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2912/2015 (Brève 581) Communiqué de la LDDH pour dénoncer l’arrestation illégale de son Président et pour appeler la communauté internationale à faire pression sur le Président djiboutien pour qu’il cesse de terroriser la population et qu’il respecte le Droit et les Droits de l’homme.

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La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (L.D.D.H) Djibouti, le 29 Décembre 2015

COMMUNIQUE de PRESSE 

Arrestation du Président de la LDDH

Le président de la LDDH Mr OMAR ALI EWADO a été arrêté illégalement devant l’hôpital militaire BOUFFARD  en même temps que Mr SAID HOUSSEIN ROBLEH secrétaire général de la LDDH dès sa sortie de L’hôpital.

Mr Said à été aussitôt relâché par la police, mais notre président s’est fait embarqué à bord d’une voiture de la Gendarmerie nationale et emmené vers un lieu inconnu.

Avant d’arrêter Mr Ewado, les agents de la gendarmerie se sont rendus à sa résidence et ont terrorisés sa famille.

L’arrestation du président de la LDDH constitue le prélude d’un vaste programme de musèlement et de bâillonnement de toute voix dissidente de la Société Civile à l’approche de l’élection présidentielle prévue en Avril 2016.

La LDDH dénonce et condamne fermement l’arrestation illégale de son président.

La LDDH lance un appel solennel à tous les défenseurs des droits de l’homme, à l’UNION AFRICAINE, à l’UNION EUROPEENNE  et à tous les bâilleurs et partenaires de la République de Djibouti pour faire pression sur les autorités de Djibouti  pour  que les violations des droits humains cessent.

Enfin la LDDH demande la libération immédiate et sans condition de Mr OMAR ALI EWADO président de la LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS.
 

 Le 2ème Vice président de la LDDH
MAHDI SAMIREH SOUGUEH

10/12/10 (B581) Radio-Trottoir – Un avion Sud Africain a fait un atterrissage forcé à Hargeisa pour des raisons techniques.

D’après le ministre de l’Intérieur de Silanyo sur VOA en langue Somali, cet avion était piloté par des « Russes et deux Sud Africains blancs ».

Il transportait des armes à destination de Bossasso.

On veut bien croire à la déclaration du Ministre de Silanyo associé d’IOG, mais Bossasso est au Sud de Hargeisa et la question que l’on peut se poser est de savoir, si le pilote s’est trompé de direction ou bien s’il aurait oublié (uniquement par inattention) d’atterrir à Bossasso alors qu’il venait pourtant de survoler.

De source fiable, il semblerait que lors du long séjour du Président du Puntland à Haramous, un accord secret ait été signé pour l’approvisionnement du Puntland en armes produites dans l’usine d’IOG en Afrique du Sud. Le Puntland aurait payé cash 75% du montant à titre d’acompte : le reste devant être payé, après livraison, en deux tranches.

D’après un expert, c’est IOG qui aurait demandé à son associé Silanyo de saisir l’avion. En demandant de déposer les marchandises à Hargeisa et de s’approprier le contenu, les deux larrons faisaient coup double : une belle publicité pour montrer leur engagement dans la lutte contre le trafic des armes et un beau bénéfice personnel puisqu’ils récupéraient ainsi gratuitement des armes déjà payées à 75 %. Guelleh s’étant engager à rétrocéder 45% du montant de la marchandise pour les services rendus par son associé ….

Eh oui, les affaires sont les affaires.

Votre correspondant de Bossasso
le 10/12/10 17heures heure Puntland

10/12/10 (B581) Le Journal de la Flibuste – Le pirate présumé capturé par le Louise-Marie est en Belgique – l’heure de la relève pour les forces européennes anti-piraterie déployées dans l’Océan indien – Le bâtiment-amiral de l’opération Atalante fait escale à Aden, au sud du Yémen – un pétrolier saoudien capturé en mars par des pirates, libéré contre rançon – La piraterie : nouveau défi du port de Mombasa – WikiLeaks : la folle saga des T-72 ukrainiens destinés au Soudan sud – La réponse française à la piraterie. Seaphora : l’anti-Blackwater (8 articles)

_______________________ 8 – RTL Info (Belgique)

Du jamais vu depuis 400 ans: un procès pour piraterie en Belgique

Nous allons sans doute assister à du jamais vu depuis 400 ans : un procès pour piraterie. En effet, fin novembre, la frégate Louise Marie a arrêté en mer un pirate qui s’avère aujourd’hui être impliqué dans l’attaque du Pompéi dont nous avions beaucoup parlé l’an dernier. Ce pirate est arrivé en Belgique hier, la procédure en justice est lancée.

Il y a une dizaine de jours, les militaires belges ont abordé un bateau suspect au large des côtes kényanes. D’après les militaires, les occupants ont jeté armes et échelles par-dessus bord. Un homme a été immédiatement arrêté et amené à bord de la frégate Louise Marie : "On a appliqué pour la première fois une procédure qu’on a mise sur pied et qui nous permet de transmettre relativement vite en Belgique des empreintes digitales et de l’ADN pour faire des comparaisons. Ici, c’était le premier cas. On a pu présenter quelques photos à l’équipage du Pompéi qui a été pris en otage l’an dernier", explique Lieve Pellens, porte-parole du Parquet fédéral.

Le pirate est impliqué dans l’affaire Pompéi

Et là, surprise, un des hommes, dont l’identité et la nationalité restent confidentielles, est formellement identifié par trois membres de l’équipage du Pompéi pris en otage l’année passée et libéré après deux mois contre rançon.

Un relevé d’empreinte digitale confirme rapidement qu’il s’agit bien d’un des pirates impliqués. La nuit dernière, il a été acheminé par avion militaire jusqu’à la base de Melsbroek.

L’un des premiers pirates jugés en Belgique

"Ce n’est pas une extradition, poursuit Lieve Pellens. Comme le Louise Marie est considéré comme sol belge, un juge d’instruction en Belgique qui a été saisi du dossier Pompéi a procédé à son arrestation provisoire après audition par vidéo conférence. Le mandat d’arrêt est donc provisoire". L’homme devrait être inculpé dans le courant de l’après-midi de piraterie et prise d’otage et sera vraisemblablement l’un des premiers jugés en Belgique pour de tels faits.

_______________________ 7 – RTBF Info (Belgique)

Le pirate présumé capturé par le Louise-Marie est en Belgique

Le pirate présumé capturé fin novembre par la frégate "Louise Marie" de la Marine au large du Kenya et soupçonné d’être impliqué dans la prise en otage du navire "Pompei" en 2009 est arrivé vendredi en Belgique pour y être sans doute jugé, a-t-on appris de sources militaires.

"Il est arrivé à (l’aéroport militaire de) Melsbroek entre 05h00 et 05h30 et a été remis aux autorités judiciaires", a indiqué une porte-parole militaire à l’agence Belga.

L’homme, dont ni l’identité ni la nationalité n’ont été révélées – si toutefois elles ont déjà pu être établies par la justice -, a été amené par avion militaire depuis Mombasa (est du Kenya), où la frégate a fait escale pour le débarquer.

Ce pirate présumé, surnommé 001 par les militaires, fait l’objet d’un mandat d’arrêt provisoire délivré par un juge d’instruction belge.

