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25/08/2014 (Brève 427) Alerte lecteur : le chef de village de Sagallou qui a été arrêté par l’Armée nationale, en représailles pour les combats avec le FRUD, est en danger de mort à Gabode par manque de soins

J’alerte l’ARDHD à propos de l’arrestation arbitraire du chef de village de Sagallou (district de Tadjourah). Hier dimanche, il a été transféré à la prison de Gabode. Aujourd’hui lundi, nous apprenons que sa santé s’est détériorée et qu’il n’a reçu aucun soin, ce qui menace gravement sa vie.

Au lieu de combattre les résistants du FRUD, l’Armée djiboutienne s’acharne contre les populations civiles sans défense. Par mesure de représailles, ils se vengent sur les civils : arrestations, tortures .
 
Nous appelons l’ARDHD et son Président Jean-Loup Schaal pour qu’ils mettent les moyens de communication de l’Association au service de cette noble cause. Ce Chef de village est en danger de mort et il faut que cela se sache, afin que les autorités djiboutiennes prennent la mesure du risque. En effet, son décès leur serait directement imputable.
 
Nous exigeons la libération immédiate et sans conditions du chef du village de Sagallou et la fin des intimidations contre les populations civiles.

Un lecteur qui est contraint de conserver l’anonymat

29/12/07 (B428) BBC : sous la poussée des forces extrêmistes, les forces éthiopiennes abandonnent la ville « clef » de Guriel en Somalie où elles avaient établies une installation militaire importante. Ethiopia leaves key Somali town (En Anglais – Info lectrice)

Ethiopian troops have withdrawn from a key town in central Somalia.

Islamist insurgents say they now control Guriel, where Ethiopia had a big military base to secure the road linking the two countries.

A BBC correspondent in Somalia says it is not clear why the Ethiopian troops withdrew without any fighting.

Guriel was a stronghold of the Union of Islamic Courts (UIC), which lost power to Ethiopian-backed government troops a year ago this week.

The BBC’s Ayanleh Hussein in Guriel says residents have been cheering the Ethiopians’ departure.

During the occupation the local hospital was out of use as it was used as the Ethiopians’ military base, he says.

Meanwhile, unrest continues in the capital, Mogadishu, where most Ethiopian forces in the country have been based since last year’s invasion, which ended the UIC’s six-month rule.

The bodies of four civilians were discovered after battles between insurgents and Ethiopian troops on Thursday around the animal market in the north of the city.

Somalia has been politically fragmented since 1991 and the country’s transitional government, faced with an insurgency, is dependent on international aid and Ethiopian military support.

28/12/07 (B427) Prise d’otages de deux collaboratrices humanitaires de RSF, argentine et espagnole. (Quatre dépêches – Info lectrice) Leur libération imminente est attendue.

___________________________________________ AP

MSF demande la libération "immédiate" de ses deux travailleurs humanitaires enlevés en Somalie

L’organisation Médecins sans frontières réclame jeudi la libération "immédiate" de ses deux travailleurs humanitaires enlevés mercredi dans le nord de la Somalie.

Mercedes Garcia, médecin espagnole, et Pilar Bauza, infirmière argentine, ont été enlevées mercredi à Bossaso.

MSF lance un "appel urgent pour la libération immédiate et en toute sécurité de ses deux collègues". Selon l’organisation, elles ont été enlevées alors qu’elles se rendaient au centre de traitement nutritionnel monté par MSF à Bossaso, à proximité des camps de déplacés et de réfugiés, dans la région du Puntland en Somalie.

Depuis le début des activités de l’ONG en mai dernier, l’équipe n’avait pas fait l’objet d’attaques ou de menaces directes. "Notre priorité maintenant est que nos collègues soient libérées saines et sauves", a déclaré le Dr Paula Farias, présidente de la section espagnole de MSF. "La Somalie est oubliée et ces incidents ne font qu’aggraver la souffrance des populations".

Après cet enlèvement, une partie de l’équipe a été évacuée.

Trois volontaires de nationalité étrangère restent sur place. MSF est en contact avec les autorités locales et nationales.

Le ministre des Ports Mohamed Said Awnur a précisé jeudi qu’un comité avait été créé pour obtenir la libération des deux humanitaires. Il a ajouté que les forces de sécurité somaliennes étaient sur la trace des ravisseurs des deux femmes.

