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24/10/08 (B470-B) XINHUA / La marine française remet des pirates somaliens capturés aux autorités locales

La marine française patrouillant la côte somalienne a remis neuf pirates somaliens capturés aux autorités de la région du nord-est de la Somalie, a déclaré jeudi un officiel somalien.

L’officiel des ports et de la pêche, Abdulkadir Muse Yusuf, a déclaré que les pirates seront traduits en justice dans les prochains mois. Il a déclaré aux médias locaux que les pirates, qui possédaient des hors-bords, ont jeté leurs armes à l’approche des navires français.

La marine française aurait détruit les hors-bords et aucune fusillade n’aurait éclaté entre les deux parties.

La marine française a récemment intensifié ses patrouilles sur la côte somalienne, alors que l’OTAN a envoyé sept navires de guerre pour protéger la côte.

Le Bureau maritime international a déclaré que les pirates somaliens sont responsables d’environ un tiers de toutes les attaques enregistrées contre les navires dans le monde: 63 des 199 actes de piraterie enregistrés dans le monde au cours des neuf premiers mois de l’année 2008 se sont produits dans les eaux somaliennes.

Les forces locales de sécurité, qui agissent comme gardes côtes dans la région, le gouvernement national ne possédant ni forces aériennes ni marine, ont réussi ce mois-ci à sauver deux navires détournés.

Les autorités locales ont affirmé que les gouvernements étrangers les empêchent de tenter de sauver d’autres navires, par crainte pour la vie de leurs ressortissants à bord de ces embarcations.

24/10/08 (B470-B) La belle vie et le pouvoir des pirates, qui s’enrichissent …. Deux articles à lire. (Info lectrice)

_____________________________ Nouvel Obs

36 millions de dollars de revenus en un an
Somalie : la loi des pirates

Dans l’océan Indien, l’arraisonnement de navires est devenu une véritable industrie qui emploie plus d’un millier de personnes. Derrière ce gigantesque racket se profile l’ombre des islamistes locaux. Une enquête de Jean-Paul Mari

C’est une montagne sur l’eau, un cargo de 15 000 tonnes d’acier qui file, la coque enfoncée dans les eaux brûlantes de l’océan Indien, au large du Kenya. Le «Faina» bat pavillon du Belize pour une société du Panama, affrété par une compagnie ukrainienne d’Odessa et piloté par un capitaine russe à la tête d’un équipage de 17 Ukrainiens, 3 Russes et 1 Letton.

Dans son ventre rond, empaquetés comme de gros gâteaux huilés, 33 chars d’assaut T-72 de conception soviétique, 150 lance-roquettes RPG-7, deux missiles sol-air Grad, des batteries antiaériennes, et quelque 14 000 obus et munitions : de quoi mener une sale guerre en terre d’Afrique.

Où va-t-il ? Au Kenya ? Ou au Sud-Soudan, là où le dernier accord de paix signé a la valeur du papier ?

Peu importe, quelque part, dans une villa avec piscine à robinets dorés, un lord of war doit se caresser le ventre en pensant aux bénéfices de sa marchandise de mort.

Ce 25 septembre, le «Faina» glisse donc, tranquille, à moins d’une journée de Mombasa, son port d’arrivée, en doublant un chalutier de pêche sans pavillon, étrangement immobile. Soudain, deux points blancs apparaissent à l’horizon, et ils avancent à une vitesse ahurissante, coupant les vagues courtes de la mousson.

A bord, quelques pirates somaliens, jeunes, secs et en pagne, armés de kalachnikov et de lance-roquettes, issus sans doute de la même usine que la cargaison.

Dix minutes plus tard, les longues barques se collent avec habileté contre le franc-bord du cargo ukrainien. Un tir de roquette pour montrer son sérieux, un ou deux grappins d’acier qui accrochent la passerelle, une échelle en U à sept barreaux plaquée contre la coque et les hommes sont déjà sur le pont… c’est fini.

La forteresse en armes est tombée aux mains de quelques gaillards sachant manier une kalachnikov en mâchant du khat. Les pertes sont minimes : un seul mort, un membre d’équipage terrassé par une crise d’hypertension. Après un coup d’oeil sur le fret, le porte-parole des pirates, Sugule Ali, fait une première offre de rançon : 20 millions de dollars, somme très raisonnable vu le prix des tanks sur le marché.

Et comme la polémique fait rage sur la destination de cet arsenal de guerre, notre chef flibustier donne une conférence de presse par téléphone satellite : «Notre problème n’est pas le propriétaire des armes, notre problème, c’est les 20 millions de dollars.» Dans l’heure qui suit, plusieurs navires de guerre américains et européens de Operation Enduring Freedom, chargés de lutter contre le «terrorisme d’Al- Qaida», se déroutent pour filer à toute vapeur vers le «Faina» désormais placé sous haute surveillance.

Mssion : empêcher à tout prix les pirates de décharger leurs armes en Somalie.

Le monde vient de découvrir ce que tous les marins savaient déjà : les eaux somaliennes, où transitent 30 000 navires par an et un tiers du pétrole mondial, sont devenues les plus dangereuses du monde, un cauchemar pour la sécurité.

«Attention ! A tribord, au 040, trois embarcations non identifiées…», signale la vigie sur la passerelle du «Commandant Birot». L’aviso de la Marine nationale française est parfois détaché de la Task Force 150 pour lutter contre la piraterie dans le golfe d’Aden.

Equipé de radars et d’une centaine d’hommes hautement qualifiés, le bâtiment est conçu pour lutter contre les sous-marins, mais trois canons, dont un de 100 mm, et une section formée à l’assaut peuvent réduire n’importe quelle bande de pirates.

Pour les cargos isolés, les parades sont minces : naviguer tous feux éteints, placer des cordes de traîne dans l’eau à l’arrière en espérant que les pirates se prendront les hélices dans les filins, riposter au canon à incendie ou zigzaguer pour retarder l’abordage.

