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22/12/2015 (Brève 558) Le régime persiste et signe. 18 décembre 1991 – Massacre d’Arhiba dans un quartier à majorité Afar. 21 décembre 2015 – Massacre contre les Issa / Yonis Moussa puis contre des dirigeants de l’USN. Que font les puissances étrangères occidentales sur place, pour dénoncer et mettre un terme aux violences commises sous les ordre d’une dictature en déroute ? (ARDHD)

Arhiba 199118 décembre 1991 – Massacre d’Arhiba. Au moins 50 morts et des dizaines de blessés

 

 

 

Massacre Balbala21 décembre 2015 – Massacre à Balbala. Au moins 25 morts et de nombreux blessés

 

 

Sous les régimes de Gouled puis de Guelleh, les choses n’ont pas changé, sans compter toutes les exécutions extra-judiciaires individuelles ou les assassinats par armes, coups et blessures ou poison.

Le pouvoir s’est arrogé le droit de tuer impunément et aucune puissance étrangère n’intervient pour dénoncer ces crimes et y mettre un terme.

23/05/2012 (B567) Courrier des lecteurs (Le site de l’ARDHD n’ayant jamais fonctionné comme un forum, c’est le dernier article qui sera publié sur ce sujet)

Bonjour Qunxa Dabaalo 

C’est avec un grand intérêt que j’ai lu votre courrier sur le site de l’ARDHD (dont je suis un fervent lecteur), permettez moi d’abord de rendre hommage à JEAN–PAUL ABDI NOEL depuis l’independance, jusqu’à aujourd’hui, cet homme d’exception a marqué notre époque par sa détermination à refuser l’inacceptable, à lutter contre toutes les formes de précarité et d’injustice. Que dieu l’accueille dans son paradis.

Je partage votre constat que la réconciliation nationale plus que jamais, la tenue du dialogue inter opposition s’impose comme une nécessité absolue, incontournable, impérative et urgente dans l’intérêt supérieur de la Nation Djiboutienne. Le peuple est désespéré et meurtri devant la division congénitale de l’opposition et par les lourdes rancunes.

Cependant, il me semble que cet objectif ne pourrait pas être atteint en fermant la porte à tout débat et à toute recherche de la vérité sous prétexte que certains leaders politiques ne connaitraient en rien des « difficultés quotidiennes », la « langue » et la « culture » d’une très large communauté du pays.

En effet, deux passages de votre courrier m’interpellent particulièrement. Ce sont : 

1- « Ces partis, pour la majorité d’entre eux, sont réfractaires à toute critique. Cela s’explique pour; d’une part, au leadership fortement marqué par la personne du chef du parti, où le chef est confondu avec le parti géré comme un patrimoine personnel. », 

2- « L’Ard est le seul parti d’opposition qui transcende aujourd’hui les considérations ethniques de part son histoire et sa composition. »

A travers ces deux passages, j’ai le sentiment que vous tirez une conclusion hâtive et que vous prenez parti pour une formation d’opposition en la présentant comme la seule alternative. Ces deux passages font naître en moi et en bien d’autres compatriotes le doute sur l’accomplissement heureux de de la réconciliation nationale, certes complexe, mais exaltante pour notre pays. Que nous ayons des préférences les uns et les autres est une chose, qu’on les exprime publiquement en dénigrant indirectement certains leaders sans avancer une preuve tangible en est une autre. Ne nous trompons pas d’ennemis au-delà de choix partisans. Le vrai combat ne se mène pas contre les collègues de même bord mais contre l’État.  

Je suis adherent MRD et nous y travaillons sans relâche pour une grande force d’opposition aussi bien qu’à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. 

La manière la plus sûre de montrer la volonté politique d’aller à la réconciliation des djiboutiens est de faire appel à l’ensemble des personnes ressources du pays, qui se trouvent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays, notamment des universitaires, des notables, des religieux, des organisations non gouvernementales, des acteurs des partis politiques pour réfléchir, produire et mettre en œuvre un modèle de réconciliation qui puisse permettre une véritable union entre leurs djiboutiens sans distintions de race, de langue, de religion ou d’ethnie.

Ibrahim H. Abdi

23/05/2012 (B567) FIN

FIN

L’équipe de l’ARDHD a décidé de suspendre ses publications à compter de de jour.

Nous prions les lectrices et les lecteurs de nous en excuser.

