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21/11/2015 (Brève 520) La fondation Jean Jaures a publié le 20 nov 2015, une note sous la signature de Paul Roba (analyste) « Djibouti – Quelle situation politique ? » (Info lecteur)

Lien avec le site : http://www.jean-jaures.org/Publications/Notes/Djibouti-quelle-situation-politique

DJIBOUTI : QUELLE SITUATION POLITIQUE ?
Paul Roba*
NOTE n° 287 – Fondation Jean-Jaurès – 20 novembre 2015

La République de Djibouti, pays de la Corne de l’Afrique, comptant 23 000 km2 et huit cent mille habitants, avec une population qui croît à un taux de 2,8 %, est souvent mal connue et son peuple méconnu. Le regard extérieur, lorsqu’il s’oriente vers Djibouti, tend à se concentrer sur la dimension géostratégique et sa traduction militaire sur le territoire. Non pas qu’il ne se passe rien d’intéressant sur cette terre de pasteurs nomades en voie de sédentarisation accélérée, et qu’il n’y ait rien à en dire. Mais, sa petite taille – même si Djibouti n’est pas le plus petit pays ni le moins peuplé du monde –, son image de pays de garnison, la logique de la realpolitik mais aussi la patience de son peuple malgré sa détresse, expliquent la faible médiatisation de Djibouti. Pourtant, Djibouti vit une situation préoccupante qui justifierait une attention toute particulière.

En dépit de ses atouts non négligeables, le petit État connaît, avec le pouvoir en place, sous-développement économique, misère sociale généralisée et verrouillage politique, ce qui est lourd de risques pour le pays lui-même comme pour ses intérêts.

Cette note essaie de décrire une situation lourde de risques qui devrait interpeller la communauté internationale.

Un pays avec une position stratégique prisée

La République de Djibouti, pays de la Corne de l’Afrique, est située sur les rives de la Mer rouge où elle est la clé du détroit de Bab-El-Mandeb, mais aussi à l’entrée du Golfe d’Aden, porte de l’Océan indien, c’est-à-dire au carrefour des routes économiques de première importance, ce qui lui confère une position stratégique. Aussi abrite-t-elle la plus grande base militaire française, la seule base américaine en Afrique ainsi que la première base militaire du Japon à l’étranger depuis la Seconde guerre mondiale. Djibouti accueille, de plus, des contingents allemands, espagnols, britanniques, hollandais, etc. Au niveau international, elle offre diverses facilités, notamment à la force européenne Atalante qui lutte contre la piraterie.

Ces bases militaires assurent des recettes importantes au pays sous forme de loyers : les Français paient 30 millions d’euros par an, les États-Unis 30 millions de dollars (qu’ils s’engagent à doubler) et les Japonais autant que les Américains, pour ne citer que les pays disposant de bases. La présence des bases étrangères permet aussi d’avoir des retombées financières pour l’économie locale. Autant de ressources qui viennent s’ajouter à celles que génère l’utilisation des ports djiboutiens par l’Éthiopie enclavée et dont pas de moins de 80 % des importations et exportations passent par Djibouti.

Au plan économique, Djibouti jouit d’une monnaie stable, le Franc Djibouti, à parité fixe avec le dollar depuis sa création en 1949 par les Français (un dollar vaut environ 177 francs Djibouti) ainsi que d’un réseau bancaire inséré dans le système international. Et le pays n’est pas sans richesses naturelles connues : sel, ciment, perlite, géothermie, vent, soleil. Sans oublier son potentiel touristique et artisanal comme ses ressources halieutiques qui, alliées à ses possibilités agropastorales, peuvent contribuer à sa sécurité alimentaire. Il peut aussi compter sur un capital humain à large majorité jeune qui, formée ou mieux formée, est capable de jouer pleinement son rôle dans un développement économique durable. Enfin, sa position géographique privilégiée, qui l’adosse à un arrière-pays qui s’étend au-delà de l’Éthiopie enclavée, confère à Djibouti une vocation de place commerciale et financière.

Les Djiboutiens n’aspirent qu’à travailler, vivre décemment et jouir des droits et libertés fondamentaux que leur garantit la Constitution, laquelle adhère aux valeurs universelles de la démocratie.

C’est dire si Djibouti a les atouts nécessaires pour devenir un pays apaisé et un partenaire fiable et stable dans une région particulièrement troublée.

Une économie sous-développée et sous emprise présidentielle

Djibouti présente, néanmoins, les caractéristiques d’une mal-gouvernance économique et d’un sous-développement inhérent. L’économie djiboutienne est duale car elle comporte, à côté du secteur formel, une large composante informelle qui consiste en des micro-activités de subsistance et fait survivre la majorité de la population. Le secteur formel est dominé par des revenus de rente, tirés des ports ainsi que des bases et contingents militaires étrangers. L’économie djiboutienne est très peu diversifiée puisqu’elle est dominée par les activités du secteur tertiaire à hauteur de 77 % du PIB et 60 % de la population active, l’industrie et l’agriculture ne concourant à la richesse intérieure que pour 19 % et 4 % respectivement. Le tertiaire se répartit entre les transports, les télécommunications, le commerce, le tourisme et les activités bancaires. Il a pour principal pôle les activités portuaires et celles des services connexes de commerce, de manutention, de transport et de logistique. La balance commerciale est structurellement déficitaire : les exportations sont faibles contrairement aux importations (hydrocarbures, produits alimentaires et biens d’équipement). Ces importations créent une sensibilité des prix aux fluctuations des marchés internationaux, ce qui, aggravé par des pratiques commerciales trop souvent monopolistiques, rend la vie très chère.

Autre triste caractéristique, l’économie djiboutienne est sous la mainmise du chef de l’État, Ismaël Omar Guelleh et de sa famille, qu’il s’agisse du secteur privé ou du public. Directement ou indirectement, les activités économiques sont contrôlées par le pouvoir en place.

Cette gestion vaut à la République de Djibouti d’être classée 155ème sur 189 pays au classement de Doing Business (recul d’un point par rapport à 2014). Le pays est ainsi classé 163ème pour la création d’entreprise, 171ème pour l’exécution des contrats, 176ème pour le raccordement à l‘électricité et 180ème pour l’accès au crédit. Autre conséquence de la mauvaise gestion, l’endettement public atteint 60 % du PIB et progresse chaque année de 10 %. Il est dû pour beaucoup à des prêts non-concessionnels contractés auprès de la Chine. « La dette extérieure contractée et garantie par l’État devrait culminer à environ 81 % du PIB en 2017-18 », selon le FMI dans un communiqué de presse publié le 27 février 2015. La corruption n’est pas étrangère à cet endettement préoccupant dont les effets financiers et socio-économiques vont se faire cruellement sentir dans les toutes prochaines années (2017-2018) lorsque vont commencer les remboursements aux préteurs chinois des emprunts non-concessionnels et sans période de grâce, comme par exemple celui de 505 millions de dollars américains contracté au titre de la reconstruction du chemin de fer qui relie Djibouti à Addis-Abeba. Transparency International ne classe-t-elle pas Djibouti au 107ème rang sur 175 pays ?

