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08/11/1999 – Message de soutien pour la manifestation.

Cher ami,

Pour des raisons indépendantes de ma volonté je ne pourrai malheureusement pas participer à la manifestation le mardi 9 novembre 1999.

Cependant , je tiens à témoigner toute ma sympathie et mes encouragements à tous ceux et toutes celles qui de près ou de loin oeuvrent au rétablissement de la démocratie et des Droits de l’Homme à Djibouti.

Sauvons les d’une mort programmée !

Ils ne peuvent ni parler, ni écrire, ni manifester sous peine d’être emprisonné.
Ils ne peuvent plus sortir du pays faute de document de voyage (passeports confisqués).
Ils ne peuvent plus exercer leur profession ni dans le public ni dans le privé pour cause de licenciement ou de pression à l’égard de leurs employeurs.
Ils sont privés de liberté et croupissent arbitrairement en prison.
Ils sont privés de soins qu’ils fassent la grève de la faim ou non.
Ils : ce sont les Avocats, les Juges, les Syndicalistes, les Journalistes, les Opposants Politiques… bref, le PEUPLE.

Le but non avoué du Pouvoir n’est-il pas d’éliminer physiquement tous ceux et toutes celles qui osent critiquer la mal gouvernance du régime ?

Tel n’est-il pas le cas de feu MOHAMED ADEN IBRAHIM gréviste de la faim décédé par manque de soins et dans la plus grande indifférence le 31/05/98 ?

Tous ensemble, agissons vite avant qu’il ne soit trop tard.

Mariam HASSAN ALI épouse BARON
EX-Secrétaire Générale des Enseignants djiboutiens du Second Degré ( SYN.E.S.E.D.
arbitrairement révoquée et expulsée du pays

08/11/1999 – TCHAD: Menaces de mort contre Mme Djraibe et M Yorongar

TCHAD
FAR/PARTI FÉDÉRATION FORELLI

COMMUNIQUE CONJOINT DE PRESSE : KEMNELOUM ET YORONGAR INTERDITS DE SÉJOUR AU SUD ET MENACES DE MORT.

Un message chiffré est expédié de N’Djaména aux préfets de la zone de production du pétrole pour les enjoindre de procéder à l’arrestation immédiate de Mme Delphine Kemnéloum DJRAIBE et M. Ngarlejy YORONGAR au cas où ceux-ci feront leur apparition dans le sud du pays au moment où la délégation de la Banque est encore dans la région.

Une meute d’agents de renseignements (ANS, RG, ST, B2, polices parallèles etc.) étaient déployés aux trousses de Mme Kemnéloum et Yorongar.

Alors qu’il est invité par les jeunes à Walia pour un entretien sur le projet pétrolier, M. Yorongar est pris en filature massive par cette meute bruyante.

Des parents à M. Yorongar sont arrêtés et mis en demeure d’indiquer tout déplacement de ce dernier (cf. élément de preuve).

Bien que M. YORONGAR devait présider un meeting, le samedi 30 octobre 1999 à 15 heures, cette meute le cherchait partout à N’Djaména, Doba, Bébédjia et à Moundou. Comme quoi le ridicule ne tue pas au Tchad.

Quand nos dirigeants se sont rendus compte que M. YORONGAR est effectivement à N’Djaména, ordre est donné au autorités de Moundou de faire défiler des militants du MPS sous les banderoles et des pancartes de FAR/PARTI FÉDÉRATION lors du passage de la Banque Mondiale dans cette ville (cf. le film-vidéo y relatif).

En dépit de toutes ces mesures prises pour le contenir, M. YORONGAR est reçu plusieurs par la délégation de la Banque Mondiale. D’abord dans le cadre de l’assemblée nationale (31 octobre 1999 de 11 H à 12 H), ensuite en tant que député des 301 puits de pétrole (le 31/10/1999 de 18 H 00 à 20 H 45) et enfin par M. Layec, membre de la délégation (le 4/10/1999 à 20 H 30).