Selon une porte-parole du parquet fédéral, le pirate présumé pourrait être jugé en vertu des nouvelles lois belges sur la piraterie entrées en vigueur le 14 janvier dernier. Il pourrait alors s’agir du premier procès pour piraterie dans l’histoire de la Belgique.

L’homme fait partie d’un groupe de sept personnes interceptées le 29 novembre au large des côtes kenyanes par la frégate F931 "Louise Marie", engagée dans l’opération européenne Atalanta de lutte contre la piraterie face aux côtes de l’Afrique orientale.

Les six autres devraient être remis aux autorités kenyanes par l’équipage du "Louise Marie".

_______________________ 6 – Bruxelles 2

Les forces européennes anti-piraterie déployées dans l’Océan indien (déc.2010)

Nicolas Gros-Verheyde

C’est l’heure de la relève dans l’Océan indien pour la mission européenne anti-pirates Eunavfor Atalanta. Le vice-amiral français Coindreau, cédant le commandement de la force sur zone à un contre-amiral Espagnol, Juan Rodríguez Garat, embarqué à bord du Patino.

Les forces sur zone seront composées de navires espagnol, italien, français, allemand et belge, rejoints ensuite par un finlandais. Coté aérien, on pourra compter sur un P3 Orion Espagnol, les Merlin III Luxembourgeois et un avion français (Falcon ou Atlantique II selon les disponibilités).

• Navire ravitailleur et de soutien Patino A-14 (Espagne). Entré en service en 1995, il a une capacité de 7 millions de litres de diesel marin et de 2 millions de litre de combustible d’aviation, 200 tonnes d’eau potable, 115 m3 de vivres et 68 m3 de vivres réfrigérés. Il est doté de trois bateaux semi-rigides (RHIB) et de deux hélicoptères Sea-King SH3D, il dispose d’un hôpital de campagne de 8 lits (dont 4 en soins intensifs), équipé en salle de radiologie, de stérilisation, de chirurgie, télémédecine par satellite. Avec un équipage de 210 personnes (187 hommes et 23 femmes), il embarque l’Etat-Major de la force (COMEUNAVFOR) qui comprend 8 nationalités, une unité aérienne, une équipe opérationnelle de l’infanterie de marine, le personnel médical, un traducteur, un prêtre. Il comptera à son bord un officier croate. NB : Le Patino a participé à l’opération « Sharp Guard » d’appui à l’embargo en ex-Yougoslavie en 1996, et l’opération « Allied Action » durant la crise du Kosovo en 1998.

• Frégate Louise-Marie F-931 (Belgique). Frégate multifonctionnelle (anti sous-marine, antiaérienne, navires de surface), acquise par la Belgique récemment(en avril 2008), auprès de la marine néerlandaise (dans le cadre d’un contrat de coopération Benelux). De 3300 tonnes, elle peut filer à 21 noeuds. Equipage de 145 marins. Elle reste dans l’opération jusqu’à mi janvier 2011. Commandant : Capitaine de frégate Carl Gillis

• Frégate Hamburg F-220 (Allemagne). Frégate de la dernière génération (classe Sachsen, 124), 5.600 tonnes, vitesse : 29 noeuds, 255 soldats à bord. Commandant : Frank Schwarzhuber.

• VPD (Estonie). Un détachement de protection des navires estonien prendra part à l’opération à bord du navire allemand Hamburg. Ce sera la première participation opérationnelle de l’Estonie à l’opération Atalanta (1).

• Frégate Floréal, relevée à Noël par la frégate Montcalm D-642 (France). Frégate de lutte anti-sous-marine de type F70, mis en service en 1982, le Montcalm a une autonomie de 45 jours. Longueur : 139 mètres, 4.830 tonnes, vitesse : 21 nœuds. Il peut embarquer 2 hélicoptères WG-13 LYNX. Equipage : 244 marins, hommes et femmes (22 officiers, dont 4 pilotes, 145 officiers mariniers, 77 quartiers-maîtres et matelots). Commandant : Capitaine de vaisseau Guillaume Chové.

• l’aviso EV Jacoubet F-794 (France). Aviso de type 69, dédié à la lutte sous-marine dans les eaux côtières, mis en service en 1982. Longueur : 80 mètres, 1.410 tonnes à pleine charge, vitesse : 24 noeuds. Il peut être armé de 4 missiles Exocet mer-mer 40, est doté d’une rampe double Simbad pour missiles Mistral, d’une tourelle de 100 mm AA Mle 68, de deux canons de 20 mm AA F2, de 4 mitrailleuses de 12,7 mm et de 4 tubes lance-torpilles de 550 mm L 5 mod 4. Equipage de 89 marins (7 officiers, 58 officiers mariniers, 24 quartiers-maîtres et matelots). Commandant : capitaine de corvette Pierre Lachard.

• ITS Zeffiro F-577 (Italie). Frégate italienne, de classe Maestrale, mise en service en 1984, 3.000 tonnes, longueur 123 mètres, vitesse maximale : 32 noeuds. Equipage de 223 hommes et femmes (28 officiers, 67 sous-officiers, 33 sergent et 104 marins). 2 hélicoptères. Commandant: Marco Montoneri. Elle a franchi le canal de Suez le 27 novembre.

• Mouilleur de mines Pohjanmaa 01 (Finlande). A partir de janvier 2011. Ce sera la première participation maritime de la Finlande à l’opération anti-pirates (2). Le Pohjanmaa, mis en service en 1979, est le navire emblème de la flotte finlandaise. Il a servi de navire-école jusqu’en 1992. D’une longueur de 79 mètres, et de 1.450 tonnes, il peut atteindre une vitesse de 18-19 noeuds. Il est équipé de canons Bofors 57 mm et 40 mm.

_______________________ 5 – Portail des sous-marins

Le bâtiment-amiral de l’opération Atalante fait escale à Aden, au sud du Yémen

Par Rédacteur en chef.

La frégate française De Grasse, bâtiment amiral de l’opération européenne Atalante, est arrivé le 8 décembre dans le port d’Aden afin de saluer les autorités yéménites et de mener des exercices avec les gardes-côtes du Yémen dans le cadre de la coopération maritime permanente entre l’Union Européenne et le Yémen.

Au cours de l’escale, le commandant de la force européenne, le contre-amiral Philippe Coindreau, a rencontré les autorités yéménites pour partager connaissance et expériences sur la menace pirates dans la région, et discuter d’exercices Europe – Yémen.

La visite est destinée à consolider la coopération maritime croissante de l’Union Européenne avec le Yémen. Cette coopération fait partie du soutien apporté par l’Europe aux gardes-côtes et à la marine du pays. La commission européenne, la France, l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni ont apporté un soutien substantiel pour développer les infrastructures des gardes-côtes.

_______________________ 4 – AFP

Somalie: un pétrolier saoudien capturé en mars par des pirates, libéré contre rançon

Un petit pétrolier saoudien capturé par des pirates somaliens en mars dernier a été libéré mardi contre rançon, et il naviguait en sécurité jeudi sous escorte, a indiqué à l’AFP l’association Ecoterra, spécialisée dans les questions de piraterie.

Le Al Nisr Al Saudi, un tanker battant pavillon saoudien, avait été capturé dans le Golfe d’Aden le 1er mars dernier, alors qu’il revenait à vide vers Jeddah après avoir livré sa cargaison de pétrole au Japon.

