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27/05/09 (B500) RSF : Un journaliste de radio tué par un milicien, le quatrième depuis le début de l’année

Reporters sans frontières exprime sa vive émotion et sa profonde tristesse suite à l’annonce par son organisation partenaire en Somalie, l’Union nationale des journalistes somaliens (NUSOJ), de la mort du journaliste de Radio Voice of Holy Quran, Nur Muse Hussein. Celui-ci est décédé le 26 mai 2009, des suites d’une blessure par balle survenue le 20 avril dernier.

"Nous adressons à la famille de ce journaliste ainsi qu’à l’équipe de Radio Voice of Holy Quran nos sincères condoléances. Nous rappelons aux autorités la nécessité et l’urgence d’assurer la sécurité des journalistes dans ce pays particulièrement en proie aux violences. Il faut tout faire pour décourager les criminels qui s’en prennent aux journalistes dès que ces derniers s’identifient comme tels", a déclaré l’organisation.

Le 20 avril, alors que Nur Muse Hussein et trois de ses confrères se sont présentés comme journalistes auprès de combattants, ceux-ci ont immédiatement ouvert le feu, blessant gravement Nur Muse Hussein à la jambe droite.
Les journalistes effectuaient un reportage sur les affrontements entre des miliciens aux ordres du gouvernement de la région d’Hiran et des membres du Hisbul Islam, un mouvement islamique qui opère dans les régions du sud et du centre de la Somalie.

Les combats avaient lieu à Beledweyne, une ville située à environ 300 km au nord de Mogadiscio (sud de la Somalie).
D’après son épouse, Nur Muse Hussein se trouvait déjà dans un état sérieux jusqu’à la semaine dernière lorsque son état de santé s’est brutalement détérioré. Âgé de 56 ans, il laisse derrière lui une femme et cinq enfants.

Après Abdirisak Warsameh Mohamed et Hassan Mayow Hassan, journalistes à Radio Shabelle, et Saïd Tahlil, directeur de Radio HornAfrik, Nur Muse Hussein est le quatrième journaliste à perdre la vie en Somalie depuis le début de l’année 2009. Avec treize journalistes tués depuis 2007, ce pays est le plus meurtrier d’Afrique pour les médias.

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
47, rue Vivienne
75002 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
Web : www.rsf.org

26/05/09 (B500) Rapport de l’Observatoire de la FIDH / OMCT , à l’occasion de la 45 session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Bangui du 13 au 27 mai 2009


Photo RAWT ( 2002)
Le rapport complet est téléchargeable sur notre site en version (PDF _ 96 Ko)

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______________ Extraits concernant Djibouti

Page 2
Enfin, les défenseurs des droits civils et politiques n’ont pas non plus été épargnés par la répression, que ce soit lorsqu’ils ont dénoncé les atteintes à la démocratie dans leurs pays (Mauritanie, République démocratique du Congo, Zimbabwe) ou lorsqu’ils luttent contre l’impunité et défendent les droits de victimes (Djibouti, Guinée-Bissau, République démocratique du Congo, Soudan, Tunisie).

Page 4
A Djibouti, M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), a été arrêté le 4 avril 2009 par des éléments de la gendarmerie nationale, sans qu’aucun mandat d’arrêt lui ait été présenté.

Il
lui a été signifié oralement que cette arrestation était motivée par des “injures publiques à l’autorité judiciaire” qu’il aurait proférées dans une note d’information en date du 26 mars 2009, dans laquelle il avait dénoncé les
graves manquements de la justice djboutienne et en particulier son absence d’indépendance, illustrés par la nonmotivation et la non-rédaction de certains jugements et décisions de justice en particulier dans les procès
sensibles.

Le 5 avril 2009, M. Noël-Abdi a été déféré devant le parquet en comparution immédiate et entendu par
le substitut du procureur selon la procédure de flagrant délit, avant d’être libéré. M. Noël-Abdi est depuis placé
sous contrôle judiciaire.

26/05/09 (B500) 24/05/09 (B500) 10 années de mensonges et de dégringolade de l’économie, des libertés et des services publics : les libertés fondamentales (N°5 – ARDHD avec la complicité de Roger Picon)

IOG vous avait promis l’ordre et la sécurité, que l’on attend dans un Etat de Droit.

En réalité, il vous a offert un désordre total : insécurité, injustice, répression aveugle sur des bases tribales, interdiction de s’exprimer.

En plus il a accaparé tous les supports d’information et maintenant il les utiliser parfois pour faire la promotion de sites pornographiques ou commerciaux, dont le contenu est parfois choquant pour les personnes qui ont une forte sensibilité religieuse.

11 – Caricature Roger Picon
12

26/05/09 (B500) Radio Trottoir. IOG : l’Ariane aux multiples maris ? Relève toi, Somalia mais ne chante plus Africa. Les criminels Africains intronisés de forces tuent encore en Somalie !!! (Contribution d’un lecteur que nous diffusons sans commentaire ni modification) (*)

Djibouti, le 25 mai 2009

A tous nos compatriotes – encore sous le joug des « flics des Mœurs en flanelles » – n’aient pas peur.

Il ne faut surtout pas oublier le 25 mai 1976, lorsque que la Délégation Africaine de l’OUA était venue à Djibouti pour montrer sa volonté en faveur de l’Indépendance des Afars et des Somalis de notre Pays.

Le regretté Ahmed Dini et toute son Equipe de la LPAI avaient réussi à démontrer puis à convaincre la Délégation Africaine de la détermination de notre Peuple à acquérir son Indépendance.

