Articles

26/04/11 (B601) Communiqué de l’association "Swedish-Afar humanitarian organization Afar Friends in Sweden" (Qui annonce la fermeture de ses bureaux, pendant dix jours, pour marquer le deuil après la disparition du Sultan Ali Mirah)

The Swedish-Afar humanitarian organization Afar Friends in Sweden announces that its office at Svartbäcksgatan 52D in Uppsala will be closed for a period of 10 days starting from today Tuesday April 26.

This is to mark the mourning period which is going on right now in the entire Afar Triangle due to the death of the Afar Sultan Amoyta Alimirah Hanfare.

Afar Friends in Sweden will also take this opportunity to send condolences to the Afar Nation in general and to the family and relatives of the deceased sultan.

May peace prevail on his soul!

Uppsala, April 26, 2011

26/04/11 (B601) Communiqué du groupe " THE PEOPLES NATIONAL REVOLUTION FORCE FOR DEMOCRACY (Info lecteur – En Anglais) pour dénoncer les dérives du régime de Guelleh et son auto-proclamation pour un 3ème mandat illégal.

A totalitarian dictator benefited from the smallness of its country like Djibouti where there are no life opportunities and other necessary to live in the towns and villages in the regions which are aged over 120 years except the Djibouti city where the totalitarians dictator has monopolized everything from the smallest and to the biggest government and non government activities which make impossible to get a bread without its permission and knowledge that make it feel proud to act and speak without conscience and care whatever the consequences may be.

The Djiboutian community has not been expecting the totalitarian dictator to respect and comply with its oath and pledge to the constitution, to the community and to the international call and consensus urging African leaders to refrain from changing or amending their countries constitution in order to prolong their governance periods after the two terms periods ends .

But the Djiboutian community are aware that after the end of the cold war, dictators have no place to hide and believe the big democratic countries of the world and the democratic counties of IGAD would not accept the emergence of an autocratic governance at this millenieum, where democracy has became the only language of the world and would force every totalitarian dictator to abide the country s constitution in order to avoid civil war, .instability, destructions and promote developmental programmes.

Convinced with the silence and non- intervention of the democratic counties due to lack of baseless illegibility beside globalization,.

Convinced that the problem is a Djiboutian community problem that needs a Djiboutian community solution.

– Being aware about the total rejection and none acceptance of free and fair election requested in the 9 (nine) points submitted by the opposition parties during his so-called second (2nd) term candidacy which he presented himself and run alone,

– Being aware about the huge boycott of the people to his so-called 2nd term election which even his ministry of interior declared the abstention of 58% of the total registered voters.

– Convinced by his present auto-proclamation for 3rd term presidential candidacy which is against the constitution

– Convinced by the illegal importation of over 100,000 foreign immigrants mostly from Somalia and issued the Djiboutian nationalities in order to subjugate the rights and voices of the legal citizens.

26/04/11 (B601) Message de condoléances d’Omar Gabassé à l’occasion du décès du Sultan Ali Mirah.

J’ai appris, avec une grande tristesse, la disparition du Sultan Ali Mirah Hanfareh à Addis Abeba, survenue dimanche soir. J’avais eu l’honneur de le rencontrer à Addis Abeba, lors de mon exil.

Il a été inhumé à Ayssaita (ancienne capitale de la région AFAR d’Ethiopie).

Il était aimé de tous ceux qui l’ont connu et il était particulièrement apprécié pour sa grande sagesse.

Durant des années, il a hébergé les réfugiés djiboutiens, alors qu’ils ne recevaient aucun secours des instances internationales et en particulier du HCR.

Il était aussi intervenu en leur faveur auprès des autorités de cette région Afar.

Au nom de tous les réfugiés et en mon nom personnel, j’adresse mes condoléances les plus sincères et les plus attristées à sa famille, à ses proches et au peuple Afar.

Qu’Allah l’accueille en son paradis éternel
INA LILAHI WAINA ILEHI RAAJIOUN

Omar Gabasse
Co-représentant des réfugiés djiboutiens en Europe.

25/04/11 (B601) Nouvelles de Somalie – 184 morts ou blessés, dans des heurts, à Mogadiscio – Des insurgés liés à al-Qaïda prennent une ville stratégique en Somalie (2 articles)

_____________________________ IRIB
Somalie: 184 morts ou blessés, dans des heurts, à Mogadiscio

Au moins, 54 personnes, ont été tuées, dans des heurts entre les forces gouvernementales et les rebelles, à Mogadiscio, la capitale de la Somalie.

Selon Press TV, les affrontements, qui ont eu lieu, samedi, dans le Nord et le Sud de la capitale, ont, aussi, fait 130 blessés.

