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25/01/11 (B588) Le journal de la Flibuste (2) – L’inquiétant rapport de Jack Lang sur la piraterie – Jack Lang propose à l’ONU une cour somalienne extraterritoriale (2 articles)

______________________________ 2 – Le Monde

L’inquiétant rapport de Jack Lang sur la piraterie

Alexandra Geneste

« Une course de vitesse est engagée avec les pirates au large de la Somalie », affirme Jack Lang dans le rapport qu’il vient présenter au Conseil de sécurité de l’ONU, mardi 25 janvier, avant de mettre en garde la communauté internationale : si une riposte ferme, claire et nette n’est pas organisée en extrême urgence, le processus de professionnalisation, d’amplification et d’intensification de la piraterie pourrait atteindre « un point de non retour ».

Le document de 50 pages, qui décline à la manière d’une feuille de route vingt-cinq propositions, est le fruit d’une mission de cinq mois que lui avait confiée cet été le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon. C’est à titre de conseiller spécial des Nations unies sur les questions juridiques liées à la piraterie au large de la Somalie, que l’ancien ministre français s’est rendu à deux reprises dans la région, et a mené d’intenses consultations avec près de 50 Etats, organisations internationales, compagnies privées et instituts de recherche.

« SOMALISER » DES SOLUTIONS

Jack Lang appelle les Etats concernés à changer d’approche face à ce fléau, qui pourrait à terme, selon lui, affecter l’ensemble de l’économie mondiale. La lutte contre la piraterie doit passer par une « somalisation » des solutions, insiste-t-il, l’idée étant que la communauté internationale concentre ses efforts sur la Somalie, qui est « à la fois principale source et victime de la piraterie ».

Exit ainsi l’idée avancée par certains pays d’un tribunal international pour juger les suspects capturés, qui jusqu’ici, faute d’Etat de droit en Somalie, dans 9 cas sur 10 sont relâchés.

« Inadapté, trop cher et trop long à mettre en place », lâche le député du Pas-de-Calais à son arrivée à New York. C’est une cour spécialisée somalienne mais extraterritoriale, installée temporairement à Arusha dans les locaux du Tribunal pénal international pour le Rwanda, qui a sa préférence.

L’envoyé spécial, qui espère le vote d’une résolution de l’ONU dans trois ou quatre semaines, dresse un état des lieux alarmant.

« La piraterie ne connait aucun reflux depuis sa recrudescence au large des côtes somaliennes en 2007 », souligne le rapport, qui dénombre au moins 1 500 pirates aux ordres d’une dizaine de commanditaires. Rien qu’en 2010, 1 200 personnes ont été prises en otage dans le golfe d’Aden, un record.

UNE INTENSIFICATION DE LA VIOLENCE EN 2010

L’année passée a d’ailleurs été marquée, selon le député français, par une intensification de la violence – pirates équipés d’armes automatiques de type AK47 et de lance-roquettes RPG-7-, un allongement de la durée moyenne de captivité (passée à 120 jours), une sophistication du mode opératoire (recours aux GPS, téléphones satellitaires…) et une extension de la zone des attaques au Sud (jusqu’au Mozambique) et à l’Est de l’Océan indien. Sans parler des rançons versées par navire, dont le montant a doublé, la dernière en date se serait élevée à 9 millions de dollars.

S’il tire son chapeau aux forces navales déployées depuis 2008 dans le golfe d’Aden pour leur « travail de police des mers » ayant permis une meilleure sécurisation du trafic maritime, il met en avant les limites d’une réponse uniquement militaire.

Jack Lang propose donc de renforcer les mesures déjà mises en œuvre et d’en déployer de nouvelles, axées en priorité sur les régions stables et autoproclamées autonomes du Somaliland et du Puntland, dans le nord du pays.

« Ces régions se disent déterminées à lutter contre la piraterie, prenons-les au mot ! », lance l’envoyé spécial, convaincu qu’en échange d’une aide financière internationale, leurs gouvernements respectifs prendraient des « mesures concrètes pour poursuivre les commanditaires, rétablir l’Etat de droit dans les zones refuges des pirates et contrôler les côtes ».

PRÉVENTION ET RÉPRESSION

Son plan d’action est composé de trois volets : économique, sécuritaire et juridictionnel/pénitentiaire. Il ne saurait y avoir de répression sans prévention, prévient Jack Lang. L’aide au développement économique et social de ces deux régions, et notamment du Puntland, où se situent les principales zones de refuge des pirates, est un élément-clé de son plan d’action.

L’accent est mis sur les activités portuaires, de pêche, l’exportation de bétail et les télécommunications.Sur le volet sécuritaire, le député français propose de rétablir des unités de police dans les zones de non droit et de renforcer les capacités d’enquête de police scientifique des Etats de la région.

L’objectif, explique-t-il, est d’assurer un meilleur recueil des éléments de preuve pour remonter les filières et s’attaquer aux « gros bonnets mafieux » qui les dirigent et contre lesquels il encourage le Conseil de sécurité à adopter des sanctions individuelles.

A l’heure actuelle, s’indigne Jack Lang, les empreintes des suspects et les numéros des billets de banque qui leur sont livrés pour régler les rançons sont rarement relevés, quant aux bateaux-mère, ils sont coulés !Enfin, pour combler l’énorme vacuum juridictionnel et pénitentiaire qui sévit dans la région, l’ancien professeur de droit international appelle à la création, dans un délai de huit mois, de deux juridictions spécialisées au Puntland et au Somaliland, et à la construction de deux prisons de 500 places chacune.

Coût estimé de cette opération : 25 millions de dollars. Un argument de poids, estime Jack Lang, quand on sait que le coût global de la piraterie est évalué à un montant de 7 à 12 milliards de dollars par an.