___________________________________________ AFP

MADRID (AFP) – Somalie : les autorités négocient avec les ravisseurs des employées de MSF

L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a indiqué que les autorités du nord-est de la Somalie étaient en négociation avec les ravisseurs de ses deux employées espagnole et argentine enlevées mercredi.

L’organisation a en outre ordonné à quatre membres de son équipe composée de sept personnes de quitter la région semi-autonome du Puntland où l’enlèvement a eu lieu, a déclaré Carlos Ugarte, directeur des relations extérieures de MSF-Espagne au cours d’une conférence de presse.

Les trois autres sont "en contact direct avec les autorités chargées du processus de négociations", a-t-il précisé.
Ces négociations, menées par le vice-gouverneur de la région du Puntland et le chef de la police, se "poursuivent", a-t-il dit.

M. Ugarte a souligné que les motivations des ravisseurs n’étaient pas claires.

Les deux otages, une femme médecin espagnole et une infirmière argentine, ont été enlevées par des hommes armés dans le centre de Bosasso.

"Les ravisseurs sont encerclés dans la zone montagneuse à l’extérieur de Bosasso et jusqu’à présent, la police a arrêté deux d’entre eux", avait déclaré dans l’après-midi le ministre somalien du Commerce, Abdishamad Yusuf Abwan.

Ces enlèvements sont intervenus 48 heures après la libération lundi d’un journaliste français, Gwen Le Gouil, retenu en otage pendant huit jours dans cette région.

___________________________________________Afrik.com

Somalie : début des négociations entre les autorités et les ravisseurs des employées de MSF

Les autorités du nord-est de la Somalie ont commencé, jeudi, les négociations avec les ravisseurs des travailleuses humanitaires espagnole et argentine, rapporte TV5. L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a ordonné à quatre membres de son équipe de quitter la région semi-autonome du Puntland où l’enlèvement a eu lieu, a déclaré le directeur des relations extérieures de MSF-Espagne, Carlos Ugarte.

___________________________________________ AFP

Somalie: les otages de MSF pourraient être libérées vendredi

BUENOS AIRES (AFP) — L’infirmière argentine Pilar Bauza et le médecin espagnole Mercedes Garcia de Médecins sans frontières enlevées mercredi dans le Puntland (Somalie) pourraient être libérées vendredi matin a affirmé jeudi Jorge Taiana, ministre argentin des Affaires étrangères.

Parlant à la presse, M. Taiana a déclaré qu’il existe "là-bas (en Somalie) un bon espoir que demain matin il y ait une issue positive pour cette affaire que nous suivons de près".

"Notre information est que Pilar Bauza est vivante et qu’elle se porte bien. Nous nous attendons à une solution positive pour demain matin, même si nous devons rester prudents", a ajouté le ministre.

Hernan Bauza Moreno, l’un des cinq frères de Pilar, a affirmé au cours d’une conférence de presse jeudi à Buenos Aires où habite la famille que Pilar, 25 ans, "était très heureuse de travailler en Somalie pour les enfants somaliens".

"Pilar a parlé avec sa famille lundi dernier quelques heures avant Noël, et paraissait heureuse malgré les choses terribles qu’elle voit là-bas (en Somalie)", a-t-il ajouté.

Toute la famille avait soutenu son projet de partir en mission en Somalie, en août dernier "malgré les craintes légitimes" pour sa sécurité a-t-il affirmé.

Elle s’était engagée pour sa première mission avec MSF pour six mois mais elle pouvait prolonger si elle le souhaitait, a-t-il dit, en précisant que la famille était en contact permanent avec les responsables et était informée régulièrement des négociations pour la libération des coopérantes.

28/12/07 (B427)LE FIGARO : Somalie: les islamistes prennent une ville

Des miliciens des anciens tribunaux islamiques somaliens ont pris le contrôle ce matin matin d’une localité du centre de la Somalie, quelques heures après le retrait des lieux de l’armée éthiopienne, ont indiqué des habitants.

Guriel (300 km au nord de Mogadiscio) était tenue par l’armée éthiopienne depuis la fin 2006, lorsque l’armée d’Addis Abeba et les forces gouvernementales somaliennes avaient mis en déroute les milices des tribunaux islamiques qui avaient contrôlé pendant quelques mois l’essentiel du centre et du sud de la Somalie.