Le gouvernement actuel de la Somalie ne contrôle, maintenant, qu’une partie de Mogadiscio.

Le manque de coordinations entre les forces militaires a rendu la perspective d’agrandir le conflit contre les opposants impossible à réaliser.

____________________________ 1 – AP

23/04 Des insurgés liés à al-Qaïda prennent une ville stratégique en Somalie

Des témoins en Somalie ont indiqué que des insurgés liés à al-Qaïda avaient pris le contrôle d’une ville stratégique, repoussant une milice alliée au gouvernement somalien.

Mohamed Hassan, un résidant de la ville de Dhusamareb, a déclaré samedi que des centaines de miliciens al-Shabab avaient occupé la ville après avoir organisé une attaque surprise contre leurs rivaux, les combattants d’Alhu Sunna Waljama.

Sheik Abdirahman Ali, un commandant des troupes Ahlu Sunna Maljama, a fait savoir que la retraite de la ville par ses troupes était une tactique militaire et qu’elles la reprendrait bientôt.

Ces troupes avaient pris la même ville, située près de la frontière éthiopienne, des mains des forces al-Shabab il y a deux ans.

25/04/11 (B601) Disparition du sultan (amoyta) Ali Mirah : Le dernier grand nationaliste afar (1922-2011) (Par Ali Coubba Président d’Uguta-Toosa)

Le sultan Ali Mirah (1) est décédé le 24 avril 2011 à Addis-Abeba, à l’âge de 89 ans. Intronisé à de 22 ans amoyta (roi) de l’Awsa dans des circonstances marquées par la crise de succession au sein de la famille, il a vu le jour à Sahilé (Saacile), à proximité de la ville d’Aysa’iita, siège de son pouvoir. Ali-Mirah Hanfaré Aydahisa a succédé à son oncle Mahmmad Yayyo Mahammad (1927-1944). Il a été amoyta d’Awsa durant 67 ans ! Si l’on trace à grands traits son long règne interrompu par la révolution éthiopienne en 1974 et amoindri à partir de 1945 par l’immixtion du pouvoir central éthiopien dans l’organisation administrative du pays afar, trois faits méritent d’être cité.

Rayonnement politique

Les deux premières décennies de son règne furent marquées par la présence et les conseils de son vizir, Yayyo Hammadou (1892-1972), que le sultan appelait affectueusement « le vieux » (cf. Aramis Houmed Soullé). La collaboration entre le jeune monarque et son conseiller réalisa un rêve que tous les sultans afar avaient nourri.

Au début de 1970, en recourrant à la diplomatie, aux relations matrimoniales et à l’autorité administrative déléguée par Haylé Sellassié, le sultan d’Awsa avait réussi l’exploit rare de devenir le porte-parole de tous les pouvoirs traditionnels afar (chefferie Debne et Wéima, Ba’adu, Dok’a, Téru et Biiru, etc.). Ce ne fut pas un mince exploit. Sa notoriété considérable résidait dans le fait qu’il se trouvait à la jonction de tous les grands courants politiques de l’époque. Nationalismes éthiopien, érythréen, afar, somali, oromo, etc.

Réformes économiques et sociales

Les réformes économiques et sociales entreprises à partir de 1960 en collaboration avec la société d’exploitation Awash Autority Valley, ont ses détracteurs et ses admirateurs. Grâce aux revenus colossaux tirés de l’exploitation agricole et aidées en cela par la compagnie Mitchell Cotts, des milliers de familles afar avaient passé d’une société de pénurie à une société d’abondance.

Les pasteurs-agriculteurs vivaient en rentiers; le niveau de vie de la population d’Awsa explosa. Sur le plan social, homme pieux, l’amoyta s’est beaucoup investi dans l’enseignement de l’islam. « J’ai placé mon règne sous le signe de l’affermissement de la foi musulmane », (p. 103) reconnaît-il. Avant que la révolution éthiopienne ne mette un terme à ses projets, il nourrissait un vaste programme de création d’écoles coraniques et de mosquées un peu partout dans le pays afar. Il a livré de courageuses campagnes contre la consommation du khat. Une grande dignité et noblesse se dégageaient de sa personne.

Dernier monarque afar de l’Awsa ? (2)

Sur le plan politique, le sultan Ali Mirah a connu trois régimes dans son pays, l’Ethiopie. L’empire éthiopien sous l’autorité féodale de Haylé Sellassié qui disparaît en 1974. Le socialisme du négus rouge, Menguistou Haylé Mayram, qu’il a combattu avec le Front de libération Afar (FLA) jusqu’à sa chute en 1991.

