01/04/2000 – LDDH: Appel à la communauté internationale pour la restauration des Droits de l’Homme et des libertés individuelles à Djibouti.

LA LIGUE DJIBOUTIENNE DES DROITS HUMAINS (L.D.D.H)
Boulevard de Gaulle
BP 74 Djibouti,
République de Djibouti
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Domicile tél/fax : 00 253 358 007

Djibouti, le 1er avril 2000

NOTE D’INFORMATION N°5/LDDH/2000

La Ligue Djiboutienne des Droits Humains (LDDH) se réjouit particulièrement de la double initiative très heureuse de la Commission Européenne et du Centre Nord-Sud du Conseil de l’Europe :

– de réunir un sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement d’Europe et d’Afrique ;
– de réunir en même temps et parallèlement les représentants des sociétés civiles africaine et auropéenne.

Du reste, son Président a participé à l’une des réunions préparatoires concernant la société africaine aux lieu et place de Maître AREF frappé d’interdiction de se déplacer par les autorités djiboutiennes.

La LDDH saisit cette exceptionnelle opportunité pour appeler tous les intervenants et participants attachés à l’effectivité d’un Etat de droit, des droits humains, à l’instauration d’une justice totalement indépendante et d’une véritable démocratie, conditions élémentaries pour un développement économique et social :

– de conditionner toute aide au strict respect effectif de la dignité humaine telle que prévue par tous les instruments internationaux et en particulier la Charte Inernationale des Droits de l’Homme dont le préambule précise que ” la Charte des Nations Unies impose aux Etats l’obligation de promouvoir le respect universel et effectif des droits et des libertés de l’homme ” ;
– de sevrer de l’aide internationale aussi bien bilatérale que multilatérale tous les Etats qui ne respectent pas et qui violent les droits humains ainsi que les libertés les plus fondamentales ;
– de diriger leur aide vers la société civile strictement indépendante des dirigeants oppressifs.

La LDDH saisit aussi cette opportunité pour attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation désastreuse que le pouvoir fait subir à la population djiboutienne et en particulier à la société civile indépendante à savoir notamment :

– les populations du nord et de l’ouest subissent un blocus alimentaire et sanitaire depuis 1991 ;
– des opposants politiques au nombre de 17 demeurent encore emprisonnés malgré l’engagement du gouvrenement de les libérer ;
– les partis politiques tout comme les syndicats refusant de faire allégeance au Pouvoir sont systématiquement interdits à la fois d’existence et d’activités ;
– il en est de même en ce qui concerne les associations indépendantes et en particulier la Ligue Djiboutienne des Droits Humains tout comme les autres défenseurs des droits de l’homme auxquels le Pouvoir refuse encore obstinément toute possibilité d’accomplir leur noble mission ;
– l’Assemblée Nationale ainsi que la justice djiboutienne dans tout son ensemble y compris le Barreau sont encore complètement soumises aux ordres du pouvoir ;
– Toues les libertés fondamentales sont confisquées par le pouvoir comme par exemple les moyens publics d’informations gérés au seul profit de l’équipe dirigeante.

Enfin et sans que cette énumération ne soit exhaustive la LDDH est consternée par le manque total du moindre égard et le mépris ouvertement affiché par le pouvoir djiboutien envers la Commission Européenne et le Conseil de l’Europe lorsqu’ils lui ont demandé en particulier de restituer son passeport à Maître AREF, membre de la société civile djiboutienne et régionale, invité à participer au Forum préparatoire de la rencontre Euro-Afrique.