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21/01/09 (B482-B) GED : communiqué de presse à l’occasion de l’investiture du 44ème Président des Etats-unis.

 

Communiqué de Presse

Monsieur le Président
des Etats Unis d’Amérique,

Il fut un temps où chanter dans le noir pour ne pas avoir peur était l’unique espoir – des femmes et des hommes de couleur – en l’avènement d’un monde meilleur. Espoir en l’émergence d’un monde plus humain, d’un monde respectant leur couleur et leur religion.

Quand le passé a été bien plus que rude, lorsque le présent est catastrophique et l’avenir incertain, il convient néanmoins de garder cet espérance et passer au travers de la difficulté en y mettant toute notre énergie.

Ne pas avoir faim, ne plus avoir soif, disposer d’un toit pour abriter sa famille, pouvoir éduquer nos enfants et les envoyer à l’école, avoir les moyens de les soigner et de les préparer à une vie professionnelle active ne devrait plus être un privilège réservé au monde occidental mais à toutes et à tous en ce monde.

Les Djiboutiennes et les Djiboutiens, qui très majoritairement patientent depuis bien trop longtemps dans le non respect de leurs Droits Humains, dans l’inconfort le plus total, voire dans la pauvreté et l’injustice en notre pays et sous le joug destructeur de la tyrannie qui s’est autoproclamée par deux fois à la présidence de notre république, ont été réceptifs au message d’une grande clarté – tout particulièrement pour ce qui concerne votre position par rapport aux dictatures dans le monde – que vous avez adressé lors de votre discours d’investiture prononcé hier, mardi 21 janvier 2009.

Nous avons la conviction profonde que la rupture d’avec un passé récent et la naissance de cette nouvelle citoyenneté américaine que vous proposez au monde, avec ce message d’espoir en l’avenir et non point celui de la peur, correspond aux attentes des populations de ce monde et tout particulièrement à celles notre pays.

Au nom des Djiboutiennes et des Djiboutiens, des membres du Gouvernement en Exil de Djibouti, de celles et ceux qui appartiennent aux diverses commissions, des membres du Mouvement Djiboutien de Libération Nationale nous vous félicitons chaleureusement pour cette élection à la présidence des Etats-Unis d’Amérique.

Avec votre élection, l’histoire vient de dépasser les USA, s’ouvrir sur un nouveau monde et constitue un événement formidable auquel nous adhérons.

Fait à Londres le mercredi 21 janvier 2009

Mahamoud Idriss Ahmed
Président du GED

 

22/01/09 (B482-B) AfarIssas – > Guelleh sert-il la cause de sa tribu? Vérité ou jeu politique ?

Les tendances tribales et ethniques, dans leurs manifestations négatives, constituent les facteurs déterminants des difficultés connues par le continent africain. Aussi longtemps que les Africains ne se débarrasseront pas de ce qui est une vraie tare humaine, l’occident ne cessera pas de transformer l’Afrique en un terrain de livraison d’armes et de pratiquer d’autres formes d’exploitations.

Mon intervention portera sur un sujet très tabou dans la société djiboutienne et qui me semble très important : le tribalisme

Le tribalisme est un sérieux problème que nous avons. Il serait ridicule de le nier au point où nous en sommes. Je ne pense pas que nous puissions l’éradiquer comme certaines maladies (variole etc…) tout simplement parce que cela se passe dans la tête. Vous et moi, nous savons que toutes sortes d’idées traversent nos têtes.

Ce que nous pouvons faire, c’est essayer de réduire l’influence négative qu’a le tribalisme sur notre qualité de vie et sur notre volonté ou notre nécessité de vivre ensemble. Pour y parvenir nous devons mesurer l’impact qu’a le tribalisme dans nos choix, puis voir comment réduire son influence négative.

En effet, parler du tribalisme ne signifie en rien être soi-même tribaliste ou vouloir l’exercer. Mais au contraire c’est faire preuve de courage pour dénoncer cette tare qui marque notre société. Le tribalisme est une sorte de racisme et du racisme on en parle tout le temps, aussi bien les victimes que les racistes. C’est vrai qu’au temps du parti unique, nul ne pouvait se permettre de tout dire. Mais le tribalisme se vivait au quotidien et à tous les niveaux de notre société.

Beaucoup de Djiboutiens vous diront que le parti RPP était à l’origine du tribalisme. Mais nous devons nous poser la question chaque jour de savoir si nous sommes prêts à remettre en cause cette pratique, nous, qui parlons du renouveau.

C’est sans doute ce qui nous permettra de prouver que le tribalisme est le fait d’une personne ou d’un groupe de personne qui nous a gouvernés pendant plus de trois décennies.

Le tribalisme est aujourd’hui quelque chose qui a atteint notre subconscient à un point tel que nous le sommes devenus, tous, sans le savoir. C’est devenu un réflexe chez les Djiboutiens. Il me semble à moi que c’est une tare qui arrange aujourd’hui tous les politiques, tant dans l’opposition que dans les arcanes du pouvoir.

Il est vrai que Guelleh nous renvoie cette image : s’appuyer sur son ethnie pour se maintenir au pouvoir mais pour moi, au contraire, le couple présidentiel jouent un jeu trop dangereux pour monter les uns (Mamassans et Issack) contre les autres.

De ce fait, nous autres devons faire très attention à ne pas tomber dans les préjugés tribaux et autres.

Combien de familles issues des ces tribus sont dans des situations lamentables par rapport aux tribus ‘dénonciateurs’?

Seuls les sympathisants de ces tribus sont autorisés à profiter du pillage du denier public et c’est cette image que nous voyons.

Pourquoi ne pas pointer du doigt sur ceux de notre tribu, qui font la même chose et beaucoup plus même?

Parce que le Président n’est pas de notre tribu. Hallucinant ! Alors sincèrement quelle est la définition de cette aberration : le tribalisme

Le bateau du dictateur Guelleh, comporte moins de Mamassan, si nous voulons parler en termes de profits. Regardez bien autour de vous et vous me donnerez raison. J’ai entendu des politiciens et autres tenir ou écrire ce genre de propos et cela m’écoeure encore aujourd’hui. Ceci s’appelle du tribalisme et nous devons le dénoncer en tant que tel.

Nous aimons donner des exemples sur les critères qui caractérisaient les attributions des postes à responsabilité au plus haut sommet de l’Etat. Voyons un peu comment les responsabilités au sein des partis politiques sont attribuées, voyons comment les militants de l’opposition sont constitués, voyons comment le Premier Ministre a constitué son administration. (90% du personnel de la primature est d’origine Afar) et il y a tant d’autres exemples que je n’ai pas cités.

Sommes nous dans les conditions adhoc pour être en mesure de corriger les tares du régime?

Ou bien nous voulons rendre coup pour coup ?

Si c’est le cas, il vaut mieux ne pas rêver à l’instauration de la démocratie dans notre pays.

