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28/12/2015 (Brève 575) RFI / Violences à Djibouti: une ONG publie une liste provisoire des victimes

Lien avec l’article original : http://www.rfi.fr/afrique/20151227-djibouti-liste-ligue-victimes-droits-humains-violences-morts

A Djibouti, pour la première fois, la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) publie une liste provisoire des victimes des affrontements entre civils et forces de l’ordre survenus à Balbala, en périphérie de Djibouti, le lundi 21 décembre. Des violences meurtrières avaient éclaté en marge d’une cérémonie religieuse.

Dans le communiqué de presse de la Ligue djiboutienne des droits humains (à consulter en bas de l’article), on y voit des noms écrits noir sur blanc, répartis selon des colonnes : morts, blessés, disparus et prisonniers.

Cette liste est provisoire, explique le président de la LDDH, Omar Ali Ewado. « Lorsque l’armée a ouvert le feu sur les gens, ils se sont dispersés en bordure de la ville, on ne sait pas s’ils sont morts, vivants ou prisonniers. »

Selon l’ONG, 34 personnes sont portées disparues et 13 ont été arrêtées depuis le 21 décembre. Cette liste est jugée « crédible » par des sources à Djibouti et à Paris.

La LDDH a également interpellé le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies : « Nous demandons à la communauté internationale l’établissement d’une Commission indépendante qui va enquêter sur les causes et les conséquences pour savoir ce qu’il s’est passé. »

Cette organisation dresse un bilan provisoire d’au moins 29 morts et 52 blessés. De son côté, le gouvernement fait état de 7 victimes et 70 blessés, dont plusieurs policiers, lors d’affrontements entre civils et forces de l’ordre en marge d’une cérémonie religieuse.

28/10/10 (B575) Le Journal de la Flibuste – Un navire français échappe aux pirates dans le bassin somalien – les pirates désertent un navire français – Un navire danois coule un « bateau-mère » de pirates dans le golfe d’Aden – Un hélicoptère inconnu a attaqué des pirates somaliens (4 articles)

__________ 4 – Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Un navire français échappe aux pirates dans le bassin somalien

Un navire battant pavillon français a réussi à déjouer une tentative de détournement lancée par des pirates somaliens à quelque 1.000 milles nautiques au large de Dar es-Salaam, plus grande ville et centre économique de la Tanzanie, a annoncé mercredi la Force navale de l’Union européenne déployée dans la région.

Per Kingvall, porte-parole de la force européenne, a déclaré que le méthanier Maido, avec 14 membres d’équipage à bord, a été attaqué mardi soir par des pirates dans le bassin somalien.

Les 14 membres d’équipage du navire sont sains et saufs, a indiqué le porte-parole, qui n’a cependant pas précisé leur nationalité.

Nombre d’attaques contre des navires commerciaux dans la région ont été menées par des pirates somaliens équipés d’armes automatiques et de lance-grenades, ont fait savoir des responsables maritimes.

Les pirates somaliens détiennent actuellement près de 20 navires et 400 otages, selon la Force navale de l’Union européenne. La plupart des détournements de navires se terminent sans dégâts après paiement d’une rançon, mais souvent après des mois de négociations.

La Somalie, qui figure parmi les pays les plus violents et chaotiques au monde, ne dispose d’aucun gouvernement effectif depuis 1991.

_____________________ 3 – Metro (Montréal – Canada)

Somalie: les pirates désertent un navire français

La Force navale de l’Union européenne a indiqué, mercredi, que des pirates ont abandonné un navire battant pavillon français dont ils s’étaient emparés.

La Force navale a expliqué que les pirates ont abandonné le Maido quand l’équipage s’est réfugié dans une pièce de sécurité et qu’ils se sont trouvés incapables de diriger le navire. L’attaque s’était produite mardi à une centaine de kilomètres au large de la Tanzanie.

Le Maido transportait du gaz de pétrole liquéfié. Les 14 membres d’équipage seraient sains et saufs.

Les pirates somaliens détiennent actuellement une douzaine de navires et des centaines d’individus. Les navires et les équipages sont normalement libérés après le versement d’une rançon.

Par ailleurs, la marine danoise a fait savoir qu’elle a capturé des armes et du carburant à bord d’un présumé navire pirate au large de la Somalie, avant de détruire le navire.

Six personnes ont été appréhendées à bord du navire, puis libérées après avoir été questionnées. Le navire détruit aurait été utilisé par les pirates pour lancer des attaques contre des navires marchands.

_____________________ 2 – AFP

Un navire danois coule un "bateau-mère" de pirates dans le golfe d’Aden

Un navire de guerre danois a intercepté puis coulé dans le golfe d’Aden un "bateau-mère" de pirates présumés, confisquant de grandes quantités d’essence et d’armes, a indiqué mercredi la marine danoise.

L’équipage de l’Esbern Snare "a abordé au large des côtes de Somalie un bateau-mère suspect mardi où il a saisi un grand nombre de bidons d’essence et d’armes et interpellé six pirates présumés somaliens à bord", a déclaré à l’AFP Kenneth Nielsen, porte-parole du Commandement opérationnel de la marine danoise (SOK).

Le bateau a été ensuite "miné et coulé par des explosifs", a-t-il ajouté.

Ces "bateaux-mère" sont généralement des cargos transportant des vedettes rapides, utilisées par les pirates pour attaquer d’autres navires.

Les six pirates présumés ont été "ramenés mardi après-midi par la marine danoise au rivage des côtes somaliennes et libérés", selon ce porte-parole.

"Nous ne pouvions pas les arrêter car ils n’ont pas commis d’acte criminel, selon la loi", a précisé cet officier.

L’Esbern Snare participe aux opérations anti-piraterie de l’Otan dans le Golfe d’Aden, "Ocean Shield" (Bouclier de l’Océan), une présence permanente depuis août 2009 et que l’Alliance a décidé de prolonger jusqu’à la fin 2012.

Plus de 200 actes de piraterie ont été enregistrés en 2009 dans cette zone, ce qui constitue un record, avec des rançons versées pour un montant estimé à quelque 50 millions de dollars.

_____________________ 1 – OPEX 360

Un hélicoptère inconnu a attaqué des pirates somaliens

Le 26 septembre dernier, un hélicoptère venu de la mer aurait ouvert le feu à Merca, une localité somalienne où s’étaient réunis les dirigeants des milices islamiques Shebab pour mettre à plat une brouille concernant la stratégie de leur mouvement. Personne n’a clamé la responsabilité de ce raid, dont on ne sait s’il a fait ou non des victimes.

L’AMISOM, la force de l’Union africain déployé dans le pays afin de soutenir le gouvernement fédéral de transition somalien ne dipose pas de voilures tournantes, ce qui l’exclut de facto de la liste des responsables probables. Et aussi bien le Pentagone que l’Union européenne, avec sa force navale Atalante présente dans la région, ont démenti toute action.