Le bâtiment de 5.136 tonnes (à vide) "a été libéré mardi après paiement d’une rançon", a indiqué à l’AFP l’association Ecoterra. "Il navigue maintenant dans des eaux sûres, sous escorte", a ajouté un responsable de cette organisation.

"Tous les membres de l’équipage sont sains et saufs", précise Ecoterra, à propos des 13 marins sri-lankais et du capitaine grec à bord du pétrolier. Le montant de la rançon demeure inconnu.

Après sa capture, le bateau avait été ramené face à la localité de Garacad, un repaire de pirates dans le centre de la Somalie, puis transféré vers le port de Kulub.

Le tanker saoudien aurait été utilisé en octobre dernier par les pirates pour lancer une attaque, qui avait finalement échoué, contre un autre bâtiment commercial, le Go Trader, battant pavillon maltais, selon Ecoterra.

Les pirates somaliens détiennent toujours 35 bâtiments étrangers et au moins 649 otages, selon le décompte de cette association. Un acte de piraterie sur deux dans le monde est commis au large des côtes somaliennes ou dans le Golfe d’Aden, selon le bureau maritime international.

_______________________ 3 – RFI

La piraterie : nouveau défi du port de Mombasa

Par Claire Fages

C’est la porte d’entrée et de sortie principale des marchandises d’Afrique orientale, mais il devient de plus en plus coûteux d’utiliser le port de Mombasa, au Kenya. Déjà congestionné, il doit faire face à un nouveau défi : la piraterie.

Les contrats d’assurance imposés aux affréteurs qui passent par le port de Mombasa ont triplé en quelques mois. La raison : les pirates. Jusqu’à présent cantonnées au golfe d’Aden, ils s’aventurent aujourd’hui jusque dans les eaux territoriales du Kenya, où l’on a dénombré neuf actes de piraterie cette année, contre zéro l’an dernier. Au cours des deux mois passés, deux cargos ont été détournés à moins de 50 kilomètres du port de Mombasa.

L’un venait de vider sa cargaison de GPL – les produits pétroliers sont au premier rang des marchandises qui transitent par le port kényan – ; il a donc été détourné à vide, mais cela a suffi pour faire grimper les prix locaux du gaz. Pour la bonne raison que les affréteurs répercutent aux importateurs l’augmentation des primes des compagnies maritimes pour naviguer dans ces eaux de plus en plus craintes. L’huile de palme importée d’Asie est également vendue plus chère sur le marché kényan.

En tout, le coût du fret a augmenté de 40 % à destination du Kenya. Et cela s’ajoute au prix déjà élevé d’un passage au port de Mombasa. Victime de son succès, ce magnifique port naturel autour d’une île est totalement engorgé, avec un trafic en augmentation de 40 % en cinq ans. Les importations en vrac de ciment, de fer et d’acier suivent la croissance économique de l’Afrique orientale.

Quant aux porte-conteneurs qui expédient le thé et le café produits dans la région, mais surtout qui font entrer de nombreuses pièces et produits de consommation, ils ne savent plus où décharger. La logistique a beaucoup de mal à suivre, les formalités sont trop lentes.

Au point que Mombasa a perdu l’activité de transbordement des conteneurs depuis le Mozambique et les îles de l’Océan indien au profit du port tanzanien de Dar es Salaam, pourtant deux fois plus modeste en tonnage. L’Autorité portuaire de Mombasa a programmé des travaux pour doubler les capacités ; elle annonce aussi à terme vouloir privatiser la logistique.

________________________ 2 – Le Monde avec WikiLeaks

WikiLeaks : la folle saga des T-72 ukrainiens destinés au Soudan sud

Jean-Philippe Rémy

Ce n’était qu’un cargo parmi d’autres sur l’océan Indien, naviguant vers Mombasa, au Kenya. Mais lorsque le Faina, battant pavillon du Belize, est capturé par des pirates au large de la Somalie, le 25 septembre 2008, ces derniers découvrent dans ses soutes une cargaison inhabituelle. D’importants stocks d’armes et de munitions, et des chars T-72.

Lorsque la nouvelle est connue, les Etats-Unis prennent le dossier très au sérieux. Il faut tout faire pour éviter que ces chars reviennent à l’insurrection islamiste en Somalie, dont certains groupes armés se réclament d’Al-Qaida.

Après de longues tractations et le paiement d’une rançon de 3,2 millions de dollars (2,4 millions d’euros), le Faina est relâché, avec sa cargaison intacte. Il reprend alors son chemin vers sa destination. La saga des T-72 du Faina est loin d’être terminée.

Les chars sont officiellement destinés à l’armée kenyane, les documents encadrant l’exportation en témoignaient. Mais, comme le note un télégramme américain obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde, ils doivent en réalité parvenir au Sud-Soudan et à son Armée de libération (SPLA), l’ex-rébellion sudiste.

"LA COLÈRE DE SALVA KIIR"

Les Etats-Unis s’opposent discrètement à leur transfert. Des responsables kényans, dont le premier ministre, Raila Odinga, tentent de les convaincre de fermer les yeux. Les autorités de l’entité semi-autonome du Soudan sud voient approcher la date du référendum d’autodétermination qui peut permettre au Sud d’accéder à l’indépendance, au risque d’une reprise de la guerre, interrompue en 2004, avec le Nord. L’ambassadeur américain essaye de convaincre le premier ministre kenyan, qui propose de transférer les chars via l’Ouganda voisin, d’abandonner ce projet.

Une réunion est convoquée entre un militaire américain et des officiers supérieurs kényans. Un responsable des services de renseignements militaires kényans insiste sur "les pressions" du gouvernement sud-soudanais pour obtenir les chars, et précise que "le président [Mwai] Kibaki est personnellement très en colère à cause de ce problème".

Il ajoute aussi que les responsables kényans sont "troublés" par la position américaine, ajoutant que dans des cas précédents de livraisons d’armes au Soudan sud, il n’y a pas eu d’obstruction, dans la mesure où ce transfert, selon eux, s’inscrit dans l’application de l’accord de paix.

Puis le responsable des renseignements militaires insiste : annuler la livraison va "coûter extrêmement cher" et de plus, "Salva Kiir va se mettre en colère".

Le 16 décembre, les tanks se trouvent encore sur des flatcars, des wagons prévus pour le transport de blindés, dans un camp militaire près de Nairobi. L’affaire se traite au plus haut de l’Etat, puisque le président Kibaki lui-même tente de débloquer le dossier et de faire parvenir les chars au Soudan sud. Le chef des renseignements militaires demande alors à ses interlocuteurs américains de l’aider à réunir des arguments pour "tenter de convaincre le président".

La nature des liens entre le Kenya et le Sud-Soudan est examinée. "Au cours des deux dernières années, des responsables du ministre de la défense kenyan ont échangé avec nous des détails complets de leur engagement aux côtés de la SPLA, de la même façon que nous avons partagé avec eux les détails de programme d’entraînement pour la SPLA, incluant le programme de combat pour les soldats."

Les responsables kényans ont l’impression que les Etats-Unis, en bloquant le départ des chars, ont "changé de bord" et sont désormais "du côté de Khartoum". Les diplomates américains s’efforcent de leur expliquer que contrairement aux livraisons précédentes, compatibles avec l’accord de paix, celle-ci sort du cadre et "mériterait une sanction".

