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05/12/2015 (Brève 534) RFI / Djibouti: le gouvernement serre la vis contre l’opposition

Lien avec l’article original de RFI

A Djibouti, plusieurs membres de l’opposition ont été arrêtés ces derniers jours lors de manifestations pour dénoncer la manière dont se prépare le scrutin présidentiel prévu l’an prochain. Ces manifestations se déroulent dans un contexte particulier. Le gouvernement a rendu public fin novembre un décret mettant en place des « mesures exceptionnelles de sécurité » en réaction aux attentats de Paris et de Bamako. Parmi elles, un renforcement de la surveillance des sites sensibles. Elles sont dénoncées par la coalition d’opposition et les organisations des droits de l’homme.

Les nouvelles mesures, annoncées à l’issue du conseil des ministres du 24 novembre se veulent une réponse au risque terroriste après les attaques de Paris et du Mali. Djibouti, déjà frappé l’an passé par l’organisation somalienne des Shebabs, renforce la surveillance des sites dits sensibles. En premier lieu les ambassades et les cantonnements des forces dites « amies », c’est-à-dire les bases militaires françaises, américaines, japonaises entre autres.

Si le décret ne figure toujours pas au journal officiel, il inquiète l’opposition et les organisations des droits de l’homme car elles y voient toutes deux un prétexte du gouvernement pour réduire l’espace d’expression politique à quelques mois des présidentielles. L’actuel président, Ismaël Omar Guelleh, a annoncé mercredi qu’il se présentait pour un quatrième mandat.

« La motivation est purement politique, estime Me Zakaria Abdillahila, président de la Ligue djiboutienne des droits humains. L’Etat de Djibouti n’est pas menacé du tout, ni par les Shebabs, ni par d’autres terroristes. C’est donc un décret qui n’a aucun sens. C’est une manière de museler le peu de journalistes indépendants, les défenseurs des droits humains, et surtout l’opposition politique djiboutienne. L’objectif principal est d’empêcher des réunions, y compris privées, dans les locaux appartenant à l’opposition, ou à des syndicats ou à la société civile. »

Cette semaine, la coalition d’opposition Union pour le salut national a vu plusieurs de ses rassemblements qui s’opposaient à ce quatrième mandat dispersés. Et une dizaine de ses membres ont été arrêtés à Dekhil et à Ali Sabeh, au sud de Djibouti. « Nous sommes dans une situation de dérive autoritaire du pays, c’est inacceptable, s’insurge encore Me Abdillahila. Aujourd’hui, nous demandons à ce que le gouvernement respecte les accords-cadres qu’il a signés avec l’opposition, de libérer tous les détenus politiques, y compris ceux qui ont été arrêtés hier, et d’arrêter de harceler, de museler la voix du peuple. »

22/01/10 (B534) La visite de Sarkozy et les compte-rendus dans la presse (3 articles parmi tous ceux qui ont été publiés sur le sujet)

_______________ 3 – Communiqué officiel – GouvActu AdmiNet

Sur le chemin du retour de la Réunion, le Président de la République a effectué le 19 janvier 2010 une escale à Djibouti, au cours de laquelle il s’est entretenu avec le Président de la République de Djibouti, M. Ismaïl Omar GUELLEH.

Ils ont évoqué ensemble les différents volets de la relation bilatérale entre la France et Djibouti, et notamment le projet de nouvel accord de partenariat de défense, destiné à remplacer l’accord conclu en 1977. Le Président de la République a réaffirmé l’attachement de la France à la sécurité et à la souveraineté de Djibouti.

Le Président de la République et le Président GUELLEH ont également fait le point sur la situation régionale. Ils ont évoqué la coopération entre la France et Djibouti pour soutenir le Gouvernement Fédéral de Transition somalien, la lutte contre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique, et le soutien au gouvernement du Yémen dans sa lutte contre le terrorisme.

________________ 2 – Tribune de Genève (Ch) avec AFP

France-Djibouti: les deux présidents discutent d’un nouvel accord de défense

Le président français Nicolas Sarkozy et son homologue djiboutien Ismaël Omar Guelleh ont évoqué un projet de nouvel accord de partenariat de défense, à l’occasion d’une escale du chef d’Etat français à Djibouti mardi, a-t-on appris de sources officielles.

Il s’agit "des différents volets de la relation bilatérale entre la France et Djibouti, et notamment le projet de nouvel accord de partenariat de défense, destiné à remplacer l’accord conclu en 1977", indique un communiqué de l’Elysée publié mercredi.

