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19/02/11 (B592) Le Figaro avec AFP : Reprise des heurts à Djibouti

Des affrontements ont repris ce matin dans une banlieue populaire de Djibouti entre partisans de l’opposition qui réclament la fin du régime du président Ismaël Omar Guelleh et forces de l’ordre.

Au lendemain d’un grand rassemblement de l’opposition dans la capitale qui avait dégénéré en violences dans la soirée, des heurts ont repris dans la banlieue de Balbala, en périphérie sud-est de la ville. Des petits groupes d’émeutiers harcelaient avec des jets de pierre les policiers qui répliquaient à coup de grenades lacrymogènes.

Ces affrontements se déroulaient en plusieurs carrefours de Balbala, en particulier près de l’hôpital italien où une vingtaine de policiers en tenue anti-émeute étaient déployés. Le nombre de manifestants ne cessaient d’augmenter au cours de la matinée dans ce quartier populaire, malgré l’action de la police.

La situation dans la capitale elle-même, quadrillée par les forces de l’ordre, restait cependant calme en fin de matinée.

19/02/11 (B592) Courrier des lecteurs … sur la situation

La situation est toujours explosive à Djibouti. Plusieurs sections de gendarmerie et de police ont été appelées en renfort à Balbala pour réprimer les manifestants.

Hier soir les accrochages se sont poursuivis jusqu’à 2 h du matin.

Les corps de plusieurs victimes ont été ramassés par l’armée US. Plusieurs policiers figurent aussi parmi les victimes.

Ce matin, le régime refusait toujours de remettre les corps des manifestants tués par balles aux parents, soit disant pour les dénombrer ???

Des djiboutiens signalent le passage de patrouilles américaines cette nuit dans la ville .

Les manifestants continuent et ils exigent maintenant le départ immédiat de Guelleh sans attendre l’échéance de son mandat, le 7 avril.

Il semble, que face à l’injustice et à la disproportion de la réaction des forces
armées, les Djiboutiens soient de plus en plus determinés à poursuivre le mouvement jusqu’au départ forcé de Guelleh et de ses sbires.

19/02/11 (B592) Le Point avec AFP / DJIBOUTI – Manifestation de l’opposition contre le régime, heurts avec la police

L’ancienne colonie française compte moins de 900 000 habitants.

De violents affrontements ont éclaté vendredi soir à Djibouti à l’issue d’une manifestation sans précédent de l’opposition qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes dénonçant le régime du président Ismaël Omar Guelleh. Les affrontements ont commencé à la nuit tombée autour du stade Gouled, où étaient rassemblées depuis l’après-midi plusieurs milliers de personnes à l’appel de la principale coalition de l’opposition, l’Union pour l’alternance démocratique (UAD). Les forces de l’ordre tiraient des grenades lacrymogènes pour disperser les manifestants, qui répondaient par des jets de pierres et harcelaient les forces de l’ordre par petits groupes.

De nombreuses détonations pouvaient être entendues dans ce secteur de la capitale, où des voitures étaient en flammes et les policiers, matraque en main, tentaient d’interpeller les émeutiers.

Dans la soirée, toute la capitale djiboutienne était quadrillée par les forces de l’ordre, alors que les violences se poursuivaient encore vers 21 heures, heure locale. Les locaux d’une ONG présidée par Kadra Mahmoud Haïd, l’influente épouse du président Guelleh, ont été saccagés. Vendredi soir, la radio et la télévision publiques n’avaient fait aucune mention de la manifestation du jour ou des incidents en cours.

« Soulèvement populaire pacifique »

Le rassemblement s’est déroulé dans le calme toute la journée et a rassemblé plusieurs milliers de personnes faisant sans cesse référence aux révolutions tunisienne et égyptienne. « IOG (Ismaël Omar Guelleh) dehors ! », proclamaient les banderoles des manifestants, composés essentiellement de jeunes et d’étudiants, entre les discours successifs des responsables de l’UAD appelant au « soulèvement populaire pacifique » pour faire tomber le régime.

En fin d’après-midi, les protestataires ont annoncé leur intention de poursuivre leur sit-in jusqu’à la chute du régime, précipitant l’intervention des forces de l’ordre.

