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05/04/08 (B442) Certains lecteurs nous écrivent de temps à autre, pour regretter que le site de l’ARDHD qu’ils consultent souvent pour la qualité des informations centrées sur Djibouti et sa région, diffusent aussi des dessins humoristiques et des articles parfois moqueurs. Roger Picon leur répond.

L’humour est le ferment de la liberté, la graine même de la dignité humaine.

L’humour est ce qui reste pour exprimer la liberté et la dignité humaines lorsque s’abat l’interdit tel que le vivent hélas les populations djiboutiennes. Dénoncer ou proscrire l’exercice de l’humour, c’est servir l’intention totalitaire qui se cache toujours sous l’invocation de valeurs qui échapperaient à l’examen humain.

La seule valeur qui puisse être invoquée sans tomber dans ce travers, parce qu’elle conditionne et garantit le respect de toutes les autres, c’est  » la libre circulation des idées par le biais de la parole, de l’écrit ou de l’image « . L’humour rend libre ; mieux, il reconnaît d’avance la liberté de tous ceux qui y participent, y compris celle de ne pas y souscrire.

A ce titre, il participe essentiellement de l’humanisme. L’humour, nous le savons, fut et demeure l’arme ultime que nul pouvoir ne peut contraindre, et c’est pourquoi il fut à la fois dans l’histoire le trait distinctif de la nation la plus précocement libre, l’Angleterre, et le suprême recours des sujets des tyrannies ou des persécutions.

Il est le ferment de la liberté, la graine même de la dignité humaine. L’humour est un art de l’instant, l’arête même du présent – et l’on sait qu’avaler une arête n’est pas toujours si facile ! Il saisit la vérité des choses fondamentales, celles qui structurent la durée. Il fait réfléchir.

Même Napoléon, qui fut sans doute le degré zéro de l’humour, reconnaissait qu’ »un bon dessin vaut mieux qu’un long discours  » !

05/04/08 (B442) LE MONDE / La piraterie maritime inquiète gouvernements et assureurs

La nouvelle politique de la Lloyds, la très sérieuse et très ancienne compagnie d’assurances londonienne, est entrée en vigueur depuis le 1er janvier. Depuis cette date, les armateurs dont les navires — qu’il s’agisse de porte-conteneurs, de vraquiers, de pétroliers ou de bateaux de croisière — naviguent dans des eaux considérées comme dangereuses car fréquentées par des bandes organisées de pirates, devront souscrire une police similaire à celles proposées pour couvrir un risque de guerre.

D’après le quotidien britannique The Times, cette décision a été prise après l’attaque, samedi 5 novembre 2005, à 100 milles des côtes de Somalie, du Seabourn-Spirit, un paquebot-yacht avec plus de 300 passagers à bord. Des pirates en vedettes rapides, armés de lance-roquettes, ont voulu s’emparer du bateau qui a réussi à prendre la fuite en dépit d’un tir qui avait endommagé sa coque. Pour la Lloyds, plutôt blasée depuis plus de 300 ans qu’elle assure les bateaux de commerce, ce fut la flibuste de trop.

Les eaux de Somalie ont d’ailleurs été classifiées comme « zone de guerre ».

Le drapeau noir n’a jamais cessé de flotter sur les mers. Mais aujourd’hui, les pirates sont mieux équipés et plus violents. Et les enjeux économiques sont prépondérants. Selon la Conférence des nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), plus de 80 % du commerce mondial, soit près de 6 milliards de tonnes de produits, sont acheminés, pour l’essentiel, à bord de plus de 46 000 navires desservant près de 4 000 ports. Certaines autoroutes des mers sont particulièrement vulnérables, à l’instar du détroit de Malacca que franchissent chaque année entre 50 000 et 70 000 bateaux obligés à une navigation au ralenti en raison des faibles profondeurs. Ils deviennent alors des proies plus faciles.

Selon le dernier rapport du Bureau maritime international (BMI) publié le 8 novembre 2005, il semblerait que les actes de piraterie aient un peu diminué : 205 ont ainsi été recensés sur les neuf premiers mois de l’année 2005 contre 251 sur la même période de 2004. Aucun membre d’équipage n’a trouvé la mort, mais 259 ont été pris en otage et 19 ont été blessés.

Les côtes d’Indonésie, de Chine orientale, de Somalie, du Nigeria ainsi que la mer de Chine méridionale sont parmi les plus dangereuses.

Soit on y attaque les navires au mouillage qui attendent une place à quai, soit on les pourchasse. Les écumeurs des mers ne manquent ni d’audace, ni d’imagination : abordages à la nuit tombée, couteaux entre les dents ou, déguisés en agents des douanes ou de l’administration, ils procèdent à de faux contrôles. Leurs objectifs varient.

