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21/12/2015 (Brève 556) RFI : Répression policière à Djibouti: au moins 25 morts, selon l’opposition

>Par RFI Publié le 21-12-2015 Modifié le 21-12-2015 à 20:36
lien avec l’article original : http://www.rfi.fr/afrique/20151221-djibouti-repression-police-morts-balbala-union-salut-national

A Djibouti, selon l’opposition, une manifestation culturelle aurait été réprimée dans la nuit de dimanche à lundi 21 décembre, à Balbala, en périphérie de la capitale. La police aurait tiré à balles réelles faisant au moins 25 morts, selon l’Union pour le Salut National (USN) et plus d’une centaine de blessés. Ce lundi après-midi, la police aurait également ouvert le feu lors d’une réunion de la coalition d’opposition de l’USN. Plusieurs de ses dirigeants auraient été arrêtés et d’autre grièvement blessés.

Le bilan est encore incertain mais pour maître Zakaria Abdillahi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains, la situation est d’une gravité exceptionnelle.

« Une communauté djiboutienne célébrait une fête, à la fois religieuse et tribale. Il paraît que ce matin, à 4h00 du matin, des éléments de la police sont intervenus pour les disperser alors qu’ils étaient en train d’organiser une fête pour manger et lire le Coran. Donc, cela n’avait rien à voir avec l’opposition politique. Ce que je viens d’apprendre c’est que l’USN dit qu’il y a eu au moins une vingtaine de morts ; d’autres sources disent une cinquantaine de morts et c’est tout un arsenal militaire qui a été utilisé, à savoir des chars, des blindés et autres », a déclaré à RFI le président de la Ligue djiboutienne des droits humains.

« Par ailleurs, cet après-midi, des éléments de la police, également, se sont rendus dans un logement privé où se trouvaient certains cadres de l’opposition djiboutienne. Dans les réseaux sociaux, on voit les photos de l’ancien ministre de la Culture et des Affaires musulmanes blessé ; un député de l’opposition a été gravement blessé ; un autre dirigeant de l’opposition a été arrêté et malmené. Donc, voilà à peu près la situation. Je crois que je n’ai pas tout dit mais une chose est sûre, c’est que la situation est d’une gravité extrême », a ajouté Maître Zakaria Abdillahi.

Le gouvernement de Djibouti a pris un décret, fin novembre, mettant en place des « mesures exceptionnelles de sécurité » en réaction aux attentats de Paris et de Bamako.

Ces derniers mois, la ligue djiboutienne des droits de l’homme a dénoncé, à plusieurs reprises, la multiplication des arrestations d’opposants à l’approche de l’élection présidentielle prévue pour avril 2016. L’actuel président, Ismaïl Omar Guelleh, s’est déclaré, la semaine dernière, candidat pour un quatrième mandat.

18/06/10 (B556) Le Journal de la Flibuste (3 articles en Français)

_____________________ 3 – Jeune Afrique

Au port d’Eyl, la manne profite à tout le monde

Aujourd’hui, c’est la capitale mondiale de la piraterie – une ville inondée de dollars et d’armes, d’hôtels et de restaurants construits avec l’argent des rançons. À en croire le rapport du Groupe de contrôle sur la Somalie, remis le 10 mars au Conseil de sécurité des Nations unies, la répartition des rançons fait l’objet d’un véritable « business model ». Tout le monde « en croque », mais pas dans les mêmes proportions.

Les moins bien servis sont les villageois qui, sur terre, fournissent matériel, hébergement et nourriture ;: ils sont payés comme de simples prestataires de services. Viennent ensuite les miliciens qui attendent, sur la côte, l’arrivée du navire capturé pour en assurer la sécurité ;: ils perçoivent une rémunération fixe. Suivent les pirates (entre huit et douze à chaque équipée), recrutés seulement s’ils possèdent une arme ;: ils ont droit à un pourcentage de la future rançon – d’un montant moyen de 15 ;000 dollars. Les mieux lotis sont les investisseurs qui ont financé l’opération ;: ils touchent 30 % du butin plus le remboursement des frais.

Le mythe de Robin des Bois qui redistribuerait les gains a fait long feu. Cependant, la manne des rançons fait vivre bon nombre de Somaliens ;: les familles des pirates, mais aussi les commerçants, les vendeurs de voitures, les maçons…

De quoi faire rêver la jeunesse : « De nombreux étudiants arrêtent leur scolarité pour se rendre à Eyl car ils voient comment leurs amis se sont fait beaucoup d’argent », expliquait le ministre de la Pêche du Puntland, Abdulqaadir Muuse Yusuf, dans les colonnes du Guardian en 2008.

_____________________ 2 – Malango-actualités

L’opération Atalante étendue jusqu’à Mayotte

Par Eric Trannois

Les 27 ministres des Affaires étrangères ont, lors de leur réunion mensuelle lundi à Luxembourg, approuvé la prolongation de l’opération européenne anti-piraterie EUNAVFOR Atalanta pour deux ans de plus, « jusqu’à décembre 2012 ».

Ils ont également approuvé son « accord pour une extension de la zone d’opérations » à la fois vers l’est, jusqu’aux Maldives et plus très loin de l’Inde, et vers le sud, vers la Tanzanie, Mayotte et Madagascar, « afin de réagir à l’élargissement du champ d’action des pirates ». C’est la seconde extension depuis le début de l’opération, en décembre 2008.

Les 27 ont également adressé une piqûre de rappel, en guise d’avertissement en direction de la communauté maritime internationale pour qu’elle insiste « davantage pour que les transporteurs se conforment strictement aux bonnes pratiques ».

Cette extension vers le canal du Mozambique était attendue, après deux attaques avérées ayant eu lieu dans la région, une au nord des Comores et une autre, dernièrement, au banc du Geyser, entre Mayotte et Madagascar.

A l’élément de base navale de Mayotte, on n’a pas « été saisi officiellement », mais Thierry Avice nous confie que l’information peut arriver d’un moment à l’autre. En revanche, on n’a aucune information sur les détails du mécanisme. « Qui va être dedans?, quels seront les moyens? ». En effet, l’agrandissement de la zone d’action d’Atalante ne peut être efficace que si les moyens mis à sa disposition augmentent.

Une chose est certaine, les forces françaises dans l’océan Indien vont être impressionnantes alors que la France va prendre la tête de l’opération Atalante, pour la première fois, à la fin de l’été. Nicolas Sarkozy a indiqué que le porte-avions français « Charles de Gaulle » serait déployé dans les prochains mois dans l’océan Indien. Le président de la République a, ainsi, confirmé que le groupe aéronaval de la Marine nationale partirait « avant la fin de l’année en océan Indien et dans le golfe Persique ». En dehors du porte-avions et de son groupe aérien embarqué, le groupe aéronaval compte des frégates de lutte antiaérienne et anti-sous-marine, un sous-marin nucléaire d’attaque et un bâtiment de ravitaillement.