Pourquoi le Kenya tient-il tant à expédier les chars ? D’abord, précise un télégramme, Nairobi est proche des responsables de la SPLA. Mais aussi, "il est toujours possible qu’il y ait là-dessous un bénéfice financier pour un haut responsable kényan (ou deux, ou plus) pour avoir facilité le transfert".

Les T–72 arrivent finalement au Soudan sud, mais il s’agit déjà de la seconde livraison. Ces transferts vont-ils se poursuivre ?

UNE SÉRIE D’IMAGES SATELLITE COMME PREUVE

Les diplomates américains tentent de l’empêcher en frappant à la source, en Ukraine. Ils en parlent avec des responsables ukrainiens à Kiev, commençant par signaler que selon leurs informations, les chars T-72 "avaient été achetés par le ministère de la défense kényan pour le compte du Soudan sud".

Un responsable des exportations de matériel militaire ukrainien insiste : la cargaison est bien "destinée au Kenya". "L’Ukraine n’a pas expédié de matériel militaire au Soudan sud". Le diplomate américain soumet alors au responsable ukrainien une copie du contrat qui prouve que les chars sont destinés au Soudan sud. Son interlocuteur ne cille pas et "exprime ses doutes quant à l’authenticité du texte". Il demande "si les Etats-Unis ont des preuves plus solides de leurs allégations".

Le diplomate américain, en signifiant son "regret d’en arriver là" produit alors une série d’images satellite montrant "les T-72 déchargés au Kenya, transférés par train à l’intérieur du pays et arrivant finalement au Soudan sud". Note du diplomate américain, appréciant visiblement son effet : "Cela produit une forte commotion côté ukrainien."

Poussant son avantage, le diplomate lance une "mise en garde" en faisant remarquer que "ces mensonges ne sont pas ce que les Etats-Unis attendaient d’un partenaire stratégique", mais aussi que "l’Ukraine n’avait rien à gagner en mentant ainsi, et tout à perdre". Réponse : "L’Ukraine va étudier cette situation à la lumière d’une relation entre partenaires, de telle manière que les USA sauront à quel point l’Ukraine est un partenaire fiable.

__________________________ 1 – Bruxelles 2

La réponse française à la piraterie. Seaphora : l’anti-Blackwater

Nicolas Gros-Verheyde

L’idée est née après la signature par neuf pays africains du code de conduite de Djibouti. Dans ce document, signé en janvier 2009, les pays exprimaient le souhait d’être aidés sur différents points : formation de gardes-côtes, acquisition de patrouilleurs et de radars, ouverture de centres d’information à Sana’a, à Dar es Salam et à Mombasa.

Et elle s’est concrétisée lors d’un déplacement à Djibouti, en juillet 2010, autour d’une question : « Comment répondre à la piraterie, non seulement en matière de sécurité immédiate, mais sur le long terme, en ayant une réponse globale, qui s’attaque aux causes ? » explique Christian Ménard, un de ses promoteurs et rapporteur du projet de loi sur la piraterie. « Pourquoi la France ne pourrait pas présenter un projet propre, quitte à le compléter par la suite grâce à l’apport d’autres pays européens » . Par exemple, en prévoyant un développement économique au niveau de la pêche, en (ré)installant une conserverie au Puntland, bâtir un tribunal… « Les Français et les Européens se sont engagés de façon importante dans la lutte anti-piraterie avec l’opération Eunavfor Atalanta. Pourquoi ce seraient les Américains ou les Sud Africains (NB : ou les Britanniques) qui vont rafler ensuite les marchés. »

Les principaux groupes français – DCNS, Thalès, EADS, V-Navy, Altran, etc. – ont dit « oui » assez rapidement. Un consortium, dénommé Seaphora a été constitué pour mettre sur pied un projet commun, et vise l’organisation d’une conférence interrégionale, à Djibouti par exemple. Un projet, suivi de près à l’Elysée, et qui a fait l’objet de discussions en aparté, entre le président de la république et les industriels dans l’avion qui amenait Nicolas Sarkozy en Inde .

10/12/10 (B581) Nouvelles de Somalie – Des milliers de personnes en danger alors qu’une grave sécheresse frappe Mudug – les Etats-Unis minimisent l’influence d’Al-Qaida en Somalie – Projets d’attentats-suicide en Somalie: 4 ans de prison pour deux Suédois – KENYA. LES RÉFUGIÉS SOMALIENS ONT BESOIN D’UNE PROTECTION CONTRE LES ATTEINTES AUX DROITS HUMAINS (4 articles)

________________________ 4 – Irin News (ONU)

SOMALIE: Des milliers de personnes en danger alors qu’une grave sécheresse frappe Mudug

« L’ampleur des besoins est bien plus grande que ce que nous pouvons livrer », a dit à IRIN Mustafa Abdulaziz

Des dirigeants locaux ont demandé une aide urgente pour des milliers de gens qui sont en danger après une grave sécheresse dans la région de Mudug en Somalie centrale.

« Nous avons eu très peu de pluies durant la période du Gu [la saison de pluies longues allant d’avril à juin] et les pluies de Dayr [allant d’octobre à décembre] ne sont pas venues du tout, ce qui a empiré une situation déjà très mauvaise », a dit à IRIN Abdullahi Mahamud Nur, un ancien, le 8 décembre.

M. Nur a dit qu’au moins 5 000 familles (30 000 personnes) dans 13 villages au nord-est et au sud-est de la capitale régionale, Galkayo, avaient besoin d’une aide immédiate.

Galkayo se situe à 700 kilomètres au nord de Mogadiscio.

La plupart des gens comptent sur le bétail [pour vivre], mais les faibles chutes de pluie les forcent à se battre pour joindre les deux bouts, a ajouté M. Nur. Il a dit que les plus durement touchés étaient des villages dans les régions de Towfiq, Eil Dhanane, Dhinowda et Afbarwaqo.

« J’ai vu de mes propres yeux des chèvres et des moutons et des bovins agonisant ; ceux qui restent du cheptel sont si faible qu’ils ne peuvent aller nulle part pour de l’eau », a dit M. Nur. « Ils ne peuvent pas être vendus et ils sont inutilisables pour du lait ou de la viande ».

Il a dit qu’il était prêt à accompagner toute agence dans cette zone et il a demandé aux agences d’accroître leurs activités.

La situation a aussi forcé certains nomades à se rendre dans les villes, selon M. Nur. « Ils y en a qui sont déjà arrivés à Galkayo ».

Abdiaziz Aw Yusuf, également connu comme Harin, un ancien commissaire du district de Jariiban dans la région de Mudug – la grande ville la plus proche de la zone concernée – a dit que les villages les plus touchés étaient proches de la côte.

« Ils n’ont eu aucune pluie et ils n’ont pas de barkads [bassin de rétention d’eau] », a-t-il dit. « Le premier besoin, c’est l’eau et ensuite la nourriture. Beaucoup de gens qui n’ont pas encore perdu leurs animaux les perdront s’ils ne reçoivent pas d’eau bientôt ».

Harin a dit que la zone habitée par les clans Dir et Sheikhal se trouvait entre les deux principaux clans dans la région, les Habar Gedir et les Majerteen, et étaient souvent ignorés.

