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27/11/2015 (Brève 528) Un peu d’humour ! – Guelleh / COP21. Djibouti va présenter à la COP 21, un programme ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de fumées toxiques.

Nous avons appris par des sources bien informées que Guelleh n’est pas arrivé pas à Paris les mains vides. Il a apporté avec lui un ambitieux programme volontariste de réduction massive des émissions de fumées et de gaz à effet de serre.

Au cours d’une conférence de presse à l’hôtel de l’industrie à Paris, il a présenté les engagements qu’il prendra, comme d’habitude au nom de toutes les Djiboutiennes et de tous les Djiboutiens, et en particulier l’interdiction absolue à compter du 1er janvier 2016 de faire la cuisine, de façon traditionnelle dans les quartiers, sur des feux alimentés au bois ou au charbon. (Un panel de sanctions allant de l’incarcération simple à durée non déterminée à des sévices corporels sera voté à l’encontre des récalcitrants, dès son retour, par l’Assemblée nationale -multipartie- et indépendante du gouvernement. )

Il aurait pu même avoir affirmé dans une interview récente (probablement à Jeune Afrique) qu’il avait vérifié le 1er novembre 2015 que l’ensemble de la population était derrière lui et qu’elle accepterait sans discussion de ne plus faire cuire ses aliments, (cela ne concerne … que ceux, en forte diminution depuis son arrivée au pouvoir, qui avaient encore les moyens de se les procurer).

Ismaël Omar Guelleh dont le surpoids, conséquence d’une alimentation trop riche et d’un gros appétit, est bien connu (parce qu’il contraste avec la majorité de la population qui vit sous le seuil de pauvreté) a ajouté qu’il était fier de « son » peuple d’abord, mais aussi et surtout fier de « son » effort national volontaire pour réduire les émissions mondiales des fumées et les conséquences sur le réchauffement climatique qui aurait des effets dramatiques, particulièrement à Djibouti-ville où certains quartiers sont déjà sous le niveau actuel des océans.

Pour illustrer son propos et son ambition, il a fait référence à des expériences passées réussies (?) assez similaires, en particulier en Roumanie par celui qu’il considère comme le Grand Président Nicolae Ceaușescu. Ce dictateur avait contraint sa population à cesser de consommer des productions nationales, afin de pouvoir les vendre massivement à l’étranger et d’apurer ainsi la dette nationale.

Quand un journaliste lui a exposé le risque aggravé de développement de maladies ou de dénutrition de la population djiboutienne, IOG a balayé l’objection d’un revers de la main en affirmant que l’intérêt mondial primait sur l’intérêt et la santé individuels des Djiboutiens des classes défavorisées, puis, en proie à une fréquente et soudaine colère, il a quitté brutalement la conférence de presse, sans saluer son auditoire. (Comme il l’avait déjà fait en octobre 2002 …)

On pense généralement que ses principaux homologues, Obama, Hollande, Merkel, Poutine (entre autres) devraient saluer et approuver l’initiative, tout en précisant qu’une mesure similaire n’était pas à l’ordre du jour dans leurs pays respectifs, où ni le bois ni le charbon ne sont utilisés dans les cuisines ; cette initiative ne pourrait concerner que les Barbecue, en saison chaude … En revanche l’italien Renzi devrait demander à bénéficier d’un moratoire pour les « pizza » authentiques cuites dans des fours à bois.

Le FAO, le HCR, la Croix-Rouge et le Croissant rouge ont émis des réserves, sur les risques directs, mais Guelleh a refusé de les prendre en considération, estimant au contraire, qu’au lieu d’émettre des critiques, ces organisations devaient lui accorder à titre personnel des aides complémentaires et plus substantielles pour qu’il puisse faire installer un réseau de distribution du gaz dans les quartiers de Djibouti-Ville, par des entreprises locales …

11/12/09 (B528) Les finances du régime en maintenance ? Djiboutiennes et Djiboutiens, repassez plus tard. IOG a déjà pris tout l’argent … (Humour – ARDHD)

Amusant et consternant au fond ! Si vous cliquez sur le lien : http://www.banque-centrale.dj/ qui est l’adresse officielle du site de la Banque centrale de Djibouti, vous obtiendrez l’écran suivant et rien d’autre :

Peut-on en déduire que la Banque centrale a fermé ses portes ?

Pas tout à fait, mais il se peut qu’elle ait fermé provisoireement ses portes juste avant l’arrivée d’une délégation financière internationale, annoncée début décembre, à grands renforts de communication dans l’ADI, La Nation et autres media du groupe GHA (Guelleh, Haid et ass.).

Cela aurait permis de faire l’économie d’un incendie de circonstance, mais toujours destructeur. On peut se douter qu’il y a certainement des choses à ne pas montrer aux auditeurs internationaux, comme des virements peu explicables sur des comptes privés à l’étranger …

Il se peut aussi (et cette hypothèse n’est pas contradictoire de la précédente) que la BCE soit à court de liquidité en ce moment, car les tenants de la mafia locale aurait exagéré les prélèvements journaliers qu’ils effectuent sur les finances publiques.

Faute d’argent et sous le coup d’un audit international, le beau-frère n’aurait pas eu d’autre choix que de fermer (provisoirement ?) la banque et de conseiller aux Djiboutiens de repasser plus tard, à une date indéterminée bien sur. « Circulez, il n’y a plus à rien à voir à la BCE ».

C’est comme cela que le régime traite ses concitoyens, les exploite et vole l’argent public et parfois privé …. (expulsions en tout genre …)

En tout cas si vous avez un compte à la BCE, sachez qu’il faudra repasser plus tard pour récupérer votre argent …

11/12/09 (B528) Réunion du Comité international de l’Ordre des Brosses à reluire, portant nomination de Monsieur Ali Mohamed Abdou en qualité de CNDH. « Commandeur des Négationistes de la Détresse Humaine. »

Contrairement à ce que pouvait imaginer une opinion publique amère et frustrée, toujours disponible pour critiquer le pouvoir et ses hauts dignitaires, le prestigieux Ordre des Brosses à Reluire n’est pas inactif. Il accomplit chaque jour un travail énorme de réflexion, sous l’impulsion de son Président, travailleur acharné et grand communicateur devant l’éternel, Dileita Mohamed.

Réunis ce jeudi 10 décembre sur convocation extraordinaire, tous les membres se sont retrouvés dans un grand hôtel djiboutien, dont nous tairons le nom, pour éviter d’être soupçonnés d’en faire la publicité. (activité « bassement commerciale » à laquelle l’ARDHD n’a jamais cédé, contrairement aux sites « officielles » : RTD, La Nation, …).