"Les forces éthiopiennes se sont retirées de la ville pendant la nuit et les combattants des anciennes milices des tribunaux sont arrivées immédiatement après", a déclaré un chef coutumier de Guriel, Mohamed Haji Elmi, joint au téléphone depuis Mogadiscio.

27/12/07 (B427) ABSL RAMID / Compte rendu de la soirée de solidarité du 22 décembre 2007 à Bruxelles dédiée en hommage à Abdallah Leh.

L’issue de la soirée organisée par l’asbl Ramid avec le soutien de la communauté djiboutienne en hommage à l’artiste djiboutien, feu Abdallah Abdoulkader Abass dit Abdallah Leh, fût un succès.

La soirée a débuté à 19 heures 30, ouverture par un discours suivi de la lecture collective de la noble sourate « Alfatiha » en la mémoire de l’artiste et une prière collective aussi pour lui.

Les différentes présentations de danses se sont remarquablement bien déroulées, notamment les danses qui regroupent, le dinkaraytou, le barri-horra, le horra le barimo, le laalé, le malabo, le hoydado et le turunbawiyya.
Les artistes qui ont conduit le public au paroxysme de la joie sont les suivants :

– La star Abdoulaziz Ali Saleh, un artiste complet et généreux, 40 ans de carrière dans la musique au tempérament bouillonnant, au rythme effréné du twist et du rock’n’roll

– Abdoulkader Med Kassim alias Loky-Abdo qui a fait l’ouverture de la chanson en interprétant la chanson de Abdallah Leh « innah abnam tégémémik, qakulih gad na afat abnam », incontestable musicien de la communauté djiboutienne en Europe

– Ahmed Med Kamil dit « Hamma », que j’ai nommé l’homme du soukouss, c’est aussi un artiste complet

– Med Aboubaker dit « Mihina », un pianiste et chanteur de talent à la voix suave

Etaient présents à la soirée d’autres nouveaux talents tels que Aïnan, Zakiyyé et Tatass sans oublier les liégeois qui sont venus en nombre et en force : Med Ibrahim Chehem, Madina Loïta, Mounira et Omar Ahmed Houmed.

Grâce à tous ces artistes, le public a passé une soirée inoubliable, la beauté des danses se démarquaient par l’enthousiasme et la joie que manifestait le public dans la salle.

Au même titre que les danseuses et danseurs, les musiciens et les chanteurs ont démontré un très grand intérêt au bon déroulement de la soirée, du début jusqu’à la fin de la soirée, le public était en liesse, la joie et la bonne humeur étaient au rendez vous.

Toute le monde était en « mode fête ».

La communauté djiboutienne est « une » et « indivisible », cette soirée en est la preuve.

Nous (l’association Ramid) remercions tous les artistes qui nous ont honoré de leurs présences et qui ont animé cette soirée.

Nos remerciements vont également à Iftin et à l’association Kacan avec Ahmed pour leur contribution.

Pour finir, merci aussi à la communauté djiboutienne de Belgique, de France, de Norvège et de la Hollande pour leur soutien.

Par la même occasion l’asbl Ramid vous souhaite une très bonne année 2008.

Vice-Président de l’asbl Ramid
MEHEMFAREH ADDU Hassan
http://ramid.skyblogs.be
http://asblramid.aceboard.fr/

27/12/07 (B427) AP : Le journaliste français enlevé en Somalie éprouvé par « la tristesse et le manque de liberté » (Dépêche datée du 24/12, avant la libération du journaliste – Info lectrice)

Le journaliste français enlevé pour en obtenir une rançon dans le nord de la Somalie dimanche dernier se dit éprouvé « par la tristesse et le manque de liberté » mais espère toujours être bientôt libéré.

Gwen Le Gouil a été enlevé le 16 décembre à la sortie de la ville de Bossaso, dans le Puntland, une région du Nord de la Somalie éloignée du Sud en proie à une violente insurrection islamiste. La région connaît toutefois depuis plusieurs mois un regain de piraterie le long de ses côtes, et Bossaso sert de base à de nombreux trafiquants qui font passer en bateau au Yémen des candidats à l’immigration clandestine.

Dans la nuit de dimanche à lundi, la radio HornAfrik basée à Mogadiscio a annoncé avoir pu parler à Le Gouil par téléphone dans une interview organisée par ses ravisseurs. Il était impossible dans l’immédiat de confirmer par une source indépendante que la personne au téléphone était bien Le Gouil.

