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02/07/2012 (Brèves 008) Alerte à Tadjourah. Omar Gabasse nous envoie les commentaires et les premiers documents photos et vidéo (de courte durée) … (Omar Gabasse)

Libération des jeunes par la force populaire aujourdhui lundi 2/07, vers 10h

Les jeunes qui avaient été incarcérés hier dimanche, ont été relâchés vers 10 h (local) ce lundi matin, à la suite de violents accrochages qui se sont déroulés dans et devant la prison .

Apprenant que la police voulait transférer vers Djibouti les 200 détenus, de nombreux jeunes et des parents ont pris d’assaut la prison !

Main dans la main, la population de Tadjourah a obtenu, par la force, la liberation de ses enfants.

La situation reste tendue.

Aucun représentant du gouvernement n’est venu pour tenter de débloquer la situation.

Selon mes contacts, le dictateur de Djibouti serait annoncé pour le 8 juillet, mais les jeunes sont déterminés à lui tenir tête et ils n’auraient pas l’intention de céder..

Les jeunes adressent tous leurs remerciements à tous ceux qui les soutiennent et particulier à Roger Picon dont les caricatures ont fait le tour de Tadjourah, ainsi qu’au Président de l’ARDHD, qui n’a pas hésité à actualiser le site (en sommeil depuis un mois) pour dénoncer ces actes de barbarie et l’injustice qui frappe les populations de Tadjourah

Informations recueillies par téléphone
Omar Gabasse

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12/11/1999 – A la suite de la mission de quatre experts à Djibouti, la FIDH va rendre prublic le rapport le 18 novembre. Le texte sera publié intégralement dans LA LIBERTE N°9

le 18 novembre 1999, publication du rapport d’une mission internationale d’enqête sur les condtions de détention en République de Djibouti.

Ont participé à la mission :
Madame Christine DAURE-SERFATY, Présidente de l’Observatoire International des Prisons,

Monsieur Pascal FAUCHET, Magistrat français, Président de l’Association Nationale des Juges de l’application des peines,
Monsieur Georges-Henri BEAUTHIER, avocat au Barreau de Bruxelles, Président de la LIDH en Belgique et chargé de mission de la FIDH,
Monsieur Yves TIGOULET, ancien directeur de la maison d’arrêt de la Santé (Paris), chargé de mission au ministère français de la Justice,

La LIBERTE publiera aussitôt le texte intégral

12/11/1999 – La délégation permanente de la FIDH auprès de l’U.E. lance un appel en faveur des prisonniers politiques à Djibouti.

FIDH
Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme

Association reconnue d’utilité publique.
Organisation internationale non gouvernementale ayant statut consultatif aupres des Nations Unies, de l’Unesco et du Conseil de l’Europe et d’0bservateur aupres de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples

A QUI DE DROIT

Bruxelies, le 4 novembre 1999

Madame, Monsieur,

Concerne: situation des Droits humains à Djibouti.

La Fédération Internationale des Ligues des Droits de L’Homme (FIDH) confirme par la présente que les opposants majoritaires Afars, en lutte armée contre le régime djiboutien1991, sont la cible de violations flagrantes des droits de l’Homme.

Depuis l’éclatement du conflit Armé dans le Nord de Djibouti en automne 1991 entre les forces gouvernementales et la rébellion du Front pour la Restauration de l’Unité et la Démocratie (FRUD), sévit une guerre civile larvée dont la. population civile locale est la principale victime.

Dans les zones de conflit où prennent place des affrontements intermittents entre les membres du FRUD et les forces gouvernementales (Nord et Sud-Ouest du pays), les forces régulières de l’État djiboutien (FNP, Armée Nationale Djiboutienne) commettent des violations caractérisées des droits de l’Homme.

En guise de représailles, les forces gouvernementales exercent une répression féroce à l’encontre des nomades soupçonnés d’appartenir à. « la rébellion » ou d’être de connivence avec elle, et ce sans aucun élément de preuve à l’appui. Ces populations en majorité Afars sont régulièrement accusées d’alimenter les réseaux rebelles, et leurs denrées alimentaires de base sont confisquées par les forces de l’ordre, notamment à la sortie des villes d’Obock et Tadjourah.

Les points d’eau sont régulièrement détruits et empoisonnés, les cheptels pillés, les jardins maraîchers brûlés et le matériel confisqué (à Randa, Garbanaba, Rankouale et Hankata).

Des informations concernant des viols et des exécutions sommaires dans les campements reculés nous ont été communiquées.