Arrivé de La Réunion, M. Sarkozy a effectué mardi soir une brève escale à Djibouti, où il a eu une rencontre avec son homologue djiboutien, Ismail Omar Guelleh, et "a réaffirmé l’attachement de la France à la sécurité et à la souveraineté de Djibouti", selon ce communiqué.

Les deux chefs d’Etat ont évoqué "la coopération" entre les deux pays "pour soutenir le Gouvernement Fédéral de Transition somalien, la lutte contre la piraterie au large de la Corne de l’Afrique et le soutien au gouvernement du Yémen dans sa lutte contre le terrorisme".

Au cours d’une brève conférence de presse, M. Sarkozy, qui s’est dit "heureux de cette étape" djiboutienne, a renouvelé le "soutien ferme et indéfectible" de la France à la République de Djibouti.

"J’ai exprimé au président Ismail Omar Guelleh la volonté de la France de rester le meilleur ami de Djibouti", a déclaré le président français à l’issue d’une entrevue de 45 minutes avec le chef d’Etat djiboutien à sa résidence privée de Haramous.

"Nous sommes en train de renégocier nos accords de défense", a ajouté M. Sarkozy, soulignant que "la France est engagée dans la sécurité et le développement de Djibouti".

Le président français a par ailleurs "condamné l’agression érythréenne" sur Djibouti, rappelant notamment que "la France a voté la résolution dénonçant l’agression et l’occupation illégale de l’Erythrée d’une partie du territoire djiboutien".

"J’ai dit au président Guelleh combien nous le soutenions et combien il est important pour nous que Djibouti reste à la tête du combat contre la piraterie dans une région qui a besoin de stabilité et de sécurité", a conclu M. Sarkozy.

Au terme de sa visite, le président français a été raccompagné à l’aéroport par son homologue djiboutien.

Les deux chefs d’Etat s’étaient déjà rencontrés en décembre 2007 à Paris, six mois après l’élection de Nicolas Sarkozy.

Les relations entre leurs deux pays sont perturbées depuis des années par l’affaire Bernard Borrel, un magistrat français détaché à Djibouti retrouvé mort en 1995, le corps en partie carbonisé.

L’enquête de la justice française a longtemps privilégié la thèse du suicide avant de retenir celle d’un assassinat après de nouvelles expertises.

La France dispose à Djibouti de sa plus importante base militaire à l’étranger avec près de 3.000 hommes.

_______________________________ 1 – RFI

Le président Sarkozy à Djibouti pour rencontrer son homologue Omar Guelleh

Après Mayotte et l’Ile de La Réunion, le président Sarkozy fait une escale mardi soir 19 janvier 2010 à Djibouti pour rencontrer son homologue Ismaïl Omar Guelleh. Les relations entre la France et Djibouti sont perturbées depuis des années par l’affaire Bernard Borrel, magistrat français détaché à Djibouti retrouvé mort en 1995. Mais entre Paris et Djibouti, il y avant tout des impératifs stratégiques.

C’est «le» dossier épineux entre Paris et Djibouti, car la mort du juge Borrel n’a toujours pas été élucidée. En octobre 1995 son corps est retrouvé en partie carbonisé. Très vite Djibouti conclut au suicide et évoque l’implication du juge dans un réseau pédophile. Paris aussi privilégie pendant longtemps la thèse du suicide avant de retenir celle d’un assassinat.

Le dossier est depuis devenu une affaire d’Etat. Le procureur de la République Djama Souleiman et le chef des services secrets Hassan Saïd sont accusés par la France d’avoir fait pression sur deux témoins clefs du dossier Borrel. Condamnés en première instance par le tribunal de Versailles, ils ont été relaxés en mai dernier mais un pourvoi en cassation a été introduit.

Djibouti supporte mal d’être montré du doigt. Il y a deux ans le pouvoir organise une manifestation qui rassemble des milliers d’habitants aux cris de « Honte à toi Nicolas Sarkozy » ou encore « Justice raciste ». L’événement est rare pour rester encore dans les mémoires.

Les juges français semblent toujours déterminés à mener leur enquête jusqu’au bout. Nicolas Sarkozy a fait un geste en recevant la veuve Borrel. Mais l’affaire reste encombrante.

Entre Paris et Djibouti, il y avant tout des impératifs stratégiques. D’abord parce que la plus grande base militaire dont dispose la France à l’étranger est sur ce petit territoire de la Corne de l’Afrique. Une base qui sert d’appui aux avions de l’opération Atalante déployée dans le golfe d’Aden, et qui abrite aussi des entraînement de militaires somaliens (voir encadré).