Comme dans la majorité de la Somalie centrale, la région n’a pas connu de précipitations durant la dernière saison des pluies et les points d’eau et puits de forage ont séchés, ou ce qu’il y reste d’eau n’est potable ni pour les gens ni pour le bétail, a dit Mustafa Abdulaziz, de l’ONG locale Homboboro Relief and Rehabilitation Organization.

« Nous prévoyons de transporter de l’eau par camion dans certains des villages les plus durement touchés comme Towfiq, mais l’ampleur des besoins est bien plus grande que ce que nous pouvons livrer », a-t-il dit.

Selon les Nations Unies, on estime à deux millions le nombre de Somaliens qui ont besoin d’une assistance humanitaire.

_______________ 3 – Le Monde avec WikiLeaks

WikiLeaks : les Etats-Unis minimisent l’influence d’Al-Qaida en Somalie

Jean-Philippe Rémy

Les groupes armés islamistes qui tentent de prendre le pouvoir dans le sud de la Somalie et poursuivent la guerre à Mogadiscio contre les forces divisées du Gouvernement fédéral de transition (TFG) menacent-ils de créer un nouveau foyer mondial pour des combattants de la nébuleuse Al-Qaida?

Les Etats-Unis s’interrogent, alors qu’ils interviennent de manière discrète, mais indirecte, en Somalie. Ce dossier a pris de l’importance ces dernières années, avec la crainte de voir tomber Mogadiscio, son port et son aéroport, fournissant une plateforme pour les groupes en contact avec les Somaliens d’Al-Chabab, eux-mêmes liés à Al-Qaida.

Les diplomates américains notent bien "l’arrivée de combattants étrangers" en Somalie, mais ils précisent : "Beaucoup d’entre eux sont d’ethnie somalie, recrutés dans les pays voisins ou dans la diaspora (…) Ceci inclut des Nord-américains, dont au moins vingt jeunes hommes recrutés à Minneapolis, et d’autres venus d’Europe."

"PIPELINE" DE COMBATTANTS MIS EN DOUTE

Dans le même télégramme, il est aussi fait mention de combattants venus "d’Afrique de l’Est, surtout du Kenya et du Soudan", ainsi que de "non-somalis" originaires de "l’Asie du Sud et du Proche-Orient, incluant des Pakistanais, des Yéménites et d’autres ‘arabes’ non identifiés." Mais le diplomate prend le soin de préciser : "Pas plus que le gouvernement somalien, nous ne connaissons [leur] nombre exact (…) Les déclarations d’officiels somaliens parlant de milliers d’étrangers semblent exagérées."

Et l’ambassadeur note qu’en dépit du "soutien public" d’Al-Qaida aux combattants somaliens, "il y a bien peu de preuves de liens significatifs de soutien direct d’Al-Qaida, en termes financiers ou militaires, en provenance d’Irak ou d’Afghanistan", ni même d’un "pipeline" de combattants depuis ces deux pays. Au contraire, son télégramme met en évidence des sources d’approvisionnement régionales (Yémen et Erythrée) pour les armes et l’argent.

Et si les Etats-Unis se fourvoyaient? Des télégrammes révèlent à quel point les dirigeants somaliens du TFG sont des alliés incommodes. En témoigne un télégramme relatant une discussion, en mai 2009, entre Ali Sharmake, premier ministre à l’époque, avec le chargé des affaires somaliennes à l’ambassade américaine de Nairobi, au Kenya.

M. Sharmake brosse un tableau inquiétant des divisions du TFG. Il "s’inquiète de l’influence" d’un groupe armé allié, Ahlu Sunna Wal Jama’a, pourtant activé pour lutter aux côtés du TFG. Il admet que les contre-attaques du TFG enregistrent des résultats médiocres, mais en impute la responsabilité à des "problèmes de logistique et de communication." Il en profite pour réclamer "des radios" et du "conseil militaire".

A propos d’argent, le premier ministre promet de justifier "très rapidement" l’emploi mystérieux d’un demi-million de dollars (378 000 euros) versé par le gouvernement américain. Dans l’immédiat, il assure ses interlocuteurs de sa "profonde gratitude" d’avoir reçu des "munitions et des armes de gros calibre."

Ali Sharmake redemande aussi aux Etats-Unis de procéder à des frappes pour éliminer des chefs de la guérilla islamiste. Il rappelle à cet effet que peu de temps auparavant, il a appelé depuis Mogadiscio, le 16 mai, pour demander qu’une frappe américaine "efface si possible" les participants à un conclave réunissant des responsables d’Al-Chabab et du Hizbul Islam, alliés contre le TFG. Le diplomate américain demande si le TFG pourrait faire face à "des dommages collatéraux". Le premier ministre somalien répond "oui, sans hésiter".

_______________ 2 – Radio Nederland avec AFP

Projets d’attentats-suicide en Somalie: 4 ans de prison pour deux Suédois

Deux Suédois d’origine somalienne membres de la milice islamiste radicale shebab ont été condamnés mercredi à quatre ans de prison ferme pour "préparation de crimes terroristes" en Somalie, a annoncé le tribunal suédois de Göteborg.

Leur peine est plus lourde que les réquisitions du procureur, qui avait demandé 3 ans de prison ferme.

"Le procureur a démontré que les deux accusés ont endossé la responsabilité, et décidé en association avec la milice islamiste somalienne shebab, de commettre des crimes terroristes via des attentats-suicide", écrit la cour dans sa décision.

Mohamoud Jama, 22 ans, et Bille Ilias Mohamed, 26 ans, avaient été arrêtés par le renseignement intérieur suédois, le premier à Göteborg (sud-ouest) en mai et le deuxième à Stockholm en juin.

Les deux Suédois naturalisés sont "membres" et "ont de fortes sympathies" pour le mouvement islamiste radical somalien des shebab, qui a déclaré son allégeance au réseau Al-Qaïda et contrôle la plus grande partie du sud et du centre de la Somalie, souligne la cour.

_______________________ 1 – Amnesty International

KENYA. LES RÉFUGIÉS SOMALIENS ONT BESOIN D’UNE PROTECTION CONTRE LES ATTEINTES AUX DROITS HUMAINS

Françoise Guillitte

Au Kenya, les violations des droits humains infligées aux réfugiés et demandeurs d’asile somaliens mettent des milliers de vies en danger, a indiqué Amnesty International dans un rapport publié mercredi 8 décembre 2010.

Intitulé From life without peace to peace without life , ce document montre que les milliers de personnes qui fuient les violences perpétrées en Somalie ne trouvent pas refuge, protection ni solutions durables au Kenya, la frontière entre les deux pays ayant été fermée il y a près de quatre ans pour des raisons de sécurité.

« Les combats incessants et les atteintes aux droits humains abominables commises en Somalie constituent une menace avérée pour la vie de dizaines de milliers d’enfants, de femmes et d’hommes. Aucun Somalien ne doit être renvoyé de force dans le sud et le centre de la Somalie », a expliqué Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International.

Au mois de novembre, quelque 8 000 Somaliens, qui s’étaient réfugiés au Kenya pour fuir les combats intenses dans la ville somalienne de Belet Hawo, ont été sommés de retourner dans leur pays par les autorités kenyanes. La police kenyane a ensuite contraint quelque 3 000 d’entre eux à retourner en Somalie, où ils courent toujours le risque d’être soumis à de graves violations des droits humains.