Un tel rassemblement de l’opposition est extrêmement rare à Djibouti, petit pays de la Corne de l’Afrique, où le président sortant brigue un troisième mandat à l’élection présidentielle prévue le 8 avril prochain. Des manifestations de lycéens et d’étudiants avaient eu lieu les 5 et 6 février à Djibouti, à l’origine pour protester contre un problème de notation à de récents examens des étudiants en droit.

Pièce maîtresse de la lutte antiterroriste

Les manifestants s’étaient alors violemment opposés aux forces de l’ordre, leur rassemblement tournant au fil des heures en une contestation plus globale du régime.

Les autorités avaient procédé dans les jours suivants à plusieurs arrestations de militants de l’opposition, mais également de défenseurs des droits de l’homme, dont certains ont été inculpés, depuis lors, de « participation à un mouvement insurrectionnel ».

Ancien directeur de cabinet du premier président djiboutien Hassan Gouled Haptidon (1977-1999), Omar Guelleh lui avait succédé en 1999 à la tête du pays. Il a été le seul candidat à la présidentielle de 2005, l’opposition ayant appelé au boycott. En avril 2010, le Parlement a voté une réforme constitutionnelle lui permettant de se représenter pour un troisième mandat.

Ancienne colonie française, Djibouti compte moins de 900 000 habitants et est majoritairement peuplé d’Afars et d’Issas. Les pouvoirs sont répartis entre ces groupes par la Constitution. Petit État bénéficiant d’une position stratégique hors pair à l’entrée de la mer Rouge, le long d’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde,

Djibouti abrite la principale base militaire française à l’étranger, une importante base militaire américaine et, depuis 2010, une base japonaise.

Le pays est devenu la pièce maîtresse de la lutte antiterroriste dans la Corne de l’Afrique depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

19/02/11 (B592) Dernières nouvelles par nos correspondants. La stratégie d’IOG. Susciter des désordres pour discréditer l’opposition et obtenir le soutien des forces étrangères.

Selon les Informations que j’ai pu obtenir de mes différents contacts et tout particulièrement d’un agent du SDS, IOG, en personne, aurait ordonné a certains de ses hommes, de s’infiltrer dans la manifestation pour semer la confusion et la zizanie en incitant les plus jeunes à des débordements. Il espérait ainsi jeter le discrédit sur cette manifestation totalement pacifique.

Dans un dernier geste, IOG espère réussir à manipuler les Ambassades française et Américaine et obtenir leur accord pour interdire désormais toutes les manifestations à venir et les rassemblements de l’opposition et ce, jusqu’au scrutin du 8 Avril.

Le prétexte qu’il met en avant est le fait que l’opposition serait incapable de controller une manifestation Pacifique et qu’au contraire, elle inciterait les manifestant à tout casser…

Cela lui permettrait, de facto, de supprimer le droit à manifester et d’imputer à l’oppositon toutes les pertes matérielles, lui permettant de faire arrêter toutes les personnalités dont il a le plus peur …. !

En provoquant des désordres il espére aussi rallier certaines couches de la population, qui refuse les manifestations violentes, en leur prouvant qu’il serait le seul à pouvoir maintenir le calme et la cohésion dans le pays et qu’il faut le soutenir (et le supporter ?) coûte que coûte. Sans moi ce serait la « chienlit », pour paraphrase un mot célèbre …

Reconnaissons que la stratégie est astucieuse, même si elle n’est pas nouvelle. Je mets en garde toutes mes soeurs et tous mes frères à ne pas tomber dans ce piège maladroitement ficelé et dont ils se repentiraient dès le 9 avril.

Cordialement,

19/02/11 (B592) Libération ce soir de deux responsables de l’opposition, mais il reste encore une cinquantaine de militants en prison (source ARD)

Je vous confirme qu’Ismael Guedi a été libéré à 18 h, tandis que Mohamed Daoud Chehem l’avait été, comme vous l’avez annoncé, depuis 16 h.

Une cinquantaine des militants restent encore en prison et parmi eux des cadres de l’UAD dont les noms suivent :
1) Abdi Osman Nour
2) Hassan Mohamed Hassan
3) Abdoulfath Hasssan Ibrahim
3) Abdohoussein Ahmed
4) Abdi Samireh
5)Bogoreh Robleh
6)Hawa Waiss
7) Ali Nouho
8) Hamadou Ahmed Moussa

19/02/11 (B592) DjibTalk avec UDDESC / Djibouti protests more massive than expected (En Anglais) La manifestation de protestation à Djibouti réunit plus de participants que prévu.

