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23/02/11 (B592-B) Communiqué d’Abdourahman Boreh, candidat à l’élection présidentielle djiboutienne (En Anglais) // A. Borreh lance un appel à la communauté internationale pour dénoncer en particulier la torture des prisonniers politiques détenus illégalement.

February 23rd 2011

Presidential challenger Abdourahman Boreh calls on the international community to halt the “brutal treatment” of anti-government protesters detained by President Guelleh

After more than three decades of political oppression, the people of Djibouti found the courage last weekend to stand up and call for political change. Emboldened by the recent upheavals in Egypt and Tunisia, tens of thousands of demonstrators took to the streets to demand the removal of President Guelleh, whose Rally for Progress party has ruled the country for 34 years. The Government’s claims of only 2,000 protesters are risible – as clearly shown by the photographic and eyewitness evidence.

As crowds gathered in Djibouti City for a peaceful protest, demonstrators were met with tear gas, beatings and live ammunition. At least three people were reportedly shot dead, dozens more were injured, and many more were arrested and detained. These included leaders of three prominent opposition groups, who were eventually released following political pressure.

Since the weekend President Guelleh has continued his crackdown on protesters and hundreds of innocent people are now being unjustly detained in prison in squalid conditions, with little food or water.

I condemn President Guelleh’s appalling and inhumane treatment of innocent people and call on him to order the release of all human rights and political activists. At the same time I call on the international community and human rights groups such as Amnesty International and Human Rights Watch to intervene to put an end to this brutal suppression of free speech. People’s hopes for greater democracy, for greater freedom, for greater rights should be met with political reform – not violent oppression.

Fighting continues in Djibouti and the President appears resolute on staying in power by force. The situation is likely to deteriorate in the coming days. Another mass demonstration is planned for Friday, February 25, and more than 50,000 people are expected to participate.

I call on President Guelleh to order a halt to police brutality and arrests of citizens exercising their constitutional rights to free expression and free assembly. President Guelleh must listen to the will of the people and step down to pave the way for free and fair elections.

Djibouti is a small but highly strategic country. It hosts foreign military bases, is the only maritime trade route to Ethiopia, and is the guardian of the Mandeb straights pinch-point en route to the Suez Canal. It is important that a mature and sensible transition to real democracy is now made.

It should be remembered that, as a proportion of the population, the size of the demonstrations in Djibouti is comparable to those recently seen in Egypt. Demonstrators are continuing to demand democracy, despite the threats of police brutality, tear gas and arbitrary arrests.

It is now clear to the world that President Guelleh has lost his authority. He can no longer rule the country and claim the support of the people. A lame duck president clinging to power by the use of force and the misuse of the institutions of the state is bad for Djibouti and bad for the region. He should go now, before the country descends into chaos. If he refuses to step down, opposition groups will boycott the elections.

I call on the international community to help the transition by allowing safe passage of President Guelleh to a neutral country, and by helping in the supervision of free and fair elections. It is time to give the people of Djibouti a genuine opportunity to determine their future.

Abdourahman Boreh
Presidential Challenger

23/02/11 (B592-B) Communiqué du CDS / ET MAINTENANT ? A NOUS D’AGIR. Appel à la communauté djiboutienne de Belgique pour participer à une journée de réflexion le 26 février à Bruxelles.

Le soulèvement populaire qui a secoué notre pays et la répression aveugle d’un régime chancelant qui a suivi et qui continue encore est à l’origine d’un sursaut démocratique des Djiboutiens non seulement dans la capitale mais aussi dans les Districts de l’intérieurs.

Beaucoup de nos compatriotes de Balbala à Damerjog, de Doralé à Einguela en passant par kartilé la rebelle (7bis) par Arhiba la courageuse ou le quartier 6 la résistante, partout les jeunes s’organisent face à la brutalité maintenant quotidienne. L’Union pour l’Alternance Démocratique (UAD) appelle les Djiboutiens partout où ils se trouvent à intensifier la mobilisation pour plier la dictature.

