Articles

02/03/08 (B437) Somalie : onze personnes ont été tuées dans des affrontements (Info lectrice)

Mogadiscio – Au moins onze personnes ont été tuées dans des affrontements à l’arme lourde à Mogadiscio entre insurgés islamistes somaliens et forces somaliennes et éthiopiennes, selon des témoins. Plus de 30 personnes ont été blessées.

Au total, deux soldats des forces gouvernementales, six civils et trois insurgés ont été tués dans les combats, selon des témoins. « Les insurgés ont emporté trois des leurs morts, en chantant Allahu Akbar » (Dieu est grand), a relaté un habitant, ajoutant que les soldats éthiopiens avaient utilisé des armes lourdes, dont des chars, pour repousser leurs assaillants.

Depuis que les Tribunaux islamiques ont été mis en déroute en décembre 2006, des militants islamistes lancent régulièrement des attaques dans Mogadiscio contre les forces gouvernementales, leurs alliés de l’armée éthiopienne et les soldats de maintien de la paix envoyés par l’Union africaine (UA).

Ce pays de la Corne de l’Afrique est plongé dans la guerre civile depuis 1991, depuis la chute du président Mohamed Siad Barre.

29/02/08 (B437) A lire sur LOI cette semaine …

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 01/03/2008
DJIBOUTI – Nouvel appel d’offres pour l’ambassade US à Djibouti
Le Government Accountability Office (GAO) des Etats-Unis a finalement fait plier le State Department , le contraignant à lancer un nouvel appel à pré-qualifications pour la construction d’une ambassade des Etats-Unis à Djibouti. (…) [ 100 mots ]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN – 01/03/2008
DJIBOUTI – CAC Bank
( ) Après la Swiss Financial Investments SA , qui vient de créer une banque à Djibouti (LOI n°1232), un sixième établissement bancaire est en passe de le faire. (…) [ 80 mots ]

29/02/08 (B437) AFRIK.COM avec TV5 : Ethiopie : les rebelles de l’Ogaden ont tué « 43 soldats »

Les rebelles éthiopiens de l’Ogaden (Sud-Est) affirment avoir tué « 43 soldats » et blessé « des dizaines » d’autres au cours des deux dernières semaines, indique TV5.

Un porte-parole du gouvernement a démenti ces informations, expliquant que les dissidents du Front national de libération de l’Ogaden « ne sont pas en position de mener une attaque contre les forces gouvernementales ».

29/02/08 (B437) LE MONDE Relations France-Afrique : une « rupture » annoncée, mais loin d’être déjà « effective » (Interview d’Olivie Thimonnier, SURVIE)

Au cours de sa visite officielle en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy a promis, jeudi 28 février, de réexaminer le « cadre » et les « objectifs » de la présence militaire de la France sur le continent africain, annonçant la renégociation de « tous les accords militaires de la France en Afrique ».

Olivier Thimonier, secrétaire général de l’association Survie, qui avait participé à la rédaction d’un Livre blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente (L’Harmattan, 2007), attend que ce discours se traduise dans les actes.

Comment interprétez-vous l’annonce faite, jeudi 28 février, par Nicolas Sarkozy d’une renégociation des accords militaires entre la France et les pays africains ?

C’est un signe positif. Jusqu’à aujourd’hui, aucun chef de l’Etat n’avait osé remettre en cause des accords de coopération qui datent, pour certains, des indépendances. Le fait que le président propose d’associer le Parlement français aux grandes orientations de la politique de la France en Afrique est une bonne chose. Et, bien évidemment, nous sommes d’accord avec l’idée que la France n’a pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées sur le continent africain. Mais nous n’en sommes pour l’instant qu’à un discours ; il va falloir maintenant que le président français mette concrètement en application ces déclarations.

On peut s’interroger sur le fait que les accords renégociés soient élaborés en réponse aux intérêts stratégiques de la France ainsi qu’à ceux des partenaires africains.

Or, qui sont ces partenaires ?

Pour la plupart, ce sont des régimes dictatoriaux, qui utilisent la force comme mode de gestion du pouvoir. Il nous semble pernicieux d’établir des accords de défense avec de tels régimes, sachant qu’il faudrait également que les pays africains débattent, au sein de leurs Parlements, de la signature de ces futurs accords.