Un mois plus tard, le même scénario s’est répété. A la différence près que, cette fois, ce sont des pirates somaliens qui ont été visés. Selon des témoignages relayés par l’AFP, dans la nuit du 24 au 25 octobre, un hélicoptère aurait ainsi tiré un missile après avoir essuyé des coups de feu au-dessus du village côtier de Labad, situé à 25 km au nord de Hobyo, un repaire connu de la piraterie somalienne.

« Plusieurs de nos amis qui s’apprêtaient à prendre la mer en vue d’une attaque ont été provoqués par un hélicoptère militaire des forces internationales, ils ont ouvert le feu sur lui mais il a répliqué par un tir de missile qui a tué quatre personnes, dont des pêcheurs » a expliqué Abdi Yare, un pirate originaire d’Hobyo. Le témoignage de ce dernier a été confirmé par une autre source.

La force navale de l’UE Atalante a nié toute implication dans cet accrochage et indiqué ne pas avoir eu vent d’un incident de ce type avec la CMF américaine et les bâtiments de l’opération Ocean Shield de l’Otan.

Cela étant, ce n’est pas la première fois que des hélicoptères d’origine inconnue au moment des faits se livrent à des raids au-dessus de la Somalie. En septembre 2009, près du village d’Erile, dans le sud de la Somalie, quatre appareils non identifiés avaient pris part à une opération spéciale visant le kenyan Saleh Ali Saleh Nabhan, suspecté d’être impliqué dans l’organisation de l’attentat contre un hôtel à Mombasa (Kenya), en novembre 2002. Ce n’est que quelques jours plus tard que l’on avait appris qu’il s’était agi d’un raid américain.

28/10/10 (B575) Nouvelles de Somalie – On risque de payer cher tout désengagement à l’égard de la Somalie – combats meurtriers à la frontière kényane – De nouveaux combats génèrent 60.000 nouveaux déplacés – 60.000 Somaliens fuient les combats et actus Afrique Moyen Orient (4 articles)

_____________________ 4 – Afrique Actu

On risque de payer cher tout désengagement à l’égard de la Somalie

Stephen Kaufman, Bureau des programmes d’information internationale du département d’Etat

Selon le secrétaire d’État adjoint aux affaires africaines, M. Johnnie Carson, il est nécessaire que davantage de pays contribuent, en forces militaires et en biens matériels, à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) et prennent diverses autres initiatives sécuritaires et humanitaires en faveur de ce pays car « il n’est dans l’intérêt de personne » de s’en désengager et de laisser les Somaliens s’entre-déchirer.

« Les flux de réfugiés, les attaques de pirates et les menaces terroristes continueront d’empirer si nous ne coopérons pas avec la Somalie en vue de régler ces problèmes », a déclaré M. Carson lors d’une allocution récente au Centre d’études stratégiques et internationales de Washington.

À ce jour, la réaction de la communauté internationale à la crise interne somalienne a été « trop faible, trop lente et trop désorganisée pour avoir l’effet souhaité », à tel point que « le monde en subit les conséquences aujourd’hui car les problèmes humanitaires et sécuritaires ne cessent de surgir », et il risque de payer « en déstabilisation, en piraterie et en terrorisme » un prix encore plus élevé si la situation ne change pas.

La communauté internationale devra faire plus, notamment en contributions à l’AMISOM, a affirmé le haut responsable.

« Jusqu’ici, seuls l’Ouganda et le Burundi ont affecté des forces à cette mission menée par l’Afrique. D’autres pays de ce continent et peut-être quelques pays arabes et islamiques modérés devraient envisager des apports de troupes », a-t-il dit.

« Les forces de l’AMISOM font tout leur devoir et jouent un rôle dans la solution de cette crise qui est non seulement nationale, mais aussi régionale et mondiale. En conséquence, les pays du monde, de l’Europe à l’Asie, doivent fournir des équipements militaires et une assistance financière » afin de soutenir l’AMISOM et le Gouvernement fédéral de transition (TFG) de la Somalie. L’envoi de fournitures militaires, neuves ou usagées, « ferait beaucoup en vue de faciliter les déploiements actuels et futurs de l’AMISOM ».

M. Carson a invité expressément la Ligue arabe à tenir son engagement de verser au TFG 10 millions de dollars par mois en aide budgétaire générale. Il a fait observer que l’Égypte, le Yémen et l’Arabie saoudite faisaient, eux aussi, les frais de la piraterie en mer Rouge en provenance de la Somalie.

Il a également plaidé en faveur d’un soutien financier accru destiné à aider les pays voisins de la Somalie à arrêter, poursuivre et justice et incarcérer les auteurs d’actes de piraterie, ce qui « adresserait un message puissamment dissuasif » à toute personne qui serait tentée de se livrer à de tels actes.

Le gouvernement Obama appuie les activités de stabilisation en Somalie par ses contributions à l’AMISOM et au TFG, a poursuivi M. Carson. Depuis 2007, les États-Unis ont dégagé une aide de 229 millions de dollars à l’AMISOM et de 35 millions de dollars au TFG pour l’aider à se doter d’une force de sécurité nationale à base élargie. En outre, depuis 2009, ils ont versé pour plus de 180 millions de dollars d’aide humanitaire ainsi que 60 millions de dollars au titre de l’aide au développement, a-t-il dit.

« Les États-Unis comptent poursuivre leur action en faveur d’une solution à long terme. En coopération avec nos partenaires régionaux et internationaux, nous appliquerons une politique visant à promouvoir en Somalie la stabilité et la sécurité, le redressement économique et le développement, ainsi qu’une amélioration de la situation humanitaire. »

Coopération accrue des États-Unis avec les gouvernements régionaux

Le secrétaire d’État adjoint a indiqué que les États-Unis entendaient étoffer leur partenariat avec les gouvernements régionaux du Somaliland et du Puntland, ainsi qu’avec d’autres pouvoirs locaux du centre-sud de la Somalie qui s’opposent aux insurgés extrémistes shebab, mais qui ne sont pas alliés au TFG de Mogadiscio.

« Nous pensons qu’eux aussi méritent notre soutien », a-t-il déclaré. Cependant, en apportant leur aide à ces régions, les États-Unis « ne cherchent nullement à contourner un des principes de base de l’Union africaine, qui est de ne reconnaître qu’un seul État somalien ».

« Notre relation consistera à leur apporter une aide de dimension modeste, qui permettra à ces gouvernements de stimuler le développement économique », a-t-il dit, précisant qu’il s’agissait d’appuyer par exemple des projets hydriques et de microfinancement.

En outre, en augmentant son appui au Somaliland et au Puntland, le gouvernement Obama reconnaît les progrès que réalisent ces régions et leur stabilité relative, « de même que leurs liens commerciaux, claniques et matrimoniaux et le degré auquel la stabilité dans une région peut contribuer à la stabilité dans d’autres parties du pays », a déclaré M. Carson.

________________ 3 – Afrik.com

Somalie : combats meurtriers à la frontière kényane

Des combats dans la ville de Bulo Hawo, au sud-ouest de la Somalie, près de la frontière kenyane « ont poussé quelque 60 000 Somaliens à abandonner leur foyer la semaine dernière », a expliqué le porte parole du Haut commissariat de l’ONU aux réfugiés (HCR), Andrej Mahecic.