Même si la mission principale du Charles de Gaulle sera orientée vers l’Afghanistan en appui aux troupes engagées en Afghanistan contre les talibans, cette présence imposante ne peut que modifier la donne dans ce lourd dossier de la piraterie. Le Charles de Gaulle peut atteindre 27 nœuds et parcourir plus de 1000 km en une journée et peut emporter jusqu’à 40 appareils qui ont un rayon d’action de plus de 1500 km.

______________________ 1 – AFP

Cinq ans de prison pour les premiers pirates somaliens jugés en Europe

De Nicolas DELAUNAY

Les cinq premiers pirates somaliens jugés en Europe ont été condamnés jeudi aux Pays-Bas à cinq ans de prison par le tribunal de Rotterdam (ouest) pour avoir attaqué un cargo dans le golfe d’Aden le 2 janvier 2009.

"La cour condamne les prévenus à une peine de prison pour une durée de cinq ans", a déclaré le président du tribunal Jan Willem Klein Wolterink, soulignant que "la piraterie est un fait punissable".

"Les prévenus sont allés en mer dans le but de détourner un bateau", a indiqué le président en lisant le jugement. "Ils ont attaqué le Samanyolu", a-t-il dit, ajoutant : "c’est une chance que personne n’ait été tué ou blessé".

Au prononcé de la peine, l’un des pirates, Sayid Ala Garaar, 39 ans, s’est exclamé : "les Pays-Bas n’aiment pas les musulmans, on le sait". "Ce n’est pas légal", s’est-il emporté, comentant le jugement.

"C’est très dur, c’est trop dur. Ils ne faisaient même pas partie d’une grande bande organisée", a commenté l’un des avocats de la défense, Reinier Feiner, en annonçant à l’AFP qu’il allait faire appel pour avoir "un procès juste".

"Le tribunal a tenu compte de certaines circonstances, comme le fait que la Somalie est très pauvre et qu’ils ont attaqué pour subvenir aux besoins de leurs familles mais c’est encore trop lourd", a estimé un autre avocat de la défense, Willem Jan Ausma.

Les Somaliens, âgés de 25 à 45 ans, étaient poursuivis pour piraterie pour avoir attaqué un cargo turc enregistré aux Antilles néerlandaises, le Samanyolu, à bord d’une embarcation rapide et munis d’armes à feu.

"Lors de l’attaque, ils ont tiré en direction du Samanyolu et de son équipage avec des armes à feu et un lance-roquette", a assuré le président du tribunal.

"La piraterie est une menace sérieuse au droit international de libre passage dans les eaux internationales", a-t-il estimé, soulignant que le manque de sécurité dans le golfe d’Aden avait des "conséquences économiques mondiales".

Une peine de sept ans de prison avait été requise le 26 mai par le parquet contre les cinq prévenus qui encouraient jusqu’à douze ans de prison. Leur procès s’était ouvert le 25 mai.

Interpellés par la marine danoise, ils avaient été remis aux autorités néerlandaises à Bahreïn. Transférés aux Pays-Bas le 10 février 2009, ils étaient depuis en détention provisoire.

Lors de la première journée d’audience, les cinq hommes avaient affirmé être innocents. Ils avaient assuré être des pêcheurs, victimes d’une panne de moteur, et avoir voulu demander de l’aide au cargo turc. Deux d’entre eux avaient toutefois reconnu avoir été en mer pour "détourner un bateau".

Deux cent quinze attaques ont été menées par des pirates somaliens contre des navires de la marine marchande en 2009 au large des côtes somaliennes, sur un total de 409 dans le monde, selon le Bureau maritime international (BMI).

Plus de 110 pirates ont été déjà été jugés au Kenya.

Six pirates somaliens ont été condamnés à mort le 18 mai au Yémen pour une tentative de détournement, qui avait fait deux morts, d’un pétrolier yéménite.

18/06/10 (B556) Nouvelles de Somalie (3 articles en Français)

__________________ 3 – MSF

Somalie – MSF reprend ses activités à Hawa Abdi après les incidents de sécurité

MSF constate que la situation sécuritaire à Hawa Abdi s’est améliorée, ce qui lui permet de reprendre ses activités médicales.

Somalie : Des combats contraignent MSF à suspendre ses activités à Hawa Abdi "Les groupes armés qui avaient occupé la clinique sont partis et notre équipe médicale peut à nouveau soigner les patients," explique le chef de mission David Querol.

Les activités médicales à Hawa Abdi ont repris progressivement depuis la fin du mois de mai avec, tout d’abord, la réouverture des programmes nutritionnels. Les équipes médicales de MSF ont déjà traité 907 enfants dans le programme nutritionnel thérapeutique ambulatoire et 131 dans le programme nutritionnel hospitalier. Le weekend dernier, les activités de pédiatrie ont repris à l’hôpital et 35 enfants ont été hospitalisés depuis. MSF continue d’évaluer la situation sécuritaire et espère pouvoir reprendre ses consultations externes d’ici peu.

Le 5 mai 2010, une altercation de nature privée avait dégénéré en affrontements violents à proximité de la clinique d’Hawa Abdi, en Somalie, conduisant à l’occupation des locaux médicaux par un groupe armé. MSF avait été obligée d’évacuer ses patients et de suspendre ses activités, laissant des milliers de Somaliens vivant dans le corridor d’Afgooye sans accès aux soins.

MSF en appelle à toutes les factions armées en Somalie à respecter la neutralité des établissements et personnel médicaux afin que l’organisation puisse poursuivre ses activités.

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MSF est présente en Somalie depuis 1991 et offre actuellement des soins médicaux gratuits dans les régions de Banadir, Bay, Hiraan, Middle Juba, Middle Shabelle, Lower Shabelle, Galgaduud et Mudug. Plus de 1 300 personnels somaliens, soutenus par quelques 100 personnes à Nairobi, offrent des soins primaires et secondaires, des interventions chirurgicales, soignent la malnutrition, aident les personnes déplacées et assurent la distribution d’eau et d’aide.

__________________ 2 – Europe 1

Somalie: 11 morts dans des combats

Des combats opposant les insurgés islamistes radicaux shebab aux forces gouvernementales ont fait au moins 11 morts vendredi matin à Mogadiscio, ont indiqué des sources officielles.

Les shebab ont lancé vers 06H00 (03H00 GMT) une offensive contre les forces somaliennes stationnées dans le quartier de Hosh, dans le sud de la capitale, déclenchant de violents combats à l’arme lourde.

"Les insurgés, soutenus par des éléments terroristes étrangers, ont attaqué nos positions à Hosh tôt ce matin et il y a eu des combats violents qui ont fait beaucoup de morts. Leurs cadavres (des insurgés) jonchent les rues de la zone", a affirmé à l’AFP un responsable militaire gouvernemental, le colonel Ahmed Warsame.