Par ailleurs, je suis étonné qu’il ne soit pas question dans ce discours du détournement des ressources naturelles ou de la corruption par les régimes en question. Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Bockel [secrétaire d’Etat chargé de la coopération et de la francophonie] avaient déjà pointé du doigt la question de la bonne gouvernance des pays africains, or le président n’y a fait aucune allusion dans son discours du Cap.

Peut-on s’attendre à un désengagement des troupes françaises en Afrique ?

Je ne crois pas que cela soit la volonté du président français, même s’il semble vouloir faire évoluer la politique de la France en Afrique. Avec ce qui se passe au Tchad, on a une preuve que la France continue de s’impliquer militairement dans les conflits en Afrique.

Ce conflit au Tchad est un conflit interne.

La France dit qu’elle n’a pas voulu arrêter l’avancée des rebelles, mais, en fournissant des armes aux troupes du gouvernement, elle a quand même sauvé le président Idriss Déby.

Donc, finalement, elle s’est ingérée dans ce conflit.

Le discours prononcé par Nicolas Sarkozy au Cap semble en décalage avec l’attitude de la France au Tchad, notamment dans le contexte d’emprisonnement d’opposants par le régime. Nicolas Sarkozy demande l’instauration d’un dialogue inclusif et accuse les opposants de faire la politique de la chaise vide. C’est scandaleux.

Les opposants tchadiens sont pourchassés, leurs responsables sont arrêtés, les membres de la société civile sont en fuite ou se cachent...

Demander l’instauration d’un dialogue dans ce contexte-là, alors que la France a une part de responsabilité dans la situation, cela paraît osé de la part du président français.

Pendant sa campagne, Nicolas Sarkozy avait promis une rupture par rapport à la traditionnelle « politique africaine » de la France. Cette rupture vous semble-t-elle en marche ?

Il y a eu quelques signes d’une nouvelle politique depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence française, notamment sur le dossier de l’affaire Borrel, le juge français assassiné à Djibouti, ou en ce qui concerne la présence sur le sol français de présumés génocidaires, un dossier dans lequel la justice française semble prête à prendre ses responsabilités.

Maintenant, il y a aussi plusieurs éléments qui montrent une continuité dans les relation franco-africaines, comme par exemple les relations entretenues avec des personnages comme le président Omar Bongo du Gabon et le président congolais, Denis Sassou Nguesso, ou encore la visite officielle de Mouammar Kadhafi à Paris en novembre dernier.

Enfin, l’attitude de la France au Tchad montre que la rupture est loin d’être effective.

La rupture ne se fera pas du jour au lendemain, mais par avancées progressives.

Pour le moment, on n’en est qu’au stade du discours, il va falloir que des actes concrets soient engagés.

Propos recueillis par Mathilde Gérard

29/02/08 (B437) LIBERATION : Sarkozy donne un coup de pied dans le pré carré africain

Elysée. Au Cap, il a déclaré qu’il fallait revoir les relations militaires entre Paris et le continent.
JEAN-DOMINIQUE MERCHET

«Obsolète.»

C’est l’adjectif que Nicolas Sarkozy a employé, hier devant le parlement sud-africain au Cap, pour juger les relations militaires entre la France et l’Afrique.

Estimant que la France «n’avait pas vocation à maintenir indéfiniment des forces armées en Afrique», qu’elle n’avait pas non plus «à jouer un rôle de gendarme», le chef de l’Etat a annoncé la «renégociation de tous les accords militaires de la France en Afrique». Leur «rédaction» est «obsolète», a-t-il indiqué, car «la présence militaire française repose sur des accords conclus au lendemain de la décolonisation […] Ce qui a été fait en 1960 n’a plus le même sens aujourd’hui». «Il n’est plus concevable que nous soyons entraînés dans des conflits internes», a-t-il précisé. «Contrairement à la pratique passée, a-t-il promis, ces nouveaux accords seront intégralement publiés.»