Une misère sociale généralisée

Du fait de ce sous-développement économique et de cette mainmise présidentielle sur les revenus, le chômage dépasse le taux de 60 % de la population active et le pays connaît une trop grande pauvreté. La pauvreté relative frappe 80 % de la population et la pauvreté absolue 43 %.

À cela s’ajoutent un fort taux d’analphabétisme qui touche 54,5 % des adultes, un système éducatif qui dysfonctionne et de faible qualité ainsi qu’un système de santé largement défaillant.

D’où le contraste saisissant entre l’opulence du régime et la misère du peuple.

D’où également le classement peu enviable de 170ème sur 187 pays à l’Indice de développement humain (IDH) en 2014.

Un espace politique et civil verrouillé

À Djibouti, le parti du président Ismaël Omar Guelleh, le Rassemblement populaire pour le progrès (RPP), ancien parti unique, est au pouvoir depuis l’indépendance en 1977. De 1977 à 1999, le pouvoir sans partage est exercé par le président Hassan Gouled Aptidon (décédé en novembre 2006), auquel succède en mai 1999 son neveu et chef de la sécurité, Ismaël Omar Guelleh. Cette succession est rendue possible par un hold-up électoral commis en avril 1999 au détriment du candidat de l’opposition et figure de l’indépendance, Moussa Ahmed Idriss, qui s’est depuis lors retiré de la vie politique.

Le président Ismaël Omar Guelleh rassemble l’ancien parti unique, devenu coquille vide de l’aveu même du régime selon un rapport interne en 2012, et quelques fantomatiques formations satellites, pour former l’Union pour la majorité présidentielle (UMP). Puis il systématise, davantage encore, le pouvoir, contrôlant sans limites les pouvoirs exécutif, judiciaire et législatif.

Cette situation politique explique que les élections n’aient jamais été ni libres, ni transparentes à Djibouti et que l’opposition ait toujours été maintenue loin de la gestion du pays. Les dernières élections législatives du 22 février 2013 ont vu la victoire de l’opposition (à hauteur de 80 % des suffrages exprimés) non reconnues par le régime. Après près de deux ans de crise post-électorale, marquée par une dure répression, l’Union pour le salut national (USN), coalition des sept partis djiboutiens d’opposition, et le gouvernement ont signé un accord-cadre politique le 30 décembre 2014. À ce titre, l’USN a eu la sagesse de renoncer à ses 52 sièges (sur les 65 que compte l’Assemblée nationale), se contentant des dix députés que le régime a bien voulu lui reconnaître. Ces quelques députés de l’opposition, les premiers depuis l’indépendance, ont commencé à siéger en janvier 2015 après près de deux ans de boycott. En échange de cette grande concession, l’opposition a obtenu l’engagement du pouvoir à procéder, outre le rétablissement dans leurs droits des personnes lésées au cours de la répression post-électorale, à des réformes démocratiques effectives, réformes au premier rang desquelles une Commission électorale nationale indépendante paritaire et un statut de l’opposition. L’accord prévoit aussi le renforcement de la décentralisation et l’amendement de la loi sur la communication pour permettre la libre création de médias indépendants. Mais cet accord-cadre est resté lettre morte et le risque est d’autant plus grand que la crise s’amplifie à l’approche de l’élection présidentielle d’avril 2016, risque d’autant plus élevé que la jeunesse est désespérée.

Ce verrouillage politique s’accompagne d’un verrouillage civil. Ainsi, le paysage médiatique se réduit à une radio, une télévision et un journal, tous gouvernementaux. L’autorisation d’émettre est systématiquement refusée aux médias audiovisuels indépendants. C’est la radio en ligne La Voix de Djibouti (LVD) qui a reçu le dernier refus d’émettre sur le territoire djiboutien du ministère de la Communication, le 11 mai 2015. De même, la société civile ne peut pas se développer. Aucune association ne peut agir sans être inféodée, d’une manière ou d’une autre, au régime. Quant au mouvement syndical, il n’a point droit de cité, toute tentative d’action syndicale étant combattue par le régime.

Point étonnant alors que, pour la liberté de la presse, Reporters sans frontières (RSF) classe Djibouti au 170ème rang sur 180 pays en 2015, classement en recul d’un point par rapport à 2014.

Les relations diplomatiques compromises par le régime

Le régime nuit aussi aux intérêts des partenaires de Djibouti. Ainsi, il trahit ses engagements envers les partenaires stratégiques occidentaux tels que la France, les États-Unis ou le Japon en se jetant dans les bras de la Chine rivale ou en faisant les yeux doux aux non moins rivaux Russes. Le président Guelleh ne cache pas son intention d’accorder une base militaire à la Chine, qui crible déjà le pays de dettes, et d’assurer ainsi à Pékin une suprématie locale, que sa présence militaire renforcerait d’un statut de détentrice des principaux actifs djiboutiens si le pouvoir corrompu et incompétent de Guelleh ne parvenait pas à rembourser sa dette publique envers elle, hypothèse largement probable. D’autant que Guelleh a déjà réussi à compromettre le partenariat stratégique avec les Émirats arabes unis, qui ont beaucoup investi dans le secteur portuaire djiboutien. Les Émiratis ont gelé leurs relations avec Djibouti en avril 2015, suite à un comportement violent du chef de l’armée de l’air djiboutienne à l’encontre d’un officiel Émirati, comportement qui a poussé la tension à son paroxysme.

Ce rapprochement inconsidéré avec la Chine, puissance anti-démocratique et de surcroît peu créatrice d’emplois et de revenus pour les Djiboutiens, est mal perçu par l’opinion publique.

Conclusion

La mauvaise gouvernance, le pouvoir sans partage et la misère sociale suscitent mécontentement et sentiment d’injustice, en particulier chez les jeunes qui représentent plus de 70 % de la population générale et qui ne se voient pas d’avenir sous ce régime.

Le désespoir des jeunes comme des moins jeunes est d’autant plus grand que les négociations pour la mise en œuvre de l’accord-cadre politique du 30 décembre 2014 entre l’opposition et le gouvernement sont dans l’impasse, ce qui éteint la lueur d’espoir qu’il a suscité quant à l’évolution de la situation et la possibilité d’une alternance démocratique.

Un tel contexte offre aux marchands de la mort et autres adeptes de la violence, présents dans la région, particulièrement en Somalie et au Yémen, deux pays voisins et aux liens forts avec Djibouti, un terreau fertile où ils peuvent semer leur discours de haine, de violence destructrice et de chaos.

C’est dire si Djibouti, où l’élection présidentielle prévue pour avril 2016 ne s’annonce ni libre ni transparente, encourt de lourds risques de chaos si le président Guelleh continue de mépriser et de museler l’opposition comme le peuple djiboutien.

