçait Washington est en train de se réaliser. En accusant, il y a un an, les Tribunaux islamiques d’être sous la coupe d’Al-Qaeda, l’administration américaine a travesti la réalité (moins d’une demi-douzaine de membres étaient hébergés et protégés par les Chebab) et donné un feu vert explicite à Addis Abeba pour envahir son voisin. Malgré les communiqués sur l’amélioration sécuritaire, l’armée éthiopienne est de plus en plus engluée dans un conflit qui ressemble par bien des aspects au fiasco américain en Irak. Plus le conflit dure et plus les radicaux, proches d’Al-Qaeda, s’imposent à la tête de l’insurrection.

A part l’Ouganda, qui a envoyé un millier d’hommes, régulièrement pris pour cible, aucun autre pays africain ne veut participer à l’Amisom, la force de paix de l’Union africaine quasi mort-née

16/11/07 (B421) RSF / Somalie SOMALIE – Reporters sans frontières appelle le président Abdullahi Yusuf à clarifier la position du gouvernement sur la liberté de la presse

Dans une lettre adressée au président du Gouvernement fédéral de transition somalien, Abdullahi Yusuf Ahmed, Reporters sans frontières a protesté contre "la violation de ses engagements que constituent les propos du maire de Mogadiscio, Mohamed Omar Habeb, exigeant des médias et journalistes de s’enregistrer auprès des autorités pour pouvoir travailler dans la capitale".

Le 14 novembre 2007, Mohamed Omar Habeb a appelé "tous les médias", y compris "les représentants des médias étrangers", à s’enregistrer auprès des autorités "dans les 30 jours pour continuer à travailler à Mogadiscio, sinon ils ne seront pas autorisés".

"Outre qu’il n’existe pas de base légale à cette décision, aucune loi en Somalie n’étant susceptible de la justifier, il n’appartient pas au maire de la capitale de déterminer qui est autorisé à couvrir l’actualité et qui ne l’est pas. Les règles élémentaires de la profession stipulent que les seules autorités habilitées à assigner des missions aux journalistes sont leurs rédactions en chef", peut-on lire dans le courrier, daté du 16 novembre 2007.

Quatre radios privées (Radio Quran Karim, Radio Mogadishu, Voice of Democracy, Radio Somaliweyn), une chaîne de télévision (Universal TV, basée à Londres) et cinq correspondants locaux de médias internationaux (AFP, Reuters, Associated Press, BBC, VOA) sont les derniers journalistes à pouvoir travailler à Mogadisicio.

"Certes, la délivrance d’accréditations par les autorités, pratiquée par de nombreux pays, peut se comprendre dans une situation de conflit armé. Mais l’enregistrement sélectif des médias, dans un contexte où trois radios privées ont été récemment fermées arbitrairement par la force et où des journalistes sont régulièrement incarcérés hors de toute procédure légale, constitue une mesure supplémentaire de censure et de contrôle de l’information, incompatible avec les engagements du gouvernement que vous présidez", a ajouté l’organisation.

Reporters sans frontières cite l’exemple de la fermeture, les 12 et 13 novembre 2007, de Radio Shabelle, Radio Banadir et Radio Simba, et de la détention arbitraire du photographe indépendant Salah Mohammed Adde, arrêté le 15 novembre par la brigade criminelle lors d’un meeting au stade de football Banadir, dans le nord de Mogadiscio. Le journaliste a été interpellé alors qu’il prenait des photographies de manifestants qui soutenaient l’opération de police lancée par les troupes somaliennes, appuyées par l’armée éthiopienne, dans le centre de la capitale. Il est toujours en détention depuis.

