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29/12/2015 (Brève 582) Communiqué de l’ARDHD : La France lâche les Droits de l’Homme à Djibouti » pour dénoncer la sortie imposée de Saïd Houssein Robleh, député djiboutien, de l’hôpital des forces françaises et l’arrestation immédiate et illégale de Omar Ali EWADO, président de la LDDH

COMMUNIQUE

Djibouti, 29 décembre 2015 :
SORTIE IMPOSEE de l’HOPITAL BOUFFARD pour le député d’opposition SAID ROBLEH,
ARRESTATION du Président de la LIGUE DJIBOUTIENNE des DROITS de l’HOMME
strong

Pour des raisons géopolitiques, en cette fin d’année 2015,
la France lâche les Droits de l’Homme à Djibouti,
et livre ses représentants comme ceux de l’opposition démocratique
à la violence éradicatrice du régime de Guelleh

Ce 29 décembre 2015 matin, le député d’opposition Saïd Houssein Robleh, également secrétaire général de la LDDH, Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, a été « sorti » de l’hôpital militaire français Bouffard, où il avait été transporté, opéré, et soigné par les chirurgiens militaires français après avoir été blessé par balles par la police du régime.

Saïd Robleh, comme d’autres opposants, avait été gravement blessé par balles à la gorge le 21 décembre dernier lors d’une terrible opération répressive policière du régime djiboutien à l’encontre de ses opposants : – tirs par balles policières le matin dans un véritable massacre perpétré à Balballa, contre les participants à une cérémonie commémorative d’une communauté de cette banlieue pauvre de Djibouti, et assauts l’après-midi au domicile d’un chef de l’opposition USN (Union pour la Salut National regroupant 7 partis d’opposition), avec 60 morts et disparus, et de nombreux blessés par balles, civils et représentants de l’opposition, dont Saïd Robleh.

Depuis 8 jours, les forces de la police et de la gendarmerie du régime djiboutien stationnent devant l’hôpital du Commandement des Forces Françaises Stationnées à Djibouti, opérant un filtrage musclé.

Ce matin 29/12, la France a finalement ordonné la « sortie d’hôpital » de ce grave blessé encore couvert de pansements (il a toujours une 2e balle dans la gorge qu’il a été impossible d’extraire, trop près de la carotide), député d’opposition à l’assemblée nationale djiboutienne, Secrétaire Général de la LDDH, Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, déjà lourdement passé à tabac par le régime le 10 décembre dernier, – à qui le gouvernement djiboutien a retiré son passeport, bafouant et rebafouant son immunité parlementaire.

Simultanément ce 29 décembre matin, M. Omar Ewado a été arrêté devant l’hôpital Bouffard par la gendarmerie nationale djiboutienne : il est le Président de la LDDH, Ligue Djiboutienne des Droits de l’Homme, et l’un des rares représentants valides de cette ligue des droits de l’homme comme des forces démocratiques. Il a été arrêté pour avoir publié la liste des morts et disparus des massacres policiers du 21 décembre à Balballa.

Il y a deux jours, et hier 28 décembre encore, des représentants du gouvernement français, à Djibouti et à Paris, nous affirmaient que tant que Saïd Robleh serait soigné à l’hôpital militaire français Bouffard, rien ne serait à craindre pour sa sécurité et sa survie
..
mais lorsqu’il sortirait ou serait sorti … ?

A trois mois des élections présidentielles djiboutiennes (IO.Guelleh brique un 4e mandat présidentiel, après avoir déjà fait changer la constitution de son pays pour le 3e mandat..), alors que cette partie de l’Afrique est dans une totale reconfiguration géopolitique et économique (arrivée à Djibouti prévue de 10 000 soldats chinois), et que la France tente de sauver des restes de pouvoir, force est de constater que la France est en train de lâcher les valeurs et les représentants des droits de l’homme et de l’équité politique, les mettant en risque ou en certitude d’élimination physique par le régime en place.

17/12/10 (B582) DECLARATION COMMUNE D’UDT ET DE LA LDDH relative à la situation alarmante des dockers du port international de la République de Djibouti.

Depuis quelques années les dockers djiboutiens, qui sont au nombre de 3800, dépendent du Bureau de la main d’oeuvre (BMO) des dockers du port de Djibouti. Ils sont confrontés, de plus en plus, à des dénis de droit systématiques et flagrants tant sur le plan professionnel que pour celui des garanties sociales.

Leurs niveaux de vie, d’existence et de dignité humaine se dégradent inexorablement au fil de temps. Désormais, ils sont classés comme des citoyens de second rang, voire comme des parias.

Pour le quasi majorité d’entre eux, Ils sont privés du droit au travail ou sinon, ils doivent accepter d’être exploités comme des bêtes de somme qui ne peuvent prétendre à aucune couverture sociale ni à aucune contrepartie salariale.