Le plus sûr est encore le SSAS (Ship Security Alert System), un système qui donne aussitôt l’alarme, véritable cordon ombilical avec la terre. Du haut de sa passerelle, le commandant de l’aviso se désole en étalant une carte de la région : «Quatre millions de kilomètres carrés à surveiller, plus de 3 000 kilomètres de côtes, la région est vaste, bien trop vaste. Une agression signalée à 250 nautiques et il me faut… dix heures de route !» Trop long.

Depuis le début de l’année, 69 navires ont été attaqués au large de la Somalie. Une douzaine d’entre eux, avec 200 membres d’équipage, sont amarrés au port somalien d’Eyl, dangereux et inaccessible, devenu l’île de la Tortue. La piraterie en Somalie n’est pas un débordement passager, c’est une industrie. Avec études de marché, renseignements économiques, formation des employés, hiérarchie d’entreprise et investissements à long terme.

Tout commence dans les années 1990 par une révolte des gueux, celle de pêcheurs du sud du pays qui n en peuvent plus de voir sous leurs yeux les chaluts coréens et japonais racler la mer jusqu’au sable. Une poignée d’entre eux grimpent sur ces chalutiers sans permis et les mettent à l’amende. La misère aidant, les raids se répètent, et la colère prolifique devient une méthode. En Somalie, rien de ce qui est lucratif ne reste longtemps étranger aux chefs de clan. Aujourd’hui, quatre à cinq organisations concurrentes emploient une armée estimée à 1 100 pirates, anciens pêcheurs, miliciens en armes désoeuvrés, marins, officiers en rupture de ban ou gardes-côtes qui maîtrisent la navigation, les lois, le GPS et l’art des faux appels de détresse qui attirent leurs proies. Sur tous les quais de la région, du Yémen aux Emirats arabes, les Somaliens de la diaspora, dockers et négociants, suivent le départ des bateaux et renseignent leurs frères au pays, des hommes d’affaires qui ont armé une centaine d’esquifs, coques en plastique, six à huit mètres de long, équipés d’un moteur de 80 chevaux, surpuissants, capables de semer un Zodiac moderne.

Quand les cargos ont décidé de passer au large, les pirates ont mis la main sur quelques bons gros chalutiers, des «bateaux-mères» d’où ils lancent leurs barques pour l’attaque, jusqu’aux Seychelles. Dans les camps d’entraînement, la formation dure plusieurs semaines, le temps pour les apprentis pirates d’intégrer l’esprit, la discipline et la méthode du pirate moderne. 1) Interdiction de toucher à la précieuse marchandise ! Manger la nourriture de l’équipage ou utiliser les toilettes des otages : 500 dollars d’amende. 2) Maltraiter un marin, un passager : 2 000 dollars. 3) 100 dollars pour un retard de retour de permission, 500 dollars pour avoir tiré sans raison ou refusé d’obéir. 4) 1 000 dollars pour s’être endormi pendant la garde. Et l’exclusion immédiate pour celui qui ose critiquer l’organisation ! Chacun a sa fonction et gagne ses galons à l’épreuve de la mer : l’officer n° 1, qui dirige l’assaut, l’officer n° 2, son second, et le technical military, chargé de l’emploi du lance-roquettes. «Je fais partie des coasty-guards», a confié fièrement un jeune pirate, la bouche pleine de khat, au commandant Patrick Marchesseau pris en otage sur son voilier le Ponant . Notre organisation a seize ans d’existence, plus de 300 combattants et une centaine de barques. Nous capturons au moins un bateau par mois (1) !»

Le modèle de l’assaut est toujours le même. La clé ? La vitesse d’exécution : un quart d’heure à peine entre le départ du bateau-mère et l’irruption sur le pont du cargo. Il arrive qu’un marin rétif soit abattu ou que l’équipage doive s’allonger à plat ventre sur le pont chauffé à blanc par le soleil, mais ce sont des accidents, rares. L’important est d’entamer le processus des négociations, menées téléphone satellitaire à la main. A terre, quelques notables ouvrent un «tribunal» ou viennent à bord estimer le montant adéquat de la rançon, rarement inférieur à un demi-million de dollars. Ancrés au port d’Eyl, de Hobyo ou de Harardere plus au sud, les cargos attendront la fin des transactions, une semaine, des mois, toute une année. A Dubaï, Djibouti ou Mombasa, l’intermédiaire, homme d’affaires de haut vol et parfois lui-même armateur, négocie dans l’ombre. Dès le début de la guerre civile en 1991, l’un d’eux octroyait généreusement des «permis de pêche» fictifs, à 8 000 dollars pièce, aux chalutiers de pêche. En cas de prise d’otages, toujours prêt à «aider», il s’offrait aussitôt pour récupérer le bateau en négociant la rançon. «A Dubaï, tout le monde connaît le capitaine Issé, armateur somalien. Toujours prêt à aider. Un homme riche, cultivé et charmant… que j’ai croisé dans tous les mauvais coups, dit un Occidental, expert de la région. D’ailleurs, ses cargos n’ont jamais été attaqués !»

Les clans, les sous-clans, les innombrables milices et leurs chefs dépècent la Somalie. Quarante pour cent de la population doit sa survie aux convois de l’aide alimentaire. Racket au «checkpoint», rançons, pillage des ONG, les fiers combattants volent, tuent et affament leurs frères somaliens. L’islam comme leitmotiv, mais l’argent comme unique religion. On ne se bat jamais dans un pays pauvre, et la Somalie est riche ! La pêche est belle le long des 3 333 kilomètres de ses côtes, on exporte des fruits et légumes dans tout le Golfe et plus de 50 millions de têtes de bétail, chèvres, vaches, chameaux. Quatre-vingt-dix pour cent des redoutables hommes d’affaires somaliens spéculent dans l’import-export et, chaque année, la diaspora envoie 500 millions de dollars au pays. Le marché somalien des télécommunications est en deuxième position, après l’Afrique du Sud mais avant le Kenya. Et la noria des escrocs chinois et australiens venus négocier les nouveaux gisements de pétrole, de gaz et d’uranium se cassent les dents face à leurs intermédiaires somaliens bien plus avides qu’eux !