__________________ 1 – Afrique en Ligne avec Pana

Appel à un sommet d’urgence pour sauver le gouvernement

Une rencontre des ministres des Affaires étrangères des pays de la Corne de l’Afrique a lancé un appel pour un sommet régional d’urgence en vue d’aborder la question de la tension galopante en Somalie et pour éviter la chute du gouvernement de coalition dans le pays.

Le conseil des ministres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a déclaré dans un communiqué publié à la fin de la rencontre tenue à Addis-Abeba, en Ethiopie, qu’il est nécessaire de tenir un sommet d’urgence des leaders de la région pour résoudre l’impasse politique persistante en Somalie.

Le sommet devrait aborder la "sérieuse situation sécuritaire en Somalie" et proposer des solutions.

Le président somalien, Sheikh Sharif Ahmed, est confronté à une crise politique interne, suite à la démission récente de son ministre de la Défense.

Le très influent président de l’Assemblée nationale somalienne, Sheikh Aden Madobe, a démissionné en mai, laissant derrière lui un gouvernement chancelant. Sa démission a été suivie par celle de personnalités importantes du gouvernement de transition.

L’émissaire des Nations unies, Ahmed Ould Abdallah, en fin de mission, a déclaré qu’il espérait que le président de l’Assemblée allait revenir sur sa décision.

Les ministres de l’IGAD ont insisté sur la nécessité d’une refonte totale du processus de paix en Somalie.

"Le conseil a souligné que les efforts pour stabiliser la situation actuelle en Somalie requiert une contribution. Il est donc recommandé à l’assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement de l’IGAD de convoquer le plus rapidement possible un sommet extraordinaire pour faire la revue de la situation politique et sécuritaire en Somalie et dans la région avec l’objectif de repenser le processus dans sa globalité", ajoute le communiqué.

Les ministres ont exhorté l’ONU à ordonner immédiatement le passage de témoin entre son opération de maintien de la paix en Somalie et la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM).

Les ministres ont également sollicité une intervention urgente des leaders politiques de la région et ont déclaré que la crise politique dans ce pays de la Corne de l’Afrique est en train de s’aggraver.

Le ministre éthiopien des Affaires étrangères, Seyoum Mesfin, assurait la présidence de la rencontre ministérielle de l’IGAD.

Les pays membres de l’IGAD sont l’Ethiopie, Djibouti, le Kenya, le Soudan, l’Ouganda et la Somalie, l’Erythrée s’étant retirée du regroupement régional en 2007.

18/06/10 (B556) Yémen Express (3 articles en Français)

____________________ 3 – L’Express

Cinq Français détenus au Yémen

Par Eric Pelletier, Jérémie Lanche,

Les autorités locales soupçonnent plusieurs d’entre eux de liens avec Al-Qaeda.

Cinq Français – et non trois comme annoncé dans un premier temps – étaient toujours détenus au Yémen en début de semaine, après plusieurs vastes opérations antiterroristes lancées ces derniers mois.

La plupart, venus apprendre l’arabe littéral, sont soupçonnés par les autorités locales de liens avec Al-Qaeda. Pour autant, les services de renseignement français se montrent sceptiques sur leur activisme, leur parcours n’ayant jamais éveillé de soupçons.

____________________ 2 – Artclair.com

Yémen : une association de défense des droits de l’homme dénonce des abus sur un site protégé par l’Unesco

La Hood Organization, une association de défense des droits de l’homme et des libertés, accuse les autorités locales de la ville de Zabid, ancienne capitale historique, d’extorsion de fonds, de confiscation de propriété et de violence envers les habitants de la ville. L’association en appelle à l’Unesco.

L’association Hood Organization, une des associations de défense des droits de l’homme et des libertés au Yémen – fondée en 1998 – accuse les autorités locales de la ville historique de Zabid, d’extorsion de fonds et de confiscation de maisons sous prétexte de protection du site, a-t-on appris du Yémen Observer.

La ville de Zabid est une des plus anciennes cités du Yémen dont elle fut la capitale du XIIIe au XVe siècle. Plaque tournante du commerce entre l’Afrique orientale et l’Asie, la ville avec son architecture civile et militaire est un site d’une grande importance archéologique et historique. Zabid fut connu pendant des siècles dans le monde arabe et musulman pour son université islamique. D’abord inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco, la ville est depuis 2000, sur celle du patrimoine mondial en péril de l’Unesco.

Les autorités de la ville ont décidé d’appliquer les mesures de protection des monuments et du patrimoine à l’ensemble de la ville dépassant les limites fixées par l’Unesco. Ainsi, des centaines d’habitants – souvent pauvres – ont vu leurs maisons confisquées et même détruites et cela sans aucune compensation, leurs propriétés étant pourtant situées en dehors des limites établies par l’organisation mondiale.

L’affaire tourne également à l’extorsion de fonds, les autorités faisant payer des redevances à ceux qui veulent construire dans la ville, pour, selon eux, leur faire éviter les réprimandes du bureau archéologiques. Le 8 juin dernier, une manifestation organisée pour dénoncer ces abus a tourné au drame. Des tirs des autorités de police visant à disperser la foule ont coûté la vie à une personne et blessé une autre. L’association demande à l’Unesco de réagir au plus vite pour que la protection du patrimoine ne se fasse pas aux dépens des vies humaines.

____________________ 1 – Le Figaro avec AFP

2 membres présumés d’al-Qaida jugés

Deux membres présumés d’Al-Qaïda au Yémen ont comparu aujourd’hui (15/06) devant un tribunal de Sanaa spécialisé dans les affaires de "terrorisme", sous l’accusation d’implication dans des attentats meurtriers.

Mansour Saleh Dalil et Moubarak Hédi al-Chabwani, arrêtés le 11 décembre dans la province de Marib (est), un des fiefs d’Al-Qaïda, sont accusés de "participation à une bande armée pour mener des actions criminelles contre des responsables militaires et de sécurité" et de "résistance à une force armée chargée de leur traque".

Selon l’acte d’accusation, ils sont également poursuivis pour deux attaques armées contre des militaires à l’origine de la mort de deux soldats et d’un civil fin juillet 2009 dans la province de Marib, et dans une troisième attaque qui s’était soldée par la mort de trois officiers de police et de deux soldats le 3 novembre 2009 dans le Hadramout (sud).

Le Yémen, considéré comme un sanctuaire pour les groupes extrémistes, a intensifié récemment sa lutte contre Al-Qaïda, qui a revendiqué par le passé des attaques contre des missions diplomatiques occidentales, des installations pétrolières et des touristes.

18/06/10 (B556) Nous relayons l’appel à manifester contre le soutien français aux dictateurs. Il nous a été transmis par l’Association SURVIE.

Appel à la manifestation du
13 Juillet 2010
18H Place de la République (angle bd Magenta)
50 ans de Françafrique, ça suffit !

