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16/06/09 (B503) Une assiduité protocolaire de l’artificiel « diplomatiquement correct » qui confirme, plus que jamais, le poids sans cesse grandissant de bon nombre de pays africains dans un continent convoité par la Chine (par Bouh Warsama)


Retrouvez l’intégralité des chroniques
de Bouh Warsama : lien

Souvenons-nous de l’après indépendance en Afrique de l’ouest et des tentatives de la Chine pour s’imposer, notamment au Mali et qui se terminèrent quelques années plus tard par un échec cuisant alors que l’économie du pays s’effondrait.

J’ai le souvenir d’avoir effectué en 1972 une escale aérienne technique sur ce qui faisait office d’aéroport de la capitale Bamako et d’y avoir observé, alignés et assis sur des bancs sous un hangar en tôle ondulée, une quinzaine de citoyens chinois vêtus du même costume, tenant le même « attache case » (Made in China) entre les jambes et nous dévisageant telles des bêtes curieuses………..

La superposition des images dans mon esprit m’avait confirmé que le Bamako que j’avais connu presque 20 années plus tôt n’avait pas changé alors que la présence de la Chine n’avait rien apporté sur le plan amélioration des conditions de vie sociale des Maliens.

Plus de 20 ans plus tard et au moment de la construction par les Chinois des abattoirs de la capitale Djibouti j’ai eu la désagréable surprise d’observer ce qu’est une plage vidée de toute vie. Un désert halieutique local totalement dévasté sur 200 à 300 m du rivage et quelques kms de plage dans lequel ne subsistait plus ni coquillage, ni un quelconque poisson. Logés dans des caisses métalliques servant de dortoirs collectifs sous une chaleur intense, les équipes d’ouvriers chinois n’avaient que les moyens de se nourrir de riz et de produits de la mer…….. ; ils avaient totalement dévasté le secteur en quelques mois.

– La Chine du 21ème siècle n’a pas abandonné la partie, loin de là !

Mais n’en doutons pas, la Chine du 21ème siècle n’a pas abandonné la partie, elle s’est lentement installé en Afrique avec autant de convoitises et de détermination que le firent les contemporains de Jules Ferry ou de Stanley à l’époque de la colonisation française ou anglaise.

Prenons l’exemple du Gabon où les Chinois se sont imposés dans l’exploitation du très prometteur gisement de fer de Belinga (ressource supérieure à 100 Mt de minerai de fer à 70%) alors que, d’autre part, le gouvernement local a l’ambition de devenir le premier producteur mondial de manganèse et, pour ce faire, en a confié l’exploitation à la compagnie brésilienne CRVD (Compagnia Vale do Rio Doce).

Ledit gisement de fer de Belinga a été attribué, quant à lui, à un groupement d’entreprises chinoises, la CMEC (China national Machinery and Equipement import and export Corporation).

Grâce à l’envolée des cours des métaux, c’est une affaire très juteuse financièrement pour la CMEC qui se soumet depuis des mois à d’immenses travaux de rénovations dans les alentours dont la construction d’un port en eau profonde ainsi qu’une centrale hydraulique afin d’alimenter en énergie électrique toutes ses seules installations dans la région.

Les Chinois travaillant exclusivement pour eux et eux seuls, de tout ceci les Gabonais n’en profiteront pas, directement ou indirectement car d’autre part la main d’œuvre est très majoritairement importée d’Asie et suivant des critères de choix rigoureux. De même, les familles gabonaises profitent peu d’un Produit National Brut (PNB) dopé depuis plus de 40 années pourtant par les ventes des hydrocarbures qui rapportent gros au clan Bongo…et à leurs associés.

Ressources pétrolifères sur lesquelles, là encore, les autorités chinoises sont en embuscade et tentent de faire le forcing suivant le principe qui veut que si la chaise de l’exploitation des gisements venait à se vider de la présence de TotalFinaElf ils se précipiteraient alors pour prendre place, et ce malgré un Christophe de Margerie qui ne leur cèdera pas un pouce de terrain.

La situation est d’autant plus aggravée sur la moitié de la population gabonaise est analphabète et vit sous le seuil de pauvreté (pour ne pas dire de misère) alors même que, comme à Djibouti, le pays est sous peuplé ; 1,4 millions d’habitants dont une forte proportion de présence d’étrangers originaires des pays voisins et « gabonisés » pour la circonstance – comme le sont certaines tribus somaliennes – souvent pour effectuer les travaux les plus durs et les plus ingrats.

Avec une différence tout de même qui est que tant IOG que la Qabyo, l’un comme l’autre étant à l’origine étrangers à Djibouti, font venir dans le pays des clans, leurs familles au sens large et des amis de leur région d’origine aux fins de pousser hors du pays les familles djiboutiennes, toutes ethnies confondues, pour s’installer à leur place.

– Un Gabon qui ne ressemble en rien au Sahel ou au désert à Djibouti

Le fossé entre la richesse accaparée et la pauvreté très majoritaire est affreux alors que contrairement à Djibouti, sous le régime d’IOG, la présidence Bongo fut bien plus rusée, opportuniste que cruelle.