« Mon message à ma famille et proches et à tous ceux qui s’inquiètent pour moi est d’être patient parce que j’espère être libéré bientôt », a dit Le Gouil avant d’ajouter que ses repas quotidiens étaient composés de riz et de pommes de terre.

Interrogé sur son état de santé, le journaliste français a répondu: « Tout ce que je sais c’est que je suis éprouvé par la misère et le manque de liberté ».

Samedi, un haut responsable local avait annoncé que Gwen Le Gouil devrait être bientôt libéré mais qu’il pourrait être poursuivi pour avoir voyagé sans autorisation dans cette région. Selon Farah Abdi Dolshe, vice-ministre à la Sécurité de la région semi-autonome du Puntland, les négociations pour la libération de Gwen Le Gouil progressaient. « Il y a des pourparlers trilatéraux entre les autorités du Puntland, les ravisseurs et des diplomates français au Puntland et nous espérons qu’il soit bientôt relâché malgré une demande de rançon de 80.000 dollars » (114.864 euros), avait-il affirmé. Les ravisseurs ont déjà présenté plusieurs demandes de rançon pour des sommes allant de 70.000 à 1 million de dollars.

Mais selon M. Dolshe, le journaliste a violé la loi et « nous allons entamer des poursuites à son encontre quand il aura été remis en liberté ».

27/12/07 (B427) Le Figaro / La Somalie, sanctuaire du terrorisme islamiste (Info lectrice)

De notre envoyé spécial à Mogadiscio Adrien Jaulmes

Malgré l’intervention éthiopienne de décembre 2006, Mogadiscio reste un repaire pour les djihadistes internationaux.

Le gouvernement somalien ne gouverne pas grand-chose. Son président, Abdoulaye Youssouf, 78 ans, est à Londres pour raisons médicales. La plupart des autres ministres sont retranchés sur les hauteurs de Mogadiscio, autour de la «Villa Somalia». Autour sont garés des «technikals», ces pick-up équipés de mitrailleuses lourdes devenus le symbole de la guerre civile somalienne. Des policiers montent la garde, jeunes gens maigres, kalachnikov à la main, l’air crâneur derrière leurs lunettes de soleil et la clope au bec. Le reste de la ville échappe presque à tout contrôle.

Le Gouvernement fédéral de transition (TFG) a été installé après la déroute du régime des Tribunaux islamiques devant l’armée éthiopienne, il y a exactement un an. À l’époque, la chute de ce gouvernement islamique se réclamant de la charia avait enchanté Washington. Inquiets de voir se développer dans la Corne de l’Afrique un régime du genre de celui des talibans afghans, et la Somalie devenir un nouveau refuge pour les djihadistes internationaux, les Américains avaient soutenu activement l’intervention éthiopienne.

Éthiopie chrétienne contre Somalie musulmane

Mais un an après, ce front de la guerre mondiale contre l’islam radical ressemble furieusement aux deux autres, l’Irak et l’Afghanistan. Les Éthiopiens sont toujours en Somalie, alors qu’ils avaient annoncé leur intention de se retirer au plus vite. Les chefs des Tribunaux islamiques se sont réfugiés en Érythrée, ennemi juré de l’Éthiopie, et une insurrection nationaliste et religieuse a éclaté à Mogadiscio. Les insurgés, surnommés les shababs, les «jeunes», mènent une guérilla cruelle, violente, inspirée des méthodes irakiennes, contre les forces éthiopiennes et ses alliés somaliens du TFG.

Des bombes cachées sur le bas-côté explosent au passage des convois éthiopiens. Des grenades sont lancées par des jeunes gens, parfois des enfants, contre les patrouilles de la police. Presque toutes les nuits, les tirs retentissent et des balles traçantes rouges ricochent vers le ciel comme des comètes.

Chaque soir, le ronronnement d’avions, drones ou canonnières volantes américains couvre celui des générateurs électriques. Des rumeurs persistantes font état de la présence de forces spéciales américaines aux côtés des Éthiopiens.

L’un des bastions des insurgés est le marché de Bakara. C’est au-dessus de ce quartier populaire qu’avaient été abattus les hélicoptères américains Black Hawk en 1993, et dans ce dédale de ruelles sablonneuses que la foule déchaînée avait traîné les corps des G.I.