Somalie, Yémen et Erythrée, les enjeux régionaux, au coeur des discussions de ce sommet, sont nombreux. La dernière rencontre entre les deux chefs d’Etat remonte à décembre 2007 à Paris six mois après l’élection de Nicolas Sarkozy.

Djibouti, c’est une carte maîtresse dans le jeu de l’armée française en Afrique

Près de 3000 soldats y sont stationnés dont plusieurs unités des forces spéciales.

Autour de l’aéroport international, Français et Américains se partagent la piste d’atterrissage. D’un côté, la base aérienne 188 avec sa dizaine de Mirage 2000 et de l’autre, les gros porteurs et les hélicoptères de l’ US Air Force. Pour les Etats-Unis, le camp Lemonier est la plus grande implantation de l’US Army sur le sol africain.

Depuis l’arrivée des Américains, l’armée française doit payer un loyer aux autorités diiboutiennes. Plus de 10 millions d’euros chaque année disent les experts. C’est beaucoup d’argent mais Djibouti est une position stratégique. C’est aussi un port entre la mer Rouge et le Golfe d’Aden, une zone sous étroite surveillance compte tenu de la situation au Yémen, et de la persistance de la piraterie de long des côtes somaliennes.

Pour l’Etat djiboutien, en vertu d’un accord signé 1977, la présence française a toujours constitué un rempart contre d’éventuelles tentatives de déstabilisation de la part de ses voisins.

En 2008, face à la détérioration de la situation autour de Ras Doumeira, à la frontière avec l’Erythrée, l’armée française avait même fourni une importante aide logistique aux forces armées djiboutiennes.

A partir d’ août 2009, l’armée française a assuré depuis Djibouti la formation d’une partie des futures forces de sécurité somaliennes.

22/01/10 (B534) Le Journal de la Flibuste (1 article)

_________________________ 1 – Angola Press

Harardere, "capitale" de la piraterie, craint d’être victime de son succès

Le petit port de pêche somalien de Harardere a acquis le titre douteux de capitale mondiale de la piraterie, mais ses habitants craignent que l’afflux d’argent signe la mort plutôt que la prospérité de leur communauté, après les combats autour du partage d’une rançon record.

Le calme paraissait revenu mercredi dans les rues de Harardere, mais les habitants de cette localité autrefois sans histoire, située à 330 km au nord de la capitale Mogadiscio, étaient encore traumatisés par les affrontements qui ont fait sept morts dont un civil depuis dimanche, selon un dernier bilan.

Deux groupes rivaux de pirates se sont affrontés à l’arme lourde autour d’une rançon de près de sept millions de dollars jetée par hélicoptère en échange de la libération du Maran Centaurus, un superpétrolier sur le pont duquel pourrait tenir le village entier de Harardere.

"Nous avons demandé aux pirates de cesser le feu, et pour le moment cela tient. Mais la suspicion croît entre eux, et nous craignons un autre drame", a rapporté Youssouf Moalim Ali, un ancien de la commune impliqué dans les efforts de médiation, interrogé par l’AFP par téléphone.

"On s’attendait à ce que les choses tournent mal. Ces gars sont habitués à l’argent facile, mais quand vous décidez d’entrer dans une mafia, vous devez savoir que vous n’avez le choix qu’entre tuer ou être tué", commente un autre ancien, Mohamed Sandhere. Les pirates eux-mêmes reconnaissent le risque d’être victimes de leurs succès en mer, le versement dimanche de la rançon record ayant creusé des fractures d’une ampleur inédite

22/01/10 (B534) La Voix de Djibouti nous envoie le fichier sonore de sa troisième émission qui a été diffusée sur les ondes, hier jeudi 21/01. Nous mettons les fichiers en écoute directe et en téléchargement à destination des internautes.

Le sommaire du journal « parlé »

Une partie du journal est en Francais.

Nouvelles internationales:
– Le tremblement de terre en Haïti et les degats humains et materiels qu’il a causés.
– Des attentats succesifs en Afghanistan.
– La Police kenyanne tire sur des manifestants qui demandaient la libération de l’Iman musulman d’origine jamaïcaine.
– Le gouvernent de transition somalien a envoyé une lettre de protestation auprès du Gouvernement kenyan pour dénoncer l’arrestation de députés somaliens.

Nouvelles nationales :
– Rixes classiques et désormais récurrentes entre deux ministres Djiboutiens . : celui de la Santé et celui des Finances. L’origine de ces rixes est liée à des conflits de personnes au sein du Gouvernement d’IOG.

Détournements de vivres offertes par des Etats étrangers, par les personnalités proches du régime.