Sous la présence de Dileita, qui avait pris soin de fixer l’heure de la réunion vers 17h00, afin de ne pas réduire le temps de sa sieste habituelle, ni de se priver de sa partie de cueillette de fraises délicieuses au PK 20, (fraises qu’il sucre de plus en plus, dit-on dans son entourage …)

Le bureau, au grand complet, avec ses deux vice-présidents : Djama Ali Guelleh (de l’EDD), Yacin Elmi Bouh, Ministre et son Haut-Trésorier général Djama Mahamoud Haid, qui avait tiré le rideau de la Banque à cette occasion pour se rendre disponible. (Cf article ci-dessous)

En sa qualité hautement reconnue de « Beauf », Djama Haid a tenu à prendre le micro afin de présenter l’ordre du jour et le point unique, qui concernait la promotion d’Ali Mohamed Abdou au grade d’officier de l’Ordre. (Ali Mohamed Abdou avait été coopté dans l’Ordre il y a un an (13/12/08) sous le nom de « Baratineur intarissable » – lien – Note de l’ARDHD)

Pour appuyer cette proposition, il a tenu à reprendre la dernière interview que M Abdou a donné à La Nation et à lire à haute voix quelques passages succulents :
__________________________
« (..) Fondée sur les valeurs cardinales de l’état de droit et de la démocratie, notre constitution affirme dans son préambule l’engagement du peuple Djiboutien à garantir l’exercice effectif des droits collectifs et individuel ainsi que sa souscription aux valeurs universelles des droits de l’homme de 1948 et aux instruments internationaux traitant des droits de l’homme. (…)

(…) Parmi les droits civils et politiques ainsi définies par la constitution. On peut relever le droit à la liberté, à l’égalité de tous les Djiboutiens et l’égale jouissance de tous les droits, la prohibition de toutes les formes de discriminations, le droit à la vie, à la sûreté et à l’intégrité physique, l’égale protection de la loi, le droit de ne pas être détenu, gardé, déporté arbitrairement, la présomption d’innocence, le droit à la non rétroactivité de la loi pénale, l’inviolabilité du domicile,de la vie privée et familiale, la liberté de croyance, de conscience et de culte, les libertés d’opinion, de presse, le droit d’aller et venir, le droit de vote et le droit de participer à la gestion des affaires de l’état et de la société. (..)

(…) De même sans l’ombre d’un doute le Président de la République est en vertu des pouvoirs importants que lui confère la constitution est investi, comme le garant de l’indépendance de la justice et de l’application effective des dispositions légales, notamment les accords et traités internationaux. (…)  »

_______________________________

L’ARDHD interrompt la citation à ce point, car tout le reste est à l’avenant et il n’y a rien à jeter. Toutes les réponses sont des pures merveilles !

C’est Guelleh et Paulette qui ont du se réjouir en lisant ce tissus de flagorneries d’un niveau intellectuel inégalable.

En conclusion, c’est à l’unanimité à et à mains levées que l’ensemble des membres du prestigieux Ordre à Reluire ont voté en faveur de l’élévation d’Ali Mohamed Abdou, à la dignité d’officier de l’Ordre et au grade de CNDH « Commandeur des Négationistes de la Détresse Humaine »

Yacin Elmi Bouh a enfin pu récupérer le micro des mains du « Beauf’ qui ne voulait pas le lacher, pour prononcer les formules rituelles :

En vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés
ce jour par l’Assemblée extraordinaire des
Membres de l’Odre des Brosses à Reluire,
mon cher camarade, Ali Mohamed ABDOU,
je t’élève à la dignité d’Officier dans notre Ordre.

Désormais tu seras reconnu par nous tous
sous ton nouveau nom de CNDH
« Commandeur des Négationistes de la Détresse Humaine »

et tu devras en porter les insignes que je te remets.

11/12/09 (B528) A lire sur LOI cette semaine …

___________________________ Djibouti

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Djibouti

Les sociétés qui se sont successivement intéressées à la gestion du Chemin de fer djibouto-éthiopien (CDE) ont jeté l’éponge les unes après les autres, ces dernières années. (…). [110 mots]


LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Contrepartie japonaise à Djibouti ?
Les autorités djiboutiennes négocient toujours âprement le droit accordé aux puissances étrangères d’installer des bases militaires sur leur territoire. (…). [112 mots]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Le candidat IOG devrait se lancer
Le président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) pourrait profiter de la clôture des états généraux de l’éducation, le 18 décembre, pour annoncer sa candidature à un troisième mandat en 2011. (…). [296 mots]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
De sérieux ennuis pour Daallo Airlines
Les ennuis s’amoncellent pour la compagnie aérienne Daallo Airlines, basée à Djibouti mais dont l’actionnaire majoritaire est Istithmar World Aviation (IWA), une filiale du conglomérat public Dubai World. (…). [243 mots]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Saïd M. Del Waiss
Le patron du Horn of Africa Logistics & Trading Group (HALT Group) à Djibouti , Saïd Mahamoud Del Waiss, a récemment rejoint la société américaine Maple Indian Ocean Resources Ltd (MIOR), laquelle possède un gros projet de ferme éolienne dans le golfe de Tadjourah. (…). [129 mots]

___________________________ Somalie

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/20
09
Paris est sans nouvelle de son otage en Somalie

La DGSE n’a pas avancé d’un iota dans ses démarches pour obtenir la libération du second agent de renseignement français détenu par les rebelles islamistes en Somalie depuis bientôt cinq mois. (…). [93 mots]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Nouvel accord de sécurité avec le Puntland
Le PDG de la compagnie de sécurité Threat Management Group (TMG, basée au Koweït et filiale d’Agility), Mark Mitchell, et son directeur des opérations internationales, Gérard Righetti, se sont récemment rendus au Puntland. (…). [153 mots]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Le boomerang de l’action en Somalie
L’Uganda People’s Defence Force (UPDF) et le gouvernement de Kampala sont animés par des sentiments contradictoires. D’un côté, ils veulent conserver leur quasi-monopole sur les forces de l’African Union Mission to Somalia (Amisom), ce qui explique leur opposition au déploiement d’autres contingents militaires africains à Mogadiscio, comme l’avaient proposé Djibouti et le Nigeria. (…). [289 mots]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1275 – 12/12/2009
Mohamud Abdi Ahmed
Le fondateur et patron de Shidaal Express, une société opérant dans la région de San Diego aux Etats-Unis, est poursuivi par la Securities & Exchange Commission (SEC) américaine. (…). [150 mots]

11/12/09 (B528) Le Journal de la Flibuste (4 articles en Français)

____________________________ 4 – Planète Campus

La piraterie: Un secteur qui rapporte

A peine croyable et pourtant véridique. En Somalie, d’anciens pirates permettent aux citoyens d’investir dans les activités des actuels flibustiers des mers. Le pire, c’est que ça rapporte…

Hé oui, capitalisme chéri, tout est possible!

Même investir dans l’une des plus illégales, violentes et dangereuses des activités contemporaines: la piraterie ! Pas celle informatique. Non, la vraie. Celle qui prend des bateaux d’assaut, qui kidnappe les gens en échange de rançons, celle qui fait beaucoup de tort à de nombreuses personnes donc. Ouest France raconte. En Somalie, c’est un peu devenu une spécialité locale. Du coup, des entrepreneurs ont eu cette si fabuleuse et lucrative idée: faire investir des particuliers dans les activités des pirates. Le retour sur investissement est assuré!

« J’ai investi l’équivalent du prix d’un lance-roquettes. Ca m’a déjà rapporté 75 000 $ en 38 jours. Maintenant, j’attends de recevoir la part qui me revient de la rançon d’un thonier espagnol« , explique ainsi une jeune femme de 22 ans, Sahra Ibrahim. Hé oui, c’est bien connu, le malheur des uns fait le bonheur des autres. Cette espèce d’association permettant les investissements extérieurs, est gérée par d’ex-pirates qui s’éclatent de leur trouvaille: « On a fait de la piraterie une activité communautaire. »

________________________________ 3 – L’Expression (Algérie)

Al Qaîda a approché les pirates somaliens

Un seul acte de piraterie réussi représente des dizaines de millions de dollars qui serviront à acheter des armes en provenance des anciennes Républiques soviétiques.

