Articles

15/08/2014 (Brève 425) La bataille de Goda entre le FRUD et l’armée de Djibouti. (Alwhida)

Lien avec l’article original

La bataille de Goda à une vingtaine de km de Tadjourah qui a été déclenché le 11 août confirme l’emprise du FRUD sur les deux régions de Tadjourah et d’Obock.

Les affrontements de Sismo dans les Mablas de fin juin avaient laissé un goût amer aux troupes dijboutiennes qui ont été repoussées à 2 reprises malgré l’utlisation des armes lourdes. Les militaires du Camp Mariama (situé non loin d’Arta) ont refusé d’aller combattre le FRUD.

La bataille de Goda  à une vingtaine de km de Tadjourah qui a été déclenché le 11 août confirme l’emprise du FRUD sur les deux régions de Tadjourah et d’Obock. 
 

Les combattants du FRUD ont mis en échec une nouvelle offensive de l’armée djiboutienne qui a mobilisé des soldats d’Assagueila, de Doumeira, de Dorra et de Tadjourah et qui ont attaqué par 4 endroits (Dissay Af et le Day , Amisso Daba et Assa Gueri Af). Les combats qui ont duré toute la journée du 11 août ont permis au FRUD de repousser les assaillants (militaires djiboutiens) qui ont eu une perte importante: 4 soldats sont morts sur place et le 5ème est décédé à l’hôpital français Bouffard, 7 autres ont été blessés parmi les troupes dépêchées de Dorra et d’Assagueila. L’hélicoptère n’a pas pu se poser durant cette journée dans les environs pour transporter les blessés. Le FRUD de son côté n’a eu à déplorer aucune perte.

14/12/07 (B425) Fin de la panique à Haramous ? Consternant ! (ARDHD)

Depuis un an, la panique s’était emparée d’Haramous et de l’Escale. Les derniers développements judiciaires de l’affaire Borrel, les nouvelles révélations sur l’assassinat de Bernard Borrel, les perquisitions aux Ministères de la Justice et des Affaires étrangères, la tentative de perquisition à l’Elysée, tous ces faits inquiétaient Guelleh au plus haut point …

A Djibouti, on ne pouvait plus prononcer le mot de Borrel en public, ni envoyer un SMS avec ces six lettres, sans risquer un interrogatoire musclé accompagné souvent de quelques nuits passés à Nagad ou à Gabode …

L’élection de Sarkozy a ajouté une nouvelle couche à la crainte : très vite, il a reçu Mme Borrel et son fils, puis le Procureur de Paris a (enfin !) reconnu que l’instruction judiciaire était conduite pour assassinat et non plus pour suicide.

Pour Guelleh, dont l’attitude et les gesticulations donnaient l’impression qu’il porte un fardeau, le poids d’une grand culpabilité, c’était lourd à porter. Froussard (?), il paniquait : c’est ce que rapportaient certains observateurs. Comme nous l’avons écrit à plusieurs reprises, ses craintes étaient exagérées, car il ne risquait pas grand chose… même si il était reconnu officiellement comme le commanditaire de l’assassinat …

Aujourd’hui, il respire certainement mieux. Ses nuits seront plus calmes. Reçu par Sarkozy, qui ne semble pas avoir mis la résolution de l’affaire Borrel, comme une condition préalable à la reprise de la coopération franco-djiboutienne, accueilli par les membres du MEDEF, il va repartir serein. D’autant plus que Sarkozy a accepté le principe d’un voyage à Djibouti …

On a l’impression que l’assassinat du Juge Borrel a été sacrifié sur l’hôtel de la real politic …

Sarkozy avait soulevé beaucoup d’espoir. Enfin un Président plus jeune qui n’avait pas de lien avec les vieux tenants de la Françafric …

Cela n’aura tenu que six mois : les vieux démons ont repris le dessus et Guelleh redevient un personnage fréquentable pour le nouveau locataire de l’Elysée …

Alors on peut reposer la question que nous soulevons depuis des années : qui est le cadavre dans le placard entre la France et Djibouti et dont Guelleh se sert pour forcer les dirigeants français passés et présents à renouer de bonnes relations avec lui …. Imaginons, par exemple, que Guelleh ait apporté des preuves montrant que des autorités françaises seraient aussi impliquées dans le meurtre de Bernard Borrel ? Ou d’autres preuves montrant une implication de la France dans des trafics ou des actions pas très avouables.