Selon Afrique Actu, la plupart des déplacés ont fui dans les villages voisins et certains ont traversé la frontière vers le Kenya. « Au moins 10 personnes ont été tuées durant les combats entre Al-Shabaab et Ahlu Sunna Wal Jamaa, une milice alliée au Gouvernement somalien de transition », a indiqué Andrej Mahecic.

Le 17 octobre, une milice pro-gouvernementale, dirigée par un chef de guerre local et récemment entraînée avec le concours de l’Ethiopie, avait repris le contrôle de cette ville aux shebab, avec le soutien de la milice armée soufie Ahlu Sunna wal Jamaa.

________________ 2 – Afrique Actu

De nouveaux combats génèrent 60.000 nouveaux déplacés

Jean-Pierre Ndongo

De violents affrontements survenus dans la ville somalienne de Beled Hawo à la frontière avec le Kenya ont poussé cette semaine quelque 60.000 Somaliens à fuir, a indiqué mardi le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Au moins 10 personnes ont été tuées durant les combats entre Al-Shabaab et Ahlu Sunna Wal Jamaa, une milice alliée au Gouvernement somalien de transition », a précisé un porte-parole du HCR, Andrej Mahecic, lors d’une conférence de presse à Genève.

La plupart des déplacés ont fui dans les villages voisins et certains ont traversé la frontière vers le Kenya. Sur 40.000 déplacés à l’intérieur de la Somalie, la plupart vivent en plein air sans abri, ni eau, ni vivres, ni installations d’assainissement. Pour aggraver encore les choses, il pleut depuis plusieurs jours, ce qui accroît le risque de déclenchement d’une épidémie.

Parmi les personnes ayant fui au-delà de la frontière vers la ville kényane de Mandera dans le nord, un grand nombre louent des maisons ou sont accueillis par la communauté locale en attendant le ralentissement des combats avant de prendre la décision de rentrer chez eux. « Nous sommes particulièrement préoccupés par l’aggravation des conditions sanitaires et de sécurité pour des milliers de personnes qui sont sans abri au point de frontière numéro un depuis le 17 octobre », a dit le porte-parole.

Le nombre de réfugiés somaliens dans ce site de fortune s’accroît de jour en jour et s’élève à 5.000 mardi matin. Les réfugiés sont majoritairement des femmes, des enfants et des personnes âgées. « Notre personnel à Mandera indique que les conditions sanitaires se détériorent rapidement dans le site, qui ne dispose ni d’abri ni de toilettes. La situation des réfugiés est déplorable » ; a ajouté M. Mahecic.

Le point de frontière numéro un – situé à 500 mètres seulement de la frontière entre la Somalie et le Kenya – est à portée de tirs d’armes à feu en cas de reprise des affrontements à Beled Hawo. La tension augmente. Des informations font état d’un regroupement organisé par Al-Shabaab pour lancer une attaque et reprendre la ville. Le HCR exhorte les autorités kényanes à accélérer le transfert des nouveaux arrivants hors de la région frontalière vers un centre de réception où l’agence onusienne et ses partenaires peuvent répondre à leurs besoins d’assistance et en matière de protection.

Le HCR a déjà commencé l’enregistrement des nouveaux arrivants et coordonne la réponse humanitaire. Les autorités kényanes et les agences humanitaires travaillent étroitement avec l’agence onusienne pour délivrer des services essentiels et fournir des vivres, de l’eau, des abris, des médicaments et des installations d’assainissement aux personnes nouvellement déplacées. On compte 1,46 million de personnes déplacées internes en Somalie. Quelque 614.000 Somaliens vivent en tant que réfugiés, pour la plupart dans les pays voisins.

________________ 1 – Web Magazine avec AP et HCR

60.000 Somaliens fuient les combats et actus Afrique Moyen Orient

Le Haut commissariat aux Réfugiés (HCR) de l’ONU a constaté mardi que 60.000 civils ont fui les combats la semaine dernière en Somalie.

Selon Andrej Mahecic, porte-parole du HCR, au moins dix personnes ont été tuées dans des affrontements entre un groupe islamiste et milice pro-gouvernementale dans le district de Beled-Hawa. Les civils ont fui principalement dans les villages alentour et certains ont franchi la frontière kenyane.

28/10/10 (B575) un sommet régional est-africain déplacé de Nairobi à Addis-Abeba (Le Monde avec AFP)

Un sommet est-africain des pays membres de l’Initiative gouvernementale de développement (Igad) se tiendra samedi à Addis-Abeba et non plus à Nairobi, apparemment en raison d’un imbroglio autour de la participation du président soudanais Omar el-Béchir, a-t-on appris mercredi de sources diplomatiques.

Le Kenya, où devait se dérouler initialement cette réunion, a été mis en demeure mardi par la Cour pénale internationale d’arrêter M. el-Béchir en cas de venue de ce dernier, soupçonné de génocide au Darfour par la juridiction internationale.

Le Kenya a signé et ratifié le Statut de Rome, texte fondateur de la CPI, et se trouve de ce fait sous l’obligation d’arrêter Omar el-Béchir selon cette Cour, ce qui n’est pas le cas de l’Ethiopie, non signataire du traité.

La CPI avait indiqué mardi avoir demandé au Kenya "de prendre toute mesure nécessaire pour s’assurer que le président du Soudan, Omar el-Béchir, soit arrêté et remis à la Cour s’il visite le Kenya le 30 octobre".

Mais c’est finalement à Addis-Abeba que se déroulera la réunion. "Le 29 octobre les ministres des affaires étrangères se rencontreront et le sommet aura lieu le 30", a indiqué à l’AFP une source diplomatique soudanaise à Addis-Abeba. Cette réunion sera consacrée à un examen de la situation au Soudan à l’approche d’un référendum d’autodétermination du sud du pays prévu en janvier prochain aux termes d’un Accord de paix global signé en 2005.

Une source diplomatique éthiopienne a confirmé qu’Addis-Abeba était désormais retenu pour accueillir la réunion de l’Igad, ajoutant que "l’Ethiopie fournissait juste l’infrastructure" pour ces débats, et ne donnant pas d’explication pour ce changement de lieu.

Il est difficile de savoir si M. Béchir fera le déplacement d’Addis, les invitations ayant été envoyées par le Kenya, ajoute-t-on de même source.

Le Kenya et l’Igad se sont pour l’instant refusé à tout commentaire officiel sur le lieu du sommet de samedi. Une source diplomatique à Nairobi interrogée par l’AFP a confirmé de son côté que le transfert de la réunion de Nairobi à Addis était bien une conséquence de l’imbroglio autour de la participation de M. el-Béchir.

Omar el-Béchir s’était rendu fin août au Kenya pour la cérémonie de promulgation de la nouvelle constitution du pays, mais les autorités kenyanes ne l’avaient pas arrêté, provoquant de nombreuses critiques de la part de la communauté internationale.

La CPI avait informé le 27 août le Conseil de sécurité des Nations unies de la visite de M. el-Béchir au Kenya ainsi que de sa visite en juillet au Tchad, afin qu’il puisse prendre "toute mesure" qu’il jugerait "appropriée".

