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24/07/08 (B457) APA / L’Ouganda déplore l’insuffisance de troupes africaines en Somalie

Le ministre d’Etat ougandais de la Défense, Ruth Nankabirwa, a déclaré que les troupes actuellement déployées en Somalie ne sont pas suffisantes pour pouvoir s’opposer à la vague d’attaques et maintenir la stabilité dans le pays.

Ces propos de Ruth Nankabirwa ont été tenus devant le Parlement, où elle faisait face à la Commission parlementaire de la Défense et des Affaires internationales pour défendre la politique de son département.

Elle répondait aux questions des députés qui voulaient en savoir davantage sur la situation du contingent ougandais envoyé en Somalie pour protéger le gouvernement de transition mis en place dans ce pays de la Corne de l’Afrique.

Quelque 1.500 soldats ougandais sont actuellement en poste en Somalie, des effectifs qui ont du mal à maintenir la stabilité de ce pays, et qui ont besoin de renforts des autres pays africains qui avaient promis d’envoyer des troupes additionnelles en Somalie.

Elle a déploré le fait que plusieurs autres pays africains n’aient pas honoré leur engagement, malgré leurs promesses de fournir des troupes, dans le cadre de la mission de l’UA.

Elle a également révélé que le Burundi qui avait déjà envoyé un bataillon en Somalie se préparait à déployer un autre contingent, alors que le déploiement d’un contingent nigérian est attendu très prochainement.

Elle a enfin demandé à l’Union Africaine d’accélérer le déploiement des casques verts promis par les autres nations africaines.

24/07/08 (B457) JDD / Somalie: Aweys va protéger les humanitaires.

Le nouveau chef islamiste radical somalien Hassan Dahir Aweys affirme que ses forces assureront la sécurité des travailleurs humanitaires dans le pays, où la violence a contraint de nombreuses ONG à renoncer à leurs missions.

Aweys figure sur les listes d’activistes liés à Al Qaïda dressées par les Etats-Unis et les Nations unies et vient de prendre la tête de l’opposition en exil en Erythrée au détriment du plus modéré Charif Ahmed, qui a signé le mois dernier un accord de trêve avec le gouvernement transitoire somalien.

"Nous ferons tout pour protéger les travailleurs humanitaires en particulier dans les zones que nous contrôlons.

Nous les aiderons, les escorterons et les défendrons", a déclaré d’Asmara, mercredi soir au téléphone, le chef islamiste. "Ils sont tués par nos ennemis qui nous accusent ensuite", a-t-il ajouté.

Les insurgés islamistes imputent à des franges extrémistes du gouvernement une vague d’attaques visant le personnel humanitaire local

24/07/08 (B457) Le Monde / Combats en Somalie: neuf civils tués par des soldats éthiopiens (témoins)

Neuf civils ont été tués jeudi dans la localité de Beledewyne, dans le centre de la Somalie, par des soldats éthiopiens qui ripostaient à une attaque d’insurgés contre leur camp, a appris l’AFP auprès de témoins.

Les soldats éthiopiens ont été attaqués par des insurgés alors qu’ils entraient dans leur camp dans la localité de Beledewyne (350 km au nord de Mogadiscio) et ont riposté en tirant sur des civils, ont précisé ces témoins.

"Nous avons trouvé neuf cadavres de civils tués par balle ou par des (obus de) mortier", a rapporté à l’AFP l’un des chefs coutumiers de la ville, Mohamed Moalin Abdullahi.

"Sept civils ont été tués par balle près d’un pont à l’intérieur de la ville et les deux autres ont été tués par des tirs (d’obus) de mortier", a confirmé à l’AFP un autre résident Musa Sheikh Haji.

Le dernier incident similaire remonte au 7 mai où des soldats éthiopiens ont tué au moins douze civils somaliens dans la localité de Walaweyne (sud de la Somalie), peu après l’attaque de leur convoi par des insurgés, avaient rapporté des chefs coutumiers.

L’armée éthiopienne, venue soutenir le gouvernement somalien, a mis en déroute fin 2006 – début 2007 les forces des tribunaux islamiques qui contrôlaient la majeure partie du centre et du sud de la Somalie, dont Mogadiscio.