La solution réside peut-être à ce niveau …
En tout cas, l’avancée de l’instruction de la Juge Clément dans le dossier d’instruction de l’assassinat est bien compromise … dans la mesure où les possibles responsables sont de nouveau bien en cours à l’Elysée. Consternant …

14/12/07 (B425) Le Figaro Magazine : interview exclusive de Guelleh qui tient des propos « renversants » !!! (Les lecteurs apprécieront la langue de bois …)

Affaire Borrel : «La justice française pas indépendante»

Propos recueillis par Aziz Zemouri, Le Figaro Magazine.

INTERVIEW Nicolas Sarkozy s’est entretenu mardi avec le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. En exclusivité, le président djiboutien a répondu aux questions d’un de nos journalistes.

«La France et Djibouti entretiennent des relations d’Etat à Etat de confiance » a déclaré, le porte-parole de l’Elysée, David Martinon à l’issue de la rencontre entre Nicolas Sarkoy et le président djiboutien Ismaël Omar Guelleh. Les deux hommes ont longuement évoqué l’enquête sur l’assassinat du juge Borrel mais rien n’a filtré sur cette affaire à l’issue de la rencontre.

Magistrat détaché à Djibouti, Bernard Borrel a été retrouvé mort en 1995, le corps en partie carbonisé, en contrebas d’un ravin, à 80 km de Djibouti.

L’enquête française a privilégié dans un premier temps la thèse du suicide avant de retenir celle d’un assassinat après de nouvelles expertises.

Vous vous êtes entretenus mardi avec Nicolas Sarkozy de l’affaire Borrel entre autres ?

Ismaël Omar Guelleh, Président de la République de Djibouti : En effet. J’ai dit à Nicolas Sarkozy que la justice française n’est pas indépendante. Tous les éléments qui infirment la thèse défendue par le juge Sophie Clément et Mme Borrel ne sont pas retenus. Exactement comme dans l’affaire Outreau !

Le dernier en date : l’expertise adn du principal suspect, un Tunisien, s’est révélée négative. Plutôt qu’entériner ce fait, la juge veut désormais procéder elle-même au prélèvement adn alors qu’elle avait demandé à un magistrat tunisien de s’en occuper par commission rogatoire. Comment peut-elle mener une instruction indépendante alors que dans cette affaire tous les syndicats de magistrats sont partie civile et partisans de Mme Borrel ?

De nouveaux éléments sont apparus, la thèse judiciaire qui prévaut aujourd’hui est celle d’un homicide, qu’en pensez-vous ?

Je n’arrête pas de lire en France que les autorités djiboutiennes ont conclu à un suicide dans l’affaire Borrel. C’est totalement faux. C’est un communiqué de l’ambassade de France qui l’a affirmé le jour de la découverte du corps du magistrat. Ce sont des militaires français qui ont découvert le corps. Il a été transféré dans un hôpital français, les médecins qui l’ont autopsié sont Français. Nous n’avons absolument rien à voir avec cette histoire.

Pourquoi avoir fait expulser la famille d’un de vos principaux accusateurs?

Nous n’avons pas expulsé la famille de M.Aloumekani (ancien militaire djiboutien, il a accusé Guelleh d’être le commanditaire de « l’assassinat » de Borrel ndlr). Nous n’expulsons pas nos propres ressortissants. Tous les membres de la famille sont citoyens djiboutiens. Ils sont actuellement au Yémen car l’opinion djiboutienne en a plus qu’assez de cette histoire et nous avons eu peur qu’un individu s’en prenne violemment à elle. Que ne dirait-on pas s’il leur arrivait quelque chose.

Qu’avez-vous retenu au final de votre rencontre avec Nicolas Sarkozy ?