Comme bon nombre de la trentaine de pays africains qui ont ratifié la création de la CPI, le Kenya est écartelé entre ses obligations aux termes du Statut de Rome et son appartenance à l’Union africaine. L’UA juge contre-productifs pour la paix au Darfour les deux mandats d’arrêt lancés par la CPI contre M. el-Béchir, et elle a demandé à ses membres de ne pas arrêter le président soudanais.

L’Igad est composée normalement sept pays: Ouganda, Ethiopie, Djibouti, Kenya, Soudan, Somalie mais le septième, l’Erythrée, est actuellement suspendu.

28/10/10 (B575) Yémen Express – La pénurie qui sévit attise la violence (1 article)

________________________ 1 – IRIN (ONU)

YÉMEN: La pénurie qui sévit attise la violence

Selon un nouveau rapport, les violences dues au manque de terres et de ressources en eau font plus de morts que la rébellion, le « terrorisme » et le sécessionnisme réunis.

Le Yémen est aux prises avec un mouvement sécessionniste de plus en plus violent dans le sud, des rébellions récurrentes dans le nord et des attentats commis régulièrement contre le gouvernement par Al-Qaïda dans la péninsule arabique, la branche locale d’Al-Qaïda. Alors que ces crises font la une des journaux et attirent l’attention des dirigeants occidentaux, les conflits sociaux dus à la pénurie de ressources représentent peut-être une menace plus insidieuse à long terme pour le pays, souligne le rapport Under Pressure: Social Violence over Land and Water in Yemen (Sous pression : les violences sociales au sujet de la terre et de l’eau au Yémen).

« Le Yémen est aujourd’hui en proie à un grand nombre de difficultés », a dit à IRIN Gavin Hales, chercheur principal du rapport. « Il est dommage que les violences sociales au sujet de la terre et de l’eau aient reçu relativement peu d’attention en dépit des impacts considérables qu’elles ont sur le développement socioéconomique de nombreux citoyens ordinaires du Yémen et des milliers de morts qu’elles causent chaque année ».

La plupart de ces violences ont lieu dans les zones rurales, sur lesquelles le gouvernement central a peu de contrôle, et coûtent la vie à plus de 4 000 personnes par an, selon le ministre de l’Intérieur, un chiffre qui ne comprend pas une grande proportion de cas jugés par la loi tribale.

La taille moyenne des propriétés foncières diminue face à une croissance démographique de trois pour cent par année et l’absence de système de cadastre fiable et détaillé ouvre la voie à des litiges fonciers de longue durée. Jusqu’à la moitié des affaires portées devant les tribunaux sont liées à la question des terres et nombre d’entre elles durent des années. Le système est aussi sujet à une corruption massive qui compromet encore davantage la crédibilité du gouvernement. Les affaires étant peu souvent portées devant la justice, la violence devient une option lorsque la médiation tribale échoue.

Eau

La pénurie d’eau au Yémen est peut-être la crise la plus redoutable à laquelle le pays est confronté. La disponibilité annuelle en eau par personne représente seulement deux pour cent de la moyenne mondiale et Sanaa pourrait être la première capitale du monde à être privée d’eau. L’origine du conflit actuel sur les ressources en eau remonte aux années 1970, a dit Gerhard Lichtenthaeler, consultant pour la Deutsche Geselischaft für Technische Zusammenarbeit (GTZ), une entreprise de coopération internationale qui cherche à apaiser les conflits liés à l’eau.

À cette époque, les conflits concernaient les eaux de surface, mais des Yéménites de retour d’Arabie Saoudite et y ayant appris l’existence de la technologie des puits tubulaires ont commencé à creuser des puits au Yémen. « Dans un premier temps, ça a permis de résoudre les conflits, car vous aviez votre propre puits sur votre propre terrain. Jusqu’à ce que, 20 ans plus tard, les gens réalisent que cette eau n’allait bien entendu pas durer toujours ». Aujourd’hui, la construction d’un nouveau puits, notamment sur des terres en litige, peut provoquer des tensions entre tribus.

La question de savoir si la pénurie de terres et d’eau est la source des conflits ou seulement un élément déclencheur d’une grogne latente se pose toujours. « La pénurie et la gestion des ressources sont en effet les principaux moteurs de conflits dans de nombreuses régions », a dit M. Hales.

« Il est néanmoins important de reconnaître que [ces problèmes] sont liés à d’autres sujets de mécontentement comme la vengeance et la désaffection politique ». En 2009, « il y a eu des manifestations à Lahj et à Aden contre les interruptions des systèmes municipaux d’approvisionnement en eau et, bien sûr, [ces reproches] s’inscrivent dans des revendications plus générales », a-t-il dit, en faisant référence aux protestations des habitants du Sud qui se plaignent d’être marginalisés politiquement et économiquement par le gouvernement, principalement composé de citoyens du Nord.

Armes à feu

Les violences sociales dans cette république appauvrie sont exacerbées par la possession très répandue d’armes. Les statistiques fréquemment citées selon lesquelles le Yémen compterait 60 millions d’armes à feu ont été discréditées à plusieurs reprises, mais l’estimation plus réaliste de ce rapport, qui relève environ 11 millions d’armes à feu dans ce pays de 23 millions d’habitants, représente néanmoins l’un des taux les plus élevés du monde.

En raison de cette omniprésence des armes, les conflits liés aux ressources sont plus susceptibles de faire des morts. « Le gouvernement yéménite a pris des mesures importantes – en particulier depuis 2007 – pour restreindre le port d’arme dans les villes et diminuer la quantité d’armes sur le marché intérieur », a dit M. Hales.

Cependant, le manque de contrôle du gouvernement central sur les zones rurales rend politiquement difficile l’application de ce genre de mesures en dehors des villes, surtout si l’on tient compte du rôle important des armes dans la culture tribale. « C’est un domaine dans lequel les communautés locales pourraient s’aider elles-mêmes, en cherchant par exemple à rétablir les traditions de sécurité et garantir un accès sécurisé aux écoles, aux marchés et aux établissements de santé », a-t-il ajouté.

L’avis des chefs tribaux sur le rôle des armes dans les conflits est mitigé. « Le problème, ce n’est pas les armes à feu », a dit à IRIN le cheik Mohammed Al-Shaif, du gouvernorat d’Al-Jawf. « Le port d’arme fait partie de notre société et de notre culture. Ce ne sont pas les armes qui tuent les gens, c’est leur mentalité ».

Il a ajouté que malgré tout, les chefs tribaux pourraient être disposés à renoncer à leurs armes. « Les gens que je connais sont prêts à déposer les armes si on leur garantit qu’ils ne seront pas victimes de violences et que la loi sera respectée par tous. Les tribus sont prêtes à accepter la loi si elle est juste ».

Le cheik se plaint toutefois que les lois en matière d’armes à feu ne sont pas appliquées équitablement. « Par exemple, la loi interdisant le port d’arme n’a pas été appliquée de manière équitable. On a fait des exceptions pour les officiers de haut rang. Aussi, les riches qui possèdent plusieurs voitures ne sont pas contraints de s’arrêter aux postes de contrôle pour être fouillés ».