Des Majertim, sous-clan des Darod maîtres du Puntland, aux Habarjidir, sous-clan des Hawaye, tenants du mouvement islamiste qui contrôle les deux tiers du pays, aucun Somalien n’est indifférent à la manne de la piraterie : 36 millions de dollars payés en moins d’un an, plus que les 20 millions de dollars de budget du Puntland, région autonome qui court entre le golfe d’Aden et l’océan Indien. Cette province, autrefois stable, n’est plus qu’un semblant d’administration, impuissante, infiltrée et corrompue, où les politiciens sont connectés avec la piraterie. La marine locale comptait six à sept vedettes commandées par des officiers. Sans salaire depuis des années, ils ont rejoint les pirates. Pendant deux ans, le gouvernement de transition somalien a entraîné 14 000 hommes pour constituer une armée. Combien en reste-t-il aujourd’hui ? Deux mille à peine. Où sont les autres ? Ils ont rejoint les insurgés ou les pirates, bien sûr ! Les captures devenues hebdomadaires, le paiement des rançons par des armateurs soucieux de profit et de discrétion, ont boosté l’économie sauvage du Puntland. Les fêtes sont somptueuses, les avions de khat se posent désormais près des ports, les pirates achètent des tonnes d’armes sophistiquées, des voitures de luxe, font construire et prennent une troisième femme, signe de leur nouvelle richesse… Même les instituteurs quittent leurs classes pour se proposer comme interprètes !

Et Allah dans tout cela ? En 2006, les Tribunaux islamiques avaient pendu le chef des pirates de Hobyo. Les choses pourraient avoir changé. Des voix à la présidence du Puntland dénoncent l’implication des Shebab, les islamistes partisans du djihad d’Al-Qaida. Dans sa villa de Nairobi, au Kenya, l’ancien Premier ministre somalien du gouvernement de transition, Ali Mohammed Ghedi, est contraint à l’exil après avoir échappé à cinq attentats. Il est catégorique : «Les Shebab, un millier d’intégristes reliés à Al-Qaida, constituent l’organisation la plus puissante aujourd’hui en Somalie. Ils emploient une dizaine de milliers de miliciens et commanditent des prises d’otages qui rapportent des millions de dollars.» Pour lui, la piraterie est une joint- venture politico-religieuse, une mafia reliée au terrorisme islamiste. Grâce aux gains énormes de la piraterie, tout le monde gagne en puissance : «Cette mafia politique peut se transformer en une véritable armée dotée d’un parti politique puissant, et demain en un Etat en armes. Pour les Shebab somaliens, la piraterie peut devenir ce que l’opium est aux talibans d’Afghanistan.»

Evidemment, la tentation est forte : invoquer Al- Qaida, c’est avoir l’oreille des Américains. Il n’empêche, parmi les responsables insurgés mis en cause, on cite régulièrement le cheikh Yussuf Indahaddi, pilier du mouvement islamiste, qui ne boit plus, prie beaucoup et prospère dans le trafic d’armes. Et un autre chef des Shebab, le cheikh Mukhtar Robow, a appelé les pirates «à brûler ou à couler le cargo ukrainien et ses armes… s’ils n’obtenaient pas de rançon». En Somalie, où l’argent fait office de drapeau, la piraterie est en train de devenir une industrie nationale.

Le 2 juin dernier, le Conseil de Sécurité des Nations unies a adopté la résolution 1816, qui permet aux navires de guerre de traquer les pirates jusque dans les eaux somaliennes. Le 16 septembre, des bateaux de l’Otan cinglent vers le golfe d’Aden pour escorter les convois du PAM, et la France propose de lancer une opération militaire aéronavale contre la piraterie. Deux signaux forts ont été envoyés aux pirates : la capture d’une partie des auteurs de la prise d’otages du «Ponant» et la libération par un commando du voilier le «Carré d’as». «C’est bien, mais ce n’est pas assez. Les pirates ne reculeront pas. Il y a trop d’argent en jeu, dit un expert de la sécurité. Le seul moyen serait d’aller les chercher jusque dans leur fief… de détruire l’île de la Tortue.»

«Attention ! Droit devant. Paré à tribord. Tenez-vous prêts pour l’approche…», ordonne le commandant de l’aviso français. Devant nous, les boutres suspects repérés ne sont que deux misérables bateaux de pêche yéménites en route vers leur port d’attache après trois semaines de mer. Le «commando d’approche» envoyé à bord échange un peu d’eau, des poignées de main, quelques renseignements, et l’aviso reprend son cap.

«Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage…» Sur la passerelle guerrière de l’aviso, on entend un passager terrassé par la chaleur rêvasser à voix haute, en récitant un poème de Marbeuf. Face à l’océan, immense et dangereux.

(1)«Prise d’otages sur «le Ponant»», par Patrick Marchesseau, Editions Michel Lafon, septembre 2008.


Jean-Paul Mari

_______________________________ L’Express

Le sex-appeal des pirates somaliens

Les petits garçons ne sont pas les seuls à adorer les pirates. En Somalie, les femmes adultes les aiment aussi, à en croire un article de Farhat Hussameddine, publié dans le quotidien égyptien Al-Ahram. La traduction en anglais, réalisée par un journal des Emirats Arabes Unis, The National, est révélatrice :

"En Somalie, il y a plus de 2300 pirates de la mer. Parmi eux, on compte de nombreux soldats, des spécialistes des questions de sécurité, des interprètes professionnels, etc. (…)

"Ces gangs organisés, utilisateurs de matériel high-tech, ont saisi un vaisseau ukrainien qui transporte chars d’assaut, armes, munitions équipement militaire… Leurs demandes de rançon sont élevées.

"Ces pirates sont riches et puissants. Ils possèdent souvent de nombreuses sociétés commerciales.

"Jama Shino, un pirate de la ville somalienne de Garowe, a ainsi organisé une immense fête pour son deuxième mariage, à laquelle des centaines d’invités ont été conviés.