Avant qu’il ne soit trop tard, les puissances qui ont des intérêts à Djibouti, et particulièrement la France et les États-Unis, doivent prendre leurs responsabilités. Elles doivent user de leur influence auprès du président Guelleh et aider les Djiboutiens à échapper au scénario du pire.

Dans une région qui brûle de toutes parts (Yémen, Somalie, tensions entre l’Éthiopie et l’Érythrée, etc.), et dans un pays à population fortement jeune et désespérée, le régime du président Guelleh, néfaste à tous égards et rejeté par l’immense majorité des Djiboutiens, constitue une menace, à la fois pour le pays et pour ses partenaires stratégiques, que la communauté internationale ne peut pas sous-estimer. Il ne peut plus être traité comme si de rien n’était.

15/10/09 (B520) Nouvelles de Somalie (9 articles en Français)

__________________ 9 – Le CRI du contribuable

Des soldats somaliens formés aux frais du contribuable

A Djibouti, l’armée française forme des soldats somaliens à agir contre le terrorisme. Problème, selon le propre aveu de Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat aux affaires européennes, rapporté dans « Le Monde » : « Nous savons très bien que les types peuvent disparaître dans la nature une fois rentrés à Mogadiscio »…

« Et partir avec les rebelles », ajoute le Premier ministre djiboutien. Et croyez-vous qu’ils pensent à remercier le contribuable français?

___________________ 8 – Afrik.com

Bolloré investit plusieurs dizaines de millions d’euros en Somalie

Le groupe français Bolloré a confirmé mercredi porter un « grand intérêt » à la Somalie, comme l’avait révélé à l’AFP une source diplomatique française. Selon cette dernière, citée par Les Echos, ce sont 500 millions d’euros qui devraient être investis dans l’aménagement du port de Berbera, dans la région semi-autonome du Somaliland.

Une annonce jugée exagérée par le journal économique, au vu des autres investissements du groupe : 250 millions d’euros à Pointe-Noire, au Congo, et 125 millions à Cotonou, au Bénin. Depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1992, le pays se trouve enclavé et dépend de Djibouti pour le commerce extérieur

_________________ 7 – Congo Forum

En plein désert djiboutien, la France entraîne en toute discrétion des soldats somali

Super, Ahmed !" Les encouragements de l’instructeur s’adressent à un grand type dégingandé qui vient de réussir le pas réglementaire après plusieurs tentatives. En plein désert djiboutien, ce dimanche 11 octobre, des dizaines de Somaliens défilent, manipulent leur kalachnikov, chantent au pas, encadrés par les militaires français du 5e régiment interarmes d’outre-mer.

Une rangée de tentes sans climatisation, quelques camions, de simples pierres blanches alignées au sol pour délimiter les terrains d’entraînement ou les zones de prière de la mosquée : le camp français de formation "Mariam" a été installé dans la discrétion en juillet sur le territoire de Djibouti, entre le golfe de Tadjourah et la frontière somalienne, située à moins de 30 kilomètres à vol d’oiseau.

Au mât, trois drapeaux sont hissés chaque matin côte à côte : somalien, djiboutien, français.

__________________ 6 – Le Télégramme (Brest)

Bolloré.un projet portuaire de 500M€ en somalie

Le groupe français Bolloré envisage d’investir 500millions d’euros dans le port somalien de Berbera (nord) afin de créer un nouveau corridor d’approvisionnement pour l’Ethiopie. Enclavé depuis l’indépendance de l’Erythrée en 1992, l’Ethiopie dépend essentiellement du port de Djibouti pour ses approvisionnements et ses exportations, ce qui créé des engorgements au niveau du port.

__________________ 5 – Organisation Presse Africaine

Actualités diplomatiques du ministère français des Affaires étrangères / Point de presse du 13 octobre 2009.

(La France a t-elle toujours un programme de formation militaire en Somalie ? Il y a toujours un otage français en Somalie, a t-on des nouvelles ?)

S’agissant de l’otage français, nous n’avons pas d’élément nouveau. Notre détermination pour obtenir sa libération est totale.

S’agissant de la première partie de votre question, la Somalie est un pays où le principal problème est la fragilité de l’Etat. Dans les circonstances actuelles, compte tenu de l’histoire de la Somalie au cours des dernières années, compte tenu de la réalité de la violence que nous connaissons dans ce pays, il est évident que la priorité est de constituer une force militaire, c’est-à-dire un pôle de stabilité sécuritaire. C’est dans ce contexte que la France a agi.

D’abord, en menant à partir de Djibouti des actions de formation des soldats de la future armée somalienne. Ensuite, en se mobilisant.

D’autre part, et c’était en particulier l’un des principaux messages de Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, lors de son déplacement à Djibouti vendredi et samedi dernier, nous demandons à nos partenaires européens et à l’ensemble de la communauté internationale de participer à cet effort. La construction d’un Etat en Somalie n’est pas une responsabilité exclusive de la France ou des Européens mais de la communauté internationale tout entière.


(L’autre réalité, c’est que la France est seule. L’AMISOM est dépassée par les évènements, la puissance des milices. La France entraîne cinq cents hommes à Djibouti dont cent cinquante sont prêts à mener des actions militaires mais les partenaires européens ne vous appuient pas en matière de contribution. Combien de temps pensez-vous tenir ?)

Nous montrons la voie et nous soulignons l’urgence d’agir. La diplomatie, c’est aussi cela, le mouvement, l’action, c’est aussi le travail en commun. Il y a des pays européens qui commencent à nous suivre, les Espagnols se sont déclarés prêts à contribuer. Nous sommes dans un processus de mobilisation d’autres bonnes volontés.

Par ailleurs, nous travaillons dans une autre direction, qui est celle du soutien à l’AMISOM. Vous vous souvenez que le quartier général de l’AMISOM avait été frappé il y a quelques semaines par un attentat particulièrement meurtrier. La France avait condamné cet attentat et réitéré son soutien à la mission de l’Union africaine et la France avait procédé à une opération d’évacuation des blessés. L’AMISOM a une mission à mener sur le terrain et nous les soutenons en cela complètement. Cette mission traduit dans la réalité l’engagement des pays africains à essayer d’aider les Somaliens, elle effectue un travail positif.

_________________________ 4 – APA

Les députés somaliens appellent à l’aide d’urgence pour atténuer la sécheresse dans le pays

Les régions du centre-sud de la Somalie sont frappées par une grave sécheresse et un manque d’eau potable, obligeant les membres du parlement somalien à demander mardi aux organisations internationales de secours de lancer une campagne afin de prévenir une catastrophe humanitaire.

Après une longue réunion à Mogadiscio, les législateurs somaliens ont exprimé leur inquiétude sur la vie des agriculteurs et des pasteurs dans les régions de Hiiraan, Bay, de Bakool et de Gedo, où la sécheresse a tué des centaines de têtes de bétail, tandis que beaucoup de gens sont sur le point de mourir de soif et de faim.

