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27/10/1999 – Prison de Gabode : Grève de la faim de tous les prisonniers politiques pour une durée illimitée (depuis le 19 octobre) Lettre conjointe.

DES PRISONNIERS POLITIQUES

Gabode, le 19.10.99

A Monsieur le Procureur Général de la République
s/c du Directeur Général de la prison de Gabode

Objet : grève de la faim

nous, soussignés les prisonniers politiques détenus à la prison de Gabode, informons par la présente lettre les autorités judiciaires théoriquement compétentes, pour connaître de la situation des détenus et de la prison, que nous entamons une grève de la faim d’une durée illimitée à partir du 19.10.99.

Nous entendons protester :

– contre les détentions arbitraires, pour des motifs politiques, contre les détentions provisoires prolongées qui constituent des condamnations de fait (appelées  » les peines de la présidence « ) faisant fi de la présomption d’innocence.

– contre l’absence totale de soins aux prisonniers : la dernière victime morte par manque de soins le 29.08.99, M. Wandassem Hailé Mariam.

– contre la détérioration de la situation sanitaire en raison des cas de plus en plus nombreux de tuberculose non soignée depuis la dernière grève de la faim (il y a cinq ans)

– contre l’insalubrité, la vétusté des locaux faisant craindre pour la survie des détenus : des plafonds non étanches risquant à tout moment de tomber (comme cela s’est produit il y a quatre mois)

Veuillez croire, monsieur le Procureur Général, en l’expression de notre considération.

Les prisonniers politiques

27/10/1999 – Communiqué du CSPP (Bruxelles) du 21/10 pour soutenir l’action des prisonniers politiques en grève de la faim

COLLECTIF DE SOUTIEN
AUX PRISONNIERS POLITIQUES
Rue de Moscou 18
1060 Bruxelles

Bruxelles, le 22 octobre 1999

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Nous apprenons qu’un mouvement de grève de la faim illimité a été entamé par les prisonniers politiques de Gabode à Djibouti depuis le 17 octobre.

Ces opposants protestent contre les conditions de leur détention et surtout contre le fait qu’ils soient garder en dépôt pendant des années sans être jugés.

Ils ne bénéficient d’aucune assistance d’avocats de leurs choix – droit qui leur est dénié – et l’état de santé de certains d’entre eux s’aggrave faute de soins.

Devant cette situation, notre collectif apporte son soutien à cette action et exige la libération immédiate de tous les prisonniers politiques.

Pour le collectif,
Irbrahim Ahmed Djilani

27/10/1999 – Depuis le 19 octobre 1999, 45 prisonniers politiques détenus à la prison de Gabode , ont entamé une grève de la faim (Communiqué du CODEP)

Comité en Europe pour la Défense des
Prisonniers Politiques de Djibouti
CODEPP
 » La Maison Ouverte  »
17 rue Hoche
93000 MONTREUIL

Le 22 octobre 1999

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Depuis le 19 octobre 1999, 45 prisonniers politiques détenus à la prison de Gabode dans des conditions contraires à la dignité de la personne humaine, ont entamé une grève de la faim pour protester :

– contre l’absence totale de soins aux prisonniers malades et blessés (la dernière victime, Wandafeh Haïlé Mariam est décédé le 29 août par manque de soins)

– contre les détentions arbitraires pour des motifs politiques et les détentions provisoires prolongées qui constituent des condamnations de fait (appelées  » peines de la présidence « ).

Le CODEPP dénonce l’irresponsabilité du pouvoir djiboutien qui refuse jusqu’aux soins minimum aux détenus politiques demande :

– des soins immédiats et urgents pour les détenus malades et blessés
– la libération de tous les prisonniers politiques
– ainsi que la subordination de l’aide française au respect des droits humains à Djibouti

Notre comité tient à exprimer sa solidarité et son soutien aux revendications politiques de ces prisonniers.

Pour le Président du CODEPP
Omar Mohamed Chehem

26/10/1999 – La politique officielle du régime de M Guelleh se déchaîne contre la Liberté.

Ce nouveau journal totalement indépendant inquiète les autorités djiboutiennes qui tentent de réagir,
mais avec un certaine maladresse.

M. Guelleh et ses conseillers semblent désarmés dès lors qu’ils n’ont pas la possibilité de mettre les journalistes en prison et d’interdire le support.

Une audience en forte croissance :
le numéro 4 a été consulté sur une base moyenne de 120/130 connexions par jour, ce qui correspond à environ 600 / 700 lecteurs directs chaque semaine, auxquels il faut ajouter les lecteurs indirects qui reçoivent les impressions papier qui circulent au sein des communautés.

Une campagne d’insulte violente
à l’instigation des autorités :
Le succès de notre support inquiète le régime dictatorial de M Guelleh qui a lancé une campagne violente à notre encontre (cf. quelques exemples ci-dessous).

Les troupes de M. GUELLEH essayent de réagir en catastrophe.

Une campagne orchestrée avec une grande maladresse :
Le régime de M Guelleh est désarmé à partir du moment où il n’a pas la possibilité d’emprisonner les journalistes de l’opposition ni d’interdire tous les supports. Alternativement, il utilise soit les insultes soit des affirmations dénuées de toute crédibilité. Les deux exemples ci-dessous illustrent bien les deux techniques qui sont employées.

Un encouragement pour notre association :
Le succès de notre support et son impact nous encouragent vivement à continuer note action. L’ARDHD rappelle qu’elle met le journal
La Liberté à la disposition de tous les djiboutiens de l’opposition, des Associations et des Syndicats.