Puis le système fédéral institué par le front populaire de libération tigré (FPLT), sous la direction de Meles Zénawi. A son retour au pays, en 1991, se contentant du rôle d’autorité morale, il n’a assumé aucune responsabilité politique. Sa disparition n’en pose moins la question épineuse de la succession qui avait, à la mort de son grand-père Mohamed Hanfaré Illalta (1826-1902), affaibli le sultanat au point de le mettre dans la dépendance de l’empire éthiopien naissant.

Maintenant que le sultan Ali Mirah est mort, on pourra parler de son destin, apprécier avec plus d’objectivité ses réalisations et ses échecs. Paix à son âme. A-t-il assuré le développement et l’émancipation de son peuple ? Fut-il un monarque moderne ou un despote, un « réactionnaire des plus notoires » (p.119) ?

Quelles que furent ses erreurs, Ali Mirah avait pendant son règne une légitimité considérable au sein de son peuple, une légitimité sanctionnée par deux cents ans d’histoire. Même décrié par la jeune génération des années 70, rebelle et révolutionnaire, qui critiquait son conservatisme, personne ne remettait en question son nationalisme afar et la constance remarquable et farouche avec laquelle il défendait les intérêts de son peuple. Il fut le dernier grand nationaliste afar, comme il fut le dernier grand roi de l’Awsa.

Peut-on dire la même chose du gouvernement actuel de la région autonome afar et de son président, censé représentés les intérêts de leur peuple ?

Ali Coubba
président de Uguta-Toosa

(1) Cf. Aramis Houmed Soullé, Deux vies dans l’histoire de la corne de l’Afrique. Mahamad Hanfaré (1861-1902) et Ami Mirah Hanfaré, 1944, …), Addis Abeba, 2005. (Merci à Aramis Houmed d’avoir écrit ce témoignage précieux).

(2) Les Sultans afar de Djibouti (Rahayta, Tadjoura et Gooba’ad), il est vrai brisé par le colonialisme français, ne paraissent moins des attardés mentaux à côté d’Ali Mirah.

25/04/11 (B601) Yémen Express – Deux manifestants tués, des dizaines de blessés au Yémen – 2 personnes tuées, dix blessées par balles dans des manifestations anti-Saleh – Au Yémen, Saleh accepte de partir, des opposants sceptiques – Les manifestations se poursuivent au Yemen (4 articles)

_________________________ 4 – L’Express avec Reuters

Deux manifestants tués, des dizaines de blessés au Yémen

Jean-Stéphane Brosse et Philippe Bas-Rabérin pour le service français

Les forces de sécurité yéménites ont tué deux manifestants lundi dans la ville d’Ibb et la région d’Al Baïda, tandis que 50 autres étaient blessées à Taïz au cours d’un rassemblement de plusieurs milliers de personnes, a-t-on rapporté de sources médicales.

A Ibb, des policiers en civil ont abattu un manifestant en ouvrant le feu pour mettre fin à une marche de protestation contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Trente contestataires ont en outre été blessés, huit par balles et les autres par jets de pierres ou à coups de matraque, a-t-on déclaré de mêmes sources.

Un deuxième manifestant a été tué dans la province méridionale d’Al Baïda.

A Taïz, 250 personnes recevaient des soins après inhalation de gaz lacrymogènes et 50 autres étaient blessées – 25 par balles et 25 par jets de pierres, ont rapporté des médecins.

Selon des témoins, les forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes pour empêcher des manifestants de traverser la ville, située à 200 km au sud de Sanaa, en suivant un itinéraire qui passait devant un palais présidentiel.

« Il y avait un cortège de plusieurs milliers de personnes qui venaient de l’extérieur de Taïz, mais la police, l’armée et des hommes armés en civil les ont affrontées en ouvrant le feu et en tirant des grenades lacrymogènes », a déclaré un organisateur de la manifestation, Djamil Abdallah.

« Ils ont tiré abondamment et de toutes parts. »

Des dizaines de militants ont été arrêtés, ont dit des témoins. Taïz est l’un des principaux foyers du mouvement de contestation qui touche le pays depuis trois mois.

L’incertitude entoure un projet de règlement politique prévoyant le départ prochain du président Saleh.

Le risque de voir le Yémen s’enfoncer davantage dans des affrontements sanglants inquiète l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, qui soupçonnent la branche régionale d’Al Qaïda (Aqpa) de chercher à exploiter le chaos qui s’ensuivrait et à s’incruster toujours plus dans ce pays de la péninsule Arabique.

Saleh, dont la rue exige la démission depuis trois mois, a donné son accord de principe à un projet du Conseil de coopération du Golfe (CCG) aux termes duquel il démissionnerait dans quelques semaines en échange d’une immunité contre toutes poursuites qui viseraient sa famille, ses collaborateurs ou lui.

