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07/05/2015 (Brève 457) L’affaire Borrel maltraitée par la justice française (Par Michel Deléan – Mediapart)

Voilà 20 ans que le juge Bernard Borrel a été assassiné à Djibouti. Face aux errements de la justice, l’avocat de sa veuve, Me Olivier Morice, vient de faire condamner sévèrement la France par la Cour européenne des droits de l’homme. Il a par ailleurs obtenu récemment de faire rouvrir un volet du dossier.

Une gifle.
Dans un arrêt de 62 pages rendu à l’unanimité par les membres de la grande chambre, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) vient, le 23 avril, de condamner la France pour plusieurs anomalies lors du traitement judiciaire de l’affaire Borrel.

Alors chargé de mission auprès du ministre de la justice de Djibouti au titre de la coopération entre les deux Etats, le magistrat français Bernard Borrel avait été retrouvé assassiné à Djibouti le 19 octobre 1995, son corps en partie dénudé et calciné. Depuis lors, la justice française a joué de lenteur, quand elle n’a pas purement et simplement essayé d’étouffer le scandale afin de maintenir de bonnes relations avec Djibouti, des hommes du pouvoir local étant très sérieusement soupçonnés.

Aujourd’hui définitive, la décision de la CEDH est d‘une grande sévérité pour la justice française. La Cour européenne a en effet retracé en détail les nombreux errements et autres dysfonctionnements qui ont affecté cette procédure très sensible, avant de  faire droit aux demandes de l’avocat Olivier Morice, qui défend (avec son confrère Laurent De Caunes) la veuve et les enfants de Bernard Borrel.

Dans un premier temps, la CEDH condamne la France pour violation de l’article 6 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui garantit le droit à un procès équitable. Ayant été condamné pour diffamation après des critiques acerbes lancées sur deux juges d’instruction, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, chargés conjointement du dossier Borrel de 1998 à 2000, Olivier Morice avait finalement vu son pourvoi en cassation rejeté, fin 2009. Or parmi les conseillers de la Cour de cassation ayant pris part à cette décision de rejet, figurait un magistrat, Jean-Yves Monfort, qui avait manifesté publiquement (avec d’autres), son soutien à sa collègue Moracchini quelques années plus tôt (en 2000), et n’avait pas pensé pour autant à se déporter. Olivier Morice l’ignorait avant de voir son pourvoi rejeté. La CEDH a jugé que cela justifiait les craintes de l’avocat quant à un manque d’objectivité de cette formation de la Cour de cassation.
Dans un second temps, la CEDH condamne également la France pour violation de l’article 10 de cette même Convention européenne des droits de l’Homme, qui garantit la liberté d’expression. Au terme d’un raisonnement argumenté et minutieux, la CEDH estime que la condamnation de Me Morice pour diffamation, en raison des critiques adressées publiquement aux deux juges d’instruction Moracchini et Le Loire, qui ne croyaient pas à un assassinat de Bernard Borrel, et instruisaient sans forcer leur talent, constitue une « ingérence disproportionnée dans son droit à la liberté d’expression ». S’agissant d’un avocat ayant pris la parole dans l’exercice de ses fonctions, cette décision de la Cour européenne renforce la jurisprudence sur la liberté d’expression et élargit sa portée : ce droit n’était jusqu’ici garanti systématiquement que dans l’enceinte judiciaire.

L’historique judiciaire de l’affaire Borrel est consternant. D’abord instruite à Toulouse, l’affaire est dépaysée au bout de deux ans vers le tribunal de grande instance de Paris, fin 1997. La juge désignée, Marie-Paule Moracchini, secondée par son collègue Roger Le Loire, privilégie la thèse d’un suicide du juge Borrel, qui est celle de la raison d’Etat. Ainsi, les deux juges parisiens refusent d’entendre un témoin important, et s’opposent également à ce qu’une reconstitution soit organisée à Djibouti en présence de la partie civile. Les deux magistrats instructeurs finissent par être désavoués, et sont dessaisis du dossier par la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris en juin 2000.