Il ne faut pas hésiter à dire que les Accords de Défense avec la France de 1977 ont tourné "au vinaigre" depuis dix années au minimum. Les ingérences commencent à nous échauffer la bile.

Il est encore temps de réagir. Il ne faut plus avoir peur de la violence car trop c’est trop. .

On ne fait jamais une omelette sans casser des œufs ou si vous préférez sans, au moins, être molesté ? N’est-ce pas ?

Merci au Peuple Somali
qui
Depuis 1960 il
n’a jamais ménagé ses effort pour réaliser l’Unité du Peuple Somali, pour l’Indépendance de la Somalie Occidentale, pour l’Unité du Peuple Afar dans un Etat Indépendant..

Merci au Peuple Erythréen.

Depuis son Indépendance le vaillant Peuple Erythréen a toujours témoigné sa reconnaissance, sa solidarité et son soutien politique et moral aux Peupleq de notre Région, en particulier en cette période d’occupation du Sud de la Somalie par les Forces tueuses d’Amisson avec l’appui des forces paramilitaires à la solde de l’Ethiopie et de Djibouti.

Il faut saluer le juste combat des Jeunes Somalis, qui sont revenus des Etats-Unis ou d’ailleurs, sans avoir peur de se sacrifier pour l’honneur de leur pays et pour la fierté populaire.

Le combat de ces jeunes doit être considéré comme le plus beau signe de la Liberté, et grâce à eux nous espérons la fin de la corruption, des piratages des Biens du pays, des ressources naturelles, bref, la fin des Gouvernements fantoches imposés de l’Extérieur, bref la fin de l’Impunité.

A bon entendeur salut.

Un vieux et une vieille Somalis
de Djibouti

(*) Nous rappelons que la publication d’un article n’implique pas qu’il reflète les positions de l’ARDHD

26/05/09 (B500) Rapport de l’Observatoire de la FIDH / OMCT , à l’occasion de la 45 session de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Bangui du 13 au 27 mai 2009


Photo RAWT ( 2002)
Le rapport complet est téléchargeable sur notre site en version (PDF _ 96 Ko)

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______________ Extraits concernant Djibouti

Page 2
Enfin, les défenseurs des droits civils et politiques n’ont pas non plus été épargnés par la répression, que ce soit lorsqu’ils ont dénoncé les atteintes à la démocratie dans leurs pays (Mauritanie, République démocratique du Congo, Zimbabwe) ou lorsqu’ils luttent contre l’impunité et défendent les droits de victimes (Djibouti, Guinée-Bissau, République démocratique du Congo, Soudan, Tunisie).

Page 4
A Djibouti, M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH), a été arrêté le 4 avril 2009 par des éléments de la gendarmerie nationale, sans qu’aucun mandat d’arrêt lui ait été présenté.

Il
lui a été signifié oralement que cette arrestation était motivée par des “injures publiques à l’autorité judiciaire” qu’il aurait proférées dans une note d’information en date du 26 mars 2009, dans laquelle il avait dénoncé les
graves manquements de la justice djboutienne et en particulier son absence d’indépendance, illustrés par la nonmotivation et la non-rédaction de certains jugements et décisions de justice en particulier dans les procès
sensibles.

Le 5 avril 2009, M. Noël-Abdi a été déféré devant le parquet en comparution immédiate et entendu par
le substitut du procureur selon la procédure de flagrant délit, avant d’être libéré. M. Noël-Abdi est depuis placé
sous contrôle judiciaire.

26/05/09 (B500) A lire sur Bulletin d’Afriques (Publication de Survie – N° 180 – Mai 2009)

________________________ 1 – Bolloré, toujours
accompagné (*)


On sait que la France n’a pas ménagé ses efforts diplomatiques et financiers pour aider l’ami du président, Vincent Bolloré, à obtenir la gestion du port de Pointe-Noire, unique port maritime congolais et porte d’entrée et de sortie de l’Afrique centrale.

L’Agence française de développement (AFD) a arrosé copieusement pour « accompagner » ce projet d’envergure (Billets d’Afrique 169, mai 2008). Fidèle à sa stratégie dite «du transport intégré», Vincent Bolloré lorgne toujours sur le chemin de fer Congo-Océan (CFCO), épine dorsale de l’économie congolaise reliant Brazza à Pointe-Noire sur 510 km.

Le CFCO assure en effet le trafic commercial, avec des correspondances vers la Centrafrique, le Tchad, le Cameroun et la RDC. Alors qu’il semble acquis qu’il a été attribué à Bolloré mais sans aucune annonce officielle à ce jour, il est question de construire un pont sur le fleuve Congo pour l’évacuation d’une partie des minerais de la RDC.

Gageons que l’AFD saura également «accompagner » ce projet pour le plus grand bénéfice du groupe Bolloré.

RdB

(*) Nous publions cet article car il est relation avec une information que nous avions diffusée dans la rubrique radio-trottoir, à propos de la possible attribution du port de Djibouti au groupe Bolloré… Lire

___ 2 – Somalie : halte à la piraterie au nord comme au sud !

Le bras de fer engagé
par la communauté
internationale avec
les pirates somaliens ne
doit pas cacher les lourdes
responsabilités des pays
occidentaux et notamment de
l’Europe dans la détérioration
des conditions de vie des
populations vivant le long des
3 300 km de côte de la Corne
de l’Afrique.

Ces dernières semaines, la Somalie a
tristement fait les gros titres des journaux
français avec l’affaire du Tanit,
ce voilier de plaisance faisant route pour Zanzibar,
dont l’équipage a été capturé dans le
golfe d’Aden par des pirates.