Depuis, des insurgés dirigés par les islamistes mènent des actions de guérilla quasi quotidiennes visant en particulier les soldats éthiopiens et somaliens et des représentants du gouvernement somalien, à Mogadiscio mais aussi en province.

24/07/08 (B457) Le Monde / Josette Sheeran, directrice du Programme alimentaire mondial / « Un désastre alimentaire guette 14 millions de personnes »

Josette Sheeran est, depuis 2007, à la tête du Programme alimentaire mondial (PAM), l’agence des Nations unies chargée de lutter contre la faim dans le monde. Elle intervient dans les situations d’urgence.

Une crise alimentaire majeure frappe nombre de pays en développement. Vous êtes satisfaite de la réponse de la communauté internationale ?
Au moins le dossier est sur la table. Il fait partie de l’agenda international. J’avais lancé un appel en mars et écrit à tous les chefs d’Etat pour les sensibiliser. En moins de trois mois, j’ai récupéré plus d’un milliard de dollars de promesses de financements complémentaires. J’ai vu aussi avec satisfaction qu’au dernier G8 (qui réunit les pays les plus riches de la planète) il y a eu une déclaration sur la sécurité alimentaire. C’est une première. Il faut maintenant que cette mobilisation se poursuive. La situation l’exige. Comme l’a dit à sa façon la présidente du Liberia, Ellen Johnson Sirleaf : "Ce n’est pas demain que l’on a besoin d’aide ; c’est hier."

Donc, non, je ne suis pas déçue. Nos besoins sont couverts pour les mois à venir. Le défi véritable, ce sera l’année 2009 et les suivantes. Il nous faut mobiliser deux fois plus de moyens financiers. Le budget actuel du PAM est de l’ordre de 2 milliards d’euros. Pour faire face aux besoins et couvrir nos coûts, il doit doubler. La communauté internationale doit en être consciente.

Combien de personnes sont touchées par la crise alimentaire actuelle ?
C’est difficile à dire avec précision. On estime qu’il y a un milliard de personnes qui vivent avec moins de 1 dollar par jour, pour nous le seuil de pauvreté en deçà duquel la survie est problématique.

Or, avec l’envolée des prix alimentaires et de ceux de l’énergie, le pouvoir d’achat que représente un dollar a été d’un coup divisé par deux ! Ces populations sont dans une situation de vulnérabilité extrême. Elles sont les principales victimes de la crise actuelle. Bien sur, dans les pays développés aussi on pâtit de l’envolée des prix, mais des remèdes existent, que les Etats mettent en oeuvre. Dans les pays en développement, il n’y a rien de tout ça. Ils ne peuvent compter que sur eux-mêmes.

Comment expliquez-vous la situation actuelle, ces prix agricoles qui grimpent comme jamais ?
C’est ce que j’appelle "la tempête parfaite", autrement dit la conjonction de divers facteurs qui, pris séparément, n’auraient eu qu’un impact limité.

Je pense que tout a commencé il y a trois ou quatre ans, lorsque la consommation de certains produits agricoles de base a dépassé la production à l’échelle mondiale. La sécheresse dans des pays comme l’Australie n’a rien arrangé. Les stocks alimentaires ont commencé à baisser, et pas simplement dans les pays riches. Ça a été la même chose en Ethiopie par exemple. Est venue s’ajouter la hausse des cours du pétrole. A 80 dollars le baril de brut, il devenait intéressant, d’un point de vue économique, de fabriquer des carburants à partir de denrées agricoles. C’était rentable.

Voilà l’enchaînement qui nous a conduits au "tsunami agricole". J’emploie ce terme parce que la crise alimentaire, comme un tsunami, ignore les frontières. Elle frappe tous les pays. Nous sommes confrontés à la première crise alimentaire globale.

Même parmi les pays pauvres, certains sont davantage touchés que d’autres.