Les travailleurs de la voirie de la ville, surtout des femmes, qui nettoient la ville gagnent des salaires misérables. Ces femmes sont souvent malades à cause de la pénibilité de leur travail.

Les dirigeants du parti PSD, par la voix de son Président a demandé à M. Ismaël Omar Guelleh de briguer un troisieme mandat. Ses militants ne sont pas d’accord et ont meme quitté la conférerence.

Le dossier de la semaine :
Un sujet de fond sur la gestion de la centrale electrique de djibouti (EDD). Les résultats sont catastrophiques, tant sur le plan du fonctionnement que sur celui du résultat financier. Un homme seul, l’actuel directeur M. Djama Ali Guelleh y fait la pluie alors qu’il devrait y faire le beau temps, sans ne jamais prendre en compte le fait que le pays depend à 99 pourcent de l’approvisionnement en électricité : santé, informatique, besoins des ménages, ….
________________________________________________

Pour limiter les temps de chargement, nous vous proposons trois types de fichiers :
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1°) La partie en Français

a) Ecoute directe (WMA)



b) Téléchargement en MP3 (env. 26 Mo) – LIEN

______________________________ 2°) La partie en Somali

a) Ecoute directe (WMA


b) Téléchargement en MP3 ( env.54 Mo) – LIEN

_______________________________ 3°) Le fichier complet

avec en plus les textes religieux lus en introduction et de la musique djiboutienne au final

a) Ecoute directe (WMA)



b) Téléchargement en MP3 (env. 110 Mo) – LIEN

22/01/10 (B534) Yémen Express – Reportage publié par Le Monde : Y émen : la vie au compte-gouttes (Gilles Paris)

Il tourne le robinet du tuyau d’arrosage qui serpente sur le parterre desséché de son jardin d’intérieur, puis met en marche la pompe électrique qui pallie les défaillances d’un réseau d’adduction à l’agonie. Dans un gargouillis, le tuyau crache péniblement quelques gouttes d’eau. Puis plus rien. Anouar As-Saooly arrête la pompe qui tourne à vide, et referme le robinet. "Il fallait venir hier, c’était le jour hebdomadaire de ravitaillement du quartier", soupire cet ingénieur en hydrologie, employé par une société allemande, GTZ, et qui réside dans un quartier pourtant aisé de Sanaa, la capitale du Yémen. La veille, la famille d’Anouar a donc rempli les deux citernes dont elle dispose. L’eau recueillie, de qualité médiocre, n’est utilisée que pour les tâches ménagères. Pour la cuisine et l’eau potable, c’est uniquement celle des bouteilles ou des jerricans vendus dans le commerce qui est consommée.

L’eau courante est depuis longtemps un mirage au Yémen, et pas seulement dans ses déserts et ses montagnes arides. De tous les fléaux qui pèsent sur ce pays, le plus défavorisé de la péninsule Arabique, du mouvement sécessionniste du Sud à la rébellion armée du Nord, en passant par la présence d’Al-Qaida, qui focalise l’attention de l’Occident, la pénurie en eau constitue sans doute le péril le moins visible, mais le plus insidieux et potentiellement le plus destructeur. Il menace la plus grande partie de la population, qui est aussi la plus pauvre.

Le partage d’une ressource de plus en plus disputée risque d’alimenter à l’avenir une série de guerres de l’eau opposant les campagnes aux villes, ou les régions les plus arrosées aux plus sèches. Un Yéménite dispose en moyenne de 120 m3 d’eau par an pour pourvoir à tous ses usages, contre 1 500 m3 pour la moyenne mondiale. Un chiffre déjà très faible, qui pourrait être divisé par deux d’ici à 2025.

"C’est simple, explique Ramon Scoble, un Néo-Zélandais qui travaille avec les autorités yéménites pour une meilleure gestion des ressources hydriques, il y a cinquante ans, il suffisait de creuser à 10 m de profondeur pour trouver de l’eau. Aujourd’hui, il faut descendre en moyenne à 500 ou 700 m. Dans certaines régions, les puits vont même jusqu’à 1 km." Les nappes fossiles font encore illusion, mais pour combien de temps ? Le fort taux de croissance démographique du Yémen explique en grande partie cette soif inextinguible. La population du pays double en effet tous les quinze ans, alors que les précipitations sont limitées, que le pays est dépourvu de cours d’eau permanents, et que le prix de la désalinisation d’eau de mer reste prohibitif. La consommation dépasse donc, et de beaucoup, le stock renouvelable.