______________________________ 1 – AFP

Piraterie: Jack Lang propose à l’ONU une cour somalienne extraterritoriale

L’ancien ministre français Jack Lang a proposé lundi des mesures nouvelles pour lutter contre la menace des pirates au large de la Somalie, dont la mise en place d’une cour spécialisée somalienne extraterritoriale.

« La bataille de vitesse entre les pirates et la communauté internationale est en train d’être gagnée par les pirates » qui sont au nombre d’environ 1.500, a expliqué M. Lang à la presse, à l’occasion de la remise de son rapport au secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon.

M. Lang, qui avait été chargé d’une mission sur la piraterie par M. Ban en août dernier, a observé que ce phénomène « ne connaît aucun reflux depuis sa recrudescence au large des côtes somaliennes en 2007 ».

« L’année 2010 a été marquée par une intensification de la violence et un allongement de la durée de détention, une sophistication du mode opératoire et une extension de la zone des attaques au Sud et à l’Est de l’océan Indien », a relevé le député français.

Afin de relever le défi, M. Lang préconise la création « d’une cour spécialisée somalienne extraterritoriale », qui pourrait être localisée à Arusha, en Tanzanie, afin de juger les pirates. La Somalie, en guerre civile depuis 20 ans, n’a pas d’Etat à même de juger ces derniers. Les pirates capturés en mer sont souvent remis en liberté car aucun tribunal ne peut les juger.

M. Lang suggère aussi d’adopter, « en extrême urgence », un plan ciblé sur les régions côtières du Puntland et du Somaliland, situées dans le nord et le nord-est de la Somalie et d’où sont originaires la plupart des pirates.
Ce plan devra s’efforcer de développer l’économie, la sécurité ainsi que les structures juridiques et pénitentiaires.

Le volet économique vise à développer les activités qui ont pour objectif d’assurer la souveraineté des autorités somaliennes et de dissuader les jeunes Somaliens de se tourner vers la piraterie: les activités portuaires et de pêche, l’exportation de bétail et les télécommunications.

S’agissant du volet sécuritaire, « il convient de frapper les réseaux de piraterie à la tête, en s’attaquant à leurs commanditaires, parfaitement identifiés » mais qui s’abritent dans des territoires où ils sont protégés.

Il est donc indispensable « de renforcer les capacités d’enquête de police scientifique des Etats de la région » et « d’appliquer des sanctions individuelles contre les commanditaires ».

Concernant le volet juridictionnel et pénitentitaire, Jack Lang recommande la mise en place dans un délai de huit mois de deux juridictions spécialisées au Puntland et au Somaliland.

Les capacités pénitentiaires de ces deux régions seraient renforcées par la création de deux prisons au Somaliland et au Puntland, de 500 places chacune. Les premières places seraient disponibles dans un délai de huit mois. Dans un deuxième temps rapproché, une troisième prison devrait être créée au Puntland.

Le coût total de ce volet est évalué à moins de 25 millions de dollars sur trois ans.

« Les besoins de financement actuels restent très inférieurs au coût global de la piraterie » et une conférence des donateurs permettrait de lever les fonds nécessaires au financement du plan, espère M. Lang.

La piraterie coûte entre 7 et 12 milliards de dollars par an à la communauté internationale, selon le rapport.

25/01/11 (B588) Nouvelles de Somalie – le Conseil fédéral (Suisse) a arrêté des mesures de coercition à l’encontre de la Somalie – Forte contribution de l’Ethiopie aux efforts de paix en Somalie – LE FONDATEUR DE BLACKWATER A-T-IL INVESTI EN SOMALIE ? – Le trafic de charbon de bois en plein essor en Somalie – Le mandat de l’AMISOM prorogé d’une année supplémentaire (5 articles)

______________________ 5 – OPA / APO (Genève)

Le 13 mai 2009, le Conseil fédéral a arrêté des mesures de coercition à l’encontre de la Somalie et adopté une ordonnance à cet effet. La Suisse applique ainsi notamment la résolution 1844 (2008) du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’ordonnance prévoit les mesures suivantes :

Embargo sur le matériel militaire :

La fourniture, la vente et le courtage à destination de la Somalie d’armements de toute sorte, y compris d’armes et de munitions, de véhicules et d’équipement militaires, de matériels paramilitaires, de même que leurs accessoires et pièces de rechange, sont interdits. (art. 1, al. 1)

Sont également interdits, la fourniture de prestations de toutes sortes, y compris le financement, les services de courtage et la formation technique en relation avec la livraison, la vente, le transit, la fabrication, l’entretien et l’utilisation des biens cités ci-dessus ou en relation avec les activités militaires en Somalie. (art. 1, al. 2)

Les interdictions s’appliquent aussi à l’encontre des personnes physiques, des entreprises et des entités figurant à l’annexe de l’ordonnance. (art. 1, al. 3)

Gel des avoirs et des ressources économiques

Les avoirs et les ressources économiques appartenant à ou sous contrôle des personnes physiques, entreprises et entités citées dans l’annexe 3 à l’ordonnance sont gelés. (art. 2, al. 1)Il est interdit de fournir des avoirs aux personnes physiques, entreprises et entités visées par le gel des avoirs ou de mettre à leur disposition, directement ou indirectement, des avoirs ou des ressources économiques. (art. 2, al. 2)

Les personnes ou les institutions qui détiennent ou gèrent des avoirs ou qui ont connaissance de ressources économiques dont il faut admettre qu’ils tombent sous le coup du gel des avoirs doivent les déclarer sans délai au SECO. (art. 6)

Restrictions de déplacement

L’entrée en Suisse et le transit par la Suisse sont interdits aux personnes physiques citées dans l’annexe à l’ordonnance. (art. 4)

______________________ 4 – Les Afriques

Forte contribution de l’Ethiopie aux efforts de paix en Somalie

Hailemariam Dessalegn, vice-Premier ministre et ministre éthiopien des Affaires étrangères, a affirmé, jeudi 6 janvier à Addis-Abeba, lors d’entretiens avec Augestin Mahiga, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Somalie, que : « L’Ethiopie a fait part de son intérêt inébranlable pour l’instauration de la paix et de la stabilité en Somalie ».

