Articles

23/12/09 (B530) Yémen Express (4 articles)

____________ 4 – Le Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

L’Iran critique le meurtre "d’innocents" au Yémen

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a déclaré mardi que son pays s’inquiète du meurtre des "innocents" au Yémen, a rapporté Press TV.

"L’Iran est attristé par la situation actuelle au Yémen, le meurtre des frères musulmans", a déclaré M. Mehmanparast aux journalistes lors de son point de presse hebdomadaire.

Dénonçant le meurtre "d’innocents", il a déclaré que "les actions militaires contre les civils sont inhumaines", a souligné le média.

L’actuel conflit au Yémen se résoudra si les parties organisent des négociations rapidement et si les forces étrangères arrêtent de s’immiscer dans les affaires internes du pays, a-t-il ajouté.

Le Yémen accuse l’Iran de soutenir la rébellion chiite dans le nord du pays, mais Téhéran nie cette allégation.

________________________________ 3 – Le Figaro

Le Yémen au bord de l’éclatement

Pierre Prier

Dans une vidéo diffusée par Al-Jezira, un membre d’al-Qaida a promis, mardi dans le sud du Yémen, de venger les combattants tués lors d’un raid aérien de l’armée yéménite contre un camp d’entraînement du réseau terroriste.

Le gouvernement se bat sur trois fronts pour préserver l’unité du pays.

Dans le sud du Yémen, des combattants d’al-Qaida sont pour la première fois apparus publiquement dans un village. Une vidéo diffusée par la chaîne qatarienne al-Jezira montre un homme barbu, flanqué de gardes du corps, promettre de venger les combattants tués lors d’un raid aérien contre un de leurs camps d’entraînement.

Dans le Sud encore, des manifestants défient régulièrement le pouvoir en réclamant l’autonomie. Une revendication inquiétante alors que le rattachement au Yémen du Sud marxiste, l’ancienne République démocratique et populaire du Yémen, ne date que de 1990. Les Sudistes tentèrent encore une sécession en 1994, déclenchant une sanglante guerre civile.

Dans le nord du pays, la situation est encore pire. La guerre commencée en 2004 contre le mouvement «houthiste», inspiré par le zaïdisme, une version locale du chiisme dont les imams ont gouverné le pays jusqu’en 1962, est en train de tourner au désavantage du président Ali Abdullah Saleh. Le conflit s’est internationalisé avec l’entrée en guerre aux côtés du gouvernement yéménite, en novembre, de l’Arabie saoudite. Riyad, qui défend sa frontière, affirme que les rebelles houthistes bénéficient du soutien de l’Iran, sans pouvoir le démontrer.

Les Saoudiens sont à la peine. La monarchie a pour la première fois mardi annoncé ses pertes : 73 tués, 26 disparus et 470 blessés depuis novembre. Selon une récente analyse de la revue de défense britannique Jane’s, l’Arabie saoudite, confrontée à des rebelles bien armés et maîtres dans l’art de la guérilla, n’aura pourtant d’autre choix que «d’augmenter son soutien financier et militaire au gouvernement de Sanaa».

La parade d’al-Qaida

L’Arabie saoudite n’est pas seule à redouter l’éclatement de ce pays de plus de 23 millions d’habitants. Le risque de voir le Yémen devenir un «État failli» transformé en base arrière pour al-Qaida, hante les capitales arabes et occidentales. L’armée yéménite, gangrenée par la corruption, selon le Jane’s, ne semble pas pouvoir se battre seule sur trois fronts, contre la rébellion du Nord, l’agitation de la nébuleuse de comités autonomistes sudistes et les groupes d’al-Qaida.

L’armée, peu disciplinée, se méfie en outre de ses soldats issus du Sud, raison pour laquelle elle privilégie, dans la lutte contre les «houthistes» l’aviation et le recours à des tribus armées. Des méthodes à double tranchant : les rebelles, qui possèdent des missiles sol-air, ont déjà revendiqué la destruction de deux appareils. Quant à l’emploi de tribus, composées de sunnites, il creuse le fossé entre sunnites et zaïdites, ces derniers représentant un tiers des habitants, parmi lesquels le président Saleh lui-même.