On est loin des errances d’un Ismaïl Omar Guelleh, d’un Mugabé (son ami du Zimbabwe) ou de naguère avec Idi Amin Dada en Ouganda.

Le Hadj Omar Bongo a préféré faire le choix de circonvenir la plupart des opposants potentiels par l’argent, qui ont fini par venir lui « manger dans la main » ; tout comme le firent les faux opposants de l’alimentaire après un séjour en chambre climatisée, avec douche et téléphone portable, dans le secteur « détenus politiques » de la prison de Gabode….à Djibouti et qui vont aujourd’hui allègrement « à la gamelle dorée du Palais de l’Escale » tout en essayant de briser la véritable opposition au régime politique d’Ismaïl Bobard.

La grande différence étant que Bongo a su avec une certaine subtilité éviter les guerres civiles ou les conflits armés avec les pays voisins durant plus de quarante années.

Si l’on regarde le désastre militaire de Ras Doumeïra et les effets du long génocide contre les Afars menés du haut du palais de l’Escale,ce n’est pas mince ; d’autant plus que majeure partie du FRUD a été trompé, tant par le gouvernement que par la France des présidents Mitterrand et Chirac ce qui a contraints les Afars à relancer le conflit armé contre l’Etat djiboutien.

– Reste le péché congénital issu des noces incestueuses de la « Françafrique ».

Si le président Sarkozy a tenu à être présent au Gabon pour les obsèques du président Bongo c’est aussi pour confirmer que, même au nom de la morale publique, la France ne peut rompre avec le Gabon de l’après Bongo car ce faisant elle paierait très cher cette décision en terme de perte d’influences sur tout le continent africain sans que pour autant la morale et la démocratie s’enracinent durablement à Libreville.

Comme nous l’avons dit, tout retrait de la France – ou d’une quelconque puissance coloniale occidentale – de l’Afrique serait immédiatement exploité par la Chine qui comblerait ce départ.

De même que les entreprises françaises – telles Peugeot, Renault et Citroën, se sont faites évincées depuis 1970 du marché africain des tous terrains par Toyota sur lequel Peugeot était dominateur, la France est en train de se faire marginaliser en Afrique de l’ouest et de l’est par des investissements chinois qui grignotaient le terrain depuis 20 années…et qui maintenant émergent véritablement.

– Tenter d’enterrer la Françafrique avec le temps et imposer en commun les véritables principes du contrôle démocratique et le progrès sous toutes ses formes.

D’évidence, ceci ne veut pas dire que la France et l’Afrique doivent renoncer aux véritables principes du contrôle démocratique ; bien au contraire car c’est la seule garantie d’avenir pour les populations concernées.

Il est incontestable que le progrès, le vrai et le sincère, évolue de plus en plus vite dans ce sens et bouscule, comme il ne l’a jamais fait par le passé, les mauvaises habitudes instaurées depuis bien trop longtemps.

Plutôt que se boucher le nez et porter une paire de lunettes qui ne laisse transparaître que la grande richesse au détriment de la misère humaine entretenue, il convient pour les uns comme les autres, Africains et Français, de remonter les manches et de se donner enfin les moyens pour ensemble procéder en urgence au nettoyage des écuries d’Augias……………

Certes, cela ne sentira pas le parfum de Chanel du jour au lendemain mais comme en chaque chose il faut du courage et la volonté d’éliminer cette persistante odeur de M…. qui nous prend à la gorge et nous révulse le coeur lorsque l’on observe que les femmes et les enfants d’Afrique sont les premières victimes de certaines lâchetés………..et intérêts privés.

16/06/09 (B503) En direct du Yémen … Toujours des informations contradictoires sur le nombre d’otages tués et sur les auteurs : rebelles yéménites, Al Qaïda ? (3 articles en Français)

______________________________ 3 – L’Express avec Reuters

Les autorités yéménites ont offert mardi une prime de cinq millions de rials (18.000 euros) pour toute information conduisant à l’arrestation des hommes armés qui ont tué trois otages – deux Allemandes et une Sud-Coréenne – et détiendraient toujours six étrangers dans le nord du pays.

Lors du transfert sur une base militaire de Sanaa des dépouilles des trois otages apparemment tuées par balles, qui ont été découvertes lundi dans le nord du Yémen. Les autorités yéménites offrent une prime de cinq millions de rials (18.000 euros) pour toute information conduisant à l’arrestation des hommes armés qui ont tué ces trois femmes – deux Allemandes et une Sud-Coréenne – et qui détiendraient toujours six étrangers. (Reuters/Khaled Abdullah)

Hassan al Manna, gouverneur de la province de Saada, où les neuf otages ont été enlevés à la fin de la semaine dernière, a annoncé le montant de cette récompense à l’agence officielle de presse Saba et précisé que les recherches se poursuivaient pour retrouver les otages et leurs ravisseurs.

Les corps de deux Allemandes et d’une Sud-Coréenne, apparemment tuées par balles, ont été découverts lundi près de Saada.