L’organisation estime que ces incidents "violent la Charte fédérale de transition de février 2004, qui sert de corpus législatif suprême à la Somalie, sur plusieurs points". L’article 3, alinéa 1, stipule que le gouvernement fonde son action sur "la suprématie de la loi" et sur "une gouvernance conforme à la Charte". L’article 4, alinéa c, précise que l’interprétation de la Charte doit privilégier "ce qui fait avancer la dignité humaine, l’intégrité, les droits et les libertés fondamentales, ainsi que l’Etat de droit". Enfin, l’article 20, alinéa 1, engage le gouvernement fédéral de transition à "garantir la liberté de la presse et des médias indépendants, conformément à la loi".

"Ces trois dispositions essentielles de la Charte donnent manifestement tort au maire de Mogadiscio. Du reste, ce dernier, en tant qu’ancien gouvernement de Jowhar sous le nom de guerre de ‘Mohamed Dhere’, a déjà, par le passé, fait la démonstration de son mépris pour la liberté de la presse, en faisant régulièrement arrêter des journalistes selon son bon vouloir", a écrit Reporters sans frontières.

L’organisation appelle donc Abdullahi Yusuf Ahmed "à prendre des engagements publics clairs en faveur de la presse indépendante somalienne, qui a payé un lourd tribut à la guerre cette année et qui se trouve prise entre les feux croisés des insurgés et de votre armée. De deux choses l’une, soit votre gouvernement fonde son action sur la Charte fédérale de transition et le maire de Mogadiscio ne doit pas mettre ses menaces en pratique, Radio Shabelle, Radio Banadir et Radio Simba doivent être autorisées à reprendre leurs activités et Salah Mohammed Adde doit être libéré ; soit votre gouvernement décide de s’affranchir de ses règles fondatrices et il est indispensable que son président l’assume publiquement", a conclu l’organisation.

15/11/07 (B421) LDDH : Appel à protester contre la fermeture de trois stations de Radio en Somalie

Le Président

DIFFUSION D’INFORMATION
DU 13 et 15 NOVEMBRE 2007

TROIS RADIO DE MOGADISCIO FERMES.

LE GÉNOCIDE DES POPULATIONS DU SUD DE LA SOMALIE
ET LES MEURTRES ET LES DISPARITIONS FORCEES S’AMPLIFIENT.
L’AFRIQUE GARDE encore et toujours UN SILENCE QUI TUE.

En plus de Radio Shabelle,  deux autres radios viennent aussi d’être fermées. Il s’agit de : Radio Banadir et de Simba radio et un texte pseudo juridique digne d’un régime raciste limitant les conditions d’exercices des Journalistes, avec des clauses inadmissibles et portant atteinte à la Liberté de la Presse.

Reporters Sans Frontières a publié une condamnation officielle.  

La Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme demande, aux Forces d’occupation du Sud de la Somalie, l’ouverture immédiate de Radio Shabelle, Banadir et Simba dont le siège sociale et à Mogadiscio. Ceci nous fait rappeler le bombardement de Radio Mogadiscio par les Forces aériennes des Etats-Unis.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) avait, dans sa Diffusion d’Information du 21 octobre 2007, dénoncé avec fermeté le silence de l’Union Africaine et de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples
qui devient de plus en plus intolérable.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) repose encore la même question suivante :
– faut-il considérer nos responsables de l’Union Africaine comme des complices ou des commanditaires du génocide en Somalie du Sud »?

Difficiles et douloureux dilemmes qui ne peuvent qu’aggraver le génocide et les crimes de guerre  perpétrés par les Forces Ethiopiennes et dont les premières victimes sont les populations du Sud de la Somalie.

La LDDH dénonce la violence, intolérable et inhumaine, imposée :
– aux Journalistes Somalis, aux médecins et aux blessés civils dans les hôpitaux et aux autres défenseurs des Droits de l’Homme ;
– par les arrestations arbitraires, les disparitions forcées qui font légion, et les exécutions extrajudiciaires sur les civils ciblés de la somalie du sud.