Il y a des réalités qu’il faut dénoncer, c’est la seule voie de salut pour tous. Certes les premiers dénonciateurs seront mal vus mais qu’à cela ne tienne puisqu’il faut le faire même au risque de n’être compris que dans un siècle.

Les affirmations ou préjugés selon lesquels le régime aurait favorisé les Mamassan et les Issack ne me paraissent pas évidents. Regardons autour de nous, et nous comprendrons que le régime n’a favorisé que des individus venant de toutes les régions du pays. Je dis bien des individus. Oui des individus.

Une question me taraude l’esprit. Seriez-nous, par hasard de ceux qui, à Djibouti ou ailleurs, pensent et sont convaincus que l’ethnie Mamassan (du Président) et l’Ethnie Issack (de la première dame) seraient privilégiées au détriment des autres tribus?

Si notre réponse est affirmative, je crois que nous sommes tribalistes et que nous sommes tombés dans le jeu de Guelleh.

Ma conviction est que la dictature de IOG ne sert pas son ethnie dans sa politique de division du peuple Djiboutien. Mais je voudrais juste dire sur le cas de la tribu Mamassan que c’est surtout une tribu prise en otage par une minorité de personnes originaires de celle-ci.

Nous ne devons donc pas considérer le favoritisme que ce régime a conçu comme du tribalisme car ceux qui ont été favorisés ne sont forcement pas originaires de la tribu de Mamassans ou autres. S’agissant des critères d’attribution des postes importantes, le favoritisme n’est pas directement lié aux origines de ceux qui en bénéficient, mais à ceux qui sont conçus comme bon militant du RPP et de ses ailes marchantes. Ce sont ceux là qui bénéficient de façon injuste d’avantages pour services rendus au régime (toutes tribu confondues). Il est facile de juger sans savoir.

Si nous pensons un seul instant qu’ IOG doit partir pour la simple raison qu’il est Mamassan, ou que nous ne considérons pas les membres des communautés Issak, Gadabourci, arabes ou autres comme de vrais citoyens au même titre que les Issas et les Afar : c’est que nous sommes tribalistes.

Si nous pensons un seul instant que le prochain Président de la république doit absolument être issu de telle tribu parce que l’actuel est de l’autre, c’est que nous sommes tribalistes.

Si nous avons le courage de dire que notre armée est composée en majorité d’Issas, ayons le même courage de dénoncer d’autres services publics qui sont composés à 98% des autres tribus du pays.

N’oublions pas que la lutte pour l’indépendance était patriotique mais pas tribale.

Ce qui nous pousse non seulement à appuyer les convictions de nos aînés mais aussi à regarder la réalité comme elle est sans être influencé par des individus aux idées nauséabondes.

Tous, nous devons faire très attention et surtout les responsables des partis politiques qui se sacrifient jour et nuit pour voir émerger un jour un Djibouti moderne où on ne parlera plus de régions au sens de division; où on n’aura pas besoin de savoir si vous êtes issu de telle ou telle autre tribu pour vous engager à tel ou tel poste si vous le méritez; où on ne doutera pas de la sincérité de certains Djiboutiens militants de l’opposition à cause de leurs origines.

Voilà le Djibouti qui sera démocratique; Voilà le Djibouti dont nous rêvons.

En conclusion, nous devons travailler à ce que le peuple reste souverain et que les mécanismes d’accès au pouvoir et aux services publics soient équitables et transparents. Ces règles doivent être bien définies et acceptées par tous. Les gens se sont regroupés bien avant et se regrouperont dans le futur sur une base ethnique, l’essentiel étant qu’ils puissent vivre en harmonie avec les autres et ce sur l’ensemble du territoire national.

"La règle d’or de la conduite est la tolérance mutuelle, car nous ne penserons jamais tous de la même façon, nous ne verrons qu’une partie de la vérité et sous des angles différents."

Pour plus d’infos : voici l’adresse de mon blog : http://afraissas.over-blog.com/

Afarissas

22/01/09 (B482-B) Le site de l’ARDHD va fêter ses dix ans de diffusion sans interruption le mois prochain. Un rapide bilan !! (ARDHD)

Comme tous les internautes le savent, le site Internet de l’ARDHD a commencé ses diffusions sous le nom de domaine « liberte-aref.com ».

Le premier communiqué a été mis en ligne, le 14 février 1999. Ensuite le site a changé officiellement de nom, le 18 juin 2001, à la suite du retournement de veste de Mohamed Aref. Il a pris le nom que vous connaissez tous : « www.ardhd.org » qui n’a plus changé depuis cette date.

Depuis février 2002, tous les articles sont stockés dans une base de données, qui est enrichie régulièrement, plusieurs fois par jour (jours féries, week end inclus).

Au total et à ce jour, la base contient plus de 10.550 articles qui retracent l’actualité djiboutienne et celle de ses proches voisins, auxquels il faut ajouter les articles publiés avant février 2002, ce qui représente un total d’environ 13.000 articles.

Cette base est hyper sécurisée. Elle fait l’objet de plusieurs sauvegardes journalières et des copies sont aussi conservées dans des locaux différents et éloignés, car elle représente une contribution de mémoire importante et irremplaçable pour toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens, quelles que soient leurs opinions ou leur situation.

Ces 13.000 articles (env.) sont accessibles en ligne. Nos systèmes de recherche ne sont pas aussi performants que nous le souhaiterions, mais l’Association ne dispose pas du budget nécessaire pour faire appel à des professionnels qui pourraient améliorer le moteur interne de recherche.

Toutes nos actions sont développées uniquement sur la base du bénévolat.

L’équipe y tient beaucoup, car c’est la garantie absolue de son indépendance et de sa neutralité. C’est ainsi que nous refusons systèmatiquement toutes les propositions d’inclure de la publicité (contrairement aux media inféodés au régime dictatorial de Guelleh), toute proposition de sponsoring ou même de subvention.

Toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens savent qu’ils peuvent demander à faire publier un texte, une contribution ou un avis dans le site, à condition qu’il ne fasse pas l’apologie du régime que nous dénonçons depuis la création de l’ARDHD en 1992. Les cas de refus de notre part se comptent sur les doigts de la main. Le plus souvent parce que le sujet ne concernait pas directement ou indirectement, Djibouti et/ou ses voisins frontaliers, mais d’autres drames dans le monde.

La formule et le style que nous avons adoptés ont « tenu », puisque le site a connu une forte augmentation du nombre des consultations entre 2002 et 2007 et qu’aujourd’hui, son audience est stable. Selon les mesures disponibles, notre site est certainement le site le plus consulté chaque jour pour l’actualité djiboutienne. Il dépasse et souvent de loin les autres sites de nos amis et surtout ceux de nos ennemis (ADI, La Nation, RTD, etc…).