La principale coalition d’opposition yéménite, composée d’islamistes et de groupes de gauche, a fait bon accueil au projet de règlement mais en formulant des réserves. Elle a notamment exclu de participer à un gouvernement d’union nationale au cours d’une période transitoire.

Aucun accord officiel n’a été signé.

Les manifestants, qui réclament des poursuites contre Saleh en raison d’une répression qui s’est soldée par plus de 120 morts jusqu’ici, se sont juré d’intensifier leur mouvement, de crainte que l’entourage de Saleh ne retarde son départ.

Saleh a déclaré dans un premier temps qu’il ne briguerait pas sa réélection à l’expiration de son mandat en 2013, puis il a exprimé l’intention de se retirer cette année après avoir organisé des élections législatives et présidentielle.

Il est au pouvoir depuis près de 33 ans.

____________________________ 3 – Nouvel Obs

Yémen: 2 personnes tuées, dix blessées par balles dans des manifestations anti-Saleh

Le parti présidentiel au Yémen a accepté samedi le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe prévoyant un départ d’ici quelques semaines du président Ali Abdallah Saleh. (c) Afp

Deux personnes ont été tuées par balles lundi lors de manifestations au Yémen, à Ibb et à Al-Baïdah, respectivement au sud et au sud-est de Sanaa, a-t-on appris auprès de sources médicales et de témoins.

Dix personnes ont également été blessées par balles lundi au Yémen où les forces gouvernementales sont intervenues pour disperser des manifestations réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh et dénonçant le plan de sortie de crise du Golfe, selon des témoins.

A Taëz, plus au sud-ouest, trois personnes ont été blessées par balles et des dizaines d’autres ont souffert de problèmes respiratoires lorsque les forces de sécurité et l’armée ont ouvert le feu et lancé des grenades lacrymogènes pour disperser une manifestation, selon des protestataires.

Un caméraman de la télévision Al-Arabiya, une chaîne à capitaux saoudiens basée à Dubaï, Mahmoud Taha, a affirmé à l’AFP avoir été brièvement interpellé à Taëz par les forces de sécurité qui l’ont battu et ont confisqué sa caméra et son téléphone portable avant de le relâcher.

Des manifestations ont également eu lieu à Hodeïda, sur la mer Rouge, et à Moukalla, dans le sud-est du Yémen.

A Hodeïda, une unité de la Garde républicaine, dirigée par un fils du chef de l’Etat, encerclait depuis dimanche la base aérienne de la ville placée sous le commandement d’Ahmed Sanhani, un officier qui a récemment annoncé son soutien aux protestataires, selon des habitants.

A Sanaa, des milliers d’instituteurs et d’institutrices ont organisé une marche en direction du ministère de l’Education pour réclamer le départ du président Saleh, a rapporté un correspondant de l’AFP.

A Taëz, deuxième plus grande ville du Yémen, à 200 km de Sanaa, les forces gouvernementales, massivement déployées, étaient intervenues pour bloquer la progression des manifestants dans un quartier du sud-est, selon des témoins.

« Pas de répit, pas de répit tant que le bourreau n’a pas été jugé », ont répété les manifestants à Taëz où les forces de sécurité avaient bloqué avec des blocs en ciment les principales artères conduisant au siège du gouverneur. Des véhicules blindés de l’armée y étaient déployés.

Déchaînés, des protestataires ont arraché des portraits du chef de l’Etat, dans une campagne lancée par les protestataires pour « nettoyer la ville des photos du président », qui trônent sur les grandes places et les édifices publics.

Les protestataires ont répété leur rejet du plan de l’initiative des monarchies du Golfe prévoyant le départ, dans quelques semaines mais avec des garanties pour son immunité, du président Saleh, acceptée par le régime et sous conditions par l’opposition parlementaire.

« O Pays voisins: pas de négociations, pas de dialogue », affirmait l’une des multiples banderoles brandies par les protestataires.

Des drapeaux bahreïnis ont fait leur apparition lundi lors de la manifestation de Taëz en solidarité, selon des participants, avec les protestataires bahreïnis dont le mouvement a été maté à la mi-mars par les autorités de Manama avec l’aide des autres monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG).

Malgré l’acceptation par son parti du plan du CCG, M. Saleh a répété qu’un changement de régime passerait par « les urnes », sur la BBC.

____________________________ 2 – L’Express avec Reuters

Au Yémen, Saleh accepte de partir, des opposants sceptiques

Nicole Dupont pour le service français

Des opposants yéménites réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh ont émis dimanche des réserves sur les modalités de sa démission telle qu’elle a été proposée par les médiateurs du Golfe, et ils ont promis d’intensifier leurs manifestations.