Pour mettre cette kabbale sur le dos de ses sous-fifres, M. Idriss Déby devait s’envoler pour Fada dès son retour de Bangui où il a pris part à l’intronisation de son pair, M. Ange-Félix PATASSE. Profitant de cette occasion , M. Idriss Déby quémande le soutien de ses pairs présents à cette cérémonie pour l’exploitation immédiate du pétrole. Avant son départ pour Bangui, il fait convoquer à Fada tous les cadres civils et militaires de la Préfecture de Biltine et de la sous-préfecture de Fada (BET) pour un sommet familial et clanique. Tout porte à croire que M. Idriss Déby prépare un génocide à la rwandaise.

Malheureusement pour lui, Fada est à feu et à sang. Ses invités étaient pris au piège de ses adversaires. Pour faire face à cette situation, les militaires sont raflés à N’Djaména et envoyés au front. C’est ainsi qu’il a annulé son déplacement de Fada.

Une fois que la délégation de la Banque Mondiale est arrivée à N’Djaména ce 28 octobre 1999, elle est reçue d’abord par le Premier Ministre. Puis ce fut le tour de M. Idriss Déby de la recevoir. Ce dernier fait venir au palais de Djambalngato tous les Ministres présents à N’Djaména pour assister à cette importante audience. Mais, ceux-ci l’apprendront à leurs dépens une fois la délégation au palais. M. Idriss Déby décide de recevoir la délégation de la Banque Mondiale presque tout seul et sans témoin. Toutefois, deux ou trois de ses collaborateurs ont pris part à cette audience notamment Monsieur Abdérahman Dadi. Même le Ministre du Pétrole, M. Abdoulaye Lamana, n’a pas assisté à l’entretien que M.Déby a eu avec la délégation de la Banque Mondiale comme initialement prévu. Toute honte bue, ces messieurs-dames s’en sont repartis haut le cœur à leurs occupations

A Abéché où la délégation de la Banque Mondiale est attendue pour une audience, M. Idriss Déby a proféré des menaces de mort en disant que si le pétrole ne coule pas, Yorongar et beaucoup de tchadiens vont mourir. Oui, ceci dénote que M. Idriss Déby prépare sérieusement le génocide à la rwandaise.

A N’Djaména, des tchadiens de confession musulmane sont venus voir M. Yorongar pour adhérer à son parti. A la sortie du domicile de M. Yorongar, ils sont pris en filature, parfois interceptés et mis en demeure de donner les raisons de leur visite.

Les deux meetings à grand succès organisé par le FAR et le MRP en dates des 16 et 30 octobre 1999 (M. Idriss Déby a pris part au meeting du 16/10/1999) est un message fort pour la Banque, le consortium et au gouvernement (à suivre).

N’Djaména, le 6 novembre 1999

La Coordination Exécutive Fédérale

08/11/1999 – Victoire pour toutes les organisations, M. Mohamed Kadamy Youssouf enfin hospitalisé après une semaine : MAIS IL N’EST TOUJOURS PAS SOIGNE.

Mohamed KADAMY YOUSSOUF a été enfin hospitalisé dimanche 7/11 après-midi après de longues journées d’attente. Merci à toutes les Associations qui ont diffusé l’information et qui ont permis d’obtenir ce geste humanitaire. Mais lundi soir, il n’avait encore reçu aucun soin, ni rencontré un médecin ?? Restons vigilants.

Cela ne doit pas nous faire oublier l’état de santé critique des autres prisonniers. Certains d’entre eux, blessés gravement ont été jeté en prison sans aucun soin depuis plus d’un an.
Un autre prisonnier attend …. depuis trois mois son hospitalisation, le bulletin du médecin de la prison dans la main…. etc.

Notre action continuera jusqu’à ce que des soins appropriés leur soient donnés et qu’ils soient tous libérés.

08/11/1999: Message de soutien d’ACTUS (Tchad) aux prisonniers politiques de Gabode.