La coopération croissante entre l’Éthiopie et le Djibouti contribue à la. répression transfrontalière à l’encontre des Djiboutiens et Éthiopiens s’opposant de part et d’autre au régime politique de ces deux pays

En effet, des extraditions prennent place entre les services de sécurité des deux pays en violation du droit des réfugiés, parfois sous la couverture d’expulsion d’immigrés. en témoigne l’extradition de 19 responsables du FRUD par l’Éthiopie en octobre 1997; parmi ceux-ci figurait le responsable du FRUD en Europe, Monsieur Mohamed Kadamy. Ils sont incarcérés depuis plus de deux ans dans la. prison de Gabode, bien que n’ayant toujours pas été jugés.

Ces prisonniers d’opinion, dont certains souffrent de pathologies chroniques (tuberculose, paralysie faciale, baisse de l’acuité visuelle) ne bénéficient d’aucun soin. A ces conditions de détention préoccupantes, auxquelles la FIDH consacre un rapport qui sera rendu public le 18 novembre s’ajoute le harcèlement constant de leur famille par la police.

La FIDH considère que les militants et sympathisants du FRUD) ainsi que les membres du groupe AFAR devraient, de manière générale, voir leur demande d’asile examinées avec complaisance, compte tenu des violations des droits de l’Homme systématiques dont ils sont victimes à Djibouti et de l’impossibilité pour eux de trouver refuge dans l’Éthiopie voisine.

Dans l’espoir que ces quelques éléments vous guideront dans l’examen des demandes d’asile introduites en Belgique par les opposants djiboutiens membres du FRUD ou appartenant au groupe AFAR, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de ma considération distinguée.

Isabelle Brachet
Déléguée Permanente v
auprès de l’U.E.

Emmanuelle Robineau-Duverger
Responsable Afrique
FIDH Paris

DÉLÉGATION PERMANENTE
de la F.I.D.H. auprès de l’U.E.
Rue de L’Enseignement 91 B-1000 Bruxelles

12/11/1999: Nouvelles attaques contre LA LIBERTE, téléguidées par le régime de M. Guelleh.

Le régime de M. Guelleh attaque régulièrement notre journal, qu’il ne peut pas interdire et dans lequel les Djiboutiens peuvent lire une information objective qu’on souhaite leur cacher en haut lieu.

Nouvel exemple : les insultes, la comparaison avec la France et la religion sont utilisées par notre correspondant ‘en service commandé’.

MELEZ-VOUS DE VOS MOUTONS ..
par Warsama MUHAMOUD

Salut Mr Schaal,

Je suis sure que vous n’etes pas un afar, ni un djiboutien, donc je me demande pourquoi vous vous preocuper des affaires internes du peuple djiboutiens. Donne moi la chance de vous citer quelques problemes sociaux
que la france a en ce moment. (NDLR : nous la lui donnons … ici !)

Un non respect aux immigrants, specialement aux peuple noir et les arabes. Une discriminations radical et meme Neo-Naziste de Mr. Jean Marie LePen. une politique interne qui favorise seulement les hommes blanc. Une inegualite envers les femmes francaises ou autres( dans le milieu du travail).

Donc, je vous conseil de regler vos problemes internes, avant que vous mettez vos sales mains dans les affaires des autres pays. Et je vous conseil de voire l’histoire de la france en question de droit de l’homme et du respect de l’environnement.

J’espere que tout les djiboutiens, Afars et Issa vous envoyerons un email pour vous dire clairement « Occupez vous de vos moutons »

Merde…Merde…

Vous ne me comprenez pas toujours, « Laissez la republique de djibouti en paix ». Occupez vous de vos affaires et demerdez vous svp.

Pubier pour contourner ou deformez mon email. Si vous avez des choses a mes dires, faite les. Mais allez svp au diable……
Avec l’aide du grand dieu Allah, Un jour tu sera puni et tout les musulmans qui vous utilisent, eux aussi ils auront leur jour de jugement.

(NDLR : que notre interlocuteur ne s’inquiété pas, nous publions son texte intégralement. Il reconnaîtra même toutes ses fautes d’orthographe.)

11/11/1999 – INITIATIVE DE L’ARDHD en faveur des Prisonniers incarcérés à DJIBOUTI.

Dans le rapport de la mission des quatre experts à Djibouti qui sera rendu public par la FIDH dans quelques jours, nous notons, sans en dévoiler prématurément le contenu, que la majorité des détenus à Djibouti le sont sans aucun jugement, ni instruction.

La plupart d’entre eux n’ont jamais rencontré un juge d’instruction et se plaignent de n’avoir aucune information sur la procédure en cours ni sur les faits qui leur sont reprochés. Pour certains cela dure depuis 2/ 3 ans, voir même 7 ans … !!!

