25/01/2000 – Communiqué de presse de la famille judiciaire de Djibouti dans lequel, les signataires affirment que Djibouti est un État de droit.

RÉPUBLIQUE DE DJIBOUTI
Unité – Égalité – Paix

MINISTÈRE DE LA JUSTICE
DES AFFAIRES PÉNITENTIAIRES ET MUSULMANES

LA FAMILLE JUDICIAIRE DE DJIBOUTI
(MAGISTRATURE / BARREAU)

DJIBOUTI, le 25 janvier 2000

COMMUNIQUE DE PRESSE

La magistrature et le barreau de Djibouti ne peuvent demeurer plus longtemps sans réagir contre les allégations sans fondement de nature à porter publiquement encore une fois le discrédit sur la justice djiboutienne.

Les propos ainsi proférés par un ancien militaire connu défavorablement comme récidiviste par les juridictions pénales de Djibouti, et mettant gravement en cause sans la moindre preuve la fiabilité et la crédibilité de notre justice en général et celles de l’Administration pénitentiaire en particulier, sont tout simplement repoussants que révoltants.

En salissant de sorte l’image de marque au demeurant sans reproche majeur de notre justice les Auteurs et instigateurs de cette duperie relayés en cela par un puissant lobby médiatique tentent vainement de porter atteinte à l’honorabilité et à la stature internationale du premier magistrat de Djibouti en l’occurrence le Chef de l’État.

La justice djiboutienne à la lumière des faits constatés est en droit de s’interroger sur l’existence d’une éventuelle corrélation entre les instigateurs de cette campagne de délation calomnieuse et l’affaire de la cassette piégée adressée au Chef de l’État par voie postale depuis une grande ville française, quelques jours après la signature de l’accord de paix d’Abaa du 20 décembre 1994.

Seule l’information en cours de ce chef pourra déterminer les tenants et les aboutissants de cette machination à l’évidence orchestrée manifestement dans l’intention de nuire au régime.

Il en est de même de l’incursion le 6 décembre 99 dans la prison de GABODE à l’aide des moyens frauduleux et muni d’une camera cachés, d’une journaliste de télévision État française avec en prime un reportage télévisé diffusé par France 2 pas plus tard que jeudi dernier dans le Journal de 20 heures.

Cette forfaiture de plus, exécutée avec préméditation en violation de nos dispositions légales, toujours dans le même souci inavoué de porter atteinte durablement aux institutions nationales pour ensuite ternir leurs dirigeants, illustre s’il en est besoin la duplicité concertée et subversive d’un lobby français agissant en marge de la légalité avec une impunité désarçonnante.

Dès lors, la Famille Judiciaire de Djibouti confiant dans une justice tant djiboutienne que française s’acquittant de sa mission en toute sérénité sans pression ni entrave quelconque, se propose sans délai de demander aux autorités Judiciaires djiboutiennes de faire respecter à l’avenir par nos partenaires français une meilleures réciprocité dans l’entraide judiciaire entre la France et Djibouti, hélais pas trop souvent en sens unique, s’agissant d’affaires civiles et/ou pénales à de nombreuses reprises restées sans réponse.

En tout état de cause, la famille judiciaire toutes origines confondues assure le Chef de l’Etat, dont elle connaît l’attachement à l’établissement d’un état de droit à Djibouti, de son entière solidarité face à l’adversité médisante d’où qu’elle vienne

Pour les magistrats du Parquet
Le Procureur Général
Ali Mohamed ABDOU

Pour le Barreau de Djibouti
Le Bâtonnier
Me Wabat DAOUD

Pour les Magistrats du siège
Le Premier Président de la Cour d’Appel

Mohamed Warsama RAGUEH

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Note de l’ARDHD :

Même s’il est rédigé avec maladresse, ce texte est important. Pour compléter l’analyse, il conviendrait de connaître les pressions qui auraient pu être exercées sur les signataires.

Peut-on imaginer convaincre un seul instant en affirmant le contraire de la réalité !

Les signataires pensent-ils vraiment convaincre l’opinion publique par le seul fait d’affirmer que Djibouti est un État de Droit, alors que c’est notoirement faux.
C’est tout le crédit de leur communiqué qui est en jeu …. et au-delà celui de leur profession et de leur honneur.

On pourrait certainement critiquer les méthodes utilisées par la journaliste, mais :

son reportage s’est limité à montrer la réalité dans les prisons djiboutiennes et rien de plus. Peu importe la manière dont elle a pu filmer … les faits / les images sont incontestables et d’ailleurs le communiqué ne les conteste pas.

en décembre 99, Djibouti avait arrêté et saisi illégalement tout le matériel de deux journalistes français …. Alors on peut comprendre que les suivants se méfient !

La “famille judiciaire” djiboutienne porte une très large part de responsabilité dans les mauvais traitements infligés aux prisonniers et dans toutes les violations des Droits de l’Homme et de la Défense, puisqu’elle y a contribué activement et qu’elle ferme pudiquement les yeux depuis de nombreuses années. Ce n’est pas en publiant un communiqué comme celui-ci qu’elle lavera son honneur irrémédiablement atteint.

Pour elle, il n’y a plus qu’un moyen retrouver un peu de crédit, c’est de contribuer véritablement à rétablir une situation de droit, de démocratie et d’équité et de dénoncer toutes les violations des Droits de l’Homme commises sous ses yeux et avec son assentiment….

Nous sommes particulièrement choqués par la prise de position des avocats dans cette affaire : ils confirment (ce que nous publions depuis plusieurs mois) qu’ils ont totalement perdu leur indépendance et qu’ils ont trahi leur serment.

La honte aussi sur Mes MARTINET, MONTAGNE et les autres avocats qui sont solidaires de leur bâtonnier dans ce triste épisode.