La connexion entre le Gspc, branche d’Al Qaîda au Maghreb et les tribunaux islamiques de la Somalie ne fait plus aucun doute, selon des sources très bien informées et très au fait du contexte sécuritaire. Avec l’instabilité politique et la présence de groupes armés de différentes obédiences au Tchad, au Mali, au Niger et maintenant en Mauritanie, c’est l’ensemble de la région du Sahel qui se retrouve dans «la gueule du loup». Un fait très important établi par les services de sécurité algériens et que les Occidentaux ont relevé à plusieurs reprises: selon nos sources, les groupes de pirates somaliens ne constituent pas seulement une extension des activités criminelles des groupes armés somaliens.

Les importantes rançons qu’ils ont récoltées en trois ou quatre ans ont permis d’occuper une position stratégique dans le plan concocté par Al Qaîda visant la déstabilisation du Maghreb et d’une partie de l’Afrique. Ce n’est qu’une fois qu’elles ont compris la menace que les puissances occidentales se sont mobilisées pour réagir à ce nouveau phénomène que l’on croyait naïvement, isolé. A en croire les mêmes sources, la piraterie s’est avérée être une source financière des plus importantes de la mouvance islamiste. Les actes de piraterie maritime, estiment nos sources, présentent des risques pour leurs auteurs, mais constituent bel et bien une source financière dix fois plus consistante que le trafic de drogue qui, lui, nécessite plus d’efforts.

Un seul acte de piraterie réussi vaut mieux qu’une année de trafic de drogue en termes de rentabilité financière. Selon toujours nos sources, il a été établi que cet argent sert avant tout à acheter des armes, et sur ce plan, les choix sont multiples et les réseaux nombreux.

Cela part des régions tribales pakistanaises où existent des centaines d’ateliers de recyclage des armes en provenance des anciennes Républiques soviétiques, d’Afghanistan où les taliban ne s’avouent pas vaincus, et du Yémen où les partisans chiites de Hawthi, soutenus d’une manière ou d’une autre par l’Iran, imposent au régime d’Ali Salah une guerre fratricide qui fait peur même aux Saoudiens.

Al Qaîda n’est pas encore arrivée à contrôler définitivement ce nombre impressionnant de groupes armés et de trafiquants en tous genres, elle semble, toutefois, estiment nos sources, réussir à tirer un énorme profit de cette situation qui échappe aux gouvernements de toute la région, depuis le Pakistan jusqu’en Mauritanie.

Si l’Algérie, qui partage des milliers de kilomètres avec le Mali et le Niger, a relativement pu maîtriser la situation grâce à l’expérience de ses services de sécurité et aux moyens qu’elle possède, ce n’est pas le cas du Tchad ou de la Mauritanie, ni du Mali et du Niger.

Ce n’est certainement pas par hasard que le Sahel est devenu subitement une zone à haut risque sur le plan sécuritaire.

Instabilité politique, guerre civile, rivalités tribales et sous-développement sont parmi les facteurs qui ont favorisé l’implantation d’Al Qaîda dans cette zone. Un haut responsable de l’ONU, Antoine Maria Costa, soutient que ce trafic à l’est et à l’ouest est l’une des sources financières des réseaux d’Al Qaîda. En effet, cette dernière a trouvé une nouvelle arme qui n’a pas manqué de faire réagir l’Occident: les enlèvements et les prises d’otage de ressortissants occidentaux.

En plus de l’aspect financier lié à ces actes terroristes, Al Qaîda joue sur l’impact médiatique et psychologique. Récemment, un Français avait été enlevé au nord du Mali et trois Espagnols en Mauritanie.

Ce sont des actes concertés, effectués de la même manière en Somalie et en fait, des opérations coordonnées qui mettent en relief les nouveaux plans d’Al Qaida «bien» retranchée dans sa logique meurtrière, exercée par l’organisation de Ben Laden contre les Occidentaux afin de forcer certains régimes à dialoguer avec les mouvements armés. Dans ce contexte, l’exemple de Mokhtar Benmokhtar, un des principaux émirs du Gspc, est édifiant à plus d’un titre.

Des sources sécuritaires avaient confié qu’il s’était définitivement retiré du circuit, suite à des différends avec des niveaux de la Branche armée qui ne partagent pas sa conception et sa manière d’agir. D’autres ont laissé «diffuser» l’information selon laquelle il négociait sa reddition, ce qui n’a jamais été officiellement confirmé. Par contre, d’autres sources avancent que cet émir est impliqué dans la plupart des affaires qui se passent au Sud.

L’Etat somalien qui se délite et la disparition presque simultanée de ses démembrements au niveau local n’ont pas tardé à engendrer une situation explosive dans le pays, au sens propre du mot. En effet, les différents clans qui veulent accaparer le pouvoir, ont vite exploité l’immense vide administratif et juridique pour se doter de milices armées, composées en majorité de jeunes fuyant la misère et la faim.

Située au bord de la mer Rouge, proche d’un Yémen plongé lui aussi en zone trouble et d’un Soudan qui est face à une instabilité chronique, la Somalie est devenue une véritable menace pour l’ensemble du continent africain. Le péril somalien qui a coïncidé avec l’apparition de la nébuleuse Al Qaîda, a donné naissance à de nombreux mouvements, dont les plus connus sont les tribunaux islamiques qui, ont, à l’instar de ce qu’on appelle le Gspc algérien, soumis leur offre de ser-vice et de sous-traitance directement à Aymen al Zawahiri, le numéro deux d’Al Qaîda.

C’est dire que le trafic de drogue qui est en train de prendre des dimensions nouvelles, nourrit les réseaux terroristes, mais à cela s’ajoutent les kidnappings des ressortissants étrangers et la piraterie en Somalie. Voilà par quoi arrive à survivre la nébuleuses Al Qaîda à l’est et l’ouest du continent africain. Pour nos sources, une chose est sûre, cette organisation pourrait devenir incontrôlable et aucun Etat n’est à l’abri.

Ikram GHIOUA

__________________ 2 – AFP

Des pirates somaliens disent avoir reçu une rançon pour un cargo grec

Les pirates somaliens qui détiennent depuis mai le cargo grec MV Ariana ont affirmé à l’AFP avoir reçu jeudi une rançon de 2,5 millions de dollars et assuré que le navire et ses 24 marins ukrainiens seraient libérés rapidement.

"La transaction est maintenant terminée, l’argent de la rançon nous a été versée tôt ce (jeudi) matin et le navire sera libéré dans les minutes qui viennent", a déclaré jeudi matin Mohamed Ilkaase, un membre du groupe de pirates impliqué dans la capture de l’Ariana, joint au téléphone dans la localité côtière d’Hobyo.

Le directeur de la compagnie All Ocean Shipping, propriétaire du cargo, a confirmé à l’AFP à Athènes que la compagnie "avait versé une rançon" dont il n’a pas voulu donner le montant.

Sypros Minas a précisé que les pirates s’apprêtaient à libérer le navire "d’un moment à l’autre".

L’Ariana, battant pavillon maltais, avait été capturé le 2 mai dans l’océan Indien, à 250 milles au sud-ouest des Seychelles, chargé de 10.000 tonnes de soja en route vers le Moyen-Orient.

"Le navire est entre nos mains depuis un certain temps maintenant et il y a eu des désaccords sur la rançon ces dernières semaines", a expliqué Mohamed Ilkaase. "Mais finalement, nous nous sommes mis d’accord sur une rançon de 2,5 millions de dollars pour le libérer", a-t-il ajouté.

Dans la matinée, Abdi Yare, le chef d’un groupe de pirates de la voisine d’Harardhere avait confirmé le paiement d’une rançon et la libération imminente de l’Ariana.