_________________________________ 2 – Medi Arabe

L’Arabie saoudite poursuit la guerre contre les rebelles au Yémen : une guerre par procuration contre l’Iran

L’Arabie saoudite a revu à la hausse le bilan des opérations engagées depuis près de deux mois contre la rébellion Al-Houthi, à la frontière avec le Yémen. Selon Riyad, 73 militaires ont été tués et 470 autres ont été blessés, dont 60 sont toujours hospitalisés. Le commandement de l’armée saoudienne reconnait en outre que 26 militaires sont toujours portés disparus.

L’adjoint au ministre saoudien de la Défense, le prince Khaled Bin Sultan, a reconnu, ce 22 décembre, le bilan officiel des opérations menées contre les « insurgés » qui tentent de s’infiltrer en territoire saoudien. Aux rebelles qui occupent la localité frontalière d’Al-Jabiri, Khaled Bin Sultan a lancé un avertissement leur accordant 48 heures pour se rendre aux forces saoudiennes. Notons que le village Al-Jabiri est une avancée saoudienne (enclave) encerclée aux trois quarts par le Yémen, ce qui en fait une position militairement indéfendable. Les rebelles l’ont occupée depuis plusieurs jours.

Par ailleurs, le prince Khaled Bin Sultan a affirmé que les forces saoudiennes ont sécurisé l’ensemble de la frontière sud avec le Yémen, dans la province de Jazane. Mais il n’a pas évoqué la partie nord de la frontière. Pourtant, les rebelles, alliés à Al-Qaïda et soutenus par l’Iran, multiplient les tentatives d’ouvrir de nouveaux fronts avec l’Arabie saoudite. A cet égard, Al-Qaïda dans la Péninsule arabique est de plus en plus présente dans le Hadramouth, à l’est du Yémen, une province désertique où les tribus se convertissent au chiisme. La particularité de ce territoire est sa vaste étendue et sa proximité avec le « Roubeh Al-Khali » (le quart vide), qui fut longtemps disputé par l’Arabie et le Yémen. En outre, les autorités de Sanaa ont annoncé, ce mardi, la saisie de 37 voitures chargées d’armes et de munitions, destinées aux rebelles. Ce qui prouve que ces derniers ne s’avouent pas vaincus. Leur détermination à harceler l’Arabie est proportionnelle aux divergences politiques et idéologiques qui alimentent la crise saoudo-iranienne tant en Irak qu’au Liban.

Le président égyptien Hosni Moubarak a entamé une tournée dans les monarchies du Golfe, immédiatement après avoir reçu au Caire le président du Parlement iranien, Ali Larijani. Plusieurs observateurs estiment que l’Egypte serait sur le point de tenter une médiation entre la République islamique d’Iran et ses voisins sunnites du Golfe. Mais avant d’en arriver là, il faudrait que le Caire et Téhéran parviennent à normaliser leurs relations. A l’heure actuelle, la tournée de Moubarak serait davantage un signe de tension (revue des troupes) qu’un signe d’apaisement (médiation).

Khaled Asmar

_________________________________ 1 – AFP

Arabie: 73 soldats saoudiens tués dans les combats à la frontière yéménite

Soixante-treize soldats saoudiens ont été tués et 26 sont portés disparus depuis le début des combats avec les rebelles zaïdites yéménites début novembre, a annoncé mardi un haut responsable saoudien de la Défense.

"Le nombre de martyrs est de 73 et celui des disparus est de 26. Nous pensons que parmi ces derniers, 12 ont trouvé la mort. Le sort des 14 autres reste inconnu", a déclaré le ministre adjoint de la Défense, le prince Khaled Ben Sultan Ben Abdel Aziz, dans une conférence de presse à Al-Khoba sur la frontière yéménite.

"Le nombre de blessés a atteint 470, dont la majorité ont été soignés et ont quitté les hôpitaux, et il n’en reste que 60 hospitalisés", a-t-il ajouté.