Saleh, au pouvoir depuis près de 33 ans, a accepté un plan des médiateurs prévoyant qu’il démissionne dans un délai d’un mois après la signature d’un accord avec l’opposition.

La principale coalition d’opposition a approuvé ce plan sous condition, mais des jeunes et des militants à la pointe des manifestations anti-Saleh se montrent sceptiques.

Ils redoutent que le parti au pouvoir et l’opposition, qui siégeaient au Parlement avant les manifestations, sacrifient sur l’autel de leurs ambitions politiques les espoirs des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues pour réclamer des réformes démocratiques.

« Il y a beaucoup de ressentiment parmi les jeunes parce que l’opposition a accepté cette initiative (…) Nous intensifierons les manifestations jusqu’à ce que nous forcions le président à démissionner immédiatement », a déclaré à Reuters Abdoulhafez Mouadjeb, chef de file du mouvement protestataire à Houdaïda, ville portuaire de la mer Rouge.

A Sanaa, où des manifestants sont dans la rue depuis des semaines, beaucoup scandaient à l’adresse de Saleh: « Pas de négociation, pas de dialogue – démissionne ou fuis ».

Dans une interview au service en arabe de la BBC, Saleh a souligné dimanche qu’il ne s’agissait pas pour lui de remettre le pouvoir à des « agents de l’insurrection ».

« Nous allons nous en tenir strictement à la légalité constitutionnelle. Nous n’accepterons pas le ‘chaos constructif' », a-t-il dit. « A qui devrais-je remettre le pouvoir ? A des agents de l’insurrection ? ». Il a réaffirmé que des militants d’Al Qaïda étaient actifs parmi les unités de l’armée qui se sont ralliées aux manifestants.

L’opposition, emmenée par des partis islamistes et de gauche, était jugée faible en comparaison du parti au pouvoir jouissant d’importants financements, mais elle a réussi à réunir un grand nombre de manifestants.

Des dizaines d’entre eux ont été tués depuis le début, il y a près de trois mois, du mouvement inspiré des révolutions tunisienne et égyptienne.

Des observateurs estiment qu’un délai de trente jours entre la signature de l’accord et la démission effective de Saleh offre une fenêtre au cours de laquelle des troubles pourraient faire dérailler le plan de transition.

« Des chefs de tribus ou les fils du président ou d’autres dirigeants pourraient faire n’importe quoi, parce qu’ils seront les perdants de cet accord », note le politologue yéménite Ali Seif Hassan. « S’il n’y a pas de guerre civile, ils perdront. Mais s’il y a une guerre, ils pourraient l’emporter parce que ce sont eux qui mèneront le combat. »

Il s’agirait d’une perspective inquiétante pour Washington et l’Arabie saoudite voisine, qui redoutent qu’une plongée dans le chaos permette à la branche yéménite d’al Qaïda de s’enraciner encore plus profondément dans un pays contrôlant des voies maritimes stratégiques.

Des affrontements entre des partisans de Saleh et de manifestants ont éclaté à Tourbah, dans la province de Taïz, au sud de Sanaa. La police a ouvert le feu et trois manifestants ainsi qu’un partisan de Saleh ont été blessés, ont rapporté des habitants.

La crise a entraîné un quadruplement du prix des bonbonnes de gaz. La devise s’échange désormais à 243 pour un dollar, contre 214 pour un dollar il y a neuf semaines.

« Plus cela se prolonge, plus l’économie se dégrade. Plus l’économie se détériore, plus vous verrez de gens dans la rue, mais on ne peut dire de quel côté ils seront », observe Gregory Johnsen, un spécialiste du Yémen.

Des rassemblements pro-Saleh ont de leur côté réuni des dizaines de milliers de partisans. Le président a aussi conservé le soutien de la plupart des unités militaires, dont beaucoup sont dirigées par des proches.

Son fils dirige la garde républicaine qui a ouvert le feu dimanche dans le district de Had, dans la province méridionale de Lahej. Selon des habitants, il s’agissait de représailles à l’attaque de gardes républicains par des membres de tribus. Six personnes, dont trois militaires, ont été tuées dans les affrontements qui ont suivi.

Saleh a affirmé dimanche à la BBC qu’al Qaïda était actif au sein des manifestants. Il a souvent fait valoir que les manifestations servaient les intérêts d’al Qaïda, mais l’opposition, dont le parti islamiste Islah constitue la première composante, affirme être mieux placée pour combattre l’extrémisme.