Les deux Allemandes, étudiantes dans une école biblique, travaillaient comme infirmières dans un hôpital de Saada, dans cette région montagneuse limitrophe de l’Arabie saoudite. La Coréenne était enseignante, a précisé l’armée yéménite.

Les forces de sécurité recherchent toujours les six autres otages – quatre Allemands, dont un médecin, un ingénieur britannique et un employé d’une ONG sud-coréenne.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel a condamné les assassinats. Une équipe scientifique allemande est partie sur place pour identifier les victimes.

Depuis 2004, des rebelles dirigés par des membres du clan Houthi, appartenant à une secte chiite, mènent des opérations contre le gouvernement yéménite pour dénoncer ce qu’ils jugent être des discriminations économiques et religieuses.

Le gouvernement de Sanaa a accusé les Houthi d’être responsables de l’enlèvement des neuf étrangers, ce que les chefs de la tribu ont démenti.

Dimanche, les autorités yéménites ont annoncé l’arrestation d’Hassan Hussein Alouane, un Saoudien présenté comme le principal financier d’Al Qaïda au Yémen et en Arabie saoudite.

« Il est très rare que les preneurs d’otages au Yémen tuent leurs prisonniers, il faut attendre pour savoir ce qu’il s’est passé », a déclaré un spécialiste des questions de sécurité dans la région, Fares bin Houzam, basé à Doubaï, qui n’exclut pas qu’Al Qaïda soit derrière ces exécutions.

Vendredi, 24 médecins et infirmières, pour la plupart des Yéménites, enlevés la veille avaient été libérés par leurs ravisseurs dans cette même région de Saada.

______________________________ 2 – Romandie News avec AFP

Deux otages allemandes tuées au Yémen, selon Berlin

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré mardi devoir « malheureusement considérer » que deux des trois otages retrouvées mortes au Yémen étaient allemandes.

Après la disparition de neuf étrangers, dont sept Allemands au Yémen, et la découverte de trois corps, Berlin « doit malheureusement considérer » que deux Allemandes sont mortes, a indiqué M. Steinmeier à la presse.

M. Steinmeier n’a pas voulu directement confirmer l’identité des victimes, tout en adressant ses « condoléances aux proches, aux familles et aux amis ». « Les circonstances de la mort des deux femmes ne sont pas encore éclaircies », a-t-il ajouté.

La troisième victime est sud-coréenne, selon Séoul.

M. Steinmeier, qui s’est entretenu mardi matin avec son homologue yéménite, Abou Bakr Abdallah al-Kourbi, a ajouté n’avoir aucune nouvelle des autres personnes portées disparues, mais a estimé qu’elles se trouvaient aux mains d’un « groupe violent sans scrupules ».

Le groupe d’étrangers était porté disparu depuis vendredi et les trois morts ont été retrouvés lundi, a confirmé M. Steinmeier qui a précisé que « les circonstances de la mort (des femmes) n’avaient pas encore été éclaircies ».

Lundi, le ministère de l’Intérieur yéménite avait indiqué que les trois morts avaient été retrouvés dans la région de Noshur, dans la province de Saada, et avait annoncé le ratissage de la région à la recherche des ravisseurs des six autres étrangers disparus.

A Séoul, le ministère des Affaires étrangères a confirmé la mort de l’otage sud-coréenne, identifiée par des médias sud-coréens comme Eom Young-sun, 34 ans, portée disparue depuis jeudi soir. Son mari, un britannique, fait également partie des personnes portées disparues.

M. Steinmeier a indiqué qu’une équipe d’experts allemands était partie pour le Yémen pour aider à l’identification des victimes.

______________________________________ 1 – 20 minutes

Yémen: tous les otages tués par Al-Qaïda selon l’Allemagne

Les services de sécurité allemands pensent que les neuf otages dont sept Allemands sont tous morts et qu’ils ont été tués par Al-Qaïda, rapporte le quotidien «Süddeutsche Zeitung» à paraître mardi. Ils croient en une signature du réseau terroriste Al-Qaïda en raison de «la brutalité» des ravisseurs, écrit le journal.

«Les Allemands sont particulièrement dans la ligne de mire d’Al-Qaïda. Al-Qaïda intensifie la situation. Nous devons nous attendre à des morts supplémentaires», selon un expert de haut rang cité par le journal. Plusieurs chaînes de télévisions affichaient en bandeaux lundi soir que «les neuf otages au Yémen sont apparemment tous morts». Aucune annonce officielle sur des décès n’a toutefois été faite à Berlin.

Un ministre yéménite confirme trois morts

Le ministère yéménite de l’Intérieur a confirmé lundi soir la mort de trois otages, deux Allemandes et une Sud-Coréenne, enlevées la semaine dernière avec six autres personnes dans le nord du Yémen.

Un responsable local de la sécurité avait auparavant déclaré que sept des neuf étrangers avaient été retrouvés morts lundi mais que deux enfants avaient échappé à la tuerie. Sept Allemands – un couple, trois enfants et deux infirmières – figurent parmi les neuf personnes enlevées. Les deux autres otages sont un ingénieur britannique et une enseignante sud-coréenne.

