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28/07/2011 (B614) Lettre ouverte de Jean-Paul Noël Abdi à la communauté djiboutienne du Canada et de remerciements aux organisateurs de son voyage et aux participants qui ont assisté à ses interventions.

LETTRE OUVERTE DU 27 JUILLET 2011

A NOS FRERES ET SŒURS DE DJIBOUTI A MOGASISCIO,
D’ADDIS ABEBA A ASMARA. DE SANAA A NAIROBI
ET A NOS AMIS D’OTTAWA ET DU MONDE ENTIER.

Le 25 juillet 2011, j’ai quitté et décollé d’Ottawa la capitale des résistants Djiboutiens contre l’Equipe dictatoriale du sanguinaire et son équipe des mafieux transrégionaux, encore au pouvoir dans notre pays la République de Djibouti.

J’ai quitté et décollé d’Ottawa avec la pluie et le vent en poupe, dans un gros avion de la Transat.

Vraiment je suis encore heureux, car à mon départ le 19 juillet de la France j’avais été accompagné par mon fils sous un pluie battante.

Cette brève lettre se résume en un seul mot, en un seul slogan :

Merci à vous tous pour votre chaleureux accueil, merci pour toutes vos visites et pour tous vos conseils. Ce merci du plus profond de mon cœur s’adresse directement à tous nos résidents Djiboutiens, à vous tous les résidents somalis du port de Zeila à Kismayo, à tous les résidents d’Ogaden ou plus exactement de la Somalie occidentale, à tous les résidents Afar et Oromo encore sous colonisation Ethiopienne, car vous mes chers compatriotes, vous avez, durant mon séjour à Ottawa, éclairé ma chandelle et à mon âge c’est vraiment important, c’est formidable.

Merci à tous nos amis Canadiens toujours et toujours à nos côtés afin de nos débarrasser de ce régime atroce, régime mafieux toujours imposé par les Forces étrangères pré-positionnées.

Avec le Comité Djiboutien d’Ottawa notre rapport final sera publié avant mon départ à Djibouti en pleine période du mois Béni du Ramadan

NOEL ABDI Jean-Paul.

28/07/2011 (B614) OMCT / Appel urgent. Djibouti: Libération de MM. Ibrahim Borré Ali et Mandaytou Ali Daoud_Nouvelles allégations de mauvais traitements et absence de soins médicaux

DJI 200710.5 – Suivi du cas DJI 200710, DJI 200710.1, DJI 200710.2, DJI 200710.3 et DJI 210710.4

Libération/ Absence de soins médicaux/ Allégations de torture et autres mauvais traitements/ Crainte pour l’intégrité physique et psychologique

Le Secrétariat International de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT) a reçu de nouvelles informations sur la situation suivante et sollicite votre intervention à Djibouti.

Nouvelles informations

Le Secrétariat International de l’OMCT a été informé par une source fiable et Antenna International, une organisation membre du réseau SOS-Torture de l’OMCT, de la libération de M. Ibrahim Borré Ali, un berger arrêté en janvier 2011, et de M. Mandaytou Ali Daoud, arrêté en mars 2011. L’OMCT a également été informée de nouvelles allégations de mauvais traitements.

Selon les informations reçues, M. Ibrahim Borré Ali a été libéré, le 13 juin 2011, alors qu’il se trouvait encore à l’hôpital de Paul Faure. Une plainte avait été déposée par un membre de sa famille auprès du Procureur Général de la République du Djibouti, le 7 mai 2011, dénonçant sa détention illégale et les mauvais traitements subis. M. Ibrahim Borré Ali avait été arrêté en janvier 2011 près de Moussa Ali (Alaylu) et transféré dans des camps militaires situés au nord du pays (Margoïta, Doumeira et Waddi), où il y aurait subi pendant plusieurs jours des actes de torture et de mauvais traitements. Il avait été ensuite transféré à l’hôpital de Paul Faure où il était détenu, menotté à son lit.

Selon les mêmes informations reçues, M.Mandaytou Ali Daoud,âgé entre 38 et 40 ans et originaire d’Adaïlou (dans le district de Tadjourah, dans le Nord de Djibouti), qui était détenu dans les locaux de la Gendarmerie (SRD), a également été libéré en juin 2011. M. Mandaytou Ali Daoud avait été arrêté en mars 2011, à Randa, avant de transiter par un camp militaire dans le Nord du pays pendant quatre jours. Il y aurait été torturé par des membres du Service de Documentation et de Sécurité (SDS).