Le cheik a également fait écho à l’appel de M. Hales en faveur du rétablissement des traditions de sécurité. Il appelle en particulier à l’élimination des conflits tribaux dans la capitale, Sanaa. Le meurtre d’un chef tribal, un acte de représailles survenu à peine quelques heures plus tôt devant un restaurant bondé de Sanaa, ajoutait une certaine solennité à son discours.

Rareté des ressources

Le cheik Mohammed a laissé entendre qu’il serait prêt, avec certains de ses semblables, à accepter la volonté du gouvernement, même sur les terres tribales, s’ils avaient confiance dans le gouvernement central. « S’il y avait une intention réelle et sincère de la part du gouvernement de résoudre les problèmes sociaux de manière équitable, la loi serait respectée », a-t-il ajouté.

Alors que les décideurs américains examinent la possibilité d’accorder au Yémen un milliard de dollars pour aider le gouvernement à faire face aux menaces posées à sa sécurité, les analystes s’interrogent à savoir si la violence politique constitue le principal obstacle à long terme à la stabilité du Yémen.

« La violence sociale est la plus grande menace à long terme pour le Yémen », a dit Abdul-Ghani al-Iryani, un analyste politique yéménite. « On peut mettre fin relativement facilement à la violence politique et à la violence de l’État contre la population par l’intermédiaire d’un nouvel accord politique. Mais la rareté des ressources demeure un problème épineux qui ne peut être réglé par consensus politique et qui demande beaucoup plus d’efforts ».

28/10/10 (B575) Point de vue : des virus que nous devrons éradiquer sans regret … AU FIL DE TEMPS ILS ONT EU BEAUCOUP D’APPELLATION (MPL, FDLD) (Lecteur)

Avec la naissance du mouvement populaire de libération « MPL », sous l’impulsion de jeunes, qui adhéraient majoritairement aux idéologies marxistes, souvent parce qu’ils pensaient y trouver des éléments pour contrer la puissance coloniale, la société Afar a été maudite !

Dans quel cadre ces personnes se sont-elles auto-désignées par la suite, comme des militants pour la démocratie, ayant pour objectif de renverser le régime dictatorial ? Quelles étaient leurs véritables intentions ?

Il n’est pas aisé de répondre à ces questions ? Parce qu’il n’est pas certain que ces personnes aient réuni toutes les conditions nécessaires pour s’opposer avec réalisme à un régime de dictature.

Tout système, toute société passe par des hauts et par des bas, par des périodes de succès et par des périodes d’échec quand le doute s’installe à tous les niveaux. Suffisait-il juste de faire preuve d’intelligence pour choisir les moments propices afin d’imposer les changements indispensables à l’avènement d’une société plus juste, plus démocratique et plus respectueuse du peuple ?

En utilisant habilement les différents leviers disponibles et en particulier ceux qui auraient pu sensibiliser les dirigeants des anciennes puissances coloniales devenues les financiers du régime, pour continuer à dicter leurs exigences et à satisfaire leurs intérêts économiques.

Quels sont ces leviers ? Par exemple : les dirigeants français pour ne citer qu’eux sont élus démocratiquement et doivent rendre des comptes à leurs électeurs : les culpabiliser dans leurs pratiques néo-colonialistes, auraient certainement permis d’obtenir leur soutien pour exiger des réformes locales.

Eh bien non ! Ces jeunes ont abandonné spontanément les postes importants qu’ils pouvaient occuper, dans tous les secteurs (fonction publique, forces armées, Gendarmerie et Police).

Non seulement, à ces postes, ils servaient le pays, mais ces postes auraient pu leur permettre d’agir de l’intérieur et surtout de pas jamais manquer la moindre occasion d’affaiblir le régime et d’inverser le cours des décisions.

Ils y ont été remplacés, bien entendu, mais par des nouveaux venus, plus dociles et totalement acquis aux idées du régime, puisqu’il leur avait permis, en les nommant, de gravir à pas de géants, les échelons de l’ascension sociale.

Ces jeunes n’ont-ils jamais réfléchi aux solutions les plus efficaces pour déstabiliser la dictature à moindre coût en termes de souffrance et de vies humaines ? Bien au contraire par leur désertion, ils ont cautionnés la dictature et permis à des hommes comme Hassan Gouled, puis Ismail Guelleh de se mettre en place et de fortifier leur pouvoir.

En réalité, ils étaient avides de pouvoir. A tel point, qu’aveuglés, ils étaient obsédés par la destruction de l’existant sans ne jamais faire une évaluation des conséquences dramatiques pour leur communauté. Ils ont critiqué et dénigré leurs aînés, comme Ali Aref Bourhan, le feu Ahmed Dini Ahmed et les autres.

Ces pervers n’ont au fond que des capacités moyennes de raisonnement. Ils se proclamaient intellectuels, parce qu’ils étaient marxistes. Pour légitimer leur raison d’être, ils manifestaient une avidité effrénée de pouvoir.

Ce qui les caractérise est une conduite dénuée de tout scrupule quant aux moyens. Tout était bon.

Au fond, leur vraie perversité a été d’accepter finalement et sans combat, la situation sociale, ses dérives et la dégradation du niveau de vie, afin de l’utiliser pour parvenir à leurs fins.

Jamais ils n’ont cherché à inverser le cours des événements tragiques, mais bien au contraire, ils l’ont accompagné (parfois encouragé ?)pour se donner l’impression d’être à la tête de l’opposition.

Pour le corrompu, n’étant rien par lui-même, tout est dans la façade, dans le paraître. Il va donc utiliser la propagande sans retenue, voire souvent la désinformation et le dénigrement systématique de tous ceux qui agissent, parce que ce sont les instruments même du paraître dans le jeu politique. En politique plus qu’ailleurs, l’on ne peut exister que par la propagande.

Pourrait-on aller jusqu’à prétendre que les vrais ennemis de la communauté Afar, ce sont ces sortes de mafias réunis autour du MPL, du FDLD, d’AROD ? Combien de sang ont-ils sur les mains ? Il faudrait que chacun connaisse la vérité et le nombre de civils qui auraient été éliminés au motif d’avoir été considérés comme des espions, sans jugement ni recul, ni souvent de preuves convaincantes.

Le défunt président Hassan Gouled Aptidon n’avait-il pas déclaré un jour, ce que personne n’a jamais oublié : « Ils ont réclamé de quoi manger et je leur ai donné a manger ! ». Résultat : les deux maroquins comme vous le savez.

Notre cause a-t-elle été bradée en échange de deux fauteuils ?

Celui qui affirme être le président du FRUD n’est-il que l’élément « rejeté pour non-qualité » par un ensemble qui a bradé les intérêts de toute une communauté pour un prix dérisoire et pour leurs seuls intérêts personnels, au mépris de l’intérêt collectif. (Qui est théoriquement l’un des points forts des doctrines marxistes …)

La vérité et la transparence imposent de se demander qui a élu le Président du FRUD et quand ?