Mais l’origine de la crise de l’eau au Yémen remonte aussi aux années 1970 et à la révolution des techniques agricoles. Dans ce pays désertique, les méthodes ancestrales privilégiaient un usage collectif des eaux de pluie, par la culture en terrasses ou dans le lit d’ouadis régulés par un maillage de petits barrages. A cette époque, la gestion communautaire vole en éclats avec la possibilité désormais donnée de creuser en profondeur et de pomper dans la nappe phréatique. Les autorités incitent à investir dans ces pratiques individualisées au nom de l’autosuffisance alimentaire ou d’une agriculture érigée en symbole national. Le fioul brûlé pour faire tourner les pompes est généreusement subventionné.

C’est ainsi que des cultures gourmandes en arrosage, comme la banane et la pastèque, font leur apparition, y compris pour l’exportation, même si cela revient dans les faits à exporter cette eau qui coule à flots. La surface cultivée avec la seule eau de pluie chute de 1 million d’hectares dans les années 1970 à 500 000 hectares en 2009. Dans le même temps, celle irriguée artificiellement passe de 40 000 à 500 000 hectares.

Un autre facteur a contribué à ce renversement de situation. On peut le trouver dans la multiplication, à Sanaa, des marchés dédiés au qat, ces précieuses pousses vertes mâchées pour leurs effets euphorisants à partir du milieu de l’après-midi, seul ou en société. Lorsqu’il rentre au pays, généralement une fois par an, Rafiq, un jeune Yéménite qui travaille en Allemagne, mesure la progression de cette culture dans les fermes qui entourent Sanaa, depuis l’avion qui le conduit vers la capitale.

"Partout ! Il y en a maintenant partout !", lâche-t-il médusé en contemplant les alignements d’arbustes.

"Le qat, c’est l’assurance de revenus confortables pour les agriculteurs. On gagne quinze fois plus avec du qat qu’avec des tomates avec la même quantité d’eau", explique Ramon Scoble. Plus d’un tiers des surfaces irriguées avec de l’eau puisée en profondeur lui sont désormais consacrées. La surexploitation des nappes est à son comble, fouettée par le phénomène galopant des puits illégaux. Il est le produit de la corruption et de l’entregent de ceux qu’un rapport de la Banque mondiale, en avril 2009, désigne pudiquement sous l’expression de "personnes influentes", qui gravitent dans les cercles de pouvoir, tribaux ou étatiques.

Enchâssée au milieu de montagnes arides, la capitale du Yémen est particulièrement menacée par la pénurie. Faut-il d’ores et déjà préparer la nécessaire division par deux de sa population (2,2 millions d’habitants) ? C’est en tout cas la position d’un expert géologue, Mohammed Al-Doubei, exprimée en août 2009, lors d’un colloque du Sheba Center for Strategic Studies, au cours duquel a été également pronostiqué l’épuisement définitif en 2025 de l’aquifère sur lequel est installée la ville.

"Un tel catastrophisme est contre-productif, relativise de son côté Abdul Rahman Al-Iriyani, ministre de l’environnement et de l’eau. On annonçait déjà la pénurie il y a dix ans, puis on y a remédié en pompant plus en profondeur, donnant alors l’impression qu’on avait crié au loup pour rien. Mais c’est vrai, la situation est très sérieuse, de nombreux incidents tribaux reposent déjà sur des querelles liées à l’eau. J’ai trop souvent l’impression que la question de l’eau, au Yémen, se résume à une course à celui qui aura la dernière goutte, alors qu’il faudrait se rassembler pour tâcher de mieux faire."

Les rares responsables politiques et les experts, alarmés par la perspective d’un Yémen à sec, ont décidé de consacrer tous leurs efforts à une plus grande efficacité du secteur agricole qui absorbe 93 % des ressources du pays. Anouar As-Saooly, l’ingénieur en hydrologie, justifie ce choix : "Il est évident que les réseaux de distribution, à Sanaa comme à Aden, sont très défectueux. Le fait de ne plus être alimenté en permanence accélère les phénomènes de corrosion. Mais leur rénovation serait trop coûteuse, et il vaut donc mieux tout miser sur l’agriculture." "L’efficacité de l’utilisation de l’eau pour l’agriculture n’est que de 40 %. Si on pouvait seulement atteindre 60 %, cela ferait 20 % d’eau en plus", explique le ministre de l’environnement.

De nombreuses pistes sont évoquées : l’acheminement de l’eau vers les cultures dans des conduites, et non par des rigoles à l’air libre qui favorisent une forte évaporation, ou bien le remplacement de la pratique dispendieuse qui consiste à noyer les parcelles par des systèmes de goutte-à- goutte. Face au puissant ministère de l’agriculture et à ses subventions, celui de l’environnement n’est cependant pas des mieux armés pour changer les mentalités.