Il a ajouté que son gouvernement continue à apporter son soutien pour le rétablissement de la paix et de la sécurité dans ce pays, déchiré par une guerre civile depuis vingt ans.

A l’issue de son entrevue avec son hôte, le chef de la diplomatie éthiopienne a révélé avoir discuté du processus de paix en Somalie et des moyens de renforcer les capacités du gouvernement fédéral de transition et les autres institutions compétentes dans ce pays.La piraterie au large des côtes somaliennes, qui continue chaque jour à faire des ravages, et la lutte contre le terrorisme n’ont pas été occultées par les deux parties.

___________________ 3 – OWNI Live

LE FONDATEUR DE BLACKWATER A-T-IL INVESTI EN SOMALIE?

Quelques mois après avoir vendu la société controversée Xe (feue Blackwater), son fondateur, Erik Prince, financerait une société militaire privée (SMP) sud-africaine, Saracen International, pour lutter contre la piraterie en Somalie.

D’après le New York Times, cette initiative montre le poids que cherchent à gagner les mercenaires en proposant leurs services à des gouvernements de papier, dans des pays où l’Etat de droit n’est pas respecté.Exilé à Abu Dhabi depuis quelques mois, siégeant toujours au conseil d’administration de Xe, Prince cherche-t-il à opérer un retour en force dans le business des SMP?

Comme le rappelle Spencer Ackerman dans Wired, Blackwater avait déjà manifesté par le passé sa volonté de lutter contre la piraterie dans la Corne de l’Afrique. Freiné dans son élan par une série de plaintes pour discrimination, la compagnie avait du abandonner son projet.La manne financière que représente ce nouveau secteur d’activités n’est plus à démontrer. Selon le dernier rapport (PDF) de la fondation Oceans Beyond Piracy, la lutte contre la piraterie coûterait entre 7 et 12 milliards de dollars par an.

___________________ 2 – GoodPlanet

Le trafic de charbon de bois en plein essor en Somalie

Bien qu’interdit par le gouvernement somalien, le commerce du charbon de bois connaît un essor sans précédent dans le pays. « Le commerce du charbon de bois dans la ville portuaire de Kismayo est en augmentation constante, il a atteint des niveaux jamais vus auparavant. Désormais, les trafiquants utilisent des tronçonneuses et des équipements sophistiqués », déclare une source anonyme issue de la société civile dans l’IRIN le 19 janvier. Cette activité se développe dans des régions contrôlées par les insurgés islamistes dans le sud du pays.

Elle serait la première source de revenus de ces mouvements armés.

Elle entraine aussi la destruction des dernières forêts du pays qui jouent un rôle vital dans la préservation des sols et des ressources en eau. Un sac de charbon de bois coûte 5 dollars en Somalie, ils sont revendus 3 fois plus chers en Arabie Saoudite et dans les pays du golfe.

___________________ 1 – CasaFree (Maroc)

Somalie : Le mandat de l’AMISOM prorogé d’une année supplémentaire

Le mandat de la force de paix africaine en Somalie (AMISOM) a été prorogé d’une année supplémentaire à partir du 17 janvier, a annoncé l’Union africaine (UA).

Lors de sa réunion, tenue jeudi à Addis-Abeba et consacrée à la situation en Somalie, le Conseil de paix et de sécurité de l’UA a décidé de « renouveler le mandat de l’AMISOM pour une période supplémentaire de douze mois, à partir du 17 janvier 2011 », a indiqué un communiqué de l’organisation panafricaine.Comptant près de 8.000 soldats ougandais et burundais, l’AMISOM intervient en soutien au gouvernement somalien de transition (TFG), dont l’autorité se limite à quelques quartiers de Mogadiscio, face aux insurgés islamistes d’Al Shebab et leurs alliés du Hezb al-Islam.

Plongée dans une guerre civile de près de 20 ans, la Somalie est le seul pays au monde, reconnu par l’ONU, qui ne dispose d’aucun pouvoir central effectif. Le gouvernement fédéral de transition ne contrôle que certains quartiers à Mogadiscio face aux insurgés islamistes d’Al-Shebab et leurs alliés du Hezb al-Islam.

Dans un contexte de totale instabilité, les conditions de vie de la population sont difficiles et toute aide internationale se heurte à une insécurité généralisée.

La Somalie continue à être l’une des crises humanitaires parmi les pires au monde, avec quelque 1,5 million de personnes déplacées et plus de 560.000 personnes vivant en tant que réfugiés dans les pays voisins.

25/01/11 (B588) Yémen Express – L’onde de choc tunisienne – Les unités anti-terrorisme du Yémen lancent une chasse à l’homme contre Al-Qaida à Shabwa – des hommes armés libèrent un suspect d’Al-Qaïda dans un hôpital – des journalistes réclament la libération d’une militante, heurts avec la police – une militante arrêtée après les manifs – Neuf morts dans des affrontements avec des rebelles chiites dans le nord du Yémen – Manifestations au Yémen pour des réformes ( 6 articles)

______________________ 6 – Le Soir (Maroc)

Yémen L’onde de choc tunisienne

Des manifestations anti-gouvernementales se sont produites ce week-end dans la capitale, Sanaa. Figure emblématique du mouvement, la militante Tawakel Karman a été arrêtée dimanche. Le président yéménite a réagi en promettant son départ en 2013.