L’OMCT a également été informée de l’arrestation de M. Ahmed Aïdahis, âgé entre 40 et 45 ans et ancien combattant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), en janvier 2011 dans le Nord de Djibouti. Il serait actuellement détenu à la prison de « Gabode », sans accès à un avocat, ni à des soins médicaux alors qu’il souffrirait de blessures aux jambes, genoux et bras causées par des actes de torture et de mauvais traitements infligés par des gendarmes du SRD.

Selon les mêmes informations reçues, trois bergers, parmi eux les frères Youssouf Ali Houmad et Kamil Ali Houmad,qui ont été arrêtés, le 25 mai 2011, dans la région de Dalha, district de Tadjourah, par des membres de la SRD suite à des ratissages militaires pendant qu’ils gardaient du bétail, puis libérés le 25 juin 2011, ont également subi des mauvais traitements lors d’interrogatoires à la gendarmerie du SRD.

Enfin, l’OMCT rappelle que M. Mohamed Ahmed dit Jabba, un militant du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), qui a été arrêté le 1er mai 2010 puis torturé, est toujours détenu à la prison de « Gabode ». Il n’aurait toujours pas eu accès à un avocat et aux soins médicaux adéquats malgré ses multiples demandes et un état de santé préoccupant.

Le Secrétariat International de l’OMCT salue la libération de MM. Ibrahim Borré Ali et Mandaytou Ali Daoud mais exprime sa plus vive inquiétude quant aux nouvelles allégations de mauvais traitements et le refus d’accorder des soins médicaux à M. Ahmed Aïdahis et M. Mohamed Ahmed dit Jabba. L’OMCT demande aux autorités compétentes de Djibouti le transfert immédiat de MM. Mohamed Ahmed dit Jabba et Ahmed Aïdahis dans un établissement médical adéquat afin qu’ils y reçoivent des soins appropriés, ainsi que de garantir, en toutes circonstances, leur intégrité physique et psychologique conformément au droit international et régional pertinent, et notamment aux dispositions de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples.

L’OMCT demande également aux autorités compétentes à ce qu’une enquête immédiate, efficace, exhaustive, indépendante et impartiale soit menée sur les allégations de torture et de mauvais traitements documentées, et ce afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi. Les conclusions de cette enquête doivent être rendues publiques.

Actions requises

Merci d’écrire aux autorités de Djibouti, afin de leur demander de:

i. Garantir, en toutes circonstances, l’intégrité physique et psychologique des MM. Mohamed Ahmed dit Jabba et Ahmed Aïdahis;

ii. Garantir à MM. Mohamed Ahmed dit Jabba et Ahmed Aïdahis l’accès immédiat et inconditionnel à leur avocat et aux membres de leur famille ainsi que leur garantir un examen médical immédiat par un médecin de leur choix et un traitement médical approprié, conformément, entre autres, à l’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus des Nations Unies;

iii. Ordonner le transfert immédiat de MM. Mohamed Ahmed dit Jabha et Ahmed Aïdahis dans un établissement médical adéquat afin qu’ils y reçoivent des soins appropriés;

iv. Ordonner la libération immédiate de MM. Mohamed Ahmed dit Jabba et Ahmed Aïdahis en l’absence d’accusations qui soient en accord avec les règles et les standards internationaux ou, si de telles accusations existent, les déferrer promptement devant un tribunal civil, impartial et compétent tout en garantissant leurs droits procéduraux en tout temps;

v. Garantir une enquête immédiate, efficace, exhaustive, indépendante et impartiale sur ces évènements, en particulier sur les actes de torture et de mauvais traitements subis par MM. Ibrahim Borré Ali, Mohamed Ahmed dit Jabha, Mandaytou Ali Daoud, Ahmed Aïdahis, Youssouf Ali Houmad et Kamil Ali Houmad, dont les conclusions seront rendues publiques, et ce afin d’identifier les responsables, de les traduire devant un tribunal civil indépendant, compétent et impartial et d’appliquer les sanctions pénales, civiles et/ou administratives prévues par la loi;

vi. Garantir un recours effectif et une réparation adéquate, y compris l’indemnisation et la réhabilitation, aux victimes concernées;

vii. Garantir le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales à travers le pays selon les lois nationales et les instruments internationaux des droits de l’homme.