Tout en affirmant que le gros des opérations avait pris fin, le responsable militaire a reconnu qu’un petit village saoudien, Al-Jabiria, restait sous le contrôle de rebelles yéménites auxquels un ultimatum a été lancé.

"Ils ont 24 heures pour se rendre ou ils seront écrasés", a-t-il dit.

C’est le premier bilan officiel saoudien depuis le lancement par l’armée saoudienne d’opérations militaires à la frontière avec le Yémen, après la mort le 3 novembre d’un de ses garde-frontières tué par des rebelles infiltrés en territoire saoudien.

L’entrée en guerre de l’armée saoudienne est intervenue après des semaines de combats entre l’armée yéménite et les rebelles zaïdites, issus d’une branche du chiisme, dans le nord du Yémen, qui conteste l’autorité du régime du président Ali Abdallah Saleh.

Ce sixième round des combats depuis 2004 entre l’armée yéménite et les rebelles zaïdites avait commencé le 11 août.

Depuis le début du conflit, les combats récurrents ont fait des milliers de morts et plus 150.000 déplacés, selon des organisations internationales.

23/12/09 (B530) Jeune Afrique : Les Japonais débarquent à Djibouti (Une force étrangère de plus à Djibouti – Note de l’ARDHD)

Dans le cadre des opérations de lutte contre la piraterie, le Japon a déployé une force interarmes de 650 militaires à Djibouti et dans le golfe d’Aden. Pour l’instant hébergé par la base américaine de la Force militaire combinée pour la Corne d’Afrique (Africom), un détachement terrestre japonais de 150 hommes prépare la construction d’une base « en dur » dès 2010.

Elle sera située près du Camp Lemonier, l’ancien camp légionnaire français repris par les Américains en 2003.

« La lutte contre la piraterie est une mission de longue haleine », explique le capitaine de corvette Keizo Kitagawa, chargé de la coordination du projet de base militaire. « La marine a besoin d’un appui au sol. »

La mer Rouge est le point de passage d’une grande partie des échanges commerciaux du Japon avec l’Europe : 10 % des navires en transit viennent du pays du Soleil-Levant. Mais ce déploiement de l’« armée d’autodéfense » japonaise hors du territoire national n’en constitue pas moins une rupture avec la « grande stratégie » japonaise, marquée par le pacifisme et la non-intervention extérieure des troupes.

La contribution du Japon aux opérations internationales en matière de sécurité et de défense était jusqu’à présent cantonnée au carnet de chèques – à l’exception de troupes non combattantes.

Grâce à cette opération de police du golfe d’Aden, l’opinion japonaise se familiarise avec l’idée que son armée peut être projetée hors du territoire. Et dans un contexte de réduction des budgets de défense analogue à celui que l’on connaît en Europe, il s’agit aussi de démontrer qu’une marine puissante peut être utile…

23/12/09 (B530) Ethiopie (1 article en Français)

____________________________ 1 – Le Monde

En Ethiopie, une vague de condamnations à mort pour des opposants

A six mois des premières élections depuis le bain de sang qui avait suivi le scrutin précédent, en mai 2005, la justice a lourdement condamné des opposants, mardi 22 décembre; cinq à mort et trente-trois autres à la prison à perpétuité – certains par contumace.

Fin avril, quarante-six personnes, dont trente-quatre ex-militaires et six officiers d’active avaient été accusés d’avoir pris part à un complot destiné à "assassiner des membres du gouvernement", selon le pouvoir. Quatorze d’entre eux se trouvaient à l’étranger, dont Berhanu Nega, le chef de leur mouvement d’opposition, Ginbot 7 ("15 mai"), aujourd’hui professeur d’économie aux Etats-Unis.

Ces condamnations s’inscrivent dans le droit fil de la crise ouverte avec les élections de 2005. Meles Zenawi, le premier ministre, arrivé au pouvoir en 1991, a engagé des réformes pour redresser l’économie (l’Ethiopie devrait enregistrer une septième année de croissance à deux chiffres).