Ils étaient membres d’une organisation internationale travaillant depuis 35 ans au sein de l’hôpital de Saada. Des rebelles qui nient ce rapt. Les enlèvements au Yémen sont relativement fréquents mais avaient connu jusqu’ici pour la plupart une issue heureuse.

16/06/09 (B503) Djibouti : Les rebelles du FRUD se préparent à lancer des offensives? (Diablo)

Petits incidents militaires dans le Nord Le 6 juin, au moment même où le premier ministre Dileita Mohamed Dileita se rendait à Khor Angar (au nord d’Obock) pour commémorer l’anniversaire de la création de l’armée djiboutienne, une voiture militaire a sauté sur une mine entre Alaili Dadda et Andoli, à moins de 20kms de la frontière avec l’Erythrée.

Le chauffeur et les deux personnes qui étaient sur le siège avant du véhicule, tous des militaires, auraient été gravement blessés. Par contre, les civils chargés du recensement qui se trouvaient à l’arrière du véhicule seraient indemnes.

Selon l’armée djiboutienne, cette mine aurait été posée par les rebelles Afars du FRUD dans le but de saper le moral des militaires gouvernementaux. Lors de ses contacts avec les militaires et les civils de Khor Angar, le premier ministre a insisté sur le danger que représenterait ce groupe rebelle.

Le gouvernement a fait intervenir le 7 juin à l’aube, deux hélicoptères MI-18 de l’armée qui ont arrosé de tirs de mitrailleuse, un peu à l’aveuglette, les zones de Gal’eela, Ayri et Harka dans les Monts Mabla (district d’Obock) et de Dalha (district de Tadjourah) où seraient présents les éléments armés du FRUD.

Il n’y aurait pas eu de pertes du côté des rebelles et aucune information n’est disponible pour l’instant sur d’éventuelles victimes civiles. Par contre, des bovins et des dromadaires, qui pâturaient dans ces zones auraient été tués. Un de ces deux hélicoptères MI-18 avait été donné à Djibouti par le gouvernement éthiopien, après les accrochages frontaliers de l’année dernière entre militaires djiboutiens et érythréens.

Enfin, le 7 juin au soir, des militaires djiboutiens qui étaient stationnés à Tadjourah ont fait route vers Adaïlou où la présence de rebelles du FRUD leur a été signalée. Le gouvernement semble craindre une action des rebelles à l’occasion de l’anniversaire de l’indépendance, le 27 juin.

16/06/09 (B503) Journal de la Flibuste … (3 articles en Français)

____________________________ 3 – Ecolo Info

Devenir “terroriste” pour défendre ses richesses – ACT’Sense

De Anne-sophie

Pour ce 54ième ACT’Sense, je vous présente aujourd’hui une campagne réalisée pour l’organisme “Global Coalition for Peace” qui milite, aux Etats-Unis, contre la guerre en Iraq. Le concept d’affichage est conçu pour être vu sur une forme circulaire et affiché autour des pilonnes. Il est décliné autour des grenades, fusils, missiles ou tanks…

La baseline? “What goes around – Comes around” (en gros, “les choses peuvent se retourner contre vous”, autre manière de parler d’effet boomerang)

En réalité, cette campagne me fait rebondir sur une série d’articles parus récemment dans Courrier International et en lien direct avec mon sujet de thèse (je m’intéresse uniquement au terrorisme transnational perpétré contre les Etats-Unis).

Un constat: du terrorisme pour raison écologistes

Au cours de mes recherches, j’ai constaté que de nombreux attentats étaient perpétrés afin de contester le pillage de certaines ressources naturelles. Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller plus loin que ce constat car mes recherches ne traitent pas directement des causes du terrorisme transnational, mais les faits sont là.

Prenons le cas de la Colombie, pays dans lequel le nombre d’attentats perpétrés contre les Etats-Unis et les étrangers est le plus important (mon étude se situe entre la fin des années 1960 et 2006). Les cibles préférées des groupes terroristes sont les pipelines, co-gérés avec les compagnies pétrolières étrangères. Les terroristes de l’ELN (Armée de Libération Nationale) justifient leur action en affirmant que le gouvernement Colombien donne ses précieuses ressources naturelles aux puissances étrangères. Certes, le trafic de drogue est aussi au cœur des attentats menés par les guérillas locales. Mais les attentats menés afin de contester le pillage de ressources locales ne peut pas être négligé.

Au Nigeria, les attentats perpétrés au début des années 2000 sont le fait de “jeunes en colère” qui prennent en otages des travailleurs de la plateforme pétrolière de Shell et réclament du travail et des possibilités de développement pour leur communauté.

Dans d’autres pays d’Amérique Latine certains terroristes justifient également leurs actions par le pillage des richesses. Si mes souvenirs sont bons, quelques cas peuvent également être signalés en Europe de l’Est (mais cette information doit être vérifiée).