Comme ils doivent travailler à l’heure ou à la tache, en tant que travailleur journalier, le tour d’embauche censé les faire travailler à tour de rôle, n’est pas respecté. Seul un petit groupe, favorisé par le BMO, est embauché systèmatiquement afin de bénéficier de la couverture de la sécurité sociale.

La grande majorité d’entre eux ne voit plus jamais arriver leur tour, qui est atgtribué dans les faits à une minorité de favorisés.

Dans l’année, certains ne travaillent qu’une ou deux fois par semaine ou même par mois. Parfois ils sont contraints au chomage durant une année, sans aucune explication ni recours possible.

Ce qui les plonge dans l’indigence forcée et les expose, avec leurs familles, à la famine et à la misère.

De ce fait c’est une population de plus de vingt mille individus (les dockers et leurs familles) qui se retrouvent "de facto" sans aucune ressource et contraints à la pauvreté la plus absolue, à la maladie, ainsi qu’à l’impossibilité d’accèder aux soins.

Par voie de conséquence, combien de morts chaque année parmi ces travailleurs fragilisés par manque de soins et par non assistance à personne en danger ?

Cela étant, plus de 96% des dockers n’ont droit à aucune protection sociale et encore moins à la retraite.

Depuis plusieurs décennies que la corporation des dockers existent et jusqu’à présent, aucun d’entre eux n’a bénéficié d’une retraite. Pourtant lorsqu’ ils travaillent à l’heure ou à la tache, les compagnies, qui les emploient retiennent systématiquement sur leurs bulletins de salaire journaliers, les cotisations sociales qui sont versés à l’OPS (Office pour la protection sociale) (Maladie et retraite).

Selon un contrôle officiel effectué il y a quelques années, l’OPS recevait des cotisations mensuelles évaluées de dix à vingt millions de la part des dockers sans que ces derniers ne reçoivent aucune contrepartie en retour, c’est-à-dire ni soin et prise en charge des frais d’hospitalisation même en cas d’accident du travail, ni retraite.

En outre, selon de source fiable, en termes de pourcentage, la part de cotisation prélevée sur les salaisres des dockers était supérieure à celles des autres secteurs économiques du pays.

Et pourtant, en cas d’accident de travail ou de maladie, ces lésés en droit, ne reçoivent de la part de leurs employeurs ni bulletins de prise en charge (parce qu’en réalité ils n’ont pas été déclarés à l’OPS), ni indemnités pour assurer un minimum vitale de revenus aux familles.

Parfois, ils se rendent à l’hôpital, en sacrifiant leurs petites économies. Les arrêts de maladie prescrits par le médecin compétant en la matière, ne sont pas pris en compte par l’employeur.

Pire encore, en cas de vacance du poste (en générale parce que la personne malade est dans l’incapacité de travailler), le Bureau main d’œuvre (BMO) du port de Djibouti embauche une autre personne inconnue, à la place de la personne titulaire et sous son nom (!). Par conséquent ils ne peuvent prétendre à aucune indemnité ni pour les journées de repos ni pour les jours de maladie.

En ce qui concerne les dockers, à l’heure actuelle, aucun barème officiel de tarif horaire à la tache n’existe, qui pourrait leur permettre de prétendre à une rémunération reconnue.

Les compagnies les paient selon leurs bons vouloirs, sans aucun minimum garanti officiellement.

Il existait un barème tarifaire qui datait de 1968, mais il n’est pas applicable actuellement.

Les pouvoirs publics, en dépit des revendications des dockers et de leurs syndicats n’ont jamais voulu le réviser pour l’actualiser, comme c’est le cas aussi pour la grille des conventions collectives des secteurs publics et parapublics qui n’ont pas été également révisés depuis 1976.

Il faut noter également que certaines zones d’activités portuaires sont interdites aux dockers. Dans ces zones seule une équipe employée par les dirigeants du BMO peut intervenir : ce sont les zones dites « chasse gardée du BMO ». Il s’agit des secteurs du FRISOM (zone franche), de la SDTV dont le propriétaire est AL AMOUDI…

D’autre part, pour que les dockers ne puissent rien revendiquer légalement, leurs organisations syndicales, après avoirs été malmenées durant plus d’une décennie sont réprimées systématiquement et officiellement mise en quarantaine.

Toutes les tentative d’organiser un congrès ou une assemblée générale afin de renouveler les instances de leurs syndicats ont été violement réprimées.

Quatre ou cinq individus issus de dockers, mais qui n’ont aucune légitimité à être leurs représentants légaux sont systématiquement instrumentalisés par les pouvoirs publics pour servir "d’alibis" syndicaux.

Leurs taches consistent à diviser les dockers et à prévenir toute tentative de restructuration et de régularisation de la liberté syndicale, en renouvelant la direction conformément aux dispositions statuaires.