Adresses

Son Excellence Ismail Omar Guelleh, Président de la République, Palais Présidentiel, BP 6, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01 ;

Monsieur Mohamed Barkat Abdillahi
, Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme, BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti. Tel / Fax : 00 253 35 54 20 ;

Monsieur Maki Omar Abdoulkader, Procureur de la République, Tel / Fax : 00 253 35 69 90. Email : likmik@caramail.com;

Ambassadeur Mohamed Siad Doualeh, Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève, 19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse, Fax : + 41 22 749 10 91. Email : mission.djibouti@djibouti.ch;

Ambassade de Djibouti à Bruxelles, 204 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique, Fax : + 32 2 347 69 63 ; Email : amb_djib@yahoo.fr

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs.

27/07/2011 (B614) Condoléances … pour la disparition du frère de Kahalid Hadj Ahmed, qui a perdu la vie dans la tuerie en Norvège. (Article modifié le 27/07 à 22h00 Paris, suite à une mauvaise transmission de l’information. C’est le frère de Khalid qui a perdu la vie et non lui-même. Avec toutes nos excuses)

Je tiens à adresser en mon nom propre et au nom de tous les djiboutiens, nos condoléances les plus attristées à la famille d’Hadji Ahmed qui a perdu un fils dans la tuerie en Norvège.

Lors de cette tuerie perpétrée par un jeune norvégien proche de la droite la plus extrême, des jeunes Djiboutiens étaient présents. L’un a pu se sauver en plongeant dans le lac. L’un de ses frères a été visé par l’homme mais la balle est passée au dessus de sa tête.

Le troisième a pu d’abord échapper en se cachant dans la foret mais il a été poursuivi par le tueur.

Cette famille djiboutienne, bien connue et respectée, habite le quartier 4, en face du quartier 6. Les frères adhéraient à un jeune parti politique en Norvège.

Ils participaient, comme chaque année, à ce rassemblement avec leurs camarades du parti dans cette île.

Malheureusement, c’est la mort qui attendait le frère de Khalid Hadji Ahmed, cette année.

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ARDHD

Toute l’équipe de l’ARDHD se joint au message de soutien qui nous a été adressé par un correspondant, contraint à conserver l’anonymat, en raison de la brutalité de la répression au pays.

Nous présentons à la famille et aux proches du frère de Khalid Hadj Ahmed, nos condoléances les plus sincères dans cette terrible épreuve et nous adressons à tous les Norvégiens et à toutes les Norvégiennes qui ont perdu un être cher, l’assurance de notre compassion, face à ce drame atroce et absurde.

27/07/2011 (B614) Courrier des lecteurs. Les mots me manquent pour exprimer ma colère et ma rage contre ce Waraba !

Ce warabey qui dément, comme avait démenti auparavant Mohamed Abdillahi, secrétaire de la présidence, dans la lettre qu’il avait envoyée à La Lettre de l’OCEAN INDIEN(LOI). Le peuple sait exactement toutes les exactions et tous les crimes que l’un et l’autre ont commis. Le peuple sait que les écoutes téléphoniques illégales violent le droit inaliénable du secret des conversations et le droit au respect de la vie privée.

Savez-vous que l’on a arrêté certains de nos camarades, uniquement parce qu’ils s’étaient donnés rendez-vous par téléphone ?

Qui pourrait croire qu’il n’y a pas d’écoutes dans notre pays ?

Pire ! Par exemple : un agent pénitencier a été arrêté en plein exercice de ses fonctions par le SDS uniquement pour avoir rendu service en téléphonant à la famille de l’un de nos détenus politiques incarcéré arbitrairement sans motif ni aucune charge !

C’est avec un mépris et une férocité inqualifiable que les forces sous les ordres de ce Waraba (Yacin Elmi Bouh, qui était encore ministre de l’intérieure) ont arrêté les gens dans leurs maisons et les ont jeté dans la sinistre prison de Gabode sans mandat d’arrêt ni mandat d’amener.

Quelle honte !

Que YEB s’explique avec sincérité au lieu de nous mentir en envoyant des démentis stupides qui le décrédibilisent à jamais. Combien a-t-il fait arrêter de participants lors de la grande manifestation du 18 février et dans les semaines qui ont suivi ?