M. NOEL ABDI Jean-Paul
Vice-président de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme
Chargé de la Corne d’Afrique.
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EAST AND HORN OF AFRICA HUMAN RIGHTS DEFENDERS NETWORK

Public Statement
EHAHRD-Net Index:            SOMA 029/005/2007   (Public)

14th November 2007

KAMPALA: EHAHRD-Net CONDEMNS CLOSURE OF TWO MORE RADIO STATIONS IN SOMALIA
 
Just a day after Somalia ‘s TFG forces closed Radio Shabelle, two more
stations; Radio Banadir and Simba radio have also been reportedly closed.

Simba Radio was earlier closed a month ago but was later re-opened.

According to Network sources, TFG soldiers forced their way into the stations’ premises and ordered them closed. No reason was given for the closures.

« This continued attack on the media is very distasteful and must stop immediately. The TFG authorities must respect freedom of the press without fail if they must be seen to be interested in establishing democratic Governance in war-torn Somalia , » says Hassan Shire Sheikh, Chairperson

EHAHRDP/Net.

Radio Simba, Radio Banadir, HornAfrik and Shabelle have been most affected in recent months recording at least 8 deaths of their staff between them.

This, coupled with repeated threats and closures has forced over 20 journalists to flee the country for dear lives, leaving a terrible communication gap in the country and denying the Somali people their legitimate right to information.
 
APPEAL:
 
. EHAHRD-Net appeals to the TFG authorities to immediately and unconditionally re-open the radio stations that have been shut;
. EHAHRD-Net also appeals to the insurgents, the Ethiopian forces and the TFG to respect media freedom without fail. All warring factions must desist from any further attacks on journalists as a media black-out would constitute a further compromise of the rights of the Somali people;
. The Network further calls upon the UN and the African Commission on Human and Peoples’ Rights to use their relevant mandates to ensure that Somali authorities desist from shutting and intimidating media houses.
 
All Network members are encouraged to write to the Somali authorities furthering this appeal.
 
Send appeals to:
 
The Somali Ambassador in Kenya , asking for them to be forwarded to Somalia’s President, Col. Abdullahi Yusuf Ahmed: TFG Ambassador, Mohamed Ali Nur,
PO Box 623-00606
Jabavu Road, Hurlingham
Nairobi, Kenya 
Email: mali@somaliembassy.co.ke
Salutation: Dear Sir
 
For further information, please contact
 
Tumusiime Kabwende Deo
Press Officer, +256-712-075721


Regional Coordination Office
EAST AND HORN OF AFRICA HUMAN RIGHTS DEFENDERS PROJECT (EHAHRDP)
Human Rights House, Plot 1853, Lulume Rd., Nsambya
P.O. Box 70356 Kampala, Uganda
Phone: +256-414-510263(general)/ext.112
          +256-414-267118(direct)
Fax: +256-414-267117
E-mail: ehahrdp@yahoo.ca, hshire@yorku.ca
Website: http://www.yorku.ca/crs/AHRDP/index.html  

15/11/07 (B421) Le Temps (Suisse) INTERNATIONAL : Ratissage dans les rues de Mogadiscio

Auteur: Jean-Philippe Rémy, envoyé spécial à Mogadiscio, Le Monde

SOMALIE. Sanglante reprise en main de la capitale par les forces gouvernementales.

On ne détruit pas méthodiquement une ville, au mépris des conventions de la guerre, sans avoir besoin de reprendre son souffle de temps à autre. Contrairement aux jours précédents, Mogadiscio n’a pas connu de combats importants, le mardi 13 novembre, entre les insurgés embusqués dans la capitale somalienne et leurs ennemis, les troupes éthiopiennes et leurs alliés du gouvernement fédéral de transition (TFG) du président Abdullahi Yusuf.

