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01/02/2016 (Brève 655) Radio Africa 1 – Modification de programme Lundi 1er février 2016, le Grand débat présenté par Francis Laloupo est consacré à « Djibouti, la démocratie impossible », mais il y a des changements dans la liste des invités qui ont confirmé leur participation

La Station Africa 1 vient de nous informer que MM Kadamy et Fathi Ahmed se sont désistés ou n’ont pas confirmé leur participation à l’émission de ce lundi 1er Février.

En revanche, Mahamoud Djama du MRD sera présent sur le plateau avec Jean-Loup Schaal, tandis que
Saïd Houssein Robleh interviendra par téléphone depuis Bruxelles

11/05/2012 (B655) A lire sur LOI cette semaine ….

__________________ 1 – Djibouti

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012

Dégâts collatéraux de la faillite d’ICC
Les créanciers de la société de BTP Independent Construction Corp. (ICC) ont bien peu de chances de récupérer les avances sur travaux ou les prêts qu’ils lui ont concédés. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
Nubian Gold
Après les permis aurifères d’Arapsyo et Qabri Bahar, la firme canadienne Nubian Gold Corp. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
Le président IOG pris au mot par ses opposants à Djibouti
L’équipe qui vient de lancer à Djibouti le bimensuel indépendant Le Temps (LOI nº1331), à savoir Amin Mohamed Robleh (ex-secrétaire général du gouvernement jusqu’en 1998), Mohamed Goumaneh Guirreh (ancien ambassadeur à Paris) et le cheikh Abdourahman Souleiman Bachir (théologien musulman), a pris le président Ismaïl Omar Guelleh (IOG) au mot. (…).

_____________________ 2 – Ethiopie

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
L’armée ne regarde pas à la dépense
Les chefs de l’armée éthiopienne rêvent d’avoir un Pentagone à Addis-Abeba. Rien n’est jamais trop beau pour les militaires. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
Les rebelles soutenus par Khartoum
Un phénomène peu abordé pas les résolutions des Nations unies joue pourtant un rôle dans le conflit entre les deux Soudan. Celui des rebelles sudistes soutenus par Khartoum. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
Le gouvernement éthiopien veut décourager ses opposants
Les partisans de l’EPRDF (coalition gouvernementale) ont entamé une campagne sur le web pour discréditer et décourager les militants du Ginbot7 de Berhanu Nega. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
Addis-Abeba
En deux journées à Addis-Abeba fin mars, l’Américain Bill Gates en avait assez vu pour repartir enthousiaste sur la politique de Meles Zenawi. (…).

LA LETTRE DE L’OCEAN INDIEN N°1332 – 12/05/2012
Meles se met les musulmans à dos
A cause des excès de la campagne qu’il a lancée contre la diffusion du wahhabisme, le premier ministre est en train de se mettre à dos bon nombre de musulmans. (…).

11/05/2012 (B655) FIDH / Djibouti : Libération de M. Hassan Amine Ahmed

L’Observatoire a été informé de sources fiables de la libération de M. Hassan Amine Ahmed, défenseur des droits de l’Homme et membre du conseil national du Parti djiboutien pour le développement (PDD), pour avoir dénoncé l’arrestation de civils dans la région de Mablas, au nord du pays, et porté assistance à des prisonniers politiques.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), a reçu de nouvelles informations et vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante à Djibouti. 

Nouvelles informations : 

Selon les informations reçues, le 5 mai 2012, le Tribunal de première instance a ordonné la relaxe de M. Hassan Amin Ahmed, qui n’a été libéré que le 7 mai 2012 de la prison de Gabode, où il était détenu depuis le 1er août 2011, après que le procureur eut interjeté appel de la décision de relaxe. 

L’Observatoire salue la libération de M. Hassan Amin Ahmed et remercie toutes les personnes, organisations et institutions qui sont intervenues en sa faveur. L’Observatoire en appelle néanmoins aux autorités de Djibouti pour qu’un terme soit mis à tout harcèlement – y compris judiciaire – ou répression à son encontre et celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti. 