Des centaines de personnes, dont des étudiants, des militants et des députés, ainsi qu’environ 200 journalistes se sont réunis, dimanche dans la capitale du Yémen, pour réclamer la libération de Tawakel Karman, directrice de l’organisation «Femmes journalistes sans chaînes» et membre du parti islamiste de l’opposition, El Islah. La militante a été arrêtée par la police dans la nuit de samedi à dimanche alors qu’elle rentrait chez elle avec son mari, dans le centre de Sanàa.

Cette arrestation intervient après que Tawakel Karman a organisé plusieurs manifestations anti-gouvernementales devant l’Université de la capitale, dont la dernière a eu lieu ce samedi. Dès le début de la Révolution de Jasmin, la militante Tawakel Karman a appelé à soutenir le peuple tunisien et à poursuivre leur mouvement, en manifestant contre les régimes autocratiques arabes. Le président yéménite, Ali Abdullah Saleh, au pouvoir depuis 1978, est directement visé par ces revendications.

Dimanche soir, à l’instar de l’allocution de Ben Ali avant sa fuite, le président yéménite Ali Abdullah Saleh a annoncé sur la chaîne de télévision publique qu’il quitterait le pouvoir en 2013. «Le Yémen ne deviendra pas une autre Tunisie.

Nous sommes une république démocratique, nous avons pacifiquement modifié les règles (…) Nous appelons les parties d’opposition à participer au dialogue avec le parti au pouvoir avant que le chaos n’ait lieu», a-t-il déclaré, avant d’ajouter «Certains membres parlementaires de l’opposition auraient mal compris le sens des amendements constitutionnels proposés, mais je déclare que je vais quitter le pouvoir après mon deuxième mandat qui expire en 2013».

170e place sur 178 dans le classement de la liberté de la presse

Le 1er janvier, les parlementaires du parti au pouvoir ont en effet adopté des amendements constitutionnels, qui, s’ils sont approuvés en mars, devraient supprimer l’article qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs. Toutefois, l’annonce de son départ en 2013 n’est pas vraiment une surprise puisque plusieurs observateurs estiment qu’il veut imposer son fils, Ahmed, comme successeur. Plusieurs de ses neveux sont déjà placés à des postes clés, verrouillant l’appareil d’Etat.

Pour l’instant, aucune raison n’a été fournie pour l’arrestation de Tawakel Karman. Le porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohamed Qobati a dénoncé «un crime» et «un acte immoral». De son côté, l’association Reporters sans frontières a «exigé sa libération immédiate». Comme le rappelle RSF sur son site, le Yémen figure à la 170e place sur 178 dans le classement de la liberté de la presse, établi par l’organisation en 2010.

Autant dire que les médias ne sont guère les bienvenus dans le pays.

Lors des manifestations, un cameraman de la chaîne satellitaire Al-Arabiya a notamment été interpellé le 23 janvier, alors qu’il filmait les manifestations d’étudiants devant l’université de Sanàa en train d’être dispersées par les forces de l’ordre. Un autre cameraman de la chaîne Al-Jazeera a, quant à lui, été violenté, selon la chaîne qatarie. Des incidents évocateurs de l’état de la liberté d’expression au Yémen.

En Tunisie, en revanche, depuis le départ de Ben Ali, un vent de liberté souffle sur les médias. Privés de liberté d’expression pendant 23 ans, les Tunisiens reprennent peu à peu l’usage de ce droit. Une liberté qui s’imprime dans la presse et fait les gros titres, débarrassés de la propagande qui a verrouillé pendant de longues années la parole.

«Les gens ont décidé de parler et ils ont parlé. Je n’ai jamais vécu dans une démocratie et j’ai 51 ans», a ainsi déclaré le dessinateur du quotidien La Presse, Lotfi Ben Sassi. Symbole de cette nouvelle liberté, le quotidien La Presse n’est plus obligé de faire sa Une sur les activités du président ou de sa femme, après avoir été pendant 23 ans le journal du régime Ben Ali. Une véritable révolution, qui marque une rupture nette avec la langue de bois imposée du temps de Ben Ali.

Mais qui dit liberté d’expression dit aussi responsabilité des journalistes, comme le montre l’arrestation survenue dimanche de Larbi Nasra, propriétaire de la chaîne de télévision privée tunisienne Hannibal, accusé de «haute trahison et complot contre la sécurité de l’Etat» pour avoir voulu favoriser le retour du président déchu Ben Ali.

___________ 5 – Le Quotidien du Peuple (Chine) avec XINHUA

Les unités anti-terrorisme du Yémen lancent une chasse à l’homme contre Al-Qaida à Shabwa

Les unités de lutte anti- terrorisme yéménites, soutenues par des chars et de l’artillerie, ont lancé une campagne de traque contre les combattants d’Al-Qaïda dans la province de Shabwa dans le sud-est du pays, a rapporté vendredi un responsable de sécurité de la province.Cette campagne ciblait les villes de Azan et de Hota, ainsi que les districts d’Al-Saieed et de Nisab à Shabwa, à environ 458 km au sud-est de Sanaa, la capitale du pays, a déclaré ce responsable sous le couvert de l’anonymat.

« Les unités de sécurité fouilleront les montagnes éloignées entourant ces districts pour traquer les éléments les plus recherchés d’Al-Qaïda, y compris le religieux yéménite né aux États-Unis, Anwar al-Awlaki, que l’on suppose retranché là-bas », a déclaré par téléphone à Xinhua le responsable depuis Ataq, la capitale de cette province.