"Son épouse, ainsi que plusieurs jeunes femmes présentes, l’ont confié: "Toutes les filles, en Somalie, rêvent de marier un pirate. Ils ont le pouvoir, l’argent, l’immunité, les armes pour défendre la tribu et des fonds pour soutenir les milices dans la guerre civile."

Les marins de l’OTAN, dont une flottille s’apprête à lancer des opérations de lutte contre la piraterie, sont prévenus!

24/10/08 (B470-B) Le Monde : Djibouti-Erythrée: le Conseil de sécurité déplore le statu quo frontalier

L es membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont déploré jeudi la poursuite de l’occupation d’une partie du territoire de Djibouti par l’Erythrée malgré leur appel en juin dernier à y mettre fin.

Lors d’un débat public au Conseil, l’ambassadeur de France, Jean-Maurice Ripert, a proposé d’engager rapidement des consultations en vue de rédiger un texte.

Il s’agirait, a déclaré le diplomate français, de "réitérer fortement les demandes adressées par le Conseil à l’Erythrée, en particulier le retrait de ses forces", et de "la condamner si elle persiste dans son refus de tout dialogue sur ce sujet".

"Ces demandes devraient s’accompagner d’une échéance claire", a ajouté M. Ripert.

Le Conseil de sécurité avait condamné le 12 juin "l’action militaire de l’Erythrée contre Djibouti à Ras Doumeira et dans l’île de Doumeira" à la frontière entre les deux pays.

Cette déclaration, restée lettre morte, appelait "les deux parties à s’engager à un cessez-le-feu" et les exhortait, "en particulier l’Erythrée, à faire preuve d’un maximum de retenue et à ramener leurs forces à leurs positions d’avant l’incident".

L’Union africaine (UA) avait elle aussi exigé fin juin le retrait "immédiat et inconditionnel" de l’Erythrée des territoires au nord de la République de Djibouti.

La tension entre l’Erythrée et Djibouti est très forte depuis une incursion, le 16 avril, de troupes érythréennes vers Ras Doumeira (nord de Djibouti), promontoire stratégique surplombant l’entrée de la mer Rouge. Les deux pays s’étaient opposés à deux reprises en 1996 et 1999 pour cette zone.

Le 10 juin, des échanges de tirs nourris avaient eu lieu entre troupes érythréennes et djiboutiennes à Ras Doumeira, faisant au moins neuf morts côté djiboutien. L’Erythrée n’avait fourni aucune indication sur ses pertes.

Asmara avait nié toute velléité hostile envers son voisin, mais le gouvernement djiboutien avait vu dans cet accrochage une volonté délibérée de l’Erythrée "de déstabilisation (…) de toute la Corne de l’Afrique".

Une mission d’information de l’ONU a remis en septembre un rapport dans lequel elle affirme que "la situation sur la frontière entre Djibouti et l’Erythrée, en particulier la militarisation de Doumeira, constitue une menace pour la stabilité et le développement de Djibouti".

Il ajoute que "s’il n’est pas traité de manière rapide et globale, le problème entre Djibouti et l’Erythrée pourrait avoir un impact négatif important sur toute la région et la communauté internationale dans son ensemble", compte tenu du caractère stratégique du détroit de Bab el-Mandeb.

24/10/08 (B470-B) ONU – 6000 ème session – Conseil de sécurité. LE PRÉSIDENT DE DJIBOUTI DEMANDE UNE ACTION URGENTE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DANS LE CONFLIT FRONTALIER AVEC L’ÉRYTHRÉE

__________________________________ Note de l’ARDHD

Lire en particulier les propos de Guelleh, en couleur rouge, ils pourraient donner un parfait exemple de bobardisation.

A noter que la France reconnaît aujourd’hui et officilemement, que les combats de Doumera ont été meurtriers. Alors que le bilan officiel n’a jamais dépassé une vingtaine de victimes …. La vérité commencerait-elle à émerger et de source officielle ?
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La France propose d’engager des consultations bilatérales en vue de présenter un projet de texte condamnant l’Érythrée si elle persiste dans son refus de dialogue

Le Président de Djibouti, M. Ismail Omar Guelleh, a demandé ce matin au Conseil de sécurité d’agir de « manière urgente et efficace » en vue d’obtenir de l’Érythrée qu’elle se plie à ses obligations internationales et accepte de coopérer pour résoudre le conflit frontalier entre les deux pays. Cette crise n’est qu’un « problème artificiel », a estimé de son côté le représentant érythréen.

M. Guelleh a ainsi exhorté le Conseil de sécurité à exiger de l’Érythrée et de Djibouti « dans un délai d’environ trois semaines à se consacrer fondamentalement à la résolution de cette crise ». « Tout manquement à l’application d’une telle décision devrait donner lieu à des sanctions de la part du Conseil », a déclaré le Président djiboutien. L’« agression » de l’Érythrée « ne doit être ni ignorée ni rester impunie ni même, ce qui est pire, être prise à la légère », a-t-il ajouté.

« Une inaction continue, sous quelque forme qu’elle soit, non seulement encouragerait mais gratifierait l’attitude de l’Érythrée », ne donnant à Djibouti que la guerre comme seule option, a également déclaré le Chef de l’État, pour qui la priorité immédiate « est la démilitarisation du secteur du conflit, ainsi que le retrait des forces des deux pays dans leurs positions d’avant février 2008 ».

Cette réunion, la 6 000e du Conseil de sécurité depuis la création des Nations Unies, avait été demandée par Djibouti* afin que le Président Guelleh puisse s’exprimer sur cette question qui avait déjà donné lieu à une séance d’urgence, le 24 juin dernier.

Le Représentant permanent de l’Érythrée auprès de l’ONU a assuré pour sa part qu’il n’y avait pas eu d’éléments nouveaux depuis le « bref incident du mois de juin » causé, a-t-il précisé, par une « attaque non provoquée de la part des Forces de Djibouti contre des Forces érythréennes situées en territoire érythréen ». Il a indiqué que si l’Érythrée souhaitait « rétablir et cultiver des relations de bon voisinage avec Djibouti sur la base du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriales », elle ne se laisserait pas entraîner, en revanche, « dans un conflit de diversion et artificiel ».