Notre volonté de maintenir une « dose d’humour » a choqué parfois certains internautes, mais la majorité a compris qu’il ne fallait pas prendre les caricatures ou les textes moqueurs au premier degré, mais qu’il fallait les apprécier avec toute la dérision, qui est la nôtre face à un couple de pacotilles, corrompu, qui se voudrait l’égal de Chefs d’Etat.

Le taux de consultation est d’autant plus remaquable, que l’accès au site est censuré à Djibouti, où se trouve bien évidemment la plus grande concentration de lectrices et de lecteurs concernés !

Rassurez-vous car l’information arrive toujours à passer en utilisant des portes et des chemins dérobés !!! Il faut être dictateur enfermé dans son Palais, ne se promenant que dans des voitures blindées et totalement éloigné de la réalité, pour imaginer que la censure bloque l’information. Elle la retarde seulement !

Nous reviendrons sur cet anniversaire dans les prochains jours et en attendant, permettez-nous de remercier chaque lectrice et chaque lecteur pour leurs encouragements et pour leur fidélité depuis dix ans.

22/01/09 (B482-B) Résolution du Parlement européen du 15 janvier 2009 sur la situation dans la Corne de l’Afrique P6_TA-PROV(2009)0026 B6-0033/2009

Le Parlement européen,

— vu ses résolutions précédentes sur les pays de la Corne de l’Afrique,

— vu le rapport de la mission dans la Corne de l’Afrique, approuvé par son comité de développement le 8 décembre 2008,

— vu l’article 103, paragraphe 2, de son règlement,

A. considérant que les conflits frontaliers non résolus entre l’Éthiopie et l’Érythrée et entre l’Érythrée et Djibouti ont une incidence négative sur la paix et la sécurité de la Corne de l’Afrique; que la situation en Somalie s’est détériorée pour devenir l’une des crises humanitaires et sécuritaires parmi les plus graves dans le monde; que la situation au Soudan est un facteur de risque majeur pour la sécurité dans la région,

B. considérant que l’Éthiopie et l’Érythrée ont mis fin à la guerre qui les opposait par la signature des « accords d’Alger », négociés au niveau international, et prévoyant une mission des Nations unies de maintien de la paix (MINUEE) et la mise en place de la Commission internationale frontalière pour l’Érythrée et l’Éthiopie (EEBC), mais que des différends subsistent entre les deux parties au sujet de la mise en œuvre des accords et de la décision de l’EEBC; que le mandat de la MINUEE a dû prendre fin le 31 juillet 2008 dans la mesure où l’Érythrée entravait la mission et que l’Éthiopie avait refusé d’appliquer la décision de l’EEBC concernant la région, disputée, de Badme;

C. considérant que l’escalade de la violence à la frontière entre l’Érythrée et Djibouti à Ras Doumeira en juin 2008 a provoqué la mort de trente-cinq personnes et fait des dizaines de blessés; que le 12 juin 2008, le Conseil de sécurité des Nations unies a appelé les deux parties à s’engager à conclure un cessez-le-feu, à retirer leurs troupes et à rétablir le statu quo; que la situation est calme pour l’instant mais qu’étant donné la proximité des troupes, un risque d’escalade existe,

D. considérant que le 29 octobre 2008, la mission commerciale éthiopienne, un complexe des Nations unies et le palais présidentiel à Hargeisa, capitale du Somaliland, ont été visés par des attentats suicides à la bombe, alors que simultanément, Bossaso, dans la région somalienne du Puntland, était visée par des attaques se soldant par l’arrestation de plusieurs personnes;

E. considérant qu’un nouveau cycle de négociations a eu lieu à Djibouti en novembre 2008, ouvrant la voie à la signature d’un accord de partage du pouvoir entre des représentants du gouvernement fédéral de transition (TFG) de la Somalie et l’opposition de l’Alliance pour la re-libération de la Somalie-Djibouti (ARS-D), alors que les deux parties ont annoncé publiquement qu’elles apportaient leur soutien à une commission d’enquête sur les violations des droits de l’homme en Somalie;

F. considérant que lors d’une conférence organisée, le 29 octobre 2008, à Nairobi avec des représentants des institutions fédérales de transition et des membres du parlement fédéral de transition, l’autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a adopté un plan en sept points pour soutenir le processus de paix en Somalie et a élaboré un mécanisme de contrôle de sa mise en œuvre,

G. considérant que depuis novembre 2008, l’Éthiopie poursuit le retrait de ses troupes de Mogadiscio ainsi que partout où elle est encore présente en Somalie; que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), déployée depuis mars 2007 essentiellement à Mogadiscio, va donc se retrouver seule sur le terrain,

H. considérant que le TFG somalien s’est trouvé incapable, ces quatre dernières années, de mettre en place un gouvernement ayant une large assise; qu’en raison de la démission récente du Président Abdullahi, il existe un réel danger que les factions rivales reprennent les combats,

I. considérant que les actes de piraterie posent un autre défi sécuritaire majeur dans la Corne de l’Afrique; que la lutte contre la piraterie ne peut être menée par des moyens militaires mais dépend avant tout du succès des efforts en vue de promouvoir la paix, le développement et le renforcement de l’État en Somalie; que, suite à des actes de piraterie, le Programme alimentaire mondial (PAM) a dû suspendre la livraison de l’aide alimentaire à la Somalie, aggravant une situation humanitaire déjà précaire,

J. considérant que l’Union européenne a lancé, le 8 décembre 2008, son opération maritime UE NAVFOR Somalie (ou opération « Atalanta ») visant à protéger les convois maritimes du PAM et d’autres navires marchands naviguant dans les eaux au large de la Somalie,

K. considérant que l’échec de la mise en œuvre de l’accord de paix global entre le nord et le sud du Soudan pourrait conduire à une sécession qui risque de déclencher un conflit militaire pour les gisements de pétrole de la région frontalière; qu’une telle sécession déboucherait très probablement sur un démantèlement du pays, avec des objectifs d’indépendance pour le Darfour et la partie orientale et des conflits interethniques alimentés par les pays voisins, dont l’Érythrée,

L. considérant qu’à Djibouti, les défis restent énormes et que la crise alimentaire mondiale a contribué à rendre la situation alarmante dans l’ensemble du pays; que l’Ogaden, la région somali de l’Éthiopie, connaît une sécheresse sévère et que l’aide alimentaire contrôlée par le gouvernement et destinée à la population de cette région du pays n’a pas atteint ces populations malgré les récents progrès dans l’acheminement de l’aide alimentaire dans cette région par le PAM, dans la mesure où des retards sont encore constatés en raison de la nécessité d’obtenir une autorisation militaire pour les voyages dans la région somali,

M. considérant que la situation des droits de l’homme, de l’état de droit, de la démocratie et de la gouvernance dans tous les pays de la Corne de l’Afrique préoccupe sérieusement l’Union depuis de nombreuses années; que des rapports crédibles font état d’arrestations arbitraires, de travail forcé, de torture et de mauvais traitements de prisonniers ainsi que de persécutions de journalistes et de répression politique dans la région,