Durant ces cinq dernières années, plusieurs tentatives d’organiser des élections syndicales ont été entravées par les forces de l’ordre. Ils ont été plusieurs fois intimidés, violentés et parfois incarcérés violement dans le centre de détention de Nagad.

Durant des années, ne serait ce que pour l’année 2010, ces derniers ont été souvent brutalisés et emprisonnés par centaines et parfois leurs domiciles ont été incendiés.

Ces types de situation se sont répétés à maintes reprises.

Ni les pouvoirs publics djiboutiens, ni les autorités portuaires de DP World qui assurent la gestion du port et dont ils sont censés être employés sous leur tutelle, au mieux ne se soucient guère de leur sort et au pire ils contribuent activement à agraver leur calvaire au quotidien.

Par mesure de rétorsion, le BMOD retire et confisque par la force les cartes de certains dockers qu’il soupçonne d’être des meneurs ou parce qu’ils revendiquent tout haut leurs droits bafoués, leur interdisant nominativement l’accès au port.

Ainsi un nombre important de dockers se sont retrouvés au fil des ans, radiés de la profession de manière abusive et arbitraire et des dizaines se retrouvent chaque année, victimes de ces procédés barbares.

Etant devenus des citoyens de second zone, marginalisés et oppressés dans leurs propre pays, le cas des dockers est aujourd’hui un drame national auquel il faut apporter de toute urgence des solutions viables et durables.

Dans son rapport, la mission d’enquête internationale de la Fédération internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), conduite en 2006, avait soulevé la situation inhumaine des Dockers.

Par conséquent les dockers lancent un SOS. Les mouvements syndicaux djiboutiens, ainsi que la Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) lance nt un appel pressant à l’opinion nationale et internationale pour remédier à cette inqualifiable calvaire et aux exploitations intolérables des dockers djiboutiens

Cet appel pressant est envoyé à la CSI, à la FIDH, à l’OIT et au BIT pour qu’ils dénoncent les faits et fassent pression sur le régime djiboutien qui ne respecte jamais les Conventions internationales qu’il a pourtant signées et ratifiées.

MOHAMED ADAN ABDOU
Secrétaire Général de l’UDT

NOEL ABDI Jean-Paul
Président de la LDDH

17/12/10 (B582) Flash Info – Notre correspondant de Dikhil s’est rendu personnellement à Yoboki et il revient avec des précisions, qui permettent de diffuser cette mise au point. Contrairement aux craintes qui avaient été exprimés hier soir, il n’y a pas eu de morts.

Précisions sur les événements de Yoboki

Notre correspondant à Dikhil s’est rendu personnellement à Yoboki pour y vérifier les informations (et les rumeurs) sur la situation.

Des manifestations ont bien eu lieu, la veille de l’arrivée d’Ougoureh Kifleh qui venait assister à l’inauguration des télécommunications rurales par son collègue Ali Abdi Farah.

De nombreux jeunes ont fui la ville, de peur d’être arrêtés.

En réalité, il n’y a eu aucun coup de feu ni de tirs par balles. Personne n’a été tué ce jour là.

Cela contredit les premières informations que notre correspondant nous avait transmis.

Que s’est-il pasé ?

A l’origine des informations, c’est une mère de famille, dont les deux garçons avaient fui, qui, ne les voyant pas revenir, a cru qu’ils avaient été tués. Ils sont finalement rentrés chez elle, mais beaucoup plus tard.

Ces rumeurs se propagent d’autant plus facilement que la tension est toujours très vive à Yobocki et qu’avec l’armée d’Ougoureh Kifleh, tout est possible !

Yobocki devient une ville morte .. Les véhicules en direction de l’Ethiopie s’y font rares.

Votre Représentant à Dikhil

17/12/10 (B582) A lire sur LOI cette semaine …

__________________________ 4 – Djibouti

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
La bombe à retardement qui menace IOG
En modifiant la Constitution afin de pouvoir se présenter au scrutin présidentiel d’avril 2011, Ismaïl Omar Guelleh (IOG) a évité l’implosion de son régime sous le coup des divisions entre certains dignitaires de son clan mamassan et le réseau à dominante issak (clan originaire du Somaliland) de son épouse Kadra Mahamoud Haïd. (…). [715 mots] [7€]

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
Djibouti
Le chef de corps de la 13e Demi-brigade de Légion étrangère (DBLE), le colonel Cyrille Youchtchenko, n’est pas le seul à faire grise mine depuis la récente annonce par le chef d’état-major des Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ), le général Thierry Caspar-Fille-Lambie, que cette unité allait définitivement quitter le pays en juin 20211. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
Banque centrale de Djibouti
Le conseil des ministres djiboutien a approuvé, le 14 décembre, une nouvelle loi relative aux statuts de la Banque centrale de Djibouti (BCD) et entériné l’annulation de la loi précédente datant de 2005. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
Une TV pour faire la pub d’IOG ?
Au début de l’année prochaine, une station de télévision privée devrait être inaugurée à Hargeisa, sous le nom de Royal International Television (RIT), par Mohamed Saïd Guedi, un homme d’affaires originaire du Somaliland et basé à Djibouti , où il bénéficie des bonnes grâces du président Ismaïl Omar Guelleh (IOG). (…).