C’est exact. Les conditions locales viennent parfois aggraver les choses. On le voit bien dans la Corne de l’Afrique, où un désastre alimentaire guette plus de 14 millions de personnes. Elles doivent affronter des difficultés supplémentaires propres à la région : une succession de mauvaises récoltes, une sécheresse récurrente, une situation politique chaotique comme en Somalie, où d’ailleurs cinq de nos travailleurs ont été tués.

Dans la Corne de l’Afrique on est au bord du désastre. Tous les jours, nos équipes locales scrutent le ciel. S’il pleut d’ici à quinze jours, on peut espérer de bonnes récoltes en fin d’année. Sinon, le pire nous attend.

Vous n’avez pas mentionné la spéculation, parmi les facteurs expliquant la crise.
J’aurais pu. C’est un élément parmi les autres. Mais, comme les économistes de la Banque mondiale, je ne crois pas que la spéculation joue un rôle essentiel.

Vous pensez que les prix vont se maintenir aux niveaux actuels ?
J’espère qu’ils vont se stabiliser. A long terme, je suis convaincue que le monde va trouver une solution. La crise alimentaire des années 1970 a permis à des pays comme le Brésil d’investir avec succès dans la production agricole.

Le même phénomène va se produire. Mais cette fois, c’est l’Afrique qui prendra le relais. Certains pays, je pense à l’Ouganda, à l’Ethiopie, à la Zambie, et à d’autres encore, ont d’immenses possibilités agricoles.

Propos recueillis par Jean-Pierre Tuquoi

24/07/08 (B457) LE VIF.BE avec Belga / Somalie : un cargo japonais et son équipage aux mains des pirates

Des pirates ont intercepté ce dimanche un cargo japonais et son équipage, au large de la Somalie.

Trente-huit pirates lourdement armés ont attaqué un cargo japonais ce dimanche, dans les eaux du golfe d’Aden, au large des côtés somaliennes. Ils ont utilisé des bateaux rapides pour encadrer le bateau.

Le MV Stella Maris, battant pavillon panaméen et transportant une cargaison de plomb et de zinc, compte à son bord un équipage de 21 personnes.

Selon du Centre d’information sur la piraterie, des pirates somaliens ont lancé pas moins de trois attaques dans le golfe d’Aden depuis une semaine. "Nous continuons à conseiller aux bateaux d’exercer une stricte vigilance" en naviguant dans le golfe d’Aden, a ajouté M. Choong, chef du Centre d’information.

Une zone dangereuse

Les eaux côtières de la Somalie, pays de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile depuis 17 ans, sont considérées comme les plus périlleuses du monde pour la navigation. En 2007, plus de 25 navires y ont été détournés par des pirates.

En avril dernier, un voilier de croisière de luxe français, le Ponant, a également été intercepté par des pirates somaliens. Ses 32 membres d’équipages, dont 22 Français, ont été retenus en otage à bord de leur bateau durant une semaine. Le président français Nicolas Sarkozy et son gouvernement avaient lancé une vaste opération anti-piratage pour les délivrer, opération qui avait porté ses fruits.

Actuellement, les pirates retiennent toujours deux Allemands en otage. Ils les ont enlevés le 23 juin au large de la côte somalienne, à bord d’un voilier. Les pirates interceptent les bateaux pour obtenir des rançons.

24/07/08 (B457) ONU / Conseil de Sécurité / L’ONU DOIT RESTER EN SOMALIE, AFFIRME LE REPRÉSENTANT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ

« Une force internationale de stabilisation mettrait fin au calvaire du peuple somalien », estime le Ministre des affaires étrangères de la Somalie

Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, M. Ahmedou Ould-Abdallah, a estimé ce matin devant le Conseil de sécurité que la priorité pour les Nations Unies était de « rester sur place » et de « continuer à permettre la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti ».

Si le Conseil de sécurité autorisait le déploiement d’une force internationale de stabilisation, il y aurait de « bonnes raisons de penser que le calvaire du peuple somalien qui dure depuis 17 ans prendra fin », a déclaré pour sa part le Ministre somalien des affaires étrangères et de la coopération internationale.