N. alors que les violations des droits de l’homme en Somalie incluent, notamment l’enlèvement de deux religieuses catholiques italiennes, Maria Teresa Olivero et Caterina Giraudo,

O. considérant que le système de vote à la majorité, très défavorable aux partis d’opposition, qui était en vigueur lors des élections législatives de 2008, est un sujet de préoccupation à Djibouti, où le Mouvement pour le renouveau démocratique (MRD), parti d’opposition, a été interdit en juillet 2008 au motif qu’il aurait soutenu une attaque érythréenne contre Djibouti, ce qu’aucune preuve crédible ne permet d’étayer, tandis que des dirigeants du syndicat de l’Union djiboutienne du travail/Union générale des travailleurs djiboutiens (UDT/UGTD) n’ont toujours pas été réintégrés dans leurs fonctions après avoir été licenciés pour des motifs liés à leurs activités syndicales,

P. considérant que les organisations non gouvernementales (ONG) et l’opposition craignent un accroissement du contrôle gouvernemental et une restriction des libertés politiques par le biais de la loi sur la presse et de la loi sur l’enregistrement des partis, récemment adoptées en Éthiopie; que la loi sur les ONG (déclaration pour l’enregistrement et la réglementation des œuvres caritatives et des associations), adoptée par le gouvernement éthiopien et ratifiée par le parlement, risque de porter très sérieusement atteinte aux activités des associations internationales et éthiopiennes actives sur le terrain de l’égalité, de la justice, des droits de l’homme ou encore de la résolution des conflits,

Sécurité régionale

1. appelle le gouvernement éthiopien à reconnaître officiellement comme définitive et obligatoire la démarcation par coordonnées géographiques entre l’Érythrée et l’Éthiopie établie par l’EEBC; appelle le gouvernement érythréen à accepter de mener avec l’Éthiopie un dialogue qui aborderait la question du processus de désengagement des troupes de la zone frontalière et la démarcation physique de la frontière, conformément à la décision de l’EEBC, ainsi que sur la normalisation des relations entre les deux pays, y compris la réouverture de la frontière pour le commerce; appelle la communauté internationale et l’Union à faire pression sur les deux parties en vue de surmonter l’impasse actuelle;

2. invite le Conseil à nommer un représentant/envoyé spécial de l’Union dans la Corne de l’Afrique;

3. invite le Conseil et la Commission à poursuivre leurs efforts, dans le cadre du partenariat politique régional pour la paix, la sécurité et le développement dans la Corne de l’Afrique, en vue de déterminer des projets d’intérêt commun susceptibles de promouvoir une coopération fonctionnelle entre l’Érythrée et l’Éthiopie, par exemple dans le domaine de l’approvisionnement énergétique et du commerce transfrontalier ou portuaire;

4. invite le gouvernement érythréen à reconsidérer sa décision de suspendre sa participation à l’IGAD; appelle les dirigeants de l’Union africaine (UA) et de l’IGAD à continuer d’impliquer l’Érythrée et à encourager le gouvernement à se joindre aux efforts de coopération régionale et sous-régionale;

5. appelle le gouvernement érythréen à recevoir, conjointement avec le gouvernement djiboutien, une mission d’enquête indépendante pour examiner la situation à Ras Doumeira; invite les deux parties au dialogue et à la diplomatie en vue de rétablir les relations entre les deux pays;

6. invite le Conseil et la Commission à maintenir leur soutien au renforcement des institutions en Somalie, à la mise en œuvre de l’accord de paix de Djibouti et aux efforts de l’IGAD dans le processus de paix; réclame instamment le renforcement de l’AMISOM et le déploiement rapide de la force de stabilisation des Nations unies dès que les conditions politiques et de sécurité le permettront;

7. condamne les attaques contre les travailleurs humanitaires, de plus en plus fréquentes ces derniers mois, qui ont limité gravement les opérations de secours et contribué à l’aggravation de la situation humanitaire en Somalie; invite le coordinateur de l’aide humanitaire des Nations unies pour la Somalie à négocier l’accès humanitaire en dehors du cadre du processus de paix de Djibouti, zone géographique par zone géographique, pour permettre un approvisionnement alimentaire plus rapide et améliorer la situation humanitaire qui est catastrophique;

8. souligne qu’après la participation de l’Union et de la communauté internationale à la réalisation d’un accord entre le nord et le sud du Soudan, il est maintenant nécessaire de poursuivre les efforts jusqu’à sa mise en œuvre et de continuer les pressions nécessaires; invite donc le Conseil et la communauté internationale à se montrer beaucoup plus actifs dans leur soutien à la mise en œuvre de l’accord de paix global nord-sud au Soudan pour garantir un déploiement intégral de la Mission Nations unies/UA au Darfour (UNAMID);

9. appelle le Conseil et la Commission à maintenir leur soutien à l’IGAD, notamment pour ce qui est de ses efforts pour élaborer un plan d’intégration pour la région et renforcer ses institutions;

Sécurité Alimentaire et développement

10. invite le gouvernement érythréen à coopérer plus étroitement avec les organisations internationales à l’évaluation de la situation alimentaire afin de permettre une intervention rapide et ciblée;

11. appelle le gouvernement érythréen à donner à la Commission un accès sans entrave aux projets financés par celle-ci et à s’ouvrir davantage à une assistance technique dans le cadre des projets et programmes élaborés d’un commun accord; l’appelle également à modifier la loi sur la déclaration des ONG dans le but de réduire les exigences financières pour les ONG désireuses de s’engager dans des activités de développement en Érythrée;

12. invite le gouvernement éthiopien à accorder un plein accès aux organisations humanitaires dans la région somalienne d’Ogaden et à mettre en place toutes les conditions nécessaires pour que l’aide parvienne aux destinataires dans toute la région;

13. invite la Commission à continuer de soutenir les réponses régionales aux défis transfrontaliers via le partenariat régional de l’Union pour la paix, la sécurité et le développement, notamment la gestion régionale des ressources en eau en tant qu’élément essentiel de la sécurité alimentaire;

14. invite la Commission à vérifier qu’aucun de ses programmes d’assistance, y compris le programme « argent contre travail », n’est mis en œuvre par le travail forcé;

Droits de l’homme, démocratie et gouvernance

15. invite le gouvernement érythréen à faire une déclaration publique relative au lieu d’emprisonnement des détenus ainsi qu’à leur état de santé et visant à inculper et juger immédiatement devant un tribunal tous les détenus politiques et les journalistes emprisonnés ou à les libérer immédiatement sans condition;

16. appelle le gouvernement érythréen à respecter pleinement les droits de l’homme et les libertés fondamentales, y compris la liberté d’association et d’expression, ainsi que la liberté de la presse et la liberté de conscience;