J’ai recensé 122 personnes qui ont été arrêtées et harcelées chez eux, dans leur propre pays, dans leur propre maison, sous les yeux de leurs familles.

Les écoutes téléphoniques quasi permanentes, dont il voudrait nier l’existence sont une humiliation insupportable pour la population et pour les jeunes.

Je comprend et j’accepte que l’ARDHD ait été tenu de publier son démenti, puisque l’ARDHD, à juste titre, respecte la Loi.

Mais maintenant ce sera à lui, le Waraba Yacin Elmi Bouh de nous répondre.

Pour quelles raisons les sites internet sont-ils censurés à Djibouti ? Il devra le dire aussi !

Non seulement le site de l’ARDHD, mais aussi celui de la LDDH, du MRD, du GED, d’Uguta et d’autres sites qui représentent une source d’information importante pour le peuple ne sont-ils pas accessibles pour ceux qui vivent au pays ?

Tandis que des sites comme Djibouti24, que je considère comme un site de bandits (même si cela n’engage que ma personne) sont-ils autorisés à nous servir la désinformation cuisinée par le SDS.

Et le Waraba se permet de répondre sur un site qu’il a lui-même contribué à censurer : c’est le comble, ne trouvez-vous pas !!!!

Un mail est insuffisant pour exprimer la colère que nous ressentons tous, ici, au pays et pour décrire les multiples violations de nos droits légitimes et inaliénables.

Yacin et Mohamed nous ont montré leur véritable vision et les instruments de répression sur lesquels ils s’appuient pour nous asservir.

Je résumerai en leur disant que leurs heures sont comptées et qu’ils ont atteint le point de non-retour en termes de décadence. Leur cercle mafieux est devenu un haut lieu du banditisme et du gangstérisme, parmi les plus extrêmes au monde.

Nul doute que vous le paierez au prix fort, cher Walahi et que vous rendrez des comptes devant le peuple demain ou après demain, In Shallah.

J’espère que mon message sera diffusé, en réponse à Yacin Elmi Bouh et que la vérité et l’exactitude de l’information serviront, avant tout, l’intérêt général, l’information. Nos concitoyens doivent connaître la vérité et il serait absurde et improductif de vouloir les maintenir dans l’ignorance et dans la partialité des informations officielles, qui sont les seules autorisées pour le moment dans notre pays placé sous le joug de la dictature.

Heureusement, que nous recevons un peu d’oxygène, grâce à nos frères et à nos amis qui envoient de l’information depuis l’étranger.

Cordialement à toutes mes soeurs et frères
et à l’équipe de l’ARDHD

27/07/2011 (B614) Samedi 23 juillet, Jean-Paul Noël Abdi s’exprimait au Canada, sur les ondes de CHUO (89,1 FM) dans l’émission « Afrique+ ».

La visite de Jean-Paul, président de la LDDH (Ligue djiboutienne des droits de l’homme) se poursuit à Ottawa. Très tôt, ce samedi 23 juillet 2011, il a été l’hôte de l’émission «Afrique +». Cette émission animée par Jean-Marie Vianney passe deux fois par semaine à la radio de l’Université d’Ottawa (CHUO 89.1 FMI). Lors de cette émission, Jean-Paul était accompagné de plusieurs djiboutiens de la région dont Kadar God, Abdourahman Kahin et Hassan A. Aden.

Lien avec l’intégralité de l’émission sur Youtube

Les lecteurs de l’ARDHD peuvent écouter ou télécharger les interventions de Jean-Paul Noël Abdi, que nous avons divisées en trois parties.

__________________________ 1 – La Somalie et le contexte régional

1.1. Ecouter en WMA


1.2 Télécharger en MP3
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__________________________ 2 – La situation à Djibouti

2.1. Ecouter en WMA


2.2 Télécharger en MP3
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__________________________ 3 – Ce que la diaspora peut faire pour aider les populations restées au pays. Appel à l’union et à l’action !