« Nous sommes très inquiets de l’aggravation des conditions de vie dans les régions du centre-sud de la Somalie et plus de personnes périront si une campagne de sauvetage d’urgence n’est pas entreprise », a déclaré le député Mohamed Omar aux journalistes au terme de la réunion, mardi à Mogadiscio.

« J’appelle les organisations de secours internationales et la communauté d’affaires somalienne à accorder une assistance humanitaire d’urgence aux personnes nécessiteuses. Nous pouvons comprendre l’insécurité ici, mais nous demandons une assistance à toute personne qui peut nous l’accorder », a lancé le député au nom de ses collègues.

Pendant ce temps, les chefs traditionnels de la région centrale de Hiiraan ont tiré la sonnette d’alarme sur l’aggravation de la sécheresse dans la région où plus de 400 têtes de bétail, y compris les chèvres et les vaches, sont morts au cour des dernières semaines, selon les chefs traditionnels.

Un porte-parole du Conseil des chefs traditionnels, Hiiraan Abdulle Moumin Afrah, au terme de leur réunion, a déclaré dans la capitale provinciale de Beldweyn que la plupart des décès sont survenus dans le village de Mahaas et environs.

Il a dit que les trois dernières saisons des pluies ont échoué. Par conséquent la situation humanitaire dans la région étant désespérée, il a appelé à davantage d’aide internationale.

La situation humanitaire dans les régions somaliennes touchées par la sécheresse s’est détériorée après que les militants d’Al-Shabab ont interdit aux agences humanitaires d’opérer dans des zones contrôlées par eux, en plus du retrait de la plupart des travailleurs humanitaires du pays en raison de l’insécurité.

_______________ 3 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINUHA

L’OIM reinstalle 13.000 réfugiés somaliens au Kenya

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et ses partenaires ont achevé leur opération de réinstaller quelque 13.000 réfugiés somaliens dans le nord-ouest du Kenya, a annoncé mardi Jean-Philippe Chauzy, porte- parole de l’OIM à Genève.

Depuis la mi-août, l’OIM avait entamé ce programme qui vise à décongestionner le camp de Dadaab pour transférer environ 13.000 réfugiés vers le camp de Kakuma dans le nord-ouest du Kenya, a rappelé M. Chazy, ajoutant qu’il y a actuellement 281.600 réfugiés somaliens dans le camp de Daddab.

La situation sécuritaire se dégradant et la sécheresse prolongée en Somalie forcent un grand nombre d’habitants à fuir leurs foyer, et quelque 6.400 réfugiés somaliens arrivent en moyenne chaque mois dans les camps de Dadaab dans le nord du Kenya, a dit le porte-parole de l’OIM, soulignant que la population de réfugiés dans ces camps est désormais trois fois supérieure à celle initialement prévue lors de leur conception.

cette surpopulation met encore davantage sous pression des équipements et des ressources déjà fragilisés des camps, a-t-il affirmé.

Selon des statistiques des Nations Unies, il y a plus de 3,8 millions de Somaliens ayant besoin d’urgence d’une assistance humanitaire, y compris quelque 1,5 million de déplacés.

________________________ 2 – Le Monde

Paris justifie son implication par la lutte contre Al-Qaida

Pourquoi la France apparaît-elle désormais en première ligne dans les tentatives pour sortir la Somalie du chaos ?

La question ne se posait guère jusqu’au 14 juillet. Mais ce jour-là a été révélé l’enlèvement de deux agents français à Mogadiscio – dont un seul a retrouvé la liberté depuis lors – par des groupes islamistes.

Ainsi a été levé le voile sur un engagement jusque-là discret, voire secret : Paris ne se contente pas d’un soutien politique à Cheikh Chariff Cheikh Ahmed, le président du fragile gouvernement fédéral de transition (GFT), mais entend lui apporter une " aide concrète", autrement dit militaire.

Il s’agit "de stabiliser ce pays, d’éviter la propagation d’Al-Qaida et la diffusion d’un foyer d’instabilité", explique-t-on aujourd’hui de source officielle, en distinguant cette aide militaire de l’implication française dans le dispositif européen anti-piraterie. "La France ne laissera pas Al-Qaida installer un sanctuaire à notre porte, en Afrique", avait martelé Nicolas Sarkozy devant les ambassadeurs, le 26 août, en visant explicitement le Sahel et la Somalie.

Officiellement, Paris n’intervient pas sur le territoire somalien, qui reste funestement associé aux 18 soldats américains morts en 1993 sous les balles d’insurgés, même si l’enlèvement des deux Français a révélé une présence discrète de Paris. La France a d’abord aidé, à partir de mai, à "constituer une force de sécurité du gouvernement" somalien. Il se serait agi de former une unité de protection rapprochée du président, mission à laquelle auraient participé les deux agents enlevés. "Une manière pour la France d’approcher le pouvoir sans gros investissement financier", analyse un observateur informé.

"Embryon d’armée"

Mais Paris n’en est pas resté là. La reprise des offensives islamistes sur Mogadiscio, depuis le printemps, l’a incité à lancer, à la fin de juillet, un programme de formation de 500 soldats dont la première phase, concernant 150 hommes, vient de s’achever. Cet "embryon d’armée somalienne", selon Paris, est entraîné non pas en territoire somalien, mais à Djibouti, où les Français disposent d’une base militaire. La contribution de la France se limite à cette formation militaire et n’inclut pas la fourniture d’armes, assure-t-on. Les Etats-Unis arment discrètement le GFT et devraient assurer la pérennité de la solde des militaires ainsi formés.

Dans le chaos d’un pays livré aux milices claniques, la loyauté et la combativité des hommes ainsi recrutés restent incertaines. "On forme des soldats sans se préoccuper du contexte politique où ils vont être utilisés", critique Roland Marchal, spécialiste de la région au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po. Son pronostic, appuyé par l’expérience du passé, est sombre : "Les militaires formés se diviseront en trois tiers : l’un ralliera l’opposition islamiste, l’autre préférera rester chez lui, car sa paie ne lui parviendra pas ; seul le troisième se battra pour défendre le gouvernement."

L’universitaire souligne aussi le flou entourant les suites de l’initiative française, en particulier le manque de relais de l’Union européenne (UE), les partenaires de la France la soupçonnant de rechercher à leur faire financer une opération destinée à valoriser leur très stratégique base de Djibouti. Le ministre français de la défense, Hervé Morin, a d’ailleurs proposé, mardi 6 octobre, à l’UE de prolonger "l’initiative pionnière" de la France, en finançant la formation de 3 000 soldats somaliens supplémentaires, mettant en avant la "menace" contre "la sécurité des Européens".

Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on souligne que la survie du frêle gouvernement somalien menacé par les islamistes est un préalable à tous les efforts politiques et que "la France, elle, agit". Que cette "action" n’ait pas fait l’objet du moindre débat public ne semble pas poser problème.