17. exprime sa profonde préoccupation devant la poursuite de l’emprisonnement, en Érythrée, du journaliste suédo-érythréen Dawit Isaak, écroué depuis son arrestation en septembre 2001 sans avoir été jugé par un tribunal, et exige la libération immédiate de Dawit Isaak et des autres journalistes emprisonnés;

18. invite l’Union à reconsidérer son approche de l’Érythrée si aucun progrès n’est fait pour se conformer aux éléments essentiels de l’accord de Cotonou (article 9), en particulier sur les questions fondamentales des droits de l’homme (l’accès du Comité international de la Croix-Rouge aux prisons, la libération des prisonniers du « G11 »);

19. invite le TFG somalien à condamner l’enlèvement des deux religieuses catholiques italiennes et à prendre des mesures en vue d’accélérer leur libération et de prévenir d’autres enlèvements;

20. appelle les autorités djiboutiennes à protéger les droits politiques des partis d’opposition et des organisations indépendantes de défense des droits de l’homme, ainsi qu’à garantir pleinement la liberté de la presse, de réunion et d’expression; souligne le besoin d’entamer un dialogue significatif entre le gouvernement et l’opposition en vue d’aboutir à une adaptation de la loi électorale de manière à permettre une représentation plus équitable, au parlement, des partis politiques existants; demande aux autorités djiboutiennes de permettre au parti d’opposition MRD de reprendre ses activités et de réintégrer dans leurs fonctions tous les dirigeants du syndicat UDT/UGTD licenciés pour des motifs liés à leurs activités syndicales;

21. invite le gouvernement de Djibouti à prendre des mesures pour assurer une meilleure protection juridique et concrète des droits des syndicats, conformément aux conventions clés de l’Organisation internationale du travail;

22. déplore que le parlement éthiopien ait ratifié la déclaration pour l’enregistrement et la réglementation des œuvres caritatives et des associations; demande que des modifications importantes y soient apportées pour garantir les principes inhérents au respect des droits de l’homme; demande que cette loi soit appliquée de manière non restrictive, et insiste sur un suivi étroit de sa mise en œuvre par la Commission;

23. prie instamment les autorités éthiopiennes de réexaminer les lois sur la presse et l’enregistrement des partis, ainsi que la composition du Comité électoral, de manière à garantir les droits politiques des partis d’opposition; presse les autorités éthiopiennes d’enquêter sur les allégations de l’opposition et des organisations de la société civile concernant les harcèlements ainsi que les arrestations arbitraires et de traduire les responsables en justice;

24. est indigné par l’emprisonnement de Birtukan Midekssa, chef du parti d’opposition Unité pour la démocratie et la justice (UDJ), et exige sa libération immédiate et inconditionnelle;

25. invite les autorités éthiopiennes à traiter rapidement la demande d’enregistrement posée par l’association des enseignants éthiopiens (NTA), conformément aux lois et règlements applicables, et à cesser de persécuter ses membres;

26. appelle les gouvernements d’Éthiopie, d’Érythrée et de Djibouti ainsi que le Conseil à s’accorder, conformément à l’article 8 et à l’annexe VII de l’accord de Cotonou révisé, pour approfondir le dialogue politique sur les droits de l’homme, les principes démocratiques et l’état de droit, y compris sur les questions susmentionnées, en vue de définir des points de référence et de parvenir à des résultats et progrès tangibles sur le terrain;

27. reconnaît que des élections doivent avoir lieu au Soudan en 2009, mais note que les lois qui restreignent la liberté d’expression et d’organisation pour les citoyens, les partis politiques et la presse, et qui enfreignent les termes de l’accord de paix global et la constitution nationale provisoire, n’ont pas encore été modifiées, et qu’une commission nationale des droits de l’homme n’a pas encore été constituée; souligne que l’abrogation de ces lois et leur substitution par une législation conforme à l’accord de paix global et à la constitution nationale provisoire ainsi que la création de la commission nationale des droits de l’homme sont des conditions préalables nécessaires pour créer un environnement propice à l’organisation d’élections libres et régulières;

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28. charge son Président de transmettre la présente résolution au Conseil, à la Commission, aux gouvernements des États membres, au président de la Commission de l’Union africaine, au président en exercice de la Conférence de l’Union africaine, au Secrétaire général de l’Union africaine, au Parlement panafricain, aux gouvernements et parlements des pays de l’IGAD et aux co-présidents de l’Assemblée parlementaire ACP-UE.

21/01/09 (B482-B) Actualité et violences en Somalie (4 articles en Français et en Anglais)

_____________________________ 4 – Centre Info ONU

Somalie : L’ONU salue la formation prochaine d’un gouvernement d’unité nationale

Ahmedou Ould-Abdallah, représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la Somalie.

20 janvier 2009 – Le représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, a salué mardi les travaux des principales forces politiques du pays à Djibouti sur la mise en place d’un gouvernement d’unité nationale.

« Rassemblés dans le cadre d’un Comité de haut niveau, des délégués du gouvernement fédéral de transition et de l’Alliance pour la re-libération de la Somalie sont rassemblés à Djibouti pour discuter de l’élargissement du parlement et de la création d’un gouvernement d’unité nationale », après de violents affrontements armés opposant les deux factions, indique un communiqué du Bureau politique du représentant spécial.

« Il s’agit d’un moment critique pour la Somalie et il est extrêmement important de ne pas se tromper, après près deux décennies de violences », a dit M. Ould-Abdallah.

Un autre objectif de cette réunion est de procéder à l’élection d’un nouveau chef d’Etat. « Nous espérons que ce nouveau leader pourra participer à la prochaine réunion de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) », a-t-il ajouté.

______________________________ 3 – Shabelle

Une violente explosion au passage d’un convoi de l’AMISOM à Mogadiscio : un camion endommagé. // Explosion targets AMISOM truck

Heavy explosion has targeted to a convoy of African Union peace keepers known as AMISOM around Maka al-Mukarama road in Mogadishu, where they have a base and damaged one of their trucks, their spokesman told Shabelle Radio on Tuesday.

“Our convoy came under a roadside bomb attack and it slightly damaged one of our vehicles, but we did not suffer any casualties,” said AMISOM spokesman Maj. Barigye Bahoko.

Residents said the soldiers fired gunfire after the explosion and the blast was a remote controlled one and convulsed the area.

“We were traveling along the convoy of AMISOM troops when a blast targeted one of their vehicles, we ran away and we could see the vehicle burning,” said Ali Dahir, a witness.

The blast occurred on the main road Maka-al Mukarama which connects the presidential palace and K4, a base of Ugandan peace keepers in Mogadishu.

No civilian casualties have been reported so far.

The Islamist Insurgents Al-shabab claimed the responsibility of the explosion attack and said that they have inflicted casualties to the AMISOM troops in Mogadishu.

It is the first blast attack against AU peace keepers since the Ethiopian soldiers withdrew from the Somali capital Mogadishu.