Les raisons ont été rendues publiques dans cet article : lien

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Tous les articles publiés depuis 1999 restent accessibles en ligne

22/05/2012 (B567) Courrier des lecteurs (Article modifié le 23/05)

Bonjour,

Je ne peux rester indifférent à la réaction franche et directe de Monsieur Jean-Loup Schaal sur l’attitude adoptée par l’opposition djiboutienne depuis 35 ans. Je suis heureux que vous preniez la plume pour dénoncer cet état de fait que le commun des mortels n’arrive pas à comprendre. Je suis un peu gêné que ce soit vous qui décidiez de jeter le pavé dans la marre alors que cette tâche ingrate reviendrait naturellement à l’opposition djiboutienne. Ceci étant dit, leur mutisme ne m’étonne plus.



Même votre réaction ne semble guère susciter un quelconque sursaut d’orgueil de la part des dirigeants des partis d’opposition. Ce qui montre bien leur totale incapacité de faire une auto-critique et se placer sérieusement en position d’alternative au dictateur.



Pourquoi l’opposition n’arrive-t-elle pas à parler d’une seule voix ? Cette question, on l’a posée à certains partis politiques. Seule l’Ard, ancien allié de l’UAD, avait pris l’initiative de rebattre les cartes politiques sur table de façon ouverte, franche et démocratique. Résultat : aucun parti traditionnel de l’opposition, à part Uguta-Toosa et quelques mouvements démocrates indépendants (PRIDE, personnalités issues de la société civile), n’a répondu à cet appel à constitution d’un nouveau cadre unitaire d’action politique ouvert à toutes les organisations démocratiques du pays.



Ces partis, pour la majorité d’entre eux, sont réfractaires à la critique. Cela s’explique pour, d’une part; au leadership fortement marqué par l’intuitu personæ du chef du parti, où ce dernier est confondu avec l’appareil du parti géré comme un patrimoine personnel. Les militants, pas tous, adhèrent aux partis non pas en fonction de leurs convictions politiques, mais en fonction des considérations tribales ou ethniques. Les partis politiques d’opposition ou du régime sont étiquetés. Dans le subconscient djiboutien, qu’il soit intellectuel ou citoyen lambda, seule l’origine ethnique ou tribale du chef emporte son adhésion au parti. En général, les partis politiques n’arrivent pas à transcender les clivages politiques et tribaux. C’est un fait !



D’autre part, il n’y a à ce jour aucun responsable politique issu des partis d’opposition qui fait la passerelle entre les différentes communautés du pays. Ce trait d’union d’ordre linguistique et culturel fait défaut à beaucoup des dirigeants politiques. La communauté afare opposée à ce régime dans son ensemble ne se reconnait pas en la personne de DAF, IGH, Aden Robleh, pas plus qu’elle ne se reconnait d’ailleurs en la personne de IOG, parce qu’ils ne parlent pas la langue afare, ne connaissent rien de leurs difficultés quotidiennes, de leur culture et de leur région. L’inverse est aussi vrai : le communauté somalie ou arabe ne s’identifie pas dans les partis d’opposition qui ont à leurs têtes des dirigeants issus de la communauté afare. Cette défiance communautaire fait le lit de la dictature et ceci explique pourquoi ce système mafieux fondé sur le tribalisme perdure depuis 35 ans.



L’Ard est le seul parti d’opposition qui transcende aujourd’hui les considérations ethniques de part son histoire et sa composition. Histoire parce qu’elle hérite des actions entreprises du seul homme politique national dans lequel la majorité des djiboutiens se reconnaissent, Ahmed Dini (GG). Composition parce qu’elle est constituée des cadres issus de toutes les communautés djiboutiennes. Cependant, pour conforter davantage son assise et sa légitimité sur le plan national, elle doit faire montre plus d’ouverture en portant par exemple à sa tête un membre issu de la communauté somalie ou arabe. Une telle attitude donnera au parti un gage de crédibilité et de respectabilité aux yeux de tous les djiboutiens, sans distinction d’origine tribale ou ethnique.



Comment adhérer à des partis politiques incapables de se ranger derrière 1 homme ou 1 femme, 1 programme, 1 voix, 1 peuple ? Comment adhérer à des partis politiques qui n’arrivent même pas à transcender leurs clivages tribaux et régionaux ?



Le jour où on aura résolu cette équation, la solution pour évincer la dictature hors du paysage politique viendra d’elle-même. Les Djiboutiens, moi y compris, adhéreront en masse, et aux idées et aux partis d’opposition démocratiques, le jour où ils mettront de côté leurs vieilles querelles de leadership au profit de l’intérêt général et parleront d’une seule voix contre la dictature (réf. anniversaire du 18 février 2012 où chaque parti d’opposition avait manifesté chacun de son côté au lieu de marcher ensemble).