La semaine dernière, un autre responsable de sécurité a déclaré à Xinhua que la branche combattante d’Al-Qaïda avait assassiné le colonel Atiq al-Amri, un haut responsable de la section d’enquête criminelle des forces de sécurité, et blessé son collègue soldat Sadri bin Iesa alors qu’ils se trouvaient dans la ville d’Azan.

Lundi, un tribunal de sécurité de Sanaa a condamné par contumace le religieux recherché Anwar al-Awlaki à 10 ans de prison pour incitation au meurtre d’étrangers et participation à un groupe armé.Shabwa est la patrie d’origine de M. Al-Awlaki, qui a été inscrit en mai dernier sur la liste « à capturer ou à tuer » des États-Unis en raison d’accusations selon lesquelles il serait lié à une tentative ratée d’attentat contre un avion de ligne à destination des États-Unis en décembre 2009, attentat revendiqué par la suite par le mouvement Al-Qaïda au Yémen.

En septembre dernier, le gouvernement yéménite a lancé une offensive massive contre la ville de Hota, où étaient retranchés plus de 200 combattants d’Al-Qaïda. Des dizaines de personnes avaient trouvé la mort dans cette offensive.Grâce à un soutien de renseignement de Washington, le Yémen a intensifié ses campagnes de maintien de la sécurité depuis l’année dernière avec des mesures telles que des raids aériens contre le mouvement Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQAP).

_______________ 5 – Romandie News (Ch) avec AFP

Yémen: des hommes armés libèrent un suspect d’Al-Qaïda dans un hôpital

Des hommes armés ont fait irruption dimanche dans un hôpital du sud du Yémen et libéré un membre présumé d’Al-Qaïda, admis dans l’établissement après avoir été blessé lors d’un accrochage avec les forces de sécurité, a annoncé une source médicale.

Une source au sein des services de sécurité avait annoncé dans la journée que trois personnes, dont un policier et un suspect, avaient été blessées lors d’une fusillade à Loder, dans la province d’Abyane.

L’accrochage a eu lieu lorsque les forces de sécurité ont pris en chasse un suspect, Amine Al-Sayyed, recherché pour collaboration avec Al-Qaïda, selon la même source.Dimanche soir, un responsables médical de l’hôpital de Loder a déclaré que le policier avait succombé à ses blessures et que des hommes armés s’étaient introduits dans l’établissment avant d’en repartir « avec Sayyed », qui était « grièvement blessé ».

Dans un incident séparé, les forces de sécurité yéménites ont dispersé des centaines de membres du Mouvement sudiste à Crater, un quartier d’Aden, la principale ville du sud du Yémen, après les obsèques d’un homme abattu par un policier lors d’affrontements il y a quelques jours.Les forces de sécurité ont tiré et lancé des gaz lacrymogènes, ont affirmé des témoins.

La tension est vive dans le sud du Yémen, où les forces gouvernementales font face à une recrudescence des activités des partisans d’Al-Qaïda mais aussi du Mouvement sudiste, un groupe séparatiste.

__________________________ 4 – AFP

Yémen: des journalistes réclament la libération d’une militante, heurts avec la police

Quelque 200 journalistes yéménites ont appelé dimanche à la libération de l’activiste Tawakel Karman, arrêtée dans la nuit par la police à Sanaa où des heurts se sont produits devant l’université.

Partis du siège de leur syndicat, les journalistes ont organisé une marche jusqu’au parquet de Sanaa pour réclamer la libération de Mme Karman, qui dirige l’organisation locale « Femmes journalistes sans chaînes », a rapporté un correspondant de l’AFP.

Mais ils ont dû quitter les lieux sans obtenir du procureur général de précisions concernant le sort de Mme Karman, d’après des participants.

Mme Karman a été arrêtée dans la nuit de samedi à dimanche par des policiers en civil dans une rue du centre de Sanaa alors qu’elle rentrait chez elle, en compagnie de son mari, ont indiqué des militants des droits de l’Homme.

Elle se trouvait dimanche matin dans la prison centrale de Sanaa, a précisé sa famille.

Aucune raison n’a été fournie pour l’arrestation de cette militante, confirmée par une source de sécurité qui s’est bornée à indiquer que son interpellation faisait suite à un mandat d’arrêt émis par le parquet.

Son arrestation est « un crime » et « un acte immoral », a dénoncé un porte-parole de l’opposition parlementaire, Mohamed Qobati.

Condamnant son interpellation, l’association Reporters sans Frontières a de son côté « exigé sa libération immédiate ».

En milieu de journée, des heurts ont eu lieu devant l’université de Sanaa où les forces de sécurité ont dispersé à coup de matraques des dizaines d’étudiants rassemblés pour dénoncer la politique du régime, ont rapporté des témoins.

Un caméraman de la chaîne de télévision satellitaire Al-Arabiya, qui filmait les heurts, a été brièvement interpellé avant d’être libéré, selon cette chaîne.

Un caméraman d’Al-Jazira a été battu par la police, a affirmé cette chaîne du Qatar.

Les forces de sécurité ont procédé à 19 arrestations parmi les étudiants protestataires et les activistes des droits de l’Homme qui ont participé à la marche des journalistes, dont certains ont été ensuite libérés, selon des militants.

Mme Karman, membre du Comité central du parti islamiste yéménite Al-Islah, a dirigé ces derniers jours à Sanaa des manifestations de soutien à la révolte populaire en Tunisie, marquées par des appels à un changement politique au Yémen.

Des centaines d’étudiants avaient manifesté samedi à l’Université de Sanaa, certains appelant au départ du président Ali Abdallah Saleh, d’autres réclamant au contraire son maintien à la tête de l’Etat.