Le 10 avril, le
bateau était repris après un assaut musclé des
militaires français présents sur zone, entraînant
au passage la mort du skipper français
et de deux des cinq pirates somaliens. Un
an plus tôt, en avril 2008, les grands médias
français avaient abondamment commenté
là encore le détournement d’un autre voilier
français, le Ponant, dont la prise d’otages
s’était terminée, après la remise d’une rançon,
par une opération terrestre mise en scène
dans les journaux télévisés un peu à la façon
d’un téléfilm hollywoodien.

Cette fois là,
trois pirates avaient été tués dans l’opération
militaire et les 30 otages du bateau avaient eu
la vie sauve.

Depuis un an, la recrudescence des actes de
piraterie au large des côtes somaliennes se
confirme chaque jour : les chiffres de l’année
2008 sont les plus élevés depuis le début
du recensement du Bureau maritime international
en 1991, avec 293 attaques de navires
et 889 marins pris en otage. Et la situation
semble encore empirer depuis le début de
l’année 2009, avec près de 300 otages enregistrés
en trois mois.

Quand on considère les
résolutions et les moyens mis en place par la
communauté internationale pour contrôler la
zone (résolution n°1816 du Conseil de sécurité
de Nations unies autorisant les navires
militaires des états agréés par le gouvernement
somalien à pourchasser les pirates dans
ses eaux, opération militaire «Atalante»
engagée par l’Union européenne depuis décembre
2008 avec sept bâtiments de guerre
mobilisés sur zone en permanence), il est permis
de douter que les 165 millions d’euros
débloqués le 23 avril dernier par l’ONU pour
rétablir les forces de sécurité et de police
somaliennes suffisent à pacifier cet espace
maritime particulièrement stratégique pour
l’acheminement du pétrole du golfe Persique
comme pour le développement du commerce
euro-asiatique.

En effet, faisant face depuis la chute du président
Siad Barre en 1991 à l’absence d’un État
souverain, le pays se trouve dans une situation
totalement instable : conflits répétés entre
factions rivales, renversement des islamistes
avec le soutien des forces armées éthiopiennes,
corruption record.

Tout cela a entraîné
l’effondrement de l’économie du pays (baisse
de 20 % du PIB de 1989 à 2002 d’après la
Banque mondiale) qui occupe l’une des dernières
places au monde, selon le classement
de l’indice de développement humain (IDH)
du PNUD. Face aux soubresauts de l’après
guerre froide (rappelons que la Somalie a été
pendant trente ans un terrain de rivalité entre
les États-Unis et le bloc soviétique), on peut
s’étonner du peu d’attention portée aux populations
somaliennes, en comparaison notamment
des efforts consacrés à la reconstruction
de l’Afghanistan ou de l’Irak.

Le pillage de
l’industrie de la pêche

Mais tout autant qu’apporter assistance,
il importe de ne pas nuire… or, depuis
l´effondrement du gouvernement central en
1991, il est désormais prouvé que ce pays
dépourvu de marine et de garde-côtes a vu
ses ressources pillées par de gros chalutiers
italiens, espagnols, grecs, japonais ou encore
coréens pêchant illégalement dans ces eaux
très poissonneuses (recélant d’importants
stocks de thons et de crustacés).

Plus grave
encore, des entreprises européennes se sont
débarrassées là de leurs déchets toxiques et
nucléaires via des filières mafieuses, provoquant
l´apparition de dérèglements au sein de
la faune marine et de maladies graves parmi
les populations, ce qui amène certains1 à se
demander, non sans raison, si la piraterie le
long des côtes somaliennes ne relève pas
d’un mécanisme d´auto-défense des pêcheurs
cherchant à protéger leurs eaux ou tentant de
prélever une «taxe» sur les pilleurs.

Certes, il serait contestable de ne voir dans
les attaques de pirates qu’une lutte pour le
droit des populations somaliennes – certains
d’entre eux, très jeunes, n’ont probablement
pas pleinement conscience de leurs actes et
rien ne justifie de s’attaquer à des navires
du PAM (Programme alimentaire mondial).
Mais de la même manière, il est contestable
de résumer ces actes à du banditisme.

Un
sondage informel réalisé par le site de presse
indépendant WardherNews indique d’ailleurs
que 70 % des populations locales soutiennent
à des degrés divers les pirates. La saisie récente
(du 11 au 19 avril 2009) au large du
Puntland (nord-est de la Somalie) de deux
navires égyptiens pêchant illégalement dans
les eaux territoriales somaliennes ainsi qu’un
remorqueur italien transportant des déchets
toxiques ne fait que confirmer la poursuite
du pillage et de la destruction des ressources
maritimes de ce pays.

Une décharge industrielle

S’agissant du déversement de déchets toxiques
dans la région (comme dans d’autres
pays africains), la situation ne date pas
d’hier2. Déjà en 1988, l’OUA (Organisation
de l’unité africaine) avertissait la communauté
internationale du problème à travers une
résolution signée à Addis Abéba3, ce à quoi
le Parlement européen répondit quelques
mois plus tard par une résolution solennelle
condamnant l’exportation de déchets dangereux
vers les pays du «tiers-monde ».

Hélas,
en dépit des conventions de Bâle (1992) et
de Bamako (1996) interdisant le transfert des
déchets dangereux vers les pays en développement
et l’Afrique en particulier, la suite a
montré qu’entre les déclarations de bonnes
intentions et les actes, il y avait un gouffre.
En effet, comme le reconnaît désormais le
porte-parole du PNUE (Programme des Nations
unies pour l’environnement), la Somalie
a été utilisée depuis le début des années
1990 comme décharge.