__________________________ 3 – Ethiopie

A LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
L’Ethiopie et le Mozambique, priorités de l’aide italienne
La Direzione Generale per la Cooperazione allo Sviluppo (DGCS) italienne a récemment fait connaître ses priorités pour les deux années à venir. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
Liban Mohamed Ashur
Depuis que le président Ahmed Mohamed Mahamoud, dit Silanyo, l’a nommé en octobre chef du protocole à la présidence et de la coopération internationale, un poste non prévu dans la Constitution, Liban Mohamed Ashur cherche à prendre le dessus sur le ministre des affaires étrangères, Mohamed Abdullah Omaar. (…).

______________________ 2 – Somalie

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
Hargeisa
Le président Ahmed Mohamed Mahamoud, dit Silanyo, est rentré à Hargeisa le 9 décembre, après un séjour de trois semaines à Londres où il a rencontré des parlementaires et participé à une conférence de la Chatham House. (…).

____________________ 1 – Ertyhrée

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1299 – 18/12/2010
La "mafia américaine" d’Asmara
Dans son câble du 9 février 2009, l’ambassadeur des Etats-Unis en Erythrée , Ronald McMullen (remplacé en juillet par un chargé d’affaires Joel Reifman), présentait l’invitation à déjeuner que lui avait adressé Hagos Ghebrehiwet comme un "pique-nique avec la « Mafia américaine »". (…).

AFRICA MINING INTELLIGENCE – Edition française N°240 – 15/12/2010
Le groupe Lundin prospecte en Erythrée
Sur les écrans radar deNGEx Resources Inc. de longue date, le permis d’exploration de la potasse deBada, au sud de l’ Erythrée , est finalement tombé dans l’escarcelle de la filiale de Lundin Group début décembre. (…).

17/12/10 (B582) L’ARD appelle tous les opposants à participer aux différentes manifestations qui sont organisées le 18 décembre, à Ottawa, Bruxelles et Paris, à l’occasion de l’anniversaire du massacre d’Arhiba.

Appel de l’ARD à participer aux manifestations du 18 décembre 2010 à Paris, à Bruxelles et à Ottawa en commémoration de la tuerie d’Arhiba et de toutes les exactions d’Etat commises à Djibouti

 

L’ARD appelle toutes les Djiboutiennes et tous les Djiboutiens ainsi que ses amis démocrates à rejoindre massivement les manifestations qui auront lieu à Paris, à Bruxelles et à Ottawa le 18 décembre 2010 en commémoration de la tuerie d’Arhiba perpétré le 18 décembre 1991 à Djibouti.

19 ans après le drame exécuté par les forces de défense et de sécurité (Armée Nationale Djiboutienne, Force nationale de Police et Gendarmerie nationale) contre des civils, leurs familles sont toujours dans l’attente d’un jugement.

Les droits de l’homme et singulièrement la liberté de manifester sont inexistants à Djibouti, pour preuve les nombreux prisonniers politiques dont les derniers en date sont les cadres et militants de l’ARD arrêtés ce 10 décembre à Tadjourah et détenus à Gabode à Djibouti.

L’ARD fait sien l’appel à manifester de l’ADD, Association pour la démocratie et le développement, Samedi 18/12/2010 de 14h30 à 16h30 devant l’ambassade de Djibouti à Paris, 26 rue Emile Meunier, Métro Porte Dauphine (métro ligne 2, arrêt Porte Dauphine).

De même, l’ARD se joint à l’appel à manifester du FDP, Forum pour la démocratie et la paix, Samedi 18/12/2010 de 14 h à 15 h devant l’ambassade de Djibouti à Bruxelles, située Avenue Franklin Roosevelt, 204, 1000 Bruxelles (tram 94, arrêt Brésil).

L’ARD se joint également à l’ACSAO, Association culturelle et sportive des Afars d’Ottawa, pour appeler à manifester à Ottawa devant le Parlement du Canada.
De 11 :30 à 12 :30 (midi) sur la Colline parlementaire.
De 12 :30 à 13 :30 devant l’ambassade américaine à Ottawa
De 13 :30 à 14 :30 devant l’ambassade française au 42 Promenade Sussex
Conférence à partir de 15 :00 à l’Université du Québec en Outaouais (UQO) à la salle D-0443-0445.

La commémoration du massacre du 18 décembre et de tous les autres crimes est indispensable tant et aussi longtemps que les commanditaires ne seront pas traduits en justice.

Soyez nombreux dans chaque pays et nous serons entendus.