Rappel des faits : 

Le 1er août 2011, M. Hassan Amine Ahmed a été arrêté à Randa, à 40 km de Tadjourah, avant d’être transféré le lendemain vers la capitale, dans les locaux de la Section de recherche et de la documentation (SDR) de la gendarmerie. 

Le 8 août 2011, M. Hassan Amine Ahmed a été inculpé pour  » organisation ou participation à un mouvement insurrectionnel », encourant une peine de trois ans de prison ferme, et transféré à la prison de Gabode. 

M. Hassan Amine Ahmed aurait été arrêté parce qu’il est soupçonné d’être à l’origine d’informations relatives à l’arrestation de civils dans la région de Mablas, au nord du pays [1]. Il lui aurait également été reproché de rendre visite et de porter assistance à des prisonniers politiques détenus dans la prison de Gabode. 

M. Hassan Amine Ahmed avait déjà été arrêté lors d’une manifestation pacifique organisée par l’opposition le 18 février 2011 à Djibouti afin de protester contre le régime du Président Ismaël Omar Guelleh, avant d’être libéré le 30 mars 2011. Cette manifestation a été sévèrement réprimée par les forces de sécurité 
[2]. Il fait par ailleurs régulièrement l’objet de harcèlements et de menaces de la part de la police en raison de ses activités, notamment du Capitaine Awalleh à Tadjourah, qui l’a entre autres interpellé à plusieurs reprises par le passé et menacé de mort. 

Actions requises : 


L’Observatoire vous prie d’intervenir auprès des autorités de Djibouti et de leur demander de : 

i. Garantir en toutes circonstances l’intégrité physique et psychologique de M. Hassan Amine Ahmed, et de tous les défenseurs des droits de l’Homme djiboutiens ; 

ii. Mettre un terme à toute forme de harcèlement à l’encontre de M. Hassan Amine Ahmed, ainsi qu’à celle de tous les défenseurs des droits de l’Homme à Djibouti, afin qu’ils puissent mener leurs activités de défense des droits de l’Homme librement et sans entrave ; 

iii. Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies le 9 décembre 1998, et plus particulièrement à son article 1 qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international” ; son article 6(b), qui dispose que “chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres de publier, communiquer à autrui ou diffuser librement des idées, informations et connaissances su tous les droits de l’Homme et toutes les libertés fondamentales” ; et son article 12.2, qui dispose que “l’État prend toutes les mesures nécessaires pour assurer que les autorités compétentes protègent toute personne, individuellement ou en association avec d’autres, de toute violence, menace, représailles, discrimination de facto ou de jure, pression ou autre action arbitraire dans le cadre de l’exercice légitime des droits visés dans la […] Déclaration ” ; 

iv. Plus généralement, se conformer aux dispositions de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’Homme ratifiés par Djibouti. 

Adresses :  ·
Son Excellence Ismail Omar Guelleh,
Président de la République,
Palais Présidentiel,
BP 6, Djibouti Ville, République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 50 49 / 00 253 35 02 01. 

·

Monsieur Ali Farah Assoweh,
Ministre de la Justice, des affaires pénitentiaires et musulmanes, chargé des droits de l’Homme,
BP 12, Djibouti Ville, République de Djibouti.
Tel / Fax : 00 253 35 54 20 

·

Monsieur Maki Omar Abdoulkader,
Procureur de la République,
Tel / Fax : 00 253 35 69 90. 

·

Ambassadeur Mohamed Siad Doualeh,
Mission permanente de Djibouti auprès de l’Office des Nations unies à Genève,
19 chemin Louis Dunant, 1202 Genève, Suisse,
Fax : + 41 22 749 10 91.
Email : mission.djibouti@djibouti.ch 

·

Ambassade de Djibouti à Bruxelles,
204 avenue F.D. Roosevelt, 1050 Bruxelles, Belgique,
Tel : + 32 2 347 69 67, Fax : + 32 2 347 69 63 ;
Email : amb_djib@yahoo.fr 

Prière d’écrire également aux représentations diplomatiques de Djibouti dans vos pays respectifs. 