Des compagnies
européennes se sont délestées de leurs déchets
dangereux pour l’équivalent de 2,5 dollars
la tonne alors que leur traitement en Europe
dépassait parfois mille dollars. Parfois
ces déchets ont été stockés à terre : aucune
enquête de terrain n’a cependant jamais pu
être menée à son terme, les seuls personnes
ayant essayé d’enquêter sur place (Ilaria
Alpi, grand reporter à la télévision publique
italienne et Miran Hrovatin, cameraman slovène)
ayant été assassinés en mars 1994 à
Mogadiscio, vraisemblablement sous ordre
de la mafia italienne, tête de pont de tous
ces trafics.

D’autres fois, les fûts de déchets (des déchets industriels dangereux, des déchets
hospitaliers mais aussi des déchets
nucléaires en provenance des États-Unis,
d’Italie, d’Allemagne, de France et des
pays de l’Est d’après un repenti anonyme)
ont été purement et simplement jetés pardessus
bord en pleine mer.

Pendant des années, ces déchets s’étant
accumulés au fond de l’océan, la vérité
pouvait être aisément occultée.

Le PNUE
tenta toutefois timidement de sonner
l’alerte en 1992 mais face aux pressions
de quelques lobbies, elle fut contrainte au
silence. Rappelons que le PNUE (comme
l’Organisation mondiale de la santé à qui
on l’avait reproché d’être restée silencieuse
après l’explosion de Tchernobyl) dépend
des moyens financiers que les États membres
de l’ONU mettent à sa disposition et
il est donc très délicat pour le PNUE de
se dresser contre ses principaux bailleurs
de fonds.

Seulement, après le tsunami du
26 décembre 2004 et ses répliques qui ont
touché la Corne de l’Afrique quelques
jours plus tard, ces fûts furent rejetés sur
les plages somaliennes, provoquant au
sein des populations riveraines des infections
respiratoires, des hémorragies ou encore
diverses infections dermatologiques
et faisant au minimum 300 victimes à ce
jour. Le PNUE s’en est alors fait l’écho à
travers un rapport rendu public.

Cinq ans plus tard, en dépit du petit retentissement
qu’a pu avoir ce rapport, les pirates
pollueurs ne sont toujours pas sanctionnés
et en dépit des 165 millions d’euros débloqués
dernièrement par l’ONU pour rétablir
les forces de sécurité et de police somaliennes,
les victimes attendent toujours d’être
dédommagées pour les dégâts écologiques
causés par les pollueurs du Nord.

Par
ailleurs, plus globalement, ces informations
accablantes couplées aux rapports mettant
en évidence les conditions troublantes d’extraction
de l’uranium dans des pays tels que
le Niger démontrent de manière caricaturale
(la boucle est bouclée…) combien l’indépendance
énergétique des pays nucléarisés
repose encore aujourd’hui sur l’asservissement
de l’Afrique.

Franck Olivier

26/05/09 (B500) Le journal de la Flibuste … (2 articles en Français)

_________________________ 2 – Portail des sous-marins

Le président Sarkozy explique la position de la France sur la piraterie

Par Rédacteur en chef.

Le président Sarkozy a, dans un entretien publié par le journal émirati Khaleej Times, expliqué la position de la France sur la piraterie maritime au large de la Somalie.

La France est particulièrement active contre la piraterie dans le golfe d’Aden. Si la méthode militaire seule n’est pas efficace, comment ce phénomène peut-il être éradiqué ?

Vous avez raison de dire que le problème de la piraterie dans les eaux somaliennes ne peut être résolu par les seuls moyens militaires. Dans le même temps, il est utile de faire appel à la force armée, mieux, c’est nécessaire.

La France a été le premier pays à se lancer dans cette bataille avec détermination dès septembre 2007. J’avais annoncé devant l’Assemblée Générale de l’ONU que les forces navales françaises allaient escorter les navires appartenant au Programme Alimentaire Mondial. Cela a donné naissance à l’opération ALCYON. C’est aussi la France qui a proposé, pendant qu’elle présidait l’Union Européenne en décembre 2008, de lancer l’opération Atalante, la toute première opération navale européenne pour lutter contre la piraterie dans les eaux somaliennes et le golfe d’Aden.

Aujourd’hui, personne ne doute de l’efficacité de ces opérations, puisqu’aucun navire appartenant au Programme Alimentaire Mondial n’a été attaqué depuis le lancement d’Alcyon, et qu’aucun navire protégé dans le cadre d’Atalante n’a été visé par les pirates. Nous avons mené plusieurs opérations pour libérer des citoyens français, qui avaient été pris en otage par les pirates.

Une de ces opérations a malheureusement entraîné la mort d’un de nos concitoyens. Cet incident douloureux a eu un énorme impact sur nous. Mais les pirates doivent savoir que nous ne nous soumettrons jamais à leurs extorsions et qu’ils nous trouverons toujours devant eux. Les forces français ont arrêté 70 pirates pour l’instant et certains d’entre eux seront jugés en France.

Comme vous l’avez souligne, ces opérations ne sont pas suffisantes pour mettre fin à la piraterie dans la région, puisque la piraterie est avant tout le résultat de la défaillance de l’Etat Somalien. La Somalie est aujourd’hui un pays déchiré, où le gouvernement que nous soutenons a des difficultés à imposer son pouvoir.

Donc, nous devons aider le peuple somalien à reconstruire leur pays. Par conséquent, il est devenu nécessaire aujourd’hui plus que jamais, de soutenir le travail du nouveau président Sheikh Sharif, ainsi que la dynamique de réconciliation qu’il a lancé par la formation du gouvernement d’unité nationale, pour la première fois depuis 1991.