Only 3,400 of peacekeepers contributed by Uganda and Burundi less than the promised number of 8,000 are in the capital.

______________________________ 2 – Shabelle (En Anglais)

Le vice-Président du parlement convoque les députés somaliens à Baïdoa pour le 26 janvier afin qu’ils participent au vote destiné à désigner le nouveau Président intérimaire. // Somalia: Second Parliament Speaker Calls All MPs in Biadoa

Baidoa — The deputy speaker of the Somali parliament Osman Elmi Boqore has called all the Somali legislatures in Baidoa town 250 kilometers south of the Somali capital Mogadishu on Tuesday.

Reports from Baidoa town say that Mr. Boqore has called all members of the Somali transitional federal parliament to come Baidoa town to take part the presidential election which is due to be held 26th January 2009 and choose interim president for the parliament in Baidoa seat of the transitional parliament.

« We have already named committee for the presidential election of the federal parliament in Baidoa and now they are preparing the ceremony for the election, » Mr. Boqore said.

The deputy speaker of the parliament Mr. Osman Elmi Boqore has told reporters that they are not aware of more about Djibouti presidential election which is also due to be held in Djibouti adding that they did not get any message from Djibouti for attending it yet.

The statement of the speaker Mr. Boqre comes by a time there is great dispute between both the newly combined legislatures of Djibouti and the federal parlaiment based in Baidoa that each side plans how transitional president of the Somalia would be elected.

______________________________ 1 – En Anglais

Des accrochages entre des soldats gouvernementaux somaliens et des rebelles auraient causé la mort de 19 personnes à Mogadiscio. Les observateurs craignent une augmentation de la violence après le départ des Ethiopiens. // Mogadishu violence claims 19 lives

Clashes between Somali government soldiers and rebels have reportedly killed 19 people amid fears of more violence following Ethiopia’s pullout.

The fighting between the gunmen and forces loyal to the Transitional Federal Government occurred in southern Mogadishu on Tuesday, leaving 19 people dead, Press TV’s correspondent reports.

Clashes continue in Dharkenleyt and Wada Jir districts in the south of the Somali capital where the rebels struggle to take control of government bases.

The chairman of the Medina district in southern Mogadishu, Ahmed Daci, confirmed that seven of the dead were Somali soldiers. He further stressed that government forces are ready to defend their positions and confront insurgents.

Mortar shell explosions and heavy crossfire between the clashing sides has driven hundreds of people out of their homes.

Somalia remains the scene of growing violence and fighting among rebels and the weak interim government, which is backed by the African Union peacekeeping forces (AMISOM).

Land mine explosions destroyed a Ugandan military vehicle on Tuesday on Maka Al Mukarama Street in southern Mogadishu where eight civilians were injured. AMISOM sources confirmed that the incident occurred but denied that any Ugandan soldiers were killed or injured.

Last week, Ethiopia ‘irreversibly’ pulled out the troops it had deployed to the Horn of Africa state, raising fears of an increase in the attacks against the Somali government and its AU military allies.

Al-Shabaab official Sheikh Mukhtar Robow Abu Mansur emphasized last Thursday that the rebel group is determined to continue its armed activities to expel all foreign military forces from Somalia.

Mogadishu Mayor Mohamed Osman Ali Dhagah Tuur has accused anti-government fighters of disturbing peace and unilaterally attacking government soldiers at their bases.

21/01/09 (B482-B) Le journal de la Flibuste … Corée du Sud et Japon devraient envoyer prochainement des navires de guerre dans le Golfe. On peut se demander pourquoi tant de pays veulent envoyer des navires. Protéger le commerce, certes, mais y aurait-il d’autres motivations ? (5 articles en Français et en Anglais)

______________________________ 5 – XINHUA

Japon: les partis au pouvoir conviennent d’envoyer la marine au large de la Somalie

Le parti au pouvoir du Japon, le Parti libéral-démocrate (PLD), et son partenaire de coalition le Nouveau Komeito ont approuvé en principe le plan du gouvernement prévoyant d’envoyer la marine au large de la Somalie pour participer à la mission anti-piraterie, a rapporté mardi la presse japonaise.

La Constitution pacifique du Japon autorise seulement la marine à protéger les bateaux battant pavillion japonais ou transportant des Japonais.

Les députés des deux partis doivent approuver officiellement le plan du gouvernement jeudi après des consultations avec leurs partis.

Le ministre japonais de la Défense Yasukazu Hamada, qui envisage l’envoi de la marine dans les eaux de la Somalie, doit demander à la marine de procéder à des préparatifs nécessaires d’ici la fin de ce mois.

Selon un responsable de la marine, les préparatifs devraient prendre au moins un mois.

Les Etats-Unis, des pays européens et la Chine ont envoyé des bâtiments de guerre dans les eaux somaliennes pour combattre les pirates, qui ont attaqué plus de 100 bateaux en 2008.

Les Etats-Unis ont encouragé le Japon à se joindre aux opérations anti-piraterie.

_______________________________ 4 – La Tribune de Genève (CH)

«Des soldats à bord? Moi, je n’en veux pas!»

La Suisse envisage d’envoyer des soldats pour défendre ses navires au large de la Somalie. Pour la plupart des armateurs, à l’image de Stefan Sip, pas question d’accepter des armes à bord.

Des soldats suisses sur les bateaux contre les pirates somaliens? Le Conseil fédéral doit trancher la question aujourd’hui.

La Suisse enverra-t-elle des soldats protéger les bateaux contre les pirates somaliens ?

C’est la question que doit trancher le Conseil fédéral aujourd’hui (lire ci-contre). Les armateurs restent sceptiques. Et muets. L’un d’eux, Stefan Sip, a accepté de sortir du silence. Cet ancien capitaine, qui a traversé le golfe d’Aden à de multiples reprises, se dit «reconnaissant que la Confédération souhaite participer à un règlement du problème». Mais le patron d’Elvetina, entreprise de navigation en gestation, est formel: «Je ne voudrai pas de soldats sur mes navires.» Il s’explique.

Les armateurs ont appelé le Conseil fédéral au secours face à la piraterie. Et voilà que vous rejetez ses solutions. Pourquoi?

La plupart des armateurs ne veulent pas de soldats à bord. Ils ont peur d’une escalade de la violence. Il est inconcevable que les navires deviennent des scènes de conflit armé. Cela dit, je redoutais un temps que la Confédération force les armateurs à accepter la présence de soldats. Or, Micheline Calmy-Rey a précisé que ce n’était pas une obligation mais un service offert aux armateurs. L’offre me paraît acceptable. Et je trouve positif que la Suisse propose une contribution à un problème international qui la concerne aussi.

Mais si vous ne voulez pas de soldats, que peut faire la Suisse?