Il souhaite que les relations entre nos deux Etats ne soient pas court-circuitées par cette affaire. La justice suit son cours mais nous ne devons pas nous empêcher d’avoir des relations entre nos deux pays. Je suis d’accord avec ce point de vue. Dans le même temps, j’ai le sentiment qu’il aime prendre constamment le contre-pied de son prédécesseur Jacques Chirac d’où son affichage avec Mme Borrel.

12/12/07 (B425) AFRIKCOM :Les présidents djiboutien et français évoquent l’affaire Borrel

Le dirigeant djiboutien, Ismael Omar Guelleh, a évoqué avec son homologue français Nicolas Sarkozy, mardi, à Paris, l’affaire du juge Bernard Borrel, mentionne Nouvel Obs.com.

Les présidents ont convenu « qu’une bonne coopération entre les juge des deux pays, dans le respect du droit international, était dans l’intérêt d’une bonne justice », a déclaré le porte-parole de l’Elysée, David Martinon. Le corps sans vie du juge Borrel avait été retrouvé en 1995, à Djibouti.

13/12/07 (B425) Le Soleil (Sénégal) Le débarquement américain aura-t-il lieu ?

La destination-Afrique n’a jamais été autant courue par des officiels militaires et civils américains que depuis l’annonce, le 6 février dernier, par le président Georges Bush, de la création d’un Commandement unifié des forces armées des États-unis pour l’Afrique. Depuis avril, ils sont nombreux à sillonner le continent pour faire valoir ce programme dont la finalité serait « la promotion de la paix, de la sécurité et du développement ». Mais le projet inquiète et peine à obtenir l’agrément des Etats africains. Le Commandement unifié des forces armées des États-unis pour l’Afrique « renforcera notre coopération avec l’Afrique en matière de sécurité et nous offrira de nouveaux moyens d’accroître les capacités de nos partenaires en Afrique. Il nous permettra d’intensifier nos efforts en vue d’apporter la paix et la sécurité aux peuples d’Afrique et de promouvoir nos objectifs communs en matière de développement, de santé, d’éducation, de démocratie et de croissance économique en Afrique ».

Cette profession de foi du président Bush, à l’attention du peuple américain, résume le message répété par ses émissaires en Afrique pour que l’Africom, selon son appellation consacrée, soit favorablement accueilli. Le vice-amiral Robert T. Moeller, Marie Carlin Yate, respectivement commandant adjoint des opérations militaires et commandant adjoint chargé des activités civilo-militaires de l’Africom étaient, fin novembre, à Ouagadougou dans ce dessein. Auparavant, le sous-secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Politique, Ryan Henry, avait effectué deux longues tournées qui l’ont amené, tour à tour, en Afrique du Sud, en Éthiopie, au Ghana, au Kenya, au Nigeria et au Sénégal, ainsi qu’au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, en avril, puis au Maroc, en Algérie, en Libye, en Egypte, à Djibouti et au Kenya notamment, en juin.

A ce jour, excepté Djibouti, qui abrite déjà une base et le Liberia dont nul n’ignore la sensibilité américaine, aucun autre pays consulté n’est ni convaincu de l’opportunité de l’Africom, ni prêt à s’engager à héberger ce centre de commandement américain qui devrait être opérationnel en septembre 2008, avec 1 ?000 hommes, militaires et civils confondus. Même la nomination par le président Bush du général africain-américain, William Ward, n’a pas altéré la réticence de ses « frères » africains.

Circonspection et méfiance

Cette fin de non-recevoir, en des accents très diplomatiques par endroits, même si elle peut ne pas être définitive, fleure bon la circonspection et la méfiance des Africains devant la hâte de l’Administration Bush à densifier sa présence militaire sur le continent.

Depuis le désastre de l’opération « Restore Hope », quelque 2.000 GI’s sont positionnés à Djibouti, au camp Lemonnier, donnant le change aux Français. Pourquoi Washington veut-elle aussi soudainement passer à la vitesse supérieure, renforcer ses forces en Afrique, mettre tout le continent – exceptée l’Egypte – et les îles des océans Pacifique et Indien, sous la férule unique de l’Africom ?