Un autre pirate avait annoncé le 26 novembre que le bateau avait été libéré pour 3,7 millions de dollars mais des désaccords de dernière minute avaient fait échouer la transaction.

Les pirates somaliens détiennent actuellement un autre navire grec, un superpétrolier de 330 mètres de long, le Maran Centaurus, capturé le 29 novembre avec 16 Philippins, neuf Grecs, deux Ukrainiens et un Roumain à bord.

__________________ 1 – Portail des sous-marins avec Arab News

La marine saoudienne détruit 2 bateaux de contre-bandiers

Par Rédacteur en chef.

La marine royale saoudienne a détruit lundi dernier 2 bateaux effectuant de la contre-bande d’armes dans les eaux du Royaume et du Yémen.

Des frégates ont tiré sur les bateaux alors qu’ils essayaient de fuir après avoir refusé de s’arrêter pour être fouillé. Des hélicoptères ont aussi participé à l’action. Les bateaux ont violemment explosé à cause des armes et des munitions qu’ils transportaient. Tous les membres d’équipage sont morts avant que la marine ne puisse tenter une opération de sauvetage.

Les forces saoudiennes sont engagées dans une opération de grande ampleur pour empêcher les infiltrations en provenance de la frontière yéménite.

11/12/09 (B528) Nouvelles de Somalie (3 articles en Français)

_______________________ 3 – JDD

Somalie: Le kamikaze du 3/12 danois ?

Le président du parlement somalien, cheikh Aden Mohamed Madobe, a déclaré vendredi que l’auteur de l’attentat suicide qui a coûté la vie à 22 personnes le 3 décembre à Mogadiscio était un ressortissant danois d’origine somalienne.

"Il est malheureux qu’un enfant dont les parents ont échappé au conflit en Somalie et l’ont élevé en Europe revienne dans son pays avec une idéologie extrémiste et se fasse exploser en tuant des innocents", a déclaré cheikh Aden Mohamed Madobe jeudi soir.

Une version démentie par le père de ce jeune homme de 26 ans. "Comme personne ne le connaissait, ils ont supposé que c’était lui le kamikaze", a déclaré Hassan Hadji au service en somali de la radio Voix de l’Amérique.

_______________________ 2 – Courrier international

La colère monte face au chaos ambiant

Les rebelles islamistes qui contrôlent déjà la majeure partie du pays prennent désormais la population civile pour cible. Lassée de la violence, celle-ci n’hésite plus à descendre dans la rue pour manifester sa colère.

Quelques jours après le carnage qui a fait au moins 23 morts, le 3 décembre à Mogadiscio, désarroi et colère dominaient dans la capitale somalienne. Le massacre perpétré contre des civils a soulevé une vague d’indignation. Les insurgés islamistes sont à l’index dans une atmosphère de désordre généralisé.

Trois ministres, trois journalistes et de nombreux étudiants ont été tués par la bombe qui a explosé durant une cérémonie de remise des diplômes de fin d’études à de futurs médecins. Il s’agit d’un des pires attentats commis dans un pays qui flirte avec la violence depuis 1991.

Le président du gouvernement de transition soutenu par l’Occident, Sharif Cheikh Ahmed, en a fait porter la responsabilité à la rébellion islamiste. Mais les deux principaux groupes rebelles, les chebab présumés liés à Al Qaïda et leurs alliés du Hizb Al Islam, ont nié toute implication.

L’attentat a soulevé une vague d’indignation rarement manifestée auparavant. Les chebab s’en étaient déjà pris aux troupes éthiopiennes, qui occupaient le pays jusqu’en janvier, aux forces de maintien de la paix de l’Union africaine ou aux forces gouvernementales. Mais c’est la première fois qu’ils s’en prennent aux civils. Les chebab prônent un retour à la religion sous une forme particulièrement rigoureuse en rupture avec la tradition somalienne de tolérance.

La lutte courageuse contre les Ethiopiens et leur capacité à maintenir la loi et l’ordre leur avaient assuré un certain respect au sein de la population. Mais depuis l’attentat, la colère est généralisée. Elle ne se limite pas à la capitale. Vendredi dernier, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Dhusamareb, ville située à 500 kilomètres de Mogadiscio, pour condamner l’attaque.

Dans une Somalie qui sombre dans le chaos, le gouvernement en place ne contrôle qu’un quartier autour de la Présidence.

Le reste du pays est véritablement aux mains des islamistes et des pirates du golfe d’Aden. Mutilé, martyrisé, le pays sombre dans l’horreur et le chaos absolus. L’attentat suicide a frappé le coeur de ce qu’il reste d’autorité à un pouvoir factice, dans une ville qui n’a de capitale que le nom.

Les faits : lors d’une cérémonie officielle de remise de diplômes, le terroriste, un activiste, a déclenché la ceinture d’explosifs qu’il portait, provoquant la mort de 19 personnes, en majorité des étudiants, ainsi que de trois ministres.

Le gouvernement de transition somalien vient ainsi de perdre ses ministres de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Santé. Celui des Sports figure au nombre des 60 blessés, dont certains grièvement, parmi lesquels on relève encore des journalistes. Le quatrième ministre décédera plus tard des suites de ses blessures. L’attaque d’une rare violence intervient à quelques encablures du palais présidentiel de Mogadiscio, la seule zone de quelques kilomètres carrés dans tout le pays, sur laquelle le gouvernement exerce un semblant de contrôle.

Le président cheikh Sharif Ahmed, au pouvoir depuis janvier 2009, contrôle à peine un petit quartier avec le soutien de 5 300 soldats de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Le reste de la capitale n’est qu’un vaste coupe-gorge soumis aux milices de tout acabit : chebab, Hizb Al Islam… Le gouvernement n’a pas plus d’autorité sur le reste de ce grand pays d’Afrique. L’Union européenne, qui a fermement condamné l’attentat, envisage d’envoyer début 2010 une centaine d’instructeurs afin de former jusqu’à 2 000 soldats de la future armée gouvernementale somalienne, pour la porter à terme à 6 000 hommes.

Les membres du gouvernement sont régulièrement la cible d’attentats, en particulier des chebab qui se réclament d’Al Qaïda. Les mêmes ont revendiqué le rocambolesque enlèvement de deux membres des services spéciaux français l’été dernier. La Somalie est surtout devenue le repaire d’où partent la plupart des attaques de pirates qui écument le golfe d’Aden.

Les eaux territoriales somaliennes sont devenues un véritable danger pour la marine internationale.

20 000 bateaux croisent chaque année au large de la Corne de l’Afrique, qui voit transiter 30 % du pétrole à destination de l’Europe. Devant le risque permanent, l’Union européenne s’est résolue à lancer sa première mission navale, baptisée Atalante, et qui vient d’être reconduite pour douze mois.

Objectif : sécuriser ces eaux troubles et combattre un phénomène qui menaçait de limiter sérieusement le mouvement maritime. Depuis, les pirates n’ont pas renoncé à leurs lucratifs coups de force contre les navires qui se risquent dans la zone. La piraterie maritime est devenue une véritable marque déposée pour la Somalie. Entre ce phénomène et les chebab fondamentalistes, le peuple souffre.

Des centaines de personnes ont manifesté, le 7 décembre, dans la capitale Mogadiscio pour dénoncer la violence dantesque qui s’est emparée du pays. Le rassemblement était sans précédent dans la capitale somalienne. Les manifestants se sont regroupés dans la matinée devant l’hôtel Shamo, lieu du carnage du 3 décembre.

Les protestataires ont notamment brûlé le drapeau noir et blanc, bannière adoptée par les chebab.