Pour rassurer les inquiets, Nicolas Sarkozy a cru bon de préciser qu’il ne croyait pas «qu’il faille faire table rase et tout effacer d’un seul trait de plume. […] Il ne s’agit pas d’un désengagement de la France, mais la sécurité de l’Afrique, c’est d’abord l’affaire des Africains».

Rwanda.

Ces déclarations préfigurent-elles un repli des 9000 soldats français présents sur le continent africain ?

Pas si sûr. Ce qui est certain, c’est que la France ne veut plus rester en tête-à-tête avec ces anciennes colonies. Cette politique n’est pas entièrement une rupture sarkozyste. Née du traumatisme causé par le Rwanda, elle date d’une dizaine d’années (sommet africain du Louvre en 1998). Elle consiste à associer, aussi systématiquement que possible, les pays africains et les partenaires européens à la gestion des crises, toujours dans le cadre de résolutions internationales. Ce concept baptisé Recamp (Renforcement des capacités africaines de maintien de la paix) a été mis en place progressivement.

Il a toutefois subi un sérieux contrecoup avec la crise en Côte-d’Ivoire, dans laquelle la France s’est directement impliquée.

La France vient d’ailleurs d’achever, durant l’été 2007, la réorganisation de son dispositif militaire en Afrique. Quatre pôles correspondent à quatre «sous-régions» et dessinent ce que pourrait être la future carte des implantations françaises.

Il s’agit de Dakar (Sénégal), Libreville (Gabon), Djibouti et La Réunion.

Dans chacun de ses pôles, la France a créé un petit état-major et prépositionné du matériel. Ils participent à l’entraînement des armées des pays de la région et sont censés accueillir des officiers européens. Pour l’heure, on ne compte qu’un Britannique et un Belge…

La Côte-d’Ivoire ne fait pas partie des sites retenus et les militaires français ne cachent pas leur volonté de quitter le pays aussi vite que possible. Les effectifs y ont été sérieusement réduits (1 800 hommes) et les militaires y seront désormais affectés au titre des opérations extérieures, et non plus des forces de «présence», rendant leur départ beaucoup plus aisé.

«Bac à sable» (*).

Au Tchad, la France est l’initiatrice – et, bien malgré elle, la principale contributrice – de la Force européenne (Eufor) qui a repris son déploiement, après les récents événements, au cours desquels la France s’est retrouvée en première ligne.

L’annonce de l’ouverture d’une base à Abou Dhabi a relancé les spéculations sur l’avenir de Djibouti.

Mais rien n’indique, pour l’heure, que les militaires s’apprêtent à renoncer à leur «bac à sable» préféré en Afrique. Même si les effectifs (2 900 hommes) y seront réduits.

(*) Désigne généralement les environs de Djibouti (NDLR)

29/02/08 (B437) TCHAD – Communiqué de Survie. France-Tchad – Le masque est tombé

Communiqué de Survie, le 29 février 2008

Le voyage du président français Nicolas Sarkozy au Tchad ce 28 février n’aura servi à rien sauf à cautionner l’enlèvement et la probable élimination physique de représentants de l’opposition démocratique par le régime Déby. La France, qui essaie de faire croire le contraire (mais n’y arrive pas), se rend ainsi une nouvelle fois complice de la dictature tchadienne et fait déjà voler en éclat les promesses du discours du Cap prononcé par le président français ce même 28 février.

Tout un chacun sait (et Nicolas Sarkozy en premier lieu) que les autorités tchadiennes manient le mensonge au sujet des opposants tchadiens disparus depuis le 3 février dernier. Il n’y a plus de doute depuis plusieurs jours : ce sont bien des militaires du régime qui ont enlevé les deux opposants Ibni Oumar Mahamat Saleh, secrétaire général du Parti pour les Libertés et la Démocratie (PLD) et Ngarlejy Yorongar, dirigeant du Front d’Action pour le Renouveau (FAR).

Si Lol Mahamat Choua, président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès (RDP), également enlevé, a finalement été « retrouvé vivant », il apparaît de plus en plus clair aujourd’hui que les deux autres opposants ont probablement été éliminés.