Malgré les arrestations des étudiants, des défenseurs des droits de l’Homme, des dirigeants de l’opposition, les Djiboutiens refusent désormais de mourir dans le silence et l’indifférence des puissances étrangères stationnées dans notre pays.

Conscient que la liberté et le bien être de tous passent par le refus de l’arbitraire qui malmène, de la dictature qui tue, du tribalisme qui divise, et de la corruption qui ruine, le Congres Djiboutien pour la solidarité (CDS) relaie l’appel de l UAD et appelle la diaspora a accompagner la marche de la « révolution du khamsin ».

Le CDS organise une journée de rencontre
le 26 février à 14h30
7,
Place de la Vaillance
1070 Bruxelles
(Près de la station de métro Saint-Guidon)

Il sera question de discuter sur les moyens et les méthodes les plus judicieuses de participer à la libération du pays. Il s’agira surtout de débattre sur la manière de rassembler des moyens financiers qui manquent à nos frères et sœurs qui offrent ce qu’ils ont de plus chers : leurs vies.

Venez nombreux pour prendre part à la réflexion. Les idées de toutes et de tous contribueront à sauver notre pays.

La victoire est proche.

Mohamed ROBLEH BOURALEH
Secretaire général de CDS

23/02/11 (B592-B) Dernière liste des démocrates djiboutiens arrêtés et incarcérés illégalement et une liste des responsables militaires et policiers de la sécurité qui participent aux actions criminelles contre la population (Lecteur)

_____________________________ 1 –

Dernière mise à jour de la liste des démocrates djiboutiens détenus à la prison centrale à Djibouti « Gabode »

1) Fahmi Mohamed Adaweh,
2) Farhan Daher Gan,
3)Elmi Omar Houssein,
4)Adaweh Robleh dit Bouh
5)Ali Saleh Barreh
6)Idriss Abdi Aouled,
7)Sadam Houssein Robleh,
8)Liban Daoud Soubaneh,
9)Mohamed Ahmed Djama dit Nasto,
10)Fahmi Abdi Obsieh,
11)Mohamed Rirache Miguil,
12)Farada Witti
13)Ismaël dit Da’da’o
14)Hassan Mohamed Hassan
15)Abdoulfatah Hassan Ibrahim
16)Hassan Amin Ahmed
17)Abdi Elmi Omar dit Germany
18)Omar Ali Ahmed
19)Abdi Osman dit Indhabuur
20)Bogoreh Robleh
21)Abdi Samireh
22)Hawa Waïss
23)Abdo Dabaleh Mohamed
24)Mohamed Kabo Idriss
25)Abdo Houssein Ahmed
26)Kadir Abdillahi Yassin
27)Yacin Houssein
28)Saïd Houssein Robleh
29)Idriss Ali
30)Fayçal Djama
31)Omar Daher
32)Aboucheh Abmoule
33)mar Mahamoud Okieh
34)Ismaël Abdillahi
35)Mohamed Kamil
36)Ali Nouho Houmed
37)Hadi Mohamed Moussa
38) l’athlète national et international Abdi Saïd (40 compétitions internationales à son actif)

Ainsi que les 6 démocrates détenus depuis le 9 février 2011:
39) Farah Abadid Hildid
40)Houssein Ahmed Farah
41)Houssein Robleh Dabar
42)Abdillahi Aden Ali
43)Moustapha Abdourahman Houssein
44)Mohamed Ibrahim Waïs

______________________________________ 2
(Pour des raisons de temps, nous ne pouvons pas publier leurs photos ce soir, mais elles le seront rapidement ..)


Voici la liste des criminels d’IOG qui s’apprêtent à massacrer le peuple djiboutien.

Leur sort est scellé car dès les djiboutiens mettront la main sur eux et les arrêteront, après la libération du pays, ils seront transférés devant une cour pénale, qui les jugera, pour tous les crimes qu’ils ont commis.