C’est le devoir de la Communauté Internationale de soutenir les autorités légitimes de ce pays et de les aider à renforcer les institutions somaliennes, en particulier les forces de sécurité qui en dépendent. C’est aussi notre devoir de renforcer la Mission en Somalie de l’Union Africaine (AMISOM), et c’est ce que nous faisons maintenant.

La conférence des donateurs, le 23 avril à Bruxelles, pourrait porter à 213 millions $ les sommes allouées aux forces de sécurité somaliennes, la police et l’AMISOM. Cela vient en plus du soutien direct que les Forces françaises à Djibouti fournissent pour entraîner les forces de sécurité somaliennes et les soldats de l’AMISOM.

Mais, il est aussi nécessaire que nous nous tenions aux côtés du peuple somalien pour répondre à l’urgence humanitaire, qui touche près de la moitié de la population. En 2008, la France a augmenté son aide humanitaire à la Somalie et nous allons renforcer substantiellement nos efforts en 2009.

___________________________ 1 – Ouest France

L’amiral se met dans la peau d’un pirate somalien

L’amiral Laurent Mérer a commandé la zone maritime de l’océan Indien, en 2001-2002. Il fut par la suite préfet maritime de l’Atlantique à Brest. : Ouest-France

Dans un roman, l’amiral Laurent Mérer, ancien préfet maritime de l’Atlantique, raconte comment de modestes pêcheurs se sont transformés en redoutables pirates. Passionnant.

Vous avez commandé la zone maritime de l’océan Indien. Aviez-vous été confronté à des pirates ?
En 2002, j’étais là-bas quand un petit caboteur libanais en avarie, le Princess Sarah, a été capturé à la limite des eaux territoriales somaliennes. À l’époque, personne ne s’intéressait à cette question de la piraterie. Nous sommes pourtant intervenus. La frégate française Floréal a sauvé l’équipage composé de Syriens et de Libanais. On entendait ces gens qui parlaient français appeler au secours de façon poignante à la radio.

Pourquoi avoir choisi la fiction pour parler de ces pirates de Somalie ?
Ce qui m’a d’abord motivé, c’est de raconter une histoire, de faire vivre des personnages. J’ai voulu comprendre qui sont ces hommes qui se livrent à la piraterie. De modestes pêcheurs se sont transformés en bandits de haute mer. Ils méritent peut-être notre intérêt, même s’ils sont des crapules.

D’ailleurs, votre héros, Osmane, suscite plutôt la sympathie…
J’ai appris qu’il y avait un interprète sur le Ponant, ce voilier français capturé par des pirates voici un an. Cela m’a inspiré le personnage d’Osmane. Ce n’est pas le pêcheur de base.Il a fait des études, c’est un intellectuel. Il a subi un traumatisme puisqu’il a perdu toute sa famille lors des combats dans la capitale, Mogadiscio. Dans le fond, il est un peu à l’image des jeunes d’aujourd’hui. Il se laisse entraîner sans jamais décider vraiment de son sort.

Que sait-on de ces pirates qui semblent surgis de nulle part ?
On l’avait un peu oublié, la Somalie est une région traditionnellement favorable à la piraterie. Il suffit de relire Henry de Monfreid. Le phénomène a resurgi à la faveur de l’anarchie qui sévit dans le pays. Entre 1990 et 2000, les pêcheurs somaliens ont vu leurs eaux pillées par des bateaux yéménites, puis asiatiques, sans que personne ne s’y oppose. Ils ont été privés de leurs ressources. La piraterie d’aujourd’hui est une réaction à ce pillage.

Vous attirez aussi l’attention sur les conséquences du tsunami de 2004…
Le tsunami a dévasté les côtes somaliennes. Il a détruit l’outil de travail des pêcheurs. Il a révélé que la Somalie avait servi de poubelle pour des entreprises ou des pays peu scrupuleux. Des conteneurs éventrés avec des déchets industriels ou hospitaliers se sont échoués sur les plages. Tout cela n’excuse pas la piraterie mais fait partie de son contexte. Les attaques de pirates augmentent de façon exponentielle depuis 2004.

Votre héros connaît une fin tragique en tentant de quitter la Somalie. Le crime ne paie pas ?
J’ai plutôt voulu dire qu’il y avait d’autres drames dans ce pays. Ainsi, le port de Bossasso est le centre de l’immigration clandestine de toute l’Afrique de l’Est. Il s’y passe des scènes terrifiantes. La fin tragique de mon personnage est celle de beaucoup de jeunes Africains.

Propos recueillis par
Olivier MÉLENNEC

26/05/09 (B500) Nouvelles de Somalie … (6 articles en Français et en Anglais)

___________________________ 6 – Shabelle (En Anglais)

L’envoyé spécial des Nations unies (Ould) en visite dans la capitale somalienne. // UN envoy visits Somali capital

UN’s special representative for Somalia Ahmedou Ould Abdalla has arrived Somali capital Mogadishu for unannounced visit, an official told Shabelle radio on Monday.

It is the first trip that the UN envoy for Somalia comes to Mogadishu since Sheik Sharif Sheik Ahmed was elected as president in Djibouti.

The information minister of the Somali government Farhan Ali Mohamoud said that the UN’s special envoy for Somalia Ahmedou Ould-Abdallah came to Mogadishu and met Somali president Sheik Sharif Sheik Ahmed in the presidential palace.

The envoy has reportedly returned back to Nairobi immediately with out noticing.

It is not known what president Sheik Sharif Sheik Ahmed and the UN’s special envoy for Somalia Ahmedou Ould-Abdallah talked about their meeting.