Notons que l’éco-terrorisme est également la première cause de terrorisme domestique aux Etats-Unis. Mais les raisons de ces activistes sont bien différentes de celles des activistes précédents.

“C’est vous les terroristes”

Et là, les articles de Courrier International offrent de quoi alimenter ces observations. Le premier article est une brève dans laquelle on apprend que la société anglo-néerlandaise Shell, “accusée de complicité dans la pendaison, en 1995, du militant pacifiste et écologiste Kenule Beeson Saro-Wiwa, fondateur du Mouvement pour la survie du peuple Ogoni (MOSOP), au Nigeria (…) a accepté devant la justice américaine de verser la somme de 15,5 millions de dollars (112 millions d’euros) à la famille Saro-Wiwa et au peuple Ogoni, qui avaient déposé plainte dès 1996. La compagnie, qui a toujours rejeté ces accusations, évitera ainsi un procès“. Avec cet arrangement, on évite là un grand scandale. Qui mériterait d’être dénoncé plus ouvertement, car les émeutes récentes au Nigeria autour des mines d’uranium relèvent à mon sens de la même logique…

Le second article est issu de The Guardian et s’intitule “Somalie, l’homme qui murmurait à l’oreille des pirates“. Il brosse le portrait d’Andrew Mwangura, un ancien marin qui “a passé vingt ans à aider des collègues sous-payés, exploités, qui connaissent des difficultés en mer. Et, bien souvent, les ­difficultés en question sont liées à la Somalie“. Cet homme (dont l’histoire va faire l’objet d’un film d’Andras Hamori sur la piraterie en Somalie et dont le premier rôle sera joué par Samuel L. Jackson) dirige aujourd’hui le Programme d’aide aux marins en Afrique de l’Est, une association qui aide à résoudre les affaires d’enlèvement au large des côtes somaliennes. En voilà un petit extrait qui, une fois encore, pose la question des raisons écologiques d’engagement dans le terrorisme…

“Dès le début des années 1990, alors que le pays sombrait dans le chaos, Mwangura a commencé à ­obtenir des informations sur des navires étrangers arraisonnés au large du ­littoral somalien. Au début, il a condamné publiquement ces attaques. Puis, un jour, un preneur d’otages somalien l’a appelé après avoir trouvé son numéro d’urgence à bord d’un bateau qu’il venait de capturer. “Il m’a dit : ‘Ce n’est pas nous, les pirates. C’est vous, les marins et les propriétaires des navires étrangers qui opérez illégalement dans nos eaux, qui êtes les pirates’.”

L’homme a envoyé à Mwangura des photographies et des listes de bateaux qui pillaient les réserves de poissons de Somalie, parfois à 5 milles nautiques de la côte, et qui endommageaient les bateaux et les équipements de pêche locaux. “J’ai compris que ces Somaliens se défendaient, qu’ils n’étaient pas des pirates, explique Mwangura. Ils avaient tort d’agir comme ils le faisaient, mais pêcher et dégazer illégalement, c’est mal aussi.”

Plus la Somalie s’est enfoncée dans l’anarchie, plus la nature défensive des attaques s’est muée en délinquance pure et simple, mettant en danger la vie de milliers d’hommes d’équipage. “Les gens sont devenus trop gourmands, poursuit Mwangura. Les mafiosos somaliens ont compris que la prise d’otages était un bon moyen de gagner de l’argent. Ils se sont modernisés, se sont mis à utiliser des radios et des téléphones par satellite.” Et, soudain, les portables de Mwangura ont commencé à sonner jour et nuit, et il s’est retrouvé en liaison avec des gens qui recherchaient des informations ou qui en transmettaient.…”

Enfin, citons aussi cet article de Javier Diez Canseco du journal La Republica au sujet de la propriété des terres d’Amazonie. Le journaliste explique que “la convention n° 169 de l’OIT et la déclaration de l’ONU sur les droits des peuples autochtones ont rendu obligatoire la consultation des peuples sur les ressources de leurs terres“. Or le président Alan García ne respecte actuellement pas cet engagement et de nombreuses grèves prennent place actuellement dans le pays, avec l’Association interethnique de la jungle amazonienne (AIDESEP) notamment, qui “a pour but de défendre les terres communales, le droit des communautés indiennes à se prononcer sur les politiques qui les concernent, la protection de l’environnement ou l’utilisation écologique des ressources naturelles comme outil de développement, et non comme moyen de remplir les coffres de multinationales qui n’ont que faire de l’impact de leurs activités sur la forêt ou le pays”.

Comme l’explique l’article, le président péruvien “a décidé de moderniser l’Amazonie en faisant un bien mauvais usage des pouvoirs que lui a accordés le Congrès dans le Traité de libre-échange (TLC) signé avec les Etats-Unis en janvier 2009. Le gouvernement a, dans la foulée, promulgué une série de décrets qui suppriment la protection constitutionnelle et légale des terres communales; il a également aboli les redevances en faveur des paysans et des Indiens pour l’exploitation des ressources qu’elles contiennent. Alberto Fujimori [président de 1990 à 2000] avait lancé ce processus sur la côte et dans les zones montagneuses. Alan García veut désormais l’étendre.”