Pour nombre d’autorités africaines rétives à l’installation d’une force américaine en Afrique, les réponses à cette interrogation coulent de source. La première serait un prétexte : la lutte contre le terrorisme. Les Américains voudraient faire croire qu’il faut de toute urgence inclure l’Afrique dans le théâtre d’opérations de leur guerre planétaire contre al-Qaïda et ses affidés, sans quoi les foyers virulents de la Corne de l’Afrique et du Maghreb embraseront tout un continent qui, laissé à lui-même, à ses faibles moyens, serait coupable du règne de l’ordre terroriste sur le monde. Le mobile apparent serait donc d’aider l’Afrique à se protéger militairement du terrorisme pour en faire un bouclier protecteur de plus pour le monde entier.

Mais ce deal mis en perspective semble d’autant moins acceptable, du côté de la plupart des capitales africaines, que la crainte est plutôt d’être embarquées dans une « guerre contre le terrorisme » dont elles n’auraient pas le contrôle.

Une forte présence militaire américaine sur le sol africain focaliserait à coup sûr l’attention des terroristes sur ce continent vulnérable et y dupliquerait à plus large échelle les bourbiers afghan et irakien. L’on en a d’ailleurs un avant-goût amer avec le chaos qui prévaut en Somalie.

Militarisation à des fins économiques

Sous un autre angle critique, l’on accuse le gouvernement américain d’exagérer le risque terroriste en Afrique pour y légitimer une présence militaire qui lui permettrait d’atteindre son véritable objectif : amoindrir sa dépendance envers le Moyen-Orient, en s’assurant un approvisionnement sécurisé et durable en pétrole à partir du continent qui lui fournit déjà 15% de ses besoins en hydrocarbures. Un seuil qui pourrait, dans ces conditions, être très rapidement franchi, pour atteindre 25% en 2015, selon les experts en la matière. La mainmise américaine porterait également sur les autres ressources dont regorge le continent.

La militarisation américaine de l’Afrique à des fins économiques, dans le sens « colonialiste » du terme serait également un moyen d’endiguer « le péril jaune », de freiner la montée en puissance de la Chine sur le continent noir. En quête insatiable de pétrole et d’autres produits de base, l’Empire du milieu est en train d’y étendre son influence, par le biais d’accords de financement et de coopération pour le développement nettement plus favorable aux pays africains qu’ils engagent que ceux qui les lient à leurs partenaires du Nord. Chose que les Américains et les autres Occidentaux perçoivent d’un très mauvais œil.

Dans certaines formations politiques africaines opposées aux pouvoirs en place, l’on voit en l’Africom une cinquième colonne fortement armée qui autoriserait les Etats-unis à s’ingérer dans la vie des nations, pour leur imposer les régimes et dirigeants qui leur sont favorables.

Comme ils l’ont déjà fait à Djibouti où leur activisme militaire a permis le maintien et le renforcement du régime dictatorial d’Omar Guelleh.

Les autorités américaines s’en défendent, bien entendu. « La lutte contre le terrorisme n’est pas le principal objectif de l’Africom et les États-unis n’ont nullement l’intention de créer des bases dans ce continent ou d’y faire la guerre ». « La mission de l’Africom sera d’aider les pays africains à être plus indépendants en termes de sécurité, à défendre leurs intérêts économiques, à se doter des capacités nécessaires pour assurer la sécurité des installations pétrolières et du transport des hydrocarbures ».

« Africom jouera un rôle diplomatique ». « Il répondra aux besoins humanitaires des pays africains en termes de logistique ». « Notre aide n’est pas conditionnée ». « Nous sommes disposés à œuvrer de concert avec la Chine n’importe où dans le monde. Si la Chine réussit, le reste du monde réussira ». C’est ce qu’on lit ou entend dire…

Partenariat et non-ingérence

A dire vrai, si les missions primordiales d’Africom sont d’aider les Africains à assurer leur sécurité et à se développer, de faire de la diplomatie et de l’humanitaire, le renforcement de l’existant conviendrait bien mieux que l’envoi de troupes armées, même mélangées à des civils. A quoi bon un doublon militaire avec les ambassades, l’Agence des Etats-unis pour le développement international (Usaid) et le Corps américain de la paix dont les volontaires ont depuis fort longtemps conquis le cœur de nombreux Africains, jusque dans les villages les plus reculés ?