Plus grave encore, le nouveau juge désigné, Jean-Baptiste Parlos, découvre alors qu’une pièce importante, l’enregistrement filmé d’un transport sur les lieux à Djibouti, n’a pas été versé au dossier d’instruction par ses collègues. Quand la juge Moracchini lui remet finalement la cassette vidéo, l’enveloppe comporte une carte manuscrite du procureur de Djibouti, Djama Souleiman, au ton plus qu’amical. « Salut Marie-Paule, je t’envoie comme convenu la cassette vidéo du transport au Goubet. J’espère que l’image sera satisfaisante. J’ai regardé l’émission « Sans aucun doute » sur TF1. J’ai pu à nouveau constater combien madame Borrel et ses avocats sont décidés à continuer leur entreprise de manipulation. Je t’appellerai bientôt. » Le courrier se conclut ainsi : « A très bientôt. Je t’embrasse. Djama ». De quoi douter – pour le moins – de l’impartialité de certains juges dans le traitement de l’affaire Borrel.

Le juge Parlos change de poste en 2002, et le dossier est repris par Sophie Clément, qui va le faire avancer non sans difficulté. La juge rassemble des indices sérieux et des témoignages suggérant que des officiels djiboutiens, jusqu’au sommet de l’Etat, ont pu être mêlés à l’assassinat de Bernard Borrel. Elle délivre deux mandats d’arrêt internationaux en 2006, qui visent des témoins clefs, un Tunisien et un Djiboutien. Ces mandats d’arrêt ne sont pas suivis d’effet. Sophie Clément finit par changer de poste à son tour, en 2012. Le dossier est alors repris par un collège de trois juges d’instruction, sans avancée notable à ce jour. Vingt ans ont passé.

L’Elysée de Chirac à la manoeuvre

Dans un deuxième volet du dossier Borrel, les pressions exercées par le procureur de Djibouti et le chef des services secrets sur un protagoniste important de l’affaire aboutissent tout de même à un procès pour subornation de témoin, à Versailles, qui donne lieu à des condamnations en mars 2008… puis à une relaxe générale en appel, en mai 2009. Fermez le ban.

Enfin, un troisième volet qui concerne les pressions exercées par l’exécutif français sur la justice vient d’être rouvert. La chambre de l’instruction de la cour d‘appel de Paris a, dans un arrêt du 10 mars (dont Mediapart a pris connaissance), en effet ordonné la reprise du cours d‘une information judiciaire pour « publication de commentaire en vue d’influencer une décision de justice » qui avait été clôturée par un non-lieu en décembre 2013.

Cette dernière affaire concerne la diffusion d’un communiqué stupéfiant du Quai d’Orsay, le 29 janvier 2005, visant à calmer l’Etat de Djibouti qui venait d’expulser six ressortissants français à cause de l’affaire Borrel. Ce communiqué annonce tout de go que « rien », dans les documents déclassifiés des enquêtes judiciaires sur l’assassinat du magistrat, « ne permet de conclure à la mise en cause des autorités djiboutiennes ». Mieux : « A la demande de ces mêmes autorités, une copie du dossier relatif au décès du juge Borrel sera prochainement transmise à la justice djiboutienne en vue de permettre aux autorités compétentes de ce pays de décider s’il y a lieu d’ouvrir une information judiciaire à ce sujet », annonce alors carrément le Quai d’Orsay.

Pour les avocats de la famille Borrel, il s’agit là d’une immixtion flagrante du politique dans le judiciaire, de la diffusion d’un mensonge d’Etat, et d’une pression directement exercée sur la juge alors en charge du dossier principal, Sophie Clément, pour lui forcer la main.

Celle-ci a finalement refusé de transmettre une copie de son dossier à la justice djiboutienne. Et une enquête sur la genèse de ce communiqué sans précédent démarre en août 2005. Elle aboutit au placement sous le statut de témoin assisté, en 2007, des diplomates Hervé Ladsous et Pierre Vimont (en qualité de porte-parole et directeur de cabinet du ministre des affaires étrangères à l’époque des faits), ainsi, en juin 2010 que du haut magistrat Laurent Le Mesle (en qualité de directeur de cabinet du ministre de la justice à l’époque des faits).

Cette partie du dossier montre des interventions de l’Elysée tous azimuts pour retenir les juges tout en calmant Djibouti. Les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia, qui l’instruisaient à l’époque, ont d’ailleurs tenté d’effectuer une perquisition à l’Elysée, mais avaient été repoussées sans ménagement par les gardes républicains, et n’avaient pu rédiger leur procès-verbal sur place que sur une poubelle….