Et le journaliste de poser cette question: “Imaginez que, sur simple décision de l’Etat, une compagnie minière ou pétrolière vienne exploiter une ressource dans le parc près de chez vous, sous les fenêtres de votre maison ou de votre lieu de travail, et qu’elle puisse capter et polluer l’eau du quartier sans rien demander aux habitants. Vous ne seriez pas indigné ? Vous ne vous révolteriez pas ?“

Il s’agit d’une question que je me suis souvent posée au cours de mes recherches… et que je me pose encore. Loin de moi l’idée de promouvoir la violence, mais je pense que ceux qui l’emploient le font en dernier recours… Pour moi, au-delà de la problématique sous-jacente des inégalités et de la pauvreté, la question est intrinsèquement liée à la définition même du terrorisme (un mot trop facilement utilisé aujourd’hui, nous l’avons vu récemment avec l’exemple de Julien Coupat): bien souvent, c’est l’histoire qui choisit… les terroristes ne se reconnaissent jamais comme tels, et se voient en général comme des combattants de la liberté… c’est lorsqu’ils arrivent à leurs fins qu’on leur accorde le titre dont ils se revendiquent ou qu’on les qualifie, a posteriori, de résistants… Indirectement, cela m’évoque Kant et sa réflexion sur “le juste”, le légal et le légitime…

Et vous, que feriez vous si on venait vous piller ainsi?
 

____________________________ 2 – Info Maroc

L’Initiative de l’Atlantique Sud scellée par la « Déclaration de Lanzarote »

L’Initiative de l’Atlantique Sud, un plan impulsé par le Portugal et l’Espagne et soutenu par la France et des pays de l’Amérique Latine et de l’Afrique, dont le Maroc, a été scellé, samedi, par la « Déclaration de Lanzarote ».

Dans ce texte, les participants à la réunion de Lanzarote ont convenu de promouvoir la réflexion sur les mécanismes d’action entre les zones sud et nord de cette région pour développer les opportunités de coopération qu’offre cet espace et en vue de faire face aux défis et menaces qui pèsent sur ce secteur de l’Atlantique.

Les ministres et représentants de 12 pays de l’Europe, de l’Afrique et de l’Amérique latine prenant part à cette rencontre ont, à cet égard, décidé de tenir une prochaine réunion, en septembre prochain à New York, a annoncé le ministre espagnol des Affaires étrangères, M. Miguel Angel Moratinos, lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion plénière.

M. Moratinos, qui était accompagné du ministre des Affaires étrangères et de la coopération, M. Taib Fassi Fihri, et du ministre argentin des Relations extérieures, du Commerce international et du culte, M. Jorge Taiana, a indiqué que cette rencontre ministérielle, à laquelle ont assisté huit ministres, trois ambassadeurs et un vice-ministre, a inauguré une nouvelle voie de dialogue et de coopération afin d’intensifier les relations et, surtout, éliminer un déficit qui existait dans l’architecture internationale par rapport au sud de l’Atlantique.

L’heure est venue pour « fortifier le poids stratégique de l’Atlantique Sud », à la lumière des mutations survenues dans d’autres zones à travers le monde, a-t-il ajouté.

A cet égard, Moratinos a cité un exemple qui constitue un « trou noir » dans cette zone, en allusion à l’accident d’un avion de Air France reliant Rio de Janeiro et Paris, qui s’est abîmé dans l’Atlantique.

« Il y a un trou noir entre la façade atlantique latino-américaine, africaine et européenne. ce trou noir, nous voulons l’éliminer aujourd’hui à Lanzarote », a lancé le chef de la diplomatie espagnole, mettant en exergue le potentiel dont disposent les pays de la région en matière de coopération dans des secteurs comme la lutte contre le crime organisé, le trafic de drogue et la piraterie.

M. Moratinos a également annoncé la création d’un forum informel de dialogue sur la base de la « Déclaration de Lanzarote » ainsi que la tenue en septembre prochain d’une réunion à New York, en perspective de l’adhésion de nouveaux pays riverains de l’Atlantique à cette initiative.

Pour sa part, M. Fassi Fihri a qualifié de « très intéressante » l’Initiative de l’Atlantique sud, estimant que cet espace constitue une « prise de conscience » des pays riverains de l’Atlantique, qui leur permettra de prendre leur destin en main, en vue de relever les défis et de faire face aux menaces qui pèsent sur la région.

Le ministre a cité, dans ce sens, les connexions établies entre les réseaux mafieux, les actes de piraterie maritime qui se développent dans la région et les filières de l’immigration illégale.

De son côté, M. Taiana s’est félicité des résultats de la réunion de
Lanzarote, soulignant l’intérêt que portent les 12 pays ayant pris part à cette rencontre au renforcement des liens des deux cô tés de l’Atlantique Sud.