L’allocution d’Idriss Deby ce jeudi 28 février, affirmant que le bilan de la bataille de N’Djamena (des 2 et 3 février derniers) s’élevait finalement à « 400 morts ou disparus parmi lesquels des chefs de partis politiques », sonne comme un aveu.

La veille de l’arrivée du président français à N’Djamena, la primature tchadienne avait annoncé que le député Ngarlejy Yorongar, lui aussi « retrouvé vivant », allait prendre la parole publiquement à l’occasion de cette visite. Une annonce grotesque reprise par les autorités françaises qui sont depuis restées sourdes aux témoignages des proches des opposants disparus, que le président français a refusé d’entendre à l’occasion de sa visite.

C’est ainsi que l’annonce faite hier par le président français d’avoir obtenu « la création d’une commission d’enquête internationale sur la disparition des opposants et […] plaidé pour une reprise du dialogue inter-tchadien » est plus qu’indécente.

Elle est purement scandaleuse.

Faut-il d’ailleurs préciser que cette commission d’enquête sera présidée par un dignitaire du régime, Nassour Ouaïdou, président de l’Assemblée nationale, ancien Premier ministre et membre de la majorité présidentielle ?

Comment ensuite interpréter les propos du président français tenus hier devant le Comité de suivi de l’accord du 13 août 2007 (1) auquel l’opposition refuse de participer dans l’attente que le sort des disparus soit clarifié ? Arguant que les membres de l’opposition « ne peuvent pas pratiquer la politique de la chaise vide », puisque « pour se réconcilier, il faut être deux », le président français fait ici preuve d’un cynisme et d’un dédain qui dépassent l’entendement.

Depuis plusieurs années, la France est priée d’encourager et soutenir les demandes de la société civile tchadienne pour l’organisation d’un dialogue inclusif (comprenant l’opposition armée et l’opposition non-armée) destiné à prendre le (long, difficile mais indispensable) chemin vers la paix et la réconciliation, suivi d’élections incontestables. Le drame que subit aujourd’hui le peuple tchadien est une conséquence de l’inconséquence française qui s’est constamment abstenue d’apporter une quelconque contribution à ce dialogue.

Dans ces conditions, on ne pouvait que craindre le pire.

On ne pouvait que craindre que Paris soutiendrait, quoiqu’il arrive, son dictateur préféré. Ainsi fut-il. Déby a bénéficié du soutien français (en renseignements, en armes, en munitions) nécessaire pour se maintenir au pouvoir, et entamer la chasse aux opposants et aux dirigeants des organisations de la société civile.

Qui va maintenant empêcher le régime criminel et corrompu d’Idriss Déby de poursuivre ses frasques ? Qui va protéger la population, le temps et l’espace nécessaires pour l’établissement d’un dialogue inclusif ? Qui va permettre le retour des dirigeants de la société civile et leur rétablissement dans leurs droits ?

Certainement pas la France, qui s’est totalement disqualifiée pour une telle tâche et qui continue de disqualifier l’Eufor dont l’impartialité ne peut être que remise en cause du fait de la participation de plus de 500 soldats français détachés du dispositif Epervier, pierre angulaire du régime Déby.

C’est un appel à la Communauté internationale que nous lançons à nouveau aujourd’hui. L’ONU doit en effet prendre ses responsabilités. L’ONU doit intervenir afin que la France, juge et partie, cesse d’être un interlocuteur pour le « règlement » de la crise tchadienne.

En marge de cet engagement éhonté de la France au Tchad, les promesses de rupture à nouveau prononcées au Cap en Afrique du Sud par le président français ne font pas illusion. La France, et son tout nouveau président Nicolas Sarkozy, perpétuent une politique qui, sous couvert de « stabilité », n’en finit pas de contribuer à plonger le Tchad dans le chaos.

(1) Accord signé entre la majorité présidentielle et l’opposition politique, prévoyant l’organisation d’élections libres et transparentes d’ici à 2009 et dont Lol Mahamat Choua (arrêté puis placé en résidence surveillé par le pouvoir tchadien) préside le Comité de suivi.

Contact presse :
Olivier THIMONIER
olivier.thimonier@survie-france.org
Tél. : 01 44 61 03 25