Il bénéficie aussi d’un fort soutien de bailleurs de fonds. Mais au fil des ans, M. Zenawi a aussi laissé monter l’insatisfaction devant la prédominance des membres de son groupe, les Tigréens, dans les rouages du pouvoir politique et économique.

"UN AVERTISSEMENT"

A la surprise du pouvoir, les élections de mai 2005 avaient suscité un raz de marée en faveur de l’opposition. Berhanu Nega, l’une de ses figures, avait été élu maire d’Addis-Abeba, la capitale. Les contestations de la victoire du parti au pouvoir, sévèrement réprimées, avaient entraîné la mort de 200 personnes, des vagues d’arrestations et une série de procès pour "génocide".

Les opposants condamnés à perpétuité, avaient été graciés après avoir été contraints de reconnaître leur implication dans les troubles et demandé un pardon public. Pour s’être rétractée par la suite, Birtukan Mideksa, surnommée par ses partisans la "Aung San Suu Kyi éthiopienne", est aujourd’hui incarcérée.

Dans l’intervalle, Ginbot 7 a été créé, avec Berhanu Nega à sa tête. Fin avril, un "complot" a été dénoncé par les autorités, impliquant ses dirigeants et des responsables militaires. Leur condamnation intervient alors qu’approchent les élections.

Joint par téléphone à Londres, l’un des condamnés à mort, Andargachew Tsige, a déclaré au "Monde" : "Ces condamnations sont un avertissement aux Ethiopiens pour leur déconseiller de s’opposer au pouvoir. Nous allons voir si la communauté internationale comprend enfin qu’il faut cesser de soutenir ce régime à tout prix. Il y a en Ethiopie une grande insatisfaction, et un malaise sérieux dans l’armée."

Jean-Philippe Rémy

23/12/09 (B530) 16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie.

Nous venons d’apprendre avec beaucoup de joie, que les trois familles qui avaient été acceptées par la France, après avoir été présentées par le HCR, venaient de recevoir effectivement leur visa d’entrée.

Il s’agit des personnes suivantes :

Famille de Mohamed Hassan Ali (M.)
Hassan Mohamed Hassan
Hasna Mohamed Hassan
Merito Mohamed Ali
Goumati Ali Mhamed (Me)

Famille de Mohamed Ali Merito (M.)
Farah Mohamed Ali
Astaano Farah Abdlillahi (Mme)

Houmed Ali Merito (Célibataire)

Nous leur transmettons nos félicitations et nous serons très heureux de les accueillir dès leur arrivée, en espérant que les services de l’OIM et de l’OFII ne commettront pas une nouvelle bavure, comme la mésaventure qui est survenue à Madame Karera Hassan.

23/12/09 (B530) Ethiopie (JDD) Éthiopie: Cinq condamnations à mort.

Cinq personnes ont été condamnées à mort mardi par un tribunal éthiopien et 33 autres à des peines de prison à vie pour avoir comploté contre le gouvernement.

"Tous sont accusés de conspiration en vue de renverser le gouvernement constitutionnel par la force, de détruire des projets de développement, d’assassiner des hauts responsables du gouvernement et d’inciter les forces armées à se soulever contre l’ordre constitutionnel", a déclaré un porte-parole du ministère de la Justice.

23/12/09 (B530) 16ème anniversaire de l’arrivée des réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Lettre ouverte qui a été adressée par l’ARDHD au Premier ministre de la France, aux Ministres des A.E. et de l’intérieur et aux Président et directeur général de l’OFII.

______________________ Texte de la lettre

Monsieur le Ministre,

Nous tenons à porter à votre connaissance les faits suivants, pour lesquels nous appelons votre aide d’urgence.

Notre association suit avec attention les dossiers des premiers réfugiés djiboutiens, accueillis légalement en France, sous mandat HCR (Haut Comité aux Réfugiés).

Madame CARRERA HASSAN et ses deux filles, réfugiées djiboutiennes en Ethiopie depuis 1993, ont été acceptées par la France il y a déjà trois mois dans le cadre d’un projet de réinstallation légalement organisé.