Dans le débat qui a suivi, les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leurs préoccupations face à cette situation conflictuelle et à ses risques d’embrasement dans une région, la corne de l’Afrique, déjà fortement marquée par les guerres et les crises humanitaires, même si, comme l’ont constaté certains, les tensions semblent s’être apaisées à la frontière.

« Le Conseil de sécurité ne doit pas perdre de vue l’essentiel, c’est-à-dire les combats meurtriers, dont l’Érythrée est responsable, qui ont eu lieu à Doumeira en juin dernier et les effets de cette agression qui persistent », a affirmé le représentant de la France. Celui-ci a annoncé que la France se proposait d’ « engager rapidement des consultations bilatérales », en vue de présenter « le moment venu » au Conseil de sécurité un projet de texte condamnant l’Érythrée si elle persistait dans son refus de tout dialogue et encourageant les efforts du Président de la Commission de l’Union africaine et du Secrétaire général des Nations Unies. Ces demandes, a-t-il poursuivi, « devraient s’accompagner d’une échéance claire ».

Son homologue des États-Unis a demandé au Secrétaire général, conformément à la recommandation de la mission d’établissement des faits**, de dépêcher un émissaire sur le terrain. Plusieurs pays, comme le Burkina Faso ou l’Afrique du Sud, ont en outre souligné que le Conseil de sécurité pouvait s’appuyer sur les efforts et les bons offices de l’Union africaine ou de la Ligue des États arabes. Le représentant de l’Afrique du Sud a ainsi dit espérer que la visite du Président de la Commission de l’Union africaine, M. Jean Ping, à Asmara constitue « une bonne occasion pour l’Érythrée de donner sa vision des choses ».

Dans une déclaration présidentielle, le 12 juin dernier, le Conseil de sécurité avait condamné l’action militaire conduite deux jours plus tôt par l’Érythrée contre Djibouti à Ras Doumeira et dans les îles de Doumeira. Il avait également demandé instamment aux deux parties de « retirer leurs forces pour revenir au statu quo ante » et d’« entreprendre des efforts diplomatiques en vue de résoudre la question pacifiquement et conformément au droit international ».

Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont pris la parole: Burkina Faso, Belgique, Italie, Royaume-Uni, Fédération de Russie, Afrique du Sud, Croatie, Costa Rica, Viet Nam, Jamahiriya arabe libyenne, Panama, États-Unis et Chine.

__________________ PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Déclarations

M. ISMAIL OMAR GUELLEH, Président de la République de Djibouti, a souligné que son pays, petit, paisible et progressiste, est parvenu à survivre et à maintenir sa stabilité dans un contexte de guerres régionales variées et persistantes, et de conflits civils violents pendant les trois dernières décennies. La Corne de l’Afrique, a-t-il ajouté, a eu, et continue à avoir, plus que son lot de malheur, de tragédie, de dislocation et de destruction.

À cet égard, le Conseil de sécurité pourrait, a estimé le Président djiboutien, examiner profondément ce foyer de tension au niveau régional comme il l’a fait dans le passé pour la région de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). M. Guelleh a, en premier lieu, évoqué la question de la Somalie, pays, a-t-il précisé, « en ruines ».

Cette question n’est plus exclusivement somalienne et requiert, a-t-il estimé, une implication régionale et internationale totale, transparente, franche et neutre, afin de déterminer une fois pour toutes le destin d’un peuple, dont le futur comme nation est en jeu. Le Chef de l’État djiboutien a notamment affirmé que la piraterie faisait partie du chaos croissant en Somalie et constituait un symptôme de l’absence de pouvoir au sein de cette nation.

De l’avis de M. Guelleh, la moitié de la population de la Somalie, pays qui continue à être l’otage d’intérêts politiques, stratégiques et économiques divergents, nécessite une aide humanitaire d’urgence et souffre d’un des taux les plus élevés de déplacement, de sécheresse, de chômage et d’inflation.

Le Conseil de sécurité a la responsabilité première, dans le cadre de la paix et de la sécurité internationales, de sauver cette nation de l’inéluctable descente dans l’apatridie et le cauchemar, a-t-il expliqué. Il a la lourde responsabilité de décider fermement qu’il est temps de protéger les populations vivant dans cette situation chaotique, a-t-il également dit, ajoutant qu’un manque d’action du Conseil aurait des conséquences graves.

Le Président de Djibouti a consacré le reste de son intervention au conflit frontalier qui oppose son pays à l’Érythrée. Après la soudaine occupation, inexplicable et irréfléchie, d’une partie du territoire djiboutien par les Forces érythréennes au début de l’année, Djibouti s’est engagé dans une politique calme et prudente qui a accordé suffisamment de temps aux contacts bilatéraux à tous les niveaux afin de résoudre ce différend amicalement et paisiblement, a-t-il expliqué. Ces efforts sont restés vains, a-t-il regretté, dénonçant l’acte illégal et insolent des Érythréens qui poursuivent leurs constructions militaires sur le terrain, ainsi que leur manque de coopération, obligeant ainsi Djibouti à masser des troupes à la frontière afin de protéger son intégrité territoriale.

Les efforts régionaux et internationaux intenses et soutenus dans l’espoir de trouver une solution à cette crise ont rencontré le dédain et le rejet pur et simple des autorités érythréennes, a-t-il dit. Le Président de Djibouti a estimé que les conclusions de la mission d’établissement des faits dépêchée dans son pays afin d’étudier la situation qui prévaut dans la région de Doumeira et les tensions croissantes entre les deux pays sont claires, incontestables et graves.

Elles reflètent, a-t-il précisé, le comportement erratique et irresponsable du régime érythréen et ses déformations malhonnêtes et délibérées des faits. M. Guelleh a exprimé la détermination de son pays à recouvrir l’intégrité de son territoire, à savoir le Ras Doumeira et les îles de Doumeira, aujourd’hui illégalement occupées par l’Érythrée. Cette impasse imposée par l’Érythrée est intolérable et inadmissible, a-t-il déclaré, jugeant impératif que le Conseil de sécurité traite ce conflit de façon opportune et complète.