"Dans l’idéal, il faudrait limiter les cultures qui consomment trop d’eau, à commencer par le qat. Celui que produit l’Ethiopie est vraiment très bon, et qu’on ne vienne pas nous opposer l’argument de la nécessaire fraîcheur pour justifier les cultures aux alentours ! Lorsque j’étais étudiant à Londres, j’en trouvais toujours sur place d’excellente qualité", assure Anouar As-Saooly. Conscient du pouvoir de la "mafia" du qat, y compris au Parlement et au sein du parti du président Ali Abdallah Saleh, le ministre de l’environnement, Abdul Rahman Al-Iriyani, est plus lucide : "Il faudrait tout d’abord avoir la garantie que les économies en eau n’entraîneraient pas une extension parallèle des surfaces cultivées."

Ces mesures seront-elles suffisantes pour éviter le pire ? "Il est irréaliste de penser qu’on aura un jour les moyens de traiter de l’eau de mer puis de l’envoyer vers des villes situées à plus de 2 000 m d’altitude comme Sanaa. Mais c’est vrai que la désalinisation coûtera de moins en moins cher et que ce sera la solution, même pour un pays pauvre comme le Yémen." Visionnaire, l’ingénieur en hydrologie pronostique un mouvement irrémédiable des populations yéménites vers les côtes de la mer Rouge et du golfe d’Aden.

Dans des zones difficiles d’accès pour raison de sécurité et où l’eau est particulièrement rare, qu’il s’agisse, au nord, de la province de Saada, ravagée par la guerre contre la rébellion, ou, au sud, de certaines zones des provinces d’Abyane et de Lahej, des villages auraient déjà été abandonnés. Les fières cités accrochées aux escarpements rocheux dont s’enorgueillit le Yémen finiront-elles en poussière ?

Gilles Paris

22/01/10 (B534) Radio-Trottoir. Waraba en Somali : qu’est-ce que cela signifie exactement pour un Djiboutien ? Un correspondant djiboutien, que nous remercions, répond à la question qui avait été posée par un lecteur français.

Cette définition est tirée du Qaamuuska Af Somaliga (dictionnaire de la langue Somalie) publié en 1976 par Akademiya Dhanka (Académie de la Culture en République de Somalie) et présenté par Yaasiin C. Keenadid.

Waraabe ou Dhurwaa (ga) (hyène en français):

Bahal yeeyda xoogaa ka weyn hilibka cuna, mid uu disho iyo mid baqti ahba.
Wuxuu lee yahay guud iyo ilko xoog badan oo laf kasta buburin kara iyo labo lugood oo jeenyaha ka gaaggaaban, cagtiisuna afar suul bay leedahay.

Wuxuu caan ku yahay, ci’sillan oo wirixa iyo qosolka dadka waalan u eg.

C’est un animal de forte corpulence de la famille des canines, dangereux carnassier qui mange aussi des cadavres.

Il a des mâchoires et des dents puissantes. Il peut broyer même les os.

Il a quatre pattes dont les deux arrières sont plus petites. Ses pattes se terminent par quatre doigts.

Son cri ressemble à celui d’un fou enragé.

En politique Waraabe est un surnom qui signifie qu’un dirigeant est corrompu, un dirigeant qui n’hésite pas à tout bouffer sans aucun respect.

Mais attention lorsque vous poursuivez un Waraaba, il ne faut pas se mettre juste dernière sa queue car lorsqu’il a vraiment peur, il est atteint de diarrhée et il éjecte de son postérieur un liquide très chaud, qui risque de vous brûler les pieds à moins d’être équipé de bottes.

_____________________________ Recommandations

Avant de partir chasser le Warabe, équipez-vous de bottes et d’un masque nasal, car les odeurs sont désagréables et très fortes.

22/01/10 (B534) Vérité : Les méthodes d’IOG (Lecteur)

IOG, c’est l’homme des actes monstrueux ; il a commis des crimes contre le pays et il a détruit l’harmonie d’une noble culture multi-ethnique qui appartenait aux Djiboutiens natifs du pays.

IOG n’a pas de parole : toutes ses promesses sont restées sans suite. Il se plait à tromper voir à ridiculiser ceux qui l’écoutent. Mentir à chacun pour gagner l’adhésion de tous ceux qui pourraient croire en lui. Janus, l’homme au double visage.

Celui que l’on présent comme l’homme fort du régime n’a aucun sens politique, économique ou diplomatique ni l’étoffe d’un chef d’Etat digne de ce nom ou d’un rassembleur charismatique.