Arrêtons le soutien aux dictateurs !
Soutenons les peuples africains !

Le 14 juillet à Paris, des unités militaires de 14 pays africains défileront sur les Champs – Elysées, au côté des troupes françaises. Convoqués par Nicolas Sarkozy, les chefs d’État, amis de toujours de la France et des réseaux de la Françafrique : les Gnassingbé (Togo), Bongo (Gabon), Compaoré (Burkina Faso), Déby (Tchad), Sassou Nguesso (Congo Brazzaville), Biya (Cameroun) seront présents dans la tribune présidentielle.

Ceux-là, ainsi que d’autres dictateurs et putschistes, responsables pour certains du massacre d’une partie de leur population et du maintien de celle-ci dans la pauvreté, viendront s’assurer du soutien politique, économique et militaire et de leur enrichissement personnel auprès de leur ancienne puissance coloniale.

La France qui, durant la colonisation, avait abondamment pillé les ressources et utilisé les peuples comme réservoir de main d’œuvre, poursuit depuis 50 ans sa politique par tous les moyens, au détriment du développement des pays concernés, ce qui amène de nombreux africains à migrer pour nourrir leurs familles.

Dans la plupart des pays concernés, les gouvernements de la France ont éliminé ou se sont rendus complices des assassinats de leaders qui ont combattu pour l’indépendance de leur pays comme Patrice Lumumba, Medhi Ben Barka, Félix Moumié, Ruben Um Nyobé, Ernest Ouandié, Thomas Sankara, Sylvanus Olympio, Farhat Hached…

Les autorités françaises ont mis en place des dictateurs, intégrés dans les réseaux de la Françafrique où ils côtoient l’Etat major de l’Armée, l’Elysée et des grandes entreprises comme Total, Bouygues, Bolloré, ou Areva. De l’Afrique de l’Ouest au Maghreb où Ben Ali et Mohamed VI prospèrent sur le dos de leurs peuples, l’héritage du colonialisme est toujours présent.

Aujourd’hui encore, la plupart des élections dans ces pays sont truquées, les opposants souvent emprisonnés, parfois torturés ou assassinés, par ceux là même qui défileront le 14 juillet , avec la complicité des autorités françaises.

A cette politique françafricaine s’ajoute une agriculture exportatrice européenne et la recolonisation des terres qui détruisent les productions locales, accélèrent le réchauffement climatique et contraignent les paysans africains à fuir les campagnes ou à migrer vers l’Europe. Cette « Europe Forteresse » qui fabrique des sans papiers, les exploite et les expulse sous couvert d’accords de réadmission codifiés dans la Directive Européenne de la Honte, au mépris de la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

CONTRE :
• Le soutien de la France aux dictateurs qui vivent impunément des rapports néocoloniaux au détriment du développement de leurs pays et du bien-être des populations ;
• La torture, les massacres, les assassinats politiques, les trafics d’armes, et l’impunité de leurs auteurs et de leurs complices ;
• La vie chère et la hausse des produits de première nécessité ;
• Le pillage du continent par les pays riches par le biais de leurs multinationales, de la Banque Mondiale et du FMI ;
• L’impunité, la criminalité financière et les paradis fiscaux et judiciaires ;
• La politique africaine de la France menée par Nicolas Sarkozy et ses prédécesseurs.

POUR :
• La démocratie et des élections libres et transparentes ;
• Le respect des droits humains ;
• L’annulation de la dette illégitime payée par les peuples africains ;
• L’accès de tous à l’alimentation, à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à l’habitat, et à la justice ;
• Une vraie mobilisation contre le Sida et le paludisme ;
• La régularisation de tous les Sans Papiers : Grévistes en lutte depuis 8 mois et Marcheurs partis de Paris le 1er Mai pour aller interpeller les dictateurs africains réunis à Nice le 31 mai, tous ensemble unis et déterminés dans un combat commun ;
• La fermeture des bases militaires françaises en Afrique et l’arrêt de l’aide militaire et policière française aux dictateurs sous couvert d’Aide Publique au développement.

Nous, organisations françaises et africaines, exigeons un partenariat entre l’Europe et l’Afrique pour le développement et l’émancipation de l’Afrique hors de la tutelle du gouvernement français.

Manifestons contre la Françafrique ! Place de la République, Paris, le 13 juillet, à 18 h.

Bal anticolonial, 20h30, au Ministère de la régularisation de Tous les Sans papiers, 14 rue Baudelique, 18ème, Métro Simplon, (ligne 4).

Premiers signataires :

  • Union des Populations du Cameroun, CODE (Collectif des Organisations Démocratiques et Patriotiques de la Diaspora Camerounaise),
  • CNR-MUN (Conseil National pour la Résistance – Mouvement Umnyobiste Cameroun/Allemagne),
  • Mouvement panafricaniste de Munich ( AK Panafrikanismus München),
  • Fédération Congolaise de la Diaspora,
  • CAAC Comores,
  • Attac Gabon,
  • FTCR (Tunisie),
  • La Voie Démocratique ( Maroc)
  • Sortir du Colonialisme,
  • Survie,
  • AFASPA,
  • MRAP,
  • Droits Devant,
  • CEDETIM,
  • IPAM,
  • Afriques en lutte,
  • Respaix Conscience Musulmane (RCM),
  • Réveil des Consciences, « 93 au cœur de la République » (Aubervilliers)
  • L’Association Culturelle des Travailleurs Immigrés de Turquie (ACTIT),
  • Ministère de la Régularisation de Tous les Sans papiers,
  • CNT,
  • Union Syndicale Solidaires,
  • Les Alternatifs,
  • NPA,
  • la FASE,
  • PCF,
  • Les Verts

18/06/10 (B556) Radio-Trottoir. Scrutin électoral anticipé … ??? (Lecteur)

I) Une nouvelle méthode pour frauder les élections ?

Un pseudo 3ème mandat.

Depuis une semaine une nouvelle méthode est en test.

Cette méthode consiste à faire voter prématurément et en toute discrétion suivant un calendrier établi à l’avance. Les électeurs sont convoqués par groupe. On commence par les femmes du secteur informel après les avoir bien sélectionnées.

En premier donc, les petites commerçantes qui ont obtenu des prêts sous forme de microcrédits et qui doivent surmonter actuellement de grosses difficultés de remboursement.

Depuis le clash de Doumeira qui avait décimé pour une cause inutile, un nombre impressionnant de nos soldats, l’ADDS fait des opérations de microcrédits non pas pour des raisons caritatives comme la Caritas du Secours Catholique du vivant de feu Robert Carton, mais pour des raisons bassement politiques, sous les recommandations de l’UNFD.

Pour plus de discrétion ces opérations de « récupération politique» sont supervisées par Madame Degmo, Secrétaire Générale de l’UNFD et par son mari Kadar Directeur de l’ADDS.