__________________________ 3 – Europe 1

Yémen : une militante arrêtée après les manifs

Tawakul Karman, militante de la liberté de la presse et organisatrice des manifestations étudiantes contre le gouvernement ces derniers jours, a été arrêtée dimanche. La jeune femme, qui dirige l’organisation locale Femmes journalistes sans chaînes, est aussi membre du parti islamiste Islah.

Elle se trouvait dimanche matin dans la prison centrale de Sanaa, a précisé sa famille.Le départ forcé de Ben Ali a provoqué une onde de choc dans le monde arabe, entrainant des manifestations et/ou des immolations au Maroc, en Algérie, en Egypte, en Jordanie et en Arabie Saoudite.

___________________________ 2 – Radio Chine

Neuf morts dans des affrontements avec des rebelles chiites dans lenord du Yémen

Au moins neuf personnes ont été tuées et des dizaines d’autres blessées dans des affrontements qui perdurent encore entre des rebelles chiites et des forces tribales pro-gouvernementales dans le nord du Yémen, a déclaré vendredi à Xinhua un membre du conseil local.

« Sept membres des rebelles chiites houthis et deux membres de la tribu pro-gouvernementale Al-Abdain ont été tués, et des dizaines d’hommes des deux camps ont été blessés, dans une bataille acharnée qui a éclaté jeudi soir », a déclaré par téléphone à Xinhua ce responsable qui ne souhaite pas être identifié.

Ces affrontements ont eu lieu dans une banlieue du sud de la ville de Saada, capitale de la province de Sanaa, où les rebelles tentent de conquérir des territoires appartenant à la tribu Al- Abdain, a indiqué ce membre du conseil.

___________________________ 1 – Europe 1

Manifestations au Yémen pour des réformes

Plusieurs milliers de Yéménites ont manifesté jeudi dans le sud du pays à Taiz pour dénoncer l’insuffisance d’un projet gouvernemental de réformes institutionnelles qui limiterait notamment le nombre de mandats présidentiels. Les manifestants ont dénoncé des « dirigeants corrompus » qui transmettent le pouvoir à leurs enfants.

Ces manifestations surviennent alors que la Tunisie est entrée dans une phase de transition après le départ, sous la pression de la rue, de son président Zine ben Ali, qui régnait depuis 1987.Deux manifestations ont déjà eu lieu cette semaine sur le campus de l’université de Sanaa, la capitale du Yémen, pour protester contre les régimes autocratiques arabes, visant notamment le président Ali Abdallah Saleh.

Le Yémen est confronté à un chômage croissant et les réserves pétrolières qui ont longtemps soutenu l’économie sont en train de se réduire. La moitié des 23 millions de Yéménites vivent avec moins de deux dollars par jour.

25/01/11 (B588) Good Morning Africa (Blog) Djibouti : la France décroche ?

Décidément la base japonaise à Djibouti fait beaucoup parlé d’elle en ce moment. Phillipe Leymarie y consacrait hier un article (ICI) sur son blog : « A Djibouti, la première base du Japon à l’étranger depuis 1945 ».

Et j’ai eu le plaisir de voir que le journaliste du Monde Diplomatique a fait référence à mon article parut en novembre dans la revue Défense Nationale :

« Le gouvernement japonais est d’ailleurs resté discret sur cette première implantation permanente à Djibouti, pour ne pas réveiller un débat sur ce qui pourrait apparaître comme une violation de la Constitution pacifiste. En principe, le texte actuel ne s’oppose pas à la présence des FAD à l’étranger, « si c’est à la requête du pays concerné, et que leurs activités ne conduisent pas à l’usage de la force, y compris dans un cadre collectif (et sauf cas de légitime défense) », précise Sonia Le Gouriellec.Cette chercheuse de l’Institut de recherche stratégique de l’Ecole militaire (IRSEM) recense, parmi les facteurs à prendre en compte pour expliquer ces ambitions japonaises :

– la dépendance énergétique et commerciale de l’archipel ;

— sa vocation maritime (qui l’a conduit à construire une marine militaire performante) ;

— l’expérience du pays en matière d’antipiraterie, notamment la formation de garde-côtes à Singapour, en Malaisie, en Indonésie (qui a contribué à réduire très fortement la piraterie dans les détroits entre l’océan Pacifique et l’océan Indien);

— l’ambition du Japon de décrocher un siège permanent au Conseil de sécurité, et de « transformer sa richesse en puissance », sortant de ce qui a été jusqu’ici surtout une « diplomatie du chéquier ». »

Philippe Leymarie note avec pertinence un point, observable sur le reste du continent, et caractéristique de la politique étrangère française actuellement : « Dans l’immédiat, Djibouti s’apprête à encaisser les dividendes d’une troisième base permanente : le loyer annuel pour la nouvelle base japonaise a été fixé à 30 millions de dollars – une somme comparable, pour le moment, aux royalties versés par le gouvernement américain (mais, dans ce cas, pour 2 000 hommes).

Les Français s’acquittent d’un loyer de 30 millions d’euros (pour 2 850 hommes).

Plusieurs armées étrangères – espagnole, allemande notamment – qui disposent également de facilités à Djibouti, mais pas de bases permanentes, versent des compensations plus réduites. Le petit Etat, dont la rente stratégique (aérienne et portuaire) est la seule ressource, est redevenu un point focal : il y a quelques semaines, on y a même aperçu l’amiral commandant la marine iranienne.

Côté français, la tendance reste plutôt au « décrochage ».

La 13e demi-brigade de la Légion étrangère (DBLE), stationnée depuis un demi-siècle à Djibouti, devrait être transférée en mai prochain à Abou Dhabi, où l’armée française a ouvert une nouvelle base.