"A bas les chebab", "assez de violence", ont scandé les manifestants, qui ont accusé la milice islamiste d’être responsable de ce "massacre d’innocents". Le cortège s’est arrêté quelques instants devant l’université de Banadir, à la faculté de médecine où étudiaient la plupart des victimes.

La manifestation s’est déroulée dans la petite partie de la capitale somalienne encore sous contrôle du gouvernement de transition (TFG). Un îlot assiégé par les chebab et leurs alliés locaux du Hizb Al Islam. Un tel rassemblement contre les mouvements fondamentalistes reste sans précédent dans Mogadiscio.

La dernière tuerie a choqué de nombreux Somaliens et porte la marque des habituels attentats suicides commis par les insurgés islamistes.

Les chebab se sont empressés de démentir toute implication dans le massacre. Ces derniers ont mené de nombreux attentats suicides contre les membres du TFG et la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom).

Cette dernière, déployée à Mogadiscio pour y soutenir le gouvernement, semble complètement désorientée dans le chaos généralisé qui désagrège la Somalie.

_______________________ 1 – City.dz (Algérie)

Somalie: Comment les puissances coloniales maintiennent le pays dans le chaos

La Somalie avait tout pour réussir: une situation géographique avantageuse, du pétrole, des minerais et, fait plutôt rare en Afrique, une seule religion et une seule langue pour tout le territoire. La Somalie aurait pu être une grande puissance de la région. Mais la réalité est toute différente : famine, guerres, pillages, pirates, attentats…

Comment ce pays a-t-il sombré? Pourquoi n’y a-t-il pas de gouvernement somalien depuis presque vingt ans? Quels scandales se cachent derrière ces pirates qui détournent nos navires? Dans ce nouveau chapitre de notre série « Comprendre le monde musulman », Mohamed Hassan nous explique pourquoi et comment les puissances impérialistes ont appliqué en Somalie une théorie du chaos.

Comment la piraterie s’est-elle développée en Somalie? Qui sont ces pirates?

Depuis 1990, il n’y a plus de gouvernement en Somalie. Le pays est aux mains de seigneurs de guerre. Des navires européens et asiatiques ont profité de cette situation chaotique pour pêcher le long des côtes somaliennes sans aucune licence et sans respecter des règles élémentaires. Ils n’ont pas respecté les quotas en vigueur dans leurs propres pays pour préserver les espèces et ont employé des techniques de pêche – notamment des bombes! – qui ont créé d’énormes dégâts aux richesses des mers somaliennes.

Ce n’est pas tout ! Profitant également de cette absence d’autorité politique, des compagnies européennes, avec l’aide de la mafia, ont déversé des déchets nucléaires aux larges des côtes somaliennes.

L’Europe était au courant, mais a fermé les yeux car cette solution présentait un avantage pratique et économique pour le traitement des déchets nucléaires. Or, le tsunami de 2005 a déposé une grande partie de ces déchets jusqu’aux terres somaliennes.

Et d’étranges maladies sont apparues pour la première fois au sein de la population.

Voilà le contexte dans lequel la piraterie s’est principalement développée. Les pêcheurs somaliens, qui disposent de techniques rudimentaires, n’étaient plus en mesure de travailler. Ils ont donc décidé de se protéger ainsi que leurs mers. C’est exactement ce que les Etats-Unis ont fait durant la guerre civile contre les Britanniques (1756 – 1763): ne disposant pas de forces navales, le président Georges Washington passa un accord avec des pirates pour protéger les richesses des mers américaines.

Pas d’Etat somalien depuis presque vingt ans! Comment cela est-il possible?

C’est le résultat d’une stratégie américaine. En 1990, le pays est meurtri par les conflits, la famine et les pillages, et l’Etat s’effondre. Face à une telle situation, les Etats-Unis, qui ont découvert quelques années auparavant des réserves de pétrole en Somalie, lancent l’opération Restore Hope en 1992. Pour la première fois, des Marines US interviennent en Afrique pour essayer de prendre le contrôle d’un pays. Pour la première fois aussi, une invasion militaire est déclenchée au nom de l’ingérence humanitaire.

Le fameux sac de riz exhibé sur une plage somalienne par Bernard Kouchner ?

Oui, tout le monde se souvient de ces images soigneusement mises en scène.

Mais les véritables raisons étaient stratégiques. En effet, un document du département d’Etat US préconisait que les Etats-Unis se maintiennent comme seule et unique superpuissance mondiale suite à la chute du bloc soviétique.

Pour accomplir cet objectif, il recommandait d’occuper une position hégémonique en Afrique, très riche en matières premières.

Restore Hope sera pourtant un échec. Le film hollywoodien La chute du faucon noir a marqué les esprits, avec ses pauvres G.I.’s « assaillis par de méchants rebelles somaliens »…

En effet, les soldats US seront vaincus par une résistance nationaliste somalienne. Depuis lors, la politique des Etats-Unis a été de maintenir la Somalie sans véritable gouvernement, voire de la balkaniser. La vieille stratégie britannique, d’ailleurs appliquée en de nombreux endroits : mettre en place des Etats faibles et divisés pour mieux tirer les ficelles. Voilà pourquoi il n’y a pas d’Etat somalien depuis presque vingt ans. Les Etats-Unis ont une espèce de théorie du chaos afin d’empêcher toute réconciliation somalienne et maintenir le pays divisé.

Au Soudan, suite à la guerre civile, Exxon a dû quitter le pays après y avoir découvert du pétrole. Alors, laisser la Somalie plongée dans le chaos n’est-ce pas contraire aux intérêts des Etats-Unis qui ne peuvent y exploiter le pétrole découvert?

L’exploitation du pétrole somalien n’est pas leur objectif prioritaire.

Les Etats-Unis savent que les réserves sont là et n’en ont pas besoin dans l’immédiat.

Deux éléments sont beaucoup plus importants dans leur stratégie. Tout d’abord, empêcher les compétiteurs de négocier avantageusement avec un Etat somalien riche et puissant. Vous parlez du Soudan, la comparaison est intéressante. Le pétrole que des compagnies pétrolières y ont découvert il y a trente ans, le Soudan le vend aujourd’hui aux Chinois. La même chose pourrait se produire en Somalie. Lorsqu’il était président du gouvernement de transition, Abdullah Yusuf s’était d’ailleurs rendu en Chine, bien qu’il fût soutenu par les Etats-Unis.

Les médias US avaient vivement critiqué cette visite. Le fait est que les Etats-Unis n’ont aucune garantie sur ce point : si un gouvernement somalien voit le jour demain, peu importe sa couleur politique, il pourrait très bien adopter une stratégie indépendante des Etats-Unis et commercer avec la Chine.

Les impérialistes occidentaux ne veulent donc pas d’un Etat somalien fort et uni. Le deuxième objectif poursuivi par cette théorie du chaos est lié à la situation géographique de la Somalie, qui est stratégique pour les impérialistes des Etats-Unis et de l’Europe réunis.

Lisez la suite sur le site: michelcollon.info

Article proposé par Cédric Rutter
pour Investig’Action

11/12/09 (B528) Yémen Express (2 articles en Français)

___________________________ 2 – Euro Investor avec Reuters

Ryad aurait stoppé une offensive des rebelles yéménites

Les forces saoudiennes ont repoussé des rebelles chiites venus du Yémen qui voulaient s’emparer du village de Djaberi, à la frontière entre les deux pays, rapporte jeudi la presse saoudienne.

Selon la télévision, plusieurs assaillants ont été tués dans les combats.