Ces opérations électorales « échelonnées » et anticipées ont débuté cette semaine, d’abord au Mocambo ancien Bar-Dancing du Parrain Barkat Gourad durant la belle période post indépendance quand le vieux Barkat dansait en Equipe le « Madison » avec le jeune Idriss Arnaoud très sautillant.

Actuellement le Mocambo est le siège du RPP présidé par le mafieux IOG.

C’est lors de l’un des premiers scrutins de « ces votes par anticipation » que le premier scandale est arrivé. Il nous a permis de pendre connaissance de cette nouvelle méthode électorale qui sera certainement déployée à une zone plus large et qui sera déclarée comme la 1ère expérience mondiale par les Observateurs de l’UA et de la Ligue Arabe lors des élections mascarades qui seront imposées (avec les « Houra, Houra de la marine Française ? »).

Comme le hasard fait bien les choses, un opposant, marié à une femme respectable, qui se rendait au Ministère de l’Education ancien bâtiment de la Marine Française, non loin de la Poste de Djibouti, a vu son épouse pénétrer dans la cour du siège du RPP.

Hersi, cet Opposant de longue date, curieux de nature, n’a pas pu s’empêcher à pénétrer dans les locaux du Mocambo pour suivre discrètement son épouse.

Inquiet et se demandant avec qui elle avait rendez-vous, il a attendu quelques instants avant de rentrer dans la salle des réunions.

Ne voyant personne, il entendait pourtant des voix et il s’approcha discrètement pour ouvrir la porte.

Quel scandale !!

Sa Femme était en train d’apposer ses empreintes digitales et il entendit une jeune fille dire à haute voix : « Madame vous avez voté pour Ismaël Omar Guelleh vous pouvez retourner travailler sans inquiétude car votre crédit sera partiellement effacé par Kadar, le mari de Degmo ».

Il va s’en dire que ce scandale a semé la peur auprès des proches cousins d’IOG, surtout Degmo et consorts.

Si bien que le financier et superviseur de l’argent sale du RPP, ministre de la Justice et superviseur de la Prison de Gabode, a décidé de prendre les opérations en main.

Depuis jeudi matin 17 juin 2010 ces « opérations électorales» se déroulent en cachette dans les locaux du Centre Communautaire au Quartier V sur le Boulevard de Gaulle presque en face de la Gendarmerie et des Pompiers.

Décidemment ce régime, en chute libre, s’accroche à la « poussière du Khamsim ».

Plus personne ne croit à ces élections bidons. Seule la révolte populaire pourra chasser ce régime mafieux imposé par les Forces Extérieures.

II) La comédie des trois cousins d’IOG

Le Général Zakaria en fouta (boubou de la région) était dans une voiture banalisée presque en face du vaste Meeting de l’UAD le Vendredi après midi 11 juin 2010.

Le Colonel Hassan SAID de la SDS et Chef du Cabinet militaire d’IOG se trouvait lui aussi dans une autre voiture non loin du Général Zakaria, tandis que le Ministre de l’Intérieur, l’instable et insolent Yassim Elmi Bouh, a cru plus rentable et sécuritaire d’être aux côtés de Degmo et de Kadar dans une salle confortablement aménagée et climatisée avec une excellente vue sur la Manifestation Populaire de l’Opposition.

Questions de marquer leur solidarité à Ismaël Guedi Hared, ancien Patron avant 1995 (année de l’assassinat du Juge Borel) du Général Zakaria et de Yassin Elmi, mais en réalité pour d’autres raisons ?

Est-ce une méthode charme pour récupérer l’Opposition ?

Sur ce dernier point je pense qu’il est trop tard et que personne ne pourrait« hypothéquer son avenir pour un vieux boutre sur le point de couler ».

Tandis qu’au même moment à Ali Sabieh, le Gros IOG se faisait huer par les courageux jeunes Assajogs ?

En effet, ce déplacement éclair a suscité un soulèvement populaire spontané à Ali Sabieh car un cousin germain du Colonel BOGOREH (qui a certainement été assassiné sur ordre d’IOG) a été tabassé en plein public par la Garde républicaine.

Ce cousin germain du Colonel assassiné est un sergent Chef de la Gendarmerie nationale de la Brigade d’Ali Sabieh – Section Intervention Spéciale.

Il aurait été prié par le Colonel tueur de la Garde Républicaine Mohamed Djama de déposer son arme et de renter à la maison.

Ce dernier a refusé en disant qu’il n’avait pas reçu d’ordre de ses Supérieurs.

D’où le soulèvement populaire qui s’en est suivi contre IOG et sa Garde.

Un vieux Cheminot
qui a rejoint l’UAD
en claquant la porte de l’UMP

16/06/10 (B556) LDDH : un trou de plusieurs milliards !



Le Président

NOTE D’INFORMATION DU 15 JUIN 2010

Un trou de plusieurs milliards de francs Djibouti…
Le Corps de la Santé va très mal !

 

Questions préalables.

1) A combien se chiffre le trou financier au niveau de l’Hôpital Peltier : un (1) milliards de Francs Djibouti ou nettement plus ?

2) A combien se chiffre le trou financier au niveau de l’aide internationale octroyée au Ministère de la Santé pour lutter contre le SIDA : à cinq (5) milliards de Francs Djibouti ?

3) Qui a octroyé cette aide d’un tel montant alors que tout le monde même le HCR connait très bien les antécédents de l’actuel Ministre de la Santé ?

4) La Banque Mondiale et l’OMS vont-ils ou ont-ils déjà réagi ?

_____________________________________

Un fait récent qui prouve le ras-le-bol du Corps médical.

Depuis le 10 juin 2010 les personnels paramédicaux de l’Hôpital Peltier ont déclenché un mouvement de protestation.

Ce mouvement continue encore, alors que le silence gouvernemental montre clairement leur irresponsabilité ou leur inconscience.

Ci-après la teneur de leur lettre au Directeur de l’Hôpital.
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« Hôpital Général Peltier
AU Directeur de l’Hôpital
Objet
: Préavis de grève

Monsieur le Directeur,

Par la présente et conformément à l’article n° 13 de LOI ORGANIQUE n° 48/AN/83/Ière L du 26 juin 1983 portant statut général des fonctionnaires et suivants du Code du travail, les personnels paramédicaux vous notifient d’un préavis de grève.

Le mouvement de protestation débutera le 10/06/2010 à 8 h et prendra fin qu’à l’obtention de tous nos honoraires, sans diminution de leurs valeurs actuelles. Par cette action, nous souhaitons attirer votre attention sur les faits suivants :

  • Un retard chronique de payement de nos heures supplémentaires
  • Une diminution de plus de 30% de leurs valeurs, sans négociation préalablement avec les personnels
  • Absence de communication sur la situation actuelle de votre part
  • Aucune prise de décisions pour rétablir la situation
  • Manque de transparence sur la situation de ces honoraires

A ce titre nous revendiquons les éléments ci-dessus :

1) Payement de nos honoraires depuis janvier 2010

2) Rétablir la valeur initiale de nos honoraires.