Outre le Maroc et l’Espagne, cette réunion a connu la participation de représentants de l’Angola, de l’Argentine, du Brésil, du Cap-Vert, du Cameroun, de la France, du Nigeria, du Sénégal et de l’Uruguay.

____________________________ 1 – Portail des sous-marins

Les 27 Ministres confirment : Atalanta prolongée jusqu’à fin 2010

Par Rédacteur en chef.

Le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’UE, réuni le 15 juin à Luxembourg, va avaliser la prolongation de l’opération anti-pirates Eunavfor Atalanta d’un an à compter du 13 décembre 2009 (soit jusqu’à fin 2010).

Les 27 estiment, en effet, selon le texte des conclusions, que l’opération Atalanta « a démontré sa capacité d’agir efficacement contre les pirates et que la piraterie au large des côtes somaliennes continue à rester une sérieuse menace ». Cette décision permet d’entamer la force de génération pour l’année prochaine.

16/06/09 (B503) Nouvelles de Somalie . Quelques informations, en dépit de l’embargo médiatique dans lequel semble être plongé la Somalie. (1 article)

_______________________________ 1 – Le Figaro

Somalie : 6 morts dans affrontements

Au moins six personnes ont été tuées aujourd’hui dans des affrontements entre les forces somaliennes et des combattants islamistes radicaux qui ont attaqué une position gouvernementale à la sortie nord de la capitale Mogadiscio, selon des témoins et une source officielle. Les combats ont éclaté tôt ce matin après que les combattants extrémistes des shebab eurent attaqué une base des troupes somaliennes à Galgalato, dans la banlieue nord de la capitale.

« Nos combattants ont attaqué Galgalato ce matin et ont pris le contrôle de la zone; plusieurs apostats qui y étaient stationnés ont été tués dans les affrontements », a déclaré à la presse à Mogadiscio l’un des porte-parole des shebab, Cheick Ali Mohamoud Rage. Un responsable sécuritaire au gouvernement somalien, Abukar Mohamed, a confirmé à l’AFP la tenue de ces combats, sans donner plus de précisions.

Les shebab ont affirmé à la presse qu’ils contrôlaient désormais cette zone stratégique à la sortie nord de la capitale. Ces informations ont été confirmées par plusieurs témoins.

« Les combats ont éclaté après la première prière du matin et six personnes ont été tuées; c’était tous des combattants », a rapporté à l’AFP Hussein Alasow, un résident du quartier voisin de Karan. « J’ai vu six corps, dont certains portaient des uniformes des forces gouvernementales », a ajouté Mohamed Ibrahim Hussein, un autre témoin.
Abdullahi Moalim Ali, un autre habitant, a déclaré à l’AFP avoir vu des combattants des shebab à bord de véhicules blindés contrôler des barrages à Galgalato après la fin des combats.

La Somalie est en guerre civile depuis 1991. Le 7 mai, les insurgés ont lancé une offensive sans précédent, menée par les shebab et la milice Hezb al-Islamiya, à Mogadiscio. Depuis le 22 mai, les forces loyales au président somalien Sharif Cheikh Ahmed mènent à leur tour une contre-offensive.

15/06/09 (B503) Yémen : sept otages étrangers retrouvés morts (Le Monde)

« On a découvert les cadavres de sept des personnes enlevées et deux enfants étaient en vie », a déclaré un responsable yéménite de la sécurité, qui a requis l’anonymat. Sept Allemands – un couple, trois enfants et deux infirmières–, un ingénieur britannique et une enseignante sud-coréenne avaient été enlevés dans une zone montagneuse de la province de Saada (nord), avait annoncé dimanche le ministère de la défense sur son site Internet.

Ils avaient été enlevés par des rebelles chiites, selon la même source, et étaient membres d’une organisation internationale travaillant depuis trente-cinq ans au sein de l’hôpital de Saada. Les enlèvements au Yémen sont relativement fréquents mais avaient pour la plupart connu jusqu’ici une issue heureuse.

A Berlin, la chancelière Angela Merkel n’a pu confirmer la mort de cinq otages allemands : « Nous connaissons ces informations. Nous nous empressons d’examiner ces informations. Pour le moment, je ne peux pas donner de confirmation », a-t-elle dit. Aussitôt l’annonce de ces décès, une équipe de la police criminelle s’est rendue sur les lieux, à Noshur, à 12 km de Saada, chef-lieu de la province, pour enquêter sur les circonstances exactes.

Pour sa part, une commission de sécurité de la province de Saada était réunie en début d’après-midi. La date exacte des enlèvements n’a pas été précisée. La Corée du Sud avait confirmé dimanche qu’une de ses ressortissantes au Yémen, âgée de 34 ans et identifiée par son seul nom de famille, Eom, avait disparu depuis jeudi soir, et le gouvernement de ce pays pensait qu’elle avait été kidnappée.

Le rapt n’a pas été revendiqué, mais un responsable yéménite l’a attribué aux rebelles chiites zaïdites conduits par l’ancien député Abdel Malek Al-Houti. Un conflit ouvert ayant fait des milliers de morts oppose ce groupe aux forces gouvernementales depuis 2004 dans la région de Saada.