Depuis 10 ans, il dirige sans partage, une organisation (dont l’objectif même, comme en témoigne son nom, aurait été de rétablir l’unité la démocratie) à la manière de xaagaba.

Inutile de dire que la zone de combat se limite à des allers et retours entre Paris et Bruxelles. Faute de légitimité sur le terrain ?

Combien de personnes autour de lui ?

Qu’ont-ils réellement fait dans l’arrière pays ? En tout cas, certains pensent qu’ils ont surtout contribué à appauvrir une population entière, mais je ne dispose pas des chiffres exacts.

L’avenir de la société passe par les nouvelles générations, à la condition qu’elles aient envie d’établir la paix et de bâtir un nouveau système qui permette à chacun de s’épanouir en effaçant à tout jamais les préjugés tribaux.

En politique, 1994 avait été une année noire qu’aucun djiboutien ne pourra jamais oublier.

Le soi-disant accord de paix signé par des traîtres qui ne rêvaient que d’accéder au pouvoir : le défunt Ougoureh Hassan a été remplacé par Ougoureh Kifleh Ahmed et Ali Mohamed Daoud dit Jean Marie a pris le poste du défunt Ail Mahamade Houmed.

Ensuite sont arrivés par petits groupes, Mohamed Adoyta Youssouf qui deviendra député comme Abate Ebo Adou.

Constatant ces divers ralliements à la dictature, la population a beaucoup souffert et sa volonté s’est affaiblie. Allant jusqu’à perdre toute confiance en elle-même, elle a cessé de résister.

Aujourd’hui, les gens craignent de partager leurs angoisses, de critiquer la dictature et de déclarer leur soif de liberté, même en famille ou entre amis.

Ils sont terrifiés à l’idée de participer à des actions de résistance publique. À quoi cela servirait-il ? Ils mènent une vie de souffrance sans but et sans espoir dans l’avenir.

Ne serait-il pas opportun d’étudier sur plusieurs années tous les paramètres, qui ont généré cette situation que nous vivons au pays. On tire plus d’enseignement dans l’analyse des défaites que dans celle des victoires ! Parmi ces paramètres, je citerai : les mouvements de résistance et leur contribution effective, les rebellions, l’évolution de la pensée sociale et politique, la résistance non violente qui a fait preuve d’un réalisme certain.

Un fait est certain : le changement n’arrivera pas tout cuit dans votre assiette !

Que de temps perdu dans les mabrazes où l’on évoque la politique sans n’aboutir jamais ni à aucune résolution ni surtout aucune décision et aucune action.

27/10/10 (B575) Les traits de l’Erythrée – 46e anniversaire de Dawit Isaac, emprisonné depuis 9 ans – Un journaliste suédo-erythréen remporte la Plume d’or de la liberté 2011 (2 articles)

___________________ 2 – RSF

46e anniversaire de Dawit Isaac, emprisonné depuis 9 ans

C’est aujourd’hui l’anniversaire du journaliste Dawit Isaac, et c’est le dixième qu’il passe en prison. Pas de célébration familiale, pas de bougies ni de gâteau d’anniversaire, Dawit se retrouve, une année encore, seul, plus isolé que jamais, entre les murs étroits et insalubres de sa cellule, peut-être dans le bagne d’Eiraeiro, ou ailleurs. Nul ne le sait. En guise de cadeau cependant, Dawit peut compter sur la mobilisation des siens. Et sur celle de quelques organisations, comme l’Association mondiale des journaux (WAN-IFRA) qui vient de lui décerner, aujourd’hui, le « 2011 Golden Pen of Freedom ».

Il y a neuf ans, lorsqu’il a été arrêté à Asmara, il n’imaginait certainement pas qu’il serait encore en détention le jour de ses 46 ans. Il pensait sûrement que son innocence aurait été prouvée depuis longtemps. Innocent, mais de quoi ?

Les raisons de sa détention demeurent à ce jour inconnues. « C’est un traître à la solde de l’Ethiopie », nous disent les autorités érythréennes. Son crime ? Avoir simplement reproduit dans le quotidien désormais disparu Setit, une lettre de ministres et de généraux appelant à la démocratisation de l’Erythrée. Il pensait aussi sans doute que sa double citoyenneté, érythréenne et suédoise, le protègerait de l’arbitraire et de l’injustice qui règnent dans son pays natal. Pourtant, le gouvernement suédois, qui affirme entretenir une « diplomatie silencieuse » avec l’Erythrée, reste inefficace.

Son frère, Esayas Isaac, refuse, lui, de rester silencieux. Il se mobilise en Suède, mais aussi à travers l’Europe, pour alerter l’opinion sur le sort du journaliste et tenter de faire agir le gouvernement suédois. Avec la section suédoise de Reporters sans frontières, représentée par Björn Tunbäck, il a organisé aujourd’hui une conférence à l’université de Göteborg, où étaient présents le Club national de la presse suédois, l’Association de politique étrangère de l’université de Göteborg, et l’ancien Premier ministre Ingvar Carlsson, qui s’est depuis longtemps illustré par ses positions contre la diplomatie silencieuse du gouvernement suédois. Carin Norberg, responsable du Nordic Africa Institute, ainsi que le journaliste érythréen en exil Meron Estifanos, ont également pris la parole.

Esayas Isaac et Reporters sans frontières n’ont de cesse d’interpeller la Suède et les autorités européennes dont ils dénoncent la passivité et le manque d’initiative. La semaine passée, ils ont présenté ensemble, en Suède et devant le Parlement européen à Strasbourg, un avis juridique sur l’obligation positive issue du droit international qui contraint la Suède et l’Union européenne à tout faire pour garantir la protection du journaliste.

Plus d’informations : http://fr.rsf.org/erythree-le-frere-de-dawit-isaac-et-18-10-2010,38564.html

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
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75002 Paris, France
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___________________ 1 – Wan IFRA

Un journaliste suédo-erythréen remporte la Plume d’or de la liberté 2011

La Plume d’or de la liberté 2011, le prix annuel de la liberté de la presse remis par l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’information (WAN-IFRA), est décernée à Dawit Isaak, le fondateur du premier journal indépendant érythréen emprisonné depuis neuf ans sans chef d’inculpation ni procès.

Dawit Isaak, citoyen à la double nationalité suédoise et érythréenne, a été incarcéré en septembre 2001 suite à la fermeture des médias indépendants en Érythrée, un des pires pays au monde au point de vue de la liberté de la presse. Le pays n’a pas de médias privés : ni journaux, ni radios, ni stations de télévision.

Dawit Isaak, qui vient d’avoir 46 ans ce mercredi 27 octobre, n’a officiellement été accusé d’aucun délit et l’incertitude demeure sur le lieu de sa détention.

« Dawit Isaak, qui avait été contraint de fuir son pays pour la Suède, mais était retourné plus tard en Érythrée en raison de son attachement aux principes démocratiques et à une presse indépendante, mériterait d’être félicité pour ses actions. Le gouvernement érythréen, comptant parmi les plus répressifs au monde, a cependant choisi de l’emprisonner », a déclaré le conseil d’administration de la WAN-IFRA lors de la proclamation du prix.