Recevez, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations les plus distinguées

Les personnels paramédicaux de l’HGP
Remis au Directeur de l’Hôpital Peltier
Et reçu par Yasimin le 31/5/1
0

Copie
– Au Ministre de la Santé
– Au Ministre de l’Intérieur
– A l’Inspection de travail
___________________________________________

Par ces motifs :

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) dénonce d’une manière générale, tous les Détournements des Fonds Publics, des Biens Sociaux, pire encore les dons en médicament et autre assistance financière à divers échelon ministériel.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) encourage l’ouverture d’Enquête Indépendante et une Expertise Internationale sur les Détournements en particulier pour les Départements ministériels aux objectifs essentiellement sociaux tels que la Santé, l’Education, l’Intérieur dans la lutte contre la sécheresse et les calamités naturelles.

D’autres secteurs comme l’EDD qui endettent et hypothèquent à outrance l’avenir et à la viabilité de notre pays nécessite d’urgence un Audit International Indépendant et dont leur Rapport devra être public et médiatisé.

NOEL ABDI Jean-Paul

15/06/10 (B556) Yémen Express – Barak Obama face au spectre d’Al Qaïda / Attentat déjoué / Un oléoduc est sabotté/ Des tribus renoncent à abriter les éléments d’Al Qaïda (5 articles en Français)

_____________________ 5 – Le Monde

Barack Obama face au spectre Al-Qaida

Jean-Pierre Filiu, historien, politologue

Il y a un peu plus d’un an, le président américain prononçait au Caire son discours historique de réconciliation avec l’islam. Au nom de valeurs partagées entre les Etats-Unis et le monde arabo-musulman, il appelait à une mobilisation générale contre Al-Qaida et ses thèses mortifères. Il opposait ainsi aux calamiteux errements de son prédécesseur la nouvelle vision d’un islam aussi constitutif de la foi américaine que le christianisme ou le judaïsme. Il prenait le contre-pied de la « guerre globale contre la terreur » en ciblant avec détermination l’infime minorité des partisans de Ben Laden, ennemis de la communauté des nations, et non des seuls Occidentaux.

Douze mois après cette main tendue, Barack Obama a restauré une partie du crédit des Etats-Unis dans cette région, même si l’absence de tout progrès tangible sur le règlement de la question palestinienne continue d’être son principal handicap. L’apparent enlisement de l’OTAN en Afghanistan joue aussi en sa défaveur, mais la poursuite du retrait des forces américaines hors d’Irak lève la principale hypothèque léguée par l’administration Bush.

C’est néanmoins le refus d’ajouter la guerre à la guerre qui a permis à Washington de reprendre l’initiative contre Al-Qaida. Jamais les Etats-Unis n’ont été aussi proches de pouvoir tourner la page du 11-Septembre et la proximité de ce dénouement possible dramatise d’autant le bras de fer avec l’organisation de Ben Laden.

1. Le déclin opérationnel

Al-Qaida est aujourd’hui composée de quatre pôles d’inégale importance : « Al-Qaida Central », soit la direction politico-militaire réfugiée depuis l’hiver 2001-2002 dans les zones tribales du Pakistan ; Al-Qaida pour la péninsule Arabique (AQPA), fondée en 2003 en Arabie saoudite, sur instruction de Ben Laden, et repliée au Yémen après l’échec de sa campagne terroriste contre le régime de Riyad ; Al-Qaida en Irak, constituée en 2004 à partir des réseaux fidèles au djihadiste jordanien Zarkaoui, et reprise en main après sa mort en 2006 par un émissaire égyptien de Ben Laden, Abou Hamza Al-Mouhajer ; Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), nouvelle dénomination en 2007 de la principale formation djihadiste algérienne.

Malgré sa vocation planétaire, Al-Qaida s’avère incapable d’étendre ses réseaux au-delà de ces quatre implantations, elle a ostensiblement abandonné l’Asie du Sud-Est, elle se heurte à l’implacable hostilité des formations nationalistes au Proche-Orient, elle se désintéresse du Caucase et elle s’abstient même de donner suite aux offres de service des djihadistes somaliens.

La plupart des victimes de la terreur d’Al-Qaida demeurent des musulmans tués dans des pays musulmans, surtout en Irak et au Pakistan. Mais la vague d’attentats sanglants à Bagdad depuis août 2009 n’a pas réussi à enrayer l’effondrement d’Al-Qaida en Irak, qui a été désavouée par la participation massive de la population sunnite aux élections de mars 2010, un mois avant l’élimination d’Abou Hamza Al-Mouhajer et de son adjoint. En Algérie, l’horreur suscitée par les massacres terroristes a contraint AQMI à suspendre les attentats-suicides. Au Yémen, les chefs tribaux qui ont accordé leur protection aux cellules d’Al-Qaida l’ont conditionnée au refus des attentats aveugles.

L’organisation de Ben Laden cherche pourtant désespérément à relancer le terrorisme antioccidental, mais elle ne dispose plus que de recrues trop vite formées, envoyées en mission sans vraie structure de soutien ni plan alternatif. D’où une succession impressionnante de fiascos, qu’Al-Qaida revendique au même titre que des victoires, rompant ainsi avec ses exigences opérationnelles des vingt années précédentes. Le seul succès dont Al-Qaida peut vraiment se targuer au cours de l’année écoulée est l’attentat-suicide contre l’antenne de la CIA à Khost, dans l’est de l’Afghanistan, où un agent double jordanien a éliminé son officier traitant et une demi-douzaine de ses collègues, le 30 décembre 2009.

Ce coup spectaculaire, médiatisé par une vidéo posthume du kamikaze aux côtés du chef des talibans pakistanais, Hakimullah Mehsud, relève cependant plus de la « guerre de l’ombre » entre services que de la terreur publicitaire à laquelle s’était identifiée Al-Qaida.

2. La contre-offensive musulmane

Al-Qaida ne compte aujourd’hui, toutes branches confondues, que mille à deux mille membres. Cette avant-garde autoproclamée et élitiste entend pourtant imposer son programme totalitaire à la masse de ses supposés coreligionnaires, qu’elle accuse de pratiquer un « islam américain » et somme d’épouser son nouveau dogme. Les dirigeants d’Al-Qaida, tels Ben Laden ou son adjoint égyptien Zawahiri, n’ont aucune légitimité religieuse à faire valoir et leur prétention sectaire a suscité un profond rejet, de la part de l’islam traditionnel ou populaire, mais aussi dans les rangs plus militants de l’islam radical. Longtemps confinées aux cénacles de l’islam officiel, les condamnations émanent désormais de ses anciens alliés salafistes ou djihadistes, qui fustigent son bricolage idéologique, voire sa « trahison » de l’islam.