Pour M. Ali Ahmed Jama Jengeli, une force d’environ 26 000 membres chargée de stabiliser la Somalie, et telle qu’envisagée dans un précédent rapport du Secrétaire général, « n’est peut être pas nécessaire et faisable ». En revanche, « une force bien plus réduite, mandatée et financée par les Nations Unies pourrait faire un bon travail dans des circonstances raisonnables », a-t-il estimé, ajoutant que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), déjà déployée dans le pays, devrait être « le noyau » de toute future force internationale de stabilisation des Nations Unies ou force de maintien de la paix.

« Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures audacieuses, décisives et rapides », a souligné M. Ould-Abdallah, qui présentait un exposé de la situation politique, sécuritaire et humanitaire en Somalie.

Tout en saluant l’ « excellent travail que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) a accompli dans des conditions extrêmement difficiles », il a cependant estimé que le Conseil pourrait envisager d’en « changer la casquette » dans l’hypothèse où elle serait en mesure de fournir les capacités nécessaires. Deux autres options consisteraient à déployer une force internationale de stabilisation ou une force de maintien de la paix des Nations Unies.

Le Représentant spécial a proposé que le Conseil de sécurité exprime un « appui public fort » à l’Accord de Djibouti et appelle les États Membres à faciliter sa mise en œuvre rapide. « L’Accord de Djibouti constitue une occasion de marginaliser et peut-être même de mettre un terme à la violence en Somalie », a-t-il affirmé.

L’Accord de Djibouti, signé le 9 juin, prévoit une cessation des hostilités par les deux parties pendant une période initiale de 90 jours, commençant 30 jours après la signature de l’Accord. Il porte également sur une demande conjointe au Conseil de sécurité concernant l’autorisation et le déploiement, dans les quatre mois à venir, d’une force internationale de stabilisation dont les éléments seraient fournis par des pays amis, à l’exclusion des États voisins. Enfin, il engage les deux parties à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer un accès sans entrave au personnel humanitaire.

Le Commissaire pour la paix et à la sécurité de l’Union africaine, M. Ramtame Lamamra, a noté que la mobilisation internationale allait dans le sens voulu par le Gouvernement fédéral de transition et des autres parties prenantes, à savoir « parvenir à la stabilisation du pays par le biais du dialogue et de la réconciliation nationale ».

Il a en outre mis l’accent sur la nécessité de renforcer la composante navale dans la perspective de la mise en place d’une opération de maintien de la paix de l’ONU en Somalie. « Une opération de ce type s’appuyant sur une composante navale solide permettrait de mener une action de paix et de stabilisation au-delà de la capitale Mogadishu, en renforçant les efforts entrepris pour s’assurer du respect de l’embargo sur les armes, de la bonne marche des activités humanitaires et de la protection des ressources maritimes somaliennes », a-t-il expliqué.

« La Somalie demeure un véritable problème pour la communauté internationale mais l’évolution récente de la situation donne des raisons d’espérer », souligne le Secrétaire général dans son rapport*.

« L’Accord de Djibouti marque un pas important sur la voie de la paix et de la stabilité en Somalie. Le principal défi réside maintenant dans sa mise en œuvre », affirme M. Ban Ki-moon, invitant « les deux parties à respecter les dispositions de cet Accord et, en particulier, celles concernant la cessation des hostilités et la facilitation de l’accès humanitaire ».

Le Secrétaire général souligne qu’« il importe que les progrès enregistrés sur le front politique s’accompagnent de plans de mise en place d’un dispositif de sécurité approprié destiné à appuyer la réinstallation de l’ONU en Somalie et le déploiement d’une force de stabilisation internationale ».

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LA SITUATION EN SOMALIE
Déclarations

M. AHMEDOU OULD-ABDALLAH, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, a rappelé que lors de son premier exposé devant le Conseil de sécurité, le 17 décembre, il avait proposé trois options pour aborder la crise somalienne. La première était de poursuivre la routine habituelle avec une assistance massive, y compris de l’aide humanitaire, comme nous l’avons fait au cours des 18 précédentes années. Cette approche, qui a permis de sauver des millions de vies et devrait être poursuivie, ne peut néanmoins apporter une paix durable.