« Dawit Isaak a été confronté à de rudes épreuves, mais son engagement pour la liberté de la presse et les droits de l’homme n’a jamais faibli. Dans de telles conditions, il faut faire preuve d’un grand courage pour travailler comme journaliste et ne pas faire de compromis. Dawit Isaak est une source d’inspiration pour la presse du monde entier », ajoute le conseil d’administration.

La WAN-IFRA exhorte le président érythréen, Issayas Afeworki, à libérer immédiatement Dawit Isaak.

La Plume d’or de la liberté est décernée chaque année par la WAN-IFRA pour récompenser l’action remarquable d’un individu, d’un groupe ou d’une institution ayant particulièrement contribué par ses écrits et ses actions à la défense de la liberté de la presse.

Dawit Isaak a fui l’Érythrée en 1987 lors de la guerre d’indépendance et est arrivé en Suède avec le statut de réfugié. Il est devenu citoyen suédois en 1992 après avoir travaillé pendant des années comme agent de nettoyage. Il est rentré en Érythrée en 1996 après l’accès à l’indépendance du pays.

S’attachant à développer la presse indépendante du pays, Dawit Isaak a co-fondé le premier journal indépendant, Setit, qui s’est taillé une réputation à l’échelle nationale pour son journalisme d’investigation couvrant souvent les abus de pouvoir du gouvernement.

En 2001, après la publication par Setit et d’autres journaux d’une lettre ouverte rédigée par 15 ministres du cabinet qui réclamait des réformes démocratiques et une investigation des événements menant à une guerre récurrente entre l’Érythrée et l’Éthiopie, tous les médias privés du pays ont été fermés. Onze sur les quinze ministres ont été arrêtés, ainsi que Dawit Isaak et 13 autres propriétaires de journaux, éditeurs et journalistes.

Aucun d’entre eux n’a fait l’objet d’un chef d’inculpation ou d’un procès. Dawit Isaak et les autres personnes arrêtées ont été qualifiés de traîtres. Selon les sources, parmi les journalistes détenus en 2001 quatre ont déjà trouvé la mort.

En 2008, selon certaines informations, Dawit Isaak aurait fait partie de 113 prisonniers politiques transférés dans une prison de haute sécurité à Embatkala, où les conditions de détention sont parmi les plus dures du pays. Il aurait été placé dans un hôpital militaire et malgré les dires du gouvernement assurant qu’il reçoit tous les traitements médicaux nécessaires, nous ne connaissons pas l’endroit précis de son lieu de détention et n’avons pas de détails sur son état de santé.

Le gouvernement de Suède et les médias suédois ont entrepris de nombreux mais vains efforts pour faire sortir Dawit Isaak. Le gouvernement érythréen a clairement dit que sa double nationalité suédo-érythréenne était sans importance. « La Suède ne me concerne pas. Elle n’a rien à voir avec nous », a souligné le président Issayas Afeworki l’année dernière.

Le président a également déclaré qu’il n’était pas prévu de libérer Dawit Isaak ou de lui accorder un procès avec un chef d’inculpation officiel. Les déclarations du président faites au cours d’une interview diffusée en mai 2009 ont soulevé de nombreuses critiques à l’échelle internationale lorsqu’il a mentionné : « Nous ne lui accorderons jamais un procès et nous ne le relâcherons jamais. Nous savons parfaitement comment traiter les gens de son espèce. »

L’Érythrée est un pays à parti unique gouverné par le président Issayas Afeworki depuis qu’il a acquis son indépendance de l’Éthiopie en 1993. Le pays n’a jamais connu d’élections libres. Deux tiers de la population dépendent de l’aide humanitaire de l’étranger pour se nourrir.

L’Érythrée est le plus grand geôlier de journalistes en Afrique avec au moins 19 d’entre eux en prison. D’autres ont été contraints de fuir leur pays. En raison de la politique répressive de son gouvernement, l’Érythrée est un pays qui parvient à se soustraire à la surveillance internationale et dont la population n’a pratiquement aucun accès aux informations indépendantes. La poignée de correspondants étrangers résidant dans la capitale Asmara fait l’objet d’une intense observation de la part des autorités.

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Parmi les précédents lauréats de la plume d’or de la liberté décernée chaque année depuis 1961, citons Jacobo Timerman d’Argentine (1980), Anthony Heard d’Afrique du Sud (1986), Doan Viet Hoat du Vietnam (1998), Geoffrey Nyarota du Zimbabwe (2002), Shi Tao (2007) et Li Changqing (2008) de Chine. Le lauréat 2010 était Ahmad Zeid-Abadi of Iran.

La liste complète des lauréats est publiée sur http://www.wanpress.org/pfreedom/goldenpen.php

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La WAN-IFRA, basée à Paris en France et à Darmstadt en Allemagne, avec des filiales à Singapour, en Inde, Espagne, France et Suède, est l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information.

Elle représente plus de 18 000 publications, 15 000 sites Web et plus de 3 000 sociétés dans plus de 120 pays.

L’association est issue de la fusion de l’Association Mondiale des Journaux et de l’IFRA, l’organisation mondiale de recherche et de services pour l’industrie de la presse. Pour en savoir plus sur la WAN-IFRA, veuillez consulter le site http://www.wan-ifra.org ou lire le magazine de la WAN-IFRA à l’adresse http://www.ifra.net/microsites/wan-ifra-magazine

Pour toute question, veuillez vous adresser à : Larry Kilman, directeur de la communication et des affaires publiques, WAN-IFRA, 7 rue Geoffroy Saint-Hilaire, 75005 Paris France. Tél. : +33 1 47 42 85 00. Fax : +33 1 47 42 49 48. Mobile : +33 6 10 28 97 36. E-mail : larry.kilman@wan-ifra.org

27/10/10 (B575) ARD – Texte du message (Français et Anglais) de M Ibrahim Ahmed God, vice-Président de l’ARD, pour le Forum Afar qui s’est tenu à Bruxelles du 22 au 24 octobre 2010

________________________________ 1 – Français

MESSAGE DE M. MAHDI IBRAHIM AHMED GOD,
VICE-PRÉSIDENT DE L’ARD

À L’OCCASION DU FORUM AFAR,
BRUXELLES, 22-24 OCTOBRE 2010

Je remercie l’ensemble des organisateurs de ce Forum de la communauté Afare de l’extérieur qui pour la première invite officiellement mon parti politique l’Alliance Républicaine pour le Développement – ARD, un parti qui lutte pour la Démocratie et l’État de droit dans une République unie et indivisible.

Comme vous le savez chers amis, nous continuons la lutte actuellement par la voie pacifique en travaillant d’arrache-pied avec les autres mouvements et personnalités politiques de notre pays. Aussi, souhaitons-nous parvenir à l’arrachement de nos droits à la dictature de Djibouti par des voies pacifiques associant toutes les composantes de notre peuple, avec bien entendu l’aide indispensable d’Allah, le miséricordieux.