Philippe Bernard

________________________ 1 – African Manager avec PANA

Kadhafi reçoit le président somalien Chérif Cheikh Ahmed à Tripoli

Le guide libyen, Mouammar Kadhafi, président en exercice de l’Union africaine (UA), s’est entretenu, mardi en fin de matinée à Tripoli, avec le président de la Somalie, Cheikh Chérif Cheikh Ahmed, qui l’a informé de la situation dans ce pays de la Corne de l’Afrique, à la lumière de l’insécurité qui y sévit.

Selon une source officielle libyenne, le chef de l’Etat somalien a donné au dirigeant libyen un large aperçu sur les derniers développements politiques et sécuritaires qui prévalent dans son pays.

Il a, en outre, réaffirmé l’importance du rôle du président de l’UA dans l’instauration de la sécurité et de la stabilité en Somalie et a exhorté le guide libyen à déployer davantage d’efforts et de soutien politique et sécuritaire au gouvernement somalien en vertu de son titre de haut médiateur permanent de la paix et de la sécurité dans l’espace de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (CEN-SAD) et ailleurs dans le continent.

La président somalien a fait part de sa conviction et de son optimisme quant à un règlement des problèmes de son pays pendant le mandat du guide Kadhafi à la tête de l’UA, compte tenu de l’important rôle qu’il a joué dans la réalisation de la stabilité dans de nombreux pays africains.

15/10/09 (B520) Yémen Express (5 articles en Français)

__________________ 5 – Conseil national de la résistance iranienne

Les plans du régime iranien au Yémen

CNRI – L’intensification de la lutte au Yémen entre dans le cadre d’un plan habile de la Force Qods du Corps des Gardiens de la révolution iranien (CGR), au sein du « Yaman Khosh Hal » (le Yémen heureux en persan) pour y établir un émirat islamiste, écrit le 14 octobre le grand quotidien arabe Asharq Al-Awsat publié à Londres.

«Actuellement, il existe des preuves sans équivoque montrant de manière absolument claire l’implication flagrante et directe de l’Iran dans le déclenchement de la guerre au Yémen, dans son soutien explicite aux Huthistes avec des munitions, des armes, de l’argent et des experts du combat militaire », ajoute le journal.

« Ce plan a été préparé depuis plus d’un an, avec la bénédiction directe de Mohammad Jafari, le commandant le plus important des gardiens de la révolution iraniens. Un montant initial de plus de 4 millions de dollars a été consacré à ce plan.

« Parmi les éléments les plus importants du plan, on note la formation des forces Huthistes à la guérilla urbaine et dans les zones montagneuses, la pose de charges explosives et la mobilisation populaire. Sans compter l’achat de la loyauté des tribus ainsi que l’ouverture et la liaison avec les séparatistes du Mouvement de Mobilité du Sud, afin accroître la pression tout azimut du gouvernement central, tout en s’engageant dans une coordination directe avec les membres de l’organisation d’Al-Qaïda, qui est clairement devenue un outil manifeste des gardiens de la révolution iranien.

« De nouvelles révélations étonnantes interviennent, notamment le fait que l’engagement de l’Iran au Yémen a débuté en 2004 sous le couvert d’une œuvre caritative humanitaire avec le grand projet de construction de l’hôpital du Croissant-Rouge iranien à Sa’dah. Les revenus de cet hôpital sont allés directement aux Huthistes.

«Le but ultime du plan «Yaman Khosh hal » est de créer deux États. Dans un Etat, ce serait le retour de l’imamat avec un régime pro-religieux iranien, dirigé par Al-Huthi. L’autre Etat serait régi par un pouvoir du sud distinct, dirigé par un groupe de factions politiques qui seraient directement financés et gérés par l’Iran. Et, bien sûr, les deux états seraient un prélude à l’entrée de l’Iran dans le cœur de la Corne de l’Afrique.

« L’objectif des activités clandestines de l’Iran en Somalie et au Kenya, qui se dévoile peu à peu, est de renforcer par la contrainte le contrôle des routes de navigation dans la mer Rouge. »

________________________ 4 – Angola Press

Des milliers de manifestants appellent à la sécession du Sud

Des milliers de personnes ont participé mercredi à un rassemblement dans le sud du Yémen à l’occasion du 46e anniversaire de la révolte contre les Britanniques, au cours duquel des appels à la sécession du Sud ont été lancés, selon des témoins.

Rassemblés à Habilein dans la province de Lahaj, à 270 km au sud de Sanaa, où a éclaté la révolte anti-britannique en 1963, des milliers de manifestants, certains armés, ont scandé des slogans appelant à la sécession du sud du Yémen et brandi les drapeaux de l’ex-République démocratique du Yémen, qui s’est unifiée en 1990 avec le nord du pays.

Plusieurs dirigeants du mouvement séparatiste se sont succédé à la tribune pour haranguer la foule et critiquer "la politique du gouvernement à l’égard de leurs régions".

L’ancien vice-président du Yémen, Ali Salem al-Baid, un des principaux animateurs du mouvement séparatiste, qui vit en exil, s’est adressé à la foule au téléphone pour appeler ses partisans à "la lutte pacifique pour l’indépendance" du Sud, selon les témoins.

Le rassemblement s’est dispersé dans le calme au bout de trois heures, selon les mêmes sources.

________________________ 3 – JDD

Yémen: Saaleh jure de mater la rébellion

Le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a promis mercredi de mater la rébellion de l’ethnie chiite des Zaïdis, dans le nord du pays, tandis que l’opposition organisait un meeting indépendantiste dans le Sud.

"Nous vous promettons que la victoire viendra bientôt", a déclaré le chef de l’Etat lors d’un meeting à Saada à l’occasion de l’anniversaire du soulèvement nationaliste de 1963 à Aden contre le colonisateur britannique.

________________________ 2 – Romandie News avec AFP

Yémen: la rébellion prête à assurer des corridors humanitaires

La rébellion zaïdite au Yémen a annoncé mercredi être prête à contribuer à l’ouverture de couloirs humanitaires, réclamée par l’ONU, pour venir en aide aux dizaines de milliers de personnes déplacées par la guerre dans le nord du Yémen.

"Nous sommes disposés à ouvrir des couloirs et des routes sécurisés reliant tous les camps (de déplacés)", affirme la rébellion dans un communiqué mis en ligne sur un site internet qui lui est proche.

Elle exige cependant que ces couloirs humanitaires soient placés "directement sous le contrôle de l’ONU, avec la garantie que les autorités ne les utilisent pas pour acheminer des renforts" militaires.

Dimanche, le responsable des affaires humanitaires à l’ONU, John Holmes, avait pressé les parties en conflit dans le nord du Yémen de protéger les civils et de permettre aux organisations humanitaires "d’apporter rapidement et sans entrave une assistance à ceux qui en ont besoin, et de les laisser quitter les zones d’insécurité", au terme d’une mission de trois jours au Yémen.