L’enquête montre également que bizarrement, quand il a quitté la direction des affaires criminelles du ministère de la justice pour devenir procureur de Paris, en décembre 2004, Jean-Claude Marin, ne disposait pas de tous les éléments de ce dossier pourtant « signalé » : il manquait notamment un document important (un soit-transmis du 13 septembre 2004) dans lequel la juge Sophie Clément expliquait les raisons de fond pour lesquelles elle refusait de transmettre une copie du dossier Borrel à Djibouti. Encore une bizarrerie.

Le prédécesseur de Jean-Claude Marin, Yves Bot, n’a pas pu être interrogé au cours de cette instruction. C’est un des manques pointés par la chambre de l’instruction dans l’arrêt du 10 mars dernier, avec l’absence de confrontations entre Laurent Le Mesle, Hervé Ladsous et Pierre Vimont, dont les récits comportent pourtant des contradictions de taille sur le rôle des uns et des autres.

C’est aujourd’hui le juge Cyril Paquaux (également en charge du dossier principal) et sa collègue Sabine Kheris qui ont hérité de ce volet de l’affaire.

Peu après l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, et quelques heures seulement après que le nouveau président a reçu Elisabeth Borrel et son avocat, qui demandent un geste fort de l’Etat, c’est un communiqué… du procureur de Paris, Jean-Claude Marin, qui rend officiel l’assassinat du juge, le 17 juin 2007. « Si la thèse du suicide a pu un temps être privilégiée, les éléments recueillis notamment depuis 2002 militent en faveur d’un acte criminel », expose ce communiqué.

« Les expertises anthropologiques, médico-légales et de police scientifique concluent à l’existence de lésions osseuses sur le crâne et sur l’avant-bras gauche, faites à l’aide d’un objet contondant, et à la découverte de deux produits inflammables de nature distincte versés sur le corps. Elles précisent que Bernard Borrel était couché sur le sol lorsque les liquides ont été répandus sur sa personne de manière aléatoire », expliquait alors le procureur de Paris.

25/07/08 (B457) AFP / Somalie: les deux humanitaires italiens enlevés le 21 mai sont vivants

Les deux humanitaires italiens enlevés le 21 mai par des hommes armés en Somalie sont vivants, a déclaré jeudi le ministre italien des Affaires étrangères Francesco Frattini, cité par l’agence Ansa.

M. Frattini a assuré que les deux Italiens étaient vivants lors d’une conversation avec des journalistes, a précisé Ansa.

Les deux Italiens, un homme et une femme, qui travaillent pour l’ONG humanitaire italienne CINS (Coopération italienne nord-sud) comme leur collègue somalien, ont été enlevés le 21 mai à Awdhegle, à 70 km au sud de Mogadiscio.

Les autorités somaliennes ont annoncé le 28 mai que les otages, Iolanda Occhipinti, Giuliano Paganini et Yussuf Arale, étaient détenus par leurs ravisseurs dans la capitale somalienne.

De son côté, un parent du Somalien retenu en otage avec les deux Italiens avait indiqué que les ravisseurs avaient réclamé une rançon et que des négociations étaient en cours.

Rome a observé depuis le début la plus grande discrétion sur cet enlèvement.

25/07/08 (B457) France 24 / Organisation militaire La réforme des armées s’accompagne de la mise en place d’une nouvelle organisation territoriale fondée sur les « bases de défense » regroupant et mettant en commun le soutien aux différentes armes.

"La dispersion géographique et l’organisation propre à chaque armée ont conduit à un dispositif d’administration générale et de soutien (logistique, ressources humaines, achats…, NDLR) important et très cloisonné", selon le ministère de la Défense.

Dans un souci de rationalisation, une nouvelle architecture va être expérimentée, fondée sur la "base de défense" (BDD), plate-forme de services mutualisant les moyens d’administration générale et de soutien commun.

Onze bases de défense – 10 en métropole et 1 à Djibouti – seront en place dès le 1er janvier 2009, en préfiguration de la future organisation territoriale de la Défense, qui comprendra environ 90 de ces bases de défense.

Les futures bases seront diverses par leur taille (la moitié regroupant plus de 3.000 personnes) et leur composition: une seule ou plusieurs unités majeures, de la même armée ou d’armes différentes.