1) Hassan Said Khaireh dit Hassan Madobeh (Chef de sécurité et espion en en chef)

2) Djama Souleiman, procureur et persécuteur en chef

3) Maki Omar Abdoulkader, Second procureur et persécuteur

4) Colonel Abdillahi Abdi Farah Patron de la police répressive

5) Colonel Zakaria Hassan Aden, Tortionnaire en chef et chef de la gendarmerie répressive

6) général Zakaria Cheikh Ibrahim, Cousin d’IOG garant de la pérennité du régime d’IOG en réserve pour la défense ultime avec ses blindés

7) Colonel Mohamed Djama, cousin d’IOG chef de la garde prétorienne dite de la république, spécialiste des exécutions sommaires garant de la sécurité d’IOG et de sa famille

La liste de ces criminels a déjà été établie et transmise a titre préventive au tribunal pénal international, et au département d’état du gouvernement des États-Unis, de l’Union européenne à Bruxelles, du ministère des Affaires étrangères du Canda, de la France, en Belgique et de l’Angleterre ainsi que le bureau du commissaire européen aux droits de l’homme.

Qu’ils sachent, au moment ou ils s’apprêtent à torturer les Djiboutiens qu’ils rendront tôt ou tard compte au peuple djiboutien et à la communauté internationale.

23/02/11 (B592-B) Faut-il un doctorat en Sciences politiques pour combattre l’injustice ? (Omar Gabasse)

« La politique est l’art d’empêcher les gens de se mêler de ce qui les regarde » a dit PAUL VALERY un grand philosophe et poète Français.

Je ne suis pas un politicien, mais je suis un Djiboutien qui refuse l’injustice.

Djibouti, c’est mon pays, c’est ma patrie, c’est mon peuple qui est gouverné par un dictateur que l’on appelle IOG.

Il veut pérenniser le pouvoir en affamant le peuple, en s’enrichissant et en laissant des miettes à ceux qui lui obéissent. Pour les autres : les fières, ceux qui ont conservé leur dignité, ceux qui cherchent la justice : une seule direction : Gabode !

Dieu merci nous avons des nationaux, des républicains, des gens justes et qui sont pour la justice.

La question que je me pose très souvent, pourquoi dénonce-t-on cette injustice câchée derrière un « pseudo » ?

Le courageux Jean Paul noël Abdi fait des navettes entre Gabode et son domicile. Il a signé son acte de décès le jour où il s’est engagé dans ce combat et il est en fier.

Notre regretté Dini est mort en condamnant cette injustice (paix à son âme).

IOG a-t-il l’intention de mourir au poste de président pour échapper à tous les actes qu’il a commis lorsqu’ il était le chef de cabinet.

Combien des familles a-t-il détruit ? Combien de braves ont perdu la vie sous la torture ? Combien de manifestations ont-elles été réprimées avec des balles réelles ? Combien d’habitants d Arhiba sont-ils morts ?

Si je vous parle ainsi, c’est pour dire à la diaspora Djiboutienne de s’engager.

Par exemple, c’est bien d’écrire des articles mais il faut les signer sans se cacher derrière un pseudo. Il faut un prénom et une signature. Suivez Jean Paul Noël Abdi pourquoi n’a-t-il pas peur ?

Je vais vous le dire c’est parce qu’il combat l’injustice. C’est cela son courage, son arme, sa bombe atomique .Et nous alors ???

Je termine en souhaitant à tous les opposants politiques de s’unir encore plus car l’union fait la force.

C’est grâce a cette union que le régime Djiboutien tremble et nous devons sensibilisé la diaspora Djiboutienne.

Je remercie les Djiboutiens du Canada (Ottawa), de Belgique et de France qui ont démontré leur solidarité envers leurs frères djiboutiens qui ont manifesté le 18 Février.

Les opposants, donnez vous des coups des mains au lieu de vous envoyer des coups bas.
Continuez à sensibiliser le peuple Djiboutien sur cette manifestation pacifique.

C’est IOG qui va se tirer une balle dans le pied.

