07/07/02 Guelleh veut faire venir les touristes à Djibouti. Il va être obligé de délivrer des visas …. Bonne nouvelle pour tous ceux qui se sont vus refuser le leur : avocats, membres d’ONG, journalistes, …. !

Djibouti
veut attirer les touristes, pas seulement les soldats
(AFP 03/07/2002)

DJIBOUTI,
2 juil (AFP) – Principale base militaire de la France
en Afrique, Djibouti veut attirer les touristes et pas
seulement les soldats, en développant des "niches"
comme la plongée sous-marine, le trekking dans
le désert ou les circuits sur les traces de Rimbaud.

Ce
petit pays francophone, à l’entrée de la
Mer Rouge, entre Afrique et Orient ne manque pas d’atouts:
plages de sable fin, fonds sous-marin exceptionnels, désert
aux portes de la capitale, nature intacte, population
accueillante.

Mais
le développement du tourisme se heurte également
à des obstacles de taille: un secteur touristique
embryonaire, un manque criant d’infrastructures, un transport
aérien trop couteux et un carburant surtaxé
qui renchérit toute communication intérieure.

De
plus, la saison chaude, de mai à août, est
particulièrement pénible pour des touristes
venus de pays tempérés, avec un thermomètre
autour de 43-44 degrés à l’ombre et un taux
d’humidité très élevé que
peine à rendre supportable une faible brise marine.

Officiellement
plus de 15.000 touristes se sont rendus en 2001 dans ce
pays d’une superficie légèrement inférieure
à celle de la Belgique. Mais, selon les professionnels
du secteur, le nombre de "vrais touristes" n’est
en réalité que de 1.500, soit 10 fois moins.

En
effet, dans les 15.000 touristes officiellement recensés,
dont deux-tiers de Francais, figurent les parents et amis
venant rendre visite aux familles de militaires français
et coopérants installés à Djbouti.

"Ils
habitent chez leurs amis, utilisent la voiture de leurs
amis, visitent le pays avec leur amis", explique
un professionnel du tourisme. Vivant en circuit fermé,
leur impact est donc des plus réduits.

Il
faut donc attirer une nouvelle clientèle. Et ce
n’est pas facile.

"Nous
souffrons de l’anonymat. "On ne se réveille
pas le matin en disant qu’on va à Djibouti",
indique à l’AFP le jeune et dynamique responsable
de l’Office national du Tourisme et de l’Artisanat (ONTA)
Mohamed Abdillahi Waïs.

"Le
tourisme peut générer des revenus, créer
des emplois. C’est même le seul secteur susceptible
de créer des emplois dans des zones reculées.
Le tourisme pourrait +fixer+ les jeunes sur place",
ajoute M. Waïs qui a fait ses études d’histoire-géographie
à Rouen (France)

Dans
ce pays d’un peu plus d’un demi-million d’habitants, près
d’une personne sur deux vit en dessous du seuil de pauvreté,
est analphabète et sans emploi.

"L’avenir
est au tourisme thématique avec notamment le développement
des activités autour de la richesse sous marine,
le trekking dans le désert et les circuits culturels",
ajoute-t-il.

Les
récifs de Djibouti, dans le golfe de Tadjoura,
sont parmi les beaux du monde. Quand au lac Abbé
qui offre un spectacle insolite aux visiteurs, presque
lunaire, plusieurs scènes du film "La planète
des singes" y ont été tournées
en 1968.

Et
des excusions sont déjà organisées
au lac Assal, bordé d’une véritable banquise
de sel, à 153 mètrs au-dessous du niveau
de la mer. (Enfin, ce qu’il
en reste, après les prélèvements
de sel, autorisés par Guelleh ! Note de l’ARDHD)

"Il
faut aussi créer des circuits sur les pas de Rimbaud,
qui a vécu un an à Tadjoura, et de l’écrivain
Henri de Monfreid. On a dit aux gens de recueillir des
témoignages sur leur passage", précise
le responsable de l’office du tourisme.

"Les
Ethiopiens ont créé la Maison de Rimbaud
à Harrar (est de l’Ethiopie, où le poète
a également séjourné)", a-t-il
ajouté. Avant de conclure: "Eux, ils ont su
exploiter l’image et le nom de Rimbaud".