12/12/1999 – LDDH: Communiqué au sujet de la Libération de 95 détenus djiboutiens de Droit Commun. Appel à la Libération des Prisonniers d’opinin encore incarcérés dans des conditions effroyables.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

PRISONNIERS POLITIQUES

Selon l’organe de presse gouvernemental ‘La Nation’, l’Agence djiboutienne d’information dirigée par M. Christophe FARAH, attaché à la Radio Télévision Djibouti (Organe de presse audiovisuel financé par les derniers publics et l’argent du contribuable), représentant la BBC et REUTER, a indiqué que, quelque deux cents détenus de droit commun, parmi lesquels 95 ressortissants djiboutiens, purgeant une peine de prison inférieure ou égale à deux ans, ont recouvré, mardi dernier, leur liberté. M. Christophe FARAH continue en indiquant que la remise de peine s’inscrit dans le cadre du ‘pardon conforme à l’esprit de tolérance de l’Islam, en ce mois béni du Ramadan’.

Le journaliste du gouvernement n’a pas manqué de citer le Président Moussa Ahmed Idris en diapason avec l’ensemble des journalistes proches du Pouvoir. Certes, les droits de la presse indépendante de l’Opposition n’ont pas été honorés par cette agence d’Information, parce qu’à aucun moment MM. Ali Meidal Wais et Daher Ahmed Farah, respectivement CoDirecteur du journal LE TEMPS, et Directeur du RENOUVEAU, n’ont été cités ou prononcés.

Il est de notre devoir d’écouter le murmure des intellectuels djiboutiens qui susurrent : ” Une heure d’incarcération à tort à GABODE peut, à la rigueur, se pardonner, mais ne doit, en aucun cas, être oubliée. ”

Certes, le décret présidentiel de remises de peine, et non d’amnistie, soulève certaines ambiguïtés qui nous interpellent :
1 / La liberté d’expression est-elle restée ‘incarcérée’, en prison, ou a-t-elle bénéficiée d’une remise de peine, comme le journaliste ?

2 / L’affaire de délit de presse, objet de la levée de l’immunité parlementaire, le 13.09.99, du président Moussa Ahmed Idris, reste-t-elle toujours sur le tapis ? Puisqu’il a été emprisonné pour ‘rébellion’.

En conclusion, les prisonniers politiques, encore illégalement détenus, dans la sinistre prison de GABODE, devraient rapidement bénéficier de la solidarité et de l’appui, à l’échelle nationale et internationale, afin de mettre fin aux traitements cruels, humiliants et dégradants, dont ils font l’objet.

Le 12 décembre 1999

Ligue Djiboutienne des Droits Humains
L.D.D.H
Le Président
NOEL ABDI