27/10/1999 – Lettre de Me MONTENOURG à M. Ch. JOSSELIN, ministre français délégué à la coopération, en réaction à l’expulsion de deux journalistes de France 2

ARNAUD MONTEBOURG
DÉPUTÉ DE SAÔNE ET LOIRE
SECRÉTAIRE DE LA COMMISSION DES LOIS
PRÉSIDENT DU GROUPE D’AMITIÉ France DJIBOUTI

Paris, le 27 octobre 1999

Monsieur Charles JOSSELIN
Ministre Délégué à la Coopération
20 rue Monsieur
75700 PARIS

Monsieur le Ministre Délégué,

Deux journalistes, Éric Monier et Roger Motte, envoyés spéciaux de la chaîne de télévision France 2, chargés d’enquêter sur l’utilisation de l’argent public français à Djibouti ont été expulsés par les autorités politiques du territoire djiboutien, le 22 octobre dernier, après que leurs effets personnels et leurs documents de travail ont été confisqués.

Ces pressions exercées contre des journalistes ne surprennent pas la représentation nationale. Nous n’ignorons pas que depuis la condamnation en appel à six mois de prison, le 20 octobre dernier, du rédacteur en chef de l’hebdomadaire Le Renouveau et du directeur du mensuel Le Temps, accompagnée d’une suspension de six mois de ces journaux, la presse est censurée à Djibouti.

Il paraît plus étonnant que le pouvoir Djiboutien se prévale pour justifier les mesures qu’il a prises à l’encontre de l’équipe de France 2 de ce que le travail de ces journalistes porterait ” atteinte aux relations entre les gouvernements français et djiboutiens “.

L’équipe de France 2 s’est rendue à Djibouti afin d’effectuer une enquête sur l’utilisation de l’argent public français à Djibouti. Notre pays a consacré depuis deux cents ans le principe de la liberté d’expression.

Il est impérieux que le Gouvernement français, directement impliqué dans cette affaire par les déclarations du Ministère de la Communication djiboutien, rappelle aux autorités djiboutiennes ce que suppose cette liberté fondamentale.

Je vous demande, Monsieur le Ministre délégué, de bien vouloir me transmettre dans les plus brefs délais par laquelle le Gouvernement français a condamné les expulsions pratiquées par le Gouvernement djiboutien et les mesures de rétorsion que la France entend prendre sans délai.

Je vous prie, Monsieur le Ministre Délégué, en l’assurance de mon attentive considération.

Arnaud MONTEBOURG