30/06/02 Après avoir reçu le soutien des forces armées françaises, Djibouti veut “réviser” les accords de défense avec la France (Extrait AFP)

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Consulat de France refuse de plus en plus de demandes de visa,
lorsqu’elles sont présentées par des Djiboutiens
anonymes. Les cas se Le président de Djibouti, Ismaël
Omar Guelleh, dont le pays abrite la plus importante base militaire
française en Afrique, a déclaré dimanche
à l’AFP qu’il fallait "réviser" les accords
de défense signés en 1977 entre son pays et la France.

Il a
indiqué par ailleurs que les Américains, qui
soupçonnent la Somalie d’abriter des réseaux
d’Al-Qaïda d’Oussama ben Laden, "ont constaté
eux-mêmes qu’il n’y avait rien". Une action militaire
contre la Somalie n’aurait "aucun sens", a-t-il
ajouté. "Nous pensons qu’il faut réviser
les accords après 25 ans, surtout côté
retombées économiques", a-t-il indiqué
lors d’un entretien dans son palais présidentiel à
Djibouti.

Ces accords
n’ont jamais été révisés depuis leur
signature, à l’indépendance du pays en 1977. L’impact
économique de la présence des Forces françaises
de Djibouti et de leur famille est estimé pour l’année
2001, par l’armée française, à environ 128
millions d’euros, soit 25% du produit intérieur brut (PIB)
de Djibouti, ou encore 65% du budget du pays. Le chef d’Etat de
ce petit pays stratégique à l’entrée de la
Mer Rouge, entre Afrique et péninsule arabique, ne remet
toutefois pas en cause la présence militaire française.

"Nous
avons un accord de défense qui a 25 ans aujourd’hui, qui
tient bon et qui a tenu face à tous les caprices de la
vie entre gens qui se côtoient, qui se connaissent, qui
ont des intérêts", a-t-il déclaré.
"Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus sereins que par le
passé. Nous avons en face de nous un gouvernement qui a
toutes les rênes et qui, pour cinq ans, peut signer des
engagements et avec lequel on peut se mettre d’accord s’il y a
modification ou réforme ou révision", a-t-il
ajouté.

Après
son élection en 1999, le président djiboutien s’était
rendu en France, où il avait été reçu
par le président Jacques Chirac (gaulliste). Le Premier
ministre d’alors, le socialiste Lionel Jospin, ne l’avait pas
reçu. La France, ancienne puissance coloniale, entretient
à Djibouti sa plus importante base militaire sur le continent
africain, avec un effectif en 2002 de 2.735 militaires, dont 1.576
hommes en permanence. Les autres bases militaires françaises
en Afrique sont situées au Sénégal, au Tchad,
au Gabon et en Côte d’Ivoire. Depuis les attentats du 11
septembre, la position stratégique de Djibouti et son port
intéressent de plus en plus les puissances occidentales.

Le pays aide
la coalition internationale contre le terrorisme menée
par Washington, dont plusieurs navires croisent dans le golfe
d’Aden, pour surveiller notamment les côtes somaliennes
et vérifier qu’aucun élément d’Al-Qaïda
n’y trouve refuge à partir de l’Afghanistan et du Pakistan.
Les Américains "ont constaté eux même
qu’il n’y avait rien. Ils ont envoyé à partir du
Kenya des avions, des bateaux. Ils ont envoyé des délégations
et ils ont fait le tour de la Somalie, côté maritime,
jusqu’ici", à Djibouti, a indiqué le président
Guelleh.

"Ils
ont déployé beaucoup d’énergie pour pouvoir
déceler une présence (d’éventuels réseaux
Al-Qaïda), aussi minime qu’elle soit", a-t-il ajouté.
"Il n’y a pas de montagne, il n’y a qu’une plaine, il n’y
a pas où se cacher là-bas" en Somalie, a-t-il
précisé, dans une allusion aux montagnes d’Afghanistan
dans lesquelles les hommes de ben Laden se sont cachés
pendant et après les frappes américaines.

Interrogé
sur une éventuelle action militaire de la coalition en
Somalie, plongée dans une guerre civile depuis 1991, le
chef de l’Etat djiboutien a répondu: "Cela n’a pas
de sens. Cela ne fera que des massacres". De plus, a-t-il
averti, Djibouti est "un port, une place stratégique"
qui peut "servir à la communauté internationale
(…) mais pas pour attaquer des pays à partir de notre
pays".

Note
de l’ARDHD : Après avoir reçu un soutien trés
fort de la part de la défense française dont les
armées ont participé au défilé du
27 juin, Guelleh se sent une nouvelle force et son premier geste
est de remettre en cause la présence de celle qui vient
de l’aider à conserver son poste.

Bel
exemple d’ingratitude !

La diplomatie
française a-t-elle rêvé un instant en pensant
s’attirer les bonnes graces du dictateur ? Il n’a pas changé
et il répond toujours aux avances par des coups de pied.

Cela
servira-t-il de leçon à nos dirigeants ? Pas sur
!