*** 

Genève-Paris, le 10 mai 2012 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel. 

L’Observatoire, programme de l’OMCT et de la FIDH, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’Homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible. 

P

our contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence : 

· 
E-mail : Appeals@fidh-omct.org 

· 
Tel et fax OMCT : + 41 22 809 49 39 / 41 22 809 49 29 

· 
Tel et fax FIDH : 33 1 43 55 25 18 / 33 1 43 55 18 80

Notes

[1] L’armée djiboutienne mène régulièrement des opérations de ratissages dans le nord du pays, au cours desquelles des civils sont fréquemment arrêtés, maltraités et torturés dans des casernes de l’armée ou dans le Service de documentation et de la sécurité (SDS) ou de la SDR de la gendarmerie à Djibouti. Depuis l’élection présidentielle d’avril 2011, une centaine de personnes aurait été arrêtée dans ce cadre. Cf. Observatoire pour le respect des droits humains à Djibouti (ORDHD).

[2] [Cf. appel urgent DJI 020311 de l’OMCT, diffusé le 2 mars 2011 : http://www.omct.org/urgent-campaign… et communiqué de presse de la FIDH diffusé le 7 avril 2011 : http://www.fidh.org/Djibouti-Electi….

11/05/2012 (B655) Sergent Ariko : Le peuple de Djibouti prend sa revanche sur le dictateur, ce qui retarde l’annonce de la composition du nouveau gouvernement qui aurait du être officialisée ce 10 mai

N’oubliez pas de consulter la page du Sergent Ariko sur FaceBook (lien)

Dès qu’il a appris, par un appel téléphonique de Dileita, son limogeage du Gouvernement, le ministre Balala, qui était hospitalisé au Val-de-Grâce à Paris est rentré en catastrophe à Djibouti, afin de se faire voir par son maître IOG.

Le directeur de la RTD est rentré, lui aussi, du Canada dès que son protecteur, Ismaël Tani, le secrétaire général de la Présidence, l’a prévenu que son absence risquait de le faire éjecter de son fauteuil.
 
Je tiens à adresser mes félicitations au lieutenant Adaweh pour sa promotion et sa nomination à la tête des gardes-côtes de la gendarmerie nationale. Adaweh est un bon officier, mais il n’est pas bien vu au Palais et il a été oublié très longtemps dans les tiroirs du dictateur.

Le ministre de la religion Abdi Sultan avait appelé les Oulémas de Djibouti à venir implorer Allah pour qu’il fasse venir la pluie.

Les Oulémas, qui n’ont pas aimé l’injonction de leur ministre, ont décidé de boycotter la cérémonie durant laquelle le dictateur devait se joindre à leurs prières. Ainsi le SDS a annulé à la dernière minute la manifestation qui aurait du se tenir près du stade Gouled. Il était à craindre que la foule ne vienne le conspuer comme ce fut le cas à La Corniche pendant la réunion du comité central du RPP.

Le peuple se réunit en masse dès qu’il a su que Guelleh avait abandonné son projet.

Après la défection d’IOG et de sa milice présidentielle, les Oulémas de Djibouti et les Kourougmen ont finalement convoqué le peuple à venir près du stade Gouled. Comme chacun pourra le voir sur les images relayées par la RTD, Universal TV et Somali Chanel, la foule était dense.

Les Oulémas ont demandé sincèrement à Allah d’épargner Djibouti des affres de la guerre et d’envoyer la pluie pour sauver les humains et les bêtes. L’assistance a dit oui Amin o Allah. On espère qu’Allah va accepter les Douas de ses fidèles. Nous aussi on dit Amin ya rabi y Allah.
_______________________________________

Alors, les services de la Garde républicaine avaient fait arroser le terrain de Djama Aouled, avec l’aide de deux camions citernes de la protection civile. C’est là  qu’IOG prie pendant les fêtes de l’Aïd.