Vive la république de Djibouti

Omar Gabasse

23/02/11 (B592-B) Lettre ouverte d’un citoyen djiboutien au Président Nicholas Sarkozy et à la diplomatie française.

Excellence,

Je ne suis pas un diplomate, ni un ministre, ni un politicien mais un simple Djiboutien qui vous interpelle dans un desepoir totale face à une communauté internationale qui est sourde et aveugle à la situation qui prévaut dans mon pays: La Republique de Djibouti.

Excellence, un dictateur qui s’appelle IOG est entrain de reinventé un "Genocide à la Djiboutienne" qui consiste à exterminer tous les reseaux d’opposition pour se proclamer president à vie. La repression bat son plein, toute les forces armées sont mobolisées pour "un nettoyage des cafards". Ces cafards sont des hommes et des femmes qui ont eu le malheur de dire non à une dictateur qui a regné sans partage pendant 33 ans.

La France et Djibouti ont un passé commun et histore qui unit nos peuples.

Vos predecesseurs ont inventé la "Francafrique" qui a nourit ses dictatures pendant des decenies, assoifé de sang humain.

Mais vous, excellence en tant que president actuel de la Republique Francaise, vous pouvez reparer les fautes commises, et vous differencier de vos predecesseurs, en condamnant d’une manière totale les agressions du dictateur IOG et le peuple Djiboutien vous sera reconnaissant.

Car rappelons-le, la communuaté internationale est efficace mais les actions tardent. Si nous tous, avions agit rapidement lors du genocide rwandais, 800.000 tutsis seraient en vie aujourd’hui.

De meme à Djibouti, il ne passe pas un jour sans des nouvelles arrestations, des tortures dans les endroits secrés. Les prisons regorgent des jeunes innocents qui se sont soulevés contre le "tsar" et qui doivent payé pour leur insolence.

La manifestation du 18 fevrier a été sanglante, les medias francais ont pleinement joué leur role malgré des restrictions orcherstré par le regime à l’encontre de la presse internationale pour que le genocide se passe en "douceur". Mais je reste decu de la diplomatie francaise qui est resté muette.

Le peuple compte sur vous, excellence pour user de votre influence sur la scène internationale car vous avez dit et redit au moment de votre investiture à l’elysée que votre priorité serait les droit de l’homme.

Nous organiserons une manifestation le 25 Fevrier et le regime promet de nouvelles messures encore plus violentes, tel que de tirs de balles réelles, des executions, des tortures et toute mesures pouvant dissuader de descendre dans les rues.

Excellence, je crois que cette lettre d’un simple citoyen djiboutien, de classe moyenne, soucieux pour l’avenir de son pays, vous interpellera.

Un citoyen djiboutien

23/02/11 (B592-B) Nouvelles du front par nos correspondants. La police ratisse chaque maison pour rechercher et arrêter les enfants qui sont conduits massivement dans les commissariats. (Info lecteur)

La Police a lancé une grande offensive contre tous les enfants du pays.

Actuellement,
les policiers fouillent la majorité des maisons pour rechercher systèmatiquement tous les jeunes âgés de 11 à 15 ans qu’elle arrête massivement au motif, qu’ils auraient pu avoir manifesté et même commis des dégradations publiques …

Ils sont aussitôt emprisonnés dans des cellules de la Police et la Gendarmerie.

En effet, les responsables militaires ont refusé que ces jeunes mineurs soient mis en détention dans les casernes.

C’est la politique du chantage qui a été décidée par Hassan Saïd et par Paulette pour faire pression sur les familles, afin qu’ils ne manifestent pas le 25 février..

La manifestation de vendredi 25 fevrier devrait regrouper les djiboutiens de la capitale et ceux du district Sud, qui sont fermement décidés à franchir le cordon de sécurité qui a été mis en place pour isoler la capitale du reste du pays.