Dans son communiqué, la rébellion réitère "sa disposition à un cessez-le-feu sans conditions pour des raisons humanitaires", exigeant toutefois qu’"une commission neutre veille au respect d’un tel cessez-le-feu".

Les autorités yéménites avaient pour leur part annoncé au lendemain de l’appel du responsable de l’ONU qu’elles allaient mettre en place des corridors humanitaires, tout en accusant la rébellion "d’entraver une telle initiative en ouvrant le feu sur les civils qui fuient les combats et en minant les routes".

Les affrontements ont fait mardi 17 tués parmi les rebelles dans la province de Saada, fief de la rébellion, où 15 autres ont été arrêtés, selon une source militaire cité mercredi par les médias officiels.

Dans un discours à Sanaa, le président yéménite Ali Abdallah Saleh a promis mercredi "la victoire prochaine" sur la rébellion. "Vos vaillantes forces armées remportent quotidiennement des victoires", a-t-il assuré, qualifiant les rebelles de groupe "rétrograde".

"Nous dépensons des milliards de riyals (…) dans une guerre qui nous a été imposée" par les rebelles, a ajouté le président.

"Sans cette guerre, nous n’aurions pas dépensé cet argent dans l’acquisition d’armements et de munitions car cet argent était consacré au développement", a-t-il assuré lors d’un rassemblement marquant le 46ème anniversaire du déclenchement de la révolte contre les Britanniques dans le sud du Yémen.

Les combats entre l’armée et les rebelles chiites qui se poursuivent pour le troisième mois consécutif, ont gonflé le nombre des déplacés des précédents affrontements, qui ont commencé en 2004, à 150.000 environ.

L’insécurité rend difficile l’accès des humanitaires à de nombreux déplacés, notamment dans les zones de combat dans et autour de la ville de Saada, fief des rebelles à 240 km au nord de Sanaa.

___________ 1 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

HCR : La situation humanitaire continue de se détériorer dans le nord du Yemen

La situation humanitaire dans le nord du Yémen continue de se détériorer à cause des combats consécutifs entre forces gouvernementales et rebelles, a affirmé mardi à Genève le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Les batailles de rue continuent de faire rage dans la ville de Saada, alors que l’électricité n’est disponible que pendant six heures par jour et l’eau que deux fois par semaine, a indiqué Andrej Mahecic, porte-parole du HCR , lors d’un point de presse.

Quelque 150 000 personnes ont été chassées de leurs foyers par les combats entre les forces gouvernementales yémenites et les rebelles chiites Al Houthi, depuis 2004, rappelle-t-on.

Le HCR a exprimé sa grave préoccupation concernant la situation de la sécurité du camp pour installer les personnes déplacées internes (PDI) à Kaiwan, dans le gouvernonat d’Amran, a déclaré M. Mahecic.

En raison des incidents qui ont eu lieu au cours des trois derniers jours, le HCR a "demandé au gouvernement de suspendre le développement ultérieur du site et de ne pas déplacer les personnes déplacées de plus là", a déclaré M. Mahecic, en lançant aussi un appel aux autorités yémenite pour permettre à l’ONU de venir en assistance les personnes déracinées à l’extérieur du camp.

Un deuxième camp d’accueil est urgent dans le gouvernorat de Hajja, comme les personnes déplacées continuent de fuir la région, a-t-il noté.

Le secrétaire général adjoint de l’ONU chargé des affaires humanitaires, John Holmes, qui a effectué dimanche dernier une mission au Yémen, a admis que "la situation humanitaire est grave". "Sans une assistance immédiate, la situation continuerait de se détériorer et menace davantage la stabilité", avait avertit M. Holmes.

15/10/09 (B520) 16 ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés Djiboutiens en Ethiopie. Un lecteur nous écrit …

Le 5 juillet 1993, l’armée djiboutienne a lancé une offensive généralisée sur tous les fronts, au nord et au sud-Oeust – que les résistants du FRUD tenaient depuis novembre 1991..

Fuyant les combats qui faisaient rage un peu partout dans l’arrière-pays, les populations civiles se réfugièrent massivement dans les zones frontalières avec l’Ethiopie et/ou l’Erythrée.

Près de 18.000 personnes ont été ainsi accueillies par les deux pays voisins de Djibouti. Les années sont passées. Les relations diplomatiques entre les voisins ont connu des hauts et des bas, au gré des intérêts économico-géo-stratégiques, pour être au beau fixe ces dernières années, entre Djibouti et l’Ethiopie et à la tempête entre Djibouti et l’Erythrée.

Le réchauffement des relations djibouto-éthiopiennes n’est pas un léméent favorable à nos concitoyens ayant choisi – faute de mieux – de se réfugier en Ethiopie.

Cela fait 16 ans qu’une vingtaine de familles djiboutiennes (sur des milliers) , attendent une hypothétique réinstallation, quelque part dans le monde. L’ancienne Abyssinie, connue autrefois pour son hospitalité, ne cahce plus un réel agacement du fait de la présence, sur son sol, des réfugiés djiboutiens (en majorité issue de la communauté Afar). Tous les moyens sont bons pour se débarrasser de ces réfugiés jugés encombrants.

En 1996, une opération de rapatriement « volontaire» aavait été organisée conjointement par les autorités des deux pays, avec le concours technique et financier du HCR Haut commussariat des Nations-Unies pour les réfugiés .

Aucun succès n’a été enregistré. Pire, aucune des promesses ni des engagements pris, n’ont jamais été respectés par les deux Etats. Rien d’étonnant !!!

Décembre 2007, la petite Hasna Mohamed Hassan, fillette à peine âgée de 12 ans, vivant avec son père, réfugié djiboutien de la première heure, à été séquestrée pendant 45 jours par un individu de 23 ans, de nationalité éthiopienne. A peine libérée par son tortionnaire, elle avait été emprisonnée par les autorités locales sous des prétextes aussi fallacieux que grotesques.

Double peine
Considérant probablement qu’elle n’en avait pas assez «bavée» pendant 6 semaines entre les mains du malfrat éthiopien, elle avait été condamnée à six mois de prison ferme et bien que mineur (12 ans !) elle avait été incarcérée dans un établissement pénitentiaire qui abrite environ 2.000 détenus adultes..

Pour faire libérer cet enfant, la mobilisation internationale s’est mise progressivement en action. Deux hommes se sont illustrés pour venir en aide à cette malheureuse gamine des faubourgs d’Addis-Abéba. Jean-Loup Schal, président de l’Association pour le Respect des Droits de l’Homme à Djibouti (ARDHD) et Omar Ali Gabasseh, ancien réfugié djiboutien d’Addis-Abéba, aujourd’hui installé au Danemark. Les deux hommes n’ont pas ménagé leurs efforts pour mobiliser autour d’eux-même d’abord, tous leurs réseaux relationnels et pour développer une opération d’envergure internationale.