17/12/10 (B582) Le Journal de la Flibuste – 22 ans de prison pour des pirates – Prise d’otage du bateau Alzulficar en Somalie – Agent recruteur pour nageurs de combat – Un cargo japonais attaqué au large de la Somalie (4 articles)

__________________4 – Le Figaro avec AFP

22 ans de prison pour des pirates

La Cour suprême des Seychelles, un archipel de l’Océan indien, a condamné neuf pirates somaliens à 22 ans de prison chacun, ont indiqué les bureaux du procureur général du pays dans un communiqué.

"Une page d’histoire a été écrite à la Cour suprême des Seychelles le 15 décembre avec la décision du juge Gustave Dodin dans la première affaire de piraterie a être jugée selon le nouveau chapitre 65 du code pénal", indique le communiqué reçu aujourd’hui.

Les pirates condamnés avaient capturé un bateau de pêche seychellois, le Galate, en mars dernier, mais ils étaient tombé en panne d’essence en tentant de revenir vers la Somalie. Ils avaient pris possession d’un petit bateau à voile iranien, l’Al-Ahmadi, mais ils avaient fini par être capturés par les garde-côtes seychellois, sans qu’il n’y ait de victime malgré des échanges de tirs.

Face à l’armada internationale déployée depuis 2008 dans le Golfe d’Aden pour les mettre en échec, les pirates ont étendu leur périmètre d’action plus au large de l’Océan indien, et notamment vers les Seychelles, un archipel de 115 îles peuplé de 85.000 habitants.

Les Seychelles sont devenu cette année le deuxième pays du littoral de l’Océan Indien, après le Kenya, à avoir accepté de juger les pirates arrêtés en haute mer par les forces maritimes internationales.

__________________ 3 – Courrier international

Comores – Prise d’otage du bateau Alzulficar en Somalie :

A.A. Mguéni

« Nous réclamons la libération des membres de nos familles détenus en Somalie ». Ce slogan, on pouvait le lire sur une banderole de fortune brandie par une poignée de gens. Il s’agit d’hommes et de femmes qui ont en commun des parents retenus en otage avec le bateau l’Alzulficar au large de la Somalie. Un navire attaqué et conduit depuis un mois en Somalie par des pirates.

« On a le sentiment que les autorités ont oublié ce dossier. C’est pourquoi nous avons organisé cette marche pour les interpeler. On se dit qu’aujourd’hui, ce sont nos frère et sœurs mais demain, cela pourrait arriver à d’autres personnes », lance Ibrahim Abdou sous un soleil de plomb. La marche pacifique a quitté le Cosep [Centre des opérations de secours] pour rallier la présidence en passant par le ministère des affaires étrangères.

Le désarroi de ces manifestants est d’autant grand en l’absence de communication. « On nous cache beaucoup de choses. C’est parfois par la presse qu’on apprend certaines informations comme la rançon demandée par les ravisseurs », regrette un jeune qui se présente comme le grand frère du commandant du bateau. Cela fait 45 jours que ce navire de la marine marchande battant pavillon comorien et appartenant à un homme d’affaires indo-pakistanais, est entre les mains des pirates qui sévissent dans la zone Nord-ouest de l’Océan indien.

__________________ 2 – Intelligence OnLine

Agent recruteur pour nageurs de combat

Les missions de protection des bâtiments de commerce au large de la Somalie constituent un important gisement d’emplois pour d’anciens militaires français passés(…)

____________________ 1 – Africa Times News avec AFP

Un cargo japonais attaqué au large de la Somalie

Un cargo japonais a été attaqué au large de la Somalie apparemment par des pirates, qui ont été mis en fuite par un navire de guerre chinois, a indiqué mardi le ministère nippon des Transports (AFP).

L’”Oriental Rose”, navire de 8.259 tonnes battant pavillon panaméen et transportant 21 hommes d’équipage — 19 Philippins et deux Sud-Coréens — est opéré par l’armateur japonais Daitoh Trading.

“Il a été la cible de tirs de fusil ou d’un lance-roquette provenant d’un bateau suspect, lundi soir, et des vitres ont été brisées”, a déclaré un responsable du ministère. “Certains membres d’équipage ont été légèrement blessés par des éclats de verre.”

Le bateau s’est enfui devant l’arrivée d’un bâtiment de guerre chinois, qui escortait le cargo japonais et d’autres navires, a-t-il ajouté.

L’”Oriental Rose”, qui venait des Pays-Bas, a poursuivi sa route vers l’Inde comme prévu, a encore précisé le responsable du ministère.

La marine japonaise s’est jointe l’an dernier aux opérations de lutte contre la piraterie menées par les Etats-Unis, la Chine et une vingtaine d’autres pays au large de la Corne de l’Afrique, une zone stratégique permettant l’accès au Canal de Suez.