Dans le cadre de cette réinstallation, l’OIM, Organisation Internationale pour les Migrations, a régulièrement organisé leur voyage entre Addis-Abeba et Paris. Le 17 décembre, cette famille arrivait donc à Paris, où elle devait être accueillie par les services de l’Office Français pour l’Immigration et l’Intégration (OFII). Contrairement à la procédure, personne ne les attendait à l’aéroport, et aucune prise en charge n’a été effectuée, pour ces trois personnes, qui par chance, ont pu trouver tout à fait provisoirement refuge dans une famille djiboutienne, après des heures d’attente à Roissy.

Nous avons contacté l’OFII, le vendredi 18 décembre, pour demander les mesures prises en faveur de cette famille, venue sous mandat HCR. Un premier agent de l’OFII, M. Beylacq, nous dit qu’i n’était pas au courant ; après avoir effectué des recherches, il nous dit ne pas avoir reçu l’information de l’OIM, et n’avoir à ce moment rien prévu pour cette famille. Il nous assuré ensuite que la situation serait pleinement résolue au plus tard le lundi matin 21/12, lors de la conférence pour le planning de la semaine, et il s’est engagé à nous communiquer les décisions et le programme concret de prise en charge. Ce qui n’a pas été fait.

Mardi 22/12, nous avons recontacté cet agent, M Baylacq, qui nous dit que la décision et l’organisation de la prise en charge seraient effectués dans la matinée de ce mardi 22, et communiquées l’après midi : pour un hébergement, soit à Créteil, soit à Besançon. N’ayant toujours pas de nouvelles, le lendemain, ce mercredi 23/12 matin, nous avons envoyé un message de rappel à Mr Beylacq et à M. Chtaibat afin d’avoir le suivi promis, et légitimement attendu.

Rappel du 2e agent de l’OFII, M. Chtaibat, ce matin, avec une tonalité et une attitude de discourtoisie et de mépris, très étonnantes et peu conformes à la vocation humanitaire et à l’attitude que l’on pourrait attendre de personnels de tels organismes, et à l’opposé des comportement humain et efficaces que nous avons connus par exemple avec le HCR, à Paris, Genève et à Addis. Cet agent, Mr Chtaibat, nous a signifié son incapacité, (voire son refus ?), à prendre en charge cette famille régulièrement entrée sur le territoire français, alors que c’est la vocation même de l’organisme de le faire, une fois les décisions d’immigration et d’accueil par la France tout à fait légalement actées, la venue de cette famille ayant été effectuée légalement, après étude du dossier, dans le cadre d’une convention avec le HCR.

Si l’on peut intellectuellement comprendre des réticences ou des refus avec ce type d’attitude ( ?) concernant des personnes entrées illégalement sur le territoire, on ne peut que s’interroger sur un tel comportement dilatoire et de refus concernant des immigrants légitimes.

Merci de votre attention active sur ce dossier humanitaire et légal, plus qu’urgent, et dont il semble que l’organisme dont c’est la mission officielle d’assurer la prise en charge se montre dans l’incapacité de l’assumer à ce jour.

Nous vous remercions, Monsieur le Ministre, de ce que vous pourrez faire au plus vite, pour que cette famille soit hébergée dans un centre de transit, afin de pouvoir effectuer les formalités prévues de la préfecture et de bénéficier ainsi de la couverture médiale.

Recevez, Monsieur le Ministre, l’expression de notre très haute considération

Jean-Loup Schaal

Anne-Marie de Vaivre
Chevalier de la Légion d’Honneur

23/12/09 (B530) Le Journal de la Flibuste (1 article)

_________________ 1 – Courrier international avec Mail&Guardian

Bienvenue à Baraawe, ville des pirates

Située au sud-est de Mogadiscio, la ville de Barawee est un oasis de prospérité dans un pays ravagé par la guerre et la misère.