Le mois dernier, ce sont les cadavres de deux soldats éthiopiens qui ont été profanés de la même manière par une foule en délire. Depuis, les vidéos de la scène se transmettent par téléphone portable.

Un des policiers responsables du marché de Bakara est le lieutenant Nour Ahmed Abdallah. Lunettes cerclées d’or, béret bleu de la police, la kalachnikov calée sous le moignon de sa main amputée pendant la guerre civile de 1991, il déploie ses hommes autour du poste de police de Howlwadak. Les murs sont criblés de balles et d’impacts de RPG-7.

Le commissariat a été attaqué à plusieurs reprises ces dernières semaines. Le lieutenant Nour Ahmed n’est pas très optimiste. «Oui, bien sûr, on peut aller où on veut à Mogadiscio, dit-il. Mais dans certains quartiers, on sait qu’on devra se battre. Surtout ici, à Bakara. Bon, d’ailleurs, mieux vaut ne pas s’éterniser», ajoute-t-il en faisant replier ses hommes.

Les shababs sont partout et nulle part. Les attaques ont lieu dans tous les quartiers de Mogadiscio, et le nord de la ville est pratiquement inaccessible aux forces du TFG. Face à cette guérilla, les Éthiopiens font un usage immodéré de leur puissance de feu. Les tanks et l’artillerie tirent en pleine ville, au canon ou aux katiouchas, contre les quartiers où se cachent les insurgés.

Les victimes civiles arrivent chaque jour dans les hôpitaux, où la colonne «blessure par balles» des tableaux d’admission est toujours la plus remplie. Des dizaines de milliers d’habitants ont fui la ville pour se réfugier dans des camps à la périphérie. Des shababs se glissent bien sûr aussi dans ces camps de déplacés. La communauté humanitaire internationale, échaudée par le fiasco des précédentes interventions en Somalie, préfère parler de crise humanitaire et s’occuper du Darfour.

«Une force d’occupation»

C’est que la guerre en Somalie est un plus compliquée que ne l’imaginaient les stratèges du Pentagone. En s’appuyant sur la puissante Éthiopie chrétienne, les Américains ont sous-estimé la réaction de la Somalie musulmane, sa rivale historique.

Dans Mogadiscio subsistent les socles de béton des statues des héros nationaux somaliens ; celle de Mohammed Gurrey, le «Gaucher», qui avait manqué de peu détruire l’Éthiopie chrétienne au XVIe siècle, ou celle du «Mad Mullah», sorte de précurseur du Mollah Omar ou de Ben Laden, qui avait lutté pendant vingt ans au début du XXe siècle contre les Anglais, les Italiens et les Éthiopiens. Le souvenir de la guerre de 1977 pour la province de l’Ogaden, contrôlée par l’Éthiopie mais revendiquée par la Somalie, reste aussi vivace.

«Les Éthiopiens sont ici à notre demande, pour nous aider», disent les ministres du TFG. «Les Éthiopiens sont une force d’occupation. Ils ont profité de notre faiblesse pour nous envahir !», rétorquent les anciens du clan des Hawiye, auquel appartenaient beaucoup de responsables du régime des Tribunaux islamiques.

Le clanisme vient s’ajouter à ces questions nationalistes et religieuses. D’une complexité à donner le tournis aux Somaliens eux-mêmes, la division en clans et sous-clans de la société somalienne n’est jamais loin derrière les rivalités politiques. Beaucoup de membres du TFG et son président, Mohammed Youssouf, sont du clan Darod. Les shababs recrutent quant à eux beaucoup parmi les Abergedir, une branche du puissant clan Hawiye, qui contrôle l’économie de Mogadiscio.

Le TFG souffre de sa propre incapacité à rétablir un semblant de sécurité. «J’étais mieux l’année dernière», dit Obah Sharif Ibrahim. Cette marchande de thé ambulante a fui sa maison pulvérisée par une katioucha éthiopienne. Elle vit depuis avec ses cinq enfants dans une cabane de branchages dans un camp de l’ouest de Mogadiscio. «Si les Éthiopiens n’étaient pas là, ce gouvernement ne durerait pas bien longtemps», ajoute-t-elle.