En matière de sécurité, n’est-il pas plus indiqué de continuer à entretenir la coopération déjà engagée avec les armées africaines en termes de formation et de renforcement des capacités, mais également de partenariat à l’image des équipes des Forces spéciales américaines qui opèrent dans le cadre de l’Initiative contre-terroriste transsaharienne (Tscti) ?

La paix et la sécurité restent assurément un enjeu majeur en Afrique, au regard des nombreux conflits qui hypothèquent son développement et l’avenir de ses peuples. Toujours est-il que l’Africom aura très peu de chances d’être accepté, s’il ne se limite pas à former des soldats de maintien de la paix ou à porter une assistance en cas de désastre, tout en évitant soigneusement de s’ingérer dans la politique intérieur des pays africains.

L’on s’accorde avec le président Thabo Mbeki pour souligner que ! « lorsque l’Afrique fait montre de sa capacité à résoudre elle-même ses problèmes, les pays développés devraient l’y encourager, plutôt que de dresser des obstacles devant elle ». Et avec Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l’Union africaine, qui a récemment soutenu que : « l’aide au développement devrait cesser de servir de prétexte aux puissances occidentales, pour s’ingérer dans les affaires intérieures des pays africaines ».

La préférence de presque tous les chefs d’Etat africains est pour un partenariat avec les Etats-unis, ou toute autre puissance, dans le sens du renforcement des mécanismes de sécurité de l’Union africaine (UA), dans une optique de prévention et de résolution des conflits et pour la stabilité du continent. Et c’est la voie de la raison…

Par Amadou FALL

12/12/07 (B425) JOURNAL CHRETIEN : Le président somalien quitte l’hôpital de Nairobi

Le président somalien, Abdullahi Yusuf Ahmed, a quitté Nairobi dimanche, où il avait été interné, pour se rendre à Londres pour un traitement médical, a appris APA.

Le président Ahmed a quitté l’hôpital de Nairobi vendredi, où il avait été admis mardi pour des problèmes de bronchite.

Le président somalien n’avait pas pu prendre part à la conférence initiée par les Etats-Unis pour discuter des problèmes du Soudan, de la Somalie et des pays de la région des Grands Lacs à cause de sa maladie.

Bien que son état de santé s’améliore, les médecins ont jugé nécessaire de l’évacuer à Londres pour y poursuivre un traitement complémentaire.

13/12/07 (B425) Le Soleil de Dakar / Pour en savoir plus : FORCES ARMEES DES ETATS-UNIS POUR L’AFRIQUE (Info lectrice)

Depuis cinq ans, les Etats-unis sont en train de mettre en place un dispositif militaire en Afrique. Après leur base navale et aérienne de Diégo Garcia dans l’Océan indien, ils ont loué à la France le Camp Lemonnier à Djibouti d’où ont décollé, en janvier dernier, leurs C-130 pour bombarder des populations civiles somaliennes, au nom de la « lutte contre le terrorisme ». L’intervention des soldats éthiopiens en Somalie a été coordonnée, encadrée, préparée et soutenue en matière de logistique et de renseignements par l’armée américaine, installée à Djibouti et à Dire Dawa, en Éthiopie.

En Afrique de l’Ouest, les Américains avancent à grands pas dans l’établissement de têtes de pont militaires, terrestres, aériennes et navales, ici aussi sous le couvert de « lutte contre le terrorisme ». En février 2007, la Maison-Blanche a annoncé la création du commandement unifié des forces armées américaines pour l’Afrique (Africom). Son patron est désigné. Il s’agit du général William Ward, un Africain-Américain. Pour le moment basée à Stuttgart, auprès du Commandement pour l’Europe ou Useucom (United states european command), cette nouvelle Autorité militaire américaine en Afrique devrait acquérir son autonomie, après l’obtention d’un « siège » sur notre continent.