Rafik Muhammad Dhana

Repères

La Somalie est devenue le repaire d’où partent la plupart des
attaques de pirates qui écument le golfe d’Aden. Les eaux territoriales
somaliennes sont devenues un véritable danger pour la marine internationale.
Plus de 20 000 bateaux croisent chaque année au large de la Corne de
l’Afrique, qui voit transiter 30 % du pétrole à destination de l’Europe.
Pour faire face à cette situation, l’Union européenne s’est résolue à lancer sa
première mission navale, baptisée Atalante ; celle-ci vient d’être
reconduite pour douze mois. Objectif : sécuriser ces eaux troubles et
combattre un phénomène qui menaçait de limiter sérieusement le commerce
maritime.

Depuis, les pirates n’ont pas renoncé à leurs lucratifs coups de
force contre les navires qui se risquent dans la zone. La piraterie maritime
est devenue, pour la Somalie, une véritable marque déposée.

Pour les étrangers, la Somalie est un pays lointain et abandonné, ensanglanté par la guerre, condamné au chaos et au désespoir. Pourtant, au sud-est de la capitale Mogadiscio, la ville de Baraawe (Brava) est une oasis de plaisir, de calme, bordée de plages merveilleuses et pleine de cartons bourrés de dollars américains : bienvenue dans la ville des pirates. Ici, ils sont les héros, distribuant, tels des Robin des bois, les richesses dont ils s’emparent au large.

Leur réputation les fait passer pour d’“impitoyables terroristes” et “renégats” alors qu’à Baraawe les mères rêvent de leur donner leurs filles en mariage.

A l’une des entrées de la ville, on peut lire sur une énorme pancarte écrite en arabe : “Bienvenue à Baraawe, le lieu des branchés et des fêtards”. Il faut se pincer pour se souvenir qu’on est encore en Somalie. Ici, pas de nids-de-poule, de chaussées défoncées, de téléviseurs hors d’usage. Les villas de style italien le long de la plage sont magnifiquement peintes et ne portent aucune trace de balles. Baraawe est devenue la quatrième ville pirate de Somalie. En tout juste cinq ans, les rançons ont transformé le village de pêcheurs en un bourg en plein essor, où se vendent montres de luxe, motos, gadgets électroniques et même vaccins contre la grippe A (H1N1), comme s’en vante un trafiquant.

Des haut-parleurs installés sur les vérandas des villas diffusent à plein volume des morceaux du groupe américain Bon Jovi et un monde fou achète du thon sur le marché, près de la plage. Des antennes de téléphonie mobile et une borne Internet donnent à la ville une apparence d’ordre – un ordre assuré par les seigneurs de la guerre et les pirates lourdement armés. Agés d’une vingtaine d’années, ils sont tous d’anciens pêcheurs reconvertis dans la piraterie. Certains étaient policiers. Ces jeunes aux dents longues ne voient pas l’utilité d’acquérir ne serait-ce qu’une scolarité de base et ils ne veulent pas non plus suivre la plupart de leurs compatriotes en exil au Kenya ou à Dubaï. Quand ils racontent les séances de partage du butin, leurs yeux brillent.

La région a l’une des plus fortes concentrations de munitions légères, de roquettes et de mitrailleuses de toute la Somalie. Pourtant, la paix et la tranquillité règnent à Baraawe. “Au lieu d’être pointés sur la gorge de nos compatriotes comme à Mogadiscio, ici, les fusils servent à nous enrichir et garantir la sécurité de la ville”, se flatte Terrenco, un pirate qui s’est autoproclamé colonel et qui dit avoir douze ans d’expérience dans le métier.

Les mères de Baraawe poussent donc leurs filles à épouser ces flibustiers des temps modernes.

Non pas qu’il faille beaucoup insister pour les motiver : l’entrée dans l’église au bras d’un pirate leur garantit une table bien garnie ainsi que des robes luxueuses et met leur famille à l’abri de la faim et de la pauvreté. C’est ainsi que des pirates de 20 ans peuvent avoir cinq femmes : un chauffeur de bateau se vantait récemment d’avoir payé 3 000 dollars pour sa dernière épouse, la quatrième.