Le bail qui lie la France au gouvernement djiboutien prend fin l’an prochain, et devra être renégocié, dans un contexte d’effectifs en baisse. Le nouvel accord de défense entre Paris et Djibouti pourrait être signé fin janvier, grâce à un passage-éclair dans la Corne de l’Afrique du nouvel « Air Sarko One ».

25/01/11 (B588) Refugees in Djibouti (Par Ahmed Reyale Bouh) En Anglais

Djibouti can give the impression of a fairly modern town at first glance, but a walk in the backstreets outside the city centre reveals crippling poverty.

Families from Djibouti, Ethiopia and Somalia live side-by-side in tin-roofed shacks, half-constructed buildings and huts made of twigs and pieces of cloths.

It’s in one of those neighborhoods where a local women’s association meet – inside a house with a large room with about 30 women and children huddling together. All of them had come from Mogadishu and had sought refuge in Djibouti in the past three months.

One woman had arrived just three days prior. The journey from Southern Somalia to Djibouti can take up to two months by car and by foot.

The road is dangerous, with militias manning hundreds of checkpoints all along the way.For the next two hours, they tell their stories: destroyed homes, murdered husbands, hunger, grueling walks, beatings at the hand of soldiers, looting of their meager possessions, sexual harassment.

They had come to Djibouti because they heard it was a safe place. Most had left family members behind and were without news of them. A girl of 13 was alone in taking care of her four younger siblings. A woman in her 40s had a wound in her leg: a stray bullet had hit her as she was outside her home in Mogadishu. She had also been raped on the road to Djibouti.

The women’s association receives no external funding, and depends on the goodwill of people in the community to buy some food. However they don’t receive nearly enough. >The families live in makeshift shelters on the dry river bed. Children eat only a bowl of rice per day.
Unfortunately, no services are available for them.

It is these children that our medical staff from Camp Lemonnier provided care to in conjunction with Caritas International.In Arhiba, a shockingly dirty slum in Djibouti City, a mother and her three children live in a tiny shack made of cardboard, wood, and metal junk.

Their home has neither windows nor a door. Through gaping holes in the walls enter dust, blood sucking insects and Djibouti’s unrelenting desert heat.

All the mother owns is a collapsing metal bed, a kerosene lamp, two cups and a plastic bucket. She and her three children belong to the poorest of the poor, cramped together with 20,000 others in Arhiba, a short distance from Djibouti’s presidential palace.

She and her husband were Ethiopian pastoralist whose livestock died from drought, and who came to Djibouti believing the country was rich. There used to be jobs for the asking at tis deep-water port, which handles practically all landlocked Ethiopia’s exports and imports. But the port has been modernized for container shipments and many dockers have lost their jobs.

The irony is that Djibouti itself is suffering from a never-ending rural exodus and an ever-increasing jobless rate. According to government estimates, 60 percent of Djiboutians are without work – and often without food. Very few people starve to death, but many people don’t have enough to eat.

The jobless survive only thanks to the help of relatives and a strong tribal and family support system.Ironically, Djibouti City is one of the most expensive places in Africa. Everything is imported, from foodstuff to clothing and construction materials. A hard day’s labor at the port in the sweltering heat earns a laborer less than $6.00. A bed in a room shared with 10 other people in Arhiba costs 10 times that each month.

The money earned is hardly enough to fill the stomach. Kerosene is relatively expensive and the cheapest meat costs more than half a day’s salary. Most vegetables and fruit are imported. Only a loaf of French bread is cheap. Djibouti’s French colonisers built Arhiba 34 years ago for dock workers from the Afar ethnic group, providing them with free electricity and water.

Nowadays, an open sewer runs through the middle of Arhiba. Clean water and electricity is scarce. It’s inhabitants susceptable to cholera and malnutrition.

If work can be found, then families can be fed. Sometimes they have one meal a day and sometimes they don’t.When you talk with the young people, their hope is big. They live on hope. And hopefully life will improve in Djibouti. The people are intelligent and some of the friendliest that you’ll ever meet.

Eebe ayaa mahadle
Ahmed Reyale Bouh

25/01/11 (B588) Corruption: le Fonds mondial assure pratiquer la « tolérance zéro » (Romandie News -Ch- Avec AFP)

Le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme pratique la « tolérance zéro » face à la corruption, a assuré lundi son directeur Michel Kazatchkine, réagissant à des informations parues dans la presse ce week-end. »Le Fonds mondial a une tolérance zéro vis-à-vis de la corruption », a expliqué le Français M. Kazatchkine, lors d’une conférence de presse à Genève où siège l’organisation.

Il a précisé que les cas de corruption évoqués ces derniers jours dans les médias étaient déjà connus et avaient été mentionnés par le Fonds mondial lui-même en 2010. »Tout cela se trouve sur notre site internet depuis la fin de l’an dernier », a-t-il assuré.

Au total, 34 millions de dollars ont été détournés dans quatre pays africains, Djibouti, le Mali, la Mauritanie et la Zambie, selon le Fonds.Samedi, le gouvernement suédois cité par la presse locale avait assuré qu’il cesserait de verser sa contribution de quelque 167 millions d’euros au Fonds tant que ce dernier ne mettrait pas en oeuvre « plus de mesures pratiques pour lutter contre le problème ».

« Dans le rapport (du Fonds) de l’an dernier, l’Inspecteur général a évoqué des détournements de fonds graves dans 4 des 145 pays » qui reçoivent une aide de l’organisation, a poursuivi M. Kazatchkine.Suite à ces informations, le Fonds a pris des mesures « immédiates » afin de récupérer l’argent, a-t-il ajouté, assurant que déjà quelque 19 millions de dollars étaient revenus dans les caisses de l’organisation.