Today’s anti-government protests in Djibouti, calling for President Ismaïl Omar Guelleh to step down, are larger than expected. Around 30,000 out of the capital’s 600,000 population took to the streets.

The Djiboutian opposition formation UDDESC from Djibouti City reports that the number of protesters, gathering in the centre of the city after the Friday prayers, is still increasing. Currently, an impressive 5 percent of the city’s population is protesting against President Guelleh.

There are different reports of renewed government repression of the protest wave. Some protest leaders say they have heard gunshots, probably being the police shooting in the air trying to disperse protesters.

Activists from UDDESC report from Djibouti City that government just had blocked the mobile network to prevent the opposition from mobilising more people. In Djibouti, where the use of the internet and social media is very limited, mobile phones and sms’s are being used as the means of mobilisation.

The protests are led by the main opposition Union for a Democratic Alternative (UAD), which has mobilised its followers in rallies against President Guelleh’s unconstitutional third term bid since 1 January.

On 28 January, spontaneous protests broke out in Djibouti City after the Friday prayers, and students at the University of Djibouti have been rioting and fought battles with security forces. The UAD decided to join and lead these pro tests movements, calling for a massive protest today

UAD President Ismaël Guedi Hared modestly expected up to ten thousand persons to follow the massive calls for protests today – modest because the UAD had around 40 percent of voters behind it at the last elections where it participated. The UAD has boycotted Djibouti’s two last elections over fraud allegations.

Mr Hared therefore today was positively surprised about the great turnout of protesters. Also the UAD’s slogans are dominant in today’s protests. « No to a third term » is the main message of protesters, this evening moving towards the presidential palace.

There have been very few international press reports about the Djibouti protests and its preparations as there are no foreign journalists in the country. National media, totally controlled by government, have not mentioned the protests. The only available sources, also for afrol News, are from the Djiboutian opposition and activists.

The government of Djibouti has not commented on the protest movement and has tried to avoid international attention about it. According to UDDESC activists, this evening even international calls have been blocked in Djibouti in an attempt to restrict reporting from the events.

19/02/11 (B592) Manifestation à Paris ce samedi 19 février, devant l’Ambassade de Djibouti, pour soutenir les actions de la population djiboutienne.

En dépit d’une forte pluie, plus d’une cinquantaine de militants se sont rassemblés devant l’Ambassade de Djibouti à Paris, pour exprimer leur soutien aux populations djiboutiennes et pour réclamer la libération de tous les prisonniers politiques.

Parmi les manifestants, nous citerons : Laurence Dawidowicz de Survie, Maki Houmedgaba, membre de l’ARD et responsable pour l’Europe qui animait cette manifestation, Aïcha Daballeh pour femmes solidaires, Mohamed Kadamy du Frud, Daher Ahmed Farah du MRD, Jean-Loup Schaal de l’ARDHD et beaucoup d’autres que nous ne pouvons pas lister, en espérant qu’ils ne nous en tiennent pas rigueur.

1°) Ecouter un extrait des slogans qui ont été repris par les manifestants (Format WMA)

2°) Télécharger (Format MP3)

Lien de téléchargement

Les participants ont scandé de nombreux slogans pour exiger la libération de tous les prisonniers politiques et en particulier de Jean-Paul Noël Abdi, dont l’état de santé se dégrade très rapidement, selon les dernières informations communiquées par Jean-Loup Schaal. Ils ont aussi réclamé la justice pour tous les auteurs de crimes, de torture et de viols et appelé au départ de Guelleh et de son équipe.


Les espions de l’Ambassade veillaient !!! Il est probable que les Djiboutiens les ont déjà identifiés et qu’ils leur demanderont des comptes au jour de la chute du régime …

Maki Houmedgaba, responsable de l’ARD pour l’Europe et organisateur du rassemblement, n’a pas ménagé ses forces pour lancer les slogans et pour animer la manifestations
 

19/02/11 (B592) FLASH INFO : Guelleh transfère les pouvoirs de maintien de l’ordre à la Garde républicaine …

Nous venons d’apprendre de source bien informée, le transfert du pouvoir de la sécurité intérieure qui passe de la police aux militaires.

Dans la foulé, IOG a confié le Commandement de l’armée à son cousin, le colonnel Mohamed djama patron de la garde républicaine.

L’armée a donc investi tous les arrondissements de la capitale en lieu et place de la police accusée de ne pas être assez fiable.