Al-Qaida paie ainsi le prix de sa dialectique entre « l’ennemi proche », faussement musulman à ses yeux, et « l’ennemi lointain », l’Amérique et ses alliés. « L’ennemi lointain » est désigné avec d’autant plus de virulence que l’objectif est de l’attirer sur le territoire de « l’ennemi proche », afin de mieux déstabiliser celui-ci, car seule une escalade militaire de cet ordre peut permettre à Al-Qaida de surmonter sa faiblesse structurelle, en tirant parti du chaos suscité par une intervention occidentale.

Zawahiri appelle ainsi publiquement de ses voeux une guerre entre les Etats-Unis et l’Iran, dont il escompte la relance de la dynamique terroriste au coeur du Moyen-Orient. Al-Qaida en Irak s’efforce sans succès, par ses massacres de civils, de retarder le retrait américain qui signe sa perte. Et Ben Laden ne craint pas de revendiquer le fiasco de Noël 2009, dans l’espoir (déçu) que les Etats-Unis tombent dans le piège de représailles massives au Yémen.

Une telle politique du pire est naturellement combattue par les formations nationalistes, qui refusent d’être les otages de la dialectique cynique d’Al-Qaida. C’est ainsi que la guérilla irakienne, malgré son sunnisme exacerbé, s’est retournée contre Al-Qaida, bien avant que le général Petraeus amorce son « surge » de 2007 et le démantèlement progressif des réseaux de Ben Laden dans le pays.

C’est dans le même esprit que le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien ont été impitoyables envers toute tentative d’infiltration d’Al-Qaida, lui interdisant de prendre pied sur le théâtre hautement symbolique de la confrontation avec Israël. Quant au mollah Omar, il n’a certes jamais désavoué ses liens avec Ben Laden ; mais l’insurrection afghane ne compte fondamentalement que sur ses propres forces et c’est sur l’autre versant de la frontière avec le Pakistan qu’Al-Qaida s’est repliée.

3. L’enfermement virtuel

Al-Qaida s’efforce de compenser cette série de revers politico-militaires en surinvestissant la Toile comme espace virtuel de mobilisation. Elle y martèle les thèses du djihad pour le djihad, désormais rejetées jusque dans les cercles les plus radicaux, qui y voient au mieux un dévoiement, au pire une hérésie, car le djihad n’est qu’un moyen en vue d’une fin, soumis à la décision des docteurs de la loi. Ben Laden balaie cet impératif d’un recours aux clercs de l’islam et trouve dans l’Internet le vecteur privilégié de diffusion de leur vulgate sectaire. Al-Qaida met en ligne un document original tous les deux ou trois jours et elle multiplie ses appels au meurtre contre « les juifs et les croisés », espérant qu’ils seront entendus ici ou là, qu’un internaute isolé passera à l’acte criminel, relançant ainsi le cercle vicieux terreur/répression.

Al-Qaida n’est plus parvenue à frapper un pays occidental depuis les attentats de Londres en juillet 2005 et les djihadistes algériens d’AQMI ont échoué à projeter leur terreur au nord de la Méditerranée. Car la crise du recrutement djihadiste, aggravée par l’efficacité des services de sécurité, a atteint un tel niveau qu’Al-Qaida doit s’en remettre prioritairement à Internet pour radicaliser et programmer des terroristes potentiels. Toutes les récentes affaires impliquant AQMI sur le territoire français révèlent un rôle majeur de l’Internet dans la planification opérationnelle. La propagande d’Al-Qaida exalte depuis novembre 2009 le massacre par un officier américain et musulman de 13 autres militaires sur la base texane de Fort Hood.

C’est au fond la transposition de la redoutable dialectique entre « l’ennemi proche » et « l’ennemi lointain » à l’intérieur même des sociétés occidentales : les musulmans d’Europe et d’Amérique demeurant irréductiblement hostiles à Al-Qaida et à son message, seule une provocation isolée, mais à forte visibilité, pourra déclencher des représailles racistes et ouvrir un cycle de violence dont Al-Qaida espère profiter. Ce pari sur la haine communautaire était au coeur des attentats de Madrid, le 11 mars 2004, mais la maturité de la société espagnole l’a mis en échec. L’exaltation de la tuerie de Fort Hood représente dès lors la réplique d’Al-Qaida au discours d’Obama sur l’Amérique en paix avec l’islam comme avec elle-même. Il n’est pas trop tard pour prendre en compte la menace pernicieuse que véhicule le cyberdjihad et que l’idéalisation des vertus de l’Internet a longtemps occultée.

La neutralisation des sites djihadistes et de leur propagande homicide ne pose pas de problèmes techniques insurmontables, à condition qu’une coordination minimale existe entre les différents intervenants de cette guerre virtuelle. La « taupe » jordanienne que la CIA avait cru recruter (et qui s’est finalement retournée contre elle en décembre 2009 à Khost) se distinguait par sa violence sur Internet, soi-disant pour conforter sa « couverture ». Plus grave encore, une agence américaine a pu manipuler un « vrai-faux » site djihadiste, qu’une agence concurrente a détruit avant d’être mise dans la confidence. Le cyberespace est aussi le théâtre de « tirs amis ».

4. Le risque de la « pakistanisation »

Sous ces rodomontades rhétoriques, Al-Qaida est une organisation à bout de souffle. Adossée à la frontière afghane, « Al-Qaida central » joue son va-tout sur le terrain pakistanais, où elle jouit de la protection ancienne du seigneur de la guerre Jalaluddine Haqqani et de son fils Sirajuddine, puissants dans le Waziristan pakistanais comme dans la province afghane de Khost. Mais Ben Laden mise surtout sur la force révolutionnaire d’une nouvelle génération d’extrémistes pachtounes qui se sont regroupés en décembre 2007 dans le TTP, le mouvement des talibans pakistanais.

Al-Qaida complète ainsi la protection statique du réseau Haqqani par la perspective dynamique du TTP, engagé dans une campagne terroriste sans merci contre le régime d’Islamabad. Elle peut aussi compter sur la coopération des groupes djihadistes du Pendjab et du Sind, tel Lashkar-e-Taiba, responsable de l’attaque de Bombay en novembre 2008, qui accusent le gouvernement pakistanais de les avoir trahis au profit de la détente avec l’Inde.

Le commandant Massoud, peu avant son assassinat en 2001 par des sicaires de Ben Laden, décrivait Al-Qaida comme la « colle » indispensable à la cohérence des talibans afghans. La même formule peut s’appliquer à la coalition pakistanaise de formations djihadistes, dont Al-Qaida potentialise l’offensive révolutionnaire contre « l’ennemi proche », la République islamique du Pakistan, au nom de la lutte contre « l’ennemi lointain » et américain. Nombre de prisonniers capturés lors des offensives gouvernementales dans les zones tribales croyaient combattre les troupes américaines, et non l’armée pakistanaise.