N/Réf : 280/SGSF/99

AMIENS,

MESSAGE DE SOUTIEN ET DE SOLIDARITÉ AUX PRISONNIERS POLITIQUES DE DJIBOUTI ET GRÉVISTES DE LA FAIM MEMBRES DE CODEP EN FRANCE ET BELGIQUE.

L’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme (ACTUS)-Section France, proteste et condamne avec véhémence les violations des Droits de l’Homme et les conditions de détention des prisonniers politiques, dignes des méthodes nazies en République de Djibouti du Dictateur HASSANE GOULED.

Ces prisonniers politiques combattants de la liberté notamment MOHAMED DAOUD CHEHEM, HAÏSSAMA IDRISS, ARAB IBRAHIM AMIN, HOUSSEIN ALI MOHAMMED YAKISSA et KAMI MOHAMMED AHMED, sont en grève de la faim dans la sinistre prison de GABODE à Djibouti.

Leur état de santé est très critique !

Devant cette situation dramatique et de violations constantes des Droits fondamentaux de l’Homme à Djibouti, l’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme (ACTUS), exprime toute sa solidarité militante et révolutionnaire aux Camarades luttant pour la Démocratie et la Libération des Masses Populaires à Djibouti, aux prisonniers politiques et ainsi qu’aux membres du CODEP , grévistes de la faim.

Chers Camarades, soyez assurés de notre indéfectible soutien . En effet votre combat est aussi le nôtre : au Tchad comme à Djibouti, les Présidents Dictateurs IDRISS DEBY et HASSANE GOULED , sont soutenus politiquement, militairement financièrement et matériellement par la France afin de maintenir l’ordre néo-colonial et impérialiste.

La présence des bases militaires françaises dans nos pays respectifs est une caution à ces sanguinaires dictateurs et une occupation étrangère intolérable !

Toute velléité de révolte , de contestation des Masses Populaires contre ces dictateurs sont réprimées dans le sang par les gardes prétoriennes entraînées , équipées, financées et conseillées par la France.

C’est pour ces raisons que notre Parti l’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme (ACTUS) , a toujours exigé le retrait des troupes et la fermeture des bases militaires françaises d’Afrique , seules conditions pour garantir l’expression populaire lors des urnes, la démocratie et l’indépendance de nos États.

Au nom des droits des Peuples de 1976 et de la déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948, conventions ratifiées par tous les États., l’Action Tchadienne pour l’Unité et le Socialisme (ACTUS) exige par conséquent :

¿ La libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques en République de Djibouti.
¿ De la communauté internationale (ONU ,OUA, UE, Le Parlement Européen…) Une condamnation ferme doublée des sanctions contre le régime de HASSANE GOULED.
¿ A la France , génitrice de la dictature GOULED, d’arrêter tout soutien politique, militaire et financier à ce régime. Elle doit exercer une pression sur sa propre petite créature afin qu’elle puisse libérer tous les prisonniers politiques et de reconnaître enfin le droit des Masses Populaires Djiboutiennes à choisir librement leurs représentants. Cela passe par l’annulation des élections truquées avec la complicité du gouvernement français.

La France, pays à l’origine de la déclaration universelle des Droits de l’Homme, à le devoir moral d’être aux côtés des opprimés et victimes des dictateurs. En continuant à soutenir et à imposer militairement ou « démocratiquement  » ces hommes rejetés par les Masses Populaires, elle perd toute crédibilité et se déshonore. Quelle honte !

Ce mépris pour nous peuples d’Afrique exacerbe notre rancoeur et renforce notre détermination de
solidarité de lutte afin de nous libérer par tous les moyens de l’impérialisme.

Pour la Fédération -d’Europe-Section France/ACTUS
Le Secrétaire Général
LEY-NGARDIGAL Djimadoum.