Selon le décompte de l’association Ecoterra, spécialisée dans les questions de piraterie, les pirates somaliens détiennent plus d’une trentaine de bâtiments étrangers et près de 650 otages. Un acte de piraterie sur deux dans le monde est commis au large des côtes somaliennes ou dans le Golfe d’Aden, selon le bureau maritime international.

17/12/10 (B582) M Aïnaché nous adresse la transcription de l’interview qu’il a accordée récemment à LVD et que nous publions intégralement avec son aimable autorisation.

Invité: Du jeudi 16 décembre 2010 –
Au micro de MOHAMED HOUSSEIN

MOHAMED MOUSSA AÏNACHÉ, personnalité politique Djiboutienne et opposant de longue date.
Bienvenue à la voix de Djibouti, la L V D !

Merci de bien vouloir m’accueillir à votre antenne !

Journaliste Vous êtes une grande personnalité politique Djiboutienne, pouvez-vous vous présenter brièvement au grand public à travers cette antenne ?

Mohamed Aïnaché : Je suis un citoyen lambda qui a un profond désir que son pays avance vers la démocratie et sorte enfin de la gestion héritée du colonialisme qui perdure par la volonté de nos dirigeants actuels.

J. Monsieur AÏNACHÉ, quel regard portez-vous aujourd`hui sur la situation générale du pays c’est -à -dire Djibouti ?

M.A. Comme chacun peut le constater, la situation générale me semble bloquée et l’horizon se bouche de plus en plus.

Compte tenu de l’échéance de l’élection qui s’approche, chacun de nous remarque, la fébrilité du pouvoir ces derniers jours.

Nous venons d’apprendre, des arrestations arbitraires dans le nord de la république, des militants et des responsables locaux de l’ARD : à Obock et Tadjourah

Ces agissements épidermiques ne sont pas faits pour aborder cette échéance dans la sérénité et ne nous rassure pas.

J : Vous avez récemment participé au forum que l’opposition Djiboutienne tenu à Londres. Qu’avez-vous vu dans ce premier forum de l’opposition Djiboutienne tenu en dehors du pays ?

M.A. L’impact du Forum de Londres est très positif pour la Diaspora et pour les Djiboutiens en général.

J’ai constaté lors de cette rencontre à Londres une opposition Djiboutienne unie voulant apporter les changements tant souhaités par nos concitoyens et prête à prendre son destin en main.

Dans cet ordre d’idée, l’opposition me semble très désireuse de sortir de la division ethnico-tribale où nous sommes maintenus artificiellement et souhaite promouvoir enfin la citoyenneté Djiboutienne.

Comme vous le savez, il y a eu beaucoup de nos compatriotes venus d’à peu prêt partout d’Europe (France, Belgique etc..) et même des Etats Unis d’Amérique.

Tous ont montré leurs besoins d’information et leurs désirs profonds d’un changement politique espéré prochainement.

D’après les échos que j’ai reçus sur ce Forum, il semblerait que le tenant du pouvoir a été ébranlé par le succès de cette rencontre.

J. : Quels étaient les points forts abordés lors de ce forum ? Quels étaient les engagements pris par les leaders de l’opposition durant ce meeting ?

Le point fort de ce Forum a eu pour objet de faire avancer la coalition de l’opposition et envoyer un énorme signal d’encouragement à tous les Djiboutiens qui souffrent sous ce régime policier.

Les thèmes choisis pour cette rencontre ont été :

1er – Non au 3ème mandat et au viol de la constitution
2ème – Des réformes démocratiques y compris des élections libres et transparentes
3ème -un Débat : Djibouti, quel avenir avec une dictature et dans une région troublée ?

J : Pouvez-vous nous dire que l’opposition Djiboutienne est bien unifiée voire bien rodée pour être en mesure de relever le défi de l’alternance démocratique dans le pays en 2011 ?

M.A : Il n’y a pas de doute là-dessus.

Ce gouvernement n’a fait preuve ni d’imagination ni d’équité et se contente de faire un copier coller du système coloniale que nous avions tant combattu.

Compte tenu de ce constat amer, je pense que l’opposition unie en a tiré la leçon et est parfaitement prête à relever le défi

J : Quel doit être, à votre avis, le rôle de la diaspora Djiboutienne pour la cause du changement démocratique dans le pays ?

M.A. : Le rôle de la diaspora est très utile et rendu indispensable par l’étouffement du tenant du pouvoir qui n’autorise aucune espace de liberté. La diaspora sert de relais à l’opposition qui ne peut, comme vous le savez s’exprimer dans les médias nationales, pour faire connaître ses programmes au peuple.

Il n’est pas concevable que l’opposition ne puisse accéder aux médias de l’Etat.

Dernièrement, le Président de l’UAD, s’est exprimé à une télévision étrangère émettant depuis Paris, ‘’ Afrique24 ‘’pour ne pas la nommer.