Le Chef de l’État djiboutien a invité le Conseil de sécurité à considérer que l’Érythrée devait être sérieusement appelée à répondre de ses obligations internationales et à coopérer avec l’ONU en vue d’accepter sa facilitation pour résoudre cette crise. La priorité immédiate pour Djibouti est la démilitarisation du secteur du conflit, ainsi que le retrait des forces des deux pays dans leurs positions d’avant février 2008, a-t-il ajouté.

Enfin, les deux pays doivent faire preuve d’une entière disponibilité afin de rétablir la confiance mutuelle, notamment à travers l’activation des mécanismes bilatéraux existants, la soumission à un processus juridique ou à un arbitrage menant à une démarcation concertée de la frontière. Il a ainsi invité le Conseil à mettre tout en œuvre afin de convaincre l’Érythrée de se retirer des secteurs qu’elle occupe depuis mars 2008. M. Guelleh a exhorté le Conseil de sécurité à exiger des deux pays, dans un délai d’environ trois semaines, qu’ils se consacrent fondamentalement à la résolution de cette crise.

Tout manquement à l’application d’une telle décision devrait donner lieu à des sanctions de la part du Conseil, a-t-il dit. Cette agression ne doit être ni ignorée ni rester impunie ni même, ce qui est pire, être prise à la légère par le Conseil. Une inaction continue, sous quelque forme qu’elle soit, non seulement encouragerait mais gratifierait l’attitude de l’Érythrée, ne donnant à Djibouti que la guerre comme seule option, a-t-il poursuivi. Le Président de Djibouti a ainsi demandé que le Conseil de sécurité agisse de manière urgente et efficace sur cette question. Ce conflit constitue un gouffre financier, un poids énorme sur les ressources limitées de Djibouti, tout en compromettant ses objectifs de développement, a conclu M. Guelleh.

M. ARAYA DESTA (Érythrée) a rappelé que, le 24 juin, lors d’un exposé semblable de la part du Premier Ministre de Djibouti, l’Érythrée avait donné sa version des faits et ne souhaite donc pas s’appesantir sur la genèse d’un « problème artificiel ». Le représentant a affirmé qu’il n’y a pas eu d’éléments nouveaux depuis le « bref incident du mois de juin » causé par ce qu’il a qualifié « d’attaque non provoquée de la part des Forces de Djibouti contre des Forces érythréennes situées en territoire érythréen ». L’Érythrée, a ajouté M. Desta, a toujours choisi la voie de la modération et de la patience. Contrairement à ce qu’il a appelé des « allégations », l’Érythrée n’a pas pris de territoire appartenant à Djibouti et n’a pas d’ambitions territoriales, a-t-il affirmé.

Le représentant, tout en affirmant que la question n’était pas liée, a ensuite reproché à l’Éthiopie d’avoir installé des positions militaires dirigées contre l’Érythrée dans une région des trois frontières (Érythrée, Éthiopie et Djibouti). Il a ajouté que l’Éthiopie continue en outre à occuper des territoires érythréens en violation de la Charte des Nations Unies et des Accords d’Alger. Revenant sur le « problème artificiel » de Djibouti, le représentant a affirmé qu’à la demande de l’Émir du Qatar, les Présidents érythréen et djiboutien ont accepté de discuter. L’Érythrée souhaite rétablir et cultiver des relations de bon voisinage avec Djibouti sur la base du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale, mais elle ne se laissera pas entraîner dans un conflit de diversion et artificiel, a conclu M. Desta.

M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a estimé que le conflit entre Djibouti et l’Érythrée était entré dans une phase moins aiguë. La situation est tendue mais calme à la frontière, a-t-il souligné, précisant que l’on ne se battait plus sur le promontoire de Doumeira ou dans les îles de Doumeira et que les forces armées des deux pays n’étaient plus en contact.

Cette évolution est, a-t-il estimé, à mettre au crédit de Djibouti qui, conformément à la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 12 juin dernier, a retiré ses troupes sur la position du statu quo ante. Le Conseil de sécurité ne doit pas perdre de vue l’essentiel, à savoir que des combats meurtriers, dont l’Érythrée est responsable, ont eu lieu à Doumeira en juin et que les effets de cette agression persistent.

Comme l’indique la mission d’établissement des faits dans son rapport, l’Érythrée n’a pas retiré ses troupes sur les positions du statu quo ante, a-t-il poursuivi. La première urgence, a-t-il dit, est que l’Érythrée réponde à la demande très claire que le Conseil lui a adressée. De l’avis de M. Ripert, la résolution de cette crise suppose que les deux parties tranchent la question du tracé de leur frontière commune.

Il revient aux deux parties, a-t-il ajouté, de définir le cadre dans lequel elles aplaniront leur différend. Cela suppose, a-t-il dit, un dialogue qui, pour l’instant, n’existe pas. M. Ripert a ainsi souligné que les autorités érythréennes avaient jusqu’à présent refusé toutes les propositions de dialogue qui leur avaient été faites, n’avaient pas donné de visa à la mission d’établissement des faits, avaient refusé des missions du même type proposées par la Ligue des États arabes ou par l’Union africaine, et n’avaient pas répondu à la proposition de bons offices du Secrétaire général ni aux diverses propositions de dialogue sur cette question qui leur avaient été présentées par des organisations multilatérales ou par des États Membres.

La deuxième urgence est, de l’avis de sa délégation, que les autorités érythréennes acceptent l’existence d’une crise à Doumeira et qu’elles se montrent disposées à en parler. La visite du Président de la Commission de l’Union africaine à Asmara, vendredi dernier, laisse espérer que l’Érythrée va enfin accepter de « reprendre langue » avec la communauté internationale, a-t-il dit. Il s’est dit persuadé que le Secrétariat avait un rôle très positif à jouer et a souhaité qu’il puisse formaliser sa proposition de bons offices auprès de l’Érythrée et l’envoi d’une mission sur place.