Plusieurs associations et partis appellent déjà toute la population à une manifestation de très grande ampleur pour vendredi prochain. Les responsables militaires suivent avec attention la situation en Libye et ils seraient d’accord avec le Chef d’Etat-major qui a demandé aux armées de Libyennes de protéger les manifestants et de cesser de les attaquer …

23/02/11 (B592-B) OMCT – Organisation mondiale contre la torture – et FIDH / Appel urgent pour dénoncer les arrestations illégales et les tortures qui sont commises à Djibouti par le régime.

APPEL URGENT – L’OBSERVATOIRE

Nouvelles informations

Libération sous contrôle judiciaire pour raisons de santé
Djibouti 22 février 2011

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), a reçu de nouvelles informations sur la situation suivante à Djibouti.

Nouvelles informations :
L’Observatoire a été informé de la libération provisoire de M. Jean-Paul Noël Abdi, président de la Ligue djiboutienne des droits humains (LDDH) pour raisons de santé.

Ce dernier, qui restait détenu à la prison de Gabode depuis le 9 février 2011, souffre de diabète et de problèmes cardiaques. Son état s’était considérablement détérioré en fin de semaine dernière (cf. rappel des faits).

Le 21 février 2011, M. Noël Abdi a été libéré sous contrôle judiciaire suite à une requête de mise en liberté provisoire déposée le 19 février par ses avocats[1], Mes Zakaria Abdillahi et Mohamed Foulie, auprès du juge d’instruction.

M. Noël Abdi, dont l’état de santé reste préoccupant, a regagné son domicile. Il
devait subir une série d’examens hier après-midi.

L’Observatoire se félicite de la libération de M. Jean-Paul Noël Abdi, mais rappelle que ce dernier ainsi que M. Farah Abadid Heldid, membre de la LDDH arrêté le 5 février et qui reste actuellement détenu, sont accusés depuis le 9 février 2011 de « participation à un mouvement insurrectionnel » et encourent
jusqu’à quinze ans de réclusion criminelle et une amende de 7 000 000 Francs djiboutiens (cf. rappel des faits).

L’Observatoire demande la libération immédiate et inconditionnelle de M. Heldid ainsi que l’abandon des poursuites à l’encontre des deux défenseurs, en ce qu’elles ne semblent viser qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme et ne semblent étayées par aucun élément de preuve valable.

Rappel des faits :

Le 9 février 2011 au matin, M. Jean-Paul Noël Abdi a été arrêté par des éléments de la Gendarmerie nationale et conduit dans les locaux de la Direction de la Gendarmerie nationale située à Djibouti-ville dans le lieu dit de « La Fiche ».

Vers 17 heures le même jour, M. Jean-Paul Noël Abdi et M. Farah Abadid Heldid ont été déferrés devant le parquet de Djibouti, et accusés de « participation à un mouvement insurrectionnel » sur la base des articles 145 et 146.4 du Code pénal djiboutien.

Ils ont ensuite été placés sous mandat de dépôt.

Le 17 février 2011, M. Jean-Paul Noël Abdi a été victime d’un malaise et a dû
être transféré à l’hôpital Peltier de Djibouti. Le médecin urgentiste qui l’a examiné a conclu à la nécessité d’un transfert d’urgence en soins intensifs. Les agents de police présents sur les lieux ont cependant refusé cette hospitalisation, et l’ont reconduit à la prison de Gabode dans le courant de la nuit.

Les accusations portées contre les deux défenseurs seraient liées à leur soutien au « mouvement » des étudiants et lycéens qui manifestent depuis décembre 2010 dans les rues de Djibouti.

Ce mouvement estudiantin a été sévèrement réprimé et plusieurs dizaines de lycéens, étudiants et membres de l’opposition sont toujours détenus de façon arbitraire à la prison de Gabode et au centre de rétention de Nagad.

M. Jean-Paul Noël Abdi avait en réalité dénoncé la répression par les autorités de Djibouti de ces manifestations, au cours du mois de décembre 2010[2]. L’Observatoire craint que M. Heldid ne soit poursuivi pour son appartenance à la LDDH.

Les accusations à leur encontre auraient été principalement formulées suite à des témoignages non-crédibles, et de surcroît contradictoires.