Il est venu à la prière avec ses ministres, mais le peuple était totalement absent. Furieux, le dictateur a refusé de saluer son ministre Hamoud Abdi Sultan.

On a noté aussi l’absence de Dileita, probablement parce qu’il rumine son éjection probable du Gouvernement.

Il négocie actuellement sa sortie. L’ancien premier ministre Barkhat Gourad joue le tout pour le tout afin de sauver les apparences. Il aurait même suggéré à IOG de ne pas nommer à la primature Hassan Gallo dit « Hassan le manchot », ancien commissaire de Tadjourah et correspondant actif du SDS.  

Hassan Gallo broute chaque après midi à Nagad avec le colonel Abdillahi Abdi. Il suit les publications de l’ARDHD grâce à un jeune qui lui renvoie les articles sur sa boîte @-mail.

Dileita regrette beaucoup qu’IOG veuille se séparer de lui.  A tel point que l’on dit même que la dernière dame aurait décidé de prendre sa défense, histoire de mettre des bâtons dans les roues à son Président et époux … Et pourtant tout le monde sait bien que Kadra n’aime pas le premier ministre, mais elle n’a détecté aucune autre personnalité issue des Afar pour prendre le relais.

Donc elle le soutient en attendant de trouver un afar capable de satisfaire le couple diabolique.

Les menaces de Barkhat Gourad auraient fait reculer des candidats potentiels à la primature

  • Ibrahim Ali, ancien directeur de la caisse a renoncé, de même le ministre des affaires étrangères
  • Mahamoud Ali Youssouf, qui préfère soutenir le premier ministre Dileita.

Donc l’annonce du remaniement que tout le monde attendait, n’a pas eu lieu !

Pour le moment, IOG a décidé de laisser le remaniement de son gouvernement en stand by, en attendant le retour de ses ministres qui sont allé consulter les sages de leurs tribus respectives. (Tolka).

Nombre d’entre eux ont cherché à joindre Hachi pour connaître la liste. Comme toujours ! Hachi fait montrer les enchères et maintenant, il demanderait 500 000 fdj uniquement pour jeter un coup d’œil sur la liste qu’il a préparé en secret avec IOG à la résidence d’Arta.

Même la Ministre de l’habitat qui ; hier ne voulait même pas rester, a pris goût au pouvoir. Elle a décidé de contacter des personnes proches de la dernière dame afin que celle ci la sauve des affres du chômage.

Certains ministre dont Balala des transports, Mohamed Hassan de l’éducation (rescapé lors du précédent remaniement), Kamil de la défense (qui se cache à Obock ces jours-ci), Nabil de l’enseignement supérieur (qui n’est pas aimé par ses fonctionnaires -CERD-), Ali Farah Assoweh de la justice (qui évite de se montrer et qui n’espère plus rien depuis qu’il a été largué des Finances), Ilyas Moussa Dawaleh des finances, Mohamed Somali de l’agriculture (qui a été ridiculisé par IOG qui l’avait envoyé au Somaliland d’où il a été expulsé), Ali Silay (qui a demandé à son père, qui possède la double nationalité canadienne et djiboutienne d’aller persuader IOG de ne pas le larguer), Mohamed Hassan Abdillahi, secrétaire général du gouvernement (qui craint cette fois-ci son limogeage du palais).

Il est pratiquement acquis que le ministre de la santé soit remplacé.

Fouad, le ministre de l’eau est cuit et il sera remplacé par son directeur Youssouf Mirgane de l’ONEAD.

Chacun craint pour son fauteuil, sauf ceux qui seraient à l’abri.