Plusieurs pays ont fait plus ou moins officiellement acte de candidature : Liberia, Kenya et Sao Tome. Il faudra les départager. Mais, dans le même temps, beaucoup d’autres nations africaines et non des moindres, ont exprimé de vives réserves : l’ensemble des Etats du Maghreb, l’Afrique du Sud et la Libye. Ces pays redoutent d’être embarqués dans une « guerre contre le terrorisme » dont ils n’auraient pas le contrôle et considèrent qu’outre leur chasse à al-Qaïda, les Américains cherchent surtout à protéger leur pétrole du Golfe de Guinée. Aussi, évoquent-ils le contrôle militaire des Etats-unis sur les richesses de l’Afrique.

En d’autres termes, cette pénétration militaire américaine en Afrique, qui nous est présentée comme une protection « humanitaire » dans la guerre mondiale livrée contre le « terrorisme », est en vérité une volonté de faire main basse sur le pétrole africain principalement et d’en contrôler ses réseaux de transports mondiaux. Et les chiffres nous révèlent que les Etats-unis importent aujourd’hui, plus de pétrole en provenance du continent africain que de l’Arabie saoudite. C’est sûr que ces niveaux d’importation augmenteront encore, au regard des importantes réserves pétrolières de l’Afrique.

Quelques mois se sont écoulés depuis que l’annonce de la création d’Africom a été faite. Et de hauts fonctionnaires des Etats-unis ont déjà parcouru le continent africain pour vendre Africom et tester les réactions officielles et publiques. Les premières réponses ont été, sans surprise, négatives et méfiantes en raison de l’histoire de l’interventionnisme militaire américain dans le monde, y compris en Afrique, laquelle, en outre, a connu l’amère expérience du colonialisme. Le département de Défense (Dod) – ou Pentagone – précise qu’une des premières missions d’Africom sera de professionnaliser les militaires de nos pays pour assurer la stabilité, la sécurité et la mise en place de gouvernements responsables dans certains Etats et régions d’Afrique.

La stabilité, cela signifie rétablir et maintenir l’ordre et pour ce qui est de la responsabilité, c’est protéger les intérêts des Etats-unis. Rien que pour cette année, on avait avancé que 1.400 officiers africains finiraient leurs programmes de formation et d’entraînement militaire internationaux dans les écoles militaires des Etats-unis.

L’amère potion médicinale sera ingurgitée sans trop de douleur si on combine ces missions de militarisation assumées par Africom avec un volet civil, lui aussi, en expansion et qui devra mettre en avant des concepts tels que « la promotion de la démocratie », « la capacité de construire », « la souveraineté » et « l’autonomie africaine ».

Nous espérons qu’une plus grande attention à la présence chaque jour plus intense des Etats-unis en Afrique et une meilleure connaissance du contexte de cette situation peuvent, au moins, être utiles pour le présent et pourront, demain, aider à atténuer quelques-uns des effets néfastes que l’on sait inévitables. Pour le moment, le grand public africain ne connaît pas grand chose d’Africom et ne dispose que de quelques informations distillées sur ce Commandement par la propagande officielle.

Nous voulons que l’on élargisse la discussion publique sur cette question, ce qui serait un premier pas en direction de réponses significatives. Africains et concernés au premier chef par ce dossier, nous voulons en savoir plus sur Africom.

Controverse

Le commandement d’Africom -une unité conçue pour diriger toutes les opérations militaires américaines en Afrique – a été officiellement mis en place. Même si, pour l’heure, la structure reste basée en Allemagne, l’idée de l’implantation d’une force américaine de cette ampleur sur le sol africain a suscité des réactions hostiles dans plusieurs pays du continent.

Des informations-clé sur le mode de fonctionnement de cette structure restent floues. Par exemple, le lieu où sera installé le siège d’Africom sur le continent africain n’a pas encore été choisi. Et le fait que tant de zones d’ombre subsistent autour du projet américain alimente de nombreuses spéculations, voire une certaine méfiance quant à sa raison d’être.