14/06/09 (B503) Le journal de la Flibuste : Piraterie : la mousson perturbe les attaques (Ouest France)

Les vents de la mousson ont commencé à souffler au large des côtes somaliennes, perturbant les opérations de piraterie. Les skiffs, ces canots rapides qui embarquent une demi-douzaine de pirates doivent désormais affronter une mer agitée.

L’évolution des conditions atmosphériques a provoqué un déplacement des opérations de piraterie. Des attaques, en fin de semaine dernière, ont eu lieu soit en mer Rouge, soit le long de la côte omanaise – ce vendredi, le MV Charelle a été capturé.

L’Otan se mobilise

L’Otan lancera cet été une opération à long terme et non plus temporaire contre les pirates somaliens. Ocean Shield (bouclier océanique) devrait durer un an, elle commencera début juillet.

L’Otan doit cependant encore déterminer quels pays, avec quels moyens, assumeront l’opération Ocean Shield au-delà des quelques mois que dure généralement le tour de garde de son groupe naval, destiné plutôt à opérer en Méditerranée ou dans l’Atlantique.

Selon des diplomates, les États-Unis, la Grèce, l’Italie, le Royaume-Uni et la Turquie et l’Allemagne sont disposés à participer à la mission. Canada et Ukraine pourraient les rejoindre.

Au-delà de la question de ses capacités, l’OTAN souffre d’un problème juridique. Ainsi que l’écrit notre correspondant à Bruxelles, Nicolas Gros-Verheyde (sur son blog), elle n’a toujours pas de cadre légal d’intervention face aux pirates ni d’accord avec le Kenya comme l’UE, les USA ou le Royaume-Uni.

Et notre correspondant de conclure : « Conséquence : même si sa présence permet de renforcer les moyens « sur zone » – pour l’escorte de navires du PAM ou de navires marchands – ; elle aboutit inévitablement, en cas d’intervention contre les pirates, à leur… libération (après confiscation de quelques armes) ».

14/06/09 (B503) Affaire de l’arrestation de Mohamed Houmed en Ethiopie – Le WebMaster d’Uguta publie un complément qui vient modifier l’information qu’il nous avait fait passer hier.

Nous publions ce complément d’information qui est aussi disponible sur le site d’Uguta. http://www.uguta.org

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Relire l’article publié hier sur le site de l’ARDHD:

Rectificatif : Arrestation de Mohamed HOUMED (suite)

Nous venons d’apprendre que MOHAMED HOUMED serait un ancien membre du FRUD. Il est décrit comme un réfugié djiboutien installé de longue date en Ethiopie. Plus de deux décennies. Par conséquent, son affaire serait plutôt du ressort du Haut Commissariat aux réfugiés (branche Ethiopie).

Jusqu’à présent, les services de renseignements éthiopiens observaient de loin les réfugiés djiboutiens. D’où vient cet intérêt subit pour des réfugiés djiboutiens ?

L’Ethiopie jalouse de l’Erythrée

L’arrestation de Mohamed HOUMED ne serait pas seulement motivée par le fait que le FRUD armé ait mené des opérations d’enrôlement à l’intérieur du pays, notamment dans les districts du nord. Bien que cela avait de quoi fâcher Ismail Omar Guelleh et son état-major militaire, très embêtés par les défections de leurs soldats. Djibouti et Addis-Abeba, nous le savons, font peu de cas des prisonniers politiques.

Les autorités éthiopiennes n’auraient-elles des justifications personnelles dans cette affaire ?

Celles-ci n’ont certainement apprécié, au même titre que Djibouti, la rumeur persistante selon laquelle des rebelles djiboutiens, apparentés ou non au FRUD armé, seraient entraînés en Erythrée. Peut-être s’agit-il moins de menaces que de signaux d’approche à destination de la rébellion djiboutienne ?

A cause de ses promesses lénifiantes, l’Ethiopie vient de s’aliéner une partie de l’opposition djiboutienne

L’Ethiopie considère « Djibouti et son port » comme une chasse gardée. On dira, en termes diplomatiques, qu’il s’agit d’une question sensible. Il y a de quoi, car une fraction importante de son commerce international transite par ce voisin. Mais les autorités éthiopiennes ne veulent pas y mettre le prix. Toute leur stratégie repose sur la croyance que la dictature djiboutienne est « éternelle ». C’est pourquoi elles boudent avec constance l’opposition djiboutienne civile. Addis-Abeba récolte donc ce qu’elle mérite. Ses promesses lénifiantes – j’en sais quelque chose puisque j’avais demandé à plusieurs reprises au nom de notre parti des bourses pour les étudiants djiboutiens discriminés par le pouvoir djiboutien – ont sans doute fini par lui aliéner l’opposition armée.

Il est vrai que l’Erythrée pratique une diplomatie, agressive certes mais plus franche. Surtout elle sait appliquer sans fioriture l’adage « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ».

Ali coubba
Uguta-Toosa, 14 juin 2009