S’il vous arrivait, un samedi, de croiser un cortège nuptial dans les rues de Baraawe, vous pourriez penser qu’une personnalité occidentale est de passage dans la ville. Des Porsche Cayenne flambant neuves défilent, flanquées de véritables Harley Davidson de collection conduites par des pirates surexcités qui brandissent des armes dans une démonstration de machisme aussi triomphante que provocante.

Les rançons permettent d’offrir de fabuleux festins de viande de bœuf, accompagnée de riz thaïlandais et de pommes de terre, à toute la ville.

Les détonations de kalachnikovs fusent à l’intérieur des tentes : une salve de dix-sept coups est une tradition pour ces aventuriers des mers.

Quand arrive la séance des cadeaux aux mariés, le rôle des pirates dans l’économie de Baraawe devient encore plus manifeste. Avec un sourire radieux, ils jettent BlackBerry, chaînes à six CD, colliers en or… dans les corbeilles de mariage. Des hommes enivrés, en tenue de camouflage, dansent avec des liasses de billets sur la tête et, à leur tour, y déposent leur butin. De quoi faire pâlir d’envie le ministre des Finances de Sa Majesté. Les pseudo-sommets de paix organisés dans les capitales étrangères feraient bien de venir faire un tour à Baraawe. Les délégués pourraient enfin rédiger des rapports enthousiastes sur la belle vie que l’on mène dans cette oasis perdue au milieu des atrocités et de la mort.

Repères

La Somalie est devenue le repaire d’où partent la plupart des
attaques de pirates qui écument le golfe d’Aden. Les eaux territoriales
somaliennes sont devenues un véritable danger pour la marine internationale.

Plus de 20 000 bateaux croisent chaque année au large de la Corne de
l’Afrique, qui voit transiter 30 % du pétrole à destination de l’Europe.
Pour faire face à cette situation, l’Union européenne s’est résolue à lancer sa
première mission navale, baptisée Atalante ; celle-ci vient d’être
reconduite pour douze mois.

Objectif : sécuriser ces eaux troubles et
combattre un phénomène qui menaçait de limiter sérieusement le commerce
maritime. Depuis, les pirates n’ont pas renoncé à leurs lucratifs coups de
force contre les navires qui se risquent dans la zone.

La piraterie maritime est devenue, pour la Somalie, une véritable marque déposée.

23/12/09 (B530) 16ème anniversaire de l’arrivée des premiers réfugiés djiboutiens en Ethiopie. Un rappel des avancées qui ont été obtenues depuis deux ans (Par Omar Gabasse)

Octobre 2006. La situation était dramatique.

Par écrit, le UNHCR recommandait (fermement ?) aux réfugiés djiboutiens d’accepter un rapatriement « dit volontaire » vers Djibouti et proposait son assistance pour faciliter ce retour chez Guelleh, dans le piège.

Fort sagement, les réfugiés ont refusé ces injonctions à l’unanimité. Ils avaient trois bonnes raisons (au minimum) pour ne pas accepter le « dictat » du UNHCR :

  1. La crainte des représailles qui seraient exercées par l’équipe au pouvoir et leurs inféodés qui occupent des postes à haute responsabililté,
  2. La crainte de représailles de la part des ex-membres du FRUD Armée qui avaient trahi le mouvement en retournant leurs fusils contre leurs anciens compagnons d’armes. Cela ont reçu des promotions au sein de la dictature, comme l’actuel et inamovible Ministre des armées …Ougoureh Kifleh,
  3. La certitude de ne pouvoir trouver ni travail, ni logement, ni sécurité dans ce pays dirigé par une équipe déjà internationalement connue pour ses brutalités envers les citoyens « normaux » : arrestations et emprisonnements arbitraires, exécutions sommaires, expulsions de logements, viols, destruction de cheptel, de matériel scolaire et médical, etc.. Alors qu’auraient eu à subir des réfugiés, anciens résistants ?