Dans le meilleur des cas, ils enferment les marins, volent la marchandise puis s’enfuient. Mais souvent, ils s’en prennent à l’équipage et s’emparent du navire. Serge Roche, chercheur au Centre de recherche des menaces criminelles contemporaines (université Paris-II), raconte dans un mémoire réalisé en 2000 l’histoire du Jupiter 8, un cargo disparu sans laisser de traces entre l’Indonésie et la Corée du Nord. Après avoir été inscrit sous trois identités différentes auprès du consul du Panama à Singapour, il a été retrouvé à Shanghaï, avec un faux équipage y compris le capitaine qui avait acheté sa licence à Bangkok pour 8 euros environ.

Les chiffres du BMI doivent être relativisés. Selon la Lloyds, il y aurait, en réalité, plusieurs centaines d’actes de piraterie chaque année qui ne sont pas officiellement déclarés.

Le BMI estime lui-même qu’une attaque sur huit seulement serait rapportée. S’il n’y a pas mort d’homme, les armateurs préfèrent se taire. Et on comprend bien pourquoi.

Pas question, en effet, de trop affoler les entreprises qui font encore confiance au transport maritime pour acheminer leurs produits d’un continent à l’autre. De même, signaler une agression, c’est lancer une enquête policière — sans aucune certitude qu’elle aboutisse —, qui nécessitera l’immobilisation du navire dont le coût est compris entre 15 000 et 30 000 euros par jour.

Malgré la complexité à saisir l’ampleur réelle du phénomène, la communauté internationale est consciente de la nécessité d’intensifier la lutte contre la piraterie en mer. Surtout que, selon le BMI, « plusieurs signaux inquiétants laissent penser que la nébuleuse terroriste s’intéresserait au secteur maritime » et que les bandes organisées et les mafias à l’oeuvre pourraient lui servir de relais. Les mesures de sécurité ont d’ailleurs été largement renforcées depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Le chemin est semé d’embûches.

Juridiques, pour commencer. Selon l’article 101 de la Convention de 1982 des Nations unies, le crime de piraterie n’existe « qu’en haute mer », l’attaque de navires dans les eaux territoriales est un simple hold-up — ce qui explique pourquoi la plupart des attaques ont lieu non loin des côtes.

Néanmoins, tout navire de guerre naviguant dans les eaux internationales doit arraisonner des pirates et les remettre aux autorités de son pays. Une répression largement insuffisante qui, du coup, permet à des entreprises privées de sécurité (Kroll, Maritim Risk Management, etc.) d’offrir leurs services : escortes et détectives privés, souvent d’anciens officiers des services de renseignement britanniques.

Depuis le 1er juillet 2004, le BMI demande aux armateurs d’équiper tous leurs gros cargos d’un système d’alerte par satellite (Shiplock) réceptionné par des opérateurs à la veille 24 heures sur 24. Une protection plus efficace que la radio, première cible des pirates quand ils montent à bord.

Mais la seule réponse solide viendra d’une large coopération internationale, seule capable d’affronter les organisations criminelles qui savent utiliser à bon escient la mondialisation, aussi bien en termes de circuits de financement que d’information. Et comme pour les questions de blanchiment de l’argent sale, beaucoup reste à faire.

Marie-Béatrice Baudet

05/04/08 (B442) Le Monde : Attaque du « Ponant » : les autorités françaises n’ont pas de contact avec les pirates.

Les autorités françaises n’ont pas eu de contact avec les pirates qui se sont emparés vendredi 4 avril du Ponant, un voilier de croisière de luxe français au large de la Somalie, retenant une trentaine de membres d’équipage, a indiqué, samedi 5 avril, le ministre de la défense, Hervé Morin. « Nous n’avons eu aucun contact, ni avec l’équipage du bateau, ni avec les pirates, » depuis l’attaque, a indiqué le ministre, interrogé sur France Inter sur une éventuelle demande de rançon, pratique habituelles des pirates qui opèrent au large des côtes somaliennes.

Il s’est refusé à toute précision sur les plans des autorités, qui ont déclenché vendredi le plan « Pirate-mer ». Ce plan prévoit notamment l’intervention possible d’unités d’élite entraînées notamment à intervenir contre des pirates telles que les Commandos Marine, dont certains détachements peuvent se trouver sur des navires de la Marine nationale, et le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) cantonné en région parisienne.

Des groupes de ces deux unités ont été mis en alerte, mais les forces françaises étaient toujours samedi dans une « phase d’obervation », selon des sources proches des opérations interrogées par l’AFP. Les forces françaises suivent le voilier avec un hélicoptère et l’aviso Commandant Bouan, détourné temporairement de sa mission liée à l’opération  »Liberté immuable ».

Le Ponant avait été survolé vendredi par un hélicoptère militaire français pour s’assurer que des pirates étaient bien à bord, après un appel de détresse. « Ce qui se passe en général c’est que les pirates vont dans les eaux territoriales somaliennes et c’est ensuite que, parfois, il y a des revendications particulières, qui sont souvent des demandes de rançon », a déclaré M. Morin.

L’attaque a été, « a priori, conduite par une dizaine d’hommes » et « concerne une vingtaine de Français », selon le ministre de la défense.