___________________________ 5 – Shabelle (En Anglais)

Le Président somalien lance un appel à la communauté internationale pour qu’elle l’aide à défendre le pays contre les "ennemis". // President calls for the International community to defend Somalia from “enemies”

Somalia’s president Sheik Sharif Sheik Ahmed has called Monday for the international community and the Somali people to defend Somalia what he called for foreigners that invaded Somalia.

“I would like to tell the world and the Somali people that there are foreigners in the country who fought in Iraq and Afghanistan and want to make Somalia like those countries,” said president Sheik Sharif Sheik Ahmed.

The president held a press conference in Villa Somalia, Somali presidential palace and said foreigners were fighting along the rebels who are fighting to topple his fragile government.

President Sheik Sharif Sheik Ahmed has welcomed what he called for re-liberation efforts in central Somalia.

The president also welcomed the decision by IGAD foreign ministers who called for the UN to impose sanctions on Eritrea and block the airports and the ports of areas under the control of Islamist rebels.

___________________________ 4 – Nouvel Obs avec AFP

Le président somalien dénonce une "invasion" de jihadistes étrangers

Ces derniers, alliés aux insurgés islamistes, tentent depuis le 7 mai un "coup d’Etat" à Mogadiscio. Après 19 jours d’affrontements, quelque 208 personnes ont été tuées, en majorité des civils, et 700 autres blessés.

La Somalie est "envahie" par des jihadistes étrangers qui ont rejoint les rangs des insurgés islamistes, a accusé lundi 25 mai le président Sharif Cheikh Ahmed après 19 jours de violents affrontements qui ont fait plus de 200 morts, essentiellement des civils, à Mogadiscio.

"La Somalie est envahie par des combattants étrangers qui ont pour principal objectif de faire ressembler le pays à l’Afghanistan et à l’Irak", a déclaré le président. "Nous appelons la communauté internationale et le peuple somalien à nous aider à les combattre", a-t-il ajouté.

"Une tentative de coup d’Etat"

Le 7 mai, des islamistes radicaux ont lancé une offensive sans précédent contre le président Sharif Sheikh Ahmed, un islamiste modéré, avec à leur tête les combattants de cheikh Hassan Dahir Aweys et le groupe des shebab.

"J’appelle cheikh Sharif Sheikh Ahmed à abandonner son poste autoproclamé de président afin d’épargner les vies des Somaliens", a déclaré Hassan Dahir Aweys. Ce chef islamiste radical, qui entretient des liens avec Al-Qaïda d’après Washington, a été accusé par l’envoyé spécial de l’ONU pour la Somalie, Ahmedou Ould-Abdallah, de mener "une tentative de coup d’Etat".

Le 12 mai dernier, les shebab ont admis que des combattants étrangers s’étaient engagés à leurs côtés. Profitant du retrait de l’armée éthiopienne en janvier, plusieurs centaines de candidats au jihad ont afflué en Somalie ces derniers mois, selon des sources sécuritaires dans la région.

57.000 déplacés selon l’ONU

Ce lundi, le ministre somalien des Affaires humanitaires, Mohamoud Ibrahim, avançait le bilan de 208 personnes tuées et 700 autres blessés, depuis le début de l’offensive des insurgés islamistes, le 7 mai dernier. "Nous avons compté 208 personnes tuées et plus de 700 blessées (…) 80% des morts et des blessés sont des civils pris dans les échanges de tirs", a déclaré Mohamoud Ibrahim.

Au total, quelque 57.000 habitants de Mogadiscio ont dû fuir leur logement depuis le début de cette offensive, selon un nouveau décompte établi dimanche par le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR). "Les combats ont déplacé environ 8.367 familles", a expliqué de son côté le ministre. Ces familles "ont atteint des camps de fortune à l’extérieur de la capitale où elles vivent dans des conditions difficiles".

Une contre-offensive caduque

Dimanche, au moins sept personnes ont été tuées dans l’explosion d’une voiture piégée à l’intérieur d’une caserne de militaires somaliens près du port de Mogadiscio. Une attaque revendiquée par les shebab. "L’attaque a été menée par un de nos jeunes combattants qui a fait explosé sa voiture dans le camp où les ennemis d’Allah sont installés", a affirmé cheikh Hussein Fidow, un porte-parole des shebab.

Vendredi, les forces pro-gouvernementales ont lancé une attaque contre les positions des insurgés, en coopération avec la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Seulement quelques heures après l’offensive, les gouvernementaux ont dû quitter leurs positions, faute d’approvisionnement.

"Les shebab ont quatre avantages sur les forces gouvernementales : ils sont très mobiles, pratiquent la terreur sur les populations, sont capables de mobiliser d’importants moyens financiers venus de l’étranger et utilisent très bien les médias", a expliqué à l’AFP le commandant de l’Amisom, le général Francis Okello.

"Des souffrances insupportables"

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est déclaré "profondément inquiet" du sort des civils. "Les Somaliens ont de nouveau été sujets à des souffrances insupportables", a souligné le chef de délégation du CICR en Somalie, Pascal Mauchle.

Elu en janvier dernier, le président Sharif Sheikh Ahmed a toujours rejeté le processus de réconciliation supervisé par l’ONU et promet de combattre. La Somalie est en guerre civile depuis 1991, réduisant la capitale à l’état de ruines où les rares étrangers qui s’y rendent sont régulièrement la cible d’enlèvements crapuleux.

Le 23 août 2008, deux journalistes indépendants ont été enlevés par des inconnus armés près de Mogadiscio. Lors d’une communication téléphonique avec l’AFP, ces derniers ont lancé un appel de détresse. Lors de cet entretien, les deux otages – la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan – semblaient lire un texte sous la contrainte.