Il nous a été confirmé par le Cabinet du Ministre délégué à la Coopération, que le Gouvernement djiboutien ne s’opposait pas à la venue d’avocats français et qu’il donnerait un visa à tous ceux qui en feraient la demande (à l’exception de deux avocats bien connus – ce que nous dénonçons avec force)

Nous proposons à toutes les Associations de mettre en place une permanence judiciaire à Djibouti. Il s’agit dans les faits d’envoyer, par roulement de 8 ou 15 jours, un avocat pour suivre les dossiers de tous les prisonniers, en liaison avec les juges d’instruction djiboutiens.

L’avocat délégué sur place aura pour mission de rencontrer un certain nombre prisonniers chaque semaine et d’étudier leurs dossiers en liaison avec le juge d’instruction, selon les règles de procédure. Il deviendra leur avocat et après son retour en Europe il suivra, aussi longtemps que nécessaire, les dossiers de ses Clients.

Cette initiative va dans le sens de la volonté exprimée à maintes reprises par le Gouvernement français qui souhaite participer à l’amélioration du fonctionnement de la justice djiboutienne.

L’ARDHD a adressé une proposition en ce sens à de nombreuses Associations. Les premières réponses sont favorables.

11/11/1999 – La croisée des chemins pour M. Guelleh. A-t-il encore la liberté de décider un changement de politique ou est-il l’otage des personnalités ?

Le durcissement du régime, en particulier depuis le mois de juillet, a surpris et déçu les observateurs, les gouvernements et les Associations.

Comme nous l’écrivions la semaine dernière, le régime s’enfonce dans une forme dictatoriale de la pire espèce. Les mise en garde et les menaces de sanction n’ont pas tardé à venir. Après avoir été placé au banc des nations sur le plan humanitaire, Djibouti voit poindre à l’horizon des menaces économiques graves, qui sont probablement nécessaires, mais qui seront subies une nouvelle fois par la population civile.

Mercredi 10 novembre, le débat à l’Assemblée Nationale sur l’amendement 117 défendu par Me MONTEBOURG est le signe d’une évolution sérieuse de la bonne volonté des parlementaires à l’égard de Djibouti. L’amendement a été repoussé  » in extremis « , mais les députés ont exprimé leur réprobation et leur condamnation des pratiques de M Guelleh. On lui donne encore une chance, mais qu’en sera-t-il lors de l’examen du prochain budget ?

Aujourd’hui le régime est placé face à une alternative :
· soit intensifier la répression en utilisant les fonds internationaux pour acheter des armes et des mercenaires (contrairement aux engagements de démobilisation) et en incarcérant tous les opposants politiques ou en les tuant avec leur famille : les menaces à l’encontre de Me AREF et de Moumin BAHDON sont prises très au sérieux,

· soit changer radicalement d’attitude pour se rapprocher de la communauté internationale, qui ne veut que du bien à Djibouti et surtout à son peuple. Ce changement passe forcément par les soins médicaux à tous les prisonniers, la libération des prisonniers politiques détenus sans jugement, par une amnistie en faveur de tous les journalistes, par l’annulation des décisions d’interdiction des journaux d’opposition, par la restitution de tous les passeports confisqués arbitrairement, par la fin des exactions policières et par la rénovation d’un système judiciaire efficace et indépendant.

Monsieur Guelleh a-t-il encore la liberté de changer ses orientations ou est-il déjà sous la coupe de certaines personnalités qui l’ont soutenues jusqu’à présent, mais qui le tiennent en otage pour l’empêcher de changer de politique, afin de protéger leurs intérêts personnels et de continuer à amasser des fortunes à l’étrange.

Nous espérons vivement qu’il n’en soit rien et nous engageons M. Guelleh à donner rapidement des signes de changement réels et non des faux-semblants comme il l’a déjà fait dans le passé.
Faute de quoi, nous pouvons lui prédire, sans prendre de risque, un avenir difficile tant pour la République de Djibouti qui en souffrira, que sur le plan personnel.

On a rarement vu des dictateurs aussi sanguinaires finir confortablement et tranquillement leur existence.

Jean-Loup SCHAAL
ARDHD

11/11/1999 – Maitre AREF pourra-t-il se rendre au IIème congrés de l’UIDH a OUAGADOUGOU ?

Objet : INVITATION
Au IIe CONGRES ORDINAIRE DE L’UIDH
Maître Mohamed AREF pourra-t-il s’y rendre ?

