25/06/02 Djibouti : préparatifs des “festivités de la différence” (Mohamed Qayad)

Les
feux se sont éteints sur la ville. C’est d’ailleurs
l’aube et nul passant ne sait ce qui se passe, si ce n’est
que le" Roi Bouffi", I. O. G, était dans
ces murs.

Une chaude semaine
Cette ville a en effet passe une chaude semaine et
les commentaires allaient bon train. Le "roi bouffi"
a eu droit a la télévision de l’État
officiellement bilingue, preuve d’une unité qui
reflète bien celle de l’Afrique. Mais seule fausse
note dans ce ballet ou somptuosité, luxe et luxure
se côtoyaient, ou les belles Mercedes-500 faisaient
rêver, le président parrain ne s’exprimait
pas en français, alors que cette langue est l’un
des parlers officiels et de travail de Djibouti. Quelle
farce! A Bruxelles et a New York, on avait fait mieux.
Tant pis pour ce génie cornu.

Et
comme si cela n’allait pas de soi, le tableau de sa visite
s’est assombri. Est-ce par sa faute ? Nul ne le sait si
ce n’est Ra, le Grand Dieu.

Car
il y a , et les pharaons le disaient déjà,
un rapport étroit entre la destinée d’un
peuple et la dynamique de son écosystème.
Cette ville est sale, sale de puanteur et de putréfaction.

La
montée de la violence
Les prostituées le savent puisque même
les "Yanu", les blancs en pharaonique, se font
plus rares et plus discrets. Pour preuve, ils évoquent
la montée en puissance des actes de violence et
de brigandage. Des mauvaises langues se sont ainsi réjouies
de la destitution de Yacin Yabe Galab, "grand prêtre"
de la répression sous les 2 G et qu’on accusait,
a tort ou a raison, de financer des rectaux de milices
privées (SAS, entre autres) et les groupes de gangsters
alors que le vrai responsable n’est qu’autre IOG.

En
effet, RDD- SA est un pays ou on parle de tout, parce
qu’il n’y a plus rien a dire. Plus rien a dire de la torture,
de la violence d’État, de l’effondrement de l’économie,
du népotisme, de la gabegie, des prébendes,
de la misère. . .
Oui de la misère.!Car c’est bien elle qui s’est
adressée au roi bouffi par-delà les vitres
fumées de sa Mercedes. Car l’air de Djibouti ne
peut exhaler que cela:une odeur de misère.

Quel
citoyen djiboutien comprend-il vraiment la raison d’être
de ces festivitéss ? Quel citoyen djiboutien a-t-il
jamais été informe des raisons d’être
de ces festivités, pour la tenue desquels, tous
les contribuables déboursent a perte ?
Autant dire que personne ne comprend vraiment pourquoi
ces espèces de rapaces sordides (IOG , les yacin
et autres) ont décidé de dépenser
des dizaines de millions alors que les travailleurs djiboutiens
ont faim et qu’il n’y a pas de couverture médicale.

On
voulait goudronner toute la ville, ressusciter le faste
des parades coloniales, construire "une cite royale".
. . Les rumeurs allaient bon train.

Cela
coûterait plusieurs dizaines de milliards de francs,
le backchich-corruption en plus.

La
kleptocratie se nourrit en effet de prébendes
Quoiqu’il en soit, ce régime moribond veut
faire de ces festivités, "les festivitéss
de la différence". On peut déjà
observer qu’il parviendra, car la crise économique
alliée toute destinée de l’opposition (quasi-inexistante
a Djibouti) risque grandement de lui porter secours. Et
pour cause. . . ces festivités exigeront un tel
effort médiatique, policier et économique
qu’elles susciteront l’avis de différents observateurs.
L’écart entre riches et pauvres apparaîtra
plus criante que jamais.

Celle
entre l’oligarchie et le peuple travailleur plus qu’inhabituelle.

Et l’opposition , celle qui n’est pas au service du génie
cornu, comptera bien s’en servir pour légitimer
ses actions aux yeux du Syndicat des chefs d’une part
et de ceux des investisseurs étrangers et des institutions
internationales d’autre part.
Ce sera pour elle une manière de réaffirmer
son poids politique et sa légitimité démocratique,
en ces temps de vaches maigres, ou elle se plaint d’un
régime dictatorial et sanguinaire qui lui volerait
ses victoires électorales.

Elle
serait d’autant plus renforcée dans sa conviction
que le parti administratif (le RPP le parti unique de
l’État djiboutien) n’a plus de représentativité
réelle c’est-a-dire qu’il est réduit a une
simple coalescence ethnico-territoriale, conséquence
irrémédiable de plus d’un quart de siècle
de tribalisation.


Mohamed Qayad