___________________________ 3 – AFP

Somalie: le président dénonce une "invasion" de jihadistes, plus de 200 morts à Mogadiscio

De Mustafa HAJI ABDINUR

La Somalie est "envahie" par des jihadistes étrangers qui ont rejoint les rangs des insurgés islamistes, a accusé lundi le président Sharif Cheikh Ahmed après deux semaines de violents combats qui ont fait plus de 200 morts, essentiellement des civils, à Mogadiscio.

"La Somalie est envahie par des combattants étrangers qui ont pour principal objectif de faire ressembler le pays à l’Afghanistan et à l’Irak", a déclaré le président lors d’une conférence de presse, ajoutant: "nous appelons la communauté internationale et le peuple somalien à nous aider à les combattre".

Le 7 mai, les insurgés ont lancé à Mogadiscio une offensive sans précédent, menée par la milice "Hezb al-Islamiya" du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, et les islamistes radicaux des shebab, pour renverser le président Sharif, un islamiste modéré élu en janvier.

Les shebab ont pour la première fois admis le 12 mai que des combattants étrangers étaient engagés à leurs côtés.

Encouragés par le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden et profitant du retrait de l’armée éthiopienne en janvier, plusieurs centaines de candidats au jihad ont afflué en Somalie ces derniers mois, selon des sources sécuritaires dans la région.

Depuis le début des derniers combats, "nous avons compté que 208 personnes ont été tuées et plus de 700 blessées (…) 80% des morts et des blessés sont des civils pris dans les échanges de tirs", a déclaré à la presse le ministre somalien des Affaires humanitaires Mohamoud Ibrahim.

Quelque 57.000 habitants de la capitale ont également dû fuir leur logement, selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR).

Les forces gouvernementales ont lancé vendredi une contre-offensive contre les positions des insurgés qui, outre le départ du président, réclament le retrait de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom), déployée dans la capitale depuis mars 2007.

L’Amisom compte 4.300 soldats ougandais et burundais qui sont régulièrement la cible des insurgés.

Selon des officiers de l’Amisom rencontrés par l’AFP, la contre-offensive a permis de reprendre du terrain. Mais, après quelques heures, les gouvernementaux ont dû quitter les positions, faute d’approvisionnement.

"Les shebab ont quatre avantages sur les forces gouvernementales: ils sont très mobiles, pratiquent la terreur sur les populations, sont capables de mobiliser d’importants moyens financiers venus de l’étranger et utilisent très bien les médias", a expliqué à l’AFP le commandant de l’Amisom, le général Francis Okello.

"Mais même ici à Mogadiscio, ils ne peuvent pas monter des opérations le même jour sur trois fronts à la fois", a-t-il relevé, affirmant que les "insurgés donnent l’impression d’être partout mais contrôlent en réalité peu de terrain".

La Somalie est en guerre civile depuis 1991 et des années de combats ont réduit la capitale à l’état de ruines, en faisant une des villes les plus dangereuses au monde où les rares étrangers qui s’y rendent sont régulièrement la cible d’enlèvements crapuleux.

Deux journalistes indépendants, otages depuis leur enlèvement le 23 août par des inconnus armés près de Mogadiscio, ont lancé un appel de détresse lors d’une communication téléphonique avec l’AFP via un homme se présentant comme un intermédiaire des ravisseurs.

Lors de cet entretien, les deux otages – la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan – ont précisé qu’ils ne pouvaient répondre à certaines questions et semblaient lire ou réciter un texte, peut-être sous la contrainte.

___________________________ 2 – AFP

Somalie: deux journalistes otages depuis neuf mois lancent un SOS

De Mustafa HAJI ABDINUR

Deux journalistes indépendants, une Canadienne et un Australien, enlevés en août près de Mogadiscio, ont lancé un appel de détresse, décrivant une captivité extrêmement éprouvante et appelant leur gouvernement à aider au versement d’une rançon.

Lors d’un entretien téléphonique de cinq minutes, les deux otages ont précisé qu’ils ne pouvaient répondre à certaines questions et semblaient lire ou réciter un texte, peut-être sous la contrainte.

Cette interview a été réalisée dimanche après plusieurs semaines de tentatives du correspondant de l’AFP à Mogadiscio d’entrer en contact avec les otages. Bien qu’aucune identification formelle des deux journalistes n’ait pu être réalisée pendant l’entretien, leur manière de s’exprimer laisse peu de doute sur leur identité.

"Je suis malade depuis plusieurs mois. A moins que mon gouvernement, le peuple canadien, toute ma famille et mes amis puissent réunir un million de dollars, je mourrais ici, c’est certain. J’appelle mon gouvernement à venir en aide à ma famille et à payer ma rançon", a déclaré Amanda Lindhout, en larmes.

La journaliste canadienne et le photographe australien Nigel Brennan ont été enlevés le 23 août par des inconnus armés sur la route Mogadiscio-Afgoye (25 km plus à l’ouest), où ils voulaient visiter des camps de déplacés.

Egalement pris en otages avec eux, un journaliste somalien et deux chauffeurs ont été libérés en janvier.

"La situation ici est vraiment désespérée et sérieuse. Je suis otage depuis neuf mois, les conditions sont très mauvaises. Je ne bois pas d’eau potable, je suis nourrie au mieux une fois par jour. Je suis maintenue enchaînée dans une pièce noire sans fenêtre, toute seule", a décrit Lindhout.

A la question de savoir si elle avait été violentée par ses ravisseurs, la jeune femme a expliqué au journaliste de l’AFP qu’elle ne pouvait répondre à ces questions: "Je ne peux répondre à vos questions. Ce que je viens de dire, c’est tout ce que je peux dire".