L’Arabie saoudite a lancé début novembre une offensive contre les rebelles yéménites qui avaient mené une incursion sur le territoire du royaume et avaient tué deux gardes-frontières. Depuis lors, les raids aériens dans la zone frontalière se poursuivent.

Le royaume wahhabite craint que l’instabilité chez son voisin du Sud ne se propage chez lui.

Les rebelles Houthis appartiennent à la secte minoritaire chiite des Zaïdis, qui se plaignent d’être marginalisés au Yémen et qui, selon les autorités de Sanaa, seraient soutenus par l’Iran, dont Ryad craint l’influence croissante dans la région.

(Firouz Sedarat à Dubaï et Mohammed Mokhashaf à Aden,
version française Guy Kerivel)

_______________________________ 1 – AFP

Yémen: un policier tué, trois blessés dans une embuscade dans le sud

Un policier a été tué et trois autres blessés dans une embuscade tendue jeudi à leur patrouille dans le sud du Yémen, où les revendications séparatistes prennent de l’ampleur, a indiqué un responsable local.

Selon ce responsable qui a requis l’anonymat, des inconnus ont ouvert le feu lors du passage avant l’aube d’une patrouille formée de sept véhicules de police sur la route menant à Moudia, dans la province d’Abyane.

La patrouille se rendait à Moudia pour y arrêter les meurtriers présumés du neveu de l’ancien vice-président en exil, Ali Nasser Mohammed, assassiné deux jours plus tôt, a-t-il précisé.

Des attaques répétées visent depuis plusieurs mois les forces de l’ordre dans le sud du Yémen, qui était avant 1990 un Etat indépendant, alors que les manifestations réclamant la sécession se multiplient dans les villes.

Le ministère de l’Intérieur a annoncé dans un communiqué que 40 motocyclistes avaient été arrêtés mercredi après avoir participé à une manifestation à Lahej, où des slogans sécessionnistes ont été scandés et deux personnes blessées lors de tirs de la police, selon des sources de sécurité.

Jeudi, une manifestation réclamant la libération des partisans du mouvement sudiste appelant à la sécession, arrêtés au cours des troubles des dix derniers jours s’est déroulée dans le calme à dans la ville de Daleh, ont indiqué des témoins.

Le sud du Yémen est en ébullition depuis plusieurs mois sur fond de revendications politiques et sociales, ses habitants estimant faire l’objet de discriminations de la part des nordistes et ne pas bénéficier d’une aide économique suffisante.

10/12/09 (B528) Nouvelles de somalie (7 articles en Français)

_________________________ 7 – AFP

Somalie: le président Sharif veut "éliminer" les insurgés islamistes

Le président somalien cheikh Sharif Cheikh Ahmed a appelé mercredi à "éliminer" les insurgés islamistes en lutte contre son gouvernement, les accusant de "faire couler le sang" de ses concitoyens et d’être "des ennemis de la société somalienne".

"Le moment est venu d’éliminer ces mécréants qui font couler le sang sans raison au sein de notre société", a déclaré le président Sharif, lors d’une cérémonie officielle à Mogadiscio.

"Ces fauteurs de troubles ont montré qu’ils étaient des ennemis de la société somalienne, la population commence à s’opposer à eux (…)", a estimé le chef de l’Etat.

"Nous utiliserons toute notre expérience conjuguée avec nos forces actuelles pour les combattre et, avec l’aide de Dieu, leur imposer la défaite", a-t-il ajouté, alors qu’il s’adressait à des membres de nouvelles unités des gardes-côtes des forces pro-gouvernementales.

Vingt-quatre personnes, dont quatre ministres du gouvernement de transition (TFG), ont été tuées le 3 décembre dans un attentat suicide perpétré lors d’une remise de diplômes à des étudiants en médecine organisée dans un hôtel de Mogadiscio.

Trois journalistes locaux et une majorité d’étudiants figurent parmi les victimes de cette attaque qui a choqué de nombreux Somaliens et porte la marque des habituels attentats-suicide commis par les insurgés islamistes.

Le président Sharif a accusé ces insurgés, en particulier les shebab, qui de leur côté ont démenti toute implication.

Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le TFG ne contrôle que quelques quartiers de la capitale, avec le soutien des 5.300 soldats de la force de paix de l’Union africaine (Amisom), face aux insurgés shebab et du Hezb al-Islam.

_________________________ 6 – IRIN (ONU)

SOMALIE: Une équipe pour enquêter sur l’attaque de Mogadiscio

En Somalie, le gouvernement de transition a mis en place une équipe pour enquêter sur l’attentat à la bombe pendant une cérémonie de remise des diplômes le 3 décembre, qui a tué de nombreuses personnes, dont trois ministres du gouvernement.

« Nous avons monté une équipe d’experts de la sécurité pour enquêter sur l’attentat à la bombe et nous en rendre compte d’ici cinq jours », a dit Abdulkadir Ali Omar, le ministre de l’Intérieur.

M. Omar a dit que le gouvernement avait des indices sur l’identité des auteurs, mais « qu’il ne nommerait personne jusqu’à ce que les investigations soient terminées ».

L’attaque dans un hôtel de la capitale, Mogadiscio, suspectée d’être un attentat-suicide, a coûté la vie à 23 personnes, y compris Ibrahim Hassan Adow, ministre de l’Enseignement supérieur, Ahmed Abdullahi Wayeel, le ministre de l’Education, et Qamar Aden Ali, le ministre de la Santé.

Selon des sources locales, le groupe islamiste Al-Shabab serait responsable de l’explosion. « Tout le monde ici [à Mogadiscio] croient qu’ils [Al-Shabab] sont derrière ça ».

Cependant, le porte-parole du groupe a rejeté toute responsabilité. Dans le passé, le groupe a revendiqué la responsabilité d’attentat suicide à la bombe dans le pays.

M. Omar a dit que le gouvernement était déterminé à ramener Mogadiscio sous contrôle. « Avec une aide appropriée de nos partenaires et amis, je suis confiant dans le fait que nous ramenions la ville sous un contrôle total ».

Ceux qui sont responsables de l’attentat à la bombe seront traduits devant la justice, a-t-il dit. « Ce ne sera peut être pas aujourd’hui mais je suis certain qu’ils feront face à la justice ».

Un officiel de la société civile, sous couvert d’anonymat, a dit que l’attaque avait créé tant de colère que les Somaliens « de tous les bords et de tous les clans la condamnaient. Je pense que cela a unit les gens ».

Shakhaudin Ahmed, un de ceux qui devaient recevoir son diplôme le 3 décembre, a dit à IRIN que ceux qui avaient perpétré l’attaque voulaient tuer « tout espoir d’un meilleur avenir pour les Somaliens, mais ils n’y arriveront pas ».

M. Ahmed, qui a été légèrement blessé, a dit qu’il retournait travailler à l’hôpital de Benadir « Je serai là-bas aujourd’hui, si Dieu le veut ».

Les chefs de la sécurité remplacés

Le 6 décembre, le gouvernement a annoncé une réorganisation des forces de sécurité. Le chef de la police, le général Abdi Hassan Awale Qeybdid, et le chef de l’armée somalienne, le général Yusuf Hussein Dhumal, ont été remplacés, selon Abdi Haji Gobdon, le porte-parole du gouvernement.

M. Gobdon, cependant, a nié que ces remplacements aient un lien avec l’attentat à la bombe. « Ces changements étaient programmés depuis quelque temps », a-t-il dit. « Cela n’a rien à voir avec ce qui s’est passé jeudi [3 décembre] ».