Le scepticisme règne aussi au sein de l’opposition, qui a officiellement salué le plan élaboré par les six membres du Conseil de coopération du Golfe. Il prévoit que Saleh forme un nouveau gouvernement dirigé par un membre de l’opposition de son choix avant de transférer le pouvoir à son vice-président dans un délai de trente jours.

L’opposition a annoncé qu’elle ne ferait pas partie de ce gouvernement.

« Nous craignons de participer au gouvernement et qu’ensuite le président n’honore pas sa promesse de démissionner au bout de 30 jours. L’homme est bien connu pour ne pas respecter ses engagements« , a déclaré un dirigeant de l’opposition.

Ces dernières années, Saleh est revenu à deux reprises sur des promesses de ne pas briguer de nouveau mandat.

Des responsables des deux camps ont dit avoir été à deux doigts, le mois dernier, d’un accord de transfert du pouvoir qui a capoté, apparemment parce qu’il ne prévoyait pas de garantir l’immunité à la famille du président.

« Il y a encore un mois jusqu’à la démission du président et nous nous attendons à tout moment à ce qu’il change d’avis », déclare Mohammed Charafi, un militant. « Nous ne partirons pas (…) tant que Saleh ne sera pas parti et que nous ayons atteint notre objectif de mise en place d’un Etat fédéral moderne. »

Aux termes du plan du Conseil de coopération du Golfe, Saleh, sa famille et ses collaborateurs obtiendraient l’immunité. L’opposition l’a accepté mais le faire admettre aux manifestants, qui exigent que les auteurs de la répression soient jugés, risque d’être une tâche difficile.

______________________________ 1 – AP

Les manifestations se poursuivent au Yemen

Des milliers de manifestants sont de nouveau descendus dans les rues dimanche dans la capitale Sanaa, malgré l’annonce la veille par la télévision d’Etat que le président Ali Abdallah Saleh acceptait de quitter le pouvoir.

Contesté par la rue depuis plus de deux mois, le président Saleh au pouvoir depuis 32 ans a accepté samedi le plan de sortie de crise proposé par le Conseil de coopération du Golfe (CCG), prévoyant son départ d’ici un mois en échange de l’immunité judiciaire.

Selon la télévision d’Etat, l’opposition qui réclame son départ immédiat a également accepté la proposition des médiateurs du Golfe, mais avec des réserves. Elle critique un article donnant au Parlement, contrôlé par le parti du chef de l’Etat, le droit de rejeter la démission du président.

Les manifestations se sont poursuivies dimanche, rassemblant notamment plusieurs milliers de personnes à Sanaa.

25/04/11 (B601) Message de condoléances de l’ARD : décès du Sultan Ali Mirah.

Alliance Républicaine pour le Développement (ARD)

Djibouti le 25/04/2011

Le sultan Ali Mirah nous a quittés

Nous avons appris avec tristesse le décès survenu à Addis Abeba dimanche soir du sultan Ali Mirah Hanfaré. Le défunt monarque s’est éteint à l’âge de 89 ans des suites d’une longue maladie après avoir régné durant plus d’un demi-siècle.

Autorité traditionnelle et politique connue et respectée dans toute la région, le sultan Ali Mirah était une personnalité charismatique pieuse et généreuse, profondément attachée à la coexistence pacifique dans notre sous-région. Au cours de son long règne, il a beaucoup contribué à faire connaitre le peuple Afar et son histoire lors de ses multiples voyages à l’étranger et de son exil politique de 17 années en Arabie saoudite. Il disparait au moment où les peuples de notre sous-région sont confrontés aux défis de toutes sortes.

Au nom du président Ahmed Youssouf Houmed, de tous ses cadres et militants, l’ARD adresse ses condoléances attristées à toute la nombreuse famille du sultan Ali Mirah et au peuple Afar.

Qu’Allah l’accueille en son paradis éternel. Amin.
INNA LILLAH WA INNA ILEYHI RAAJI’UUN !

24/04/11 (B601) Yémen Express – Sortie de crise ? Pas si sur ! – L’opposition entraîne le Yémen dans la guerre, dit Saleh – le parti présidentiel accepte le plan de sortie de crise – La Maison Blanche salue le plan de sortie de crise au Yémen – grève générale, l’opposition accepte en partie un plan du Golfe

______________________ Analyse ARDHD

Sortie de crise ? Pas si sur !

Il semble que Saleh ait (enfin ?) accepté le plan de sortie de crise proposé par le Groupe des monarchies du Golfe et qui a été salué par les USA.