L’association Survie s’est jointe à l’ARDHD pour défendre la cause d’Hasna. Puis, ils furent rejoints par de nombreuses Associations de Défense des Droits de l’Homme et des Enfants et des établissements scolaires français qui ont apporté leurs forces pour gagner la bataille contre les autorités éthiopiennes, geôlières d’enfants.

Plusieurs manifestations avaient été organisées devant la représentation diplomatique éthiopienne à Paris dont la dernière qui s’est achevée sur un impressionnant lâcher de ballons .

Agacée, l’Ambassadrice d’Ethiopie, a fini par convaincre son pays de céder car ici en France, on ne lâche pas ! La petite Hasna avait été finalement libérée après plusieurs semaines de prison.

Tout le mérite de ce travail titanesque et quotidien, revient à l’ARDHD, à SURVIE et aux autres associations qui ont soutenu ce combat et qui ont relayé les informaitons.

L’absence de réaction, à l’époque, de la part des formations politiques d’opposition djiboutienne (hormis deux : Uguta-Toosa et le GED) avait été très remarquée. Certains se demandent encore aujourd’hui si ces formations n’avaient pas des intérêts communs ou partagés avec le régime éthiopien de Zénawi ?

Rien n’est moins sûr et rien ne permet de confirmer cette hypothèse.

En tous cas, la non implication de l’opposition djiboutienne dans son ensemble dans le dossier Hasna, a suscité bien des interrogations.

Aujourd’hui, le sort des réfugiés djiboutiens d’Addis-Abeba, n’est plus oublié, alors qu’il l’avait été pendant de si longues années.

Un premier visa français pour une famille djiboutienne réfugiée.

L’annonce du premier visa qui est octroyé par la France à une mère de famille (veuve avec deux enfants) pour sa réinstallation en France ne peut que nous réjouir. D’autres dossiers sont en cours d’instruction et nous espérons qu’ils connaîtront un dénouement aussi heureux.

Tout ceci a pu être réalisé, que grâce à la pugnacité et à la détermination d’une équipe d’hommes et de femmes, qui ont accepté de donner un peu de leur temps, de leurénergie et de leurs moyens, à nos frères et à nos soeurs, oubliés pendant des années, mais qui ont toujours besoin de nous tous : les réfugiés djiboutiens d’Addis-Abeba.

Enconre un grand bravo à toute l’équipe de l’ARDHD, de SURVIE et bravo à Jean-Loups Schaal et Omar Ali Gabasseh, sans oublier Laurence Dawidowicz et Anne-Marie de Vaivre qui ont pris une part plus qu’active à la bataille d’abord pour la libération d’Hasna et pour que des réponses humaines soient données aux familles des réfugiés.

Un Djiboutien qui suit
avec attention les dossiers des réfugiés

15/10/09 (B520) ALERTE ROUGE : 130 jeunes djiboutiens ont été libérés sur Grâce présidentielle, « inspirée » par le tollé international que cette situation odieuse avait suscitée. En dépit de cette mesure qui va dans le bon sens, la question est posée de savoir s’il reste encore des jeunes incarcérés, puisque les chiffres ne coïncident pas ….

Cent quatre-vingt neuf jeunes djiboutiens avaient été incarcérés à la suite d’une manifestation de protestation contre les coupures d’électricité et d’eau potable et condamnés « en catimini » sans la présence d’avocats pour assurer leur défense, ni de leurs familles, puisque la majorité sont des mineurs.

A la suite des différentes alertes et du tollé internationale(*) que cette affaire avait suscité, il semble que les autorités djiboutiennes et en particulier les Ministres de l’intérieur et de la Justice aient recouvré le bon sens, puisque 130 jeunes ont été libérés par décret présidentiel « de grâce ».

Nous saluons cette décision qui va dans le bon sens et nous félicitons les Ministres et les responsables qui ont certainement plaidé auprès de Guelleh, en faveur de la libération de ces jeunes, qui pourront, comme nous l’espérons, reprendre leur parcours scolaire.

Mais il reste des incertitudes graves. Nous attendons des précisions :

A l’origine, les observateurs évoquaient l’incarcération de 189 jeunes. Si 130 ont été libérés, où sont passés les 59 autres jeunes, en majorité mineurs ? Sont-ils toujours incarcérés à Gabode avec les adultes et soumis à des tortures psychologiques et probablement physiques ????

En l’absence de précisions et d’information, on pourrait imaginer, par exemple, que le régime en ait relâché les deux tiers seulement uniquement pour tenter de maitriser la campagne internationale qui se développait mais qu’il conserve dans ses geôles, le dernier tiers, à titre de représailles.

Merci à tous les lecteurs qui auraient des informations précises, de nous les communiquer de toute urgence.

Nous espérons que Jean-Paul Noël Abdi, en sa qualité de Président de la LDDH soit autorisé très rapidement, à se rendre à Gabode pour visiter les prisonniers et se rendre compte de la situation. Il avait demandé de pouvoir effectuer ces visites qui sont de son ressort, dans une lettre ouverte adressée au Ministre.

Rappelons que de nombreux prisonniers, attendent toujours un jugement, et qu’ils sont incarcérés « en préventive » à Gabode, parfois depuis plusieurs années, ce qui est intolérable.

(*) En coordination avec la LDDH, l’ARDHD avait lancé les premières alertes, à la fois sur son site et aussi par la voix de son Président interviewé dans l’émission hebdomadaire de Survie sur « fréquence plurielle »

___________________________ Extrait RTD

Grâce présidentielle pour 130 jeunes condamnés pour trouble à l’ordre public.

Le président de la république a accorde des mesures de grâce totales de peines privatives de liberté à 130 jeunes détenus condamnés pour trouble à l’ordre public, dans un décret daté d’hier.

Ces 130 jeunes ont été libérés aujourd’hui de la prison de Gabode, ils pourront regagner leur foyer et reprendre leurs études.

Il est solennellement demandé aux parents et à la communauté nationale dans son ensemble d’empêcher tout trouble à l’ordre public et de veiller à la paix sociale.

Par ailleurs, la commission nationale des droits de l’homme dans un communiqué publié ce matin salue le geste courageux du Chef de l’État.

Ces mesures vont permettre aux bénéficiaires leurs réinsertion sociale conclut le communique de la commission nationale des droits de l’homme

15/10/09 (B520) Djibvérité : l’UMP n ’existe plus ! Que les leaders des partis membres de l’UMP comprennent enfin qu’ils sont écrasés par les arrogants du RPP et qu’ils n’ont plus rien à attendre, si ce n’est en rejoignant l’opposition.(Correspondant)

L’Ambassade américaine à Djibouti a organisé le 3 octobre dernier, un colloque de formation sur l’organisation du scrutin pour les futures élections présidentielles qui seront organisées à Djibouti en 2011.