C’est un homme de l’ombre qui n’a pas d’éthique ni de conscience : il peut tuer ou faire tuer, uniquement sur la base d’un simple information détournée.

IOG déteste les critiques , il refuse tous les débats, l’ouverture démocratique, l’épanouissement des autres et la réussite des citoyens. Il rejette les nouvelles idées, toute mesure pour l’amélioration du système et surtout le changement tant demandé par le peuple.

Ce fils de Hafat-Issa est personnellement et pleinement responsable d’avoir créé un système à deux vitesses au sein de la Société djiboutienne : les riches d’un côté et les pauvres de l’autre. Pas de milieu : une frontière infranchissable entre les deux.

  • pour développer la famine et la misère au sein de chaque famille, en contrôlant tout, y compris les revenus et afin de rendre docile, le peuple envers ses fausses idées du diable et ses mensonges emportés d’Ethiopie.
  • mais aussi pour anéantir la fine fleur de notre société : les jeunes de demain,
  • pour mettre la corde aux coups des faux leaders d’une opposition d’opérette.

IOG, fils d’Anjero n’a pas d’amis, car il les a tous écartés de la vie politique : certains sont morts, d’autres sont au bord du gouffre : c’est un bourreau qui n’aime pas ses anciens amis de Dire-Dawa, car ceux-là savent d’où il vient, notre ex-gardien de chameaux. Ceux-là étaient déjà des intellectuels, cultivés à l’époque ou IOG vendait les fameux gâteaux ( KAMIR) dans les ruelles d’Hafat-Issa.

IOG n’a pas pas fait du bon travail durant sa règne. Il n’a produit aucun effort pour mieux diriger le pays dans la transparence, l’équité et la justice.

Il n’a jamais pensé ni essayé d’améliorer la vie de nos concitoyens : les personnes âgées, les femmes et les enfants souffrent énormément car ils sont les premiers et les plus touchés.

IOG n’a plus aucun avenir politique au sein du pays. Finie la mauvaise gestion des administrations et des services, finis les détournements massifs de l’argent public, finis les trafics en tout genre, finie la violence, l’injustice et le tribalisme dominant.

Guelleh doit chercher un autre refuge pour y vivre sa fin de vie, car il n’a plus sa place à Djibouti

IOG a enrichi ses proches, son clan et certains hommes fragiles politiquement, espérant qu’ils lui resteront fidèles jusqu’à sa mort

  • en distribuant gratuitement des parcelles à Haramous dans la cité Soleil,
  • avec des prêt douteux auprès des Banques de la place,
  • le prêt spécial pour achater un hôtel à DUBAÏ qui a été consenti par la Banque nationale dirigée par HAÎD le mongole et le "beauf’"

Aujourd’hui, la situation va changer. Le peuple est prêt a se positionner face aux chars des forces de répression et il ira jusqu’au bout :

– pour retrouver sa dignité
– pour être capable de reconstruire son avenir qui lui a été volé
– pour la réconciliation des communautés qu’IOG a divisées
– pour regagner la vie, la liberté et le respect de la citoyenneté
– pour vivre ensemble et en harmonie

PEUPLE , LE CHANGEMENT EST A TA PORTE.
,SAISSIS-LE VITE POUR MIEUX VIVRE.
LE MONDE ENTIER ATTEND TES REACTIONS POUR MIEUX T’AIDER LE JOUR VENU.

22/01/10 (B534) C’est le PSD qui tire le premier ! Le premier parti à soutenir le viol de la Constitution, contre les intérêts du Peuple et pour le maintien de la dictature en République de Djibouti. Bravo Gabayo, futur candidat à la cooptation dans l’Ordre prestigieux des Brosses à Reluire dont c’est probablement la dernière mascarade ! (Info lecteur)

Le PSD a tenu hier, le 21/01/2010, son congrés,au palais du peuple de la ville de Djibouti. Une mascarade ! A peu près ! Une « grand messe » organisée pour soutenir la modification de la constitution afin qu’IOG puisse briguer un troisieme mandat.

M. Bulaleh Barreh, dit Gabayo, qui est l’actuel president du PSD, après la disparition de Moumin Bahdon, n’a pas maché ses mots !!

Haut et fort, il a declaré que son parti politique et lui-même soutenaient inconditionnellemnt l’auto-nomination d’IOG pour un troisieme mandat à la tête du pays ainsi que la modification de la constitution indispensable pour pouvoir la violer.

Chacun a bien compris qu’il n’interventait uniquement que
pour satisfaire ses intérêts personnels.

