21/04/2000 – Affaire Borrel: les experts médicaux concluent au suicide (Extrait AFP)

PARIS (AFP) — Un rapport d’expertise remis aux deux juges d’instruction parisiens qui enquêtent sur le décès d’un magistrat à Djibouti en octobre 1995 conclut que ce dernier s’est suicidé, a-t-on appris jeudi de sources judiciaires.
Le corps de Bernard Borrel avait été retrouvé carbonisé le 19 octobre 1995 au lieu dit ”Le Goubet”, face à l’île du Diable. L’enquête confiée à la brigade criminelle a conclu à la thèse du suicide alors que la veuve du magistrat est persuadée que son mari a été victime d’un assassinat.

A l’appui de cette thèse, un ancien militaire de la garde présidentielle, aujourd’hui réfugié en Belgique et entendu au mois de janvier 2000 par les juges français, a accusé, sans apporter d’éléments probants, l’actuel président de la République de Djibouti, Ismaël Omar Guelleh, un terroriste libanais et un restaurateur corse, d’être les commanditaires de l’assassinat du magistrat français.

Les deux magistrats instructeurs, Marie-Paule Moracchini et Roger Le Loire, se sont déplacés au début du mois de mars à Djibouti avec l’un des deux experts, le Dr Dominique Lecomte, directrice de l’Institut médico-légal de Paris, et le procureur-adjoint de la République de Paris.

Dans leur rapport remis le 5 avril, les Drs Lecomte et Guy Nicolas soutiennent que le magistrat français s’est suicidé par aspersion d’essence. Les experts éliminent l’hypothèse selon laquelle Bernard Borrel aurait pu être précipité de la falaise qui surplombe ”Le Goubet”, comme le soutiennent les avocats de son épouse, précise-t-on de sources judiciaires.

De mêmes sources on précise que dans ce dernier cas, Bernard Borrel aurait présenté plusieurs fractures, ce qui n’était pas le cas. Selon les experts, le magistrat, après avoir enflammé l’essence, a parcouru une dizaine de mètres ”dans un réflexe instinctif de fuite” avant de s’écrouler entre deux rochers.

Cette affaire judiciaire, et notamment les accusations portées par l’ancien militaire djiboutien, ont refroidi les relations entre la France et Djibouti.

(Fin dépêche AFP)