Au terme de celui-ci Saleh devrait remettre dans un mois, le pouvoir au vice-Président et partir, assuré de l’immunité (Ce qui pourrait paraître bien généreux, étant donné tous les crimes qu’il a commis et fait commettre. Quel organisme ou institution est en mesure de garantir une véritable immunité pénale ? Si cela semble être possible devant la justice yéménite, on voit mal comment une telle immunité serait reconnue devant la justice internationale, en cas de dépôt de plainte par les familles des victimes ???)

De son côté, l’opposition a donné un accord sous réserve, car le texte prévoit que le parlement (à la solde de Saleh) puisse refuser sa démission… dans un mois !

Comme Saleh est un homme que l’on pourrait qualifier d’habile ou de fourbe, selon les points de vue, il y a beaucoup de trop de risque à lui laisser encore un mois entier … !

On voit mal comment
il ne pourrait pas essayer d’en profiter pour regrouper les dernières forces qui lui sont restées fidèles et pour élaborer une nouvelle stratégie et un nouveau discours (un jour : c’est un complot de l’étranger, un autre jour c’est la guerre civile, un autre jour, c’est Al Qaeda, un autre jour, c’est la division du pays, etc…). Ayant récupéré des forces, il pourrait imposer ensuite à son parlement de voter contre sa démission.

Tandis que pendant ce mois, l’opposition aura beaucoup de difficulté à maintenir la fantastique mobilisation populaire … Alors le risque est immense de revenir à la case « départ » … ! On comprend les réserves légitimes émises par l’opposition …

A-t-elle intérêt à poursuivre/ durcir le mouvement (y compris en appelant à la grève générale) pour provoquer le départ immédiat du dictateur actuellement déstabilisé ?

A suivre

_________________ 4 – L’Express avec Reuters

L’opposition entraîne le Yémen dans la guerre, dit Saleh

Jason Benham; Pierre Sérisier et Nicole Dupont pour le service français

Alors que les commerçants yéménites baissaient leurs rideaux pour protester contre son régime, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a accusé samedi l’opposition d’entraîner le pays dans la guerre civile.

Dans un discours prononcé à Sanaa, la capitale, il a invité la jeunesse yéménite à constituer un parti politique conformément à la Constitution, ajoutant que son pays n’accepterait « aucune tutelle ».

« Ils (l’opposition) veulent entraîner la région dans la guerre civile et nous refusons d’être entraînés dans la guerre civile », a dit Saleh.

« La sécurité, la sûreté et la stabilité sont dans l’intérêt du Yémen et dans l’intérêt de la région », a-t-il martelé.

Des manifestations inspirées des soulèvements qui ont renversé les dirigeants tunisien et égyptien se poursuivent depuis plus de deux mois au Yémen.

Presque tous les jours, des milliers de personnes manifestent pour réclamer la fin de la pauvreté endémique et de la corruption. Des dizaines de manifestants ont été tués.

Reconnaissant que les étudiants yéménites se sont inspirés des exemples égyptien et tunisien, Saleh a affirmé que la situation était très différente au Yémen mais que son gouvernement accèderait aux revendications des étudiants dans le cadre de ca Constitution et de la loi.

A Aden, ville portuaire du Sud, un correspondant de Reuters a pu constater que les neuf dixièmes environ des magasins, des marchés et des écoles étaient fermés. Les passants étaient rares dans les rues dont la circulation automobile avait pratiquement disparu.

De nombreux commerces étaient fermés à Taïz, troisième ville du pays et fief de l’opposition, et à Hodeidah, sur la mer Rouge.

La veille, les Yéménites avaient été nombreux à participer, à Taïz et Sanaa, à des manifestations rivales de partisans et d’opposants à Saleh qui a accueilli avec réserve un plan de transfert du pouvoir en trois mois présenté par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

La proposition des six Etats membres du CCG (alliance régionale militaire et politique) demande à Saleh de remettre les rênes du pays à son vice-président dans le délai d’un mois après la signature d’un accord.

Il devrait désigner un responsable de l’opposition pour diriger un cabinet gouvernemental intérimaire chargé de préparer l’élection présidentielle deux mois plus tard, a précisé un responsable yéménite, vendredi.

Le projet, présenté jeudi, accorde l’immunité à Saleh, à sa famille et à ses conseillers qui ne pourraient pas faire l’objet de poursuites judiciaires comme le réclament leurs adversaires.

_________________ 3 – Le Point avec AFP

Yémen: le parti présidentiel accepte le plan de sortie de crise

Le Congrès populaire général, parti au pouvoir au Yémen, a accepté le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe et prévoyant un départ du président Ali Abdallah Saleh, réclamé par l’opposition, a annoncé samedi à l’AFP un haut responsable du parti.