Après avoir rappelé la relation d’amitié et de coopération ancienne et confiante qui lie la France à Djibouti, le représentant a annoncé que sa délégation se proposait d’engager rapidement des consultations bilatérales, en vue de proposer au Conseil de sécurité, le moment venu, un projet de texte. Il s’agirait alors, a précisé M. Ripert, de réitérer fortement les demandes adressées par le Conseil à l’Érythrée, de condamner ce pays s’il persistait dans son refus de tout dialogue sur ce sujet, d’encourager les efforts du Président de la Commission de l’Union africaine et du Secrétaire général des Nations Unies. Ces demandes, a-t-il poursuivi, devraient s’accompagner d’une échéance claire.

(….) Lien avec le document intégral et les interventions des autres pays participant à cette réunion

24/10/08 (B470-B) Ouest France / Piraterie: trois navires de l’Otan patrouillent au large de la Somalie

Trois navires de guerre de l’Otan, Le destroyer italien Durand de la Penne et les deux frégates grecque et britannique Themistokles et Cumberland, ont commencé à patrouiller au large de la Somalie et dans le golfe d’Aden pour une mission d’escorte et de dissuasion face aux pirates sévissant dans la région.

Quant aux missions d’escorte sur requête de l’ONU des navires du Programme alimentaire mondial (PAM), elles seront fonction des demandes.

"Les bateaux de l’Otan patrouilleront les routes maritimes sur lesquelles le risque d’attaque criminelle contre les navires marchands est le plus élevé, en application des règles d’engagement et en conformité avec les lois internationales et nationales de la mer", a spécifié le grand quartier général de l’Otan dans un communiqué.

24/10/08 (B470-B) Radio-Trottoir : Et si le créateur d’Arrotaba était « un toutou de Guelleh » comme l’écrit un lecteur, qui nous adresse un article élogieux paru dans La Nation et qui pourrait bien justifier le qualificatif employé. (Info lecteur)

_________________________________ Note de l’ARDHD

Il est vrai que note site avait soutenu les débuts d’Arrotaba … Très rapidement, constatant des divergences et se posant des questions légitimes, l’équipe de l’ARDHD avait pris ses distances avec son créateur ….

Cet article publié dans La Nation semble clair. Le site Arrotaba collabore-t-il avec le régime dictatorial et sanguinaire de Guelleh ? La question est posée.

Un peu surprise et déçue au fond, l’équipe de l’ARDHD laisse aux lecteurs, le soin de se forger leur propre opinion.

_________________________________ Extrait de La Nation

Le label Dil Tourab

L’idée d’avoir son propre label de musique germe dans l’esprit de Dilleyta Tourab alors qu’il vit au Canada. Tout commence là bas avec la création du site web arhotabba.com en 2000. Le jeune promoteur entend se servir du support multimédia pour diffuser des chansons djiboutiennes on line. Sauf que les enregistrements audio des produits qui lui sont transmis sont de très mauvaise qualité. Il se lance dans l’apprentissage des arrangements musicaux pour améliorer la qualité du son avant toute diffusion des variétés nationales sur le réseau Internet.

Dilleyta Tourab se trouve toujours au Canada quand il produit son premier compact disque, intitulé  » Kas sini saynun  » dans le cadre de l’élan de solidarité nationale en faveur d’Abdallah Le durant l’année 2002. De retour au pays au mois d’août 2004, il confectionne dès janvier 2005 l’album « Inkada  » de Said Helaf. Quarante huit autres aux genres divers ont été, depuis, produits par Dil Tourab Entertainment. N’empêche que le producteur est plus que réticent pour les commercialiser sur le marché local.

Car des distributeurs pirates et connus de tous, qui ont pignon sur rue, jouissent encore d’une impunité totale au pays faute d’un bureau opérationnel dans la protection des droits d’auteur. Voilà pourquoi la discographie de Dil Tourab Entertainment, riche d’une cinquantaine d’albums ou de coffrets, demeure inaccessible aux mélomanes djiboutiens.

MOF

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Production d’œuvres musicales

Le point avec ….Hassan Mohamed
Hassan alias Dilleyta Tourab
Propriétaire de Dil Tourab Entertainment
 » La culture mérite un soutien particulier « 

Djibouti est l’un des rares pays au monde qui ne dispose pas de structure versée dans la protection des droits d’auteurs. Nos artistes ne peuvent, par conséquent, nourrir l’espoir de tirer un quelconque revenu décent de la création d’œuvres. Il n’est donc pas étonnant que notre musique tarde à se développer dans ces conditions malgré la richesse de notre patrimoine culturel. Pourtant, notre gouvernement est signataire d’une convention internationale sur les droits d’auteurs et a promulgué une loi portant sur la protection des œuvres artistiques, qui est indispensable en vue de valoriser le travail de nos artistes.

Malheureusement, la mise en application de ce texte de loi fait encore défaut. Car sa mise en œuvre est difficile faute d’une réelle activité artistique, génératrice de revenus. Du coup, les artistes sont obligés de se contenter des cachets misérables, alloués lors des mariages et des journées de sensibilisation. Il est temps que les pouvoirs publics se penchent sur les conditions susceptibles de promouvoir ce secteur essentiel pour le développement culturel, économique et social du pays.

Il faudrait mettre en jeu d’importantes sommes aux fins de créer une véritable industrie de musique nationale selon ma vision personnelle. Un tel processus se compose de cinq phases principales. La créativité artistique et musicale constitue la matière première de l’industrie du disque. Et elle est abondante sous nos cieux. En effet, notre pays est réputé pour sa culture poétique, riche et diverse.

Nous avons aussi la chance d’avoir des auteurs et compositeurs talentueux. La conception des œuvres est la seconde étape. Il existe plusieurs groupes, tant bien que mal organisés et équipés, tels qu’Arhotabba, Degaan, Gaan Maan, Wagari. Les musiciens de ces formations sont capables de créer des belles mélodies même si nous n’avons pas su valoriser nos chants et rythmes traditionnels jusqu’à présent.