On cite parmi les rescapés possibles : Mahamoud Ali Youssouf des affaires étrangères, Djama Speed des sports (protégé d’Ismail Tani) et Zahra Youssouf Kayad dont le père le colonel Youssouf Kayad Guelleh se bat pour qu’elle conserve son maroquin, Hassan Darar Ouffaneh de l’intérieur dont la femme va être nommée secrétaire générale de l’UNFD, sur demande de Kadra Haid, en remplacement de Degmo Mohamed Issak, mis sur au banc des accusées. La mission d’Hassan Darar Ouffaneh est de surveiller son cousin, le colonel de la police Abdillahi Abdi Farah. 

Sergent Ariko
Londres

10/05/2012 (B655) Survie / Billets d’Afrique n°213 de mai 2012 / La démocratie en deuil (Sous la plume de Laurence Dawidowicz). Article repris sur notre site avec l’aimable autorisation de la rédaction.

SurvieDepuis plusieurs années
de nombreuses alertes
ont été lancées auprès de
nos lecteurs dans Billets
d’Afrique pour appeler à
la libération de Jean-Paul
Noel Abdi et alerter l’opinion
française sur la répression
s’abattant sur l’opposition et
sur les défenseurs des Droits
de l’homme à Djibouti.

Bien avant l’indépendance
(obtenue en 1977), Jean-Paul
Noel Abdi s’était engagé dans
le mouvement indépendantiste, au sein
de la Ligue populaire
Africaine pour
l’indépendance (LPAI). Il avait ensuite
été élu député lors de la première
législature du 8 mai 1977 et réélu à trois
reprises, jusqu’en 1997, date à laquelle
il avait rompu avec fracas ayant perdu
toute confiance dans son gouvernement.

D’ailleurs dès 1996, il avait cofondé
un groupe d’opposition à l’Assemblée
nationale djiboutienne.

Plus tard, en 1999, en pleine période de
guerre civile, il a créé la Ligue djiboutienne
des Droits de l’homme (LDDH) dont
il devint le président, rattachée à la
Fédération internationale des Droits
de l’homme.

Dès sa prise de fonction
il fut victime d’une grenade lancée par
les agents du nouveau régime d’Ismaël
Omar Guelleh car il avait dénoncé des
exécutions et autres sévices à l’encontre de
victimes civiles à Meldeho.

Un acte lâche
qui, loin de le décourager, a fait l’effet
inverse.

Ainsi, il réussit à convaincre les
instances parlementaires européennes
de la répression et dénonça avec force
l’emprisonnement, le 23 septembre 1999,
du candidat de l’Opposition djiboutienne
unifiée, Moussa Ahmed Idriss et de
plusieurs membres de sa famille.

Jean-Paul Noel Abdi s’est constamment
battu pour la liberté et la démocratie en
république de Djibouti où n’existent
qu’une seule radiotélévision gouvernementale,
qu’un seul journal gouvernemental,
qu’un seul parti UMP, à
l’Assemblée nationale et aux «conseils
régionaux», qu’un seul syndicat
gouvernemental.

Il dénonçait la corruption, les arrestations
et incarcérations arbitraires, la torture en
Djibouti citant avec grande précision les noms des
victimes comme des tortionnaires, les
dates et lieux des exactions, précisait les
responsabilités des plus hautes autorités
du pays. Il visitait les prisonniers
politiques et se battait pour qu’ils soient
jugés et non détenus «provisoirement»
pendant des années.

Ses derniers combats ont eu pour
objet d’obtenir la libération des
opposants politiques et des journalistes
d’opposition (notamment Farah Abadid
Hildid et Saîd Houssein Robleh) mais
aussi pour réclamer la libération du juge
Mohamed Cheick Souleiman, incarcéré
pour avoir prononcé des non-lieux au
bénéfice de manifestants arrêtés lors de
manifestation contre la candidature du
président de la République IOG pour un
troisième mandat, violant la constitution
(Jean-Paul avait accueilli et guidé une
mission d’Avocats sans frontières venue
le soutenir).