Afin de ne pas prendre position dans le débat politique interne à Djibouti, elle publie les articles et communiqués qui lui sont transmis en s’abstenant de tout commentaire.

Seuls sont refusé les articles qui seraient en contradiction avec la morale ou avec les objectifs de l’ARDHD en matière de Respect des Droits de L’Homme.

Exemples des thèmes de la campagne gouvernementale
contre notre journal :

Ex N°1 (Les insultes) Les démocrates sont des cons …
par Christophe PETIGROS

« Monsieur Schaal

Je suis régulièrement votre numéro de charlatan sur Agora et sur le site AREF.
Toujours prompts a vitupérer, imaginer un comite d’officiers libres (même pas de noms cites, et si je vous parlais d’un comite analogue aux USA?.
Au passage, le site qui se prétend site de la liberté d’expression omet de citer l’info suivante, le prêt accorde par le FMI au gouvernement djiboutien alors a longueur de mois, vous nous rabâchiez les oreilles avec votre lettre a Cambessus.Informez bon sang et les faits d’abord  »

« Pauvre con et démocrate de mes deux Pauvre con et démocrate « 

25/10/1999 – TCHAD – Communiqué de presse : menaces d’arrestations de tous ceux qui diront non à la délégation de la Banque Mondiale dirigée par le directeur général.

YORONGAR Ngarlejy
DÉPUTÉ FÉDÉRALISTE

E. mail : yorongar@intnet.td

N’Djaména, le 24 octobre 1999

COMMUNIQUE DE PRESSE : MENACES D’ARRESTATIONS DE TOUS CEUX QUI DIRONT NON A LA DÉLÉGATION DE LA BANQUE MONDIALE DIRIGÉE PAR LE DIRECTEUR GÉNÉRAL.

Après Monsieur Idriss DEBY qui eut fait appel aux imams des mosquées pour prononcer des fatwa (appels aux meurtres des 8, 15 et 22 octobre 1999) contre toutes celles et tous ceux qui osent s’opposer à l’exploitation du pétrole dans les conditions actuelles, après le préfet de Moundou qui eut donné, le 6 octobre 1999, l’ordre aux forces de l’ordre d’arrêter systématiquement toutes celles et tous ceux qui auront osé dire un petit non à l’exploitation du pétrole lors du passage de la délégation de la Banque Mondiale dirigée par le Directeur Général de cette institution, le Préfet de Doba vient à son tour de tenir une réunion, le 23 octobre 1999, à Bébédjia avec les 6 chefs de Canton de la sous-préfecture, les représentants des partis politiques de la place, des associations des Droits de l’Homme et des ONG pour dire de go :

« Le sous-préfet et le maire de Bébédjia sont chargés de confectionner des milliers de banderoles pour distribuer à la population de Komé, Miandoum et Bébédjia pour montrer que les Tchadiens sont d’accord pour l’exploitation du pétrole. Il est hors de question, ajoute-t-il, que quelqu’un ose dire un petit non lors du passage de la délégation de la Banque Mondiale. Celui qui aura dit non à cette occasion doit immédiatement être arrêté et mis en prison pour trouble de l’ordre public… »

Depuis hier, deux Ministres originaires du Logone Oriental sont sur les lieux pour appuyer le préfet dans sa lutte contre la contestation à l’occasion du passage de la délégation de la Banque Mondiale, passage prévu respectivement le 29 octobre 1999 à Komé, Béro et Miandoum et le 30 octobre 1999 à Bébédjia et à Moundou.

Outre les chefs de canton, les représentants des partis politiques et des ONG, cette délégation rencontrera, les délégués des paysans qui se sont rendus au Nigeria à savoir Martine de Komé, Eugène de Béro, urbain de Miandoum, le représentant de Timbéri etc.

Pour arracher leur accord pour l’exploitation, ils sont constamment l’objet des menaces.

Nous osons espérer que la Banque Mondiale saura apprécier cette situation à sa juste valeur et ce, sans parti pris qui la caractérise actuellement. Dans le cas contraire, la majorité des Tchadiens qui disent massivement non à l’exploitation du pétrole dans les conditions actuelles sauront prendre leurs responsabilités. Dans ce cas, la Banque Mondiale assumera entièrement la sienne de ce qui adviendra.

A Bangui (RCA) Monsieur Idriss DEBY, toujours égal à lui-même, vient de quémander l’appui des Chefs d’État présents ou représentés. Pour les Tchadiens ces chefs d’État d’Afrique Centrale à savoir du Gabon, Cameroun, Congo, Angola, RDC et de la RCA, tous producteurs de pétrole ou de diamant doivent donner des exemples concrets de ce qu’ils font des revenus pétroliers pour leurs pays avant de voler au secours de leur collègue Idriss DEBY dont les Tchadiens connaissent sa voracité en matière des deniers publics et la cupidité de son clan.

Une telle position de ces chefs d’État à la demande expresse de Monsieur Idriss DEBY ne fait pas peur aux Tchadiens qui sont décidés désormais à défendre leurs droits et leurs biens par tous les moyens (à Suivre).

La Coordination Exécutive Fédérale

NB : Un grand meeting sera organisé le samedi 30/10/1999 à 15 heures à l’École de DEMBE par 13 partis politiques dont certains sont des alliés du pouvoir. Ce meeting sera suivi par des meetings dans tous les six arrondissements de N’Djaména.