Certains témoignages mentionnent en effet la prétendue participation de M. Noël Abdi et de M. Farah Abadid Heldid à une réunion le 3 février 2011 en présence de membres de l’opposition, où ils auraient « incité des jeunes à la révolte ». Ces témoignages auraient en réalité été formulés par certains de leurs codétenus en échange de leur libération.

D’autres témoignages attestent au contraire que MM. Noël Abdi et Farah Abadid Heldid n’étaient pas présents ce jour-là, et n’ont donc pas pris la parole. Ces éléments seraient par ailleurs étayés par des écoutes téléphoniques, mais le dossier d’accusation ne les mentionne pas.

Actions requises :
L’Observatoire vous prie d’intervenir auprès des autorités de Djibouti et de leur demander de :

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Jean-Paul Noël Abdi et de M. Farah Abadid Heldid, et de tous les défenseurs des droits de l’Homme djiboutiens ;

ii. Procéder à l’abandon des charges à leur encontre en ce qu’elles ne visent manifestement qu’à sanctionner leurs activités de défense des droits de l’Homme ;
iii. Libérer de manière immédiate et inconditionnelle M. Farah Abadid Heldid, en ce que son arrestation et sa détention ne semblent viser qu’à sanctionner ses activités de défense des droits de l’Homme ;

iv. Mettre un terme à toute forme de harcèlement à leur encontre, ainsi qu’à celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ;

v. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son :

– article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international” ;

– article 6(b), qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou
en association avec d’autres de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales”

– article 12.2, qui dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la […]Déclaration ” ;

vi. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par Djibouti.

Adresses :
· Son Excellence Ismail Omar Guelleh,

Président de la République,
Palais Présidentiel, BP 6, Djibouti Ville, République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01.

· Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi,
Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes,
chargé des droits de l’Homme,
BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 54 20

· Monsieur Maki Omar Abdoulkader,
Procureur de la République,
Tel / Fax : 00 253 35 69 90.
Email : likmik@caramail.com.

· Monsieur Ali Hassan Bahdon,
Ministère de l’Equipement et des Transports,
Boulevard Maréchal Joffre, BP 2501,
Tel: (253) 35 7913 / Fax: (253) 35 59 79.

· Ambassadeur Mohamed Siad Doualeh,
Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève, 19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse,
Fax : + 41 22 749 10 91. Email : mission.djibouti@djibouti.ch

· Ambassade de Djibouti à Bruxelles,
204 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique,
Tel : + 32 2 347 69 67, Fax : + 32 2 347 69 63 ;
Email : amb_djib@yahoo.fr

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.

_______________________________________________
[1] M. Noël Abdi devra émarger tous les jeudis auprès du juge d’instruction.

[2] L’Observatoire rappelle que M. Abdi a fait l’objet de multiples arrestations ces dernières années, et qu’une procédure judiciaire à son encontre est toujours pendante. Cf., notamment, lettre ouverte de l’Observatoire à Mme Khalija Abeba, Première Présidente de la Cour suprême, 15 janvier 2010.

Les audiences dans cette affaire sont régulièrement reportées sine die depuis 2008..

PS
Rappelons que, tard dans la nuit, le domicile de FARAH ABADID a été saccagé et ses enfants traumatisés par la Gendarmerie le soir même de son arrestation illégale.

22/02/11 (B592-B) Message de remerciements du mouvement Citoyen Djboutien du Canada …

Le mouvement citoyen djiboutien du Canada a tenu à remercier l’équipe de l’ARDHD pour sa mobilisation au cours des derniers jours et pour son engagement pour obtenir la libération de Jean-Paul Noël Abdi. Il nous adresse une photo que nous publions immédiatement avec … un montage que Roger Picon a préparé pour féliciter toutes les Djiboutiennes et les Djiboutiens du Canada qui se sont impliqués pour exprimer leurs revendications et leur soif de liberté pour le pays.


Par Roger Picon


Photo envoyée par le mouvement citoyen du Canada