Barack Obama qualifie de « cancer » le risque djihadiste au Pakistan et les drones de la CIA mènent régulièrement des raids meurtriers contre Al-Qaida et ses alliés dans les zones tribales du Pakistan. Ben Laden a riposté en dépêchant un de ses kamikazes contre la base arrière de la CIA, sur l’autre versant de la frontière, puis en encourageant le TTP à viser le territoire même des Etats-Unis. Tel est le sens de la provocation de Times Square, assumée par Hakimullah Mehsud lui-même, afin de piéger « l’ennemi lointain » au Pakistan.

La piste de tous les attentats déjoués ces derniers mois sur le territoire américain remonte jusqu’à « Al-Qaida central » et aux zones tribales. Pour le président démocrate, il ne s’agit plus seulement de « finir le travail » laissé inachevé par George W. Bush, mais d’empêcher la « pakistanisation » d’Al-Qaida et le renouveau de sa terreur globale. Le paradoxe assumé par la Maison Blanche est qu’une intervention accrue au Pakistan risque d’accélérer ce processus au lieu de le neutraliser. Un an après le discours du Caire, la voie reste étroite dans le quitte ou double d’Obama face à Al-Qaida.

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Professeur à Sciences Po (chaire Moyen-Orient), Jean-Pierre Filiu a obtenu en 2008 le Prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois et a été professeur invité à l’université de Georgetown. Ses travaux sur l’islam contemporain ont été traduits dans une dizaine de langues. Il a publié « Les Neuf Vies d’Al-Qaida » (Fayard, 2009).

__________ 4 – Le Figaro avec Reuters

Le Yémen dit avoir déjoué des attentats

Les forces de sécurité yéménites ont déjoué des projets d’attentats d’islamistes d’Al Qaïda visant des cibles stratégiques, rapporte le ministère yéménite de la Défense aujourd’hui.

Une cache d’Al Qaïda a été détruite dans la province de Maarib et « un complot visant des installations économiques et gouvernementales et des camps militaires » a été déjoué alors qu’il était sur le point d’être mené à bien, dit le journal en ligne du ministère.

Aucune précision n’a été fournie sur les installations qui étaient visées.

La région de Maarib est le théâtre d’affrontements entre troupes gouvernementales et membres de la tribu d’un gouverneur adjoint de la province tué accidentellement en mai lors d’un raid aérien qui visait des rebelles islamistes. Djaber al Chabouani travaillait en outre comme médiateur pour persuader les membres d’Al Qaïda de se livrer aux autorités.

L’annonce du ministère de la Défense intervient après des jours d’affrontements entre l’armée et des insurgés à Ouadi Obeida, considéré comme un fief des rebelles dans la province de Maarib, importante région pétrolifère du pays qui abrite un oléoduc acheminant le brut jusqu’à la côte.

__________ 3 – Quotidien du Peuple (Chine) avec Xinhua

Deux soldats tués lors du désamorçage d’une mine

Deux soldats yéménites ont été tués et trois autres blessés dimanche par l’explosion d’une mine qu’ils désamorçaient près d’un camp militaire dans la province d’al-Dhalee, dans le sud du Yémen, selon des sources de la sécurité.

Les deux soldats ont trouvé la mort alors qu’ils tentaient de désamorcer une mine posée par des hommes armés non identifiés près d’une porte du camp militaire, a indiqué à Xinhua un responsable de la sécurité provinciale, sous le couvert de l’anonymat.

Dans le même temps, l’agence de presse officielle yéménite, Saba, a rapporté dimanche que les forces de sécurité ont obtenu un grand succès dans la poursuite des membres du groupe Al-Qaïda et qu’elles ont réussi à éliminer des dizaines d’entre eux.

« Le Yémen a la ferme détermination d’éliminer celui-ci (groupe Al-Qaïda), de repérer ses éléments et de les poursuivre où qu’ils se trouvent », a indiqué Saba, citant un responsable du ministère de l’Intérieur.

______________________ 2 – AFP

Yémen: des tribus s’engagent à ne plus abriter des éléments d’Al-Qaïda

Les tribus d’une région de l’est du Yémen se sont engagées, en vertu d’un accord avec les autorités, à ne plus abriter de suspects d’al-Qaïda et ne plus commettre d’actes de violence, ont indiqué dimanche des sources tribales.

L’accord est intervenu au cours d’une réunion samedi entre les notables de la tribu des al-Abida et le ministre de l’Intérieur le général Moutahar Rachad al-Masri, quelques heures après un acte de sabotage contre un oléoduc dans la région de Marib (est) où est implantée cette tribu.

Des hommes armés avaient fait exploser samedi à l’aube l’oléoduc reliant les champs pétrolifères de la région de Marib à la mer Rouge, en riposte à une attaque contre l’un de leurs chefs, accusé d’héberger des membres d’Al-Qaïda.

Selon une source tribale, les dignitaires tribus se sont engagés au cours de la réunion à « ne plus héberger de personnes recherchées par les services de sécurité ou accusées d’appartenance à Al-Qaïda ».

« L’accord permet également aux équipes techniques de commencer à réparer l’oléoduc, et stipule que les hommes armés des tribus vont lever les barrages armés qu’ils avaient érigés pour barrer la route aux voitures officielles et aux camions-citernes entre Marib et Sanaa », a ajouté cette source.

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, cité par les médias officiels, a affirmé que « les chefs des tribus d’Abida et d’al-Achraf ont fait part de leur disposition à aider l’Etat à poursuivre les éléments recherchés, et ont condamné les actes de sabotage commis par des éléments hors-la-loi contre les intérêts publics ».

L’attaque de samedi avait visé un oléoduc à 6 km à l’est de Marib (170 km à l’est de Sanaa), pour protester, selon des sources tribales, contre une attaque de l’armée visant la résidence d’un chef tribal, cheikh Nasser Gammad ben Dawham, accusé d’héberger des membres d’Al-Qaïda qui est bien implantée dans la province de Marib.

Le 5 juin, un officier supérieur de l’armée et deux soldats avaient été tués près de Marib dans une attaque, attribuée à Al-Qaïda contre un convoi officiel qui était en route pour la zone pétrolifère de Safer.

Les tribus yéménites, fortement armées, font la loi dans leurs régions.

______________________ 1 – JDD

Un oléoduc saboté au Yémen

Des membres de tribus yéménites proches d’Al Qaïda ont fait exploser samedi matin un oléoduc reliant la province orientale de Maarib à un terminal de la mer Rouge, rapporte la chaîne de télévision Al Arabia.

La chaîne, qui cite des sources au sein des services de sécurité, précise que l’explosion a gravement endommagé l’installation et que le pompage du pétrole a été suspendu.

L’armée yéménite a bombardé les maisons de certains chefs tribaux, notamment celle de Nasser Hammad al Doham, soupçonné de donner refuge à des militants d’Al Qaïda. Un officier et un soldat avaient été tués dans cette attaque.