27/12/07 (B427) LIBERATION / Un an après la chute des Tribunaux islamiques, le règne du chaos

Envoyée spéciale à Mogadiscio STÉPHANIE BRAQUEHAIS

Le 27 décembre 2006, les Tribunaux islamiques étaient chassés de Mogadiscio, la capitale somalienne. Un an après, elle est toujours en proie à des affrontements quotidiens entre insurgés et troupes du gouvernement de transition appuyées par l’armée éthiopienne. Le Comité international de la Croix-Rouge, qui gère deux hôpitaux à Mogadiscio, a reçu 4 000 blessés de guerre en 2007, soit le double de l’année 2006.

Deux employées de Médecins sans frontières, une médecin espagnole et une infirmière argentine, ont été enlevées mercredi au Puntland, dans le nord-est du pays.

Quelle est la situation à Mogadiscio ?

La capitale somalienne est désormais coupée en deux. Les troupes du gouvernement fédéral de transition (GFT) contrôlent tant bien que mal la partie sud avec l’aide des Ethiopiens, qui sécurisent notamment le Palais présidentiel.

Tandis qu’au nord, autour du marché de Bakara, considéré comme le bastion des insurgés et autrefois poumon économique de la ville, les attaques sont quotidiennes : embuscades tendues par les insurgés contre les soldats du GFT, grenades lancées contre des bases de la police, ou bombes télécommandées qui explosent au passage de convois militaires.

Selon les Nations unies, 600 000 personnes ont fui la capitale depuis le début de l’année pour se réfugier dans des camps de fortune aux alentours, vers Afgooye ou Daynile à l’ouest, où l’aide alimentaire peine à être acheminée en raison des multiples barrages dressés sur les routes. Selon l’ONU, il s’agit actuellement de la plus grave crise humanitaire en Afrique, plus aiguë qu’au Darfour.

Qui sont les «insurgés» qui réclament le départ de l’armée éthiopienne ?

Les insurgés se présentent comme une résistance civile face à l’invasion de l’ennemi historique, l’Ethiopie, à qui la Somalie a notamment disputé la province éthiopienne de l’Ogaden en 1977-1978, où vivent en majorité des Somalis. Le gouvernement de transition, lui, les qualifie de groupe terroriste.

Ils sont principalement composés des anciennes milices extrémistes des Tribunaux islamiques, les shababs, dont le chef, Aden Hashi Ayro, entraîné en Afghanistan, figure sur la liste américaine des terroristes liés à Al-Qaeda. Mais les shababs ne sont pas l’unique composante de ce groupe hétérogène. Les insurgés recrutent aussi dans le clan Habr Gedir, de la famille clanique des Hawiye, qui sont majoritaires à Mogadiscio.

Les Habr Gedir contestent la domination du clan Darod, venus du Puntland (dans le nord du pays), et auquel appartient le président du GFT, Abdulahi Yusuf.

Après avoir tenté une offensive de grande envergure, en mars-avril, contre les Ethiopiens qui les ont défaits provisoirement, les insurgés lancent désormais des attaques ciblées. Ils se dissimulent parmi la population, ce qui rend leur traque difficile. Soutenus par l’Erythrée, ennemi juré de l’Ethiopie, les anciens chefs politiques des Tribunaux islamiques en exil ont, avec des membres de la diaspora somalienne, formé un mouvement d’opposition et affirment contrôler l’action des insurgés sur le terrain.

Quand le retrait éthiopien doit-il intervenir ?

En décembre 2006, l’Ethiopie est intervenue en Somalie sans véritable mandat international, mais personne n’a dénoncé son action jusqu’à présent. Des violations massives des droits de l’homme ont été signalées par les observateurs internationaux, mais aucune suite n’y a été donnée.

Le but de l’Ethiopie est de passer le relais aux troupes de l’Union africaine (Amisom), qui ont débuté leur déploiement en mars. Mais à ce jour, sur les 8 000 soldats de la paix africains prévus, seuls 1 600 Ougandais sont sur place. Ils sont chargés de sécuriser le port, l’aéroport ainsi que la Villa Somalia, siège de la présidence, mais n’ont guère de moyens matériels et humains pour rétablir un semblant de paix.

Ces derniers jours, 200 soldats sont arrivés à Mogadiscio sur les 1 700 promis par le Burundi, mais ces renforts restent insuffisants étant donné l’ampleur de la tâche.