L’armateur CMA-CGM, propriétaire du Ponant, avait indiqué vendredi que l’équipage comptait une trentaine de membres, « en majorité » Français, les autres étant Ukrainiens. Au moment de l’attaque, le trois-mâts naviguait sans passagers pour regagner la Méditerranée depuis les Seychelles. Il a été abordé par des pirates alors qu’il se trouvait dans le golfe d’Aden, qui mène à la mer Rouge et au Canal de Suez.

05/04/08 (B442) Le Monde avec AFP : Somalie: les pirates du bateau français font route vers le nord-est du pays (autorités locales) (Info lecteur)

Les pirates qui ont pris de contrôle vendredi d’un voilier de luxe français dans le Golfe d’Aden se déplaçaient samedi vers une zone côtière du Puntland (nord-est de la Somalie) dans l’océan Indien, selon un responsable de l’administration de cette région semi-autonome.

« Nous avons reçu des informations selon lesquelles les pirates qui ont attaqué un bateau français avec son équipage se sont déplacés vers la zone côtière de Eyl, au Puntland », a déclaré samedi à l’AFP un responsable de la région du Puntland, Bile Mohamoud Qabowsade.

Eyl est un village situé à environ 800 km au nord de Mogadiscio.

Selon la même source, les pirates faisaient route dans cette direction mais n’avaient pas encore atteint cette localité.

Des pirates ont pris d’assaut vendredi le grand voilier de luxe français Le Ponant, qui croisait sans passagers au large de la Somalie, et ont pris en otage une trentaine de membres d’équipage, en majorité français.

« Je ne pense pas que notre administration puisse faire quoi que ce soit pour localiser le bateau en raison de la difficulté d’accès à la zone », a-t-il ajouté.

« Nous n’avons pas de message des ravisseurs pour le moment et nous ne savons pas ce qu’ils vont demander. Je pense qu’on ne pourra se débarrasser de ces pirates qu’avec l’aide de la communauté internationale », a-t-il précisé.

La zone de Eyl est réputée pour être un des repaires de ces pirates. Le 17 mars, le Svitzer Korsakov, un remorqueur de fabrication russe appartenant à une société danoise, avait été libéré dans la même zone par des pirates, avec ses six membres d’équipage sains et sauf, moyennant une rançon de 700.000 dollars selon les autorités locales somaliennes.

Les côtes somaliennes sont périlleuses pour la navigation: des pirates y attaquent régulièrement les navires pour s’emparer de leur cargaison et obtenir le paiement de rançons.

La Somalie est ravagée par la guerre civile depuis la chute du président Mohamed Siad Barre en 1991.

Le Puntland, région semi-autonome de Somalie, a été fondé en juillet 1998 par Abdullahi Yusuf Ahmed, devenu depuis président des institutions de transition somaliennes.

04/04/08 (B442) AFP : PARIS (AFP) – Somalie : l’équipage d’un navire de croisière français retenu par des pirates.

Des pirates ont pris d’assaut vendredi un grand voilier de luxe français, le Ponant, qui croisait au large de la Somalie, et retiennent à bord la trentaine de membres d’équipage, a indiqué à l’AFP l’état-major des armées, confirmant des informations de France Inter.

Les trente membres d’équipage du Ponant, le voilier de luxe français attaqué par des pirates au large de la Somalie, sont « majoritairement français », a précisé son armateur, la compagnie CMA-CGM.

« La navire est bien le Ponant, appartenant au groupe CMA-CGM », a déclaré un porte-parole, ajoutant que le voilier bat pavillon français et que ses trente membres d’équipage sont « majoritairement français ».

« Nous avons été informés que des pirates sont à bord », a-t-il poursuivi.

Le navire revenait des Seychelles sans passagers et se dirigeait vers la Méditerranée lorsqu’il a été attaqué au niveau du Golfe d’Aden, a-t-il ajouté.

Le gouvernement a rapidement déclenché le « plan pirate mer », a-t-on appris auprès des services du Premier ministre.

Ce plan consiste en la « mobilisation de tous les moyens disponibles sur zone » et le gouvernement prévoit également la « prise de contact avec nos alliés dans la zone », a souligné le service de communication de Matignon.

La marine française dispose d’un avion de patrouille maritime Atlantique 2 basé à Djibouti et d’un aviso, le Commandant Bouan.

Le ministère des Affaires étrangères a indiqué pour sa part avoir « reçu des informations qui laissent entendre qu’un bateau de croisière avec son équipage, dont certains membres sont de nationalité française, a fait l’objet d’une opération de piratage dans le golfe d’Aden ».

« La cellule opérationnelle du ministère a aussitôt été activée afin de vérifier et de recouper les informations disponibles et de coordonner l’action des services du ministère », a-t-il précisé.

« Le ministère des affaires étrangères et l’armateur sont en liaison afin notamment de coordonner les contacts avec les familles concernées », a ajouté le Quai d’Orsay.

Les côtes somaliennes sont réputées pour être l’une des principales zones de piraterie dans le monde.

La marine française a ainsi été amenée à assurer l’escorte de bateaux affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM) au profit des populations somaliennes, fin 2007 et début 2008. Deux navires du PAM avaient été victimes auparavant d’attaques de pirates somaliens.