Ensuite, la production d’œuvres musicales revêt un caractère primordial. Bien qu’il n’existe aucun studio d’enregistrement digne de ce nom, la technologie d’aujourd’hui permet de produire des albums de qualité comme ceux de Neima Djama. Abayazid Ali, Awaleh, Said Helaf, Houssein Hayle, Aptidon, Don Deltafa, Ali God… avec des moyens peu coûteux. Ces quelques exemples figurent parmi la douzaine de CD « made in Djibouti  » produits au cours des quatre dernières années. C’est beaucoup trop peu.

La promotion des œuvres musicales intervient normalement après leur sortie des studios d’enregistrement. On utilise divers moyens à cet effet. Il s’agit des annonces et spots publicitaires dans les organes de presse (journaux, radio et télévision), des affiches et le bouche à oreille. Enfin, la distribution ou la vente des produits demeure le maillon crucial de la chaîne. L’absence de circuits de distributions fiables se fait cruellement ressentir au pays. Des pirates, qui ont pignon sur rue, gagnent de l’argent avec la vente des CD.

Et ce aux dépens des intérêts des auteurs, compositeurs, interprètes et producteurs qui en détiennent les droits, faut-il le rappeler. C’est là où le bât blesse aujourd’hui. Les pouvoirs publics devraient pleinement jouer leur rôle de régulateur en matière de protection d’œuvres artistiques à travers la mise en place du bureau des droits d’auteurs. Ce serait un signal fort à l’endroit des pirates qui continuent d’exercer leur commerce illicite au vu et au su de tout le monde.

En outre, nos artistes ne peuvent se produire sur scène à longueur d’années faute de sites adéquats. Là encore, les pouvoirs publics devraient apporter une contribution efficace pour remédier au délabrement avancé du théâtre des salines et de faciliter l’accès aux salles du palais du peuple. Autant de conditions réunies devraient doper la créativité de nos artistes. Je suis convaincu aussi que vivre de son art à Djibouti est possible.

Car nous disposons d’un marché potentiel de plusieurs millions de consommateurs de Djibouti à la Somalie en passant par l’Ethiopie, l’Erythrée, le Yémen et toute la diaspora qui vit un peu partout dans le monde. Pour ce faire, nous comptons sur une accélération du processus de mise en place du bureau des droits d’auteurs de la part des autorités compétentes.

Dès sa mise en service, le bureau pourrait planifier l’organisation d’un atelier au cours duquel des artistes, des propriétaires de magasins de disques, des opérateurs culturels, des investisseurs, des législateurs, des représentants des forces publiques, des responsables des ministères concernés (communication et culture, commerce et industrie, économie et finances, justice) discuteraient des modalités susceptibles de garantir la protection des droits d’auteurs.

Ainsi, nous pourrions tous ensemble jeter les bases solides d’une véritable industrie du disque dans notre pays. Au même titre que le tourisme, la culture mérite un soutien particulier du gouvernement et des partenaires au développement. Parce que les deux secteurs d’activités sont fortement interdépendants. Bref, je reste optimiste malgré tout.

23/10/08 (B470-B) NATO warships heading to Somalia Thu, 23 Oct 2008 07:18:39 GMT

NATO warships will start to escort aid cargos to Somalia in a bid to stem mounting piracy in the waters off the Horn of Africa.

"In a few days, operations will begin," chief NATO spokesman James Appathurai told reporters in Brussels, explaining "the operational plan and the rules of engagement should be agreed and finalized in the next day or two."

NATO frigates and destroyers are en route to the area where more than 30 ships have fallen victim to increasing acts of piracy this year, he said.

Appathurai said the warships and their crews would have ‘a full range of self defense’ measures, including the use of force. Captured pirates would be dealt with under the rules of the nation that each ship involved belongs to, he added.

The spokesman acknowledged the alliance would, however, have a complicated task ahead as it would have to deal with ‘a host of pirates’ who are not immediately identifiable.

Vessels will also help look after UN World Food Program (WFP) aid shipments to Somalia, planned to go under Dutch escort on Thursday, until the European Union can launch its own operation later this year.

The dangerous Somali waters have become a hotbed for acts of piracy, especially in the north where an adjacent maritime route runs to the Suez Canal.

The pirates keep seizing ships and their crews, some times for weeks, demanding large ransoms from governments or owners.

On October 9, the EU announced its mission, led by Vice-Admiral Philip Jones, would be run from a headquarters at Northwood, north of London.

Appathurai said the presence of the ships — from Belgium, Cyprus, France, Germany, Lithuania, the Netherlands, Spain, Sweden and possibly Britain– is hoped to deter would-be pirates, saying vessels from India and Russia would also join the armada.

"There will be a number of very competent and very effective military ships coordinating with each other … to provide presence, to provide deterrence and where necessary and possible to intervene to prevent acts of piracy," he said.

23/10/08 (B470-B) Press TV Un représentant de l’opposition affirme que des Groupes d’oppositions pourraient signer bientôt des accords de paix avec le GNT. // Somali opposition, TFG to sign peace deal (En Anglais – Info lecteur)

Somalia’s opposition leader says the Transitional Federal Government (TFG) and the opposition groups are to sign a peace deal soon.

Sheikh Sharif Sheikh Ahmed told reporters in Yemen that the peace agreement would be signed in Saudi Arabia, a Press TV correspondent reported.

« We should save our people, our country, and stop daily violence, » Sheikh Ahmed said.

He also proposed the idea of power sharing saying that if the opposition and TFG work together, they can work toward solving the problems Somalia faces.

« Power sharing is very important, we want our share in the government, » said the opposition leader, adding, “We have the right to ask for a Unity Government.”

Sheikh Ahmed urged the opposition groups in Somalia to unite and form a single opposition standing for one cause. He expressed hope that foreign forces would leave the country in the near future.

Somalia has been without an effective central government since the Horn of Africa nation’s dictator Siad Barre was overthrown in 1991. In 2006, Ethiopia sent in troops to back Somalia’s Transitional Federal Government (TFG).

The ongoing violence in Somalia has resulted in the death and displacement of countless civilians.