Le général Ahmed Mohamed Hassan a été nommé nouveau chef de la police et le général Mohamed Ghelle Kahiye, nouveau chef des forces armées.

L’officiel de la société civil a dit que M. Qeybdid et M. Dhumal n’avaient pas « réussi à maîtriser » l’insécurité dans la ville et dans le pays en général.

« Ils étaient totalement incapables d’apporter un quelconque changement significatif à la situation sécuritaire », a-t-il dit. «Et même, la situation s’est dégradée sous leur mandat ».

M. Gobdon a dit que les dernières nominations faisaient parties d’un nouveau plan pour renforcer les forces de sécurité afin de leur permettre de combattre les insurgés, qui mènent une guerre sporadique contre les troupes gouvernementales.

M. Gobdon a dit à IRIN que les blessés les plus atteints avaient été évacués à Nairobi, au Kenya, pays voisin.

Les conflits et la sécheresse ont conduit le pays dans sa pire crise humanitaire depuis vingt ans. On estime que 3,6 millions de personnes – presque la moitié de la population – ont besoin d’aide, selon les Nations Unies.

Les Nations Unies estiment que le nombre de personnes déplacées par les combats entre les forces gouvernementales et les deux groupes d’insurgés islamistes a dépassé 1,5 million.

_________________________ 5 – L’Express avec Reuters

Heurts meurtriers en Somalie pour défendre le drapeau national

Un drapeau hissé sur le toit d’une école d’Elasha, localité située à 15 km de Mogadiscio, a servi de prétexte mardi à des échanges de coups de feu meurtriers entre des habitants et des rebelles du groupe Hizboul Islam.

La fusillade a fait trois morts parmi les résidents et au moins cinq personnes ont été blessées alors que plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans les rues.

Le proviseur du collège Ibnu Kuzeima d’Elasha avait hissé le drapeau bleu de son pays sur le toit de son établissement. Des rebelles sont alors intervenus pour le remplacer par la bannière noire des islamistes et emmener de force le directeur.

Cette action a suffi à déclencher la colère des habitants qui ont pris les armes et ont ouvert le feu sur les insurgés qui ont répliqué.

"Les résidents ont pris les armes. Les islamistes ont tué trois personnes", a déclaré à Reuters un commerçant joint par téléphone.

"Les islamistes ont regagné leurs bases et la manifestation a cessé. Mais la situation demeure tendue et les violences pourraient reprendre demain", a-t-il ajouté.

"Les islamistes ont appréhendé dix adolescents pour avoir déchiré la bannière islamiste. Le bilan pourrait s’alourdir car les islamistes ont ouvert le feu au hasard sur les manifestants", a-t-il encore dit.

Alors que la situation dégénérait, les rebelles ont libéré le proviseur.

Lundi, un petit groupe d’habitants de Mogadiscio avait tenté de manifester contre les rebelles du groupe islamiste al Chabaab, accusé d’être responsable d’un attentat suicide qui avait tué 22 personnes dont trois ministres la semaine passée.

Les forces de l’ordre ont conseillé aux manifestants de rentrer chez eux et le rassemblement s’est dispersé dans le calme.

_________________________ 4 – JDD

Somalie: 3 morts pour le drapeau

Des échanges de coups de feu ont fait trois morts et cinq blessés mardi près de Mogadiscio après que le directeur d’une école d’Elasha a hissé le drapeau national sur le toit de l’établissement. Des rebelles sont alors intervenus pour le remplacer par la bannière noire des islamistes et emmener de force le directeur.

"Les résidents ont pris les armes. Les islamistes ont tué trois personnes", a déclaré un commerçant joint par téléphone. "Les islamistes ont regagné leurs bases et la manifestation a cessé.

Mais la situation demeure tendue et les violences pourraient reprendre demain", a-t-il ajouté. "Les islamistes ont appréhendé dix adolescents pour avoir déchiré la bannière islamiste. Le bilan pourrait s’alourdir car les islamistes ont ouvert le feu au hasard sur les manifestants".

Les rebelles ont finalement libéré le proviseur.

_________________________ 3 – UNICEF

UNICEF : Le cri de la Somalie

Guerre, sécheresse, crise économique…La moitié de la population somalienne a besoin d’aide au plus vite. Soit 3,6 millions de personnes, dont la moitié d’enfants.

Déjà plus de 1,5 million de personnes déplacées par la guerre qui touche le pays. La criminalité est en hausse et les enfants sont en danger. A Mogadiscio, les combats ont atteint une ampleur inégalée depuis les années 1990. La zone dite du « couloir d’Afgoye », dans le sud de la Somalie, est actuellement l’endroit du monde où les déplacés sont les plus nombreux. Ils sont 524 000 personnes ayant fui les combats actuellement installés dans des conditions très précaires dans cette zone. La plupart des enfants à Mogadiscio, épicentre du conflit, n’ont jamais connu la paix. Recrutement pour la guerre, violences physiques, morales et sexuelles… Les enfants sont les premières victimes de cette situation.

70 000 enfants risquent de mourir

Les enfants de Somalie souffrent également de la pauvreté extrême et de l’insécurité alimentaire. En plus du conflit qui ravage le sud du pays, la sécheresse affecte de nombreuses familles jusque dans le nord du pays, dans le Somaliland et le Puntland. 1,4 million de personnes sont aujourd’hui touchées en zones rurales et 655 000 en zones urbaines. A cela s’ajoute la crise économique : monnaie dévaluée, inflation et réduction des sommes envoyées depuis la diaspora à l’étranger ont mené les populations vers une extrême pauvreté.

De nombreux enfants ne mangent pas assez. La faiblesse des pluies saisonnières a encore détérioré les conditions de vie et exacerbé l’insécurité alimentaire à travers le pays, laissant de plus en plus de personnes dépendantes de l’aide humanitaire. Un enfant somalien sur 5 souffre actuellement de malnutrition aiguë et la malnutrition chronique augmente parmi les plus jeunes. Aujourd’hui, on estime même qu’un enfant sur 20 est sévèrement malnutri : 70 000 enfants risquent de mourir faute de traitement approprié.

Il y a urgence !

L’Unicef a besoin de fonds immédiatement pour aider femmes et enfants en Somalie.

Si les fonds nécessaires sont collectés, plusieurs millions de femmes et d’enfants dans le grand besoin pourraient bénéficier de soins et de vaccinations. Il faut secourir au plus vite les enfants qui risquent de mourir de malnutrition dans les semaines à venir. Fournir de l’eau potable aux personnes déplacées et protéger les femmes et les enfants des violences.

_________________________ 2 – AFP

Au moins cinq personnes ont été tuées lundi près de Mogadiscio dans un raid des insurgés islamistes shebab pour empêcher la tenue d’une cérémonie en mémoire d’un religieux soufi, a-t-on appris de sources concordantes.

Les villageois de Basra, petite localité située à 40 km au nord de Mogadiscio, se préparaient à honorer la mémoire de cheikh Hasan Moalim, un célèbre mystique membre du groupe Ahlu Sunna wal Jamaa, mouvement religieux somalien affilié à la branche soufie de l’islam.

Les shebab, qui prônent une version ultra-rigoriste de l’islam, ont interdit la tenue de telles cérémonies dans les territoires sous leur contrôle dans le sud et le centre de la Somalie.

"Des combattants shebab lourdement armés ont attaqué le village pour empêcher la cérémonie en l’honneur de cheikh Hasan Moalim", a indiqué un notable local, Moalim Idris Adan, interrogé au téléphone par l’AFP.

"Des partisans du cheikh ont essayé de résister et il y a eu des échanges de tirs qui ont fait cinq morts", a précisé cette source.