Les bases regrouperont tous les organismes du ministère de la défense: armées, DGA (Direction générale de l’armement), SGA (secrétariat général pour l’administration).

Les bases expérimentales de métropole seront à Avord (Cher), Brest, Clermont-Ferrand, Creil (Oise), Laudun-l’Ardoise (Gard), La Valbonne (Ain), Marseille, Nancy, Rennes, Valence.

"Notre objectif est de consacrer 60% des effectifs de la défense aux missions opérationnelles contre 40% pour l’administration générale et le soutien", relève le ministère de la défense.

Actuellement, le rapport inverse prévaut: 60% pour administration et soutien, 40% pour l’opérationnel.

25/07/08 (B457) XINHUA / 20 marins philippins confirmés être à bord d’un navire détourné sur la côte somalienne.

20 marins philippins ont été confirmés être à bord d’un bateau de marchandises enregistré au Panama, détourné dimanche par des pirates au large de la côte somalienne, lorsqu’il était en route vers le golfe d’Aden, a déclaré mercredi le ministère philippin des Affaires étrangères.

Le sous-secrétaire aux affaires des travailleurs migrants du ministère philippin des Affaires étrangères Esteban Conejos a fait savoir que l’agence d’amarinage locale de l’équipage philippin, une compagnie japonaise, était entrée en contact avec les marins enlevés et avait assuré que les 20 Philippins étaient "sains et saufs", a rapporté le réseau d’informations philippin Inquirer.net.

Le navire, nommé MV Stella Maris, naviguait en direction du golfe d’Aden lorsqu’il a été détourné dimanche, a précisé M. Conejos.

Le ministère philippin des Affaires étrangères a déjà souligné à l’agence d’amarinage l’importance de garantir une libération sûre des Philippins aussi tôt que possible.

Les eaux de la Somalie, qui ne dispose pas de gouvernement central opérationnel depuis plus de 17 ans, sont censées être les plus dangereuses du monde.

24/07/08 (B457) REUTERS / Le PAM veut des escortes navales contre les pirates en Somalie (Info lectrice)

Le Programme alimentaire mondial a fait savoir vendredi que les livraisons de vivres à la Somalie se tarissaient parce que de nombreux navires refusaient de se hasarder dans des eaux infestées de pirates et il a demandé aux gouvernements de fournir des escortes.

Peter Goossens, directeur du PAM pour la Somalie, a déclaré que son agence n’avait reçu aucune offre de protection navale depuis juin. "J’ai 80.000 tonnes (de vivres) qui attendent en Afrique du Sud leur transfert d’urgence en Somalie, et jusqu’ici je n’ai pu trouver qu’un seul bateau de 8.000 tonnes prêt à le faire", a-t-il dit lors d’une conférence de presse.

Les affrontements entre le gouvernement provisoire de Somalie et des insurgés islamistes ont provoqué une crise humanitaire de grande ampleur.

Depuis le début 2007, un million au moins de personnes ont été chassées de leur domicile par les violences. La hausse record des prix des produits alimentaires, l’inflation galopante et la sécheresse ne font qu’aggraver les problèmes.

Le PAM livre 90% de son aide alimentaire à la Somalie par mer. Depuis le début de l’année, 24 bateaux ont été attaqués par des pirates au large des côtes, contre 31 attaques pour l’ensemble de l’an dernier.

Goossens a souligné que ces huit derniers mois, les escortes navales fournies par la France, le Danemark et les Pays-Bas avaient protégé avec succès les bateaux affrétés par le PAM.

Le PAM s’attend à ce que, d’ici décembre, le nombre de Somaliens nécessitant une aide alimentaire atteigne 3,5 millions. Il nourrit actuellement un million de personnes par mois, chiffre qui devrait passer à 2,4 millions d’ici la fin de l’année, le solde étant assuré par d’autres ONG. Actuellement, le PAM ne dispose en Somalie que de réserves couvrant les besoins pendant cinq à six semaines.

Tim Large,
version française Nicole Dupont

24/07/08 (B457) AFP – Le juge chargé de l’enquête sur la disparition de Guy-André Kieffer à Abidjan en 2004 a saisi mardi à l’Elysée un dossier sur cette affaire, un « signe fort », selon la famille du journaliste. (Par Matthieu RABECHAULT et Benjamin SPORTOUCH )(Info lectrice)

Cette visite du juge Patrick Ramaël intervient alors que le magistrat cherche à entendre comme témoin Simone Gbagbo, l’épouse du chef de l’Etat ivoirien.