Le Congrès populaire général, parti au pouvoir au Yémen, a accepté le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe et prévoyant un départ du président Ali Abdallah Saleh, réclamé par l’opposition, a annoncé samedi à l’AFP un haut responsable du parti.

________________ 2 – Romandie News (Suisse) avec AFP

La Maison Blanche salue le plan de sortie de crise au Yémen

La Maison Blanche a salué samedi le plan de sortie de crise prévoyant un départ du président yéménite Ali Abdallah Saleh, pressant toutes les parties de mettre en oeuvre rapidement la transition politique.

Nous applaudissons les annonces par le gouvernement yéménite et l’opposition qu’ils acceptent l’initiative du Conseil de coopération du Golfe (CCG) pour sortir de la crise politique pacifiquement et de manière ordonnée, a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney dans un communiqué.

Dans la soirée, le parti présidentiel au Yémen avait annoncé qu’il acceptait le plan de sortie de crise présenté par les monarchies du Golfe prévoyant un départ d’ici quelques semaines du président Ali Abdallah Saleh.

Pour sortir de la crise, le CCG a proposé la formation d’un gouvernement d’union nationale, puis un transfert des prérogatives par le chef de l’Etat au vice-président et un arrêt des manifestations.

Le président devrait ensuite présenter sa démission dans les 30 jours, et une élection présidentielle aurait lieu 60 jours plus tard.

Vendredi, M. Saleh, dont le mandat court jusqu’en 2013, avait affirmé qu’il accueillait favorablement ce plan, mais répété qu’il ne cèderait le pouvoir que dans le cadre d’un processus ordonné et constitutionnel.

L’opposition parlementaire, le Front commun, avait accepté samedi le plan de sortie de crise des pays arabes du Golfe, à l’exception d’un point prévoyant la formation d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de M. Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

_________________________ 1 – Romandie News avec AFP

Yémen: grève générale, l’opposition accepte en partie un plan du Golfe

Un appel à la grève générale pour protester contre le régime du président Ali Abdallah Saleh a été bien suivi samedi dans le sud du Yémen, où l’opposition parlementaire a accepté en partie un plan de sortie de crise proposé par les monarchies du Golfe.

Deux jeunes manifestants ont été blessés par des tirs de l’armée en tentant de dresser une barricade à Aden, dans le Sud, où une grève générale était observée à l’appel des opposants, a déclaré une source médicale.

Selon des témoins, des soldats ont ouvert le feu sur un groupe de jeunes pour les éloigner d’une barricade qu’ils étaient en train de dresser.

Aden était quasiment paralysée avec les commerces, les écoles et les administrations fermées. Des barricades ont été dressées sur les principaux axes de cette ville à la pointe de la contestation contre le régime entamée fin janvier.

Le mouvement était également bien suivi à Lahej et Abyane, deux provinces situées plus au nord, comme à Taëz (sud-ouest), où les écoliers sont descendus dans la rue pour réclamer le départ de M. Saleh, selon des habitants.

A Sanaa, qui a connu vendredi le rassemblement le plus important depuis le début du mouvement, l’appel à la grève était en revanche très peu suivi, selon un correspondant de l’AFP.

Dans le même temps, l’opposition a accepté le plan de sortie de crise des pays arabes du Golfe, à l’exception d’un point prévoyant la formation d’un gouvernement d’union nationale avec la participation de M. Saleh.

L’initiative est positive et nous l’acceptons, à l’exception de la formation d’un gouvernement d’union nationale car nous refusons de servir sous l’autorité d’Ali Abdallah Saleh et de prêter serment devant lui, a déclaré à l’AFP le porte-parole de l’opposition, Mohammad Gahtane.

Il a exhorté M. Saleh à accepter de céder le pouvoir dans un délai de 30 jours, comme le prévoit le plan des monarchies du Golfe, précisant que l’opposition était prête à former un cabinet d’union nationale avec le vice-président auquel M. Saleh aurait transféré ses prérogatives.

Jusqu’à présent, l’opposition exigeait le départ immédiat de M. Saleh, tout comme les comités de manifestants qui encadrent les protestataires. Ces derniers rejettent en revanche clairement le plan des pays du Golfe.

M. Saleh a affirmé vendredi qu’il accueillait favorablement ce plan, mais répété qu’il ne cèderait le pouvoir que dans le cadre d’un processus ordonné et constitutionnel.

Pour sortir de la crise, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) propose la formation d’un gouvernement d’union nationale, puis un transfert des prérogatives par le chef de l’Etat au vice-président et un arrêt des manifestations.

Le président présenterait ensuite sa démission dans les 30 jours, et une élection présidentielle aurait lieu 60 jours plus tard.