Merci à Monsieur Jean-Loup Schaal pour sa ténacité, ses convictions politiques au service de la démocratie à Djibouti, pour sa foi en une justice universelle sans frontière, sans distinction de couleur de peau. Merci à lui pour le combat désintéressé qu’il mène aux côtés des démocrates djiboutiens pour l’avènement de la démocratie, la vraie, à Djibouti.



Hommage à Monsieur Jean-Paul Noël Abdi pour avoir été dix longues années le porte-parole des sans-voix, des pauvres, des opprimés de Balbala, d’Arhiba, d’Ali-Sabieh, de Dikhil, de Tadjourah, d’Arta, d’Obock, de Yoboki, bref de tous les Djiboutiens. Son combat ne sera pas vain. Son esprit reste avec nous, intact, plus que déterminé à renverser cette dictature, à l’effacer de notre histoire parce qu’elle n’aurait pas eu lieu d’être. Nous ne t’oublions pas !

Qunxa Daabalo


21/05/2012 (B567) Après Yacin Yabeh et Abdourahman Boreh, Kadra Mahamoud serait-elle la prochaine victime d’IOG ? Par Arteh

Ces jours-ci, plusieurs sources et témoignages répètent que le couple régnant de Djibouti traverse une période de tension prolongée.

La première Dame, Kadra Mahamoud Haïd, est à Paris depuis presque deux mois. Officiellement, elle est venue rendre visite à sa fille Fatouma-Awo Ismaël Omar, qui vient d’accoucher d’un petit garçon dans la capitale française.

En réalité, elle boude sérieusement son époux et chef d’État, Ismaël Omar Guelleh (IOG).

Ce dernier supporte de moins en moins l’influence de sa femme qui a réussi à monter son propre système dans le système.

Elle dispose de ses hommes de main, surtout dans la Garde républicaine, de ses agents de renseignement, de ses prête-noms économiques…

Elle s’appuie sur ses liens claniques avec les autorités du Somaliland où elle a des intérêts économiques et politiques.

Elle est donc riche et puissante.

Cette puissance préoccupe les proches d’IOG, qui le font savoir avec insistance à ce dernier. D’ailleurs, la première Dame ne les porte pas dans son cœur et s’emploie à les tenir à l’écart de son mari.

Ainsi, elle interdit à plusieurs d’entre eux l’accès à la résidence privée de Haramouss où le chef de l’État passe le plus clair de son temps. Ces proches d’IOG soupçonnent la première dame de nourrir une ambition politique et de préparer une révolution de palais pour prendre le pouvoir après IOG dont elle sait la santé fragile.

Alors, ces proches poussent IOG à faire attention et à couper les ailes à sa femme. Ils le pressent d’agir avant qu’il ne soit trop tard, comme il a agi contre son ami et chef de la police, le général Yacin Yabeh Galab, qu’il a limogé puis laissé mourir sans soins, ou encore contre son ami et homme d’affaires Abdourahman Boreh qu’il a chassé du pays et dépouillé de tous ses biens à Djibouti.

Il paraît qu’IOG commence à écouter ces proches. Ce sont d’ailleurs les mêmes qui, avec la première Dame, ont soutenu IOG contre Yacin Yabeh et Abdourahman Boreh.

Alors, est-ce au tour de la première Dame de tomber ?

L’hypothèse est plausible vu l’amour du pouvoir que l’on connaît à IOG. Ami ou pas, épouse ou pas, s’il sent quelque danger pour son pouvoir, l’homme dégaine. Il n’est donc pas impossible que Kadra Mahamoud Haïd connaisse le sort de Yacin Yabeh et d’Abdourahman Boreh.

Quitte à ce qu’IOG prenne une autre femme moins ambitieuse.

Si cela se produit, il ne restera personne du trio Galab-Boreh-Haïd qui aura aidé IOG à hériter du pouvoir de son oncle Hassan Gouled Aptidon. Contre la volonté du peuple djiboutien qui a élu l’indépendantiste Moussa Ahmed Idriss en avril 1999.

Les semaines et mois qui viennent vont nous apporter davantage de lumière sur cette nouvelle lutte de pouvoir entre un homme et sa femme. A suivre donc.