La deuxième option serait de se retirer d’un pays où nous n’avons toujours pas fait une grande différence. Dans la troisième option, il proposait une action simultanée sur les fronts politique et sécuritaire.

Le Représentant spécial a souligné que le 9 juin, le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie sont arrivés à un accord politique qui a été paraphé par les deux parties. Les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, l’Union africaine, l’Union européenne, la Ligue des États arabes, l’Organisation de la Conférence islamique et l’Organisation des Nations Unies ont été les témoins de cet accord, a-t-il dit. La visite de travail du Conseil de sécurité à Djibouti à l’ouverture des discussions a été, a estimé M. Ould-Abdallah, l’une des contributions les plus importantes à la conclusion réussie de cet accord.

Il a proposé que le Conseil de sécurité exprime un appui public fort à l’Accord de Djibouti et appelle les États Membres à faciliter sa mise en œuvre rapide. L’Accord de Djibouti constitue une occasion de marginaliser et peut-être même de mettre un terme à la violence en Somalie, a-t-il affirmé. La priorité doit être de rester sur place et de continuer à permettre la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti, a-t-il ajouté.

M. Ould-Abdallah a également déclaré que la communauté internationale devrait demeurer unie et manifester sa solidarité à l’égard du peuple somalien. Il a estimé que ce serait une erreur très grave de permettre à certains individus de jouer avec l’avenir de la Somalie et de l’ensemble de la corne de l’Afrique. La violence peut aisément se répandre à travers les frontières et constituer une menace pour la paix et la sécurité internationales. La Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) a fait un excellent travail dans des conditions extrêmement difficiles, a-t-il indiqué.

Mais, il convient, à ses yeux, d’envisager de changer la casquette de cette force si cela peut contribuer à apporter les capacités nécessaires. Une autre option serait ainsi de déployer une force internationale de stabilisation, comme l’a indiqué le Secrétaire général dans une lettre adressée le 20 septembre 2007 au Président du Conseil de sécurité. Enfin, comme troisième possibilité crédible, le Conseil de sécurité pourrait établir une force de maintien de la paix des Nations Unies. Le temps est venu pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures audacieuses, décisives et rapides, a conclu le Représentant spécial du Secrétaire général.

M. RAMTAME LAMAMRA, Commissaire pour la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), a présenté les derniers développements en ce qui concerne la situation en Somalie. Il a noté que la mobilisation internationale allait dans le sens voulu par le Gouvernement fédéral de transition et des autres parties prenantes, à savoir parvenir à la stabilisation du pays par le biais du dialogue et de la réconciliation nationale. Le Commissaire a évoqué les différents efforts engagés à cette fin, notamment l’Accord de Djibouti conclu le 9 juin 2008 entre le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie. Lors du dernier Sommet de l’Union africaine tenu à Charm el-Cheikh, en Égypte, le Conseil de paix et de sécurité de l’Union a salué les nouvelles perspectives pour une paix durable et la réconciliation en Somalie et appelé au soutien à la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti, a ajouté M. Lamamra.

Le Commissaire pour la paix et la sécurité a ensuite rappelé que l’Accord prévoyait la création, sous les auspices de l’Union africaine et des Nations Unies, de deux comités clefs, le Comité mixte de sécurité et le Comité de haut niveau, qui auront pour mandat de consolider le processus politique en cours et d’améliorer la situation du pays au plan de la sécurité. M. Lamamra a estimé que pour que cette disposition soit réalisée et que l’ONU et l’Union africaine participent pleinement au processus de paix, il faudrait que les parties somaliennes s’engagent avec détermination à restaurer la confiance mutuelle en vue de mettre un terme au conflit.

Il a ajouté que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) userait de tous les moyens dont elle dispose pour aider au rapprochement des parties. À ce sujet, M. Lamamra a déploré que l’AMISOM ne soit pas en mesure, pour l’heure, d’exercer pleinement son mandat, la Mission se heurtant à des manques sérieux sur le plan financier et sur le plan logistique. Selon les estimations des Nations Unies, son budget s’élève à 817 500 dollars. Il est crucial de renforcer la Mission en vue de parvenir à l’objectif international convenu de porter à 8 000 troupes le nombre de Casques bleus déployés sur place, a-t-il dit.