Parmis les leaders des partis politiques membres de la coalition UMP (RPP, FRUD, PND, PSD, UPR), nous avons vu à la RTD :


Hassan Saïd,


Goumaneh dit Basto, représentant le PSD, ex-tête de liste pour l’élection de 2006. Ancien membre du comité excutif du PSD dont il a été licencié en 2006,


Abdi Aden, représentant l’UPR, ex-tête de liste pour l’élection l’élection communale en 2006. Depuis 2006, il est « bras cassé »,


Assoweh, représentant le FRUD, ex-tête de liste pour l’élection communale en 2006. « Bras cassé » lui aussi depuis 2006.

Tous les leaders des partis membres de la coalition du UMP sont-ils victimes du rouleau compresseur du RPP, qui les écrase un par un ?

Si la réponse est positive, nous lancons un appel solennel à nos frères membres et responsables des partis alliés de l’UMP (FRUD, PSD, UPR, PND), afin qu’ils viennent nous rejoindre sans délai au sein des partis de l’opposition.

Qu’ont-ils à faire et à espérer dans une soi-disant coalition qui est aux mains, dans les faits, d’un parti majoritaire, autoritaire et arrogant,
qui chasse, humilie et met au placard ses alliés …

La sincérité et l’engagement devraient être récompensés. A Djibouti, c’est l’inverse qui se produit.

Alors le bon sens devoit prendre la main. Il appartient désormains à nos frères membres et dirigeants des partis membres de l’UMP de le comprendre sans plus attendre et de décider où se situe la voie de la réconciliation nationale, de la restauration de la justice, de l’égalité sociale et du renouveau économique !

Assurément, comme le prouve chaque jour l’actualité et les décisions de l’équipe dictatoriale, elle n’est pas au sein de l’UMP mais dans l’opposition. Que nos frères nous rejoignent au plus vite, en abandonnant le bâteau UMP en perdition parce que les mamouths du RPP et leur chef contestable n’arrivent même plus à le gouverner.

15/10/09 (B520) Point de vue par un lecteur.

___________________________ Note de l’ARDHD

Depuis l’affaire du procès en diffamation qui nous avait été intenté par le Général Zakaria, l’ARDHD avait décidé de ne plus communiquer sur le MRD ni sur son Président.

De plus, il n’appartient pas à notre association de donner des conseils individualisés aux formations politiques de l’opposition, car nous ne sommes pas légitimes pour le faire.

Exceptionnellement, nous avons accepté de publier, à sa demande, ce point de vue d’un lecteur vivant au Canada, qui souhaite faire passer un message. Ce message pourra-t-il être entendu et bien utilisé ? Nous n’avons pas la réponse.

Ce sera la seule publication sur ce sujet que nous mettrons en ligne.

___________________________________ Point de vue d’un lecteur.

Comme vos lecteurs le savent certainement, D.A.F. (Daher Ahmed Farah, président de MRD) viendra à Ottawa au Canada dans une semaine pour y séjourner pendant 10 jours.

Mais déjà cette visite désintéresse et/ou divise les Djiboutiens vivant à Ottawa.

Pourquoi ?


Le slogan choisi pour cette visite est « Oui, on peut faire le changement ensemble ». Le probleme avec ce slogan, c’est que pour être crédiable, le parti MRD devrait effectuer en interne des changements profonds et urgents. C’est à dire qu’il devrait reconstruire, à partir d’une vision claire et partagée, un programme et une politique et cesser de donner l’image d’un parti appartenant à une tribu (Fourlaba) …



A mon avis, c’est un parti qui aurait un potentiel, qui pourrait attirer des jeunes intellectuels (elles), des donateurs potentiels, bref, si les dirigeants actuels le voulaient, un parti qui pourrait relancer l’espoir (Djibouti-unie, Djibouti qui inclut et non Djibouti qui exclut ses enfants)

  

En tout cas,  à Ottawa (dans les universités où DAF va s’exprimer), il devra répondre à beaucoup de questions qui sont sans réponses aujourd’hui.

Telles que, DAF est-il remplaçable ?
Quand (son mandat) ?
Qui est son numéro 2 ?
Pourquoi ?
Combien des femmes occupent des postes clés dans son parti ? etc ….   



DAF devra parler différemment à Ottawa ….

15/10/09 (B520) UDT : Lettre ouverte de l’UDT à la CISL pour dénoncer les mesures policières organisées par le régime dictatorial pour briser l’activité syndicale à Djibouti. Deux arrestations de syndicalistes

Lettre ouverte adressée par le Secrétaire Général de l’UDT à la CISL, en attendant l’envoi d’une lettre officielle à la CISL et au BIT.

Chers camarades,

Nous avions décidé de réduire le seminaire à deux jours soit le 12 et le 13/10/09.

Le premier jour du seminaire tout s’est bien passé et il n y a eu aucun problème .
Par contre le 13 au matin les forces de l’ordre ont investi, sur ordre du premier investi notre salle de séminaire au palais du peuple et elles ont refoulé tous les participants en arrêtant, dans la foulée deux d’entre nous.

Il s’agit du secretaire général du syndicat d’électricité de Djibouti, le camarade Anouar Mohamed Ali et d’Abdourachid Mohmaed Arreh du syndicat des enseignants. Tous les deux sont membres du bureau exécutif de l’UDT. Ils n’ont été rélachés qu’en fin de matinée apres avoir subi un interogatoire dans les locaux de la brigade criminelle.

Le Secrétaire général, que je suis, fut l’objet de recherches qui se sont poursuivies durant toute la matinée. Parce qu’ils ne m’avaient pas trouvé lorsqu’ils avaient refoulé tout le monde.

Dans l’après-midi la police m’a interdit l’accès au siège de l’UDT disant que l’ordre émanait du premier ministre. Deux policiers ont été affectés devant le siege dy syndicat pour monter la garde et nous interdire l’accès.

Hier également la direction du Sheraton a été également sommée, par la primature, de resilier d’office la réservation que nous avions effectuée aupres d’elle pour tenir notre congrè. Un escadron de la police a eté affecté là-bas pour la surveillance au cas où nous essaierions quand même d’entrer dans la salle de réunion, qui avait été réservée à cet effet.

Face à cette dérive autoritaire, le comité exécutif s’est reuni d’urgence le 13/10/09 dans la soirée. Il a décidé de reporter la tenue du congrès en attendant de clarifier la situation.

Nous allons vous adresser un courrier officiel de l’UDT sur ce qui vient de se passer et sur la suite que nous comptons donner à ces évenements qui nous sont tombés dessus par surprise ?

Le comité executif a décidé d’alerter la CSI d’abord puis le BIT pour porter plainte ensuite.

Rester à notre écoute car nous vous informerons de l’évolution de ces évenements qui ont etonné et pris de court tout le monde syndical et les travailleurs.;

A bientôt

Salutations syndicales

Adan M Abdou
Secrétaire général de L’UDT