3.1. Ecouter en WMA


3.2 Télécharger en MP3
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27/07/2011 (B614) Grande marche au Canada du 5 au 8 août entre Calgary et Edmonton, pour collecter des fonds en faveur des victimes somaliennes de la sécheresse. Un lecteur nous envoie le lien avec une vidéo diffusée sur Youtube en espérant qu’elle incitera les diaspora issues de la corne de l’Afrique à se mobiliser pour lancer des actions semblables. (En Anglais)

We need your help. There are currently tens of thousands of people feared dead in Somalia from the worst drought in 60 years. The United Nations has officially declared the crisis a famine.

On August 5th-8th, in honour of the countless Somalis walking for miles in the drought (without food and water) to refugees camps, seven Somali Canadians will be walking for four days from Calgary to Edmonton to raise funds in support of the Somali famine victims.

26/07/2011 (B614) Dans la série des interviews (presque) imaginaires, Monsieur Yacin Elmi Bouh a reçu une équipe de l’ARDHD à laquelle il n’a rien caché.

ARDHD : Monsieur l’Ambassadeur, votre Excellence, merci de nous avoir accordé cet entretien.

Jusqu’au dernier remaniement ministériel, vous étiez Ministre, en charge des finances de la République, puis de l’intérieur et de la décentralisation, poste clef dans la stratégie du Gouvernement, en particulier pour veiller au bon déroulement des scrutins et à la sécurité publique. Vous avez affirmé dans un courrier à l’ARDHD que le ministère de l’intérieur n’avait ni les moyens techniques ni les moyens légaux de pratiquer des écoutes téléphoniques et qu’il n’y en avait pas. Pourtant vos compatriotes pensent le contraire … Comment expliquez-vous ce décalage ?

Yacin Elmi Bouh : ce n’est pas à vous que j’apprendrai que Djibouti est la ville des rumeurs les plus folles. La rumeur nait dans un quartier, puis elle se propage à une vitesse fulgurante, d’abord dans la capitale, puis dans les villes de province. Moi, je suis un serviteur de l’état, intègre et j’ai toujours dit la vérité à mes compatriotes. Croyez-moi, je suis sincère quand je dis qu’il n’y a pas d’écoutes téléphoniques à Djibouti. C ’est la pure vérité.

ARDHD : nous prenons acte de votre déclaration. Mais nous sommes un peu surpris, car à notre connaissance, aucun état ne peut se passer d’écoutes téléphoniques, ne serait-ce que pour contribuer à la sécurité de sa population. Que ce soient les grandes démocraties ou des états dictatoriaux. Djibouti serait-il à part ?

YEB : bien sur. Notre grand homme d’état, je parle d’Ismaël Omar Guelleh a tenu personnellement à ce que la population ne soit jamais écoutée et qu’elle puisse gérer tranquillement ses affaires et s’exprimer librement. Même s’il n’est pas encore « écouté », notre maître incontesté veut donner une leçon de démocratie au monde en montrant que l’on peut gouverner un pays sans écoutes téléphoniques, un pays où tous les citoyens, sans aucune exception, puissent bénéficier de tous leurs droits légitimes garantis par la Constitution et par les traités et chartes internationaux que nous avons signés. Un pays où la volonté populaire exprimée lors des différents scrutins est parfaitement respectée. Croyez-moi, car je vous dis la vérité, rien que la vérité.

ARDHD : mais s’il y avait des écoutes et vous nous assurez qu’il n’y en a pas, en auriez-vous été informé ? Après tout, les écoutes relèvent souvent des services secrets et elles sont donc secrètes …

YEB : Là, je vous arrête. Vous faites fausse route. Bien sur que je n’aurais pas été obligatoirement informé, puisqu’elles auraient été placées sous l’autorité de mon excellent ami Hassan Saïd, dans les bureaux du SDS au plateau du Serpent. Mais puisque je vous dis qu’il n’y en a pas et qu’il faut mettre un terme à ces rumeurs stupides. D’ailleurs je compte sur vous pour cela.

ARDHD : on dit aussi que certains sites Internet seraient censurés à Djibouti. Est-ce vrai ?

YEB : encore une fois, je m’inscris en faux contre ces allégations mensongères et honteuses. Croyez-moi encore une fois, car il n’y a pas de censure d’aucun site internet à Djibouti. Ce n’est pas possible. Mon excellent confrère, enfin ex-confrère, qui est le ministre en charge des télécoms n’a lui aussi, aucun moyen technique ni légal de censurer des sites internet. Chaque djiboutien peut s’informer librement : il a des sites d’information objectifs et totalement indépendants à sa disposition : l’ADI, la RTD, La Nation, qui l’informent heure par heure ..et qui sont accessibles en permanence.