A part le nom du PSD qui était placardé sur les banderolles, il fut difficile de distinguer les membres de ce parti « godillot ». En effet plus de 80 % des participants étaient les membres du gouvernement, de l’assemblée nationale, etc… fidèles entre fidèles du RPP.

Dans la ville tout le monde dit maintenant que Gabayo a rédigé aujourd’hui son testament ou en langue somalie « dardaran ».

N.B. Nous espérons que
l’Ordre des Brosses à Reluire accueillera Gabayo en son sein, car il le mérite vraiment.

Ode au cireur de pompe en chef : le Grand Gabayo (Selon l’ADI)

_____________________________ 1 – Extrait de l’ADI

21/01/2010 – Le Parti Social Démocrate apporte un soutien total au Président Ismaïl Omar Guelleh

Le Parti Social Démocrate (PSD), membre à part entière de l’Union pour la Majorité présidentielle (UMP), a apporté mercredi, lors de son Congrès extraordinaire tenue au Palais du peuple, un soutien total à la politique avant-gardiste du Président de la République M. Ismaïl Omar Guelleh.

Les membres du Parti fondé en en novembre 2002 par Feu Moumin Bahdon Farah, et présidé actuellement par son plus fidèle compagnon, le député Ahmed Boulaleh Barreh, se sont prononcés en faveur d’une révision de la Constitution pour permettre au Chef de l’Etat de se représenter pour un 3ème mandat à la magistrature suprême, dans l’intérêt supérieur de la Nation.

Les congressistes ont rendu par ailleurs un hommage appuyé et émouvant au fondateur du PSD, Feu Moumin Bahdon Farah, décédé le 1er septembre 2009 à l’age de 70 ans.

Outre les cadres politiques et militants du PSD, ont assisté à ce premier Congrès extraordinaire de l’après Moumin Bahdon, Paix à son âme, tous les grands ténors des autres formations politiques alliées au sein du bloc de l’Union pour la Majorité Présidentielle (UMP), en l’occurrence M. Idriss Arnaoud Ali pour le RPP et M. Ibrahim Chehem pour l’UPR.

Le Président du PSD, Ahmed Boulaleh Barreh, a mis en exergue, dans un discours prononcé à cette occasion, les engagements politiques souscrits par les fondateurs du parti lors de sa création le 1er novembre 2002.

« Le gouvernement dirigé par le Président de République, M. Ismaïl Omar Guelleh, a engagé un ensemble des reformes. Ces réformes doivent être menées à bout », a dit le dirigeant politique, ajoutant que sa formation fera des propositions pour améliorer les conditions de vie de ses compatriotes dans tous les domaines.

Le Secrétaire général du PSD, Hassan Idriss Ahmed, a rappelé quant à lui, que  » le Chef de l’Etat dès son accession à la magistrature suprême, s’est fixé comme objectif la paix et le progrès social ».

« Cette appréciation académique, si besoin est, a-t-il expliqué, témoigne de la stature incontestable de l’homme (le président Guelleh) qui place ses directives au centre de ses préoccupations ».

« C’est cette vision qui lui a valu par ses pairs de facto et de juré, une légitimité incontestée à l’intérieur comme à l’extérieur du territoire national », a-t-il affirmé.

Le Secrétaire général du PSD a conclu son discours en confirmant que  » notre pays est entrain de changer de visage sur le plan socio-économique »,  » les indicateurs économiques sont au vert, malgré la crise financière qui a ébranlé les systèmes financiers des pays développés et qui a touché de plein fouet un nombre important des pays émergents.

Notre économie a été épargnée grâce aux reformes engagées par le Chef de l’Exécutif dès son 1er mandat, qui a mis exergue, l’impérieuse nécessité de créer un environnement susceptible de favoriser la croissance économique, condition sine quoi none pour améliorer les conditions, d’un bien-être social de notre population ».

Le Secrétaire général du Rassemblement Populaire pour le Progrès, également Président de l’Assemblée nationale, Idriss Arnaoud Ali, s’est félicité pour sa part du soutien apporté par le PSD à la politique prônée par le Président de la République.

« Le peuple Djiboutien, a dit M. Arnaoud, est assez mûr et suffisamment conscient pour pouvoir démystifier et démasquer les faux politiciens qui tentent de dénaturer la réalité des choses et qui diffusent des fausses informations et amalgames dans l’espoir de créer des doutes dans l’esprit de nos concitoyens ».

« En ce jour exceptionnel pour votre parti, soyez assurés que les militants du Rassemblement Populaire pour le Progrès, sont à vos côtés. Ils partagent vos joies, vos espoirs et vos attentes », a conclu le Secrétaire général du RPP.