Attendez, dans certaines circonstances, des soldats peuvent apporter un plus. Mais uniquement si les navires circulent par ailleurs dans des convois, encadrés par des navires de guerre. A mon sens, ce sont ces convois qui offrent la plus grande garantie de sécurité. Il faut un concept plus large que de simples troupes sur un bateau.

Pour élaborer son concept, le Conseil fédéral n’a-t-il pas consulté les armateurs?

En général, les contacts entre armateurs et autorités sont informels et constructifs. Ils sont fréquents puisque les navires suisses sont placés juridiquement sous la protection de la Confédération et que celle-ci offre une garantie financière sur les bateaux suisses en cas de déficit. Pour le problème de la piraterie, je n’ai pas assisté aux séances. Mais d’après ce que je vois, j’ai l’impression que le gouvernement a pu privilégier certains aspects politiques par rapport à des solutions pragmatiques.

La situation dans le golfe d’Aden s’est toutefois calmée depuis que certains pays y ont envoyé des troupes.

C’est vrai. Les pirates se montrent pour l’heure un peu moins audacieux. Toutefois, face à tout changement, ils développent rapidement de nouvelles stratégies. Raison pour laquelle je saluerais l’envoi de soldats dans la région, qui seraient prêts à intervenir si la menace devenait encore plus tangible. Mais pour le moment, leur présence à bord ne me paraît pas souhaitable.

Réagiriez-vous autrement si l’on vous proposait des soldats de la marine britannique plutôt que des Suisses?

Il reste des questions à clarifier. Un capitaine est responsable de la sécurité sur son bateau. En dernier recours, serait-ce à lui de donner un ordre de tir aux soldats? Ensuite, il est très difficile de se protéger pour un soldat sur un bateau. Et ne serait-ce que pour dissuader des pirates – qui se confondent encore souvent avec des pêcheurs – un soldat doit prendre de gros risques. Se pose donc aussi la question de la proportionnalité. Quels risques peut-on raisonnablement prendre, alors que l’on sait que les pirates disposent de fusils et de bazookas susceptibles de transpercer la coque de n’importe quel navire? Enfin, se pose la question de l’expérience des soldats.

Donc celle de leur nationalité…

Oui. Je ne remets pas en cause la qualité des soldats suisses. Mais en tant que capitaine, j’aimerais disposer d’hommes qui ont déjà été confrontés à des cas extrêmes. Des gens qui ont déjà dû se poser la question: «Est-ce que je tire sur cette personne ou non?» Et je doute que des Suisses aient déjà été confrontés à pareil scénario. Mais je le répète: fondamentalement, je suis opposé à toute présence d’armes sur un bateau. Plusieurs navires ont certes été pris en otage. Mais les navigants ont été très peu touchés dans leur intégrité physique. A ma connaissance, il n’y a pas eu de morts. Et c’est tout de même cela qui compte!

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La Suisse pourrait aussi payer

Après avoir avalisé le principe en décembre, le gouvernement devrait trancher aujourd’hui la question de l’envoi de soldats pour protéger les navires suisses au large de la Somalie. La majorité de la Commission de politique extérieure s’oppose toutefois à pareille option. Elle doute de l’efficacité des troupes pour ce type de mission, a-elle fait savoir hier.

L’idée d’une participation à l’opération navale européenne «Atalante» (créée sur la base d’une résolution de l’ONU) ne lui convient pas, faute de droit de codécision sur la conduite des interventions. Ce, bien que le chef de l’armée par intérim, André Blattman, assurait la semaine dernière dans ces colonnes que l’armée était prête à envoyer jusqu’à 30 militaires professionnels au large de la Somalie.

Toutefois, la Suisse dispose d’une alternative à l’envoi de soldats pour épauler la mission antipiraterie de l’Union européenne. Une contribution financière serait aussi envisageable, a déclaré l’ambassadeur de l’UE en Suisse, Michael Reiterer, sur les ondes de la radio alémanique DRS hier. Le montant de la contribution devrait être négocié.

______________________ 3 – Shabelle (En Anglais) avec Korean Times

(Un pays de plus dans le Golfe d’Aden !!! Note de l’ARDHD)

Le Gouvernement sud-Coréen approuve un projet visant à envoyer un navire de guerre et des soldats au large de la Somalie afin de participer aux opérations militaires anti-pirates et de protéger les navires de commerce. // S. Korean Cabinet OKs Naval Operations off Somalia

South Korea’s Cabinet Tuesday approved a government plan to send a naval ship and forces to waters off Somalia to protect international commercial vessels from pirates from the East African nation, Yonhap News reported quoting government officials.

A weekly Cabinet meeting presided over by President Lee Myung-bak at the presidential office ratified the government plan to dispatch a Korean Navy destroyer and about 310 troops to the sea off the Gulf of Aden, said the officials.

Following the Cabinet approval, the Lee administration will present a motion to a special parliamentary session scheduled for February to allow the naval operation until the end of this year, they noted.

If the motion is ratified by the National Assembly, the South Korean Navy will be involved in overseas operations for the first time in the nation’s military history.

Last month, the United Nations Security Council unanimously adopted a resolution authorizing international land operations against « audacious, armed pirates » sheltering in Somalia. The resolution, co-sponsored by South Korea, Belgium, France, Greece and Liberia, authorized the states to « take all necessary measures that are appropriate in Somalia » to suppress « acts of piracy and armed robbery at sea. »

Somali pirates have attacked dozens of international cargo ships, including South Korean vessels, this year and are now believed to be holding nearly 20 ships and their crew hostage. Source:The Korean times

________________________________ 2 – A lire sur LOI

LA LETTRE DU CONTINENT – 20/01/2009
France
Les nouveaux « experts » de la contre-piraterie maritime
Le marché de la sécurité privée dans le secteur de la piraterie maritime et des prises d’otages a bien pris la vague en Somalie comme dans le Golfe de Guinée… Plusieurs petites sociétés d’anciens militaires français d’active sont à la recherche de contrats. (…)

________________________________ 1 – XINHUA

La marine chinoise escorte 16 navires au large de la Somalie

Les vaisseaux de la marine chinoise ont mené six missions d’escorte pour 16 navires dans les zones maritimes au large de la Somalie, victimes de la piraterie, jusqu’à 08h00 le 20 janvier, a déclaré mardi un porte-parole de l’armée chinoise.

Cai Huailie, directeur général adjoint du Bureau de la planification stratégique du Département des opérations de l’Etat-major général de l’Armée populaire de Libération (APL) de Chine, a fait cette remarque lors d’une conférence de presse organisée à l’occasion de la publication d’un livre blanc sur la Défense nationale de la Chine en 2008.

Les vaisseaux chinois effectuent leur mission conformément aux résolutions de l’ONU et avec l’approbation du gouvernement de transition somalien, a précisé M.Cai.

La Chine a envoyé deux croiseurs et un navire de ravitaillement dans le golfe d’Aden au large de la Somalie le 26 décembre 2008, pour protéger les navires civils chinois et leurs équipages, dont ceux de Hong Kong, de Macao et de Taiwan, ainsi que les navires étrangers s’ils le souhaitent. Les vaisseaux de la marine chinoise sont arrivés dans le golfe d’Aden le 6 janvier.