Aout 2007 : le UNCHR prolonge de quelques mois, son assistance

Le UNHCR prend en compte les intérêts légitimes des réfugiés et accepte de prolonger temporairement l’aide aux 40 familles enregistrées (sur une population estimée à plusieurs milliers) jusqu’en février 2008. L’épée de Damoclés est suspendue sur la tête de nos soeurs et frères. Mais l’ARDHD veille et communique sur leur détresse depuis le début 2007, en exigeant que des mesures « humaines » soient prises par le UNHCR.Retrouver les archives des interventions et le dossier sur les réfugiés.

L’ARA tire-t-elle les ficelles ?

L’ARA est l’administration éthiopienne en charge des affaires des réfugiés. Plusieurs faits qui se sont produits ont laissé penser aux réfugiés, probablement à juste titre, que le UNHCR, bien qu’institution internationale dépendant de l’ONU, n’avait pas beaucoup de liberté de manoeuvre en Ethiopie et que l’ARA fixait effectivement les règles du jeu….

Il est probable que, dans le cadre des accords « fraternels » entre les Présidents djiboutiens et éthiopiens (*fratenrels à certains moments, car les relations entre les deux gouvernement ont été parfois tumultueuses : elles ont connu plusieurs retournements …) il est probable que Guelleh ait beaucoup insisté pour que l’UNHCR traite les réfugiés djiboutiens de façon particulière : c’est à dire en leur mettant le maximum de batons dans les roues, afin qu’ils n’aient plus d’autre choix que de revenir au pays, où il les aurait attendus de pied ferme, afin d’exercer sa vengeance contre ceux qui avaient fait vaciller son futur trône ….

Mais cela était sans compter sur la fantastique capacité de résistance de ces anciens combattants de la liberté… qui ont subi, mais qui n’ont jamais cédé …

Décembre 2007. L’enlèvement d’Hasna Mohamed Hassan.
Aussitôt qu’elle en a été informée, l’équipe de l’ARDHD s’est mobilisée pour obtenir la libération de cette gamine de 12 ans. Son action très médiatique, les manifestations devant l’Ambassade d’Ethiopie, les déclarations sur la BBC et RFI et les communiqués de presse, ont eu raison de l’intransigeance éthiopienne qui a fait libérer la jeune fille injustement emprisonnée. (Le dossier complet est accessible. Attention le temps de téléchargement est long en raison du volume des informations disponibles)

Début 2008 les réfugiés d’Addis donnent officiellement mandat à l’ARDHD de représenter leurs intérêts en Europe avec moi-même.
La situation a changé pour les réfugiés. D’abord les aides et assistances ont été reconduites sans date limite. Ensuite l’accueil dans les bureaux du UNHCR d’Addis est devenu plus humain et plus respectueux.

Finalement des dossiers de réinstallation ont été ouverts … et soumis à plusieurs pays dont en priorité la France.

Des avancèes extrêmement positives
Mme KARERA HASSAN et ses deux filles de 6 et 8 ans environ sont les premières réfugiées à arriver sur le sol français avec un visa et une offre sérieuses de réinstallation. Trois autres familles devraient suivre dont celle d’Hasna.

A noter que la fête a été un peu troublée, en raison d’un manque de coordination entre le bureau de l’OIM d’Addis, son siège à Paris et l’OFII et que Madame Karera bénéficie fort heureusement d’un hébergement au sein d’un famille djiboutienne en attendant que l’OFII lui offre un hébergement temporaire, le temps d’effectuer les démarches indispensables en préfecture.

Dix autres familles récemment arrivées en Ethiopie ont été reconnues récemment par le bureau UNHCR d’Addis et reçu le statut de réfugié. Il semble que l’ARA ait cessé de faire pression pour que les demandes de statut soient bloquées pratiquement systèmatiquement. Ce qui est la deuxième avancée positive.

Aux noms des réfugiés Djiboutiens avec lesquels, je suis fréquemment en contact, je renouvelle tous mes remerciements à l’ARDHD, à son Président Jean-Loup Schaal et à tous les membres du Comité de soutien aux Réfugiés. Ils ont fait un énorme travail souvent dans la discrétion, mais terriblement efficace !

Les résultats obtenus depuis 2007 sont bien concrets.

Omar Gabasse
Co-représentant des réfugiés djiboutiens