Cette dernière ne s’est pas déplacée à une convocation le 10 juillet mais le magistrat cherche toujours à l’entendre et envisagerait de se rendre en Côte d’Ivoire pour l’auditionner, selon une source proche du dossier.

Pour le frère du disparu, Bernard Kieffer, le déplacement à l’Elysée est "un signe fort". "Dans la mesure où l’Elysée accepte de jouer le jeu et de remettre le dossier, on ne comprendrait pas que la présidence ivoirienne ne fasse pas de même", a-t-il expliqué.

Le juge et sa greffière se sont présentés mardi en début d’après-midi à la cellule diplomatique de la présidence de la République, au 2 rue de l’Elysée, où ils se sont fait remettre des documents relatifs à la disparition du journaliste franco-canadien le 16 avril 2004 alors qu’il enquêtait sur des malversations en Côte d’Ivoire dans la filière cacao.

Le journaliste aurait été abattu par ses ravisseurs. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Ce déplacement du juge Ramaël est le premier connu d’un juge d’instruction à l’Elysée depuis l’élection de Nicolas Sarkozy.

"Un juge d’instruction s’est présenté hier rue de l’Elysée. Il lui a été remis volontairement un dossier archivé relatif à l’affaire Kieffer", a-t-on indiqué mercredi à l’Elysée, précisant qu’il s’agissait d’un "transport sur les lieux" et non d’une perquisition.

Le dossier remis au magistrat par un conseiller, "après scellés et copies d’usage", concerne des "documents antérieurs" à l’arrivée de Nicolas Sarkozy à la présidence, a ajouté l’Elysée.

Selon une source proche du dossier, ces documents comprennent de nombreux télégrammes diplomatiques ainsi que des notes des services de renseignement.

Ces dernières, classées secret-défense, ont été mises sous scellés avant une éventuelle déclassification.

Durant les derniers jours de Jacques Chirac à la présidence, les juges Fabienne Pous et Michèle Ganascia avaient vainement tenté le 2 mai 2007 de faire une perquisition à l’Elysée dans le cadre de leur enquête sur d’éventuelles pressions politiques sur la justice dans l’affaire Borrel.

"Cela montre qu’il (le magistrat, ndlr) est en train de secouer le cocotier et qu’il s’intéresse aux informations que pouvaient détenir les autorités françaises", a ajouté Bernard Kieffer, qui est partie civile dans le dossier.

"Si nous, avec internet et un téléphone, pouvons avoir des informations, les services de renseignements, le Quai d’Orsay peuvent aussi en avoir", a-t-il estimé.

La saisie de ce document fait suite à l’audition vendredi comme témoin, révélée par Libération, de l’ancien conseiller pour les affaires africaines du président Chirac, Michel de Bonnecorse.

Les enquêteurs ne soupçonnent pas le couple présidentiel ivoirien d’être impliqué directement dans cette affaire, mais certains cadres du régime liés aux milieux d’affaires, notamment ceux du cacao.

Patrick Ramaël, qualifié de "don Quichotte" par le président Laurent Gbagbo, souhaite également entendre le ministre d’Etat ivoirien du Plan et du Développement, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, dont le nom, selon une source proche du dossier, serait lié à des affaires de corruption au sein de la filière café-cacao.

24/07/08 (B457) AFP / La Somalie demande à l’ONU d’envoyer des forces de maintien de la paix (Info lectrice)

Le ministre des Affaires étrangères somalien Ali Ahmed Jama a exhorté mercredi le Conseil de sécurité de l’ONU à autoriser le déploiement de forces de maintien de la paix ou de stabilisation dans son pays en proie à des violences quasi-quotidiennes.

Le ministre somalien a affirmé que de nombreux pays seraient d’accord pour participer à une telle force et qu’il avait été "encouragé" par les entretiens qu’il avait eu avec les représentants de plusieurs d’entre eux.

"Nous demandons au Conseil de sécurité de déployer une force des Nations unies, une force financée par l’ONU, une force sous mandat de l’ONU" pour remplacer les troupes éthiopiennes, a-t-il souligné, après avoir assisté à des consultations du Conseil sur la Somalie.