« De nombreux Somaliens n’ont pas d’autre choix que de franchir la frontière kenyane. Cependant, le Kenya ayant fermé le centre de filtrage situé près de la frontière, aucun Somalien n’est enregistré immédiatement et personne ne fait l’objet d’un filtrage. Comme on pouvait s’y attendre, cette mesure ne permet aucunement de régler les problèmes de sécurité nationale au Kenya. »

Au lendemain d’une flambée de violence en décembre 2006, le Kenya a fermé sa frontière de 682 kilomètres avec la Somalie, affirmant que des combattants qui entretiendraient des liens avec al Qaïda risquaient d’entrer dans le pays et de mettre en péril la sécurité nationale.

Pourtant, en raison de la porosité de la frontière, les Somaliens ont continué à fuir leur pays et à chercher refuge au Kenya. Les autorités kenyanes ont fermé les yeux sur l’afflux continu de demandeurs d’asile somaliens franchissant la frontière, ce qui remet en cause l’effet, si tant est qu’il existe, de cette fermeture sur la situation en termes de sécurité.

Lors d’une rencontre avec Amnesty International en mars 2010, le ministre kenyan de l’Immigration a en effet admis que « fermer la frontière n’a[vait] pas d’effet bénéfique. Nous ferions mieux de filtrer [les demandeurs d’asile somaliens], afin de savoir qui ils sont. »

Dans son rapport circonstancié, Amnesty International explique que depuis la fermeture de la frontière, les forces de sécurité kenyanes ont renvoyé de force des demandeurs d’asile et des réfugiés en Somalie, leur ont extorqué des pots-de-vin et les ont arrêtés et détenus de manière arbitraire. Les Somaliens sont régulièrement harcelés par la police kenyane dans les régions frontalières, dans les camps de réfugiés de Dadaab, situés dans le nord-est du Kenya, et dans les zones urbaines, y compris à Nairobi.

Une Somalienne de 55 ans a raconté à Amnesty International en mars 2010 : « Je suis arrivée à Dadaab il y a sept jours en passant par Dobley. Arrêtée après Dobley, j’ai passé six jours en prison à Garissa. Je suis venue en voiture avec 25 autres Somaliens. Nous avons tous été emprisonnés… J’avais quatre enfants avec moi : une fillette de 11 ans, et trois garçons de neuf, huit et trois ans. La police kenyane nous a dit : « Vous êtes entrés illégalement par la mauvaise route. » J’ai dû leur donner 5 000 shillings kenyans [47 euro]. Mes proches ont dû m’envoyer de l’argent. »

Les trois camps de Dadaab sont déjà extrêmement surpeuplés. Conçus à l’origine pour accueillir 90 000 réfugiés, ils en hébergent désormais plus de 280 000. La pression est par conséquent considérable sur l’accès des habitants à un abri, à l’eau, aux installations sanitaires, à la santé et à l’éducation. Le gouvernement kenyan a traîné les pieds avant d’attribuer de nouveaux terrains pour recevoir la population croissante de réfugiés.

Les réfugiés installés à Dadaab ont expliqué à Amnesty International que les camps eux-mêmes devenaient de moins en moins sûrs et que des membres et des sympathisants d’al Shabab, groupe armé islamiste somalien, y habitaient ou y circulaient et, parfois, y recrutaient des réfugiés pour aller combattre en Somalie. Les forces de sécurité kenyanes auraient également été impliquées dans le recrutement de réfugiés somaliens aux fins de formation militaire fin 2009.

« Dans les camps de Daadab, nous sommes désormais face à une situation de crise, a fait valoir Michelle Kagari. Les réfugiés somaliens se retrouvent coincés entre une zone de conflit et ce que d’aucuns décrivent comme une prison ouverte, car le Kenya ne les autorise pas à sortir des camps sans une autorisation spéciale. Les réfugiés qui se sont rendus dans des villes kenyanes vivent dans la précarité et sont exposés aux violences policières. « Le Kenya prend en charge de manière disproportionnée la responsabilité des flux massifs de réfugiés venus de Somalie et a besoin d’une aide accrue de la communauté internationale, notamment des pays de l’Union européenne (UE), en vue d’offrir des solutions durables à ces personnes. » Amnesty International engage le gouvernement kenyan à veiller à ce que les Somaliens fuyant les violations flagrantes des droits humains et les violences exercées sans discrimination trouvent refuge sur le sol kenyan et y bénéficient d’une réelle protection.

Elle demande aussi à la communauté internationale et aux partenaires donateurs du Kenya de partager la responsabilité de la crise des réfugiés au Kenya, de renforcer les programmes de réinstallation et de soutenir les projets d’intégration locale visant à améliorer la vie des réfugiés au Kenya.

10/12/10 (B581) LDDH / Réquisitoire introductif ouvert du 10 décembre 2010, sur les crimes du dictateur passible de poursuites auprès des tribunaux aux compétences internationales.



Le Président

REQUISITOIRE INTRODUCTIF OUVERT DU 10 DECEMBRE 2010 SUR LES CRIMES DU DICTATEUR PASSIBLE DE POURSUITES AUPRES DES TRIBUNAUX AUX COMPETENCES INTERNATIONALES.

Définition du vocabulaire juridique de G. CORNU :

« Réquisitoire à fin d’informer (ou réquisitoire introductif). Document par lequel le ministère public saisit le juge d’instruction en le demandant d’informer sur certains faits paraissant constituer une infraction. »

Contexte Djiboutien.

En République de Djibouti il est impossible de déposer des plaintes pénales contre le Chef de l’Etat même en cas de Haute Trahison, le rendant impuni et rendant les juridictions de notre pays stériles.

La cause principale découle du fait que le texte de la Haute Cour de Justice adopté en 1993, présenté par le Secrétaire du Bureau de l’Assemblée Nationale à cette époque NOEL ABDI Jean-Paul et comportant la Loi Organique portant sur la création de cette Haute Juridiction qui serait chargée de juger le Chef de l’Etat notamment pour Haute Trahison et les Ministres dans l’exercice de leur Fonction est toujours inopérationnel.

En effet, cette Loi Organique était incomplète et nécessitait un complément de plusieurs dispositions que seule ladite Cour était habilitée à apporter.

Hélas, le premier président de cette Cour parlementaire, l’ancien député Djama Djilal Djama, très proche de feu Hassan Gouled, n’a jamais voulu s’atteler à la préparation et à l’adoption d’une Loi complémentaire, qui devait, en principe, rendre opérationnelle cette Haute Cour de Justice.

Actuellement, face à une impunité qui n’en finit pas, la seule issue dont dispose le citoyen Djiboutien, à titre individuel pour les Défenseurs des Droits de l’Homme et autres juristes comme les avocats dans la défense de leur client, est à notre avis les juridictions aux compétences universelles.

C’est dans cet esprit que nous soumettons un Réquisitoire introductif à l’aimable attention du Procureur de la Cour Pénal International ainsi qu’à ceux des Cours aux Compétences Universelles et nos regards sont tournés vers ces Juridictions Universelles.

Une pensée particulière au Juge d’Instruction GARZON d’Espagne qui avait avec courage et détermination lancé la dynamique des poursuites en émettant un mandat d’arrêt contre le dictateur-sanguinaire Pinochet, encourageant tous les défenseurs des droits fondamentaux à combattre tous les crimes contre les populations civiles, contre les disparitions forcées etc ….