"Je suis menotté depuis quatre mois (…) Ma santé est très précaire et se détériore rapidement en raison d’une forte fièvre. J’implore mon gouvernement de m’aider en tant que citoyen australien", a expliqué Nigel Brennan, qui semblait épuisé nerveusement.

"Je demande l’aide de ma famille par tous les moyens possibles pour que la rançon pour ma libération puisse être payée. J’aime beaucoup mon pays, j’aime ma famille, ma petite amie", a-t-il ajouté.

Un homme se présentant comme l’intermédiaire des ravisseurs, un certain "Adan Nur", a prévenu: "Ils ont assez souffert comme ça et nous maintenons nos exigences. Quiconque se préoccupe de leur situation devrait aider à leur libération, sinon ils souffriront davantage".

"Les hommes qui me retiennent captive sont très déterminés. Si aucune rançon n’est payée, ils me tueront, a aussi déclaré la journaliste.

Au Canada, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a indiqué que ses représentants prenaient les "mesures appropriées afin d’obtenir plus d’information concernant le sort de Mme Lindhout, et assister la famille pour assurer sa libération ainsi que celle de M. Brennan". Il a ajouté que la prudence était de mise dans des situations ou des vies peuvent être en danger.

"Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider les familles mais la couverture des média n’aidera pas les négociations", a déclaré de son côté un porte-parole du département australien des Affaires étrangères et du Commerce.

Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, et libérés contre rançon. Journalistes et humanitaires sont particulièrement visés.

La durée de captivité des deux journalistes s’avère particulièrement longue au regard de prises d’otages similaires qui n’excèdent souvent pas plusieurs semaines.

Quatre employés européens de l’ONG française Action contre la faim (ACF) et leurs deux pilotes kényans, enlevés début novembre, restent également otages.

___________________________ 1 – AFP

Mogadiscio: plus de 200 morts dans l’offensive des insurgés islamistes

De Mustafa HAJI ABDINUR

L’offensive des insurgés islamistes contre le gouvernement somalien a coûté la vie à plus de 200 personnes – en grande majorité des civils – en deux semaines de combats à Mogadiscio, où les forces gouvernementales ont bloqué leur avancée.

"Nous avons compté que 208 personnes ont été tuées et plus de 700 blessées (…) 80% des morts et des blessés sont des civils pris dans les échanges de tirs", a déclaré le ministre somalien des Affaires humanitaires Mohamoud Ibrahim dimanche soir à la presse.

Le 7 mai, les insurgés ont lancé une offensive sans précédent, menée par la milice "Hezb al-Islamiya" du chef islamiste radical cheikh Hassan Dahir Aweys, et les islamistes radicaux des shebab, pour renverser le président Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré élu en janvier.

Quelque 57.000 habitants de Mogadiscio ont dû fuir leur logement depuis le début de cette offensive, selon le Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR).

"Les combats ont déplacé environ 8.367 familles", a expliqué de son côté le ministre: "elles ont atteint des camps de fortune à l’extérieur de la capitale où elles vivent dans des conditions difficiles".

Dimanche, l’explosion d’une voiture piégée dans un camp de militaires somaliens près du port de Mogadiscio a fait au moins 7 morts.

Un porte-parole des shebab, cheikh Hussein Fidow, a revendiqué cet attentat. "L’attaque a été menée par un de nos jeunes combattants qui a fait exploser sa voiture dans le camp où les ennemis d’Allah sont installés", a-t-il affirmé à la presse.

Les forces gouvernementales ont lancé vendredi une contre-offensive contre les positions des insurgés qui, outre le départ du président, réclament le retrait de la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom), déployée dans la capitale depuis mars 2007.

L’Amisom compte 4.300 soldats ougandais et burundais qui sont régulièrement la cible des insurgés.

Selon des officiers de l’Amisom rencontrés par l’AFP, la contre-offensive a permis de reprendre du terrain. Mais, après quelques heures, les gouvernementaux ont dû quitter les positions, faute d’approvisionnement.

"Les shebab ont quatre avantages sur les forces gouvernementales: ils sont très mobiles, pratiquent la terreur sur les populations, sont capables de mobiliser d’importants moyens financiers venus de l’étranger et utilisent très bien les médias", a expliqué à l’AFP le commandant de l’Amisom, le général Francis Okello.

"Mais même ici à Mogadiscio, ils ne peuvent pas monter des opérations le même jour sur trois fronts à la fois", a-t-il relevé, affirmant que les "insurgés donnent l’impression d’être partout mais contrôlent en réalité peu de terrain".

La Somalie est en guerre civile depuis 1991 et des années de combats ont réduit la capitale à l’état de ruines, en faisant une des villes les plus dangereuses au monde où les rares étrangers qui s’y rendent sont régulièrement la cible d’enlèvements crapuleux.

Deux journalistes indépendants, otages depuis leur enlèvement le 23 août par des inconnus armés près de Mogadiscio, ont lancé un appel de détresse lors d’une communication téléphonique avec l’AFP via un homme se présentant comme un intermédiaire des ravisseurs.

Lors de cet entretien, les deux otages – la journaliste canadienne Amanda Lindhout et le photographe australien Nigel Brennan – ont précisé qu’ils ne pouvaient répondre à certaines questions et semblaient lire ou réciter un texte, peut-être sous la contrainte.

L’homme se présentant comme l’intermédiaire, un certain "Adan Nur", a prévenu: "Quiconque se préoccupant de leur situation devrait aider à leur libération, sinon ils souffriront encore plus".