M. Jama a annoncé espérer que l’accord de cessez-le-feu conclu à Djibouti le 9 juin entre le gouvernement somalien et la coalition de l’opposition dominée par les islamistes, ont l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS), serait formellement signé "dans les 3 semaines à venir."

Cet accord, visant à mettre fin à une guerre civile dévastatrice entamée en 1991 et qui prévoit le retrait des forces éthiopiennes de Somalie, devait entrer en vigueur le 9 juillet pour une période initiale de 3 mois renouvelable.

Mais les combats entre insurgés islamistes et troupes éthiopiennes et du gouvernement somalien, quasi-quotidiens depuis plusieurs mois, n’ont pas cessé à Mogadiscio depuis la signature de cette trêve.

Par ailleurs, l’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie Ahmedou Ould Abdallah, a prévenu que ceux qui ont violé les droits de l’Homme dans ce pays ne pourront se cacher ni éviter d’affronter la justice.

"Il est très important d’aborder le sujet de l’impunité des ceux qui ont tué pendant des années, qui continuent à tuer," a-t-il dit à la presse après avoir assisté à la même réunion du Conseil de sécurité.

24/07/08 (B457) AFP / L’un des plus hauts responsables islamistes somaliens se compare à Mandela

Un haut responsable islamiste somalien, cheikh Hassan Dahir Aweys, recherché par Washington pour ses liens présumés avec Al-Qaïda, s’est comparé mercredi à Nelson Mandela, affirmant que l’ancien président sud-africain avait lui aussi un jour "été accusé de terrorisme".

"Nelson Mandela a été sur la liste de personnes accusées de terrorisme par les Etats-Unis, mais maintenant il est considéré par l’Occident comme un grand homme et un patriote. Mon cas n’est pas différent", a affirmé cheikh Aweys mercredi depuis la capitale érythréenne Asmara, joint par l’AFP par téléphone depuis Djibouti.

"Les Américains devraient utiliser leur grande sagesse et ne devraient pas traiter de terroriste quelqu’un qui combat pour la liberté", a-t-il renchéri.

"Je ne suis pas une menace pour les intérêts des Etats-Unis et des pays occidentaux, mais je ne mettrai pas fin à mon combat pour la Somalie pour plaire à l’Occident", a-t-il martelé.

"Des efforts sont mis en oeuvre pour ramener la paix en Somalie, mais tous ces efforts sont vains tant que les Ethiopiens occupent la Somalie (…) et tuent nos femmes et nos enfants", a-t-il asséné.

Ancien numéro 1 des tribunaux islamiques somaliens recherché par Washington pour ses liens présumés avec le réseau terroriste Al-Qaïda, cheikh Aweys est l’un des fondateurs de l’Alliance pour une nouvelle libération de la Somalie (ARS).

Cette coalition de l’opposition somalienne s’est scindée mardi après que cheikh Aweys se fut unilatéralement proclamé chef de l’ARS, une décision rejetée par l’autre faction de l’ARS actuellement réunie en congrès à Djibouti.

Hostile à la présence de toute force étrangère sur le sol somalien, cheikh Aweys a rejeté l’accord de cessez-le-feu signé par l’autre faction de l’ARS et le gouvernement somalien le 9 juin à Djibouti, jugeant que l’accord ne comprenait pas de calendrier de retrait des forces éthiopiennes.

L’armée éthiopienne, venue soutenir le gouvernement somalien, a mis en déroute fin 2006 – début 2007 les forces des tribunaux islamiques qui contrôlaient la majeure partie du centre et du sud de la Somalie, dont Mogadiscio.

Depuis, des insurgés dirigés par les islamistes mènent des actions de guérilla quasi quotidiennes à Mogadiscio et en province.

Nelson Mandela, Prix Nobel de la paix et champion du combat anti-apartheid devenu président de l’Afrique du Sud de 1994 à 1999, a été officiellement retiré le 1er juillet, en même temps que son parti le Congrès national africain (ANC), d’une liste noire américaine du terrorisme.

Devenu une icône mondiale de la liberté et du pardon, Nelson Mandela a reçu une déferlante d’hommages venant du monde entier à l’occasion de ses 90 ans le 18 juillet dernier.