La trêve a peu de chances de durer avant que ne reprenne, à Mogadiscio, la nouvelle phase d’une guerre sans front et sans règles, seconde bataille menée par des insurgés qui regroupent milices de clans majoritaires dans la capitale et groupes fondamentalistes de la galaxie des Shabab (jeunesse). Ils sont lancés dans une lutte à mort contre les forces éthiopiennes entrées en Somalie voilà presque un an pour chasser les Tribunaux islamiques qui avaient pris le pouvoir dans le sud du pays.

La bataille précédente, en avril, avait fait plusieurs centaines de morts, sans épargner les habitants de la ville. Des secteurs entiers de Mogadiscio avaient été ravagés par des pilonnages de l’artillerie lourde éthiopienne. Puis les insurgés, après avoir été écrasés sous un déluge de feu, s’étaient retirés de la capitale. Après s’y être infiltrés à nouveau, ils ont repris crescendo, au cours des dernières semaines, des attaques frontales avec plusieurs centaines de combattants appuyés par des mortiers et de petits canons contre les bases et les positions de l’armée éthiopienne ou du TFG.

En réponse, les forces éthiopiennes ont lancé une vaste opération de ratissage qui touche au moins un tiers de la ville. Le principe en est simple et dévastateur. Partout où les insurgés sont soupçonnés de pouvoir s’abriter, au nord comme au sud de Mogadiscio, les troupes éthiopiennes et leurs alliés du TFG ont entrepris de faire le vide, chassant les habitants pour fouiller les maisons au porte-à-porte, et pillant allégrement tout ce qui peut l’être. Ceux qui en ont les moyens ont déjà fui dans les environs de Mogadiscio ou d’autres quartiers de la ville, désormais surpeuplés. Les plus démunis, n’ayant nulle part où aller alors que les prix s’envolent, restent aux abords de leur maison, exposés à la mort.

Les attentats-suicides avaient été introduits en avril. Ces dernières semaines, l’assassinat ciblé ou aveugle s’est imposé comme une nouvelle tactique de la sale guerre urbaine. Des cas de décapitation ont été signalés. Les insurgés sont soupçonnés d’en être responsables. Plusieurs sources confirment l’existence de tireurs d’élite éthiopiens qui abattent quiconque passe dans leur ligne de mire dans les quartiers que les alliés du TFG veulent vider, sans distinction d’âge ou de sexe.

Depuis que la foule a traîné les corps de plusieurs des leurs dans les rues de Mogadiscio, les troupes d’Addis-Abeba ont perdu toute retenue. Les soldats éthiopiens tirent sur les passants, et ont ouvert le feu avec des chars sur des quartiers d’habitation ou sur le marché de Bakara. Ce quartier, poumon économique d’un dynamisme qui inondait, il y a encore un an, toute l’Afrique de l’Est de produits en provenance d’Asie du Sud-Est, est désert et ses entrepôts sont pillés, selon les rares informations qui en filtrent. Quiconque s’en approche risque de se trouver dans le viseur d’un tireur, comme cela s’est encore produit mardi.

Dans le quartier de Hamar Weyne, moins exposé aux destructions – il a été en grande partie démoli pendant les grands combats entre clans, il y a quinze ans -, les ruelles grouillent de monde. Dans l’une des maisons où s’entassent les familles, Cheikh Abba, un leader spirituel, s’interrompt au milieu de consultations de médecine traditionnelle pour implorer «la communauté internationale d’arrêter le massacre».

Alors que la ville suffoque, les hôpitaux regorgent de blessés. A Medina, les corps racontent une guerre qui n’épargne aucun civil. Une famille exhibe la balle ôtée du corps d’Abdinur Uluso. La pointe du projectile a été rognée par le tireur, technique qui rend les blessures plus horribles encore. Non loin, une adolescente fixe le plafond, hébétée par les sédatifs. Un tir de lance-roquettes lui a emporté le bras droit.

«Les Ethiopiens entrent dans les maisons et tirent sur nous en nous traitant de terroristes», hurlent des femmes dans le couloir. Un homme, blessé à la tête, trouve encore la force d’injurier les troupes du TFG.