De son côté, l’administration Bush insiste sur le bien-fondé de l’initiative. Selon les Américains, Africom contribuera non seulement à renforcer la sécurité en Afrique, mais aussi à promouvoir le développement, la santé, la démocratie, l’éducation et la croissance économique du continent. Mais tout le monde ne partage pas cette opinion.

Des pays auraient refusé de répondre favorablement à la demande américaine de baser le centre de commandement sur leur sol et s’emploieraient activement à décourager leurs voisins directs de soutenir l’idée.

D’autres pays africains ne sont pas opposés à l’initiative Africom. Certains attendent d’avoir plus d’informations sur le projet avant de s’exprimer sur sa viabilité. Pour sa part, le Liberia s’est déjà porté volontaire pour abriter le siège d’Africom qualifié, ici, de « modèle pour l’avenir ». Donc, il y a controverse autour de ce centre militaire américain pour l’Afrique.

Tout comme il y a controverse autour de la visite du guide libyen en France. Mouammar El Kadhafi -boycotté par des ministres et des députés de l’Hexagone- et son hôte, le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy se sont vivement opposés sur le sujet ultra-sensible des droits de l’Homme.

Le « messager du désert » a eu fière allure dans la Cité des lumières, c’est-à-dire Paris où il a été le porte-voix des émigrés, ces hommes et femmes souvent maltraités par la police.

Par Cheikh Aliou AMATH

12/12/07 (B425) LE MONDE : Somalie: 13 morts dans des violences dans la région de Mogadiscio (Info lectrice)

Treize personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées mardi dans des combats à 120 km au nord de la capitale et dans un attentat à Mogadiscio, ont rapporté à l’AFP des témoins et des responsables.

Des milices de plusieurs factions du clan Abgal se sont affrontées à cause d’un litige foncier non-résolu dans le village d’Haji-Ali, dans la région du Middle Shabelle, à près de 120 kilomètres au nord de Mogadiscio.

"Neuf personnes sont mortes et plusieurs autres ont été blessées", a indiqué Nur Sheikh Adan, un ancien du village voisin.

"Les deux sous-clans se battaient pour un litige foncier non-résolu. Les affrontements ont duré près de sept heures", a-t-il ajouté.

Le responsable du district régional Muse Ali Iyow a déclaré que les autorités avaient envoyé des médiateurs pour tenter d’obtenir une trêve des combats, alors que les signes d’une flambée de violence se multipliaient.

"Nous avons envoyé un comité pour voir ce qui se passe là-bas et pour négocier un cessez-le-feu. Nous devons faire cesser ce bain de sang dans lequel les victimes se multiplient", a-t-il dit quatre jours après qu’onze personnes eurent été tuées dans la région du Hiraan.

Par ailleurs, un attentat à l’explosif à proximité d’une patrouille de police dans le quartier de Holwadag (sud de la capitale) a fait trois morts –deux civils et un policier– plus tôt dans la journée, selon des témoins. "J’étais dans un bus quand l’explosion a eu lieu près du commissariat de police, trois personnes ont été tuées, dont un policier", a rapporté à l’AFP un témoin, Hassan Abdullahi Hussein.

Un autre policier a peu après été tué par des hommes armés dans un autre quartier de la ville.

La capitale somalienne est le théâtre de violences quasi-quotidiennes, particulièrement meurtrières pour les civils, depuis la mise en déroute des tribunaux islamiques fin décembre 2006-début 2007 par l’armée éthiopienne, intervenue aux côtés des forces de sécurité du gouvernement de transition somalien.

Selon l’ONU, au moins 600.000 personnes ont quitté Mogadiscio depuis le début de l’année à cause de ces combats.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué mardi dans un communiqué être "extrêmement préoccupé par la situation humanitaire de la population somalienne".

"Tout au long de l’année 2007, la Somalie a connu une série de chocs causés par le conflit et des catastrophes naturelles. La situation est particulièrement désespérée à Mogadiscio qui a été à maintes reprises le théâtre de combats", a déclaré Pascal Hundt, le responsable du CICR pour la Somalie.