Me AREF sera-t-il libre de se rendre à l’invitation du IIème congrès de l’UIDH, auquel il est invité comme ardent défenseur des Droits de l’Homme, reconnu internationalement ?
S’il refusait de lui rendre son passeport à cette occasion, M. Guelleh confirmerait implictement qu’il bafoue ouvertement les Droits de l’Homme et qu’il se moque des autres pays d’Afrique.
La France pourrait-t-elle continuer de soutenir longtemps son régime dans ces conditions ?

Le Président aux amis et partenaires techniques et financiers de l’Union Interafricaine des Droits de l’Homme

L’Union Interafricaine de l’Homme de l’Homme vous présente ses compliments et a l’honneur de vous demander de bien vouloir honorer de votre présence, son 2e congrès ordinaire qui se tiendra à Ouagadougou
les 25 et 26 novembre 1999. Ci-joint le texte du congrès.

Thème du congrès :
Rôle et Place des Institutions et Organisations de Défense de Protection et Promotion des Droits Humains en Afrique.

Après deux congrès, nous pouvons sérieusement faire le point et mieux avancer dans les axes suivants :

– Mieux connaître les formes de violations des droits humains et des peuples pour mieux protéger ces droits et obligations ;

– Renforcer l’indépendance et l’efficience de notre réseau pour faire de notre structure une référence dans la défense, la promotion et la protection des droits humains ;

– Contribuer à la promotion des droits humains, en règlement des conflits et à l’implication des populations dans la gestion des cités africaines ;

– Etablir une solide collaboration avec les Etats, les Institutions et nos partenaires financiers tout en gardant notre autonomie

– Opérer une restructuration efficiente Institutionnelle des zones, du Bureau de Coordination et des vices présidences de l’UIDH.

L’évolution rapide de la situation en Afrique, marquée par une prise de conscience de plus en plus grandissante des populations, face à leurs mauvaises conditions de vie, la répression qui confine aux violations graves des droits humains, voir aux génocides d’une part, la déligitimation marquée de nombreux responsables étatiques appuyés par les forces dominantes, créent des situations nouvelles que la société civile peut aider à résoudre dans le juste sens. Aussi, l’UIDH qui est
aux avant postes du combat pour la protection des droits de l’homme en
Afrique est l’objet de tracasseries et de répression diverses (dénonciation de l’accord de siège au Burkina) .

Arrestations de nos militants -Aref M. Aref à Djibouti, contrainte à l’exile de Fernando Gomez, arrestation et emprisonnement de Fatoumata N’Baye et de Cheikh Saad Bouh Kamara pour ne citer que ces exemples,

Le congrès devrait être un moment fort pour exiger la protection des défenseurs des droits de l’homme sur notre continent.

Le IIe congrès se tiendra en marge du Colloque International sur la Justice qui aura lieu à Ouagadougou les 22-23 et 24 Novembre 1999.

Ainsi, l’occasion sera donnée aux responsables de l’UIDH de mesurer le chemin parcouru par la justice en Afrique (tantôt en dents de scie, tantôt en pointe), partagée entre la mise sous dépendance de
cette institution au niveau de nos Etats et l’espoir que représente à l’aube de l’an 2000, la Cour Pénale Internationale.

Nous soulignons, l’engagement de l’UIDH dans la construction de cette future justice dont les fondements ont été jetés à Rome et notre volonté de diagnostiquer tous les obstacles aux violations des droits de l’homme sur le continent. Nos sections , leurs activités doivent être des modèles de références et ouvrir la voie à des perspectives humaines pour les populations africaines.

Enfin au regard du contexte très difficile du Burkina suite aux évènements tragique du 13 Décembre 1998 qui ont plongé ce pays dans une crise profonde et indescriptible, notre congrès devra être celui de la solidarité agissante surtout et de la détermination à lutter contre l’impunité sous toutes ces formes, décrites lors de la grande rencontre de la société civile internationale à Ouagadougou en Mars 1996.

Dans l’attente d’une réaction prompte, je vous prie de croire, à l’assurance de ma considération distinguée.

Halidou OUEDRAOGO

10/11/1999 – Hassan Gouled, ancien Président dictateur de Djibouti, est arrivé à Paris. Notre association va réactiver la plainte pour Crimes contre l’Humanité qu’elle a déposée contre lui.

On nous annonce l’arrivée à Paris le 10/11 de M GOULED.
Notre association dénonce la visite de l’ancien dictateur sur le territoire français et elle va relancer avec ses avocats la plainte qui a été déposée contre lui pour Crimes Contre l’Humanité.

Avant son départ, Hassan Gouled avait fait venir un avocat français pour le consulter au sujet des risques qu’il encourrait en France.