Son courage exemplaire pour mettre fin à l’impunité des crimes de génocide sous le Franquisme reste gravé dans nos cœurs.

Car nous aussi, nous avons notre dictateur-sanguinaire l’individu Ismaël Omar Guelleh, en toute impunité demeure et projette de s’éterniser avec l’assistance de l’Administration de Washington afin d’amplifier l’extermination programmée du peuple Somali en particulier celui de Mogadiscio.

Voilà les motivations réelles de notre Réquisitoire Introductif auprès des tribunaux aux compétences universelles.

Ce Réquisitoire se réfère en partie aux Tableaux de Bord et autres documents de la LDDH publiés depuis avril 2010 sur le site de l’ARDHD dans la lutte contre le Terrorisme d’Etat.

D’autres Tableaux de Bord complémentaires seront progressivement diffusés dans le cadre de la volonté et du rejet populaire du Coup d’Etat électoral programmé pour le 8 avril 2011 sous la coupole d’un Etat de droit artificiel, commandité et encore imposé par des Forces extérieures pour ne pas dire d’occupation.

I) Violations permanentes des deux Pactes Internationaux ratifiés par Djibouti.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)

– déplore le silence du Haut Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, qui garde provisoirement le « protocole de silence » pour l’un de ses Vice-présidents, certes, encore écouté ou toléré à savoir le dictateur notoire de la République de Djibouti ;

– constate que pendant les onze dernières années de règne à la tête d’un pouvoir usurpé depuis 1999, grâce aux interférences extérieures, tous les droits fondamentaux prévus par la Constitution nationale, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et les Pactes Internationaux des Droits de l’Homme sont constamment bafoués ;

– rappelle que la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est partie intégrante de la Constitution Djiboutienne largement approuvée par le peuple de notre pays lors du référendum du 4 septembre 1992 ;

– dénonce toutes les autorités Djiboutiennes qui bénéficient de la totale impunité et continuent allégrement de violer les institutions républicaines et tous les textes ratifiés, les Pactes Internationaux des Droits de l’Homme, les Conventions et les Accords Internationaux, en particulier ceux de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et du Bureau International du Travail (BIT).

II) Violations permanentes des droits fondamentaux à Djibouti.

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH)

– consciente des dangers actuels d’un conflit armé dans la capitale et des risques imminents des dérapages consécutifs aux abus de pouvoir exercés par une clique de la mafia régionale assistée et en connexion avec d’autres réseaux mafieux ;

– préoccupée de la situation de décomposition régionale qui s’amplifie de jour en jour ;

– dénonce les manigances et interférences extérieures pour imposer un Coup d’Etat électoral ou comme en Côte d’Ivoire après plusieurs années de blocage des élections présidentielles ;

– dénonce les comportements inadmissibles d’une justice totalement muselée par un premier magistrat membre du club de la mafia ;

– constate que les Partis politiques de l’Opposition n’ont pas depuis une décennie la possibilité d’exercer librement leurs activités conformément à la Constitution ;

– constate que les journaux libres sont techniquement interdits comme un organe de presse de l’opposition ;

– constate qu’un Parti de l’Opposition Djiboutienne légalement reconnu a été interdit par un décret du chef de gouvernement basé sur un faux document

– demande et encourage la Cour Suprême de se prononcer sur ce décret basé sur un faux ;

– Préoccupé par l’inactivité des dirigeants des centrales syndicales libres dépourvus et/ou privés de leur combat pour déclarer des avis de grèves, pour exiger des manifestations.

Par ces motifs

  • La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) demande aux Organisations Internationales des Droits de l’Homme de continuer leur noble combat pour mettre fin à l’impunité ;
  • La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance un Appel pressant à la Cour Pénale Internationale (CPI) et aux Cours aux Compétences Universelles d’accorder une attention particulière à notre volonté en tant que défenseur des droits de l’homme de Djibouti et nous permettre de vous saisir dans le cadre de la lutte contre l’impunité.

NOEL ABDI Jean-Paul

10/12/10 (B581) RSF – > SOMALIE : Le Prix 2010 de la liberté de la presse décerné à Radio Shabelle

Reporters sans frontières, en partenariat avec la Fnac, est heureuse de décerner son prix 2010 de la liberté de la presse à deux symboles de courage, le journaliste iranien Abdolreza Tajik et le média somalien, Radio Shabelle.

"Nous honorons cette année un journaliste courageux, Abdolreza Tajik, et un média meurtri, Radio Shabelle. Ces lauréats travaillent dans deux pays, l’Iran et la Somalie, où informer est un combat", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Jean-Christophe Rufin, écrivain, ex-ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie, est venu remettre le prix du média de l’année à Radio Shabelle. Il a salué le travail des correspondants locaux de Reporters sans frontières et plus largement celui des journalistes, sur le terrain, dans les zones difficiles.

Ali Abdi, directeur des relations internationales du Shabelle Media Network, a déclaré avec émotion : "C’est un immense honneur de recevoir ce prix. Il récompense notre travail mais également le courage de tous les journalistes somaliens et de la société civile somalienne. Dans notre pays où règne le chaos et où les milices islamistes armées veulent nous faire taire, notre travail d’information ne se fait pas sans risques. En trois ans, cinq de nos journalistes ont été tués, dont deux directeurs, et près d’une centaine ont dû fuir le pays pour des questions de sécurité. Mais nous ne nous laisserons pas intimider. Nous sommes déterminés à continuer notre combat pour l’information indépendante et le respect des droits de l’homme".

Radio Shabelle a été récompensée dans la catégorie "Média de l’année". Station privée la plus réputée de Somalie, Radio Shabelle est aussi la plus exposée. Victime de pressions permanentes de la part des milices islamistes radicales qui affrontent le gouvernement de transition, mais touchée aussi parfois par les balles des soldats progouvernementaux lors des nombreux combats, la radio s’efforce de survivre dans le chaos. En 2009, quatre de ses journalistes ont été tués, dont le directeur, Mukhtar Mohamed Hirabe, abattu de quatre balles dans la tête, à Mogadiscio, alors qu’il se rendait au travail. A l’été 2010, la radio a été contrainte de cesser la diffusion du talk-show "Tartan Aqooneedka Shabelle", en raison de menaces. 

Cette année, près d’une dizaine de radios somaliennes sont passées sous le contrôle des combattants islamistes qui les utilisent désormais pour diffuser leur propagande politique et religieuse. Mais Radio Shabelle a pour l’instant échappé à ce sort. La radio résiste. Considérée par les milices islamistes Al-Shabaab et Hizb-Al-Islam comme servant les intérêts des "Croisés" parce qu’elle couvre l’actualité somalienne de façon indépendante et refuse de leur servir de porte-voix, Radio Shabelle est la cible numéro un de ces taliban africains, prêts à tout pour faire taire les journalistes.

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Animée par la journaliste Elizabeth Tchoungui, la 19e cérémonie du prix de la liberté de la presse s’est tenue au Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE), à Paris, le jeudi 9 décembre 2010.

"La liberté d’informer et le droit des citoyens à être informés sont plus que jamais menacés. Protéger et promouvoir la liberté de la presse, comme défendre celle des femmes, contribue à faire avancer les libertés de toute une société", a tenu à rappeler Gisèle Halimi, avocate, ancienne ambassadrice de France à l’UNESCO, ancienne députée à l’Assemblée nationale, invitée à remettre le prix du journaliste de l’année.