"Quatre des victimes sont des gardes d’un religieux qui organisait l’évènement, le cinquième mort est un civil", a indiqué un autre témoin, Amim Mohamed.

Interrogés par l’AFP, les shebab ont affirmé avoir "pris le contrôle du village", et "les mujahidines ont confisqué les animaux qui devaient être sacrifiés" à l’occasion de cette cérémonie, selon l’un de leurs chefs, cheikh Abdurahman Hasan Husein.

Un porte-parole d’Ahlu-Sunna, cheikh Abu Yusuf Al-Qadi, a confirmé l’attaque, accusant les shebab d’avoir "tué des civils innocents".

L’islam pratiqué en Somalie est traditionnellement modéré, avec une forte influence du soufisme, où les saints soufis sont très souvent des chefs de clans influents.

En lutte contre le gouvernement de transition somalien (TFG), les islamistes shebab (qui se réclament d’Al-Qaïda) et leurs alliés d’Hezb al-Islam rejettent cette interprétation mystique de l’islam et considèrent leurs pratiques comme idolâtres.

_________________________ 1 – La Tribune d’Algérie

Après le carnage de l’université de Mogadiscio
Entre pirates et chebab, la Somalie sombre dans le chaos

Par Moumene Belghoul

Quelques jours après le carnage qui a fait au moins 23 morts, le jeudi 3 décembre à Mogadiscio, désarroi et colère dominaient dans la capitale somalienne. Le massacre perpétré contre des civils a soulevé une vague d’indignation. Les insurgés islamistes sont à l’index dans une atmosphère de désordre généralisé. Trois ministres, trois journalistes et de nombreux étudiants ont été tués par la bombe qui a explosé durant une cérémonie de remise des diplômes de fin d’études à de futurs médecins. Il s’agit d’un des pires attentats commis dans un pays qui flirte avec la violence depuis 1991.

Le président du gouvernement de transition soutenu par l’Occident, Sharif Cheikh Ahmed, en a fait porter la responsabilité à la rébellion islamiste. Mais les deux principaux groupes rebelles, les chebab présumés liés à Al Qaïda et leurs alliés du Hizb Al Islam, ont nié toute implication. L’attentat a soulevé une vague d’indignation rarement manifestée auparavant. Les chebab s’en étaient déjà pris aux troupes éthiopiennes, qui occupaient le pays jusqu’en janvier, aux forces de maintien de la paix de l’Union africaine ou aux forces gouvernementales.

Mais c’est la première fois qu’ils s’en prennent aux civils.

Les chebab prônent un retour à la religion sous une forme particulièrement rigoureuse en rupture avec la tradition somalienne de tolérance. La lutte courageuse contre les Ethiopiens et leur capacité à maintenir la loi et l’ordre leur avaient assuré un certain respect au sein de la population. Mais depuis l’attentat, la colère est généralisée. Elle ne se limite pas à la capitale. Vendredi dernier, plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Dhusamareb, ville située à 500 km de Mogadiscio, pour condamner l’attaque.

Dans une Somalie qui sombre dans le chaos, le gouvernement en place ne contrôle qu’un quartier autour de la Présidence. Le reste du pays est véritablement aux mains des islamistes et des pirates du golfe d’Aden. Mutilé, martyrisé, le pays sombre dans l’horreur et le chaos absolus.

L’attentat suicide a frappé le cœur de ce qu’il reste d’autorité à un pouvoir factice, dans une ville qui n’a de capitale que le nom. Les faits : lors d’une cérémonie officielle de remise de diplômes, le terroriste, un activiste, a déclenché la ceinture d’explosifs qu’il portait, provoquant la mort de 19 personnes, en majorité des étudiants, ainsi que de trois ministres. Le gouvernement de transition somalien vient ainsi de perdre ses ministres de l’Education, de l’Enseignement supérieur et de la Santé.

Celui des Sports figure au nombre des 60 blessés, dont certains grièvement, parmi lesquels on relève encore des journalistes. Le quatrième ministre décédera plus tard des suites de ses blessures. L’attaque d’une rare violence intervient à quelques encablures du palais présidentiel de Mogadiscio, la seule zone de quelques kilomètres carrés dans tout le pays, sur laquelle le gouvernement exerce un semblant de contrôle.

Le président cheikh Sharif Ahmed, au pouvoir depuis janvier 2009, contrôle à peine un petit quartier avec le soutien de 5 300 soldats de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Le reste de la capitale n’est qu’un vaste coupe-gorge soumis aux milices de tout acabit : chebab, Hizb Al Islam…

Le gouvernement n’a pas plus d’autorité sur le reste de ce grand pays d’Afrique.

L’Union européenne, qui a fermement condamné l’attentat, envisage d’envoyer début 2010 une centaine d’instructeurs afin de former jusqu’à 2 000 soldats de la future armée gouvernementale somalienne, pour la porter à terme à 6 000 hommes. Les membres du gouvernement sont régulièrement la cible d’attentats, en particulier des chebab qui se réclament d’Al Qaïda. Les mêmes ont revendiqué le rocambolesque enlèvement de deux membres des services spéciaux français l’été dernier.

La piraterie, l’autre péril

La Somalie est surtout devenue le repaire d’où partent la plupart des attaques de pirates qui écument le golfe d’Aden. Les eaux territoriales somaliennes sont devenues un véritable danger pour la marine internationale. 20 000 bateaux croisent chaque année au large de la Corne de l’Afrique, qui voit transiter 30% du pétrole à destination de l’Europe.

Devant le risque permanent, l’Union européenne s’est résolue à lancer sa première mission navale, baptisée Atalante, et qui vient d’être reconduite pour douze mois.

Objectif : sécuriser ces eaux troubles et combattre un phénomène qui menaçait de limiter sérieusement le mouvement maritime.

Depuis, les pirates n’ont pas renoncé à leurs lucratifs coups de force contre les navires qui se risquent dans la zone. La piraterie maritime est devenue une véritable marque déposée pour la Somalie.

Entre ce phénomène et les chebab fondamentalistes, le peuple souffre.

Des centaines de personnes ont manifesté hier dans la capitale Mogadiscio pour dénoncer la violence dantesque qui s’est emparée du pays. Le rassemblement était sans précédent dans la capitale somalienne. Les manifestants se sont regroupés dans la matinée devant l’hôtel Shamo, lieu du carnage du 3 décembre.

Les protestataires ont notamment brûlé le drapeau noir et blanc, bannière adoptée par les chebab. «A bas les chebab», «assez de violence», ont scandé les manifestants, qui ont accusé la milice islamiste d’être responsable de ce «massacre d’innocents». Le cortège s’est arrêté quelques instants devant l’université de Banadir, à la faculté de médecine où étudiaient la plupart des victimes. La manifestation s’est déroulée dans la petite partie de la capitale somalienne encore sous contrôle du gouvernement de transition (TFG). Un îlot assiégé par les chebab et leurs alliés locaux du Hizb Al Islam. Un tel rassemblement contre les mouvements fondamentalistes reste sans précédent dans Mogadiscio.

La dernière tuerie a choqué de nombreux Somaliens et porte la marque des habituels attentats suicides commis par les insurgés islamistes.

Les chebab se sont empressés de démentir toute implication dans le massacre.

Ces derniers ont mené de nombreux attentats suicides contre les membres du TFG et la force de paix de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Cette dernière, déployée à Mogadiscio pour y soutenir le gouvernement, semble complètement désorientée dans le chaos généralisé qui désagrège la Somalie.