21/01/09 (B482-B) Le Temps (CH) L’Erythrée du président Afeworki, un Etat prison déserté en masse par ses habitants.

CORNE DE L’AFRIQUE. Héros de l’indépendance devenu dictateur, Issayas Afeworki a transformé son pays en Etat paria.

Par
Angélique Mounier-Kuhn

«Il est impératif non seulement que nous nous tenions prêts […] à toute éventualité mais aussi que nous fassions, comme toujours, preuve d’un esprit de dévouement […] afin de surmonter tous les défis et d’en sortir victorieux.»

Même la présentation, il y a quelques semaines, de ses vœux à ses 3,5 millions de concitoyens restés au pays, fut pour Issayas Afeworki l’occasion d’une nouvelle harangue belliqueuse. Le président de l’Erythrée est constamment sur le pied de guerre. Il n’a jamais cessé de l’être depuis 1966.

A l’époque, il avait 20 ans, et l’ancienne colonie italienne avait commencé la lutte pour s’émanciper de la domination de l’Ethiopie, dont elle était devenue une entité autonome au sortir de la Seconde Guerre mondiale avant d’être purement et simplement annexée en 1952.

Conflit meurtrier

La guerre d’indépendance dura plus de trois décennies. Elle fut remportée, en 1991, par le Front de libération du peuple érythréen (EPLF) d’Issayas Afeworki. Héros de la souveraineté regagnée, confirmée par référendum en 1993, il fut intronisé président en 1993.

Mais le peuple du plus jeune pays d’Afrique n’a jamais joui de la liberté.

«Le paradoxe de la situation de l’Erythrée est que, de la guérilla la mieux organisée du continent africain, le régime politique du pays a progressivement évolué vers la dictature d’un seul homme», note François Piguet, chercheur à l’Institut de hautes études internationales et du développement à Genève.

Un homme seul et orgueilleux, arrivé au pouvoir sans l’aide de la communauté internationale et obnubilé par le tracé de ses frontières. Au fil des ans, l’Erythrée a multiplié les affrontements avec ses voisins. Le Soudan d’abord, puis le Yémen, l’Ethiopie et Djibouti l’an passé.

C’est avec Addis-Abeba que le conflit fut le plus meurtrier. Entre 1998 et 2000, les déchirements armés à propos de la bourgade frontalière de Badme ont fait entre 70000 et 100000 morts. «Depuis les accords d’Alger en 2000 (qui sous parrainage international ont redéfini la frontière sans jamais entrer en vigueur), les relations des deux pays peuvent être définies comme une situation de paix froide», poursuit François Piguet.

Un couvercle a été mis sur la querelle, mais «depuis cette époque, le pays vit en économie de guerre, ajoute Roland Marchal, chercheur à Sciences Po Paris.

Il y affecte toutes ses maigres ressources.» A commencer par ses ressources en hommes, tous conscrits, à peine l’adolescence passée, pour une durée illimitée.

Ils seraient 300.000 en permanence sous les drapeaux, à attendre, sans être décemment payés en retour, qu’une guerre se déclare.

Un motif en soi suffisant pour pousser chaque année des milliers d’hommes à tenter un exil périlleux pour grossir la diaspora (un million d’Erythréens) installée aux quatre coins du monde. Mais ils ne fuient pas que cela: «Dans notre pays, il y a plus de prisons que d’écoles, affirme un Erythréen de Genève. Il n’y a aucune liberté commerciale. C’est l’armée qui construit, l’Etat qui importe et exporte, l’Etat qui gère les industries.»

La nouvelle Constitution de 1997, qui préfigurait des élections démocratiques, n’est jamais entrée en vigueur. Et, en 2001, l’aile réformatrice a été étouffée, ses instigateurs ont été jetés en prison, avec des intellectuels, des journalistes, dont on n’a plus jamais eu de nouvelles et qui seraient morts pour beaucoup.

Cette chape vaut à l’Erythrée d’être régulièrement épinglée par les ONG, et Reporters sans frontières en a fait la lanterne rouge mondiale en matière de liberté de la presse.

Pire que la Corée du Nord, avec qui elle partage le statut de paria de la communauté internationale. Ainsi, si le Département d’Etat américain n’a pas encore qualifié d’Etat «terroriste» le pays d’Issayas Afeworki, suspecté notamment de soutenir les combattants islamistes de Somalie, il y songe et déplore le manque de coopération d’Asmara.

«Ce qui arrivera après Issayas Afeworki?» s’interroge Goitom Kuflom, de l’Association érythréenne pour la démocratie en Suisse. «On ne sait pas. Il a tellement tout muselé qu’il n’y a pas de relève politique. Mais on lutte quand même.»

21/01/09 (B482-B) Investiture d’Obama … un extrait qui s’adresse directement à Guelleh et à ses confrères, membres du syndicat des dictateurs sanguinaires. (ARDHD)

Il n’appartient pas à l’ARDHD de relater l’investiture du nouveau Président des Etats-Unis : la presse mondiale a largement couvert et retransmis l’événement dans son intégralité.

Mais en même temps, nous ne pouvions pas ignorer l’importance des enjeux, en particulier pour le continent africain et pour l’Afrique de l’est plus spécifiquement.

Nous avons sélectionné une phrase du discours d’investiture d’Obama, qui est traduite en Français sur Yahoo, parce qu’elle semble être une mise en garde, spécialement adressée à Guelleh !

Soyons honnêtes, elle ne s’adresse pas qu’à lui, mais à tous ses confrères membres actifs, comme lui, du syndicat des dictateurs sanguinaires …. Jugez-en, si vous n’aviez pas entendu cette phrase hier :

« Aux dirigeants à travers le monde qui veulent semer le conflit ou imputent les maux de leur société à l’Occident: sachez que votre peuple vous jugera sur ce que vous pouvez construire, et non sur ce que vous détruisez. A ceux qui s’accrochent au pouvoir par la corruption, la tromperie et en réduisant la contestation au silence, sachez que vous êtes du mauvais côté de l’histoire. Mais que nous tendrons la main si vous voulez desserrer votre étau. »

Guelleh trouvera-t-il enfin la lucidité pour effectuer un virage à 180 °, en inversant ses orientations, son mode de gouvernement et son avidité financière. Il n’a plus beaucoup de temps pour le faire …. On peut toujours rêver !

Mais l’objectivité nous commande de revenir sur terre, car il y a fort peu de chances pour que Guelleh entende l’avertissement. « Le pire des rapaces ne se transforme jamais en doux agneau … » sauf si on lui coupe les ailes. Et cela fait déjà longtemps que les Djiboutiennes et les Djiboutiens aimeraient bien lui couper ses ailes à lui !!