27/01/2000 – ET PENDANT CE TEMPS LA, QUE FAIT LA FRANCE ?

En continuant à soutenir le régime djiboutien,
‘attitude de la France soulève de nombreuses questions.

Un juge français aurait pu avoir été assassiné sur ordre d’un Président de la République en exercice.
J’emploie le conditionnel par prudence, pour éviter une action en diffamation, car tout le monde sait bien que le juge BORREL ne s’est pas suicidé. Il suffirait de reprendre les conclusions de l’expert médical qui tenait à peu prés ce langage : “Il est impossible qu’un homme qui se suicide en mettant le feu à sa voiture, n’ait aucune trace de gaz toxique dans les poumons ..:” (N’étant pas médecin et n’ayant pas le rapport sous les yeux, vous me pardonnerez si je commets quelques erreurs médicales).

Le Gouvernement de ce pays ami est largement subventionné par les impôts des Français. Cela ne l’a pas empêché de développer une campagne de communication odieuse à l’égard de notre pays. En plus, il insulte gravement la veuve du juge en suggérant / affirmant qu’elle aurait mené une vie dissolue …

L’Ambassadeur de France a reçu de la part des parlementaires djiboutiens une protestation rédigée dans des termes peu diplomatiques, en tout cas inacceptables.

Et pourtant, e Ministre de la Coopération qui s’exprimait le 19 janvier devant la Commission des Affaires Étrangères de l’Assemblée Nationale française ne semble pas troublé. Ses propos pourraient laisser penser qu’il suggérerait même aux médias / aux hommes politiques “de calmer le jeu”, car Djibouti réagi vivement !!!

L’affaire a été confiée à la justice (TGI de Paris) qui (selon le ministre et comme d’habitude) n’a reçu aucune instruction …

Le témoin réfugié en Belgique n’a toujours pas été interrogé par les autorités judiciaires françaises, (à notre connaissance) … Et pourtant il semble que son témoignage puisse avoir une grande importance … et qu’il y aurait tout intérêt à le vérifier.

Mais il est vrai que le juge Le Loire lors de son déplacement à Djibouti a affirmé qu’il n’avait rencontré aucun témoin … même lorsqu’il était reçu chaleureusement par M. Guelleh dans son propre palais ?

La complaisance des autorités françaises à l’égard du régime dictatorial et sanguinaire de Djibouti devrait avoir des limites : eh bien non, pour elles, les limites ne sont pas encore atteintes !
M. Guelleh peut donc continuer, en toute impunité, à violer les Droits de l’Homme, à emprisonner les opposants, à harceler leurs familles et à torturer. Pour la France, il n’a pas encore dépassé la ligne jaune : il a encore de la marge.

Méfions-nous, une personnalité comme celle de M. Guelleh cherchera toujours à aller plus loin, pour tester ses partenaires et pour repousser le point de rupture. Il multipliera les provocations, les arrestations extra-judiciaires, les emprisonnements administratifs, les accords avec d’autres pays qui sont en contradiction avec ceux qui unissent la France et Djibouti, etc…

Jusqu’où ira-t-il ?

Si nos hommes politiques n’ont pas le courage d’y mettre un terme. Et pourtant, leur devoir n’est-il pas aussi de protéger un peuple ami de la France, qui est opprimé par une dictature féroce et dénoncée de toutes parts.

Le régime djiboutien est unanimement condamné par toutes les ONG ; il a fait l’objet (exemple unique dans les annales) de trois condamnations au Parlement Européen. On s’acheminerait même à terme vers un gel de toutes les subventions européennes (comme cela est le cas pour le Togo).

Je le répète : Que fait la France ? Il faudra bien mettre un terme aux exactions. Alors pourquoi attendre, puisqu’il faudra le faire un jour ?

ARDHD