(Lors de cette interview Monsieur Ismael Guédi Hared a dit qu’il n’a jamais été invité à la Radio et à la Télévision Djiboutienne ni aucun autre opposant d’ailleur).

C’est tout simplement scandaleux.

Pour remédier à ce scandale, beaucoup de nos compatriotes se sont attelés courageusement à s’investir à travers les médias, comme vous et les différents sites Internet Djiboutiens et amis.

D’ailleurs, j’apprends que votre Radio dérange et qu’elle est régulièrement brouillée !

Ceux de ma génération se souviennent, dans la période coloniale, de radio Caire (en langue Somalie) qui subissait les mêmes traitements

Cette radio dans ses émissions nous encourageait à ‘’virer’’ le colonialisme et à prendre nos destins en main,

C’est tout dire !!!!

J : Monsieur AÏNACHÉ, je rappelle au public qui nous écoute que vous étiez le premier directeur de la R.T.D (la radio télévision Djiboutienne). Quels souvenirs gardez-vous de votre passage en tant que directeur de la RTD ? De quel genre d’informations étiez-vous en charge ? En quoi, selon vous, contribue-t-elle une information libre et indépendante au progrès d’un pays ?

M.A. Je garde malheureusement un souvenir amer de cette période.

J’avais construit la RTD sans l’aide de personne et dans l’indifférence des nouveaux dirigeants.

J’ai pris en charge une radio et télévision délibérément sabotée par l’ancien dirigent qui souhaitait qu’il n’y ait plus de Radio et télévision dans ce pays après son départ.

Avec beaucoup des difficultés, j’ai construit une radio et télévision nationale au service du pays et du peuple.

Je me suis efforcé de travailler pour que les Djiboutiens se reconnaissent à travers leur radio et leur télévision et j’ai refusé que les médias nationales soient au service d’une seule personne et d’une seule politique.

Malheureusement, devant l’impossibilité d’exercer mes fonctions dans le respect de l’idée que je me faisais de ma responsabilité, j’ai préféré y renoncer

Et depuis, je me voie contraint de vivre en exil, comme beaucoup d’autres de nos compatriotes.

J : Nous arrivons au terme de notre interview, merci monsieur AÏNACHÉ

M.A. : Merci à vous Mohamed

17/12/10 (B582) Les traits de l’Erythrée – la torture et le totalitarisme, quotidien de l’Erythrée, pays à la dérive (1 article)

________________________ 1 – Le Monde

WikiLeaks : la torture et le totalitarisme, quotidien de l’Erythrée, pays à la dérive

Jean-Philippe Rémy

Dans l’un des pays les plus fermés au monde, l’Erythrée, les témoignages sur les conditions de détention dans les prisons sont rares. En voici un, recueilli par des diplomates américains en 2008, selon un télégramme diplomatique obtenu par WikiLeaks et révélé par Le Monde. Il s’agit du récit d’un Erythréen, "encore secoué émotionnellement" après cinq mois de détention arbitraire, qui raconte le quotidien des détenus du petit pays de la Corne de l’Afrique.

Le témoin avait été arrêté chez lui, à l’aube, par des soldats venus vérifier sa carte de démobilisation, pratique commune "avant la fête de l’indépendance". Le service militaire est obligatoire en Erythrée, pour les hommes comme pour les femmes, pour une période d’un an et demi généralement reconduite plusieurs fois.

Lors du contrôle, les forces de l’ordre notent que son "père porte un nom éthiopien". Depuis la fin de la guerre de 1998-2000, l’Ethiopie et l’Erythrée vivent dans un état de paix armée. Mais, alors que l’Ethiopie connaît un démarrage économique, l’Erythrée continue de vivre sur le pied de guerre, dans un pays transformé en caserne par son président, Issayas Afeworki.

"LES CRIS DE CEUX QU’ON TORTURE"

Les camps militaires servent aussi de prisons, comme celui d’Adi Abeito, à la périphérie de la capitale, Asmara, où a été transféré le témoin. Il y est enfermé dans une cellule de dix mètres sur douze où se trouvent déjà 600 prisonniers, "tellement serrés qu’il est impossible de s’allonger et à peine possible de s’asseoir". Les prisonniers n’ont le droit de se rendre "aux toilettes que deux fois par jour". "Un seau au milieu de la pièce servait pour les besoins, il était constamment plein et laissait s’écouler dans la pièce urine et étrons."

Ce n’est pas la seule difficulté de la détention : "beaucoup ne pouvaient plus parler à cause du manque d’eau, leur langue restant collée au palais par la soif."

Dans ce cloaque, on trouve "des Erythréens qui ont essayé de fuir le pays, des déserteurs, des petits criminels et des protestants". Depuis une dizaine d’années, un courant évangéliste s’est développé parmi les chrétiens (orthodoxes) du pays. Plusieurs milliers de fidèles de ces Eglises évangéliques sont en prison.