21/05/2012 (B567) Si les forces vives de l’opposition, désintéressées et fondamentalement motivées par l’amélioration du sort de la population djiboutienne ne se réveillent pas, Guelleh a encore de belles années devant lui ! (Jean-Loup Schaal)

Depuis des années, nous assistons à un appauvrissement de l’opposition politique djiboutienne, qui ne fait plus parler d’elle que durant les quelques semaines qui précèdent chaque scrutin, régulièrement entachés par une fraude massive … Laquelle fraude n’est dénoncée ensuite (lorsque les résultats du scrutin sont officialisés) que du bout des lèvres et sans réelle conviction.

Chaque parti, chaque groupement de parti affirme le coeur sur la main, qu’il a un programme politique construit … Mais qui en a réellement lu un ? Un petit groupe d’initiés ?

Chaque dirigeant politique de l’opposition promet qu’il va se passer des choses dans les trois mois qui suivent et que cela contribuera à mettre à genoux, le système mafieux et dictatorial de Guelleh.

Que s’est-il passé depuis des mois, des années ?

Rien de sérieux dans l’opposition. Des alliances comme l’UAD ont implosé, d’autres se sont constituées. Mais toujours rien de concret, aucune proposition crédible n’a été rendue publique.

Et pendant ce temps, le pays s’enfonce dans la misère, la corruption, et ce sera bientôt irréversible

Chaque Djiboutien a recours au système « D » pour survivre et tenter de nourrir sa famille. La capitale est souvent privée d’électricité et d’eau.

Qui s’en soucie vraiment ?

Comme nous l’avons répété à maintes reprises, le rôle de l’ARDHD n’est pas de faire de la politique. Elle n’aurait aucune légitimité à promouvoir un courant politique.

Mais elle est légitime tant à critiquer la direction actuelle des affaires publiques qu’à évaluer les propositions de l’opposition qui conditionnent le respect des Droits humains.

Face à ce vide politique, que peut-elle faire ?

A part tenter d’interpeller les dirigeants politiques de l’opposition pour qu’ils communiquent et qu’ils prennent des décisions fortes, pour mettre un fin à la dictature, pour préparer la période intérimaire et pour organiser des élections libres et transparentes.

Cela a été fait à plusieurs reprises, mais sans aucun résultat à ce jour.

Depuis plus de 20 ans, l’ARDHD a toujours mis tous ses moyens dans la lutte contre l’injustice, les violations des libertés, la torture, l’asservissement de la population, mais elle ne peut pas le faire seule, surtout depuis la disparition de Jean-Paul Noël Abdi qui est une perte immense pour toutes celles et tous ceux qui sont épris de justice et d’équité.

Le temps est venu pour l’ARDHD d’en tirer les conséquences et de se concentrer exclusivement sur ses missions prioritaires, parmi lesquelles figurent :
– le sauvetage des réfugiés djiboutiens d’Ethiopie, abandonnés de tous et en particulier des partis d’opposition, qui ne les mentionnent jamais
– la libération de tous les prisonniers politiques et parmi eux le sauvetage du Juge intègre Mohamed Cheick SOULEIMAN. Mais il n’est pas le seul !

Il n’est pas besoin d’être un voyant, pour savoir que les forces au service de Guelleh, vont se réjouir immédiatement et considérer qu’elles ont gagné une bataille contre la vérité. Qu’importe, puisqu’elles vivent dans l’obscurantisme et qu’elles devront assumer leurs responsabilités (justice pénale, justice divine) dans un avenir que nous espérons proche.

En prenant cette décision, l’ARDHD lance un dernier appel à toutes les forces vives de l’opposition pour qu’elles se mettent au travail sans délai afin de provoquer le licenciement du dictateur et de son équipe mafieuse, préalable incontournable à l’avénement d’un régime démocratique dans le pays.

18/05/2012 (B566) Petites nouvelles du front. Le monde syndical libre de Djibouti franchira-t-il la ligne jaune ? (Correspondant)

Cela se passait dans le cadre de la préparation du 1er mai, l’intersyndicale djiboutienne s’était réunie pour étudier les moyens de réussir cette journée de liberté syndicale. Voici un bref compte-rendu.

M. Aden Mohamed Abdo, secrétaire général de l’UDT-UGTD (et vice-président du parti politique ARD) a proposé aux syndicalistes présents, tous chômeurs, de demander au ministère du Travail une subvention financière pour organiser cette journée.

Un syndicaliste intraitable, également impliqué dans la défense des droits de l’homme, s’est levé pour dire toute son indignation devant une telle suggestion : « comment peux-tu oser nous proposer de demander de l’argent pour fêter le 1er mai à un régime qui ne nous reconnaît même pas en tant que syndicats libres ?

C’est indécent, inadmissible et suspect, qui plus est venant d’un syndicaliste également politicien comme toi!