Cela lui avait valu un harcèlement
judicaire quotidien et de multiples
incarcérations mais il refusait de
renoncer à ses activités de défense des
droits humains.

Plusieurs fois, les appuis
des organisations internationales dont
il était membre comme la Fédération
internationale des Droits humains,
l’Observatoire des Défenseurs
des Droits de l’homme, l’Union
interafricaine des Droits de l’homme,
avaient soutenu les alertes de nos
réseaux pour obtenir sa libération.

Son avocat, Maître Tubiana a plusieurs
fois été empêché d’aller plaider lors
de ses procès.

Nos pressions ainsi que celles
de l’Association pour le Respect
des Droits de l’homme à Djibouti
s’adressaient aussi au gouvernement
français, soutien du pouvoir en place
à Djibouti, sans rupture ni état d’âme.

Notre vigilance restera en éveil mais
Jean-Paul Noel Abdi n’est plus, il s’est
éteint des suites d’une grave maladie.

Les hommages de toute l’opposition
politique appellent à poursuivre la
lutte pour rester digne de lui.

Laurence Dawidowicz

10/05/2012 (B655) France 24 / Que doit faire François Hollande pour mettre fin à la Françafrique ? Nos Observateurs africains répondent (Info lecteur)

« La France répudiera sans regrets les miasmes de la Françafrique », a promis le candidat François Hollande le 22 octobre dernier. Depuis, le socialiste a été élu à la tête de l’État français. Nos Observateurs d’Afrique de l’ouest, qui ont suivi cette élection de très près, imaginent quels pourraient être les premiers chantiers du président élu pour mettre un terme aux mauvaises pratiques héritées de l’époque coloniale.

L’expression « Françafrique » désigne un système occulte de liens politiques, économiques et militaires entretenus par la France avec ses anciennes colonies pour y conserver son influence et ses intérêts après leur indépendance. En 2007, Nicolas Sarkozy, alors candidat à l’élection présidentielle, avait promis de tordre le cou à la Françafrique. Mais dès le lendemain de son élection, le président avait déclaré que « l’homme africain » n’était « pas assez entré dans l’histoire », des propos qui avaient suscité une polémique en Afrique. Après ce retentissant discours de Dakar, que de nombreux journaux africains avait qualifié d’insultant, Nicolas Sarkozy s’était rendu au Gabon pour exprimer son soutien à Ali Bongo, élu à la présidence après un scrutin contesté. Un voyage là encore mal perçu par bon nombre de médias africains, qui y voyaient la preuve que la Françafrique avait encore de beaux jours devant elle.

Le prochain président, François Hollande, parviendra-t-il à convaincre les Africains que la Françafrique est révolue ? 

« Casser le monopole de Bolloré et de France Telecom »

Israël Yoroba Guebo est journaliste et blogueur à Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Pour en finir avec la Françafrique en Côte d’Ivoire, il va falloir casser le monopole de Bolloré au port d’Abidjan. Certes, ce groupe donne des emplois à des Ivoiriens, mais il ne permet pas aux entreprises nationales de se développer.

{Depuis 10 ans, le groupe industriel français a massivement investi dans les secteurs portuaire et ferroviaire du pays. Il est aujourd’hui le principal gestionnaire du port d’Abidjan. Bolloré Africa Logistics est aussi le premier réseau logistique en Afrique. Présent dans 50 pays du continent, il occupe une place prépondérante dans les économies de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Cameroun et du Congo, ndrl].

Le secteur des télécommunications est un autre exemple de la Françafrique. Ici, l’opérateur national de téléphonie fixe est ‘Côte d’Ivoire Telecom’, une filiale du groupe français France Telecom. Étrangement, France Telecom propose en métropole les appels gratuits d’un téléphone fixe vers un fixe, mais pas en Côte d’Ivoire. Il faudrait ouvrir ce secteur à la concurrence.