La communauté afare où qu’elle soit dans la région connaît des difficultés d’ordre multiples dont sont aussi victimes à des degrés diverses les autres communautés de la région. Ces difficultés tirent leurs origines de la présence coloniale dans notre région et surtout à celles des régimes qui tout en collaborant activement avec ceux là ont eu la mainmise facile sur les pouvoirs et les ressources de nos nations. Les différents pouvoirs qui se sont succédé ou ont pris le contrôle de l’appareil d’Etat dans nos pays sont loin de répondre aux attentes de leurs populations, en matière de démocratie et de développement.

Aujourd’hui, il est plus que regrettable de constater le démembrement de celui qui fut un grand état, la Somalie bien sûr, dont la population fait les frais des erreurs politiques des régimes successifs et a ouvert la conquête et l’écrasement de certaines tribus par d’autres. L’identité ici est totalement perdue et peut-être mettra des décennies pour que les plaies causées par déjà vingt années de guerre civile se cicatrisent. D’autres exemples existent tant dans notre région que dans le reste de l’Afrique pour ne citer que notre continent.

Cependant, l’identitarisme communautaire se doit avant tout d’être enrichissant et porteur d’espoir dans l’espace et dans le temps. Sa vraie valeur réside dans sa capacité à s’ouvrir aux autres et à leur apporter la cohésion et la coexistence pacifique dans le respect de la différence qui est source de confiance et de progrès pour toute nation. C’est dans cet esprit que la communauté qui qu’elle soit peut servir de locomotive aux autres entités à travers ses enseignements et son développement surtout spirituelle.

Chers amis, vous savez tous que notre indépendance a été acquise 17 ans après la majorité des Etats d’Afrique. Plutôt que d’éviter le système du régime politique à parti unique et à la pérennité d’un chef d’état fort au détriment d’institutions fortes qui ont le lit des malheurs des populations, le RPP a choisi ce mode gestion dans un pays de moins d’un demi million d’âmes à l’époque.

Aujourd’hui, après plus de 33 ans d’indépendance notre pays jadis uni et prospère enregistre les mêmes maux beaucoup de nos frères du continent.

La diabolisation des tribus et des ethnies par le régime est devenue le mode de gestion de la cité. Aucune tribu y compris les Issas n’est épargnée par la dictature, au même titre que les Afars, les Issacs, les Gadabourcis et j’en passe.

Par conséquence, notre lutte contre le système en place passe par une conscientisation de la population sur l’origine de nos malheurs et la seule manière de sceller les bases d’un développement lequel ne peut se faire sans l’instauration d’une démocratie véritable et d’institutions fortes garantissant à tout un chacun la paix et le progrès social.

Enfin, il ne faut pas oublier que c’est le déséquilibre politique entre les différentes communautés de Djibouti qui est directement responsable du conflit entre Afar et Issa en Ethiopie. Toutefois, il ne faut pas considérer cette conquête territoriale comme la manifestation d’un irrédentisme somali qui a disparu depuis la guerre de l’Ogaden en 1977 : parler de Somali-Issa est donc inapproprié.

Ni même d’une idéologie à laquelle adhèrerait tous les Issa : le seul responsable est la dictature djiboutienne qui cherche ainsi à diviser notre peuple au-delà des frontières. Mais est-il concevable que la puissance régionale qu’est l’Ethiopie, qui n’hésite pas à envoyer ses troupes jusqu’à Mogadiscio, n’ait pas les moyens de régler ce conflit entre Afar et Issa ?

Vous l’aurez compris, le combat que nous menons pour l’avènement de la Démocratie à Djibouti vise également à instaurer la paix et la stabilité dans toute la région : c’est en cela qu’il doit vous concerner et c’est pour cela que nous avons besoin de vous.

Je vous remercie de votre attention et vous souhaite plein succès dans les travaux de ce forum.

LeVice-Président de l’ARD


____________________________ 2 – Anglais

MESSAGE OF Mr. MAHDI IBRAHIM A. GOD
VICE-PRESIDENT OF ARD

at the time of the Afar Forum,
Brussels, 22 October 24, 2010

I thank the unit for the organizers of this Forum of the Afare community of the outside which for the first invites officially my political party Republican Alliance for the Development – ARD, a party which fights for the Democracy and the State of right in a plain and indivisible Republic.

As you know it dear friends, we currently continue the fight by the peaceful way while working like a navy with the other movements and political personalities of our country. Also, wish we to arrive at the wrenching of our rights to the dictatorship of Djibouti by peaceful ways associating all the components of our people, with of course the essential assistance of ALLAH.

The community afare where that it is in the area has multiple problems of order that’s to differing degree the other communities of the area are also victims.

These difficulties draw their origins from the colonial presence in our area and especially to those of the modes which while collaborating actively with those there had the easy seizure on the capacities and the resources of our nations.

The various capacities which followed one another or took the control of the apparatus of State in our countries are far from answering waiting’s of their population, democracy and development.

Today, it is more than regrettable to note the dismemberment of that which was a great state, Somalia of course, whose population makes the expenses of the political errors of the successive modes and opened the conquest and the crushing of certain tribes by others. The identity here is completely lost and will spend may be many decades to be rebuild so that the wounds caused by already twenty years of civil war are healed. Other examples exist so much in our area than in the remainder of Africa to quote only our continent.

However, the Community identitarism must above all be enriching and carrying hope in space and time. Its true value lies in its capacity to open with the others and to bring cohesion and the peaceful coexistence to them in the respect of the difference which causes progress and confidence for any nation. For this reason the community which that it is can be used as engine with the other entities through its lesson and its development especially spiritual.

Dear friends, you know all that our independence was acquired 17 years after the majority of the States of Africa. Rather than to avoid the system of the political régime with single party and the durability of a Head of strong State to the detriment of strong institutions which have the bed of misfortunes of the populations, RP chose this management mode in a country of less than one half million hearts at the time. Today, after more than 33 years of independence our formerly plain and prosperous country records the same evils much our brothers of the continent.

The demonization of the tribes and the ethnos groups by the mode became the mode of management of the city. No tribe including Issas is saved by the dictatorship, as well as Afars, Issacs, Gadabourcis and I pass from there. By consequence, our fight against the system in place passes by a regaining of the consciousness of the population on the origin of our misfortunes and the only manner of sealing the bases of a development which cannot be done without the introduction of a true democracy and strong institutions guaranteeing to all one each one peace and the social progress.

Lastly, it should not be forgotten that it is political imbalance between the various communities of Djibouti which is directly responsible for the conflict between Afar and Issa in Ethiopia. However, one should not regard this territorial conquest as the demonstration of a irredentism somali which disappeared since the war from Ogaden in 1977: to speak about Somali-Issa is thus inappropriate. Nor even of one ideology to which all Issa would adhere: the only person in charge is the Djibouti dictatorship which thus seeks to divide our people beyond the borders.

But is it conceivable that regional power that is Ethiopia, which does not hesitate to send its troops until Mogadiscio, does not have the means of regulating this conflict between Afar and Issa?

You will have included/understood it, the combat that we carry out for the advent of the Democracy to Djibouti also aims at founding peace and stability in all the area: it is in that that it must concern you and therefore we need you. I thank you for your attention and I wish you every success in your work of this forum.

The Vice-president of the ARD