M. Lamamra a réaffirmé que ses visites sur place l’avait conforté dans l’idée qu’il était nécessaire de renforcer la composante navale dans la perspective de la mise en place d’une opération de maintien de la paix de l’ONU en Somalie. « Une opération de ce type s’appuyant sur une composante navale solide permettrait de mener une action de paix et de stabilisation au-delà de la capitale Mogadishu, en renforçant les efforts entrepris pour s’assurer du respect de l’embargo sur les armes, de la bonne marche des activités humanitaires et de la protection des ressources maritimes somaliennes. » Une forte composante navale représenterait aussi une garantie contre les attaques à l’encontre du personnel de l’ONU et une sécurisation des frontières maritimes, a encore ajouté le Commissaire pour la paix et la sécurité de l’Union africaine.

Il a conclu en appelant le Conseil de sécurité à donner aux Nations Unies et à la communauté internationale les moyens de déployer « une mission robuste en Somalie ». C’est un moyen unique, a-t-il estimé, de saisir l’opportunité qui s’offre de restaurer la paix durable et la sécurité dans le pays.

M. ALI AHMED JAMA JENGELI, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la Somalie, qui a rappelé que le Conseil de sécurité avait été pour la première fois saisi de la situation en Somalie au début de 1992, a fait état de l’Accord de paix et de réconciliation conclu à Djibouti le 9 juin dernier entre le Gouvernement fédéral de transition et l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie. Le Ministre a assuré que tout serait entrepris par le Gouvernement fédéral de transition pour mettre en œuvre les dispositions de cet Accord et a espéré que l’Alliance pour la seconde libération de la Somalie fera de même.

Dans ce contexte, si le Conseil de sécurité autorisait le déploiement d’une force internationale de stabilisation des Nations Unies, il y aurait de bonnes raisons de penser que le calvaire du peuple somalien qui dure depuis 17 ans prendra fin, a-t-il dit. De l’avis du Ministre, une force d’environ 26 000 membres chargée de stabiliser la Somalie, et telle qu’envisagée dans un précédent rapport du Secrétaire général, n’est peut être pas nécessaire et faisable. Une force bien plus réduite, mandatée et financée par les Nations Unies pourrait faire un bon travail dans des circonstances raisonnables, a-t-il estimé, ajoutant que l’AMISOM, déjà déployée en Somalie, devrait être le noyau de toute future force internationale de stabilisation des Nations Unies ou force de maintien de la paix. Le Ministre a souligné que son gouvernement était déterminé à faire tout ce qu’il pouvait pour créer un climat favorable au déploiement et au bon fonctionnement d’une force de stabilisation.

S’agissant de l’aide humanitaire, une assistance considérable est requise pour les mois à venir, a-t-il affirmé. Le Ministre a mis l’accent sur la corrélation étroite entre la sécurité et la réconciliation et les besoins humanitaires. Toute action devra être prioritairement axée à l’avenir sur les plans politique et sécuritaire, a-t-il dit. Le Ministre a par ailleurs exprimé sa tristesse face aux meurtres et enlèvements délibérés commis contre des agents humanitaires qui accomplissent un travail héroïque dans des conditions difficiles. Le Gouvernement et le peuple somaliens sont attachés, en priorité, à poursuivre les auteurs de ces crimes et à les traduire en justice, a-t-il assuré. M. Jama Jengeli a appelé le Conseil de sécurité à régler de manière prioritaire la question de l’impunité pour les crimes commis contre le peuple somalien.

Le Ministre somalien des affaires étrangères a enfin estimé qu’il y avait de bonnes raisons d’être optimiste et positif concernant l’avenir de la Somalie. Beaucoup dépend du peuple et de ses dirigeants, ainsi que de la qualité, de la pertinence et de la quantité de l’assistance du Conseil de sécurité et de la communauté internationale, a-t-il fait remarquer. C’est pourquoi, il a souhaité qu’une force de stabilisation des Nations Unies appropriée reçoive l’appui du Conseil de sécurité au cours de cette réunion.