[Le groupe français est implanté dans 19 pays d’Afrique et du Moyen-Orient, notamment au Sénégal, au Mali, en Côte d’Ivoire, au Cameroun et en Centrafrique. Il est le premier opérateur du continent et entend y doubler son chiffre d’affaires d’ici à 2015, ndrl].

« Arrêter de cautionner des élections truquées »

George Mpaga est président du Réseau de Bonne Gouvernance à Libreville au Gabon.

D’abord, nous aimerions que François Hollande dénonce les irrégularités qui ont porté Ali Bongo au pouvoir et que la France arrête de cautionner des élections truquées [En 2009, Ali Bongo a succédé à son père Omar dans des conditions contestées]

Nous attendons aussi de la France qu’elle encourage la tenue d’élections législatives pour renouveler une Assemblée où l’opposition est inexistante [le Parti démocrate gabonais, parti d’Ali Bongo, a raflé 113 sièges de députés sur 120 en décembre dernier].

Pour assainir les relations entre les deux pays, il faut enfin que le nouveau président permette que le dossier des biens mal acquis soit porté devant les tribunaux et qu’un procès puisse enfin avoir lieu.

[Deux juges français enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles trois chefs d’État africains, dont Ali Bongo, ont acquis un important patrimoine immobilier et mobilier en France. En 2008, l’ONG Transparence International France avait déposé plainte contre ces trois chefs d’État pour « recel de détournement de fonds publics », ndrl].

« Retirer les troupes françaises dont la présence sur notre sol n’est plus justifiée »

Allaissem est professeur à la faculté de sciences de N’Djamena, au Tchad.

L’année dernière, il a été question du retrait des soldats français de l’opération Épervier de N’Djamena. Mais rien n’y a fait, l’armée française est encore là alors que les conflits avec les rébellions venues des pays voisins [comme le Soudan] sont terminés. [En 2011] la France a même cautionné la victoire du président Idriss Déby, malgré un scrutin très contesté. Certes, l’armée rend service à la population en intervenant sur des incendies et en permettant l’accès à son centre de santé. Mais rien d’autre ne justifie vraiment sa présence sur notre sol.

[L’opération Épervier est un dispositif mis en place en 1986 à la demande du président Hissène Habré pour se protéger d’une offensive venant de la Libye. En juillet 2011, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé avait annoncé qu’un « nouvel accord de coopération » était en discussion avec le Tchad. Cette annonce fut d’abord interprétée comme une volonté française d’appliquer la « rupture » promise par Nicolas Sarkozy au début de son mandat. À ce jour, les troupes françaises sont toujours présentes au Tchad, mais aussi au Gabon, au Cap-Vert, à Djibouti et en Côte d’Ivoire. En 2010, le président sénégalais Abdoulaye Wade a obtenu la fermeture de la base militaire de Dakar].

« Abolir le système scolaire à la française pour s’adapter à nos besoins »

Ferdinand Koungou est informaticien à Yaoundé au Cameroun.

Mettre fin à la Françafrique ne signifie pas détester la France et effacer les noms de rues empruntés à des personnalités françaises. Mais nous avons besoin de nous émanciper de l’influence française pour permettre de nous enrichir par nous-mêmes. Cela passe par la modification de notre système scolaire, qui est depuis la colonisation calqué sur celui de la France, avec les classes de la 6e à la terminale et des cours théoriques d’histoire et de géographie. Il n’est pas adapté au pays sous-développé qu’est le Cameroun. Les jeunes ont besoin de formations techniques et pratiques pour développer notre industrie.

En France, il faut quelques heures pour produire des milliers de téléviseurs, qui nous sont revendus entre 400 et 600 mille Francs CFA [entre 600 et 900 euros]. Le Cameroun vend sa tonne de cacao à environ 100 000 Francs CFA [152 euros], après des mois de culture et de récolte. Le rapport entre nos exportations et nos importations nous est défavorable.