Incarcéré pour la troisième fois le 12 juin 2010, Abdolreza Tajik est toujours en prison. Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix et présidente du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, est venue recevoir le prix en son nom. "Je regrette qu’Abdolreza ne soit pas là en personne pour recevoir ce prix. Son seul crime est celui d’écrire, et d’écrire la vérité. Pour cela, il est détenu à l’isolement, dans la prison d’Evin, sans que son avocat ne puisse le voir ni avoir accès à son dossier. Abdolreza est un symbole de résistance en Iran et il n’est pas le seul. J’espère qu’il sera ici l’année prochaine pour faire votre connaissance", a déclaré Shirin Ebadi en remerciant tous ceux qui soutiennent la liberté d’expression en Iran.

L’Iranien Abdolreza Tajik a été consacré « Journaliste de l’année 2010 » pour la qualité de son travail et son engagement pour la défense de la liberté de la presse en Iran. Journaliste et membre du Cercle des défenseurs des droits de l’homme, ce fervent militant de la liberté d’expression a travaillé comme responsable des pages politiques dans la plupart des journaux suspendus par les autorités, tels que Fateh (suspendu en 2000), Bahar (suspendu en 2001), Bonyan (suspendu en 2002), Hambastegi (suspendu en 2003) et Shargh (suspendu en 2008). Dans ses articles, il dénonçait les atteintes à la liberté d’expression et les arrestations arbitraires de journalistes.

Depuis 1992, le prix Reporters sans frontières honore le travail d’un journaliste et d’un média, ayant contribué de manière notable à la défense ou à la promotion de la liberté de la presse dans n’importe quelle région du monde. Il est décerné par un jury international composé de professionnels des médias et de défenseurs des droits de l’homme.

La Fnac est partenaire du prix de la liberté de la presse. "La Fnac s’imagine et se pose comme un véritable acteur, un média à part entière et entend jouer un rôle dans la société aux côtés d’ONG comme Reporters sans frontières, précise Isabelle Saviane, membre du comité exécutif de la Fnac. L’engagement de la Fnac fait intégralement partie de son ADN et donc de son modèle économique. Nous allons d’ailleurs en 2011 proposer à Reporters sans frontières de nouvelles actions communes." 

Ambroise PIERRE
Bureau Afrique / Africa Desk
Reporters sans frontières / Reporters Without Borders
47, rue Vivienne
75002 Paris, France
Tel : (33) 1 44 83 84 76
Fax : (33) 1 45 23 11 51
Email : afrique@rsf.org / africa@rsf.org
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10/12/10 (B581) Yémen Express – la kalachnikov se vend bien, merci ! (1 article)

_________________________ 1 – Libération

Au Yémen, la kalachnikov se vend bien, merci

«Nous sommes restés ouverts jusqu’à minuit hier pour faire face à la demande», confessait mercredi un vendeur d’armes de Jihana, un des principaux marchés du Yémen. Une vendetta entre deux tribus locales est à l’origine de ce pic de consommation, si élevé que les combattants ne se donnent guère plus la peine de négocier les prix. L’arme vaut actuellement entre 500 et 1 500 dollars (de 380 à 1 135 euros). Cette situation n’a rien d’extraordinaire dans ce pays où les affrontements tribaux font environ 4 000 morts chaque année, et où un citoyen sur deux possède une arme à feu.

Soucieux de ne pas décevoir une clientèle très exigeante, les marchands n’hésitent pas à passer outre une réglementation qui autorise uniquement la vente d’armes automatiques classiques : «Si vous voulez un RPG [lance-roquettes, ndlr] ou tout autre type d’armes, nous pouvons le livrer», chuchote Yahya, un vendeur d’armes.

09/12/10 (B581) Radio-Trottoir : Djibouti brûle-t-il ? (ARDHD avec nos correspondants)

Plusieurs correspondants nous ont alerté au sujet de nouveaux incendies qui se sont déclarés spontanément (?) à Djibouti depuis deux jours.

D’abord à la centrale EDD de Boulaos, ce qui a privé la ville d’électricité pendant une très longue période. Est-ce le baroud d’honneur du baron qui dirige cet établissement depuis tant d’années et qui serait pressenti, selon la rumeur pour aller remplacer un autre baron : le sulfureux Ollayeh, Ambassadeur de Djibouti aux USA et à l’ONU, mais qui exercerait des activités paralléles peu conformes avec l’éthique des personnels diplomatiques … (Drogues, placement d’argent douteux, … )

Très accessoirement producteur d’électricité, l’EDD est l’une des pompes à fric les plus productives du régime. De nombreux pays, dont la France, l’Arabie saoudite et l’Italie, pour ne citer qu’eux, ont été invités dans le passé à financer son amélioration, son reconditionnement, sa modernisation et son agrandissement. Résultat ? Rien.

L’EDD fait des miracles ! Elle continue à produire du courant discontinu et alternatif (délestage régulier par quartier) avec des machines obsolètes qui sont raccomodées avec des bouts de ficelle grâce à l’expérience et au savoir-faire remarquable d’une équipe d’opérateurs d’entretien talentueux…que nous honorons, parce qu’ils le méritent.

Mais où passe l’argent ? En application de la loi mafieuse et secrète, probablement est-il partagé entre le caïd directeur et le parrain président dictateur. Certains pays, pour éviter cela, avaient choisi d’envoyer du matériel (générateurs) et non de l’argent, mais ils avaient mal évalué les talents du baron. Car il a réussi à les revendre au Yémen à l’état neuf, sans les installer et il a récupéré les sous !!

Bref le matériel de Boulaos semble être à bout de souffle : dans ces conditions, un incendie de cause naturelle n’est pas à exclure …

Pourtant comme de nouveaux incendies ont été signalés dans les quartiers et même aux alentours de la maison d’un officier supérieur, on peut se demander si le régime n’a pas lancé son plan 3ème mandat : 1°) susciter la peur parmi la population 2°) dégager des zones constructibles pour réaliser des opérations de promotion immobilière qui financeront une campagne présidentielle inoubliable… par sa splendeur… !

Allez, les bailleurs de fonds ! On va vous demander un nouvel effort en faveur de ces pauvres populations qui sont privées d’électricité … La demande de financement de la 5ème ou 6ème (on ne les compte plus) rénovation de la centrale de Boulaos va être introduite rapidement sur le marché international. A vous de jouer et de montrer votre générosité … pour les oeuvres charitables d’Haramous.

Rappelons que l’incendie volontaire est une spécialité djiboutienne (« reconnue » ?). (Retrouver notre dossier sur les incendies et les attentats)

Toujours bien ciblés, les incendies concernent des lieux hautement sensibles : trésorerie du port, cour des comptes, palais du peuple (tribunal), quartiers à rénover. La liste est longue …. mais moins longue quand même que celle des responsables qui se suicident, opposants, responsables militaires, responsables du SDS, juge français, …

Le stress au travail est-il le responsable de tous ces incendies et de tous ces suicides ? Certainement si vous le lui demandiez, le couple infernal vous jurerait la main sur le coeur qu’il n’y est pour rien et qu’il déplore tout cela … !