07/11/1999 – Lettre de la FIPPL à l’Ambassade de Djibouti pour réclamer l’hospitalisation d’urgence de Mohamed KADAMY

LIGUE INTERNATIONALE DE FEMMES POUR LA PAIX ET LA LIBERTÉ

Monsieur l’Ambassadeur de DJIBOUTI
Ambassade
26, rue Émile Menier
75016 PARIS

Paris, le 2 Novembre 1999

LETTRE OUVERTE

Monsieur l’Ambassadeur,

nous apprenons que M. Mohamed KADAMY, époux de Mme Aïcha DABALE, détenu sans jugement dans la prison de Gabode à Djibouti depuis septembre 97, en grève de la faim avec quarante-cinq autres prisonniers depuis le 19 octobre, souffre d’une grave insuffisance rénale mettant ses jours en danger.

Il aurait été vu par le médecin de la prison il y aura cinq jours aujourd’hui. Celui-ci aurait demandé son hospitalisation.

Nous vous demandons de transmettre à votre gouvernement, dès réception, la demande exigeante que nous avons pour que Monsieur Mohamed KADAMY soit transporté immédiatement dans un hôpital où tout le traitement nécessaire à son état lui sera dispensé sans restriction, en accord avec tous les traités internationaux qui régissent le droit des détenus et le fonctionnement des prisons.

Nous ne manquerons pas de revenir vers vous dès que nous connaîtrons la suite donnée à ce courrier.

Veuillez agréer, Monsieur l’Ambassadeur, l’assurance de notre considération distinguée.

Pour le bureau de la section française
Gisèle NOUBLANCHE
Chargée de suivre le dossier Djibo

28/10/1999 – Lettre de Jean-Claude LEFORT, député, à Hubert VEDRINE, Ministre français de A.E.

Jean-Claude LEFORT
Député du Val-de-Marne
126 rue de l’Université
75355 PARIS Cedex 07 SP

Le jeudi 28 octobre 1999

M. Hubert VEDRINE
Ministre des Affaires Étrangères
37 quai d’Orsay
75351 Paris Cedex 07

Monsieur le Ministre,

Je tiens à attirer vivement votre attention sur la situation des prisonniers politiques incarcérés dans la prison de Gabode à Djibouti.

Plusieurs dizaines de militants démocratiques sont torturés et emprisonnés sans jugement, depuis plusieurs années, dans des cellules de 2 à 3 mètres carrés et des conditions d’insalubrité effroyables. Plusieurs sont morts de l’absence de soins, d’autres sont mourants.

Au mois d’avril dernier, la grève de la faim de ces prisonniers, relayée par plusieurs exilés djiboutiens à Paris et Bruxelles, avait débouché sur l’envoi de plusieurs missions d’enquête du CICR, de la FIDH, du ministère français de la Justice et de l’Observatoire international des prisons.

Devant l’absence d’améliorations concrètes, les 45 prisonniers politiques, dont une trentaine de membres du Front pour la restauration de l’unité et de la démocratie (FRUD), ont repris leur grève de la faim le 19 octobre. Ils demandent des soins immédiats aux détenus malades et blessés, l’accès à des avocats, la subordination de l’aide française au respect des droits humains à Djibouti.

En effet, la France est présente à Djibouti par la présence d’une base militaire de 3200 hommes. Elle soutient économiquement le régime du nouveau Président Omar Guelleh, neveu du précédent Président qui, en vingt-trois ans de règne, a ramené son pays au rang des pays les plus pauvres du monde.

Le non-respect des droits démocratiques s’est encore illustré récemment quand les journalistes de France 2 se sont vus arrêtés, et leurs films détruits, alors qu’ils tournaient un sujet sur ce pays.

Au regard du poids de la France auprès du régime de Djibouti, je vous demande, d’intervenir instamment, Monsieur le Ministre, pour obtenir la libération et le respect de ces prisonniers politiques.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à cette situation, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en mes plus sincères salutations.

Jean-Claude LEFORT
Député du Val-de-Marne
Membre de la Commission
Des affaires étrangères