Les mesures prises, qui concernent également la Côte d’Ivoire et la Papouasie-Nouvelle-Guinée, visent aussi à prévenir de nouvelles dérives, a indiqué M. Kazatchkine.L’Inspecteur général du Fonds mondial, John Parsons, a pour sa part précisé que dans les quatre cas avérés de détournement d’argent des représentants des autorités étaient impliqués.

Il n’a toutefois pas donné plus de précisions, soulignant que ces cas étaient en cours d’examen par la justice.M. Kazatchkine a enfin démenti que la Suède stoppait sa contribution et assuré qu’il était « revenu vendredi soir de Stockholm avec l’assurance que la Suède contribuerait et accroîtrait sa contribution au Fonds ».Selon lui, Stockholm a jugé « satisfaisantes » les explications données par son directeur sur la lutte contre la corruption.

25/01/11 (B588) LDDH / Flash Info / Manifestations spontanées des chômeurs Djiboutiens, Place Lagarde



Le Président

NOTE D’INFORMATION DU 25 JANVIER 2011

Manifestations spontanées
des chômeurs Djiboutiens, Place Lagarde

NON au troisième mandat, NON à l’argent de la mafia dans les Banques.

Comment ce régime aux mains sales va-t-il s’en sortir ?

Faut-il attendre l’anarchie contre le terrorisme d’Etat ou faut-il se débarrasser d’un « stupid fellow » encore au pouvoir ?

Est-ce le début de la fin d’un règne en particulier du règne de la mafia transrégionale en République de Djibouti, est-ce la fin des blanchiments d’argent à travers les Banques de la place contrôlées par la Banque Maison ou Banque Centrale, pas comme en Tunisie car seulement garantie par « French-American Bank » et non par des lingots d’or dans ses coffres forts facilement manipulables comme en Ethiopie ?

Plusieurs dizaines de chômeurs, qui manifestaient tout simplement avec leurs cordes vocales ont été transférés à 11 heures Djibouti sur l’Ecole de Nagad, actuellement occupée par la Police de Mogadiscio.

Espérons qu’ils ne seront pas déportés en Ethiopie, encore moins en Erythrée, et surtout pas en Somalie..

La Ligue Djiboutienne reste en alerte d’autant plus que le vieux M. Elmi Omar Looh dit Internet a aussi été arrêté alors qu’il lisait tranquillement à la terrasse d’un café à proximité du ministère de l’Intérieur la Note du 24 janvier 2011 de la LDDH sur les Déportations des Ogaden dans des centres de CONCENTRATIONS.

NOEL ABDI Jean-Paul

24/01/11 (B588) Un fonds de développement de 21,7 G$ est gangrené par la corruption (CP avec AP) (30 % des dons pour Djibouti ont été détournés, selon l’article – illustration Roger Picon)

De John Heilprin (CP)

GENÈVE — Un fonds de développement d’une valeur de 21,7 milliards US $, qui est appuyé par des célébrités et présenté comme étant une solution de rechange à la bureaucratie des Nations unies, voit certains de ses dons grevés jusqu’aux deux tiers par la corruption, a appris l’Associated Press.

La majeure partie de l’argent est comptabilisée avec des faux documents ou selon des méthodes comptables frauduleuses, signifiant que l’argent a été volé, affirment des enquêteurs pour le Fonds global de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria. Les médicaments sous ordonnance, quant à eux, finissent par être vendus sur le marché noir.

Le bureau d’enquête nouvellement renforcé du fonds, qui a découvert la corruption, ne peut rendre des comptes complets, puisqu’il n’a examiné qu’une petite fraction des 10 milliards $ dépensés par le fonds depuis sa création en 2002. Les niveaux de corruption des bourses offertes ayant été examinées jusqu’ici sont stupéfiants.

Soixante-sept pour cent de l’argent dépensé dans un programme de lutte contre la malaria en Mauritanie a été dépensé dans d’autres buts, ont annoncé les enquêteurs au conseil d’administration.

Même chose du côté du Mali, où 36 pour cent des sommes versées pour combattre la tuberculose et la malaria ont été détournés, ainsi que 30 pour cent des dons à Djibouti.

En Zambie, où des dépenses de 3,5 millions US $ ne sont pas documentées et où un comptable a volé 104 130 US $, le fonds a décidé que le ministère national de la Santé ne pouvait tout simplement pas gérer les dons et a mis les Nations unies en charge de leur administration.

Le fonds tente de récupérer 7 millions US $ en «coûts non-supportés et non-admissibles» auprès du ministère.

Le fonds cesse ou suspend les subventions aux nations où de la corruption est constatée, et demande à ce que des récipiendaires remboursent des millions de dollars en dépenses inconsidérées.

Jusqu’à maintenant, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres donateurs importants ont promis de verser 21,7 milliards US $ au fonds, qui représente le principal effort financier pour combattre les trois maladies. Le fonds est d’ailleurs un enfant des puissances qui se réuniront cette semaine au sommet économique de Davos, en Suisse.

L’enquêteur principal du fonds, John Parsons, a indiqué que les donateurs pouvaient être assurés que le fonds était sérieux dans ses intentions de débusquer la corruption.

Certains donateurs sont ulcérés de constater ce qui ressort de l’enquête.

La Suède, le 11e plus important contributeur au fonds, a suspendu son don annuel de 85 millions US $ jusqu’à ce que les problèmes du fonds soient résolus.

Le bras investigateur du Congrès américain a également publié des rapports critiquant l’habilité du fonds à se surveiller lui-même et sa tendance à trop se baser sur les récipiendaires des dons pour évaluer eux-mêmes leur performance.