ARDHD : mais les sites de l’opposition ?

YEB : ils sont tous accessibles. Regardez, je vais vous faire la démonstration immédiatement. Prenons le vôtre, je clique www.ardhd.org. Il s’affiche immédiatement. Vous êtes convaincus ?

ARDHD : votre démonstration est convaincante. Pourtant depuis le cyber café où nous avons travaillé en attendant l’heure de notre rendez-vous, notre site n’était pas accessible.

YEB : que voulez-vous que je vous dise de plus ? Une panne de réseau, c’est toujours possible. Nos amis et partenaires chinois travaillent beaucoup pour garantir la fluidité du trafic et pour veiller à la totale liberté de l’Internet. Ils ont une longue expérience dans ce domaine spécifique. Il peut arriver qu’ils soient contraints de suspendre provisoirement l’accès à Internet pour des périodes très courtes, afin d’améliorer la qualité de leurs filtres. Mettons la faute « à pas de chance », comme vous le dites, les Français.

ARDHD : certainement … Alors terminons sur cette note qui a suscité votre agacement. Vous l’aviez bien écrite ou non ?

YEB : je n’ai jamais écrit cette note. Croyez-moi quand je vous le dis. Je n’ai jamais menti au peuple djiboutien qui me fait confiance et je ne lui mentirai jamais. C’est promis !

ARDHD : hum ! Nous on penserait plutôt que quelqu’un a organisé volontairement une fuite. Comme il y a un destinataire : la Présidence et un émetteur, votre secrétariat ou votre ancien secrétariat, la fuite ne peut provenir que de l’un de ces deux points. Pourrait-on imaginer, comme vous le suggérez d’ailleurs que quelqu’un cherche à vous nuire, soit dans votre ancien ministère, soit à la Présidence ?

YEB : puisque je me tue à vous répéter que cette note n’a jamais existé, ne cherchez pas un coupable à mon ancien ministère ni à la Présidence (A voix basse : l’idée n’est pas stupide, il faudra que je fasse mon enquête). Mais c’est vrai qu’il y a la volonté de me nuire et je vous assure que les coupables seront traités comme il se doit. Avec de tels individus, on ne prend pas de gants : on les torture et on les incarcère ensuite. C’est radical et cela fait taire les oppositions.

ARDHD : pure supposition de notre part. Si c’était Guelleh lui-même qui avait organisé la fuite, pour vous donner le courage de rejoindre la représentation diplomatique de Moscou ou d’ailleurs, que feriez-vous ?

YEB (s’enfonçant dans son fauteuil, une larme à l’œil) : non, cela n’est pas possible. Elle ne peut pas m’avoir fait cela, à moi, qui les ai toujours servi loyalement et qui a toujours partagé loyalement toutes les recettes à 50/50. Non je ne pourrais pas le croire. Foutez-moi le camp immédiatement, bande de malfaisants … ! Pour cette fois, je ne vous ferai pas arrêter ..

De qui parlait-il ? Mystère, car c’est ainsi que s’est terminé cet entretien (presque) imaginaire… 

25/07/2011 (B614) Visite de Jean-Paul Noël Abdi au Canada. Le mouvement djiboutien, que nous remercions, nous envoie des photos et deux vidéos qui sont disponibles sur YouTube.

La visite de Jean-Paul Noel vient de se terminer avec la conférence à l ’UQO (Université du Québec en Outaouais). Une participation exceptionnelle et un débat non moins passionnant entre djiboutiens a eu lieu ce samedi 23 Juillet dans l’enceinte de l’Université de L’UQO.

Mais avant d’en tirer des conclusions et des enseignements, jettons un coup d’oeil sur quelques moments forts, la veille. La promenade de Jean-Paul Noel Abdi sur les sites symboliques de la ville d’Ottawa, comme le Sénat, le Monument aux Morts, une radio communautaire. Avec des entretiens réalisés par Djiboutii.net et le Mouvement Citoyen-Djiboutien:

Mouvement Citoyen- Djiboutien
K. A.

__________________________ 1 – Vidéo en Français et en Somali

Vidéo en langue Somali : http://youtu.be/225-QfD5-yA

_________________________ 2 – Photos