Depuis la cellule bourrée à craquer, les détenus "entendent les cris de ceux qu’on torture". Le témoin observe les membres des services de renseignement ramenant dans la pièce des détenus "portant des traces de coups et pleins de sang". Un homme est "battu sur la plante des pieds avec un tuyau en plastique". Un autre, enfermé dans un conteneur, a les bras attachés à l’arrière du corps à un pieu en bois, étirés jusqu’à toucher ses jambes. Cela s’appelle, dans les prisons érythréennes, un "huit".

Après plusieurs semaines, il est finalement interrogé par des membres des services de renseignement qui lui demandent de dénoncer les Erythréens se livrant "à une activité d’espionnage". Un groupe d’enfants "de 8 à 13 ans" se trouve en détention avec lui. Ils ont tenté de "fuir l’Erythrée à pied en marchant jusqu’à la frontière " avant d’être refoulés par les Ethiopiens en raison de leur âge. A leur retour, ils sont emprisonnés à Adi Abeito, et battus comme les autres.

Selon les diplomates américains, une partie des tensions avec l’Ethiopie s’expliquerait par le fait qu’Issayas Afeworki est convaincu que Meles Zenawi, le premier ministre éthiopien, qui était son frère d’armes dans les années de guérilla et qui a permis à l’Erythrée d’accéder à l’indépendance en 1993, a tenté de l’assassiner trois ans plus tard.

Deux ans avant la guerre Ethiopie-Erythrée, cette tentative, réelle ou imaginée, serait l’acte fondateur de leur animosité. Selon "des sources érythréennes", Issayas Afeworki, de retour de vacances au Kenya en 1996, se serait arrêté à Addis-Abeba. Le premier ministre éthiopien aurait proposé son avion pour terminer le voyage vers Asmara. Au cours de ce vol, le moteur de l’avion aurait pris feu, contraignant l’appareil à un atterrissage d’urgence. Les relations se seraient ensuite dégradées par paliers, jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1998.

"UN DICTATEUR AUSTÈRE ET NARCISSIQUE"

Issayas Afeworki faisait alors partie des "nouveaux responsables africains" identifiés par Susan Rice, chargée de l’Afrique sous l’administration Clinton, comme les espoirs du continent. Depuis, les relations entre Asmara et Washington se sont dégradées. Les Etats-Unis reprochant à l’Erythrée d’appuyer des islamistes somaliens, notamment les Chabab, qui se réclament d’Al-Qaida.

Combien de temps l’Erythrée peut-elle rester sous la domination du président Issayas, que les diplomates américains décrivent comme "un dictateur austère et narcissique"?

Le pays est isolé, ses ressources se raréfient. Les officiers qui forment le socle du régime fondent de grands espoirs sur le début prochain de l’exploitation minière, espoirs que les diplomates américains jugent "caricaturalement exagérés". La mise en route de la mine de Bisha, exploitée par le groupe canadien Nevsun, produira bientôt un peu d’or "qui sera exporté directement vers la Suisse", puis du zinc et du fer.

Le pays "à la dérive" va-t-il se redresser?

Au sein de l’armée, épine dorsale du pouvoir, des rivalités pour le contrôle de marchés publics (notamment la "construction de casernes") tournent parfois à l’affrontement. De plus, le mécontentement gagne les officiers. Un télégramme note "des exemples de plus en plus fréquents et détaillés sur la tendance à la mutinerie de nombreuses unités de l’armée" et le "nombre croissant de soldats désertant en passant la frontière soudanaise ou même celle de l’Ethiopie".

"NOUS AVONS BESOIN DES ETATS-UNIS"

Certains hauts responsables sont, en secret, passés du côté de l’opposition.
Lors d’une rencontre discrète, un responsable du parti au pouvoir, compagnon de lutte du président, affirme avoir organisé une structure clandestine d’opposition avec des membres du parti du pouvoir. Le président Issayas "est en train de détruire le pays", assure cet officier, qui souligne que ceux d’entre eux qui ont mené la longue guerre de libération "trouvent que leurs sacrifices ont été inutiles".

Il conclut alors : "Nous avons besoin des Etats-Unis". L’ambassadeur rétorque prudemment : "Tous les mouvements pour le changement, pour réussir, doivent venir de l’intérieur." Le diplomate, du reste, réserve son jugement sur la capacité de ces responsables militaires à changer la situation : "Les anciens combattants ont une bonne réputation, mais ils ne sont pas très bien organisés."

Combien de temps Issayas Afeworki a-t-il l’intention de rester au pouvoir?

A un parlementaire allemand, qui a rapporté les propos du dictateur à l’ambassadeur américain, il affirme qu’il "compte rester au pouvoir encore quarante ou cinquante ans". Auparavant, il avait annoncé que "des élections pourraient peut-être être organisées d’ici trois à quatre décennies".