23/07/08 (B457) AFP / Somalie: un cargo japonais et son équipage interceptés par des pirates

Un cargo japonais et son équipage ont été interceptés par des pirates fortement armés au large de la côte somalienne, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Le MV Stella Maris, battant pavillon panaméen et qui transporte une cargaison de plomb et de zinc, a été intercepté dimanche, a indiqué à l’AFP Andrew Mwangura, responsable du bureau kényan du Programme d’assistance aux marins, organisation basée à Mombasa (sud-est du Kenya).

Cette information a été confirmée à l’AFP par Bile Mohamoud Qabowsade, conseiller spécial à la présidence de la région semi-autonome du Puntland (nord-est de la Somalie).

« 38 pirates lourdement armés ont attaqué le bateau dans les eaux du golfe d’Aden . Selon des chefs coutumiers locaux, les pirates et le bateau ont dépassé le port de Calula (extrême nord du Puntland) lundi soir », a déclaré M. Qabowsade, joint par téléphone depuis la capitale somalienne Mogadiscio.

« On nous a informé que les membres d’équipage sont à bord. Des bateaux rapides utilisés par les pirates encadrent le bateau », a ajouté la même source.

De son côté, le Bureau maritime international (BMI) a indiqué mardi que l’équipage « comprenait 21 personnes, mais qu’aucune n’était ressortissante japonaise », a précisé à l’AFP Noel Choong, chef du Centre d’information sur la piraterie, une section du BMI dont le siège est à Kuala Lumpur.

Selon M. Choong, des pirates somaliens ont lancé pas moins de trois attaques dans le golfe d’Aden depuis une semaine.

« Ce bateau (MV Stella Maris) a été intercepté il y a quelques jours, mais compte tenu de la sécurité de l’équipage et du bateau, nous n’étions pas en mesure de diffuser plus d’informations », a-t-il ajouté.

« Nous continuons à conseiller aux bateaux d’exercer une stricte vigilance » en naviguant dans le golfe d’Aden, a ajouté M. Choong.

Les eaux côtières de la Somalie, pays de la Corne de l’Afrique ravagé par la guerre civile depuis 17 ans, sont considérées comme les plus périlleuses du monde pour la navigation. En 2007, plus de 25 navires y ont été détournés par des pirates.

Deux Allemands, enlevés le 23 juin par des pirates au large de la côte somalienne à bord d’un voilier, sont toujours retenus en otage par ces pirates.

23/07/08 (B457) LDDH / Soutien indéfectible de la LDDH pour la poursuite des plus hautes autorités soudanaises à la demande du Procureur de la CPI.



Le Président

Soutien indéfectible de la LDDH pour la poursuite des plus hautes autorités soudanaises à la demande du Procureur de la CPI.

Le Procureur indépendant de la Cour pénale internationale a déclaré « qu’un génocide impliquant les plus hautes autorités du Soudan est en train d’être commis au Darfour.

Il est de sa responsabilité de poursuivre les crimes les plus graves afin d’empêcher la perpétration de nouvelles atrocités, d’aider ainsi à la reconstruction du pays sur la base de la règle de droit et de soutenir les millions de victimes. »

Il est de la responsabilité, politique et juridique des Chefs d’Etat de l’Union Africaine (UA), de soutenir les efforts du Procureur indépendant de la Cour pénale internationale (CPI), afin de mettre fin à ce génocide. »

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) déplore les positions des Chefs d’Etats Arabes et les motifs non valables des risques d’une aggravation de la situation au Soudan.

Rien n’est plus dramatique et intolérable que de taire les crimes contre l’humanité tant au Darfour, au Soudan du Sud et pratiquement dans tout le Soudan.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce aussi, avec rigueur les génocides et crimes contre l’humanité en Somalie du Sud occupée par les Forces étrangères d’Ethiopie, ainsi que les exterminations du Peuple Somalie de l’Ogaden et des populations en terre Oromos, par les Forces armées Ethiopiennes surtout depuis le règne de Meles Zenawi.

M. NOEL ABDI Jean-Paul
Vice-président de l’UIDH chargé de la Corne d’Afrique.